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(Par Didier Mumengi) 

Avertissement

Ces poèmes sont marqués par des inflexions naturelles plutôt que sur une structure formelle. Ils n’obéissent pas à l’ensemble des règles établies en matière d’écriture de textes en vers. Puisqu’il n’y a pas de schéma de rimes ni de modèle métrique défini, il n’y a pas de règles spécifiques pour les sauts de ligne ou les divisions de strophe. Ils sont libres et dégagés de toute contrainte, pour mieux suivre les mouvements de l’esprit.

Ce qui importe n’est nullement la forme ! C’est le fond. C’est-à-dire : l’essentiel ou le message, qui s’étire en vers libres, et se prolonge sans structure prédéterminée ni longueur prescrite, en itinérance littéraire instinctive, chevillée à la manière d’être de l’auteur.

Cette manière vivante et musicale d’écrire a permis à l’auteur d’aller au-delà de l’évidence et de proposer des mots surprenants et des thèmes inattendus.

En fait, le lecteur est appelé à décrypter les émotions puissantes que l’auteur, libre dans son action d’observateur social, consigne dans des phrases enchaînées, au travers d’un langage hyperbolique et des rythmes chantés en toute liberté, transmettant des messages en une série de strophes de formes distinctes.

«Il n’est pas un mot qui soit ici par hasard.

Promets-moi de lui donner le temps

De révéler tous ses secrets.

Si tu n’as pas ce temps,

Comme moi,

Exige–le

Vole-le

Invente-le ».

Ainsi s’exprimait Denis MARTIN. Le poète Ezra Pound aurait dit : «Cela montre de manière concluante que l’écrivain pense à partir de la vie, et non à partir de livres, de conventions et de clichés…».

Des laves de pensées éruptant des magmas d’une mémoire,

De Louise TSHIKUDI à Hina TSHIKUDI,

De 62 à l’aube de 22.

  1. Où vas-tu ?

A  nulle autre pareille misère tissée de mille tourments

Au fond de sa peine pavée d’or et de diamant

L’antre de Patrice broie du noir sans cesse

L’arche de Simon prend l’eau de toutes parts.

Cuivre, cobalt, coltan, de-ci de-là

Lithium, uranium, germanium, cadmium, en veux-tu en voilà

Plein aux as mais gueux loqueteux, il marche sur la tête

60 ans d’amok autour de 80 millions d’hectares de terres arables.

Félicité est archi à sa portée, bien qu’au sommet du Ruwenzori

Trainant brutes et lourdes pierres précieuses, il l’escalade à la Sisyphe

Deux pas en avant, trois en arrière, alors qu’il est sylphe

Sans savoir que tout est aux pieds de ses synapses : fusée, avion, auto, ordi, phone…

Son génie en berne, Sisyphe se jette dans les bras de Zeus,

Qui le serre dans ses grands bras pleins d’affreuses affections

Après chaque étreinte, il broie du noir et voit tout en noir

Ainsi Zeus devint sa lampe et sa mémoire.

A l’aube de 62 ans, l’étreinte bascule en garrot, et Sisyphe a soif

Le corps immergé dans 55% d’eau douce de toute la Nubie

Zeus lui tend un verre d’eau plein de vide du savoir et du savoir-faire

Chaque gorgée lui passe et repasse le gorgerin à la gorge.

A midi, bien en laisse, Sisyphe a faim,

Zeus lui sert le repas du trépas

Sur la table sépulcrale de l’ablation de son cortex

Au nom de la vile philanthropie qui atrophie toute essence et estropie toute essentialité.

Il te veut tourbe, l’œil sur ta tourbe, tubulure dans tes eaux, de peur que le toit suffoque

Egine fille d’Azopos te prie de décrypter la méroïtique des métamorphoses Pour voir l’envers de la nuit, qui s’appelle aurore et pas horreur

Aube et plus jamais obtusion.

Didier MUMENGI

 

Poème du 30 juin 1960

Où vas-tu ?

  1. Ange 2B

Bande-moi les yeux, je te vois mieux avec mes mains Dis-moi boucle-la, Dieu sait qu’on se parle mieux en bouche à bouche.

T’aimer me met en bouche les mets d’Eden…

Voir tes airs de naïade sans t’avoir, c’est voir le paradis sans y avoir droit.

T’entendre sans te voir, c’est entendre Dieu sans le voir…

T’apercevoir allume en moi un feu du désir qu’un océan seul ne peut éteindre Tu m’aimes, donc je suis….

Ton charme a changé le cogito ergo sum de Descartes.

Vénusté incarnée, pléiade de grâces : ton être m’est plus qu’une aubaine Refais-nous, Eternel Dieu Tout puissant, en siamois, mieux qu’en amoureux. Chaque fois que tu me dis «à demain», j’aperçois Jésus monter au ciel sans moi.

En vérité, en vérité : tu es les ailes de mon ascension vers l’Eden.

