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"Oui, les femmes et les filles peuvent autogérer leur santé sexuelle et reproductive y compris l'avortement par la télé médecine". C'est le message lancé par la coalition de lutte contre les grossesses non désirées (CGND) à la population du quartier Kindobo situé dans la commune de la N'sele, le mercredi 30 septembre 2020, en marge de la journée internationale de la dépénalisation de l'avortement célébrée le 28 septembre de chaque année.

C'est dans le cadre d'une sensibilisation communautaire sur le droit des femmes et des jeunes en matière de l'avortement médicalisé selon l'article 14 alinéa 2 point C du protocole de Maputo que cette activé a été organisée. Ce Protocole auquel la RDC a adhéré en 2008 et publié dans le Journal Officiel en 2018, précise que les femmes ont le droit d'accéder à l'avortement médicalisé pour les grossesses issues d'agression sexuelle, de viol, d'inceste, et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou du fœtus. Car, les évidences de l'ampleur des grossesses non désirées et les avortements clandestins en République démocratique du Congo sont une des causes majeures de morbidité et de la mortalité maternelle. D'ailleurs, selon les études menées à Kinshasa par l'école de santé publique en collaboration avec Guttmacher en 2016, soit 146.700 avortement ont eu lieu dans la Capitale congolaise.
Contexte
C'est la raison pour laquelle la coalition de lutte contre les grossesses non désirées a ciblé les animateurs communautaires de zone de santé, les associations des personnes vivant avec handicap, les prestataires des soins ; les associations des jeunes filles et jeunes garçons ; les associations des hommes et des femmes ; les Chefs des établissements scolaires et les enseignants ; les leaders politico-administratifs(chef du quartier, chefs de rues, les relais communautaires; les leaders religieux ; les leaders traditionnels; les commandants de la police) pour les sensibiliser sur les dispositifs du Protocole de Maputo et le processus menant à l'évolution du contexte légal en matière de santé sexuelle et reproductive en RDC.
D'après Mme Mimy Mopunga, point focal de la coalition de lutte contre les grossesses non désirées pour le compte de Cafco, le bien-fondé de cette sensibilisation est que les différents participants puissent relayer la vraie information sur l'avortement sécurisé dans l'esprit du Protocole de Maputo sans tordre le vrai sens.
" Il faut retenir que la RDC a adhéré au protocole de Maputo depuis 2008 et ç'a été a publié au journal officiel en 2018 au mois de juin. Et, nous, au niveau de la coalition, nous faisons de ça notre cheval de bataille. Surtout en ce qui concerne l'article 14 alinéa 2 point C où il est demandé à l'Etat congolais de protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus. C'est dans ce cadre que nous sommes venus sensibiliser la population pour qu'elle sache cet instrument juridique régional qui a la primauté aux lois nationales", a souligné Mme Mimy Mopunga.

Où en est-on avec les normes et directives?
S'agissant des normes et directives des soins complets d'avortement centré sur la femme, Mme Miny Mopunga a souligné que le premier pas a été franchi. C'est-à-dire, elles ont été présentées au niveau du comité de prestation. Il ne reste que la validation du secrétariat général du ministère de la santé.

Les satisfactions des participants
Etant donné que cette activité a été organisée en collaboration avec l'ONG lève-toi et marche, M. Justin Fala, coordonnateur national de cette ONG, a vivement remercié la coalition pour avoir réponduà sa demande de sensibiliser la population de la commune de la N'sele. Car, d'après lui, c'est dans les communes urbano-rurales qu'il y a beaucoup d'avortements et un taux élevé de fécondité non planifiée. Et, il faille une forte sensibilisation sur les méthodes contraceptives. Ainsi, il a suggéré que ces genres d'activité s'intensifient davantage pour sauver des vies des femmes et filles congolaises.
Très satisfait, le chef du quartier Kindobo, M. Willy Likasi, a révélé que beaucoup de jeunes filles tombent enceinte précocement faute des vraies informations pour se protéger aux grossesses non désirées.
"Nous sommes très satisfaits de la descente de la coalition de lutte contre les grossesses non désirées dans notre quartier où, du fait qu'il est un lieu touristique, les filles se livrent facilement à l'impudicité sans recourir aux méthodes contraceptives. D'ailleurs, pas plus tard qu'une semaine, nous avons eu la nouvelle du décès d'une maman qui est morte suite à l'avortement clandestin. Et, présentement, l'affaire est en justice. Nous espérons qu'avec des telles descentes de la coalition, que nos femmes et filles recourent aux méthodes contraceptives pour éviter des grossesses non désirées et les avortements clandestins", a souligné le Chef du quartier Kindobo.

Il convient de souligner que l’âge médian 2016à l’expérience sexuelle selon les études menées à Kinshasa par l'école de santé publique en collaboration avec Guttmacher est de 16 ans. Tandis que l’âge médian à l’utilisation de la contraception moderne est de 19 ans (1 ans après la majorité, 18 ans). Ceci montre, selon la même étude, que la première expérience sexuelle n’est plus protégée, car l’utilisation de la contraception se fait deux ans plus tard. Voilà pourquoi, les autorités urbano-rurales réclament une forte sensibilisation sur les méthodes contraceptives et les dispositifs du protocole de Maputo en matière de droit à l’avortement médicalisé.

Jules Ntambwe

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