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Depuis le retour du Sénateur Augustin Matata qui a écourté son séjour en Guinée pour faire face à la Justice de son pays, le débat tourne autour de la levée de ses immunités parlementaires. Certains juristes estiment qu’en sa qualité de Premier Ministre honoraire, seuls les Députés et Sénateurs réunis en Congrès peuvent déclencher ladite procédure. D’autres pensent que le concerné peut lui-même faciliter la levée de ses immunités. Mais au fond, que reproche-t-on à cet ancien Chef du gouvernement relativement à ce parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo ?

D’après le rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) auquel a accédé Jeune Afrique, l’astronomique somme de 205 millions de dollars américains seraient détournés. Au fait, c’est le Procureur Général près la Cour de Cassation qui a demandé la levée des immunités du présumé coupable pour être entendu dans le cadre des fonds alloués à ce projet sous l’ère Joseph Kabila.

C’est le rapport de l’IGF publié en date du 18 novembre 2020 qui a exhumé ce dossier controversé du parc agro-industriel, un talon d’Achille qui risque de provoquer la chute, si pas l’incarcération, de l’initiateur de Congo Challenge qui vient de décrocher un contrat juteux en Guinée, le pays d’Alpha Condé. Ce rapport indique que le Trésor public avait débloqué 285 millions de dollars américains pour ledit projet, mais seulement 80 millions de dollars aurait finalement servi, dont 40 millions pour la seule station électrique. Où sont donc passés les 205 millions de dollars américains ? C’est la réponse à cette question que la Justice attend de Matata Ponyo Mapon et consorts.

Parmi plusieurs personnalités épinglées, l’ancien Premier Ministre est cité, dans ce même rapport comme «l’auteur intellectuel de la débâcle» de Bukanga-Lonzo. Un peu comme Vital Kamerhe dans l’affaire 100 jours. Est-ce que les deux personnalités vont se retrouver bientôt dans la même cellule à la Prison Centrale de Makala ? Beaucoup s’interrogent ainsi. Il est reproché à Matata Ponyo le choix du partenaire sud-africain Africom Commodities, chargé de la réalisation, de l’aménagement et de la gestion de ce projet, qui, selon l’IGF, n’avait que trois ans d’existence au moment de la signature du contrat de gestion. Ce marché de gré à gré lui sera-t-il fatal au cours du procès tant attendu ?

Toujours citée par Jeune Afrique, l’IGF dénonce en outre une «négligence coupable» de la part de Matata Ponyo qui ne «s’est pas assuré de [l’existence] de mécanismes prudentiels de garantie de bonne gestion par le partenaire», ce qui a «entrainé l’opacité dans la gestion» du projet et la «surfacturation de biens et services». Africom était la seule en effet à déterminer les besoins en investissements, à passer les commandes et à fixer les prix. Tout ceci sera tiré au clair au cours de ce procès que réclame, d’ailleurs, Matata Ponyo Mapon. Car, selon lui, la primature et le Chef du gouvernement n’étaient pas impliqués dans la gestion du projet parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo. Louise Munga, Patrice Kitebi, Matondo Mbungu, Christo Globler et autres sont aussi cités dans le rapport de l’IGF.

Seront-ils acquittés ou condamnés ? «Si j’avais peur, je ne serais pas venu», a lâché Matata. Dans un Etat de droit, lui et les autres présumés coupables ont tous droit à une justice équitable.

La Pros.

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