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Le Fcc se reconnaît, enfin, Opposition...

 

L'acte attendu pour se positionner dans l'Opposition, le Fcc et le Pprd l'ont posé au travers de leurs communiqués respectifs du 25 mars 2021 rejetant catégoriquement leur participation au Gouvernement Sama Lukonde. 

Pour plus de précision, les extraits concernés sont :

- pour le Fcc, «Gardien des acquis démocratiques et d’une transition pacifique légués aux congolais des toutes tendances ; le FCC ne participera donc pas au Gouvernement du premier ministre Sama Lukonde». Mais, surtout, cet extrait : «Ceux d’entre les membres du FCC qui, tentés par la course au partage des postes illégitimes se retrouveront dans ce Gouvernement ; le seront donc en contradiction avec les valeurs et options de la famille politique FCC », et 

 - pour le Pprd, : «Sur instruction du Président National du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, PPRD en sigle, le Secrétaire Permanent informe l’opinion tant nationale qu’internationale, qu’il n’enverra aucun de ses membres au prochain Gouvernement. En clair, le PPRD ne donne aucun mandat à personne pour l’engager au sein du Gouvernement en gestation. Le PPRD appelle le peuple congolais à rester vigilant pour la tenue des élections dans le délai légal». 

Raymond Tshibanda signe pour le Fcc, Emmanuel Ramazani Shadary pour le Pprd.

Avec ce refus, la famille politique de Joseph Kabila se conforme à l'article 2 de la Loi n° 07/008 du 04 décembre 2007 portant statut de l’opposition politique en République Démocratique du Congo.

En voici le libellé : « Aux termes de la présente loi organique, il faut entendre par Opposition politique le parti politique ou le regroupement des partis politiques qui ne participent pas à l’Exécutif et/ou ne soutiennent pas son programme d’action aux niveaux national, provincial, urbain, municipal ou local ».

Ce n’est pas tout. Il y a également l’article 4 selon lequel « Est réputé avoir renoncé au statut de l’Opposition politique, le parti politique ou le regroupement politique qui accepte de partager les responsabilités de l’Exécutif aux niveaux national, provincial, urbain, municipal ou local ».

En d’autres mots, en s’appliquant non pas l’article 4 mais plutôt l’article 2, cette famille politique s’inscrit dans la logique de l’Opposition. 

Bien plus, en étant représentée au sein du Parlement (Assemblée nationale et Sénat), elle se reconnaît dans l’alinéa 2 de l’article 2 selon lequel «L’opposition politique est parlementaire ou extraparlementaire selon qu’elle exerce au sein ou en dehors d’une assemblée délibérante». 

Ayant dès lors des députés et des sénateurs, la plateforme Fcc a des droits et des devoirs déterminés aux articles 8 pour les premiers et 16 pour les seconds. 

Evidemment, elle doit commencer par se doter d’un règlement intérieur (article 17) avant de se désigner un porte-parole (article 19) qui peut être parlementaire ou non.  

Ici, il faut saluer le pragmatisme du tout petit nombre de Kabilistes ayant pris le courage, dès la confirmation de la requalification de la Majorité parlementaire, de savoir la famille politique basculée dans l’Opposition pendant que le gros rêvait ou rêve encore au renversement de la situation avec le retour au bercail des transfuges qui seraient déçus de ne pas se retrouver dans le Gouvernement.

Maintenant que les dés sont jetés (refus de rejoindre l'équipe Sama Lukonde), il ne reste plus aux Kabilistes que de se reconnaître de l’Opposition qui est tout, sauf l’enfer.

En effet, la loi qui régit le Contre-Pouvoir n’en fait pas un pestiféré. 

Les articles 21 et 23 le  mettent plutôt à l’abri des besoins. Le porte-parole, dispose-t-elle, « a rang de ministre d’Etat au niveau national et du ministre provincial au niveau provincial. Il jouit des avantages et immunités y afférents». 

La même loi fait bénéficier  l’Opposition politique aux « niveaux national, provincial, urbain, municipal et local  (…) d’une dotation du trésor public pour assurer le fonctionnement de ses structures».

Mieux, la loi lui accorde une protection juridique dont elle a intensément besoin pour son fonctionnement.

Par voie de conséquence, la famille politique à laquelle n’appartient pas le Premier ministre (belle formule lancée en 1994 après la Conférence nationale souveraine et le Conclave politique de Kinshasa) a tout à gagner à se conformer à la loi si, bien entendu, elle veut survivre en tant que force politique ayant pignon sur rue.

Faute de quoi, il ne lui  restera plus qu’à prendre acte des dernières affirmations de l’ambassadeur américain  Mike Hammer, au sortir de l’entretien qu’il venait d’avoir le 26 mars 2021 avec Christophe Mboso, le speaker national, selon lesquelles « C’est essentiel pour montrer au peuple congolais qu’il y a de vrais changements et que le glissement de l’ancien régime est mort».

Glissement, juste un euphémisme pour dire que dans un certain entendement, la page Fcc au Pouvoir est à tourner.  Comme celle des Fdu et des Fpc avant-hier; de l'Amp et de la Mp hier...

Omer Nsongo die Lema/CP

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