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  1. Corneille Nangaa  ou le verrouillage central des systèmes Kabila/Tshisekedi

a)Sur les traces d’un génie politique méconnu et sous-estimé

Corneille Nangaa Yobeluo, né le 9juillet1970 dans l'ex Province Orientale de la République démocratique du Congo est un expert en démocratie et élections aussi bien au niveau national qu'international (« Corneille NANGAA YOBELUO » sur ceni.cd (consulté le 15 août 2020). Le 21 octobre 2015, il a été désigné par consensus par les confessions religieuses comme président de la Commission électorale nationale indépendante (République démocratique du Congo) pour remplacer l'abbé Apollinaire Malumalu« RDC: Corneille Nangaa, le parcours d’un technicien des questions électorales » sur radiookapi.net (consulté le 15 août 2020).

C'est alors le vendredi 20novembre2015 que M. Nangaa a pris ses fonctions du président de la Commission électorale nationale indépendante (république démocratique du Congo) à Kinshasa (« RDC: le président de la Céni, Corneille Nangaa a pris ses fonctions » sur radiookapi.net (consulté le 15 août 2020).

Deux repérages essentiels sur la vie professionnelle de Corneille Nangaa montre que premièrement sur le plan international, on retient qu‘en 2007, Corneille Nangaa a conduit l'installation du réseau du savoir électoral en Afrique centrale au sein des organes de gestions des élections de neuf (9) pays de la région d'Afrique Centrale ; qu’en 2013, avant d'être nommé secrétaire exécutif adjoint de la CENI, il était directeur de programmes à l'école de formation électorale en Afrique Centrale ; qu’il a aussi travaillé dans l'assistance technique électorale en tant que consultant ou fonctionnaire international auprès de l'IFES, l'IDEA et du PNUD dans une dizaine de pays africains, notamment en Côte-d'Ivoire, Guinée, Niger, Ghana, Cameroun, Gabon, Burundi, Kenya et Madagascar (« RDC: Corneille Nangaa, le parcours d’un technicien des questions électorales » sur radiookapi.net (consulté le 15 août 2020).

Et secondement, sur le plan national, que c'est en 2005 que Corneille Nangaa entre dans le domaine des élections en République démocratique du Congo en occupant le poste de Superviseur Technique National de la Commission électorale nationale indépendante (république démocratique du Congo). Il a coordonné les opérations électorales sur terrain dans toutes les provinces de la RDC afin qu’en 2013, il occupe le poste de secrétaire exécutif adjoint chargé des opérations de la CENI RDC.

b)Sa part d’héritage politique

Loin s’en faut, dans un pays où apporter témoignage honorable, honnête sur le parcours d’un compatriote est lié au délit de corruption ou de tribalité, je précise tout de suite ne pas appartenir ni de loin ni de près à la famille ni biologique ni politique de monsieur Nangaa, et encore moins de son entourage bienfaisant. Je connais monsieur Nangaa comme tout le monde le connaît, à savoir aujourd’hui comme président de la CENI, pas plus.

Si je l’ai rencontré ce fût à l’occasion d’abord d’une visite privée derrière un jeune frère professeurs des sciences politiques à l’UNIKIN et banquier à la Rawbank, et ensuite l’appétit vient en mangeant à l’occasion de son invitation pour son anniversaire (seulement en juillet 2020), c’est récent, pas plus. En revanche citoyen belgo-congolais et fier de l’être c’est déjà depuis la Belgique que j’entendis parler de lui. Et que je sache Nangaa pour une partie de l’opinion congolaise du pays ou l’étranger patronne avec talent, abnégation, honnêteté la CENI tandis que pour une autre ce n’était qu’un pantin de Joseph Kabila et maintenant de Félix Tshisekedi.

C’est contre cette dernière vue que se justifie et s’entend mon intervention à son sujet afin de clarifier les choses et de rétablir la vérité. Puisqu’il est indigne et très imprudent de porter des critiques acerbes contre une personne qu’on ne connaît qu’au travers les lunettes du commun des mortels. Quant à moi, je me trouvais en Europe aux études et recherches doctorales et postdoctorales de philosophie respectivement à l’université Catholique de Louvain (Belgique) et à l’Université de Poitiers (France), que j’ai appris à connaître Corneille Nangaa et à prendre faits et causes pour lui. Je le faisais au nom de mon seul amour patriotique, nationaliste pour mon pays d’origine le Congo-Kinshasa et ses institutions pérennes. Comme chacun le sait, la vie en Europe n’est jamais de tout repos. A côté du racisme et d’autres méprises liées à la couleur de la peau, trouver un job rémunérateur n’est jamais la porte juste au coin. Il faut batailler des jours, des semaines, des années parfois avec succès mais que des déboires sur déboires, malgré tout on ne perd pas l’avenir du pays du coin de l’œil, en se disant qu’à défaut d’être utile à l’étranger, on y jouerait certainement un rôle soit comme ministres, députés, PDG voire présidents de la république… !

Face aux échecs de leurs ambitions, Nangaa comme d’autres jeunes concitoyens qui ont réussi le parcours qu’ils ont en ce moment ont fait l’objet de jalousies, d’attaques personnelles, des mépris, des méprises voire des sabotages ; pourquoi choisir Nangaa, entendait-on, dans plusieurs manifestations organisées par les soi-disant combattants congolais de Bruxelles, de Paris, de Londres et d’ailleurs ; dans des fêtes, des deuils, des processions funéraires même tarif, on ne parlait que de lui, mais toujours en mal, des injures fusaient à chaque fois, dont la plus révélatrice, mais en réalité la plus conne indiquait que Nangaa n’était pas congolais, mais plutôt ougandais !

C’est delà que m’était venue l’obligation de défendre le personnage, très injustement attaqué dans sa chair, et il y a des témoins privilégiés dont un jeune collègue professeur des Sciences politiques à l’UNIKIN et banquier à la Rawbank. En effet plusieurs détracteurs de Nangaa affirmaient qu’il était au service de Joseph Kabila Kabange, qu’ils qualifiaient au passage de citoyen rwandais installé à la tête de la RDC pour servir les intérêts de l’empire Hima, dont le projet avancé est la partition du pays de Simon Kimbangu, de Patrice-Emery Lumumba, de Pierre Mulele, de Mzee Laurent-Désiré Kabila, du Général Mahele Liyoko, du Colonel Mamadou Ndala, etc.

Malheureusement,  toutes leurs affirmations n’étaient étayées par aucune preuve. Nous allons à l’école pour recevoir une culture, une information et une formation. Par conséquent toute affirmation avancée mérite une justification. A défaut de quoi beaucoup parmi eux méritaient d’aller en prison pour diffamation et injures publiques. Dans le même temps, plusieurs observateurs neutres voulaient cependant savoir au nom de quoi je défendais tant Corneille Nangaa que Joseph Kabila Kabange ?

Au nom tout d’abord de la philosophie et de la logique que j’ai apprises à l’université, qui m’exigent à croire qu’à ce qui est clair et distinct (René Descartes), à ce qui est vérifié, falsifié, corroboré (Karl Popper) ou encore à ce qui est critiqué (Emmanuel Kant). Conséquemment, je refusais de me laisser inspirer, guider, adouber par l’opinion commune et populaire. Aujourd’hui encore une grande partie de la population, dont des professeurs d’universités, restent totalement convaincus à l’idée que Corneille Nangaa est ougandais et non congolais ! Totalement invraisemblable. Accrochés à leur logique, ils demandent les preuves de ma défense prouvant qu’ils avaient tort de leurs déclarations sur Nangaa et Kabila ! Personnellement j’ai rencontré les collègues de classe, d’universités de Nangaa, dont certains sont nés, vécus et grandis dans le même village que lui ; ils sont des preuves imprenables. Pour combattre un adversaire ou un ennemi il faut avant de l’embrasser pour bien l’étouffer, chercher à le connaître.

Malheureusement,  beaucoup d’opposants congolais ne vont jamais à cette école, ils s’attaquent aux gens qu’ils ne connaissent pas ni bien ni trop bien. C’est dangereux, car le retour de la manivelle fait très mal. Evaluer au préalable les points forts et faibles de l’adversaire ou de l’ennemi permet de bien mesurer ses propres forces. L’intellectuel est celui qui avance des choses vérifiées, sondées et non calculées. Or ce n’est malheureusement pas le cas dans notre pays d’où la carence d’hommes crédibles, honnêtes, fédérateurs sur lesquels il peut compter.

Enfin la principale ligne de force de cet ouvrage consiste à réparer un préjudice, une grave injustice faite à un homme : Corneille Nangaa. En effet s’il est vrai que Corneille Nangaa  n’est ni le père de la démocratie ni de l’alternance politique, l’homme n’en est pas moins le parrain et témoin aussi bien de la démocratie que de l’alternance politique. En effet,  si l’alternance est aujourd’hui une réalité historique, Nangaa en est l’architecte, d’où le surnom de verrouillage central que je lui donne. Nangaa est entré dans l’histoire de ce pays par la grande porte. C’est le garant de l’alternance, mais pas que le bâtisseur, l’inspirateur, le témoin.

On l’oublie souvent que c’est Nangaa qui a proclamé Félix Tshisekedi Tshilombo, candidat de l’opposition, vainqueur de l’élection présidentielle au détriment d’Emmanuel Ramazani Shadary dauphin de Joseph Kabila Kabange chef de l’Etat sortant. Qui l’y cru ? Nangaa le fît tellement bien, sans passion ni haine que le passage de témoin s’est fait sans effusion de sang contrairement à ce qu’espéraient les oiseaux de mauvais plumage de tous les quatre coins de la terre. En foi de quoi, Corneille Nangaa mérite bel et bien sa part d’héritage de ce passage de témoin, une grande première dans l’histoire politique de notre pays depuis son accession à la souveraineté internationale. Il mérite d’être élevé à la dignité suprême des héros Kabila-Lumumba pour tous les services rendus à la nation et au peuple congolais.

C’est la reconnaissance historique de la nation à ce grand héros. Son rôle n’est pas mince. Plusieurs années plus tard, les enfants se rappelleront de lui comme nous, à notre époque, nous nous rappelons des héros de l’indépendance nationale Patrice-Emery Lumumba et consorts.

Corneille Nangaa n’est pas n’importe qui. C’est le régulateur de la nation. Le mécanicien de la démocratie. Le stimulateur de l’alternance politique. Nangaa c’est le climatiseur de la nation. Le congélateur des secrets du partage du pouvoir entre les hommes de JKK et ceux de FATSHI. Malheureusement on en parle que très peu voire jamais ! Nangaa c’est l’homme qu’il faut aller consulter pour savoir comment l’on en était arrivé là. Je ne tiens nullement à défendre un homme, d’autres s’en occupent, les journalistes notamment dont c’est le métier. Il s’agit de l’accomplissement d’un vœu du romain Pilate s’écriant « A César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Car il est difficile de parler de Félix Tshisekedi Tshilombo président, sans faire un petit coucou à Corneille Nangaa, tout simplement parce que c’est lui son accoucheur. Quant à Joseph Kabila Kabange, Nangaa fut en quelque sorte une arme secrète, un ambassadeur particulier chargé des missions délicates. Ce qui en fût certainement un personnage spécial du régime JKK. Nangaa a trouvé Joseph Kabila Kabange au pouvoir.

De telle sorte que même s’il était arrivé et entré en politique aux pires moments du règne du fils légitime du camarade Laurent-Désiré Kabila, il ne put s’empêcher de s’adapter pour accompagner le chef de l’Etat sortant dans sa volonté de marquer l’histoire de quitter volontairement le pouvoir au profit d’un suceur choisi librement par le peuple. Nangaa est donc à féliciter non pas parce que c’est avec lui à la tête de la CENI que tout ceci s’est accompli, mais parce qu’également l’homme avait fait effectivement preuve de beaucoup d’allant, de maitrise, de compétence intellectuelle et des vrais talents de diplomate. Rassembleur, Corneille Nangaa a su gérer les pires étapes de la grossesse jusqu’à l’accouchement de la première alternance pacifique et civilisée depuis l’accession du pays à la souveraineté internationale.

