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Depuis des siècles, les religions sont au cœur du développement de la société. C’est une réalité qui se justifie au regard des missions que les religions se sont elles-mêmes assignées, mais aussi de la considération que leur octroient les autorités politico-administratives des pays du monde, dans leur globalité. Comme c’est le cas sous d’autres cieux, les religions existantes reconnues en République Démocratique du Congo bénéficient également de cette même considération.

La dite considération est d’autant renforcée par l’existence d’un cadre politique dénommé ‘’Les Confessions Religieuses’’ qui unissent les leaders des religions du pays pour se concerter, analyser et proposer des solutions réfléchies pour le développement, la préservation de la paix et la démocratie au Congo-Kinshasa.

Inévitablement, si nous parlons des religions, le Christianisme en fait partie. Que ce soit dans sa branche Protestante ou Catholique, le Christianisme présente Jésus de Nazareth comme Fils de Dieu et Sauveur et Seigneur de l’Humanité dans sa dimension spirituelle.

C’est dans ce cadre que, par-ci et par-là, des initiatives chrétiennes ne cessent de se multiplier partout au monde. Certains se plaignent que c’en est de trop ! Qu’à cela ne tienne, les instigateurs de ces évènements estiment, eux, accomplir leur mission, à savoir : ‘’Faites de toutes les nations des disciples…’’ telle que reprise en fin de chapitre de l’Evangile selon Matthieu (ou St. Matthieu).

Prétendre apporter le message du salut de l’humanité aux hommes, sous-entend à ce que cet Evangile soit prêché dans toutes les nations, en s’incrustant dans tous les cercles d’influence. Au rang de ces cercles influences, je citerai valablement les écoles et universités.

Cadre de formation pour la préparation de la jeunesse d’aujourd’hui et classe dirigeante de demain, les écoles et universités sont, de nos jours, des lieux où l’Evangile est abondamment prêché. C’est ainsi que vous y trouverez des Ministères Chrétiens.

A Kinshasa, par exemple, nous parlerons de l’Athénée For Jesus à l’Institut de la Gombe, l’Association des Elèves en Christ, l’Armée de l’Eternel pour le Réveil et la Moisson, l’Assemblée du Réveil à Kwiny dirigée par mon frère Jean-Noël Muteb, le Groupe Evangélique du Centenaire à l’Université Protestante du Congo, le Groupe Evangélique de l’Amphithéâtre à l’Université de Kinshasa et tant d’autres.

Dans cette page spéciale, je présente 5 enjeux et défis à prendre en compte lorsque l’on désire implanter des bases évangéliques dans des écoles et universités. Au bout de mon expérience menée dans un Ministère Chrétien dans une école, j’ai jugé pertinent de partager ces 5 piliers pour rendre efficace le Sacerdoce dans ces milieux.

1er enjeu et défi : le savoir-vivre

Le savoir-vivre est l’ensemble d’attitudes permettant la cohabitation et la cohésion avec les autres. Le savoir-vivre intervient dans tous les milieux sociaux et professionnels, au point que ni les écoles, ni les universités n’en échappent.

Il figure comme premier enjeu parce qu’il est impossible de s’incruster dans un milieu sans tisser des liens forts avec les hommes qui le fréquentent. J’ai souvent assisté à des scènes où des chrétiens venus ‘’pêcher les hommes’’ se comportent de manière contraire à cette mission.

Que font-ils exactement ? Ils ne se rapprochent pas de leurs pairs, ne tissent aucune amitié avec eux et se contentent simplement de les présenter Jésus-Christ. Le comble arrive dès lors que l’interlocuteur qui n’adhère pas à l’Evangile est, du coup, méprisé, négligé par les chrétiens, ces pêcheurs d’hommes, qui ne s’en préoccupant même plus. Erreur très grave ! C’est du savoir-vivre que se crée et se consolide le capital le plus important dans les relations humaines, appelé la confiance. En comprenant cet enjeu, les animateurs des mouvements chrétiens devront adopter 3 comportements : l’attention modérée pour ne pas tomber dans certains pièges, la maturité dans la gestion des relations ainsi la discrétion dans la gestion des confidences d’une personne.

2ème enjeu et défi : l’intelligence scolastique et de la vie

Il est impossible de dissocier écoles et universités à la science ! Fort malheureusement, des croyances mensongères proliférées par certains leaders religieux sont enseignées aux chrétiens notamment, celle de détester la science et de privilégier l’amour du ciel. Le cerveau de l’homme est-elle une émanation de Satan le diable ? Telle est la question que je me pose. Il est temps que les chrétiens qui fréquentent des écoles et universités puissent se servir de leur tête et contribuer scientifiquement au progrès du savoir et de la société. Ceci dit, voici deux angles à prendre en compte dans ce deuxième enjeu : l’intelligence scolastique et l’intelligence de la vie.

L’intelligence scolastique suppose de comprendre et d’appliquer au quotidien les matières apprises sur les bancs de salle de classe ou d’auditoire. Et dire encore qu’il ne suffit pas d’apprendre ces matières, mais aussi de les remettre en question et même de les récuser si elles s’avèrent erronées et anachroniques avec la réalité.

Posséder l’intelligence scolastique imposera le respect de tous les autres élèves et étudiants, mais également des Professeurs, personnel et autorités de toute institution scolaire ou académique.

