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La RDC est un pays potentiellement riche en Ressources naturelles. Un pays dit scandale géologique avec un secteur minier qui regorge toutes sortes des minerais stratégiques en bonne quantité et teneur. Pourquoi la RDC vit toujours le paradoxe d'un pays riche en minerais mais dont la population vit dans la misère indicible ?


Comme vous le dites si bien, la RDC est un pays immensément riche en ressources naturelles avec plus ou moins 1.100 minerais. L’abondance de ces ressources devrait constituer une réelle opportunité pour le pays en vue de réaliser la vision de son développement intégral voire celui du continent africain.
Cependant, la RDC semble confrontée à la malédiction des ressources, cette expression inventée pour décrire le paradoxe selon lequel les pays dotés de ressources abondantes présentent des résultats peu viables en matière de développement que les pays moins nantis desdites ressources.
Cette situation s’explique notamment, par la volatilité des recettes provenant des ressources naturelles suite aux fluctuations sur le marché mondial des cours des matières premières, la mauvaise gestion publique des recettes tirées des ressources, l’instabilité et/ou la corruption des institutions, la vague des conflits armés et succession des guerres sous les trois dernières décennies renforçant ainsi la carence de pratiques de bonne gouvernance économique.
Il semble que le code minier de 2002 et même celui révisé en 2018, profite plus aux entreprises multinationales qu'à la RDC ?
Je dois reconnaître que l’existence du code minier est un cadre requis pour le bon exercice des activités dans ce secteur, l’idée de posséder le code minier est louable et cela devrait s’étendre à d’autres secteurs si ce n’est pas encore le cas. Je vois le secteur forestier, hydrographique et tant d’autres. Cependant, revenons au cas du code minier, j’estime qu’il comporte quelques lacunes dans sa conception. Le code minier (2002) est venu réglementer un secteur qui avait déjà était privatisé et attribué à certaines firmes étrangères. Rappelez-vous qu’à l’entrée de l’Afdl, Laurent-Désiré Kabila avait signé des contrats avec des firmes étrangères consacrant ainsi la disparition de la grande Gécamines. Son fils, à son avènement, va poursuivre surtout renforcer la politique de son père sur le partage du gâteau minier. En 2002, le code minier est promulgué mais sans soubassement crédible car le parlement de l’époque n’était pas constitué des représentants choisis véritablement par le peuple et c’est la même tendance observée en 2018. Le code minier tel qu’il est aujourd’hui donne tout aux investisseurs et très peu au trésor public et au peuple congolais. Il nous faudra envisager sa révision pour intégrer ces préoccupations et faire du secteur minier le pivot d’industrialisation et de développement du pays.

