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Excellence Monsieur Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République Démocratique du Congo, Chef de l’Etat ;

Excellence Monsieur Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo, Chef de l’Etat ;

Honorable Président de l’Assemblée nationale de la République du Congo et très cher Collègue ;

Honorable Président du Sénat et très cher Collègue ;

Excellence Monsieur le Premier Ministre ;

Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle et Président du Conseil supérieur de la Magistrature ;

Honorables Membres du Bureau de l’Assemblée nationale et du Sénat ; Monsieur le Procureur Général près la Cour Constitutionnelle ;

Monsieur le Premier Président de la Cour de Cassation ;

Monsieur le Procureur Général près la Cour de Cassation ;

Honorables Députés nationaux ; Honorables Sénateurs ; Monsieur le Premier Président du Conseil d’Etat ;

Monsieur le Procureur Général près le Conseil d’Etat ; Monsieur le Chef d’Etat-major des Forces armées de la République Démocratique du Congo ;

Monsieur le Premier Président de la Haute Cour Militaire ;

 

Monsieur l’Auditeur Général des Forces armées de la République Démocratique du Congo ; Monsieur le Président du Conseil Economique et Social ; Excellence Monsieur le Vice-Président honoraire de la République ; Messieurs les anciens Premiers Ministres ;

Messieurs les Présidents des institutions d’appui à la démocratie ; Mesdames et Messieurs Membres du Gouvernement ;

Monsieur le Président de l’Assemblée provinciale de la Ville de Kinshasa ; Monsieur le Gouverneur de la Ville de Kinshasa ; Monsieur le Bourgmestre de la Commune de Lingwala ; Messieurs les Chefs et Représentants des Confessions religieuses ; 

Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations de la Société de la civile ; Distingués invités, en vos titres et qualités respectifs, tout protocole observé ; Mesdames et Messieurs ;

Le décès de Son Eminence le Cardinal Laurent MONSENGO PASINYA, le dimanche 11 juillet 2021, nous est tombé comme un couperet. Certes parti

En effet, Son Eminence le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA a lutté avec la force que nous lui reconnaissons tous, avec l’accompagnement des prières de toute la communauté chrétienne et des personnes de bonne volonté. Mais, hélas, ni lui ni nous, personne n’a pu avoir le dernier mot sur la vie. En tant que Père de l’Eglise, la mort, pour tout croyant en Dieu, est inhérente à l’existence humaine, bien qu’elle nous arrive à des moments inattendus, parfois en pleine forme de nos capacités intellectuelles et physiques. Sa disparition, soudaine et paisible à la fois, a eu dans nos consciences un écho profond, dont beaucoup ont été presque surpris. En le prenant subitement un dimanche, jour où il était habitué à dire sa messe durant toute sa vie, le destin l’a laissé intact : il nous l’a enlevé, mais il nous l’a rendu aussi, dans toute la force de sa vie spirituelle et son engagement pour notre pays.

Et même, les quelques jours où il est resté dans le vestibule de la mort ont été pour nous comme une préparation, comme une façon de disposer nos esprits à entendre la leçon de cette vie. Aujourd’hui, en ce haut lieu du Palais du Peuple, temple de la démocratie, l’on sent, par l’unanimité d’hommages, à quel point sa relation avec sa société échappait aux catégories ecclésiastiques et politiciennes, et qu’elle s’est même accrue à sa mort, dépassant les frontières intraçables de la pratique du culte, pour réunir, dans le même deuil, des consciences et 3 opinions diverses et multiculturelles qui, toutes, n’oseraient pas se dire religieuses.

La présence, si nombreuse et impressionnante, des autorités politiques et ecclésiastiques et des fidèles venus de plusieurs pays en ce haut lieu, en compagnie de Son Excellence Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, Chef de l’Etat, et en présence de son frère, Son Excellence Denis SASOU NGUESSO, Président de la République du Congo, pour rendre les derniers hommages à l’illustre disparu, traduire la reconnaissance de la Nation et le respect du pouvoir temporel pour le pouvoir spirituel, révèle la dimension universelle qu’avait le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA, Père bienveillant. Appelé dans ces circonstances de prendre parole pour lui rendre ces hommages mérités, avec un cœur meurtri, l’exercice me paraît difficile eu égard à l’immensité de la personnalité de Tata Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA. Etait-ce bien à moi d'élever aujourd'hui la voix dans cette enceinte ? J'ignore l'art de bien dire et je porte le deuil d'un Père. A ces deux titres, le silence convenait mieux à ma douleur comme à ma faiblesse. La Providence en a décidé autrement.

Je dois vous entretenir de celui que nous avons perdu, à quelques pas de ce perchoir sur lequel naguère, sous nos yeux, il a brillamment dirigé les travaux de la Conférence Nationale Souveraine et accompli ses fonctions de Président du Haut Conseil de la République/Parlement de Transition. J'essaierai de vous dire ce qu'il fut dans sa vie, pour l'Eglise et pour notre pays ; et, si Dieu vient en aide à ma faiblesse, cette louange suffira.

