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‘’Question prématurée’’, répondent quelques inconditionnels de cette plateforme politique de l’opposition. Et pourtant, chacun des membres du Présidium a en ligne de mire ce grand rendez-vous. D’autres vont jusqu’à interroger la motivation d’un tel questionnement. Les lecteurs ont besoin de se faire une idée de ce qui pourrait se passer lors des prochaines élections, étant donné que 2023 arrive à galop.


Au vu des tergiversations qui ont entouré la remise-reprise entre Adolphe Muzito et Martin Fayulu, expliquées par une harmonisation tardive des vues entre les Présidents laisse présager que les décisions qui se prendront au niveau de la plateforme seront revêtues d’une lenteur préjudiciable. Car, si pour harmoniser les vues entre les Présidents de Lamuka, il faut trois semaines de tergiversations et d’atermoiements ; qu’adviendra-t-il lorsqu’il s’agira de lever une option aussi lourde en conséquences que la désignation d’un candidat unique de l’opposition ?
De prime abord, si Lamuka veut réellement inquiéter les candidats de FCC-CACH, des candidatures communes aux élections à tous les niveaux sont nécessaires. Les candidatures Communes Lamuka auraient une plus grande chance de réussite face aux candidats FCC-CACH que les électeurs voudraient bien sanctionner pour avoir passé une grande partie de leur mandat à se disputer et à se chamailler, au lieu de prendre des décisions salutaires qui seraient utiles pour l’amélioration du vécu quotidien de la population.

En d’autres mots, Lamuka pourrait faire basculer le pouvoir dans son camp s’il gère adroitement les ambitions en son sein. Le vécu quotidien de la population serait son plus grand allié, si les choses n’évoluent pas dans le bon sens sur le plan économique.
Alors, même si les échéances électorales sont encore lointaines, il est de bon aloi de chercher à savoir si les candidatures communes au sein de Lamuka sont réalisables ? Est-ce que l’Ecidé de Martin Fayulu accepterait de soutenir la candidature du MLC là où il se sentirait mal placé pour remporter les élections ? Est-ce que les Membres du Présidium de Lamuka accepteraient encore de sacrifier leurs ambitions une fois de plus pour le succès de l’un d’eux ?

Au vu des éléments observés dans le chef de ces hommes politiques, des tentatives de réponses peuvent être données à ces questions. L’électorat de Lamuka est inégalement réparti sur le territoire national. Au Katanga, le Parti de Moïse Katumbi est bien placé pour se tailler une part de lion dans les empoignades électorales. Au vu de la popularité du Président de l’équipe de football Mazembe sur l’ensemble du pays, il pourrait glaner des substantielles voix ici et là au travers du pays. Par contre, dans l’équateur c’est le chairman Jean-Pierre Bemba qui aura le flambeau en main. Il est aussi assez bien installé dans le reste du pays pour ratisser des voix ailleurs. En ce qui concerne Adolphe Muzito, c’est plus un candidat du futur que celui des échéances proches. Il peut bien sûr rogner sur l’électorat du Patriarche Gizenga sérieusement disputé par ses héritiers, mais il a pour lui la technicité et l’expérience de gestion au plus haut niveau. Il devra bosser dur pour se construire une base solide. Martin Fayulu compte beaucoup sur l’aura de Président élu qui est un atout non négligeable pour se faire élire sur l’ensemble de la République. Mais, à sa décharge, le retrait des voix de ses collègues du Présidium au cas où ils ont aussi candidats.

D’où, l’intérêt de savoir, alors que la remise-reprise entre Adolphe Muzito et Martin Fayulu pour la présidence de Lamuka, si ces leaders auront les mêmes bonnes dispositions pour désigner un candidat unique à la présidence en 2023 qu’à Genval.
Martin Fayulu a à plusieurs occasions pris la casaque du candidat commun par ses prises de positions intransigeantes et spectaculaires qui lui ont valu des piques de la part de ses pairs ? Pourra-t-il faire preuve du même altruisme dont les autres avaient fait preuve pour le désigner lui ? Est-ce que les problèmes judiciaires dans lesquelles le FCC avait trempé Moïse Katumbi ont été totalement vidés pour lui permettre de briguer cette fois-ci avec de chance de réussite ? Au vu de tous ces éléments, il est plus raisonnable d’imaginer une candidature unique ou des candidatures communes Lamuka, difficiles. C’est là l’importance d’un deuxième tour des élections qui permettrait aux politiciens de nouer des alliances difficiles à imaginer avant les résultats des élections.

Aux niveaux des élections parlementaires, les alliances sont bien sûr possibles au vu de la faible implantation de certains partis, les leaders de Lamuka pourraient donner des consignes de vote à quelques-uns des îlots de sympathisants qu’ils ont au travers du pays au profit d’une candidature commune, mais il est difficile de les voir se faire hara-kiri au profit de leurs collègues. Et pourtant en ordre dispersé, il est difficile de percer pour chacun d’eux sur le plan national. Seules des alliances du type CACH peuvent donner des résultats.

Laurent Bukasa

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