Malheureusement malgré Nangaa ses victoires, ses succès, les avancées remarquées et accomplies, je parie que le temps est déjà venu au regard des surenchères, du manque de consensus, d’unanimité, auquel nous assistons à chaque désignation d’une personnalité choisie par les confessions religieuses, de rétrocéder l’organisation des élections générales au Ministère de l’Intérieur.

  1. L’institutionnalisation des Commissions Electorales nationales Indépendantes est un recule à la démocratie

Pour tout ce que nous voyons à chaque fois qu’il faut passer aux élections et qu’il faut choisir le futur président de la CENI, l’objet de la démarche dans cet article consiste à repositionner le Ministère de l’Intérieur au centre de l’organisation des élections générales. A la tête d’un pays évalué à plus ou moins 80 ou 100 millions d’habitants, selon pourtant aucune statistique crédible, Joseph Kabila Kabange fut le premier Chef d’Etat qui conduisit son peuple aux premières élections libres depuis l’accession du pays à la souveraineté internationale. Une obsession démocratique qui est, et quoiqu’on en dise, un acquis indiscutable des années Kabila au pouvoir.

En effet,  là où d’autres chefs d’Etat auraient pu hésiter ou renoncer à la compétition, Joseph Kabila Kabange y accepta de jouer le jeu démocratique. Quant à l’idée de confier l’organisation des élections générales aux confessions religieuses, elle a été suggérée tant par les états-majors des partis politiques que par les soi-disant amis du Congo-Kinshasa nichés en Occident. Le résultat attendu fût d’assurer, à travers la neutralité, hélas supposée, du président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), des élections justes, crédibles, honnêtes et réellement libres. Mais à quoi avons-nous assisté ? A plusieurs scenarios dignes de Western tant en 2006 sous Malumalu, en 2011 sous Ngoy Mulunda, qu’en 2015 sous l’entrée de Corneille Nangaa.

A toutes ces élections, le pays y allait des contestations en contestations, des troubles en troubles, sans compter le nombre sans cesse élevés de morts dans les rangs de l’opposition politique au régime en place.

Aujourd’hui malgré l’alternance politique et la prise en mains par Antoine-Félix Tshisekedi Tshilombo des rênes du pays à la suite d’une passation pacifique et historique du pouvoir avec son prédécesseur Joseph Kabila Kabange en janvier 2019, les élections de 2023 s’annoncent déjà houleuses voire incertaines, en cause les disputes, conflits interminables sur la désignation de l’oiseau rare, irréprochable, dieu du royaume de Koka-bala et des confessions religieuses qui les chapeautera. Mais curieusement et comme précédemment qu’il y a faute de consensus, il est reproché au pouvoir de s’immiscer pour imposer clandestinement sa solution, consistant à trouver plutôt un homme un homme qui se couchera pour lui afin d’assurer, de garantir, de cirer ses intérêts. Et comme dans un mauvais rêve, c’est Christophe Mboso qui est suspecté et serait chargé de cette sale besogne. Celle de trouver cet homme rare qui assurera au chef de l’Etat actuel et à ses hommes une réélection sur un matelas cinq étoiles.

En le faisant, Mboso sait qu’il joue aussi son propre avenir politique, l’homme en effet n’y a accédé au perchoir de l’Assemblée que par un accident de l’histoire politique de notre pays, en ayant été le plus âgé de toute la troupe FCC-CACH faisant office de l’ancienne assemblée parlementaire. Comme on le voit être le plus âgé dans une basse-cour, on le voit, avait également ses avantages. Reste que Mboso n’a qu’à se regarder dans le miroir de l’éthique et de la morale, il verra toute de suite qu’il n’est pas un modèle du consensus qui donnerait des leçons ni à ses collègues députés ni au reste de la nation. La vérité est qu’il a un casier politique chargé dans ce pays et ce depuis le Maréchal Mobutu. Il devrait, ma foi, y avoir raison gardée. 

Certes, garder le pouvoir, le conserver fait partie des stratégies du pouvoir, ce n’est pas Nicholas Machiavel qui démentira mais attention pas à n’importe quelle condition. En effet, la politique chez lui se caractérise par le mouvement, les ruptures violentes et le conflit. Si le recours à la force est une possibilité clairement admise, la politique requiert également des capacités rhétoriques de façon à convaincre les autres. Enfin, elle exige que les hommes politiques recourent à la virtù, un des concepts clés de sa pensée, qui désigne l'habileté, la puissance individuelle et le flair, permettant de passer outre à la force aveugle de la mauvaise fortune et d'innover afin que l'Etat puisse faire face aux défis qui se présentent. Ici deux traditions d'interprétation s'opposent : ceux qui insistent, tel Nietzsche, sur le caractère aristocratique de l'homme d'État machiavélien et ceux qui, au contraire, mettent en avant le fait que, dans une république où chacun a la liberté de participer au politique, il se trouvera nombre d'hommes disposant de la virtù nécessaire pour faire face aux défis à relever.

Quant à la récupération par le Ministère de l’intérieur de l’une de ses compétences majeures, à savoir l’organisation des échéances électorales, permettrait au pays de retrouver un certain équilibre voire sa sérénité. Gouverner c’est faire sa sauce et la consommer soi-même après. Autrement dit il n’y a que celui qui a travaillé, dirigé, gouverné les affaires du pays sait exactement dans quelle direction il conduira le peuple. C’est cynique de le dire comme ça, mais ce machiavélisme-là est partout le même en Asie, en Amérique, en Europe, en Afrique ; c’est l’univers de la charité bien ordonnée commence par soi-même. C’est au gouvernement d’organiser les élections. On doit briser ce cycle infernal hypocrite, qui contraint le gouvernement à faire semblant de jouer le jeu, mais en réalité non, car il passe par la suite derrière les confessions religieuses, qu’il cherchera à instrumentaliser pour le besoin de la cause.

D’où,  on devait, à mon avis, arrêter de confier l’organisation de ces élections aux membres des confessions religieuses ou de la société civile au profit du Ministère de l’Intérieur. Cette démarche est un retour à la légalité mais pas qu’à la normalité. De toute façon l’expérience nous a montré que tout ce qui avait été tenté jusque-là n’y a couché que d’une souri, ça n’a pas fait oublier les organisations antérieures de des élections par le Ministère de l’Intérieur ; le peuple a toujours crié à la tricherie quant aux voix obtenues, à la corruption des membres du bureau, au bourrage des urnes, etc.

Ce type de réflexes qui consiste à exiger aux pays africains de faire organiser des élections sous la surveillance des observateurs internationaux et de préférence avec une CENI dirigée par un homme d’église de la société civile ne serait pas qu’un appauvrissement intellectuel mais aussi une aliénation mentale des peuples africains. Ce que cela traduit est simple : montrer à la face du monde que l’Afrique n’a pas d’hommes mûrs capables de se mettre ensemble pour s’entendre afin de trouver des solutions aux problèmes qui les divisent. Le Discours de la Baule l’avait présagé, lorsque François Mitterrand invita 37 chefs d’Etats africains pour les engueuler comme des enfants auxquels on devait apprendre les règles de politesse et du vivre-ensemble. Donc comme Hegel fin 19è siècle, début 20è siècle (imité en cela par Nicholas Sarkozy en 2006 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar) qui affirmait l’anhistorisme du continent afro-noir, l’ancien président français François Mitterrand s’imaginait également que l’homme africain n’a jamais connu la démocratie et qui plus est ne pouvait être un démocrate. Malheureusement comme pour Hegel qui ne savait pas qu’il n’y avait pas une histoire mais des histoires, François Mitterrand ne savait pas non plus qu’il n’y avait pas une démocratie mais des démocraties. Autant des peuples autant d’histoires et des modèles de démocratie.

D’où,  la nécessité de relativiser le discours de la Baule de François Mitterrand. Dans les années quatre-vingt-dix, ce discours conditionnait à ce moment-là l’aide au développement de la France voire de l’Occident en général à la démocratisation des régimes africains et à la bonne gouvernance. Du point de vue formel, mais pas sur le fond, le discours de La Baule a été écrit par Erik Orsenna. Il a été prononcé par le président de la République françaiseFrançois Mitterrand, le 20juin1990, dans le cadre de la 16e conférence des chefs d’État d’Afrique et de France auquel étaient invités 37 pays africains et qui s'est déroulée dans la commune française de La Baule-Escoublac (Loire-Atlantique). Alors que les relations de l'Afrique avec le bloc de l'Ouest étaient fondées, dans le contexte de guerre froide, sur la préservation des régimes anti-communistes et la sécurisation des approvisionnements, en général sans réelle considération pour le respect des droits humains et de la démocratie par ces derniers, le discours de La Baule invite les pays d'Afrique à lancer un processus de démocratisation sous peine, dans le cas contraire, d'être privés du soutien du Nord. Le discours est en effet prononcé alors qu'a lieu la chute des régimes communistes en Europe.

Ce discours marque une étape importante dans les relations entre la France et l'Afrique. Les passages clé du discours relient l'aide publique importante en pleine crise de la dette à une « démocratisation » par un passage au « multipartisme » : « La France liera tout son effort de contribution aux efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté ; il y aura une aide normale de la France à l'égard des pays africains, mais il est évident que cette aide sera plus tiède envers ceux qui se comporteraient de façon autoritaire, et plus enthousiaste envers ceux qui franchiront, avec courage, ce pas vers la démocratisation... » ; « s'agissant de démocratie, un schéma est tout prêt : système représentatif, élections libres, multipartisme, liberté de la presse, indépendance de la magistrature, refus de la censure.... » ; « A  vous peuples libres, à vous Etats souverains que je respecte, de choisir votre voie, d'en déterminer les étapes et l'allure ». 

D'autres passages complètent le propos dont : « Il nous faut parler de démocratie. C’est un principe universel qui vient d’apparaître aux peuples de l’Europe centrale comme une évidence absolue au point qu’en l’espace de quelques semaines, les régimes, considérés comme les plus forts, ont été bouleversés. Le peuple était dans les rues, sur les places et le pouvoir ancien sentant sa fragilité, cessait toute résistance comme s’il était déjà, et depuis longtemps, vidé de substance et qu’il le savait. Et cette révolution des peuples, la plus importante que l’on eut connue depuis la Révolution française de 1789, va continuer… Si bien que l’histoire reste encore en jeu. Il faut bien se dire que ce souffle fera le tour de la planète ». Mitterrand dit aussi : « la démocratie est un principe universel. Mais il ne faut pas oublier les différences de structures, de civilisations, de traditions, de mœurs. Il est impossible de proposer un système tout fait. La France n’a pas à dicter je ne sais quelle loi constitutionnelle qui s’imposerait de facto à l’ensemble de peuples qui ont leur propre conscience et leur propre histoire et qui doivent savoir comment se diriger vers le principe universel qu’est la démocratie… la France n’entend pas intervenir dans les affaires intérieures des États africains amis… Pour nous, cette forme subtile de colonialisme qui consisterait à faire la leçon en permanence aux États africains et à ceux qui les dirigent, c’est une forme de colonialisme aussi perverse que tout autre ».

Selon Roland Dumas, ce discours se résume ainsi : « Le vent de liberté qui a soufflé à l'Est devra inévitablement souffler un jour en direction du Sud (...) Il n'y a pas de développement sans démocratie et il n'y a pas de démocratie sans développement ». Le discours de la Baule est la partie visible d'un iceberg, celui d'un processus enclenché en 1989 autour de la chute du mur de Berlin. En pleine crise de la dette des pays africains, alors que les populations africaines commencent à se révolter dans un certain nombre de pays (Bénin, Gabon, etc.) et que cela pourrait continuer de se diffuser, alors que commence ensuite les premières conférences nationales, un processus de passage des partis uniques au multipartisme a été mis en œuvre.

Il a impliqué le gouvernement français très moteur, la Communauté économique européenne présidée par Jacques Delors, le FMI et la Banque mondiale, engagés dans l'évolution des plans d'ajustement structurel, et les Nations unies, qui se sont réunies du 3 au 14 septembre 1990 à Paris à la deuxième Conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés3. Gestion de la crise de la dette, transformation de l'aide publique internationale de plus en plus conditionnée à des facteurs politiques, en particulier pour l'aide européenne du Fonds européen de développement (FED) après les accords ACP-UE de Lomé IV (re)négociés en 1989, et passage au multipartisme ont évolué de manières plus ou moins synchronisées. Pour pouvoir payer leurs fonctionnaires, de nombreux dirigeants de partis uniques ont été obligés d'accepter le passage au multipartisme. Dans certains pays, des conférences nationales ont eu lieu et presque partout les constitutions ont été modifiées.

