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C’était naturel, chaleureux, sympathique, palpitant,… plus qu’un accueil à la Maison Blanche. Si celui-ci a lieu dans les prochains jours, ce serait protocolaire. En attendant, les deux tourtereaux du G20 à Rome se sont affichés. Peu importe les circonstances dans lesquelles les deux Présidents se sont rencontrés, ils se sont vus et des messages sont sûrement passés. Même dans une seconde, on peut se dire beaucoup de choses. Pour nous communicateurs, mieux communicologues, les attitudes affichées par les deux personnes lors de leur première rencontre indiquent que la communication est passée, le pont est jeté. Et cela présage de la suite. C’est pourquoi, j’ai de la peine pour ceux de mes compatriotes qui maugréent, tournent en dérision cette rencontre. Pourtant, c’est une occasion pour que la voie du Congo soit portée directement auprès d’une des grandes puissances du monde. Qu’importe ! C’est aussi ça la démocratie. Mais, quand on déleste volontairement, sur fond de mauvaise foi, la démocratie de la rationalité, elle devient autre chose :   le crétinisme ».

De toutes les façons, les images des deux Présidents, qui défrayent la chronique en Rdc dans un sens comme dans un autre, ne sont pas le fait d’un hasard. Pour ceux qui connaissent les choses, ils savent que  des officines ont travaillé à ça. Bien longtemps avant. Le rendez-vous était connu de longues dates. Le Président Biden ne pouvait se livrer à pareil show s’il n’était pas d’accord avec une certaine fiche lui présentée sur son homologue congolais. Il a même affiché sur son compte tweeter officiel certaines images avec le Président Tshisekedi. Rappelez-vous que le Président Sassou a été recalé pour voir Trump, alors qu’il était déjà sur le territoire américain. Pourtant, celui qui avait joué pour cette rencontre n’était pas n’importe qui. Donc, il y a eu quelque part une fausse note dans la fameuse fiche, ou quelque chose de fâcheux a été ajouté par la suite.

Je suis plus étonné que des journalistes soutiennent que les deux Présidents ne pouvaient communiquer d’autant que le yankee ne parle pas français et que son homologue  ne pige un mot anglais. C’est de l’incurie, de la paresse intellectuelle. La communication n’est pas que verbale. L’essentiel est que les gens se comprennent : Biden a compris que Tshisekedi a besoin de lui  et vice-versa. Et il sied de retenir qu’on a toujours besoin d’un plus petit que soit.

Oui, Biden a besoin de Tshisekedi, donc de la Rdc, notamment dans la perspective de la voiture électrique qui est l’avenir de demain, dans la mesure où le coltan et d’autres minerais stratégiques que regorge la Rdc ont encore beaucoup de jours dans la technologie de pointe. Ne perdez pas de vue la guerre silencieuse que se mènent les USA et la Chine sur les ressources naturelles  congolaises.

Au-delà de ces ressources, il faut faire une lecture géopolitique de la présence de Moscou à Bangui. C’est depuis 1960 que Moscou se bat pour prendre pied au Congo. Savez-vous pourquoi Antoine Gizenga n’avait pas été à la Table Ronde de Bruxelles ? Il était à Moscou à l’initiative du KGB, une recrue. Et aujourd’hui, Moscou, qui a été éloigné de l’Angola, regarde le Congo à partir d’une fenêtre: la RCA, et veut pousser ses tentacules au Mali. Toujours pour des raisons d’insécurité que la Rdc connaît aussi.  En un tour de main, la France a perdu son influence en RCA, comme au Rwanda autrefois. Ses rapports avec Bamako semblent ne pas être au beau fixe. Et si cela continue, la France-Afrique qui résiste n’a plus de lendemains. Ceci expliquant cela, Washington se veut prévenant.

De l’autre côté, Kinshasa a aussi besoin des yankees pour trouver la clé de la fin de l’insécurité dans sa partie orientale où Kigali et Kampala, les préférés d’autrefois, tirent les ficelles dans les coulisses. Il a aussi besoin d’eux pour contrebalancer la pression européenne. Quelle est la direction prise par le Cardinal Fridolin Ambongo après avoir essuyé un échec pour disqualifier Denis Kadima et sa visite éclaire à Brazzaville? L’Europe où certains de ses soldats l’ont précédé et où il a diabolisé à l’extrême le Président Tshisekedi sur les antennes de la télévision KTO. Il y a plus.

Qu’on le veuille ou non, le Président Tshisekedi se veut pragmatique. A défaut d’avoir jusque-là la chance de son homologue kényan qui a franchi les portes de la Maison Blanche, lui, avec sa double casquette, a joué au G20. Un message passé à la Maison Blanche ou à Rome reste un message adressé à la même personne. Et l’environnement en a donné plus d’éclat. Tout le monde a vu les deux Présidents rire aux éclats, se tenir la main dans la main, se prendre par les bras, se tapoter sur les épaules. Que faut-il encore ? C’est la route vers le Bureau ovale. Rome a planté le décor. Même s’il advenait que Biden ne lui ouvre pas ses portes, Tshisekedi a déjà passé son message très succinctement.

 

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