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Questions & Réponses

Très intéressé à en savoir un peu plus sur la problématique de l'exploitation pétrolière et du gaz. Et, comme M. Ayuk en est l'un des spécialistes dont la notoriété force l'admiration des milieux concernés, je crois qu'il serait bon qu'il me livre quelques informations utiles. 

Quelles sont les retombées de toutes les réunions, des contacts et autres discussions qu'il a eus à l'issue de son séjour à Brazzaville? Que peut-on, au fait, en retenir en termes d'avancées sur toutes les préoccupations liées notamment, à l'exploitation ainsi qu'à la commercialisation du pétrole et de ses excroissances dans la région de l'Afrique centrale et dans l'ensemble de l'Afrique?

Dans l’objectif de valoriser davantage le potentiel du secteur des hydrocarbures du Congo et d’établir des partenariats solides et durables avec les parties prenantes clés, la Chambre Africaine de l’Energie et Mohammed Barkindo, Secrétaire Général de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP), conduiront une délégation au Congo pour une visite de travail de trois jours, du 23 au 25 août 2021.

Cette visite représente un moment historique dans l’histoire du pétrole et du gaz du Congo ; ce sera, en effet, la première fois que l’OPEP effectue une visite d’état dans le pays. C’est pourquoi cette visite de trois jours permettra d’encourager fortement le secteur pétrolier du Congo et de positionner davantage le pays en tant qu’exportateur de pétrole et de gaz et concurrent de taille mondiale.

En tant que troisième plus grand producteur de pétrole brut en Afrique subsaharienne (avec des réserves prouvées estimées à 2.9 milliards de barils), accueillant le siège social de l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO), et étant l’un des derniers membres à joindre l’OPEP, le Congo-Brazzaville est sur la bonne voie pour devenir un géant pétrolier régional.

Le pays a fait de grands pas pour étendre de façon significative ses explorations et productions avec des efforts accélérés faits par des Compagnies Pétrolières Internationales telles que Total, Chevron, Perenco, Eni, Qatar Petroleum et Lukoil.

De manière concrète, à quoi un pays comme la RD. Congo peut-il s'attendre de tous ces efforts entrepris dans le cadre de cette chambre africaine de l'énergie?

Les engagements de la Chambre envers le pays encouragent les opportunités, le contenu local, l’investissement et le développement de l’un des secteurs des hydrocarbures les plus prometteurs de l’Afrique. Au cours de ces dernières années, notre travail a été de gérer les engagements de placement et de rassembler les parties prenantes de diverses juridictions africaines et mondiales qui sont intéressées par les sujets liés à l’énergie sur l’ensemble de la chaine de valeur. Ce n’est pas différent avec le Congo.

La RDC détient certaines des ressources énergétiques les plus impressionnantes non seulement du continent mais aussi du monde. Avec un grand potentiel dans le pétrole, le gaz naturel et le secteur des énergies renouvelables, le pays est sur la bonne voie pour transformer son environnement énergétique et économique. En collaboration avec les IOC et NOC, nous pouvons travailler sur des initiatives relatives à la pauvreté énergétique afin d’explorer des manières d’aborder le sujet de la pauvreté énergétique en Afrique, non seulement pour le Congo mais aussi pour le continent et son peuple.

Y a-t-il une corrélation entre l'exploitation pétrolière et l'émission des gaz à effets de serre? Si oui, en quoi la Chambre africaine de l'énergie peut-elle contribuer pour limiter les dégâts pour éviter d'amplifier les méfaits susceptibles d'avoir une incidence néfaste sur le réchauffement climatique? 

Nous avons toujours dit que le plus grand espoir de l’Afrique pour une transition énergétique réussie est l’intégration du gaz naturel. Utiliser les abondantes ressources en gaz de l’Afrique pour soulager ce problème est tout à fait logique. Le gaz naturel, particulièrement, a le potentiel de provoquer une forte création d’emplois et des opportunités de renforcement de capacités, une diversification économique et une croissance.

De plus en plus, des voix s'élèvent pour fustiger la montée exponentielle des énergies fossiles. D'ailleurs, très bientôt, ce même problème a affecté la RD. Congo au niveau des Parcs de Virunga, Kahuzi Biega et Salonga où à une certaine période allant de 2005 à 2015, des licences d'exploitation du pétrole furent octroyées aux compagnies pétrolières. Aujourd'hui, des Ongs, des populations autochtones ainsi que des responsables locaux réclament l'annulation de toutes ces licences au motif qu'elles auraient été attribuées sans tenir compte de l'impact environnemental. Des experts, s'exprimant à ce même sujet, disent même qu'il serait bon de miser sur les énergies renouvelables et le tourisme, s'il faut lutter, de manière efficace, contre les effets pervers de tout ce qui peut accentuer le changement climatique et causer du tort à l’écosystème. Quelle est la position de la Chambre africaine de l'énergie à ces préoccupations qui, en réalité, relèvent des politiques publiques dont les orientations vont, si souvent, à l'encontre des intérêts des sociétés pétrolières membres de votre Chambre africaine de l'énergie? 

Je crois que la Chambre a toujours été sincère et honnête sur la complexité et le changement permanent du paysage énergétique. Nous continuerons notre mission qui consiste en soutenir le secteur privé dynamique et débloquer le remarquable potentiel énergétique du continent. Nous devons être conscients du fait que l’industrie du pétrole et du gaz de l’Afrique fait actuellement face à des circonstances extraordinaires. Et, bien sûr, la pandémie du COVID-19 a causé des ravages dans les marchés mondiaux, en accélérant et intensifiant les tendances existantes.

En 2021, l’Afrique peut encore faire de grands profits si nous créons un climat d’investissements capable de soutenir le développement de toutes les ressources en énergie. Nous pensons que le soutien à l’industrie de l’énergie, la promotion des marchés libres, de l’État de droit, des libertés individuelles et d’un gouvernement limité, est un devoir pour tous les africains. Cela dit, des solutions pratiques qui maintiendront une forte et stable croissance de l’industrie doivent être appliquées. Les émissions peuvent être réduites en diminuant le torchage et en monétisant le gaz, en améliorant et pérennisant le profil carbone de la production pétrolière africaine. 

Nous ne pouvons pas simplement oublier ce que le secteur du pétrole et du gaz a fait pour l’africain travailleur et la façon dont il a prouvé sa résilience et son adaptabilité. L’Afrique et le reste du monde ont encore besoin du pétrole et du gaz, et l’Afrique a toujours d’énormes réserves inexploitées.

A propos de l'organe de presse :

La Prospérité est un quotidien congolais en langue française publié à Kinshasa. La Prospérité, Quotidien d'Actions pour la Démocratie et le Développement, créé par Marcel Ngoyi Ngoyi Kyengi en  2000.

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