Acteur majeur de l’Eglise catholique dans notre pays, le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA a été une figure emblématique de l’histoire politique contemporaine de notre pays, qu’il a particulièrement marquée de son empreinte indélébile à travers la défense des valeurs démocratiques, de paix, de vérité, de réconciliation et de consensus.

Tant il a connu une carrière 4 religieuse et politique riche et pleine, tant il a su être indispensable au pays, à la classe politique, tant il a su incarner une référence pour des jeunes générations comme modèle d’engagement et de courage face au déni de la démocratie et aux injustices. Les larmes qui coulent sur nos visages, les mots de compassion ainsi que les expressions unanimes d’hommages démontrent à suffisance qu’il est resté cet homme généreux, sévère et exigeant comme un bon parent qui tient au succès pour tous et à un avenir radieux pour la République Démocratique du Congo ; et une autorité morale vers qui beaucoup de gens allaient encore se ressourcer. Notre Bureau et moi-même, ne nous sommes-nous pas rendu à sa rencontre à l’occasion de la prise de nos fonctions ? Ce que, dans le quotidien des jours, la discrétion et la dispersion n’ont pu guère manifester, ses funérailles qui rassemblent autant de personnalités, de diverses convictions, politiques, religieuses et philosophiques, en témoignent éloquemment. Il aura eu cette grâce rare, que sa mort puisse porter le même sens que sa vie, et en quelque sorte l’accomplir. Pour revenir à ses origines, Chez les Basakata, le nom de Monsengwo signifie le petit fils du chef coutumier.

Le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA est donc de souche cheffale, descendant de la célèbre chefferie de Mbamushie, une des grandes familles royales de Basakata. Il appartient à la famille royale de Nkfere-Lesan des grands chefs Oshefwa, Nsauze, Izavie, Ipwan, kepenko, Mampuya et Mekeenkon, connus pour leur endurance et leur obstination légendaires. La famille royale de Nkfere-Lesan s’étend de Mongobele jusqu’à Melo-Melo, d’où il tire son origine. C’est justement à Mongobele que le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA vient au monde, le 7ème jour d’octobre 1939.

C’est là qu’il passera les années de sa prime enfance, dans une famille harmonieuse et très chrétienne. Ordonné prêtre en 1963, puis évêque en février 1980 par le Pape Jean-Paul II, le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA a occupé diverses 5 fonctions, notamment celles d’évêque auxiliaire d’Inongo, évêque auxiliaire de Kisangani, archevêque de Kisangani et archevêque de Kinshasa. Il a aussi été le Président du SCEAM, le symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar.

Il a été membre du Conseil des cardinaux chargés de conseiller le Pape François dont il était proche, et élevé au rang de Cardinal le 20 novembre 2010 par Sa Sainteté Pape Benoît XVI. Il avait quitté le Conseil des cardinaux en octobre 2018, un mois avant de prendre sa retraite en tant qu’ordinaire local de Kinshasa. Le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA est un théologien bibliste et le premier africain à avoir obtenu un doctorat en Écriture Sainte à l’Institut biblique pontifical de Rome.

D’aucun n’a pas hésité, à juste titre, d’apprécier son intelligence, son amour de l’écriture, son zèle sacerdotal et son amabilité. C’est dire que l’Archevêque émérite de Kinshasa a été à la fois un exégète et un homme de science hors pairs, un grand homme spirituel et Pasteur intensément dévoué au service de l’Église, partout où il a été appelé. Bien plus que ça, le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA avait d’autres traits de personnalité qui plaisent d’être recomposés dans leur unité, à partir de ses racines familiales jusqu’à ses importantes responsabilités politiques. C’est l’aspect spirituel et pastoral de sa personnalité et de son ministère. Très particulièrement, voici comment il se décrivait lui-même comme évêque en rapport avec l’écriture sainte. Je cite : « Cette écriture, le Seigneur m’en a fait interprète à un double titre : comme exégète et comme évêque. Et c’est à cause de ce lien que ma vie sacerdotale avec l’écriture et la Vérité que j’ai accepté de devenir évêque, pour révéler à l’humanité Jésus-Christ et le cœur de Dieu ».