Le discours de la Baule a officialisé la position française qui a été discutée depuis novembre 1989 et progressivement décidée. L'Assemblée nationale française a été consultée en avril 19904. Cette officialisation visait les dirigeants africains, qui, à partir de là, étaient dans l'obligation de faire un choix. En France, le ministre de la Coopération et du développement du gouvernement Michel Rocard, entre le 10 mai 1988 et le 15 mai 1991, Jacques pelletier, a été le principal artisan de ce processus de changement politique en Afrique. François Mitterrand n'est pas resté sur son projet et sa position exprimée à la Baule. Il a pris une direction différente lors du Sommet de la Francophonie du 19 au 21 novembre 1991. Une phrase résume en ouverture du sommet une sorte de revirement, même si François Mitterrand avait pris des précautions à la Baule : « Nombre de pays africains se sont engagés dans un vaste mouvement de réformes démocratiques. Chacun saura, j'en suis convaincu, fixer en toute indépendance les modalités et le rythme qui conviennent dès lors que la direction est prise »6. Il a confirmé cette évolution en conférence de presse finale en disant : « Quand vous me posez la question : "que chacun des pays détermine son rythme", vous n'imaginez pas que je vais dicter la manière de se conduire en observant, avec une règle à la main, de quelle manière on pourrait frapper sur des doigts pour dire : "mais vous auriez déjà dû le faire, il faut aller plus vite". Non, ce n'est pas du tout le rôle de la France. On a montré une direction, nous ne sommes pas le seul pays d'ailleurs dans cet ensemble qui ait fait un choix démocratique depuis longtemps et nous ne sommes pas non plus les seuls à penser qu'il faut agir ainsi, à la fois être ferme dans la mise en place d'institutions répondant aux principes que nous avons définis, et d'autre part laisser comme il convient aux peuples en question le soin de déterminer eux-mêmes la manière de faire ».

En 1991, pour le gouvernement français et l'Elysée, les questions économiques l'emportent sur la question politique de la démocratisation. Au sommet de l'OIF, le président français se met à parler de la démocratie comme moyen d’atteindre un objectif économique et, ce faisant, il dévalorise la démocratie. Il se contente alors de se satisfaire d’une « direction », au lieu d’insister sur l’objectif initial politique. Il ne semble pas vouloir expliquer son revirement mais il se devine des blocages plus fort dans certains pays, entre autres, le Cameroun, où Paul Biya refuse une Conférence nationale souveraine, ou au Rwanda. Déjà en 1991, la résistance de certains dirigeants commence à séparer totalement le « multipartisme » formel et les « élections libres » qui devaient aller avec selon le sommet de la Baule. François Mitterrand enlève de ses objectifs les « élections libres », pour ne plus parler que d'une « direction » et d'un « rythme ».

On peut y voir un revirement, même si à la Baule, François Mitterrand parlait déjà de « direction à prendre », d'« étapes et l'allure » « déterminées » par les « États souverains », parce que l'idée d'« élections libres » disparaît. A  cette occasion, à l'OIF, les positions canadienne et française se différencient, et les autres acteurs, la CEE, l'ONU, le FMI et la Banque mondiale ne participent pas à ce sommet.

Trente ans après le discours de Mitterrand de la Baule, qu’en est-il de la démocratie en Afrique ? Si la réponse est qu’aucune avancée n’a été remarquée sur le continent africain cela est dû principalement à l’échelle de valeur démocratique à atteindre que l’Occident a fixé arbitrairement voire dictatorialement, par la force des armes s’il le fallut, ça continue encore et toujours à l’abri des regards, au vu et au su de tous les observateurs, sans que personne n’y bronche à l’encontre de l’homme occidental. Dans ce discours, il y a été demandé aux africains d’être comme les occidentaux mais en peau noire ! Et la démocratie aujourd’hui, selon l’Occident, ce n’est plus seulement la couleur du régime politique, mais également accepter, intégrer, comprendre l’homosexualité, la transsexualité, le mariage pour tous, l’eugénisme, la polyandrie, l’inceste, la zoophélie (le droit pour l’homme ou la femme d’avoir des rapports sexuels avec nos animaux de compagnie ou non !!!), etc.,  comme des valeurs culturelles, des manières d’être et d’agir des africains, mais valant aussi des droits de l’homme, de telle sorte que quiconque s’y opposerait sera désormais traité comme tel !

Les conséquences dudit discours furent nombreuses. Un processus de démocratisation a été lancé en Afrique. Le passage des partis uniques au multipartisme, qui concernait en premier les anciennes colonies françaises, a fonctionné. Le passage au multipartisme s'est diffusé très rapidement sur tout le continent.

En revanche, les résultats en termes de démocratisation ont été aléatoires. Dans un grand nombre de pays, le passage au multipartisme n'a pas été suffisant pour installer la démocratie. Les détournements de processus électoraux se sont multipliés dans les années 1990. Les résultats ont été meilleurs dans les anciennes colonies britanniques, où la démocratie a progressé plus vite dans les années 1990. Ce résultat n'est pas la conséquence du discours de la Baule en lui-même mais le résultat d'un processus plus complexe dans lequel le discours a été la partie la plus médiatisée et la plus visible.

La participation active du gouvernement français au passage au multipartisme n'a pas empêché la poursuite d'un fonctionnement néocolonial français en Afrique. Pour la géographe Sylvie Brunel, le discours de La Baule qui explique aux Africains que l'aide de la France sera désormais conditionnée à la démocratisation et à la « bonne gouvernance » a ouvert une « décennie de chaos et la montée en puissance de la Chine » en Afrique. Cette indication simplifiée ne tient pas compte de la complexité des transformations en cours au moment de la fin de la guerre froide.

Nous ne nous le faisons pas dire. Dans la mesure où le Discours de la Baule n’a pas résolu la question de la démocratie en Afrique, au contraire le problème s’est même aggravé. Et si la démocratie exportée de la France a échoué c’est en raison de son étrangeté, tout simplement parce les africains ne sont pas des français et ceux-ci ne seront jamais ceux-là. C’est limpide. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Ni la démocratie étasunienne,  ni française,  ni encore moins quelle qu’autre occidentale ne fonctionnerait en Afrique. Nos réalités culturelles, on ne le dira jamais assez ne sont ni semblables ni compatibles. Il n’y a pas une démocratie, mais des démocraties. Non plus une histoire mais des histoires. Non pas moins encore une religion mais des religions. Cette mission civilisatrice, messianiste que s’est octroyée l’Occident par la force des armes doit s’arrêter, il y en a marre. De mémoire, l’histoire de l’Occident est celle des guerres de positionnement politique et de religions. L’Afrique s’en sortirait mieux si l’Occident cessait de se mêler de ses affaires et surtout de lui imposer son modèle de démocratie qui n’a jamais marché, qui ne marche pas et qui ne marchera jamais, soyons sérieux, dis donc !

Le déferlement des commissions organisatrices des élections confiées aux confessions religieuses n’est pas qu’une absurdité mais également une aliénation du politique et de la politique africains. Ça fait partie des stratagèmes imaginés par les politiques occidentaux pour affaiblir l’Afrique et l’homme africain. Trente ans après, on s’aperçoit que l’Afrique n’a pas progressée ni avancée, mais au contraire a été occupée, scellée par les gouvernements occidentaux et leurs lobbies et multinationales.

Trente ans plus tard après le fameux discours de la Baule qui devrait, selon les concepteurs et donneurs de leçons de démocratie, l’Afrique est devenue un champ de combats, d’opérations militaires, une poudrière ; des guerres financées par l’UE et l’OTAN pour se partager le continent en zone d’influences pro-américaine et pro-sino-russe.

Officiellement la guerre froide est terminée dans le reste du monde, mais elle se poursuit en Afrique noire plus précisément. La déstabilisation du continent africain se poursuit pendant que l’Occident parle et martèle des limitations de mandats politiques à la tête des pays africains. Esclaves ou simples objets de valeur, les politiciens nourris aux enchères par l’Occident  non seulement s’y soumettent mais veillent au grain, en étant même prêts à accepter et à subir même, sans broncher le deux poids deux mesures comme on vient de le voir en Côte d’Ivoire et au Mali, au Tchad, au Mali, en Guinée Conakry, au Rwanda, au Burundi, au Congo-Brazzaville, au Congo-Kinshasa, etc. où certains (Alassane Dramane Ouattara alias l’œil et l’oreille de la France en Afrique, Paul Kagame l’alchimiste sherpa des hégémonistes, l’intronisation du défunt fils d’Idriss Déby Itno, l’empereur-dictateur suprême Denis Sassou Nguesso…)  ont reçu le quitus et la reconnaissance de Macron Emannuel et compagnies de rempiler pour trois mandats au vu et au su de la terre entière et d’autres comme Joseph Kabila Kabange, le feu Kurunziza, le destitué le professeur Alpha Condé (au profit du colonel Mamady Doumbouya cerveau intellectuel et inspirateur par procuration du coup d’Etat du 5 septembre, ennoblis et adoubés par les putchistes de l’Elysée, de même que le colonel Assimi Goïta du Mali au détriment Ibrahim Boubacar Keita alias IBK), furent non seulement avertis, menacés des poursuites pour crimes de guerre et contre l’humanité qu’ils savent peaufiner pour faire incarcérer nos dirigeants politiques pas seulement de les humilier aux yeux de la terre entière même d’insulter tout le continent africain. Je retiens que la seule façon pour l’Afrique d’émanciper l’homme africain n’est pas une alchimie, il s’agit de faire arrêter nos dirigeants politiques et après les juger par nous-mêmes afin de les amener à rendre compte de leurs crimes.

Mais,  il n’est pas question de continuer à participer à cette mascarade qu’est la Cour Pénale Internationale de La Haye qui ôte l’Afrique de sa dignité. Une sagesse africaine dit qu’on ne jette jamais le bébé et l’eau de bain. La plus ridicule de cette mascarade n’est autre que la procureur Ben Souda qui a jugé le président élu Laurent Gbagbo de la Côte d’Ivoire qui dans le but de bien se faire voir de ses bergers occidentaux à multiplier de recours et d’appels pour retarder la libération du président ivoirien, qui fait finalement resté dix ans derrière les barreaux, sans qu’après aucune charge soit retenue contre lui. 

Aucune dignité. L’Occident peut ainsi imposer son diktat de Bruxelles, de Paris, de Berlin, de Whashington, d’Ottawa, de Londres, de Madrid, sans aucun risque d’y être démonté. Parce qu’en Afrique les occidentaux sont chez eux et agissent en territoires conquis et éternellement sous influences. Il faut que ça s’arrête. Alors étant donné que le modèle démocratique inspiré timorément du modèle français du Discours de la Baule n’a pas fonctionné, et ce n’est pas pour nous surprendre, il me revient de penser que l’Afrique doit refuser la sous-tutelle occidentale  à tout prix. Malgré sa force militaire, il ne tuera pas toute l’Afrique. Pendant l’esclavage voire la colonisation, l’histoire nous apprend que des africains comme Ngongo Lutete, Shaka Zulu, Dingi Swayo et d’autres grandes rois et empereurs lui ont farouchement résisté. On n’est pas ses enfants. Par conséquent on ne peut continuer à se fier à un modèle de démocratie qui a tout échoué. En Occident les valeurs sont mortes au détriment des antivaleurs qui sont montées en flèche voire se sont substituées en valeurs telles l’homosexualité, la transsexualité, l’eugénisme, le capitalisme, l’euthanasie, l’inceste, la polyandrie, la zoophélie, etc. L’occident est une société à la dérive et inarrêtablement en déclin (Cfr Oswald Spengler…..). Le comble c’est qu’l n’y a qu’en Afrique qu’on ne le voit pas.  Ceci est une interpellation.

