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 *Après avoir éradiqué la pauvreté absolue à l’échelle nationale et être devenue une société globalement modérément prospère, l’ascension de la Chine vers un statut de superpuissance mondiale dans tous les aspects, égal seulement aux États-Unis d’Amérique, est désormais imparable.

En effet, la pauvreté a toujours constitué un goulot d’étranglement à résoudre pour que tout pays se libère, et marche sans entraves vers l’accomplissement des choses encore plus grandes. Néanmoins, le statut de superpuissance mondiale s’accompagne d’une plus grande part des responsabilités internationales liées à la paix et au développement mondial ainsi qu’aux rivalités géopolitiques. Dans ce processus, la Chine a encore besoin de l'Afrique (54 pays réunis sur un même continent) pour les quatre raisons suivantes :

Premièrement, la Chine a toujours besoin de l'Afrique non seulement comme partenaire économique, mais comme changeur de jeu. Oui, une Afrique vraiment unie peut changer la donne géostratégique. L’histoire nous apprend qu'au cours des deux guerres mondiales, les ressources naturelles et humaines africaines ont changé le cours des guerres et ont permis aux alliés occidentaux qui étaient aussi les maîtres coloniaux de l’Afrique de vaincre le nazisme et le fascisme.

A titre de rappel, la première bombe atomique, larguée par les États-Unis sur Hiroshima et Nagasaki, au Japon, a été fabriquée à partir de l’uranium congolais et les soldats africains ont risqué leur vie pour défendre leurs maîtres coloniaux et ont gagné batailles après batailles. 

En fait, les Chinois et les Noirs Africains ont subi le colonialisme ensemble comme lors de la construction des chemins de fer en Afrique (en particulier dans la colonie personnelle du roi belge Léopold II qui s’appelait « Etat Indépendant du Congo »), pratiquement sous les conditions de travail forcé ou d’esclavage.

De même, soumise aux puissances régionales et aux puissances européennes (guerre de l'opium), la Chine a emprunte son propre cheminement particulier pour enfin sortir de la domination étrangère au point de reprendre les colonies de Hong Kong et de Macao, etc., et d'inquiéter sérieusement les pays européens et les États Unis. C'est un bel exemple qui doit absolument inspirer les pays africains dans la recherche de leur autonomie, comme l’écrit le Professeur Congolais Fweley Diangitukwa. A cet effet, l’histoire est un grand enseignant. Les relations entre la Chine et l’Afrique avancent après un passé colonial similaire et les deux partenaires restent conscients de ce passé et de la sagesse qu’il contient. Comme l’a déclaré le chef d'État chinois Xi Jinping dans un discours prononcé à la Fondation Körber à Berlin, en Allemagne, le 28 mars 2014, «L’histoire est le meilleur enseignant. Il enregistre fidèlement les traces du chemin parcouru par chaque pays et propose des conseils pour son développement futur».

Après la guerre froide, l’Afrique a exercé son indépendance pour choisir librement ses partenaires. Ici encore, l’Afrique agit comme un changeur de jeu ou de la donne et ce n’est une surprise pour personne que la Chine et l’Afrique marchent côte à côte. La contribution de l’Afrique à l’essor de la Chine n’est,  en effet,  pas négligeable et le soutien de la Chine à l’indépendance de l'Afrique est le témoignage d’une amitié durable. La Chine a retrouvé son siège au Conseil de Sécurité de l’ONU, grâce principalement aux votes africains, ajoutant à cela le soutien incontesté de l’Afrique à la « politique de la Chine unique» concernant la question de Taiwan. Comme l’a rapporté le magazine Forbes en 2019, lorsque le Parti Communiste Chinois est arrivé au pouvoir pour la première fois en 1949, il n’était pratiquement pas reconnu par presque tous les autres pays du monde - dont la plupart étaient en faveur de la République de Chine, l’ancien gouvernement que le L'Armée Rouge sous le commandement de Mao Zedong a chassé jusqu’à l’Ile de Taïwan.

