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*Nous savons tous qu’en démocratie, c’est le Peuple qui est le Patron. C’est le

Peuple qui, à intervalles réguliers, délègue son Pouvoir à des hommes et des femmes qui souhaitent le représenter à différents niveaux d’exercice de ce

Pouvoir pour faire prospérer son Patrimoine que sont toutes les ressources qui appartiennent à un Etat. Que se passe-t-il lorsque le Peuple n’est pas suffisamment averti pour prendre la mesure de tous les enjeux et donc de tous les défis qu’il doit relever ? Comme la nature a horreur du vide, un peuple non averti laisse inconsciemment sa souveraineté lui échapper pour tomber entre des mains étrangères, presque toujours hostiles…bref, des mains qui sont tout sauf amies de ce peuple. Des mains dont la seule raison d’être est d’exploiter ce peuple aussi longtemps que celui-ci est comme endormi !

Pour beaucoup de Congolais et pratiquement tous les étrangers amis des

Congolais, l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, Premier Ministre issu de la majorité parlementaire, démocratiquement élu, est l’ultime coup de grâce porté à une expérience de démocratisation qui avait démarrée dans le chaos dès le lendemain du 30 juin 1960.

Mais très peu savent que cet assassinat d’un homme, Patrice Emery Lumumba, a, en réalité, mis fin à la véritable souveraineté du peuple congolais. Or, un peuple «non souverain » n’est pas un peuple digne de ce nom ! Cela était déjà sans doute aussi le cas à l’époque de Victor HUGO (1802-1885) qui l’exprimait en ces termes : « Quand le peuple sera intelligent, alors seulement le peuple sera souverain » !

Auteur, en une trentaine d’années, d’une trentaine d’articles, ouvrages et autres textes sur les élections, la démocratie et le développement en Afrique, je tente de démontrer, dans les lignes qui suivent, que c’est l’absence de souveraineté du peuple congolais qui a transformé le Congo, pourtant promis à un avenir prodigieux, en un « Etat raté » !

Voilà la situation que vit le peuple congolais depuis le 30 juin 1960. Ayant tout de suite réalisé que le peuple devait changer de comportement pour pouvoir jouer pleinement son rôle de Patron, les dirigeants successifs ont appelé, dès l’accession du pays à la pseudo-indépendance, au changement des mentalités de leurs compatriotes.

De KASA-VUBU à TSHISEKEDI (père et fils), en passant par MOBUTU et KABILA (père et fils) sans parler de LUMUMBA, tous les grands leaders politiques congolais ont, chacun avec ses mots, exprimé le même vœu : celui de voir les Congolais adopter un nouveau comportement susceptible de leur permettre de libérer tout leur potentiel pour enfin s’engager résolument sur la voie d’un développement fulgurant et durable.

Il en est de même des grandes figures de l’intelligentsia congolaise, depuis les auteurs du Manifeste de Conscience Africaine (Joseph Albert Malula, Joseph Ileo,

Joseph Ngalula …) jusqu’au Professeur Félix Malu wa Kalenga en passant par

Auguste Mabika Kalanda, le Professeur Valentin Yves Mudimbe et quelques autres.

Plus de 60 ans sont passés et le constat est toujours le même : un déficit criant en matière de gouvernance résultant du fait que, par ignorance des enjeux et des défis à relever, le Peuple-Patron n’arrive toujours pas à assumer positivement sa souveraineté, en laissant souvent émerger pour le gouverner, à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la vie nationale, des hommes et des femmes qui n’ont pas le profil requis. Or, tout Propriétaire conséquent ne peut confier la gestion de son patrimoine qu’au meilleur manager disponible !

Le problème à résoudre est donc clairement pose en ces termes : comment ne faire émerger que les meilleurs fils et filles du Congo pour mieux gérer ce pays a tous les niveaux de gouvernance (local, provincial et national) et dans tous les secteurs de la vie nationale ?

Le célèbre futurologue américain Alvin TOFFLER, dans « Les nouveaux pouvoirs », nous indique une piste qui a retenu toute notre attention. D’après lui, en effet, cette souveraineté du peuple, aujourd’hui inefficiente, pourrait être optimisée si elle s’exerçait au prorata de la conscience politique des Citoyens.

Autrement dit, il serait tout à fait indiqué de « fractionner » cette souveraineté entre plusieurs étages où s’exerce le pouvoir réel, avec, à la base (au premier étage), ceux qu’il appelle les « Localistes » (ou ceux qui, compte tenu de leur conscience politique du moment, ne pourraient donner le meilleur de leur citoyenneté qu’au niveau local).

Notons au passage que ce sont tous les Citoyens adultes qui sont les bienvenus à ce stade et qu’ici au Congo les « Mayi-Mayi authentiques » devraient logiquement se situer dans cette partie de la population. Au deuxième étage, il y a les « Provincialistes » (ou ceux qui ne peuvent être performants que jusqu’au niveau de la Province ou de l’Etat fédéré).

Et enfin au troisième étage, il y a les «

Nationalistes » (ou ceux dont la bonne prestation est garantie jusqu’au niveau national). Il va même jusqu’à prévoir la place des « Continentalistes » (ou ceux qui, dans le cas de l’Union Européenne ou de l’Union Africaine par exemple, seraient retenus pour participer à tout scrutin à caractère continental) et des « Mondialistes » (ou ceux qui seraient sollicités pour désigner, par exemple, des délégués à un Sommet Mondial sur telle ou telle question intéressant la planète entière).