Et puis, à quoi devra servir l’intelligence de la vie ? C’est l’aptitude intellectuelle qui permettra aux chrétiens, non seulement d’être les ‘’majors’’ en bonnes notes et diplômes avec distinction, mais aussi et surtout d’être les premiers de la société et les influenceurs positifs du monde. Cette influence est conditionnée par plusieurs autres facteurs que je développerai dans d’autres réflexions.

Posséder l’intelligence de la vie, c’est éviter de souffrir de la ‘’diplo-mythe’’. La diplo-mythe est un concept inhérent de l’entrepreneur Camerounais Claudel Joël Noubissie qui indique une infection causée par une abondance des diplômes. L’intelligence de la vie aidera les chrétiens écoliers et étudiants à se positionner dans la société et d’affronter d’autres cercles d’influence encore plus complexes.

3ème enjeu et défi : l’argent

Ici encore, la majorité de chrétiens faillent quant à leur devenir d’influencer le monde. L’argent est perçu par plusieurs d’entre eux comme un moyen de perdition, pourtant ce n’est pas le cas. L’argent fiduciaire ou encore les billets de banque ne sont que du papier à valeur donnée permettant d’acheter ceci et de se procurer cela. Le monde dans lequel nous sommes est dirigé par les puissants. Et qu’ont donc ces puissants que la masse des gens n’ont pas ? C’est l’argent et alors beaucoup d’argent. Sans argent, aucun Ministère Chrétien basé dans une école et une université ne pourra subvenir à toutes ses charges évangéliques.

Sans argent, il est même difficile d’évangéliser avec grand impact, d’atteindre un plus grand monde. Personne ne considère le pauvre, et dans le cas d’espèce, aucun Ministère Chrétien ne sera respecté. Pour ce faire, les membres de ce Ministère sont dans l’obligation d’avoir de l’argent pour 2 raisons fondamentales : avoir de quoi vivre et contribuer au progrès du sacerdoce.

Si les membres de ce Ministère ont beaucoup d’argent, il sera même plus facile d’assister les nécessiteux et il sera désormais inutile de faire appel à l’humanité toute entière afin de participer à cette action sociale, sans pour autant les empêcher de contribuer s’ils en veulent.

Le moyen le plus sûr, mais complexe, de gagner beaucoup d’argent reste l’entrepreneuriat. Dans d’autres analyses, je développerai cet aspect.

4ème enjeu et défi : les stratégies de communication évangélique

Comme c’est le cas pour les entreprises qui projettent vendre un produit sur le marché, il est capital d’identifier pour ces dernières d’identifier la clientèle cible et de définir le meilleur moyen de communication pour les atteindre plus facilement. L’on n’applique jamais les mêmes stratégies de communication pour n’importe quel objectif, attention !

De même, les stratégies de communication évangélique dans des écoles et universités doivent dépendre de 3 facteurs cruciales : la stratégie ‘’présentielle’’, la stratégie ‘’digitale’’ ainsi que la stratégie ‘’comportementale’’. La stratégie présentielle comprend l’inscription sérigraphique des phrases évangéliques sur des vêtements, des tableaux, des banderoles, des outils de classe et académique (cahiers, stylos, ancres correctrices…).

Quant à elle, la stratégie digitale consiste à s’implanter sur des réseaux sociaux phares notamment, Whatsapp, Facebook et Instagram. Je choisi ces trois plateformes intentionnellement parce que les jeunes de nos jours en raffolent et s’en servent le plus. Toutefois, s’implanter dans le digital va exiger de produire des contenus écrits (textes) et imagées (photos, vidéos, visuels) de très bonnes qualités.

Je tiens à signaler que la communication est le pivot de toute organisation, publique ou privée soit-elle. Enfin, la stratégie comportementale se rattache aux attitudes et agissements des ‘’gagneurs d’âmes’’. Vous pouvez prêcher l’Evangile avec excellence en vous servant de 2 premières stratégies, mais si vous négligez la troisième stratégie et la plus importante d’entre toutes, dites la bienvenue à l’échec de votre mission.

5ème enjeu et défi : le Leader du groupe

Je viens d’énumérer quatre premiers enjeux et défis pour que l’impact se produise par un Ministère Chrétien basé dans une école ou une université. Mais, qu’en sera-t-il de son application ?

Dans mon expérience sacerdotale et professionnelle, j’ai réalisé l’importance d’avoir un Leader à la tête d’une organisation. Je ne parle pas de Chef, mais bien de leader. Le Chef se contente de donner des ordres et de rejeter la faute à ses subalternes lorsque rien ne va. Tandis que le Leader trace la voie à suivre, lutte avec ses collaborateurs sur le terrain, les aide dans leurs faiblesses, les encourage dans leurs atouts et n’hésite pas à porter l’entière responsabilité lorsque rien ne va.

Ainsi, c’est de ce Leader qu’ont désormais besoin toute Communauté Chrétienne dans des écoles et universités. A lui seul, il doit être en mesure d’incarner toutes les compétences ‘’évangéliques’’ précitées dans cet article, donner de l’impulsion aux autres et suivre leur évolution.

C’est complexe d’être un Leader ! A partir de cet instant, arrêtons de croire que la croissance dépendra uniquement de nos prières et de nos jeûnes. En dehors de ceci, il y a de nombreux autres facteurs dont je pourrai les citer et qui me sont encore méconnues.

Je vous remercie

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