C’est ainsi que je reste plus que convaincu que le retour au mode opératoire ancien qui confiait l’organisation des élections générales aux Ministères de l’intérieur des pays africains ne sera pas un recule mais au contraire un retour aux sources.

  1. Rôle et figure d’un Ministère de l’Intérieur dans un pays sous-développé

Nous avons déjà décrit,  dans une publication intitulée «  L’archaïsme et l’incapacité de gouverner autrement seront un véritable cauchemar pour le tandem Tshisekedi-Sama en 2023 ?Ou Analyse détaillée des contradictions théorico-systémiques et des germes d’autodestruction pragmatique » (Cfr.  La Prospérité journal, 9 juillet,2021), le rôle et la fonction tant du Ministre de l’intérieur que du Ministère lui-même dans un pays riche, mais sous-développé jusqu’à la moelle épinière comme la République Démocratique du Congo. Si nous n’avons ni contact direct ni indirect avec le ministre ASELO qui « ministrise » ledit ministère, nous félicitons et acclamons son activisme, qui fait qu’aujourd’hui sa gouvernance ne passe pas inaperçue dans l’opinion, je reçois plusieurs témoignages à son sujet tant du pays que de la diaspora, prétendant même que nous aurions influencé l’attitude et le comportement du ministre ASELO que l’on voit un peu partout, en tout cas plus sur le terrain qu’au bureau pour palper de très près les réalités de son pays et peuple. Tant mieux. Si c’est le cas, il serait l’un des rares qui se sert de nos écrits et des appréciations des « intellectuels » voire des analystes politiques pour aiguiser ses performances politiques. Chapeau excellence monsieur le ministre. Le Ministère de l’Intérieur est un des trois ou cinq ministères-clés du gouvernement de la république.

En résumé et pour rappel, savoir que parmi les priorités du ministre de l’intérieure figure maintenant et en ordre utile ses prérogatives pour l’organisation des élections générales. Mais,  il ne s’agit pas que d’une question des prérogatives, c’est également et en même temps, comme nous venons de le montrer précédemment une affaire de souveraineté nationale, parce qu’il s’agit de montrer que les gouvernements occidentaux ne sont ni plus ni mieux développés que nous et par conséquent ils n’ont plus au 21è siècle comment nous conduire et nous comporter ni en politique extérieure ni en politique intérieure.

Comme je l’avais dit dans cette publication majeure, selon l’avis général, notre souci et problème actuels c’est la paix à l’Est du pays. Nous craignons la balkanisation de notre pays et si balkanisation il y a un jour elle ne sera pas de la volonté des citoyens congolais (qui sont jaloux de la superficie de leur pays telle qu’héritée de la colonisation), mais au contraire de la volonté des ambitions consuméristes des gouvernants occidentaux, les premiers à prétendre nous montrer comment démocratiser le vivre-ensemble.

La question phare fut : Quelle politique intérieure devrions-nous mener par rapport à ces trente années d’occupation de la partie est de la République Démocratique du Congo, et donc de balkanisation contrôlée ? C’est la question adressée à monsieur ASELO le tout nouveau ministre de l’intérieur. De cette question et de la réponse qu’il adviendra de lui, dépendra la réussite ou l’échec de son mandat à la tête dudit ministère.  Deux ou trois décennies de « balkanisation contrôlée », le peuple congolais est un peuple séparé, martyrisé, humilié, moqué, qui a perdu le sens du destin commun. Or partager un destin commun, c’est PARTAGER les mêmes joies, les mêmes peines, les mêmes bonheurs et les mêmes malheurs, les mêmes plaisirs et les mêmes douleurs, les mêmes souffrances… On n’est donc plus ni un pays ni un Etat ni encore moins une Nation. Or,  être une communauté des destins, c’est ce qu’approximativement le philosophe allemand Hegel nomme être une communauté d’Esprits, plutôt qu’un assemblage d’individus, sans esprit ni humanité ni moins encore moralité.

Donc s’y atteler à former un gouvernement, c’est avant tout viser un tel partage des destins communs, plutôt que penser aux personnes ou aux groupements politiques ou civils à nommer. Cette façon de procéder est ce que nous appelons l’archaïsme dans la façon de former un gouvernement. Le formateur aurait dû selon nous sortir des sentiers battus, du mode ancien où confiance était faite aux personnes plutôt qu’à ceux à quoi ils étaient ou devaient être une fois nommés au gouvernement de la république.

Il s’agit tout en bout de course de viser la touche personnelle que chacun y apporterait une fois ministre. Nous attendions cette démarche de la part de Sama Lukonde, malheureusement il s’est contenté comme ses prédécesseurs d’empiler les gens sur les autres comme des objets dans la poubelle. La touche personnelle d’un membre du gouvernement constitue son ADN, c’est-à-dire ce PLUS, qui le distinguera de ses collègues, ce à quoi le peuple se souviendra, en se disant cette réforme était l’œuvre d’untel ou d’untel autre, un peu comme cela se passe au Parlement. Même s’il s’agit d’un Conseil des ministres, le peuple a droit de savoir comment s’y déroulent les débats ? Parce que nous apprenons qu’il y en a qui font de la figuration, qui roupillent pendant que leurs collègues restent éveillés et très attentifs aux délibérations sur des questions essentielles.

D’où cette question : que fait le ministre de l’intérieur, mieux, que sommes-nous en droit d’attendre de notre ministre actuel de l’intérieur ? La question qu’est-ce qu’il fait, nous importe peu, parce que sa première mission est de sécuriser les frontières du pays, d’assurer la libre circulation des biens et des personnes, de garantir les libertés individuelles, l’opinion citoyenne, etc. Comme pour tous les autres ministères, le ministère de l’intérieur n’est pas taillé sur mesure et ni encore moins figé. Le ministre de l’intérieur ne sera pas uniquement jugé au mérite, mais également par rapport à sa capacité à se connecter au temps qui passe. C’est au travers de son ministère de l’intérieur que le président de la république, le premier ministre et l’ensemble des institutions de la république combattront la balkanisation, l’occupation abusive du territoire national, l’hégémonisme, le néocolonialisme, l’impérialisme des occidentaux. Le ministère de l’intérieur est, avec ceux des affaires étrangères, de la défense nationale, de la communication et des médias, des ministères-clés du gouvernement congolais et cela à raison de la situation de dépossession de souveraineté que connaît notre pays depuis la fuite et la mort du Maréchal Mobutu et l’entrée de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) ! Malheureusement, à l’instar des tous les ministères en présence, le ministère de l’intérieur fonctionne sur les prémisses traditionnelles, sans aucune inspiration, sans boussole, sans idéologie. Donc,  de quel ministère de l’intérieur avons-nous besoin, en réalité ? Est-ce un ministère qui vient simplement constater le déni ou le recule de souveraineté du Congo-Kinshasa ou plutôt qui vient s’y employer pour les combattre afin de rentrer le peuple congolais dans ses droits ? La réponse est affirmative et sans ambages. En effet, en accord avec son Premier ministre, tout ministre de l’intérieur entrant en fonction devait impérativement, à la suite d’un état de lieu de la question, définir une politique de l’intérieur de son pays, adaptée à la situation du moment, si tant il est vrai que la politique intérieure désigne l’ensemble des décisions administratives prises en relation directe avec les problèmes et les activités d’une nation dans ses frontières.

D’où,  l’obligation, dès son entrée en fonction, pour tout ministre de l’intérieur de procéder à l’inventaire des problèmes et questions prioritaires auxquels il y sera confronté. C’est dommage voire honteux qu’au lieu de s’y adonner, les ministères qui s’y succèdent, comme ceux d’ailleurs d’autres ministères, ne pensent qu’à organiser des fêtes, à faire main basse sur les reliquats, les voitures de fonctions, les garde de corps une fois nommés. C’est la razzia. Comme si devenir ministre c’est ça. Alors que c’est une mission. Une tâche, plutôt qu’une fête.

Le ministre de l’intérieur a, entre autres, pour leitmotiv de combattre : -l’aliénation de la souveraineté de son pays, l’occupation illégale du territoire national ;-l’insécurisation générale dont le kulunisme, le katanganisme ou les baka Katanga, les bandes ou groupes armés, les coupeurs de routes, etc. ;-l’accaparement des commerces par des firmes étrangères et appauvrissement des travailleurs autochtones par les entrepreneurs étrangers en la faveur des salaires misérables ; -l’amoindrissement de libertés individuelles, d’opinions, d’expressions, de penser, d’écrire ; -l’enrichissement et l’appauvrissement des classes des unes en faveur et au détriment des autres vice-versa, prévenir les risques d’affrontements, de luttes ethniques, tribales ou de guerres civiles ; -le chômage, appauvrissement, délinquance des jeunes, terrorismes urbains…sont là quelques problèmes auxquels est confronté la RDC aujourd’hui, qu’il ne les avait connus il y a trois décennies en arrière sous Mobutu notamment.

Concrètement le ministre de l’intérieur d’aujourd’hui n’est pas celui de l’époque de Mobutu où avec le pouvoir fort qui en était imprimé, le ministère de l’intérieur vaquait à ses occupations politiciennes sans vraiment beaucoup de pression, son Maréchal portant sa voix plus fort autant ou plus que celle de son plus grand tam-tam d’Afrique, la Voix du Zaïre, faisant peur tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de son pays. Après Mobutu et la vraie-fausse révolution imprimée par l’AFDL, le ministre de l’intérieur n’est ni une star,  ni une vedette,  ni encore moins un sédentaire, mais un « missionnaire » ayant pignon sur rue, y écumant et dévorant des kilomètres au contact de la population pour expliquer les priorités du gouvernement, par exemple, en matière sécuritaire, et les actions du Chef de l’Etat. Le ministre de l’intérieur est au four et au moulin du gouvernement, plutôt qu’un chef coutumier tout croulant au bureau climatisé de la Gombe, se tournant le pouce à ne rien faire. Le ministre de l’intérieur est appelé constamment à y aller à la rencontre de sa population afin de relayer, nous venons de le dire il y a un instant, la philosophie du président de la république…

Ainsi, face aux défis multiformes que subit notre pays en ce moment, le Nationalisme pragmatico-révolutionnaire devait incarner, à notre avis, la politique de notre ministère de l’intérieur. Ce nationalisme tire sa source du Nationalisme zaïrois authentique prôné par le mythique Maréchal Mobutu Sese Seko, à travers le désir d’être-soi-même, et donc de s’aimer-soi-même mieux que ne le fera personne d’autre ; de s’y aider soi-même que personne ne le ferait mieux que toi-même ; puisque la charité bien ordonnée commence toujours par soi-même ; une vérité plutôt biblique.

En effet,  la charité bien ordonnée commence toujours par soi-même n’est pas un slogan, mais un vécu. Ainsi,  à la suite du philosophe politique Mobutu Sese Seko, notre Nationalisme pragmatico-révolutionnaire n’est ni un mot vain ni une simple expression pour amuser la galerie ni encore moins un adage, mais au contraire une réalité réelle, et donc un vécu.  Du fait que le Congo, notre pays, est constamment, depuis deux ou trois décennies en état de perpétuelle aliénation, sans re-construction.

Entre patriotisme et nationalisme que choisir ? Telle est la vraie question d’un ministre de l’intérieur. Celui-ci se demandera si dans la situation actuelle de son pays (occupé, balkanisé, exploité, martyrisé, honni, néo-colonisé…), le nationalisme devait être tu, sous-prétexte qu’il conduirait aux dérives sectaires ou plutôt ravivé en se disant qu’il est notre avenir, notre salut? Depuis les ravages du nazisme hitlérien avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale, les nations occidentales (donneuses des leçons de droits de l’homme, de démocratie voire de l’éthique de discussion (Cfr.  Jürgen Habermas, dans « Théorie de l’agir communicationnelle », mais qu’elles n’appliquent jamais elles-mêmes lorsqu’il s’agit d’exporter leur exploitation de l’homme par l’homme), se méfient des velléités nationalistes. Les dirigeants politiques qui mettent en avant le nationalisme sont suspectés et traités comme tels et encouragent, au contraire, l’émergence des partis soi-disant républicains, mais uniquement pour rafler les voix électorales issues de l’immigration, en les diabolisant les partis nationalistes, en surfant  sur la peur de voir,  par exemple,  les immigrés chassés de leurs pays si jamais les nationalistes gagnaient les élections et gouvernaient. Discours totalement faux, car les immigrés ne sont plus dupes ; ils savent que les vrais ennemis des immigrés sont plutôt les soi-disant « démocrates » occidentaux, car c’est eux qui sont au pouvoir et encouragent, tolèrent les dictateurs africains dans leur entreprise destructrice de l’Afrique noire qui ne se portent jamais au secours de leurs peuples respectifs ; des dictateurs qui travaillent au contraire pour les pouvoirs machiavéliques occidentaux et leurs multinationales. Les africains savent aujourd’hui qu’il y a trente ans que la pauvreté de l’Afrique n’est pas le fait des nationalistes occidentaux, qui n’ont jamais accédé au pouvoir et ne dirigent pas l’Europe. Sur les soixante ans de gabegie économique, sociale, culturelle et d’instrumentalisation politique, nous ne connaissons aucun dirigeant nationaliste euro-occidental (qui aime sa nation mieux que quelqu’un d’autre d’une autre nation l’aime), qui a des intérêts directs ni d’agendas cachés en Afrique.