Chacune de tes absences est mon carême de joie,

Et sans toi, mon tout, est chaque fois en quarantaine de bonheur.

De grâce, Seigneur, fais que nos atomes crochus s’encastrent ad vitam aeternam

Tu l’as fait Ange 2 fois B, tu l’as donc voulue plus angélique que les anges.

Mon Dieu, en douce : tu as fait que par elle mon âme vibre au bohême matin, midi, soir

Seigneur, gré infini d’avoir ainsi couru à la rescousse de mon cœur.

Oui, en effet, depuis qu’elle est dans ma vie, que de jours sans faim d’amour Que de nuits sans soif de tendresse !

Ma seule demande à Dieu, le jour du jugement dernier

Que les étreintes d’Ange 2 B, aussi déiques que gracieuses, continuent outre-tombe.

En panne de mots pour te glorifier Eternel, admets que ma gratitude se réduise à MERCI

Ton Verbe incréé a créé un être qui, sans cesse, me met à l’abri des ténèbres d’ici-bas.

Didier MUMENGI

 

Poème du 06 novembre 1966

Ange 2B

  1. Comme Osiris

Quand le traban de l’agnation clamsa

Bien qu’un abat de peines et de pleurs tomba à verse

Pour l’intime, la camarde du camarade était la clé de la caverne d’Ali baba

Or,  le trépas ne fut que feinte pour laisser éclore une aube neuve.

Voilà un départ coulé en pavement pour un neuf allant !

Les pieds devant, Horus est déjà sur les ailes de Phœnix

A bord d’un entrain retapé, dorénavant sans bornes

Désormais hors d’atteinte ! A jamais.

Seth, spadassin finaud, que dis-je : pataud

Ton venin n’a su ni atteindre l’essentiel ni éteindre l’essence

Tu as visé l’hypogée, l’apogée a vaincu ta ciguë

Rage simplette, ta bile a transfiguré en or l’aplomb d’alors.

Qui vois-tu quand tu te regardes dans le miroir en pensant à lui ?

Que vaut un navire sans moteur ni voiles bondé de biens mal acquis ?

C’est sûr, être plein aux as par le sang d’autrui donne longue vie d’enfer ici-bas Et voilà ! Tu as gagné l’argent en masse, lui a gagné le ciel en lare, comme Osiris

Didier MUMENGI

 

Poème du 12 juin 2012 3

Comme Osiris

  1. Rumba, l’immortelle

Comment voler sans les ailes de tes airs, faits pour épancher nos soifs de nouba ?

Reviens toujours, toi que Dieu a fait son pour désennuyer le sang qui sonde nos sens

Nos entrailles demeurent ton bercail, par la volonté de Nzambi-a-Pungu

Nos reins te révèlent comme l’eau douce du fleuve fleurette avec l’eau salée de la mer,

Toi dont les jotas, en cadence, musclent nos veines pour croquer la vie à pleines dents…

Infant de l’asciento qui ne cesse d’asperger nos nerfs de rappels rabat-joie

En charriant des notes vibrantes de vie, qui nous enchantent de la tête aux pieds

Nkumba à sa genèse, Mahungu l’a modelé en sons exquis de notre sort

Il a imité les bruits de l’univers : tam-tam et autres instru sont nés

Outre-Atlantique, Benny Moré en fit scansion de nos fers d’antan.

Heureux qui comme Apollon, dont le cœur ne demande qu’un chœur de la rumba,

Ni fringale de stupéfiant, ni faim de spiritueux

Elixir s’offre de soi-même

Eden frappe à la porte par soi-même

Malheur à toi qui même une nuit étoilée ne sait éveiller ta bonne humeur. Excave les joyaux de ta mémoire, ton bonheur dort dans un des lieds de l’African Jazz

Des cantates de l’Afrisa International aux arias de l’Ok Jazz, ta joie t’attend à genoux

Que dire des sonates de Wendo, des terzettos des Madjesi, des aubades de Bella Bella ?

Comment prêter l’oreille à l’ennui quand les ariettes de Los Nickelos s’ébranlent

Quand tonnent les motets de Zaïko Langa Langa et qu’Empire Bakuba donne de la voix…

Des doigts habiles de Nico, le docteur, aux staccatos doucereux d’Abeti Massikini

Et la jeunesse montante, dont les lyres hypnotisent déjà bien des âmes d’ici et d’ailleurs

Fugues envoûtantes à tous les coups, au gré des vibratos des Atalaku,

Tendre remède de nos chagrins conjugués, cocardes solfégiques de nos génies La valse de moult chorés nous arrache chaque fois de nos intimes enfers.

Ô Congo, tanière des arts, que seraient les pas de tes gars sans les pas de la rumba ?

