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  1. Les dernières sorties politiques du Chef de l’Etat congolais dans le cadre de sa tournée dans l’espace du grand Kasaï, n’ont pas manqué d’inviter le monde des arts et des lettres à un débat plus ou moins stérile et puérile autour de certaines expressions.

Evoquer, par exemple, la problématique du tribalisme contre celui qui a trouvé bon de magnifier la littérature de son terroir, ne relève pas du bon sens, ni  encore moins de la sagesse élémentaire, à défaut d’être tout simplement une preuve éloquente de l’analphabétisme politique de ceux qui veulent chercher les poux sur la tête d’un chauve.  Et, pourtant, tout y était, surtout la volonté et la détermination de ressusciter un pays détruit de fond en comble depuis la fin de la conférence de Berlin, en passant par la colonisation et d’autres régimes qui se sont distingués par une prédation inouïe.

Au regard du paradoxe d’un pays potentiellement très riche avec une population horriblement pauvre, le président s’écria : « Nous ne sommes pas venus au pouvoir pour voler ni piller ce pays qui n’a plus rien, car tout a été détruit », l’a-t-on entendu dire, non sans laisser entrevoir les signes de sa spiritualité d’où il semble puiser sa sagesse.

Le Président de la République a choisi le bon moment pour présenter le panorama de la RDC depuis sa prise de pouvoir à l’issue des élections du 30 décembre 2018.

Aucun élément de langage n’a échappé à cette production magistrale et séduisante tant la richesse du contenu était soutenue par une cohérence et une solidité à toute épreuve. Cependant, la confusion a été perceptible dans la patronymie entre « l’intelligence et l’intellectualisme » chez qui semblent ne pas évoluer avec le temps.

Imputer, par exemple, à Félix Tshisekedi un aveu d’incompétence pour avoir dit que le pays a été détruit de fond en comble, c’est céder à la tentation de se cacher derrière un doigt là où même la politique de l’autruche ferait mieux.

C’est connu : Vu l’ampleur et la profondeur d’une crise socio – économique qui n’en finit point, une solution salvatrice, quelle qu’elle soit, exige une transformation culturelle substantielle de la mentalité politique, de la manière même de faire la politique et d’exercer le pouvoir en RDC. Si le peuple congolais se montre toujours incapable de capitaliser cette opportunité pour rendre possible cette transformation, autrement dit, s’ il fait toujours preuve d’incapacité à échafauder des réponses ingénieuses, concrètes, précises et volontaristes à ses tragiques problèmes, il court le risque de donner raison à ceux qui, depuis la conférence de Berlin en 1885, ont toujours cru qu’on a affaire à un peuple crée sans beaucoup d’intelligence.

Si l’intelligence est dans la langue qu’on châtie bien pour dire les choses, la sagesse est plutôt à trouver dans l’art d’interpréter le langage utilisé par l’auteur d’une pensée, en tenant compte de l’opportunité et de l’intérêt suscités par le contexte. Une autre vérité est que l’interprétation tout comme la traduction d’un texte littéraire offre généralement une forte tentation pour déformer le contenu de la pensée de l’auteur.

Tel est d’ailleurs le casse-tête des techniques d’interprétation des textes littéraires selon qu’il est dit pertinemment : « Qui traduit trahit. Pour le moins, entre les deux expressions : « Mashi-A-Mumenu » et « Banamayi », la similitude sémantique n’est pas à chercher quand bien même que la synonymie ne relève pas de la science exacte.

La transhumance et le nettoyage de la cour Il est aussi évident que l’intellectuel est celui qui a déjà façonné son intelligence sur des valeurs scientifiques (certes), mais aussi et surtout sur une éthique imprimée sur le réalisme et l’objectivisme.

Dans un contexte politique caractérisé par la versatilité et l’absence d’engagement idéologique, il n’est pas étonnant de voir plusieurs caciques du régime de Kabila faire jouer leur ressort de conservation et de survie politique. Comme déjà dit plusieurs fois, la crise de confiance créée depuis la fin du mariage FCC-CACH, ne ferait aucun sou de bénéfice à Joseph Kabila.

Bien au contraire, ses lieutenants excessivement zélés n’étaient en réalité que des fossoyeurs qui pouvaient le renier quand les choses tourneraient au vinaigre. Mieux valait s’attendre à tout dans ce monde des félons et des félins. Ils sont donc devant le fait accompli à l’instar de cette vérité biblique : « Le roi David se leva sur ses pieds et dit : Ecoutez-moi, mes frères et mon peuple ! J’avais l’intention de bâtir une maison de repos pour l’arche de l’alliance de l’Eternel et pour le marchepied de notre Dieu, et je me préparais à bâtir. Mais Dieu m’a dit : Tu ne bâtiras pas une maison à mon nom, car tu es un homme de guerre et tu as versé du sang ». 1 Chroniques 28 : 2-3. 

