Le mois de juin de l’année 2020 avait, décidément, ouvert une nouvelle ère en République Démocratique du Congo, celle de voir les hommes en cravate de toutes les couleurs, jadis considérés comme des intouchables, comparaitre devant la justice congolaise. Si, pour la plupart des cas, notamment le fameux procès 100 jours, la protase était la problématique des infrastructures à travers le territoire national, cette fois-ci, ‘’le maïs’’ semé à Bukanga-Lonzo dont les retombées, à en croire la Justice congolaise, sont glaucomateuses.

Après plusieurs révélations de détournement des deniers publics dans les institutions publiques de l’Etat, l’Inspection Générale des Finances (IGF) a enfin frappé d’un coup de verge le dossier du Parc agro-industriel  Bukanga-Lonzo dont la plaque tournante est le Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Cette inspection attachée à la Présidence de la République aurait trouvé, en effet, des indices sérieux de culpabilité à la peau de l’homme à la cravate rouge. Ce dernier est reproché, d’une part, d’avoir orchestré un détournement de près de 8 millions de Dollars destinés à l’acquisition des machines auprès de la Société Africom, et d’autre part, pour avoir aligné malignement dans le partenariat de gestion de Bukanga-Lonzo avec l’Etat congolais, la firme Desticlox en versant dans son compte une somme de plus de 510 millions USD, laquelle somme serait partie en fumée noire. 

A la suite des révélations de l’IGF qui auraient conduit le Procureur général près la Cour de cassation à solliciter auprès de la Chambre haute du Parlement la levée d’immunités du Sénateur Matata Ponyo Mapon, celui-ci se retrouve  enfin face à une occasion dorée de stopper à la régulière, pièces contre pièces, les spéculations de certains observateurs qui, eux, estiment que l’Université de Kindu serait le fruit des entrailles de Bukanga-Lonzo. Ce dossier va certainement faire couler du vin sur la crédence car le Sénateur Matata Ponyo, lui aussi, ne va visiblement pas se livrer en victime pascale sur le plateau de la Justice, laquelle, selon le Géniteur de l’Université de Kindu, est politiquement instrumentalisée et même télécommandée. Par qui alors? La question reste tout de même posée. Les jours qui suivent, nous réservent plus…

Gloire Mfemfere