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*‘’En dernière analyse, la preuve de la victoire finale sur les terroristes ne proviendrait pas de nos opérations de communication, mais de l'appréciation des populations concernées et de la reprise d'une vie normale.

Ainsi,  tant que Beni et Ituri crient à l'insécurité, quelle importance accorder à nos communiqués et à nos appels au calme’’, conclut André-Alain Atundu Liongo, dans une tribune d’expression libre. Ici, il revient particulièrement, sur les tueries de Beni, il en tire une vraie leçon qu’il administre, du reste, à l’ensemble de la communauté nationale, tout en mettant un accent sur les énergies et autres stratégies à  capitaliser pour la suite des combats sur le théâtre des opérations. Mieux que quiconque, cet ex-Ambassadeur, Président national de la CDR et de la Ligue de compatriotes estime, par ailleurs, qu’il serait  indiqué de noter  que,  pour éviter de se laisser berner dans des illusions, la RDC  devrait, préalablement,   ‘’ déterminer le  délai d'intervention ‘’éventuelle ou réelle’’  des armées étrangères  en fonction de son  intérêt et de son  calendrier  et de l'évolution des opérations. Sur toute la ligne, il ressasse les pratiques devenues ambiantes des terroristes en action dans l’Est de la RD. Congo, tout en appelant les autorités congolaises à ne pas tomber dans le piège de cet ‘’état de prostration comme pour avouer l'incapacité de notre Peuple à faire face avec dignité et de façon victorieuse à ces atteintes récurrentes à l'intégrité physique des paisibles citoyens, véritable force vive de la Nation. Ce serait alors un comble’’, soutient-il.

Tribune

Beni, une leçon

Pour légitimes que soient les réactions de révolte, d'exaspération, de compassion ou de condoléances après la tuerie terroriste de Noël à Beni, il serait inapproprié de s'en tenir à cet état de prostration comme pour avouer l'incapacité de notre Peuple à faire face avec dignité et de façon victorieuse à ces atteintes récurrentes à l'intégrité physique des paisibles citoyens, véritable force vive de la Nation. Ce serait alors un comble.

Au regard des espérances suscitées par la déclaration de l'état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, des diverses prolongations, des bulletins de victoire et des communications lénifiantes du Gouvernement ou du Porte-parole de l'armée, force est de constater que rien n'a pu créer un sentiment de sécurité ou une dynamique sociale d'apaisement au sein de la population.

Puisque la fin de l'année est une période de bilan, propice à la réflexion et à l'évaluation, ne serait-il pas temps de rectifier la stratégie militaire et de modifier l'approche de l'angle d'attaque avant de recourir aux forces des Etats voisins, au risque de perdre la conduite de la guerre et le leadership des opérations, seul garant de notre souveraineté si chère et de notre dignité en tant que Peuple.

De toute évidence, au-delà de notre égo collectif, la stratégie actuelle a montré les limites de son efficacité. A dire vrai, aucun changement significatif n'est intervenu depuis l'état de siège ; car, avant comme maintenant, les communiqués militaires ont toujours signalé les états-majors des terroristes détruits, le nombre de terroristes abattus et capturés, la libération de telle localité sans pour autant renverser l'âme du combat toujours fondamentalement en faveur des terroristes à qui appartiennent les initiatives meurtrières.

Depuis belle lurette, l'état-major des forces combattantes de l'Etat a reconnu la nature asymétrique de cette guerre... Mais,  tout observateur avisé se rend aussi compte que cette guerre asymétrique est d'abord une guerre de mouvement, de traque des individus et de harcèlement. Sa fin tant souhaitée exige donc l'implication des forces spéciales et des services de renseignement non pas seulement contre leurs refuges mais surtout contre les individus cibles, penseurs patentés de leur stratégies afin d'espérer semer le désarroi parmi les terroristes.

Il faudrait appliquer  le slogan de Pasqua, ancien ministre français de l'Intérieur "terroriser le terroriste" en créant autour des agglomérations des zones nomans'land avec comme objectif de les éloigner des zones d'habitation, de commerce et d'agriculture. Pour se mettre à l'abri des attaques des FARDC, ils devraient donc s'éloigner de ces zones.

Autrement, toutes nos opérations de communication au sujet de l'évolution de la guerre ne feraient que brève illusion, faute de partir à la base, d'un fait d'arme établi.

Autre illusion à éviter est de présenter et de considérer l'implication du Rwanda, du Burundi et de  l'Ouganda comme une certitude de mettre fin à l'action des terroristes et d'atteindre,  ipso facto,  la paix.

Il serait plutôt raisonnable de penser que ces Etats n'interviennent que pour éloigner les terroristes des zones frontalières à leurs pays qui leur  servent de base de repli et d'attaque.

C'est pourquoi,  il serait indiqué de déterminer leur délai d'intervention en fonction de notre intérêt et de notre calendrier, et de l'évolution des opérations.

Tant que la République Démocratique du Congo continuera à se plaindre, à attendre la solution d'une assistance militaire extérieure, nous serons appliqués les propos d'Alfred de Vigny sur la mort du loup : "Pleurer et prier sont également lâche ; seul le silence est grand...".

Evidemment, les motivations des troupes et des chefs des opérations doivent être conséquentes et dissuasives pour leur éviter la tentation d'un enlisement bénéfique pour certains intérêts mesquins et individuels au détriment de l'Etat et des populations martyres.

Aucune troupe, aucun commandant ne devrait dépasser 6 mois au théâtre des opérations sans être remplacé par des éléments frais et un commandant nouveau.

En dernière analyse, la preuve de la victoire finale sur les terroristes ne proviendrait pas de nos opérations de communication, mais de l'appréciation des populations concernées et de la reprise d'une vie normale.

Ainsi,  tant que Beni et Ituri crient à l'insécurité, quelle importance accorder à nos communiqués et à nos appels au calme.

L'implication des voisins doit se faire comme une force d'appoint. En même temps, une campagne de réarmement moral doit être menée auprès de la population. Car,   son adhésion est un apport indispensable pour chasser ennemis et consorts.

Fait à Kinshasa, le 24 janvier 2022

Ambassadeur André-Alain Atundu Liongo

Président National de la CDR et Président de la Ligue des Compatriotes

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