Depuis que la République Démocratique du Congo existe comme un Etat souverain, c’est une des rares fois où on pense le développement du pays en partant de territoires et non de Kinshasa. Il faut inverse l’adage selon lequel « Kinshasa est le miroir du Congo » par « Les territoires sont le miroir du développement du Congo ». 

J’ai toujours rêvé du développement de Kinshasa qui partirait de Kimbanseke, Makala ou de toutes les communes périphériques de la ville de Kinshasa. Mais tous les bénéfices du développement de Kinshasa sont concentrés sur la Commune de la Gombe depuis Mobutu jusqu’à Félix TSHISEKEDI. Les autres communes ont aussi droit à l’amélioration des conditions de vie (bonnes routes, éclairage public, caniveaux, eau, électricité, sécurité, écoles confortables...).

C’est pour cette raison que je salue et soutiens le programme de développement qui part des territoires, une idée géniale. 

Mais pour que ce programme réussisse, il est important que les principes suivants soient pris en compte :

  1. Le programme devrait être conçu avec une vision qui va au-delà du mandat ou des mandats du Président TSHISEKEDI ;
  2. Les documents du programme (projets, budgets, échéances, localisation…) devraient être mis à la disposition du public pour que tout le monde suive la réalisation de ce qui est planifié ;
  3. La mise en place d’un comité de suivi de mise en œuvre constitué des autorités locales, des ONGs de la société civile, des confessions religieuses et des représentants de sociétés sélectionnées pour la mise en œuvre, au niveau de chaque territoire. Ces comités de suivi doivent être constitués avec les citoyens qui vivent dans le territoire et non des individus qui viendraient de Kinshasa ;
  4. Aucun fonds destiné aux projets des territoires ne doit retourner à Kinshasa. Souvent les gens de Kinshasa nommés à la tête des projets amènent leurs amis, copines, sœurs et frères de Kinshasa pour capturer tous les revenus et les retourner à Kinshasa. Les projets doivent profiter en majorité aux personnes qui habitent les territoires. 
  5. Les dépenses faites pour la réalisation des projets doivent être publiés trimestriellement pour favoriser le contrôle citoyen et la transparence ;
  6. L’obligation doit être faite aux personnes qui travaillent dans les projets de consommer les produits locaux fournis par les paysans (manioc, fruits, légumes, poissons…). Ceci permettra aux paysans de trouver aussi leur compte dans la mise en œuvre des projets ;
  7. La mise en œuvre des projets doit être couplée avec des activités de formation qui permettent aux habitants des territoires d’améliorer leurs connaissances notamment sur l’agriculture, le commerce, la conservation des aliments, l’entretien des infrastructures…
  8. La grande partie de la main d’œuvre devrait être recrutée parmi les habitants du territoire. Si les gens n’ont pas la formation nécessaire, le programme devrait prévoir aussi des formations pour la main d’œuvre. Ces formations sont aussi un investissement au profit des territoires. Eviter de faire venir tout le monde de Kinshasa.
  9. La sanction positive et négative doit être la règle pour tout le monde. 
  10. Eviter de donner des marchés aux entreprises créées de toute pièce et pour la circonstance par les politiciens ou leurs proches pour capturer les projets et l’argent. Les entreprises doivent avoir une expérience avérée et un personnel propre.
  11. Les transactions financières doivent passer par la banque ou des institutions financières crédibles. 

Ces principes ne sont pas exhaustifs, on peut en ajouter d’autres de nature à ce     que le programme laisse de traces inoubliables dans le territoire et dans la vie de ses habitants.

Ceci est ma contribution au succès du programme.

Kinshasa, le 04 janvier 2022

Me Jean Claude Katende