Si notre premier souci est et a toujours été d’avoir les meilleurs élus d’Afrique (voire du monde), nous avons là une grande opportunité à saisir en nous conformant à cette vision qui rend optimal l’exercice de la souveraineté du Peuple. Une souveraineté qui élimine, à chaque niveau de gouvernance, celui ou celle qui ne peut pas donner à sa voix sa véritable valeur ; celui ou celle qui, ne connaissant pas la véritable valeur de sa voix, était jusqu’ici prêt à la brader contre une bière, un tee-shirt ou un petit billet de banque !

Au lieu de continuer à nous attarder sur le profil idéal du « bon » candidat dans un environnement vicié, laissons ce travail au Peuple-Patron désormais préalablement outillé pour ne laisser émerger que les meilleurs fils et filles du pays au triple plan moral, éthique et académique.

Il ressort de cette vision qualitative du corps électoral, une structure pyramidale de la population électorale avec la totalité de l’électorat actuel (soit autour de 50 millions) appelé à prendre part à toutes les consultations électorales au niveau local.

Mais, au niveau provincial, à peine la moitié de l’électorat actuel (soit autour de 25 millions) serait conviée au vote des députés provinciaux et des Gouverneurs et Vice-Gouverneurs.

Au niveau national,  c’est-à-dire là où nous devons positionner les meilleurs d’entre nous, tant au niveau gouvernemental qu’au niveau de nos deux chambres, pour, d’une part, garantir en interne une gestion optimale du pays et, d’autre part, négocier avantageusement notre insertion dans le concert mondial, il importe de ne confier cette lourde responsabilité qu’aux 12,5 millions d’électeurs conscients des enjeux mondiaux et des défis à relever pour occuper toute notre place sur l’échiquier international.

Cette stratification de l’électorat en fonction de la conscience politique des uns et des autres présente en outre un avantage financier non négligeable de par le fait que, d’une part, tous les scrutins (local, provincial, sénatorial, législatif, présidentiel) peuvent être organisés le même jour et, d’autre part, plusieurs dizaines de millions de « vrais-faux » bulletins (des bulletins qu’on peut qualifier de toxiques) ne seraient plus imprimés !

Nous reviendrons en temps voulu sur la méthode utilisée pour déterminer le contingent électoral affecté à chaque « étage », mais, en attendant, nous pouvons d’ores et déjà faire savoir que les valeurs pour le deuxième et troisième étage sont largement surestimées…

En toutes choses, il faut savoir distinguer l’essentiel de l’accessoire. Les Africains en général et les Congolais en particulier, sont quasi unanimement d’accord sur le fait qu’il y a un gros problème de leadership au niveau de notre continent. Nous croyons avoir trouvé la faille par laquelle passent tous les 90% des médiocres qui nous gouvernent aujourd’hui. Cette faille a pour nom : une souveraineté de façade, une souveraineté de pacotille conférée à un « peuple » qui ignore ce qu’il est et le pouvoir qu’il détient.

Donnons au Peuple-Patron sa totale souveraineté et ce sera la fin de cette mortelle récréation qui dure depuis plus de 60 ans ! Il suffira, pour cela, de faire en sorte que chaque électeur n’ait pas d’autre alternative que celle de remplir correctement son devoir de bien élire !

Bien élire c’est être capable de choisir non pas seulement l’homme ou la femme, mais aussi et surtout ses idées, ses valeurs… bref, son idéologie. La vérité est qu’en plus de 60 ans de pseudo indépendance, nous avons abusé de notre DROIT DE VOTE en laissant émerger des hommes et des femmes qui n’avaient pas le profil de l’emploi au triple plan éthique, moral et intellectuel.

Avec le DEVOIR DE BIEN ELIRE imposé désormais à chaque électeur, nous allons avoir des élus que l’Afrique et le monde entier nous envieront. Nous demandons à ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, se reconnaissent dans cette démarche salvatrice de se mobiliser dès aujourd’hui, pour que naisse, à l’échéance électorale de 2023, le Congo de nos rêves.

Nous pensons en particulier à toutes les forces de progrès présentes dans les organisations que nous avons croisées sur notre parcours. Il s’agit notamment de : « Anciens élèves des Jésuites » (au Congo, en Afrique et dans le monde) ;

« Anciens Étudiants de Lovanium, Unaza, Unikin et les amis du Mont Amba »

(ALMA) ; « Amicale des Anciens Etudiants Militaires Lovaniards et Kassapards »

(AMILKA) ; « Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo » (CALCC) ;

Club des Economistes du Congo ; le Conseil Stratégiques National pour le

Développement (CSND) ; « Association pour la Défense des Intérêts du Kivu-

Bukavu » (ADIB) et tous les adeptes de la méritocratie partout où ils se trouvent.

C'est Patrice Emery LUMUMBA qui a trouvé les mots justes pour clore ce débat sur la souveraineté du peuple à travers la réponse qu’il a réservée à ceux qui trouvaient le Congo « trop » grand : « ce n’est pas le Congo qui est trop grand, mais c’est plutôt nous les Congolais qui avons l’obligation de nous hisser à la hauteur des défis que le Congo se doit de relever » !

Fait à Kinshasa, le 17 janvier 2022

Modeste Mbonigaba

Président

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