Mais, la Chine s’est largement employée à convaincre les pays africains, l'un après l'autre, pour qu’ils reconnaissent la République Populaire de Chine. En peu de temps, ces engagements politiques ont été remboursés en béton et en acier, étant donné que la Chine commençait à construire des chemins de fer, des hôpitaux, des universités et des stades sur tout le continent. Dans un bon retour des événements, les pays africains menacés par les démembrements induits par l’Occident (comme ce qui est arrivé au Soudan) se tournent vers la Chine pour un soutien moral, diplomatique et politique. 

En réalité, les tentatives de « balkanisation » de leur pays par les puissances occidentales utilisant à cet effet d’autres pays africains, notamment les pays voisins du Rwanda et de l’Ouganda (qui doit 11 milliards de dollars à la RDC pour des actes d'agression sur la base de la décision de la CIJ), inquiètent beaucoup les Congolais en résistance, plus que leur passé colonial. 

Déjà, plus de 10 millions de Congolais ont été tués, le viol utilisé comme arme de guerre, les ressources naturelles et minières du Congo systématiquement pillées, y compris au profit des étrangers, les terres occupées par les populations tutsi venues du Rwanda et de l'Ouganda et les autochtones congolais soumis au nettoyage ethnique !

Deuxièmement, face à l’état d’esprit occidental caractérisé par la mentalité de la guerre froide, la Chine n'est pas seule. La Chine peut compter sur l’Afrique car, comme le dit un proverbe chinois, « une poutre, quelle que soit sa taille, ne peut pas à elle seule supporter une maison entière ». La Chine est actuellement le plus grand partenaire commercial de l'Afrique, ayant dépassé les Etats-Unis en 2009. Le commerce entre la Chine et l'Afrique a presque doublé entre 2020 et 2021, et au cours des 20 dernières années, le commerce entre la Chine et la région a été multiplié par vingt. 

Selon le Ministère Chinois du Commerce, le commerce entre la Chine et l’Afrique a augmenté de 40,5% en glissement annuel au cours des sept premiers mois de 2021, et a été évalué à un niveau record de 13,91 milliards de dollars. Evidemment, le volume des échanges entre la Chine et les Etats-Unis ne se mesure pas avec le volume des échanges entre la Chine et l’Afrique. 

En septembre 2021, la valeur totale du commerce de marchandises des États-Unis avec la Chine s'élevait à environ 58,32 milliards de dollars américains, composé d’une valeur d’exportation de 10,91 milliards de dollars américains et d’une valeur d’importation d'environ 47,4 milliards de dollars américains. Mais le plus grand potentiel existe en Afrique pour réaliser des gains de capacités extrêmement importants.

Encore une fois, en 2019, le magazine Forbes a cité le FMI comme déclarant l’Afrique la deuxième région à la croissance la plus rapide du monde, et beaucoup prédisent qu’elle est en passe de devenir une économie de 5 000 mille milliards (trillions) de dollars, car la consommation des ménages devrait augmenter à un taux de 3,8. % de clip annuel à 2 100 mille milliards (trillions) de dollars d'ici 2025. L’attention du monde se tourne maintenant vers l’Afrique, et les comparaisons avec la Chine des années 90 ne semblent plus être des projections radicales.

Troisièmement, alors que l’Afrique embrasse la révolution technologique également connue sous le nom de « quatrième révolution industrielle », elle lance un appel aux investissements (et non à l’aide) dans les infrastructures modernes à mesure qu’elle s’urbanise de plus en plus et qu’un grand nombre de migrants ruraux se déplacent vers les villes. Il s’agit à la fois d’un défi et d’une opportunité que la Chine n’a pas hésité à saisir, à travers des initiatives telles que « Une Ceinture, une Route » ou « One Belt, One Road » en anglais, lancée par la Chine. Il s’agit de la construction de nouvelles infrastructures dans le but de désenclaver et de développer des régions arriérées dont celles de l’Afrique et ainsi favoriser la montée en gamme de leur industrie) pour améliorer les perspectives de développement, entre autres, de l’Afrique.