Jamais le ciel ne s’est voulu d’aussi bon augure en cette pige 21, l’Unesco en veut

C’est l’occase d’offrir à la terre entière des instants de royaume des cieux

«Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique», a dit Platon

Nous voici Congolais et fiers de l’être, la rumba est nous, la voilà à la table de l’universel.

Chef d’œuvre aussi féerique qu’immortelle, Indépendance TchaTcha en témoigne

Depuis, que de torrents d’andantes eurythmiques, et de proses saccadées

Que de refrains propulseurs sans freins et sans fin d’évasion!

Relève encore ton menton et vois comment le sort te montre l’horizon Romance, stance, danse …sois demain jet de notre pitance.

Didier MUMENGI

 

Poème du 30 novembre 2013

Rumba, l’immortelle

  1. Il parait que…

Un boniment suinte, jaillissant de nulle source

Fumée sans feu, dépêche narcotique, il est news à l’envers

Force d’affusion sans égal, pouvoir d’attraction sans pareil

Il trône, en mensonge tiré à quatre épingles de vérité

On-dit s’ébranle en rampant tel un ver, toujours au ras de pâquerettes.

Virus viciant la morale, démoralisant le moral

Conscience et science sont à plat ventre

A souhait, il soûle les passe-temps, en diplômant les vices au fil des ragots Retourner la droiture est son dada, et jouer les bons offices de la menterie, son jeu

On-dit crache son venin…

Echo prenant l’ethos en étau

Infox feignant info

Sornette sonnant sonnette d’alarme

Malentendu est son attendu, mauvaise foi est sa foi

On-dit se répand en intox obstiné.

De père Bobard, de mère Péronnelle

Il s’appelle On-dit, post-nom : Rumeur

Bras levés, unique psalmodie : à bas vérité, viva décri, dédit oyé

La seule prière qui vaille : que la souillure règne

On-dit est en lune de miel, avec le fiel.

Féria de fariboles, bérézina du crâne

A chaque clapet son clapotis

A chaque tympan son tempo

A chaque jet : la science s’éclipse, la bêtise éclot

On-dit sème et essaime insanité en scie.

Dès que la nuit bat de l’aile, et que l’aube lève la tête

Pied à pied, il assiège le réveil et prend le jour au collet

Médisance en métastase, cancan en cascade

Le vice s’exhibe, le génie jeûne, toute chance chancelle

On-dit exulte : mission accomplie !

Auréole scélérate, On-dit épie et défie l’actu

Quand sonne son heure, on s’empresse, et la presse se baisse

L’air toujours bien pensé, guère pour panser, toujours pour léser

L’ogre l’emporte en vol à la ruse, la vertu se met au vert

On-dit, oriflamme de la nuit noire de l’âme.

Au moindre aggiornamento, le voilà les pieds devant : piètre cruauté

Au diable enseigne d’immaturité : la maturité s’éveille

Au trône la sapience, que ton règne vienne

Hâte-toi jugeote, que ta volonté soit faite

On-dit, le poulpe à malice bat sa coulpe.

A peine l’éveil pointe son nez, l’ablactation est immédiate

Le feu du bon sens rougit ex-abrupto : On-dit expire tel glaçon sous midi tapant Procession libératrice pour séparation salvatrice

Séant rédempteur, carbonise ce gaz à effet de sérénade

On-dit est mort, vive il a dit.

Didier MUMENGI

 

Poème du 15 mars 2019

Il parait que…

  1. Ensemble à jamais

Doux licou nouant nos cous pour vaincre tous les coups

Nœuds de cœurs siamois noués par l’Eternel pour une idylle éternelle

Bras à bras, corps auto-menottés, cap sur l’Eden ici-bas

Mieux que l’amour, au-delà des justes noces

Pari est pris : duo d’orfèvres en suavité pour une affection synchrone sans hic. Hier sous le gui, moi avec toi; ce soir sur le houx, toi en moi

Les oiseaux zieutent notre nid

Les araignées convoitent notre toile

Le ciel regrette d’être aussi loin

De là-haut, les anges se rangent pour prendre d’assaut notre grange !

Du fond de la terre, le volcan monte en braises ardentes

Pour chauffer à feu doux nos glorieux baisers

Forgeurs des mauvais sorts, repentez-vous : haïr un tel nid appelle tuile L’éruption ignée de cette idylle lave envieux et haineux dans des vasques brûlantes

Que votre amende honorable se fasse fumier pour fumer à jamais notre jardin secret

Silence… Les pensées d’amour se pensent les yeux fermés

C’est l’heure où mon cœur bat au bas du cou de l’os de mes os

Où tous mes sens jettent leur dévolu sur l’outrance de l’attirance de tout son être

C’est l’instant où mon âme se pâme à force de laper l’hydromel d’un instant infini

Où le souffle étouffe les mots, fauche la vue et laisse s’envoler l’envie de voir le ciel.

Didier MUMENGI

Poème du 6 juillet 2019

Ensemble à jamais

 

 

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