Fin de citation. Le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA avait également un amour profond pour la musique. Et, à ce sujet, il disait lui-même que : « La musique dans la vie est un moment intense de contemplation et d’admiration du 6 Créateur. Mais, c’est aussi une expression de communion avec l’humanité passée, présente et à venir, à travers un langage qui commence là où s’arrête la parole ». Cadre universitaire rompu, ses qualités intellectuelles pointues lui ont permis une glorieuse et longue activité au service de la nation. Qui oubliera le rôle ô combien crucial il a joué lors de la Conférence Nationale Souveraine ? Homme mesuré, au tempérament calme et très pondéré, tranquille même dans la tourmente des tensions politiques ; cet homme d’une rare envergure a su mettre au profit la bible au service de la politique, contribuant ainsi, de manière substantielle, aux efforts d’édification d’un Etat de droit démocratique dans notre pays. Il va ainsi sans dire que l’Ancien Archevêque de Kinshasa était attentif aux besoins des fidèles, rempli de courage et de détermination. Il a consacré sa vie de prêtre et d’évêque à l’inculturation de la foi, à l’option préférentielle pour les pauvres et la libération des Peuples.

Dans son combat politique, le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA a usé, sciemment ou inconsciemment, parfois même sans le dire, de la théorie de la libération, en appliquant les vérités bibliques à la politique, pour libérer les peuples de Dieu de la souffrance, de la misère et de l’injustice. C’est pour cette raison que, quand l’occasion lui était donnée, il s’est adonné à utiliser le dialogue comme instrument de paix et de réconciliation. Il a mené un combat pour la dignité humaine, le respect du bien commun et la solidarité. Par exemple, il dit, « chers compatriotes, Dieu nous a donné un grand pays, immense et riche. Un jour, il vous posera la question de savoir qu’avez-vous fait d’un si beau pays que je vous ai donné. Qu’avez-vous fait de votre peuple ? » Ou encore, et très souvent : « Cherchons ce qui nous unit, et non ce qui nous divise ». Dans cette lignée, il a soutenu notamment que « l’Eglise et le christianisme doivent être africains en Afrique et l’Afrique doit être christianisée. 7 Alors le témoignage rendu au Christ par le chrétien africain sera authentiquement africain et authentiquement chrétien ». Le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA a donc été une figure écoutée et respectée de la vie ecclésiale, sociale et politique de la nation et s’est toujours engagé pour le dialogue et la réconciliation de son peuple.

Grâce à cette personnalité, Il a incarné pendant longtemps la mission prophétique de l’Église catholique du Congo. Homme épris de justice, de paix et d’unité, il s’est fortement impliqué dans le développement humain intégral et a significativement contribué à l’avancée démocratique de notre pays. Tata Cardinal, Très cher Laurent MONSENGWO PASINYA, Toute vie vaut ce qu’elle aura vécu. La vie des grands hommes comme la vôtre est tout un symbole. Elle nous rappelle et nous invite, en même temps, à rendre la nôtre sublime et laisser derrière nous, après la mort, des empreintes sur le sable du temps à l’image de votre exemple. Votre digne participation active et brillante à la vie nationale et ecclésiale ne te fera jamais oublier des citoyens congolais, de la communauté catholique et de nous-mêmes. Acteur majeur pour la démocratisation de notre pays, vous avez été longtemps au service de notre peuple et de la communauté chrétienne qui, tous ensemble aujourd’hui et en ce lieu, vous pleurent et regrettent la perte de l’un de ses plus grands défenseurs, témoin de l’histoire et symbole de la cohésion nationale. Pour couronner cette brillante carrière après une vie aussi fructueuse et remplie de courage et des loyaux services rendus à la Nation et à l’Eglise, il a plu à Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, Chef de l’Etat et garant du fonctionnement régulier des institutions, de décerner à Son Eminence le Cardinal, Archevêque Emérite de Kinshasa, une décoration posthume dans l’Ordre national Lumumba-Kabila.

C’est donc ici, l’occasion pour nous de saluer ce geste de bienveillance et d’exprimer nos vifs et sincères remerciements à Son Excellence Félix-  Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, Chef de l’Etat, pour l’avoir ainsi honoré. Nos remerciements vont également à l’endroit de Son Excellence Monsieur Denis SASOU NGUESSO, Président de la République du Congo pour avoir effectué le déplacement de Kinshasa et saluer par ce geste la mémoire de l’illustre disparu.

Nous exprimons aussi notre gratitude vis-à-vis de toutes les délégations venues de partout pour rendre ces derniers hommages à Tata Cardinal. Face à la peine devant le vide qu’il nous laisse mais aussi la grande reconnaissance et le respect qui nous habitent, je souhaite, au nom de la représentation nationale et du peuple congolais, toutes mes vives et sincères condoléances à l’Eglise catholique du Congo, à l’Eglise universelle et à sa famille biologique. Dieu a donné, Dieu a repris. Que son nom soit glorifié. Par ces mots, je voudrais donc dire combien je me sens encore et toujours proche de son amour de l’Ecriture, de l’Eglise et de son peuple. Adieu, cher Tata Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA. Retournes à la maison de ton Père, source de toute vie. Que la terre de nos ancêtres vous soit douce et légère.

Fait à Kinshasa, le 20 juillet 2021

Christophe MBOSO N’KODIA PWANGA

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