Donc,  le nationalisme n’est pas une mauvaise chose, que du contraire et nous l’encourageons en Afrique pour contrer la grandiloquence des dirigeants politiques occidentaux.

Par patriotisme, la France entend l’amour de la patrie, et par opposition au nationalisme qu’elle considère comme une doctrine agressive, cultivant un amour exalté de la patrie. Le patriotisme, notion méliorative, serait selon ces lieux communs l’amour de son pays, une conception ouverte de sa patrie, la volonté désintéressée de la servir et de la promouvoir. Le patriotisme serait ouvert et inclusif. A contrario, le nationalisme, notion péjorative, serait selon ces mêmes lieux communs une doctrine agressive, un amour exalté de la patrie qui dégénérerait en impérialisme, en volonté d’exclure les étrangers à l’intérieur, et de dominer les ennemis à l’extérieur. Il est honni comme la cause principale des conflits qui ont ensanglanté l’Europe au XXe siècle. Le nationalisme serait par définition fermé et exclusif.

Pour quelle idéologie devrions-nous militer ? Les deux. Parce que l’une ne va jamais sans l’autre et vice-versa. Le Congo-Kinshasa comme tant d’autres pays d’Afrique qui subissent en plein cul l’occidentalisme agressif et dévastateur ne peut pas se permettre ni d’ignorer,  ni d’abandonner le patriotisme, et encore moins le nationalisme. Au demeurant, toutes les idéologies ont leurs points forts et faibles, mais nous les africains dans l’état actuel des choses de dominés, d’exploités, de néo-colonisés, de soumis, nous adopterions le nationalisme, dans la mesure où c’est l’exaltation de la patrie qui vient consolider l’amour du pays. Le nationalisme précède le patriotisme.

La fonction avouée du ministre de l’intérieur est celle d’un idéologue. On n’en verrait pas un mauvais œil qu’il soit un président ou un membre influent d’un parti au pouvoir, d’un propagandiste voire même d’un animateur politique et pourquoi pas d’un chauffeur des salles ? Le ministre de l’intérieur est celui qui s’assoit avec le peuple et lui explique ce qu’est être patriote et/ou nationaliste. Il explique au peuple que le choix entre le patriotisme et le nationalisme est comme ce qu’il se passe sur le choix de la femme qu’on veut épouser. Comment ? En effet, aimer une femme, c’est déjà la voir bien entretenue pour soi et pour les autres et c’est comme être patriote au sens d’un pays qu’on aime pour-soi et avec les autres. Mais comment être patriote, c’est-à-dire aimer un pays, comme on aimerait une femme, mais dont on partagerait les charmes, sans trahir son être-femme, c’est-à-dire,  sans violer son intimité et donc la déchoir comme identique intimité destinée ? La femme c’est comme une nation qui ne peut être consommée ni à deux ni à plusieurs, mais uniquement par une seule personne. La femme est comme le nationalisme. L’Europe et les Etats-Unis d’Amérique qui nous prêchent aujourd’hui avec grandiloquence les vertus du patriotisme n’oublieront qu’avant d’atteindre le niveau politique, social, économique, culturel et technologique qui est le leur en ce moment, ils ont de prime abord développé le nationalisme.

Pour se protéger des assauts extérieurs, ils avaient dû évidemment faire usage des principes du nationalisme exclusif et fermé : frontières hermétiquement fermées, restriction sur les visas d’entrée, expulsion des étrangers en défaut de visas d’entrée ou de séjours limités et expirés aux frontières. Si les nations occidentales développées, assainies de guerres protègent leurs frontières et s’y barricadent, contrôlant les papiers d’identité à l’intérieur de leurs frontières pourquoi et comment verraient-elles d’un mauvais œil que les Etats africains noirs, âgés de seulement soixante ans d’indépendance nationale, passent par-là où elles y étaient passées, à savoir par le nationalisme d’abord et le patriotisme ensuite, avant de s’ouvrir aux autres pays ? Mais,  tout en sachant que la mondialisation n’est pas qu’un rêve mais aussi un mirage.

Si les pays africains ne se développent pas jusqu’aujourd’hui, ce n’est pas rien, c’est parce que principalement l’Occident s’oppose systématiquement voire machinalement à l’émergence ou l’éclosion des régimes nationalistes. Joignant chaque fois l’intention à l’acte, il s’est toujours chargé des assassinats ciblés à l’encontre des dirigeants jugés voire suspectés ou convaincus nationalistes comme tels : Barthélemy Bongada (Centrafrique), Patrice-Emery Lumumba (RDC), Pierre Mulele (RDC), Modibo Keita (Mali), Mehdi Ben Barka (Maroc), Simon Kimbangu (RDC), Samora Machel (Mozambique), Thomas Sankara (Burkina Faso), Nelson Mandela Madimba (Sudaf), Mouammar Kadhafi (Lybie), Kurunzinza (Burundi), Mangufuli (Tanzanie)…Idris Déby Itno (Tchad), etc. Comment comprendre une telle ferveur de la part des dirigeants occidentaux là où ils multiplient eux-mêmes des actes hostiles au patriotisme, qu’ils prétendent développer, au nom du seul respect de ses droits de l’homme, en s’en prenant, sans le moindre état d’âme, aux dirigeants politiques afro-noirs, dont le seul souci qui les importe reste aussi similaire à celui de leurs homologues politiciens occidentaux consistant à donner une vie, un espoir, un destin à leur peuple ? Certes, au nom de leurs raisons, les dirigeants occidentaux sont des patriotes ; ils s’y autoproclament, donc c’est vrai.

Mais, selon ce que nous voyons se comporter, ils sont également des nationalistes véreux et impitoyables. Enumérons, juste à titre illustratif, les éléments dudit nationalisme : racisme, capitalisme, hégémonisme, eugénisme (Covid19), impérialisme, occidentalisme (tout celui qui n’est pas avec nous est contre nous ; toutes nos antivaleurs sont des valeurs et doivent être partagées diplomatiquement (ce qui est en fait une ironie) ou par la force des armes par le reste du monde et en particulier le Tiers-Monde), la Cour Pénale Internationale (CPI) de La Haye qui symbolise, à elle seule, les symboles dévastateurs dans le monde entier relevant du nationalisme occidental, que nous abrégeons, selon le mot de Serge Latouche, par occidentalisme.

  1. Après l’esclavagisme et le colonialisme, le « distractionnisme-voyeuriste »

L’autre prérogative du ministère de l’Intérieur sera de lutter également contre le distractionnisme et voyeurisme béant. En effet, au travers ses chaînes de télévisions, Internet l’Occident a détruit l’essence de l’homme africain, en lui livrant sous les yeux ce qu’il sait faire notamment les séries télévisées NOVELAS et consorts, les matches de foot, les scènes pornographiques…, en tuant ainsi dans l’œuf toute énergie pour le développement et l’émancipation social de l’homme afro-noir, du matin au soir voire toute la nuit et cela 365 jours sur 365 jours, il ne fait rien de ses journées, sans travailler, sans penser, sans réfléchir sion un fainéant aimable, un bon à rien, un pauvre idiot de famille. L’internet, le téléphone portable, la radio ont fait de l’homme afro-noir et l’homme congolais en particulier un BFM, une bière, une femme, une musique c’est-à-dire un saoulard, un prostitué, un drogué. C’est pour toutes ces raisons que nous recommandons au Ministère de l’Intérieur la création d’une brigade des mœurs dont le rôle serait, entre autres, de sillonner les rues et avenues des zones habitables de Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Goma, Bukavu et d’autres centres urbains ambiants du pays à la recherche des chômeurs, des fainéants volontaires afin de les inciter à l’effort notamment d’accepter d’occuper des postes vacants même ne répondant pas à leurs filières d’études quitte à se spécialiser ou simplement à recevoir une formation pratique et pour y être utile à quelque chose ; on fixerait même les heures de diffusion des émissions télévisées sinon on rappellerait Lambert Mende Omalanga pour faire brouiller Internet et réseaux sociaux.

La distraction sous-entend premièrement action de distraire, de détournement d’attention sur l’objet poursuivi, mais elle peut secondement aussi signifier manque d'attention habituel ou momentané aux choses dont on devrait normalement s'occuper, l'esprit étant absorbé par un autre objet. La distraction est donc une disposition habituelle à l'étourderie ou état passager de quelqu'un qui manque de concentration : La distraction des savants est légendaire.  Une sorte d'inattention, par exemple à faire asseoir quelqu’un ou à s’occuper des futilités au lieu de l’essentiel. Excusez ma distraction : je ne vous ai pas prié de vous asseoir. Se distraire c’est se délasser, s'amuser. C’est très important de se distraire mais pas trop quand même. Le congolais est un être trop distrait, c’est-à-dire qui ne sait pas distinguer l’utile de l’agréable.

En plus d’être un distrait, le congolais, de tous les étages, est aussi un voyeuriste.Le voyeurisme consisteàregarder, en se tenantcaché, certainesscènes, parfoisérotiques. Cetermeestégalementutilisépourévoquer une curiositémalsaine. Le voyeurisme s’emploie aussi dans le cas de déviation sexuelle où l'orgasme ne peut être atteint qu'à la suite de l'observation, à leur insu, de tiers se livrant à des activités sexuelles. Le voyeurisme est un terme à connotation morale, qui décrit un comportement ou une tendance « voyeuriste », c’est-à-dire,  basé sur l'attirance à observer l'intimité ou la nudité d'une personne ou d'un groupe de personnes dans des conditions particulières en cherchant à y éprouver une jouissance et/ou une excitation. Les pratiques voyeuristes peuvent prendre plusieurs formes, mais leur caractéristique principale est que le voyeur n'interagit pas directement avec son sujet, celui-ci ignorant souvent qu'il est observé.

Le « voyeur » est souvent représenté observant la situation de loin, en regardant par une ouverture, un trou de serrure ou en utilisant des moyens techniques comme des jumelles, un miroir, une caméra, etc. Le comportement qui consiste à être attiré par le fait de voir son/sa partenaire avoir des relations sexuelles, avec une autre personne, s'appelle candaulisme. Par extension,  le terme est également utilisé dans un contexte élargi : par exemple on parle de voyeurisme du téléspectateur face à des images ou événements touchant des personnes humaines dans leur intimité ou dans leur chair.

Le téléphone portable, au-delà d’un simple moyen de communication, a accaparé aujourd’hui toute notre attention. Même au travail c’est son téléphone d’abord. Là on trouve tout ce qui déconcentre les matches de football, les séries télévisées, des émissions, des documentaires anciens sur les combats et guerres des armées occidentales, et de préférence celles qu’elles ont gagnées mais dont la seule résurgence n’a qu’un seul objectif de vanter la puissance de l’Occident, la suprématie de l’homme occidental, de sa culture, de la puissance de son économie et de sa politique ; et pendant ce temps-là les africains et les congolais en l’occurrence y assistent en simples spectateurs, admirateurs, sans y essayer de leur part de mettre en valeur les éléments culturels y inspirant leur grandeur, et il y en a.