Pourquoi la RDC ne peut pas suivre l'exemple des Emirats qui tirent profit du pétrole et améliore les conditions de vie de leurs populations ?
Suivre l’exemple des Emirats ou des autres pays du golfe de persique nécessite d’abord l’existence d’un Etat avec un pouvoir public fort et permanent ressenti au travers tous ses bras séculiers, c’est-à-dire garantir à l’échelle nationale la sécurité physique, juridique et assurer le bon fonctionnement de l’administration publique. Aussi, faudrait-Il disposer d’un Etat qui possède une vision politique claire et reflète les bonnes pratiques de gouvernance.
Pourquoi les grandes entreprises au pays telles que TFM, Glencore et Trafigura qui exportent des milliers de tonnes de minerais chaque mois ne sont ressenties par leur contribution en taxes et responsabilités sociétales ?
Comme dit supra, tout le problème se trouve en amont au niveau de notre gouvernance politique et économique. Les dirigeants politiques de l’époque ont plus prêché totalement par la prédation. Les firmes que vous me citez, évoluent comme multinationales sous d’autres cieux mais je doute fort qu’elles possèdent le même type de contrat que celui avec la RDC.
Pourquoi la RDC dont les minerais sont exploités depuis plus d'un siècle ne transforme localement aucun produit minier et tous les produits sont exportés presque en état brut ?
Par manque de vision politique et économique. Cette absence de vision et d’innovation a laissé le pays demeurer dans un mode de fonctionnement et de production identique à celui existant du temps de la colonie Congo-Belge.
Les pierres précieuses et l'or sortent en fraude du pays pour des pays voisins où les banques sont plus offrant, pourquoi la banque centrale congolaise n'adopte pas la stratégie d'acheter ces produits et les constituer en monnaie refuge.
Tout simplement parce que la Banque Centrale ne fait pas exception, elle est aussi marquée par l’inexistence d’initiatives heureuses pouvant améliorer la gestion de la politique monétaire et celle des moyens de paiement. Cette institution souffre de manque de vision comme l’ensemble de toutes les institutions politiques du pays.
Quelle vision et stratégie pour rendre plus compétitif le secteur minier congolais dans la mobilisation des investisseurs aux vrais capitaux et dans l'échange des technologies.
La stratégie nationale doit consister à la transformation de la RDC en une nation industrialisée sur base des opportunités et ressources d’origine minière. Cette industrialisation aura le mérite d’une part, de réduire le caractère vulnérable de l’économie locale par l’élargissement de la gamme très variée des produits manufacturés fabriqués au niveau national et, d’autre part, de réduire la dépendance et l’exposition économique du pays vis-à-vis du secteur minier.
La RDC produit plus d'un million de tonnes de cuivre et près de 100 mille tonnes de combat, le train de vie des congolais est resté précaire, le projet SICOMINES, 5 chantiers, mines contre infrastructures s'est soldé par une large escroquerie du pays par les partenaires chinois qui n'ont dépensé que 3milliards de dollars alors que chaque jour ils exploitent exponentiellement les minerais de la RDC. Que faire?
Il n’y a pas 36 manières !! Mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut et faire respecter les préceptes de l’Etat de droit, ici l’occasion d’adresser ma fière chandelle au Chef de l’Etat qui fait de l’avènement d’un Etat de droit en RDC son cheval de bataille. Il faut supprimer toute pratique de concussion ayant élu domicile dans l’action du gestionnaire congolais.
Le Chef de l'Etat pense créer des millionnaires congolais. Comment y parvenir si dans toutes ces entreprises minières les DG et dirigeants importants sont des expatriés, et aussi les sous-traitants congolais ne sont pas vraiment utilisés ?
J’adhère à cette vision du Chef de l'Etat qui pense créer des millionnaires congolais. Sauf, la création des millionnaires nationaux ne devrait se faire par l’essor d’une génération spontanée. C’est un exercice qui doit s’inscrire dans la durée. L’œuvre du Président de la République devra avoir son fondement dans la définition claire des objectifs de politique économique et sociale. Cette définition de politique aura la tâche de créer des conditions économiques, commerciales, fiscales voire industrielles suscitant un attrait sinon un engouement des investisseurs ou entrepreneurs congolais. Toutes les branches de l’activité nationale doivent participer à la création des richesses nationales et l’émergence d’une classe des riches entrepreneurs congolais.
Quelles sont les tendances des productions et prix des produits miniers par rapport 2020 pendant le COVID-19?
Il faut dire que la conjoncture internationale de l’heure est marquée par cette pandémie à Covid-19, rien n’est plus sûr, à ce jour même le FMI ne puisse proposer avec certitude des prévisions économiques et financières de l’évolution économique pour un horizon de 6 mois à une année. Toutefois, il est relevé une tendance à la reprise des cours mondiaux pour certains produits intéressant la RDC du fait de la relance de la production principalement en Chine. Mais du fait de l’interdépendance économique mondiale si les deux autres grandes zones économiques que sont l’Europe et l’Amérique ne suivent, il y a risque que la conjoncture favorable chinoise subisse un fléchissement.
Il semble que les opérateurs miniers n'ont rapatrié de 60% de leurs exportations depuis début 2020 que 1,8 milliards et, pourtant, le pays attend plus que ça que faire?
J’ai toujours proposé une réforme concernant les opérations de rapatriement des recettes d’exportation, il convient de renforcer le pouvoir de contrôle de la BCC et automatiser le système de contrôle en réduisant la présence de l’action humaine susceptible de concussion ou fraude.
Le yoyo des cours des métaux à l'international et la pandémie de COVID 19 sont des grands obstacles pour l'avenir des activités minières, quelle est votre réaction et vision?
La fluctuation des cours des matières premières existe depuis toujours, avant même l’apparition de cette pandémie ; souvenez-vous de la grande dépression subie par une bonne partie des pays occidentaux sous la décennie 70.
Pour dire la volatilité des cours des matières premières est inhérente à l’existence et au fonctionnement de ce marché. Voilà pourquoi, j’ai toujours affirmé que la solution miracle demeure l’industrialisation de notre économie. Tous les pays développés de nos jours ont suivi cette unique voie.
En conclusion, quel commentaire pour un secteur minier sans vision, ni plan stratégique de développement ?
Il est plus que temps de redéfinir un nouveau mode de gestion politique et économique avec une vision basée sur les bonnes pratiques de gouvernance enclines à la recherche et au développement.

Propos recueillis par LPM

 

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