Quatrièmement, la solution au problème du réchauffement climatique ou à l’augmentation spectaculaire des effets du réchauffement climatique vient des forêts du bassin du Congo et des forêts amazoniennes au Brésil. Comme aucune quantité de technologies propres ne résoudra définitivement ce problème, le Congo peut transformer son écosystème naturel (les forêts du Congo couvrent 1 280 042,16 km2, dont 99 millions d'ha de forêts denses humides) en de multiples avantages de soft power et être pris au sérieux au sein de la communauté internationale en tant que sauveur de la planète du changement climatique. La RDC mérite respect et compensation financière de la part du monde développé qui émet la plupart des émissions de gaz à effet de serre et dont les empreintes écologiques sont très défavorables au monde entier et particulièrement à l’Afrique où les catastrophes naturelles destructrices sont courantes. Le Congo est à la fois un sauveur (ses tourbières piègent des milliards de tonnes de carbone.

En effet, (le monde développé est responsable principalement des émissions de CO2 dont la réduction doit être suffisante. 

La RDC est à la fois un sauveur (ses tourbières piègent des milliards de tonnes de carbone. Leur disparition accentuerait le changement climatique) et une victime car les eaux de ses fleuves sont polluées par l'exploitation de l'or, durant laquelle le mercure et le cyanure, deux poisons qui détruisent les biotopes et la biocénose sont utilisées, impactant ainsi les chaînes alimentaires ; sans oublier l'exploitation industrielle massive (abattage d'essences forestières) qui accélère la déforestation et donc le changement climatique. La Chine est consciente du problème et reste solidaire avec l’Afrique qui fait face aux aléas climatiques. A cet effet, la Chine a imposé des directives environnementales strictes et claires aux entreprises chinoises opérant en Afrique et aide les pays africains à planter plus d’arbres. Sauver les forêts du bassin du Congo, c'est sauver le monde entier et sauver l'humanité du pire.

Pour conclure, l’Afrique monte et s’affirme de plus en plus comme un continent d’avenir. La création de la Zone de libre-échange continentale est venue renforcer cette réalité. La Chine a besoin de l’Afrique comme d’un ami intime, avec qui marcher côte à côte, un vrai ami qui, comme le dit un proverbe chinois, « débarque chez vous et vient à votre secours quand le reste du monde est entrain de vous quitter ». Au cours de l'histoire, c'est ce que l'amitié sino-africaine s'est avérée être.

En même temps, il est clair qu’à l’ère de l’après-guerre froide, les intérêts africains s’alignent mieux avec les intérêts chinois dans le cadre de leur « coopération  historique  gagnant-gagnant ». Aucune partie n'élabore des politiques contraignantes à l’égard de l’autre. Au contraire, les relations de l’Afrique avec ses anciennes puissances coloniales occidentales montrent une résurgence du colonialisme (néocolonialisme), des politiques de balkanisation, des tactiques de division pour régner (monter les Africains les uns contre les autres). C'est pourquoi l’Afrique a librement choisi d'approfondir ses liens avec la Chine plus qu’avec toute autre puissance.

Le « co-développement » et « la prospérité commune » avant tout, et surtout au profit des communautés rurales ou communautés de base d’abord et non dépendre complètement de l’aide, définir les domaines prioritaires qui nécessitent des efforts conjoints de manière consensuelle, qu’il s’agisse de transfert de technologie, de transformation des ressources africaines sur place ou d’industrialisation, etc., c’est ça l’approche qui doit marquer notre époque. Et cela correspond tout à fait au thème du Sommet du Forum sur la Coopération Chine-Afrique (FOCAC) qui vient de se tenir du 28 au 30 novembre 2021 à Dakar, au Sénégal, notamment : « Approfondir le partenariat sino-africain et promouvoir le développement durable pour construire une communauté future partagée sino-africaine dans la nouvelle ère».

                                               

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