C’est insuffisant le constat suivant le constat leurs moyens de communication nous empêchent même d’imposer nos valeurs culturelles, il faut initier et pousser l’affrontement plus loin, mais pas gratuitement, en créant, en produisant et en inventant, s’il y a une magie, elle est dans cette triade-là : créer, produire, inventer, et tant que l’homme afro-noir n’en serait jamais capable, il restera spectateur inutile, futile, ringard, et sénile de la culture occidentale. La culture ne s’impose jamais, pourquoi ? Parce que la culture c’est ce qu’on est ou l’on n’est pas. « Il n’y a pas d’homme cultivé. Il n’y a que des hommes qui se cultivent » (disait Maréchal Foch), « La culture, c’est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié » (disait à son tour également Emile Henriot ; « La culture, c’est comme la confiture, moins on en a, plus on l’étale » (disait enfin le même Emile Henriot).

Mais était-ce la culture africaine que nos femmes n’aient plus le temps de préparer ? Que leurs yeux soient fixés, rivés sur la télévision matin, midi, soir ? Que plusieurs d’entre eux n’aient plus le temps d’entrer dans les douches et puant comme jamais ? Que les supers marchés soient quotidiennement pris d’assaut par des femmes mais aussi par des hommes à la recherche des plats préparés ? Que l’argent dépensé pour ces malbouffes atteignent des centaines de milliers de dollars USD par jour, c’est-à-dire l’équivalent de 10 ou 100 salaires des travailleurs congolais de la fonction publique ? Ce n’est pas du refus à la modernité soi-disant incarnée dont il s’agit mais d’aliénation mentale et sociétale. Est-il possible voire compréhensible qu’une femme congolaise choisisse les supers marchés pour aller faire ses courses pour nourrir son mari et ses enfants, alors qu’il existe des marchés communs faits pour ça et le tout à un prix très abordable ? Si faire ses courses dans les supers-marchés est ce qu’on pense devenir moderne, alors non seulement la modernité est une notion relative, mais également elle est inexistante.

Faire ses courses dans ces supers-marchés, c’est enrichir les propriétaires étrangers au détriment des nationaux. Pour s’y échapper et camoufler leur aliénation plusieurs des amateurs des supers-marchés vendant la malbouffe évoquent leur bonne et grande qualité par rapport à ce qui est vendu par les nationaux. Peut-être ! Mais avions-nous été aussi malades qu’avec la nourriture des nationaux ? Les maladies vasculaires et d’autres infections microbiennes en cours dans le continent africain noir existaient-ils avant la malbouffe importée de l’Europe, de l’Asie, de l’Amérique ? Cessons de penser ou de croire en Afrique noire que tout ce qui est fait à l’étranger est toujours de meilleure qualité ; par ces temps qui courent meilleure qualité ne suffit plus. En raison de l’aliénation mentale sans cesse en hausse, les femmes africaines sont même allées jusqu’à abandonner leur coiffure traditionnelle contre les mèches, les kabelo et toutes sortes de coiffures prêtes-à-porter, des maquillages sur mesure comme seule façon de ressembler à la femme blanche. On voit très bien que l’authenticité de Mobutu et la négritude de Senghor n’auront évidemment servi à rien sinon à appauvrir culturellement, coutumièrement, philosophiquement, socialement, politiquement le continent africain noir.

Cette attitude étonnante, parce qu’humiliante, de la part des femmes et des hommes afro-noirs face aux moyens attractifs mis en place par l’Occident est un recule et un déni de souveraineté. Il ne s’agit pas de s’enfermer ni de refuser l’ouverture au monde, ce que l’Occident dans ses manies tentatrices appelle « mondialisation » (Cfr Serge Latouche, L’occidentalisation du monde), mais en réalité l’« occidentalisation mondiale » (Cfr.  toujours Serge Latouche),n’y consiste en réalité que dans l’imposition de l’histoire, de la civilisation et de la culture euro-occidentale sur l’Afrique noire et le reste du monde. Depuis pour un afro-noir, la civilisation c’est laisser éduquer  ses rejetons à l’apprentissage des langues étrangères et il vaut mieux fréquenter les lycées, écoles et universités en consonance occidentale, et au détriment de leurs langues, lycées, écoles et universités moins valorisant à leurs yeux.

Ce disant, le mépris de l’Afrique n’est pas que véhiculé par l’homme occidental blanc, mais il est également voire foncièrement aidé par l’homme afro-noir lui-même. Les chaînes de télévisions, de radios locales sont boycottées par les autochtones africains noirs. La raison facilement mise en avant est la partialité, c’est-à-dire le manque de neutralité  des informations présentées, toujours en faveur des régimes en place. Je serai le premier à ne pas leur donner  tort, ça se voit et se vérifie toujours par l’absence des débats contradictoires entre l’opposition et le pouvoir ; à la moindre incartade les opposants sont arrêtés, inquiétés et jetés en prison, sans ménagement voire au pire envoyés à la morgue. C’est vrai tout ça. Mais, la meilleure attitude pour protester à l’encontre de ce manque de neutralité de l’information politique consiste-t-elle à se réfugier poings et mains liés derrière RFI, FRANCE24, CANAL + ou je ne sais quel autre média occidental ? Pourtant,  ces médias ne sont pas que le relais des régimes occidentaux soi-disant démocratiques, mais également des moyens efficaces pour la destruction de la culture occidentale. On parle de démocratie occidentale, mais les responsables des médias acceptent-ils la contradiction ? Combien de comptes numéricables y ont été censurés voire définitivement fermés, sous un prétexte bien poli du respect de la vie privée et du discours consensuel ? Il n’y a pas plus corrompus et totalement imbus de partialité, de trivialité que les responsables de certains médias occidentaux, notamment ceux susmentionnés.

Prenons les deux derniers coups d’Etat perpétrés à Bamako et à Conakry pour comprendre ce que je dis, l’on verra que l’accusation n’est pas gratuite mais plutôt relève d’une d’un vécu élaboré et donc cohérent. Le professeur Alpha Codé est l’un des rares chefs d’Etat africain à avoir ouvertement défié l’hégémonisme, l’impérialisme de la France et particulièrement le bonapartisme napoléonien incarné par Emmanuel Macron.

Des vidéos en circulation dans tous les réseaux sociaux le montrent en train de réclamer la fin de l’ingérence française en Afrique et dans son pays la Guinée plus particulièrement.  Enfant des radios moins des télévisions, tout petit et plus tard RFI c’est comme ma maison, je connaissais et connais encore plusieurs journalistes, pas besoin d’une montre pour savoir le début du journal et même déjà en cours je sais distinguer rien que par la voix le début, le milieu ou la fin de telle ou telle émission voire du journal. Mais RFI est-elle vraiment malgré tout une radio impartiale, neutraliste, capable de charger l’ingérence grandissante, chronique des gouvernants français en Afrique ? J’aurais par exemple aimé que ne-fût-ce qu’une seule fois en plus de trente ans que cette chaine s’offusque contre un coup d’Etat militaire ou en faisant porter la responsabilité à l’Occident et à la France pour ne point la nommer. RFI ne peut pas le faire, c’est la France son pays.

Après les chaines radio-télévisées occidentales, venons-en maintenant à la radio TOP CONGO FM. Ce n’est un secret pour personne que l’Afrique n’a pas des médiats aussi neutres », fiables, impartiaux que le seraient certains médias occidentaux non-orientés. La faute évidemment à l’archaïsme, à l’incapacité et à la médiocrité des dirigeants politiques qui ne comprennent pas l’importance d’avoir des moyens de communication adéquats. Si l’Occident est ce qu’il est dans le monde, c’est parce qu’il a gagné la guerre de communication, qui l’aide à transformer ses défaites en victoires voire les victoires des autres aux siennes ! La loi du plus fort est toujours la meilleure, disait De La Fontaine (Cfr.  Le Loup et l’Agneau). A Kinshasa et dans toute la diaspora congolaise, on écoute la radio TOP CONGO FM. Et c’est effectivement la chaine de radio la plus suivie en RDC. Mais cette radio qui se veut être la première radio de la République Démocratique du Congo est-elle professionnelle ? C’est-à-dire impartiale, neutraliste, objective, opposable sur toutes les informations qu’elle diffuse ? Sur la forme on pourrait le dire mais pas sur le fond. On ne dira pas que la parole n’est pas donnée aux hommes et femmes politiques de tous les courants et de toutes les tendances. Mais,  si elle le fait c’est juste pour soulager sa conscience. On lui reproche notamment aujourd’hui de marchepied de l’Union Sacrée de la Nation (USN) de Félix Tshisekedi après en avoir été du Pprd-FCC de Joseph Kabila Kabange.

Quant au contenu informationnel il ne varie pas, son journal est le plus long, là où RFI, BBC-Afrique, la Voix de l’Amérique ou la Radio Vatican disposent de 5 à 10 minutes pour informer, TOP CONGO prend entre 30 et 60 minutes !

C’est des interviews à bâtons rompus, des déclarations politiques des groupements qui viennent afficher leur soutien ou leur confiance au chef de l’Etat, des communiqués des associations, des services interminables…Aucun professionnalisme, donc. Difficile de déchiffrer sa ligne éditoriale propre sinon de se calquer sur celle sur le modèle occidental, pourtant mal recopié. On a pu le vérifier pendant la crise sanitaire, que l’Occident a voulu mondiale, parce que quand le maître tousse, l’esclave tousse aussi. En effet pendant cette période, cette radio a fait accaparer l’attention de ses auditeurs sur sa longue liste de communiqués non-stop sur le corona virus et le nombre de cas contractés, de morts et de guéris égrainés jours et nuits, sans qu’on sache très bien à quoi profite une telle litanie ? D’indiscrétions en indiscrétions on a compris que TOP CONGO y était appelée à profiter, elle aussi de son audience comme RFI, FRANCE24, pour servir de branche sanitaire de l’OMS auprès de la population congolaise.

Face à une population désormais éveillée qu’il y a un siècle en arrière pendant l’esclavage et la colonisation qui cédait à toute initiative provenant des maîtres occidentaux blancs, TOP CONGO devait être utilisée et avoir comme mission de convaincre celle-ci et évidemment en utilisant la peur comme arme fatale. D’où la longue liste exagérée sur les contaminations et les morts…TOP CONGO, comme plusieurs radios ou télévisions, sont des chaines commerciales, et qui en tant que telles ne se mouillent pas, sans au préalable savoir ce qu’elles gagnent ; toutes les médias vivent de la publicité, c’est pour cela qu’on les appelle payantes, logiquement TOP CONGO ne doit pas avoir accepté de larguer sur ses antennes les informations liées à la Covid-19 gratuitement, sans y garantir une bonne rentrée financière. Elle était devenue à un moment donné la porte-parole de l’équipe de la riposte anti-Covid-19 dirigée par le professeur Muyembe.

 Le Dr professeur Muyembe maître en Covid19 est resté à la fois célèbre et haï en Afrique noire pour sa volonté de faire jouer l’homme africain le rôle de cobaye  pour la vaccination au tout début de l’épidémie contre la Covi19. Ce qui lui valut, avant de se rétracter toute honte bue, diverses humiliations et reniements  de la part de l’opinion panafricaine. Ce médecin et professeur de son état s’est investi même dans la prolifération de cas de contaminations, tout simplement parce qu’il fallait coûte que coûte aggraver la situation épidémiologique dans son pays ; des cadavres naturels furent même rachetés pour ce mobile ! Au nom de quoi Muyembe et ses acolytes se comportèrent-ils ainsi ? Pourquoi une épidémie sortie directement des entrailles des occidentaux blancs est-elle devenue une pandémie ? Pourquoi un microbe, le corona à l’occurrence, est-il passé au statut de virus interplanétaire ? Pourquoi l’urgence d’un vaccin, alors que de mémoire un virus nécessite une longue étude avant de trouver un vaccin ? Pourquoi des restrictions, même dans l’idée d’empêcher la propagation de la maladie, devait-elles se transformer en passe-sanitaire ou passeports sanitaires aux frontières du grand village qu’est la mondialisation politique, économique, sociale, culturelle, s’il n’y avait pas une idéologie machiavélique derrière ?  N’était-ce pas  une façon d’en profiter pour lutter contre les dernières vagues migratoires méditerranéennes  avant Covid-19 auxquelles on a assisté prenant d’assaut les larges des côtes italiennes, espagnoles et par la suite françaises, allemandes, britanniques, donc européennes ? On peut penser que dans ce sens-là c’était un mal pour un bien du point de vue occidental ?