Parmi les éminents professeurs qui ont fait la pluie et le beau temps de l’écurie - kabiliste, il y avait de vieux Mobutistes qui avaient défendu des thèses sur la fabrication des dictateurs en Afrique. On les voyait faire la navette chez Blaise Compaoré au Burkina-Faso pour alimenter l’obstination et la boulimie de celui qui ne voulait absolument pas quitter le pouvoir. Malheureusement, leur génie n’était plus assez opérant au regard de la maturité du peuple congolais bien démontrée depuis la fin constitutionnelle du mandat de Joseph Kabila en 2016. A propos des accusations portées contre ses conseillers et proches collaborateurs, l’actuel Chef de l’Etat court- il le risque de s’auto-disgracier à force de flatter continuellement ses oilles dans le sens du poil ?

Par sa bonhomie, doit-il continuer à donner de la matière à ceux qui pensent, à tort ou  raison, que l’actuel pouvoir est le prolongement de la prédation qui a précipité le pays dans un gouffre infernal ? L’affaire de 14 Millions de dollars pour la construction des infrastructures scolaires et hospitalières au Kasaï est une bévue logiquement imputable aux mauvais conseillers qui, en lieu et place du travail, semblent pérenniser la culture de la jouissance et du gain sans effort.

Au regard de toutes ces incohérences philosophiques avec le discours de campagne du Chef de l’Etat basé sur « Le peuple d’ abord », il se constate clairement une contradiction entre les faits et gestes dont sont accusés les membres de son cabinet, déjà jugé pléthorique.

La nécessité de renverser la pyramide électorale C’est donc le glas du folklore qui est entrain de sonner. L’à-peu-près et la complaisance foutent le camp pour laisser la place aux choses sérieuses. Ne voit-on pas des congolais descendre, à leur propre initiative, sur terrain pour en savoir davantage sur les travaux de reconstruction des routes et autres infrastructures selon, par exemple, le projet Tshilejelu, les travaux du barrage de la chute de Katende… ?

A retenir donc que c’est le Peuple (d’abord) qui a toujours secoué le cocotier pour attirer l’attention des cours et tribunaux sur les différents détournements et autres malversations financières. Pour le moins, le peuple congolais a fini par savoir où se trouvait la gangrène. Certainement dans une justice sous coupe réglée et à géométrie variable ayant érigé la corruption en style de vie.

Fière chandelle donc à celui qui a su par quelle corne il fallait tirer le taureau. Sachant tout d’abord que le changement des mentalités est le premier chantier souvent ignoré, l’indépendance de la justice reste la voie royale pour une gestion transparente de la chose publique. Raison de plus de renforcer les capacités des cours et tribunaux pour bien accompagner la dextérité de l’Inspection Générale des Finances.

En clair, il s’agit donc là des bienfaits de la démocratie participative avec à la clé la notion de redevabilité qui a longtemps fait défaut au regard de la solidarité négative préjudiciable au contrôle parlementaire au sein de l’hémicycle congolais. C’est donc sans contredit que l’actuel Chef de l’Etat a réellement conscience de la mauvaise qualité des élections de Décembre 2018.

Au cas contraire, il aurait logiquement la majorité écrasante selon même tous les résultats des maisons de sondage à l’interne comme à l’externe. Plusieurs fois, on l’a entendu dénoncer la corruption à outrance ayant caractérisé ces scrutins scabreux. Comme quoi, les reformes à réaliser au sein de la Commission Electorale Nationale Indépendante et de la Cour Constitutionnelle, occupent aussi une place de choix dans ses préoccupations majeures en tant que garant du bon fonctionnement des institutions.

Pour rappel, le grand mérite du discours du Chef de l’Etat devant le Congrès en Décembre 2019, était aussi et surtout d’avoir présenté les symptômes d’une crise qui couvait sous la cendre de l’hypocrisie au sein de la coalition FCC-CACH.

A cette occasion, il n’avait pas côtoyé le dos de la cuillère pour trancher net sur certaines questions qui fâchaient. «Aucune disposition verrouillée et intangible de la constitution ne sera touchée », avait-il martelé non sans faire allusion aux incongruités qui avaient caractérisé les élections des Gouverneurs des provinces et des sénateurs.

Quant à la problématique des élections de 2023, tous les bons observateurs ont les éléments d’analyse pour expliquer la nécessité de renverser la pyramide électorale.

En commençant par exemple, par les élections urbaines et municipales, on aura résolu le problème de tous les arriérés électoraux enregistrés depuis 2006.

Qui plus est, cela permettra aux électeurs de se choisir utilement (à la base), les dirigeants capables de trouver des solutions immédiates à leurs problèmes quotidiens et récurrents.

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