*Vincent Karega, Ambassadeur Rwandais expulsé sur décision du Conseil supérieur de la
Défense, a, enfin, quitté Kinshasa hier, dans un canon rapide en direction de
Brazzaville où il prendra son vol vers Kigali. Kinshasa a, en revanche, rappelé en
consultation son propre Ambassadeur en poste à Kigali. Et, dans la foulée, le tout nouvel
Ambassadeur congolais qui venait d’être nommé, il y a à peine quelques semaines, a été
sommé de s’abstenir de présenter ses lettres de créance aux plus hautes rwandaises.
Ainsi, apparaît-il clairement que les carottes sont cuites.
Aujourd’hui, le pont, même dans une moindre proportion, entre Kinshasa et Kigali
est, désormais, coupé. Mais, parallèlement, les voies diplomatiques activées, depuis ce
week-end, tentent d’appeler à la descalade en vue d’une solution pacifique
et négociée.
C’est dans cette perspective qu’il faudrait inscrire l’arrivée à Kinshasa, dans la soirée de
dimanche, d’un diplomate angolais porteur d’un message du Président Lourenço à son Homologue
Congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
De même que depuis que depuis New York, Antonio Guterres, le Secrétaire Général de l’Onu, a,
pour sa part, appelé directement le Président Rwandais Paul Kagame, pour lui demander tout
appui aux groupes armés opérant dans l’Est de le RD. Congo mais, surtout, de respecter les
engagements souscrits dans le cadre du processus de Nairobi et de Luanda.
Selon des sources recoupées, bien d’autres cercles d’influence diplomatique dont
l’Union Européenne, l’Union Africaine, la SADC et consorts, ne sont pas restés
insensibles aux derniers développements de la putréfaction de la situation
sécuritaire ainsi qu’à la tension, si vive était-elle devenue, entre Kinshasa et
Kigali.
Mais, jusqu’où irait-on ?
A Kinshasa, pendant ce temps, le ton ne cesse de monter. Toutes les dispositions ont été
prises pour la reconquête de tous les coins et recoins occupés abusivement par l’armée
rwandaise et ses similis du M23.
Ramant contre vents et marées, œuvrant à son corps défendant, Kinshasa n’entend
plus abdiquer à l’option levée qui, depuis le 29 octobre dernier, a fait bouleverser tous
les calculs tendant à obtenir encore une quelconque solution pacifique avec les agresseurs
désignés comme tels, alors qu’après d’âpres efforts menés, ces derniers se montrent
irréductibles et, même, insouciants, quant à la misère imposée inutilement au peuple
congolais.
Kigali, réagissant au communiqué de Kinshasa, se disait, pourtant, consterné, tout en
regrettant qu’on en soit à cette option-là aux conséquences imprévisibles.
LPM
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