Constatons plutôt que plusieurs exemples montrent que l’Afrique n’a de souveraineté que de nom. Et si cela arrive, ce n’est pas toujours de la faute des euro-occidentaux, qui n’ont qu’à proposer les éléments esclavagisants, colonisants, aliénants, car c’est à prendre ou à laisser, il suffit de le décider, de bonne guerre donc, mais sans doute à cause des lampistes comme Muyembe, Top Congo, Sassou Nguesso, Alassane Dramane Ouattara, Mohamed VI du Maroc qui s’y mettent au service. Alors que ceux comme Barthélemy Boganda, Patrice-Emery Lumumba, Ahmed Sékou Touré, Ben Barka, Samora Machel, Hissène Habré, Thomas Sankara, Mzee Laurent-Désiré Kabila, Mouammar Kadhafi, Nelson Mandela… qui s’y étaient farouchement opposés au nom d’une autre vision de l’Afrique consistant dans l’accomplissement d’une souveraineté personnalisée et responsabilisée furent purement et simplement éliminés violemment ou enfermés en prison pour le reste de leurs jours sur terre. L’Afrique n’a pas une et mille façons d’arrêter cette nouvelle idéologie concoctée à l’autel de la distraction et du voyeurisme qu’en refusant le diktat médiatique de l’Occident, et cela passe par l’autonomisation des moyens de communication. La modernisation de la société afro-noire ne passe pas par l’amplification de moyens radio-télévisuels occidentaux chez nous. Ces moyens ne développent pas l’homme afro-noir, au contraire ils l’abrutissent, en lui enlevant ce qu’il a de plus cher, son identité.

  1. Quid de Félix Tshisekedi en 2023, gagnera ou gagnera pas l’élection présidentielle ?

Dans l’idée et l’espoir que le ministère de l’intérieur reprenne en mains l’organisation des élections générales, tous les indices sont au vert pour la réélection de Félix-Antoine Tshisekedi en 2023. Mais avant d’arriver à cette conclusion qui, on le verra n’est ni hâtive ni obsolète, qu’on tolère que je passe en revue et très brièvement quelques faits parlant d’eux-mêmes. Premièrement il y a l’amitié qui le lie, malgré la rupture spectaculaire du 6 décembre 2020 avec le FCC la plateforme de son prédécesseur Joseph Kabila Kabange. Beaucoup ne le savent pas mais l’une des qualités de l’actuel chef de l’Etat est de tenir parole, car il a promis l’immunité totale à celui-ci ; il avait dit qu’il était élu non pas pour aller fouiner dans les dossiers et calebasses tendancieuses, mais pour lutter contre la corruption, le trafic d’influence de part en part, la mauvaise gouvernance, les détourneurs des déniés publics, etc.

Quoiqu’on en dise Joseph Kabila Kabange n’est pas fini. Il reste incontestablement un homme politique sur qui on peut compter. JKK n’a pas perdu le pouvoir, il l’a cédé, donné. FATSHI est bel et bien l’heureux élu. J’ai beaucoup écrit sur la psychologie de Joseph Kabila Kabange. Je n’y reviendrai plus en longueur. Il n’est pas l’objet de notre analyse. Seulement il faut expliquer à ceux qui ne croient plus en lui ou qui le traitent comme une quantité négligeable, qu’ils font fausse route. L’homme n’a pas qu’un rusé, un « sourd-muet » à dessein, un casanier, mais également et surtout ça un économe. Au pouvoir ou non JKK n’est pas un dépensier. L’homme sortait peu au pouvoir, au total deux ou trois voyages officiels en Occident. Il disait à son entourage que le pays n’avait pas d’argent pour engager autant de dépenses.

Beaucoup l’ignorent volontairement ou involontairement qu’entre JKK et FATSHI il n’y a pas de guerre, du tout. S’il y a des escarmouches c’est via leurs états-majors politiques respectifs. Joseph Kabila sait qu’il n’y a pas de meilleur protecteur que Félix Tshisekedi dans sa guéguerre avec une partie de l’opinion nationale qu’avec la communauté internationale des intérêts économiques et miniers occidentaux en Afrique et au Congo-Kinshasa en particulier, qui n’attendent qu’une moindre occasion pour assurer son transfèrement à la Cour Pénale Internationale de La Haye. JKK est suffisamment, je l’ai dit antérieurement, intelligent pour chercher à s’en prendre à Félix Tshisekedi, son ange gardien. En tout cas même si en politique les pactes sont éternellement superficiels et circonstanciels, les deux compères savent qu’ils ont besoin de cette « union sacrée » pour échapper à la vindicte de la CPI pour l’un et pour gagner les élections en 2023 pour l’autre.

Qu’il s’agisse de Patrice-Emery Lumumba, de Pierre Mulele, de Mzee Laurent-Désiré Kabila, de Mamadou Ndala et d’autres héros dans l’ombre, nous savons tous qu’ils ont été assassinés pour défendre une certaine idée de l’indépendance du Congo-Kinshasa conforme à celle de la charte de Berlin voulue par les puissances occidentales. Qu’il ait été placé par l’Occident au pouvoir à Kinshasa par la force des armes et au nom d’un certain dessein qui leur était favorable (Cfr.  la formule 1+4 de l’innommable Louis Michel et consorts), ce qu’on retiendra finalement de Joseph Kabila Kabange, c’est sa révision du code minier en faveur de la République Démocratique du Congo et au donc au détriment de ses « parrains » occidentaux; une attitude qui avait fort déplu aux faiseurs des rois et des empereurs, qui ne perdirent pas du temps pour lui trouver un motif d’éloignement du pouvoir, en lui brandissant un internement à la Cour Pénale Internationale de La Haye considérée comme le geôlier exclusif des dirigeants africains essentiellement noirs. Intelligent, disons plutôt prévenant voire très réceptif que ne l’ont été Patrice-Emery Lumumba ou son père Mzee Kabila, Joseph Kabila Kabange préféra mettre la clé sous le paillasson pour s’en aller tranquillement de lui-même, en remettant le pouvoir au président élu Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Elu, Félix Tshisekedi n’a le temps que de prendre ses marques, de rassurer son mentor JKK, ses nouveaux partenaires africains et occidentaux, pour amorcer sa « révolution » de velours notamment en exigeant la fin de la coalition FCC-CACH  non seulement dans le but d’y voir un peu plus clair quant à l’évolution politique, économique, sociale, culturelle voire technologique de son pays, mais également pour imposer sa propre marque dont l’Etat de droit, la bonne gouvernance avec au sommet la lutte contre la corruption. Félix Tshisekedi mène des efforts exorbitants pour réduire au silence les voleurs, les trafiquants en cravates et imbus de leurs chiottes qui volent, pillent l’Etat congolais et le peuple. Cette révolution Tshisekediste n’est pas une fable, elle est ostensiblement vérifiable tant dans le pays qu’à l’extérieur.

Faut-il travailler avec FATSHI à la présidence ou au gouvernement ou encore quelque part dans l’un ou l’autre poste remportant des milliers de dollars américains pour le témoigner ? Plusieurs fois j’ai été victime des tels jérémiades et quolibets selon lesquels je défendais un régime tribaliste et vaillamment incompétent mais qui m’ignorait royalement.

Mais,  travaille-t-on pour un homme ou plutôt pour ses idées susceptibles de libérer tout un pays ? La réponse est certainement dans la question. Le travail que j’engage aux côtés du chef de l’Etat ne mérite aucune rétribution ni en nature ni en numéraire, il me semble qu’avoir sa vie sauve est plutôt préférable que se risquer dans un environnement suspicieux où les qualités sont plutôt vues comme un délire plutôt qu’un compliment.

Combien de morts à la présidence de la république ? Combien de fois le chef de l’Etat en a-t-il enterrés depuis son accession à la magistrature suprême ? Est-ce sérieux ? Et dire que tous ces morts sont des victimes expiatoires au nom de leurs idées au profit des secrets de caverne servant les intérêts égoïstes des bourreaux.

C’est pourquoi perso je reste convaincu en la réélection du président de la république en 2023. J’ignore au nom de quelles raisons une partie de l’opinion du pays pense le contraire ! Mais qui dans ce pays n’a jamais rêvé de vivre sous la présidence d’un chef d’Etat qui n’emprisonne pas ses opposants mais le fait uniquement avec les trafiquants, les détourneurs des déniés publics, les incestueux économiques, les lampistes politiques ? Sans démagogie aucune il me semble que ce rêve n’est plus une fiction depuis l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême. En détention, on trouve beaucoup plus de voyous économiques, financiers, miniers que d’opposants politiques au centre pénitencier de Makala. La présence de Vital Kamerhe l’autorité morale de l’UNC dans cette institution pénitentiaire conçue pour l’enfermement des délinquants financiers et économiques est à elle seule tout un programme pour la réélection de Félix Tshisekedi pour son deuxième mandat à la tête du pays, avant de songer bien entendu à un troisième et dernier mandat en 2025. Donc le bilan de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est largement positif et mérite valeur d’exemple pour un deuxième mandat. Et ce bilan n’est à compter que du 6 décembre 2020 date à laquelle il rompit avec le FCC de son ex mentor Joseph Kabila Kabange. Les deux premières années ne doivent pas être prises en compte, pour la simple raison que c’est la plateforme de Joseph Kabila Kabange qui occupait et verrouillait tout l’environnement politique, économique, social, culturel, minier, technologique, numérique du pays. On comprend donc qu’en moins d’une année FATSHI a déjà pu mettre en œuvre son Etat de droit, pivoter sa bonne gouvernance et tout ça avec peu de moyens.

La confusion des registres entame effectivement le crédit du chef de l’Etat et perturbe la confiance d’une grande partie de l’opinion populaire en lui. Le tribalisme triomphant par exemple. Une véritable épine sous le pied du président de la république. Cela  doit cesser ou du moins y être corrigé sinon ce sera une dérive. Mais,  encore était-ce de la faute de Félix Tshisekedi ? Le président de la république n’est-il pas lui-même à plaindre, qu’il soit l’otage des chiffonniers diplômés, qui ne résistent que très peu à la médiocrité et à toutes les antivaleurs innommables, la corruption et le tribalisme en tête ? En effet noyés dans l’incapacité notoire, ces « intellectuels » marqués primaires restent incapables de distinguer le bien du mal, le bon du mauvais, le bonheur du malheur, le vrai du faux. Frisant l’animalité, ils induisent le chef de l’Etat en erreur de croire qu’il n’y a de salut que dans la tribu luba Kasaï comme si celle-ci résisterait contre les 100 millions d’autres tribus de congolais, dont d’autres lubas Kasaï qui ne sentent pas concernés par le mandat de Félix Tshisekedi ! C’est une bêtise. Il faut arrêter. L’histoire nous montre comment tous les régimes qui ont juré que le particularisme ont fini, Hitler est l’exemple le plus connu même s’il n’a jamais servi de leçon aux survivants en Europe ou ailleurs. Le Maréchal Mobutu n’était pas tribaliste. Mais on voit comment il a fini quand les Vunduawe Félix, Honoré Ngbanda, Nzimbi, Baramoto et consorts l’ont convaincu au crépuscule de son règne de « mugbandiser » son régime. Hannah Arendt la philosophe juive allemande insistait sur le pouvoir de l’action et de la pluralité dans le renouvellement de l’intersubjectivité, c’est-à-dire dans la rencontre des uns et des autres voire dans la conviction qu’aucun ne peut se sauver seul, sans penser ni agir avec les autres.

