L’appréhension de la question de l’avortement en République démocratique du Congo préoccupe à haut niveau la coalition de lutte contre les grossesses non désirées (CGND), une structure qui regorge plusieurs ONGs antinationales qu’internationales.

Pour ce faire, la CGND a ouvert hier, lundi 16 décembre 2019, dans la salle Garamba du nouveau bâtiment administratif situé non loin du Palais du Peuple, un atelier de formation des membres des organisations de la société civile sur la clarification des valeurs et la transformation d’attitudes sur l’avortement.

Objectif ? Les amener à examiner, remettre en question, clarifier et affirmer leurs valeurs et leurs convictions sur la question de l’avortement et les problèmes de santé sexuelle et génésique associés, de manière à mieux en prendre conscience et à se sentir plus à l’aise de soutenir la prestation des services complets d’avortement. Avec l’appui financier de l’ONG internationale Pathfinder, cette formation connaîtra la participation de 41 organisations de la société civile ayant manifesté leur intention d’adhérer à la coalition de lutte contre les grossesses non désirées. Ceci, pour permettre à ces organisations de bien comprendre, de s’approprier et de s’engager pour la lutte contre les avortements clandestins qui ne cessent d’endeuiller les familles congolaises. Aussi, cette formation sur la clarification de valeurs et la transformation d’attitudes (CVTA) va, sans nul doute, permettre aux nouvelles organisations de la société civile qui ont manifesté la volonté d’adhérer à la coalition d’être clarifiées et d’avoir un positionnement bien déterminé sur la question de l’avortement et prendre connaissance des enjeux sur lesquels travaille la CGND.

‘’La question d’avortement n’était pas facile à aborder en RDC. Nous avions eu d’intenses discussions avec les parlementaires, les prestataires et les magistrats afin de leur faire comprendre l’apport de l’article 14 alinéa 2 point C de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, relative aux droits de la femme (Protocole de Maputo) autorisant les femmes victimes de viols, d’agressions sexuelles, d’inceste et celles dont la grossesse met en danger leur santé mentale et physique ou leur vie ou du fœtus d’accéder à un avortement sécurisé en toute quiétude. Car, cette Charte a été ratifiée par la RDC en 2008 et publiée au journal Officiel en 2018’’, a souligné Mme Mamie Mopunga, membre du CAFCO.

Celle-ci a focalisé son intervention sur les différentes étapes de la clarification des valeurs. Notamment, le choix de la décision, le prix à payer et l’action opérée.
Très succincte, Mme Mamie Mopunga a exhorté l’assistance que la clarification des valeurs est une théorie ou intervention développé pour que les choix et actes soient les résultats d’une réflexion éclairée et des sentiments raisonnés. C’est dire que l’on n’impose pas aux gens d’épouser l’idée de l’avortement sécurisé mais, plutôt, l’on veut juste expliquer les congolaises et congolais qu’il existe un danger dans le sujets estimés ‘’tabous’’ qui sont à la base d’un taux élevé de la mortalité.

Pour Mme Myriam Dako, point focal de la Coalition et coordonnatrice des Violences Sexuelles Basées sur le Genre à l’association pour le Bien-être familiale (ABF-ND), cette session de clarification des valeurs et changements d’attitude face à l’avortement à pour but d’élargir la coalition.

Du 16 au 19 décembre 2019, Mme Myriam Dako est convaincue que les participants à cette formation bénéficieront des notions adéquates pour clarifier leurs valeurs et changer leurs attitudes face à la question d’avortement. Cela, parce que le Protocole de Maputo a donné la force légale lorsqu’il a été publié au Journal Officiel, une étape qui a officialisé l’obligation pour le gouvernement d’autoriser l’accès à un avortement médicalisé selon les indications dudit Protocole de Maputo. D’ailleurs, les normes et directives sur l’application de l’article 14 du Protocole de Maputo sont fin-prêts.

Pour éclairer davantage les participants, le Professeur Wolombi, gynécologue de son état, est intervenu sur les généralités sur l’avortement. Ici, il a énuméré les différents types avortements, à savoir : avortement provoqué et avortement spontané ou fausse couche.

Il sied de signaler qu’au-delà du fait que la question d’avortement est très peu évoquée ou discutée, il existe au niveau national trop d’étude sur cette question. Or, au vu de l’ampleur du phénomène, de ses conséquences sociales et de son impact négatif sur le déploiement du potentiel de la jeunesse, l’on devrait observer de plus en plus des organisations mais, aussi, des études orientées vers la compréhension de cette problématique et la proposition des solutions. Mais, l’ignorance quasiment imposée par la culture, les us et coutumes ainsi que certaines croyances religieuses expliqueraient ce silence teinté d’hypocrisie sociale, politique et même scientifique sur la problématique de l’avortement clandestin, ses conséquences et son impact négatif sur la population, particulièrement les femmes et les jeunes filles. Qu’à cela ne tienne, la coalition pour la lutte contre les grossesses non désirées ne lâchera pas son combat qui est celui de sauver des vies en prévenant ces fléaux.

Jules Ntambwe

 

Pin It