Si Félix Tshisekedi refusait de se reprendre pour ordonner à ses collaborateurs, dont la moitié était au chômage et cirait les bancs de salles d’attente des services sociaux en Europe, d’abandonner voire de minimiser le tribalisme, il échouera comme tous ceux qui ont fait confiance à cette anomalie de l’histoire. Sauf que FATSHI du moins de ce qu’on voit, n’est pas muluba, mais plutôt un bon kinois. Un muluba n’est et ne sera jamais un kinois et vice-versa. Né et grandi à Kinshasa et donc en ville Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo sait ce que c’est que le cosmopolitisme, l’universalisme, avant de s’envoler pour l’Europe et la Belgique précisément où il n’y rencontra pas que des résidus de la tribu luba Kasaï, mais également d’autres tribus congolaises, des africains et plusieurs européens. C’est une honte innommable à ceux des baluba qui croient s’accaparer de Tshisekedi ; de croire que le fait qu’il soit tribalistiquement un de leurs, ils ont, eux, tous un pouvoir absolu sur le Congo-Kinshasa, qui leur donneraient le droit de vie et de mort sur n’importe quel autre congolais qui n’est pas de leur tribu. Comprendre le tribalisme signifie, en peu de mots, reconnaître son intérieur, en postposant l’extérieur comme reflet de son passé, présent et futur.

La génétique ne ment jamais. C’est toute la passion que l’on a pour elle. Un assemblage d’individus d’un même clan, d’une même famille, d’une même tribu ou d’une même race est incestueux et ne promeut en tant quel le développement. C’est sûr que si le président de la république s’y enferme et n’en sort pas, il va se détruire et abimera sa pensée politique, pourtant désirable. Il faut qu’il se démarque du tribalisme. Qu’il exclut de son entourage des bois morts et des allumettes trempées dans la glace. Ces baluba inutilement triomphants dont on parle devaient avoir raison gardée, se faire discrets car demain risquerait d’être sombre, désespérant, compliqué pour beaucoup de ces va-t-en guerre sans profil ni charisme. Pourtant à l’encontre de leurs paroles évanescentes dont ils sont légion, ils devaient craindre que leurs adversaires murés longtemps dans le silence stratégique se réveillent pour demander des comptes. Répétons : Félix Tshisekedi n’est pas muluba, mais sans doute un congolais de père et de mère en 100%.

Enfin cette question : de quoi souffre ou peine malgré tout Félix Tshisekedi pour entrer dans le cœur des citoyens congolais ? J’ai ma petite idée pour y répondre. Le philosophe répond toujours à une question par une question : que serait-il advenu de Félix Tshisekedi Tshilombo s’il ne s’appelait pas Tshisekedi Tshilombo, Ngalula, Kazadi, Kalombo, Kapinga, Mukendi ? Son sort aurait-il été différent voire nationalement compatible s’il s’appelait  plutôt Kamerhe, Fayulu, Muzito, Shadary et j’en passe ? Dieu me souffle qu’il aurait certainement fédéré du monde autour de lui et sur lui. Félix Tshisekedi Tshilombo, de par son nom, appartient à une tribu que la grande opinion populaire kinoise ne considère pas comme congolaise. On a souvent entendu raconter une histoire, devenue populaire voire légendaire à force de l’écouter, selon laquelle « un taxis-bus avait fait un accident  dans lequel on avait compté plusieurs morts et blessés des zaïrois (congolais) et quatre baluba » ! Cette fable racontée certainement pour faire rire, même si je m’y oppose à ce qu’on puisse rire de tout, devrait expliquer la source de la détestation de Félix Tshisekedi Tshilombo par une partie de l’opinion du pays. Mais il n’y a pas que cela. Le président devrait aussi être victime de la grandiloquence, du m’as-tu vu du peuple luba, de la facilité avec laquelle les originaires luba Kasaï qui se réclament, escroquent et détournent les biens  des autres, notamment les parcelles dont ils s’approprient les titres de propriété au détriment de leurs bailleurs…D’où la réputation déshonorante de DVV : Demulu, Vantard, Voleur !

Sans ces préjugés totalement infondés et exagérés, je ne vois pas comment et pourquoi expliquer un tel désamour de Félix Tshisekedi Tshilombo, alors qu’il est le messie, le Lumumba, le BETON qu’attendait ce peuple si meurtri par la corruption et les détournements des déniés publics. Il est temps que mes concitoyens se débarrassent de tous ces préjugés et suivent, sans passion, la révolution de gouvernance et de mentalité qu’incarne Félix Tshisekedi. IL est vrai que Félix Tshisekedi n’a pas tout réussi et ne réussira pas tout, toute entreprise humaine reste infectée du goût d’inachèvement. L’entreprise humaine n’est jamais perfectible. Cependant,  nous constatons que sur ce que le président de la république a accompli, il mérite d’y être réélu en 2023. Message difficilement trans-décodable pour certains et en particulier pour un des cadres du pays qui me l’avait fait savoir directement, sans filtre, par téléphone en ces termes, que je restitue in-extinso : « Professeur Osongo vous êtes quelqu’un de très intelligent, à qui je n’aurais jamais refusé ma propre fille, le cas échéant. Mais de grâce, et j’ai beaucoup de respect pour vous, vous le savez, arrêtez de soutenir Tshisekedi et ses frères baluba et d’écrire des choses qui énerveront les gens le moment venu aussi bien contre eux que même contre vous leur porte-parole…Tout le Bandundu ne votera jamais pour lui » (fait de citation). Ce monsieur n’est pas fou. Mais il incarne à lui seul tout le mal congolais, qui me fait croire qu’en fait ce n’est pas Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ni encore moins les baluba le problème du Congo-Kinshasa, mais le tribalisme triomphant et la logique exclusionniste  enfouis dans l’ADN congolais. Pour résoudre ce problème, on devrait recourir aux généticiens, aux philosophes, aux psychologues, aux sociologues, aux géographes environnementalistes, aux physiciens, aux mathématiciens…et aux cardiologues !

Pour conclure sans conclure

Une partie des propos que je reprends ici et maintenant sont dans les réseaux sociaux. Si j’en fais miens, c’est mais uniquement pour mettre en évidence l’innocence de l’homme africain, dont parlait W.F.Hegel, « La raison dans l’histoire »,  face à la roublardise conquérante de l’homme occidental. « Nos tyrans, y est-il écrit, ne sont pas que puissants et craints, ils sont aussi cousus d'or et garnis de diamant. Comment ne les trouverait-on pas charmants ? Les organisations internationales les sermonnent à demi-mot quand ils tirent sur la foule ou quand ils étripent leurs opposants. Les grandes puissances appuient mollement sur le bouton des discours convenus pour évoquer les ventres vides et les prisons pleines des pays qu'ils gouvernent. Mais dès qu'ils souffrent d'une rage de dents ou d'une brûlure de coup d'État, tout ce beau monde sort du flou, se range sans retenue derrière le roi déchu. Le despote que l'on feignait de haïr, se révèle un ami, un associé, un partenaire, pour ne pas dire un acolyte. On remue ciel et terre pour secourir la pauvre victime ». (© Fournis par Le Point L'écrivain Tierno Monénembo. © SEYDOU DIALLO / AFP).

Or l’innocent homme afro-noir ne comprend toujours pas pourquoi et comment ce que la France et l’Occident tolère en Côte d’Ivoire d’Alasane Dramane Outtara, au tout petit Congo-Brazzaville, au Tchad de l’ex jihadiste franco-tchadien Idris Déby Itno, au Rwanda de Paul Kagamé est strictement interdit (suivi des menaces de mort ou d’extradition à leurs geôles aménagés à La Lahaye (Pays-Bas) à Joseph Kabila Kabange du Congo-Kinshasa, à Kurunzinza du Burundi, à Alpha Codé de Guinée Conakry ? L’homme innocent ne comprend pas ce deux poids deux mesures, et se plaint : « Le cas d'Alpha Condé, l'ancien président guinéen, est particulièrement édifiant, en l'occurrence. Son état de santé et les conditions de sa détention sont devenus des sujets d'importance mondiale. À la télé, ils sont en passe d'éclipser le cyclone Idai et le coronavirus. À l'ONU, à l'Union africaine, à l'Union européenne comme à la Cedeao, on ne parle plus que de ça. Ses victimes auraient bien aimé bénéficier du même élan de compassion, du même esprit de solidarité. Hélas, elles manquent de panache ou plutôt de brillants, les pauvres hères !Personne n'a versé une larme sur les centaines de martyrs tombés, criblés de balles dans les manifestations de rue ! Personne ne s'est soucié du sort des prisonniers politiques sortis paralysés, aveugles ou demi-sourds du mouroir de Coronthie ! (© Fournis par Le Point L'écrivain Tierno Monénembo. © SEYDOU DIALLO / AFP)

Enfin le même innocent homme afro-noir s’aperçoit, mais seulement longtemps après que le mal a été fait que « L'Afrique malade de ses autocrates : « Aussi révoltant qu'il soit, ce traitement partial ne se limite pas à la Guinée. Même quand ils sont chassés du pouvoir, la vie de nos tyrans est mille fois plus enviable que celle de leurs victimes. Dans la plupart des cas, l'exil doré est la peine la plus lourde infligée à ces criminels. Certes, Omar el-Béchir se retrouve aujourd'hui derrière les barreaux. Il est cependant permis de se demander si ses 300 000 victimes ont eu droit à une sépulture digne de ce nom. Certes, Hissène Habré est mort en détention, mais cela consolera-t-il les veuves et les orphelins des 40 000 Tchadiens décédés dans les mains de ses tortionnaires ?Siad Barré qui a régné d'une main de fer sur la Somalie est mort de mort naturelle dans une villa de Lagos. Après avoir trucidé près de 500 000 Ethiopiens, Mengistu Haïle Mariam se la coule douce dans un bungalow vaste et surprotégé de Gunhill, à Harare. Mobutu est mort paisiblement à Rabat ; Zine el-Abidine Ben Ali et Idi Amin Dada, à Djeddah. Si on ne connaît pas exactement le nombre des victimes de l'ancien président tunisien, on sait que le second a exterminé au moins 150 000 Ougandais.

Quant à l’actualité du moment, l’innocent homme africain noir constate, enfin, que « La Guinée, depuis la chute de son tyran, a reçu deux délégations de la Cedeao. Elles ont toutes les deux rendu visite à Alpha Condé pour vérifier qu'il se porte bien, que sa chambre confortable n'abrite ni moustique ni rat ; qu'il reçoit quand il veut la visite de ses avocats et de ses médecins ; que c'est bien son cuisinier personnel qui lui mijote ses plats préférés. Les membres de la délégation ne se sont pas inclinés sur les tombes de ses victimes ni rencontré ses anciens prisonniers. Qu'est-ce que tu as dit, Koffi ? Qu'on t'a empêché de manifester et de voyager ? Qu'on t'a mis en prison pour t'être opposé au schéma du troisième mandat ? Que tu n'as toujours reçu aucune visite : ni celle de ton médecin ni celle de ton avocat, à plus forte raison celle de la Cedeao ou de l'ONU ? Tant pis pour toi, abruti ! Il fallait embrasser une carrière de dictateur » (© Fournis par Le Point L'écrivain Tierno Monénembo. © SEYDOU DIALLO / AFP).

La seule chose que j’ai retenue des jérémiades de l’innocent l’homme africain noir, qu’on vient d’entendre, c’est l’absence d’une seule politique africaine ; les africains ne sont pas positivement solidaires et ne parlent jamais d’une même voix face à l’impérialisme occidental, ils sont tout le temps sur la défensive et congénitalement plaintive (si ça ne va pas c’est de la faute aux autres, jamais eux, absence quasi parfaite de l’autoculpabilisation, cette faculté qui permet de rester au contact de la remise en question ) voire espérancielle (Dieu pourvoira, fera, donnera, sauvera, pourtant il y a longtemps que le monde occidental a compris ne plus rien attendre du Dieu qu’il a pourtant apporté, mais en la faveur de ses raisons politiques, idéologiques, économiques, dominatrices, intéristes…) aux africains esclavagisés, colonisés, actuellement néocolonisés). J’ai, enfin, compris que les tyrans africains noirs ne signent pas un contrat de travail avec leurs peuples respectifs, mais plutôt avec leurs parrains occidentaux, américains et français en particulier. Ils peuvent ainsi faire exfiltrer 2000 afghans et les déposer sans coup férir dans un pays africain, l’Ouganda de Yoweri Museveni Kanguta pour ne point le nommer, et le tout dans un silence assourdissant des chefs d’Etats des pays de la région ! Pourquoi l’Ouganda ? Ni Tshisekedi ni Kagamé ni personne ne peut ni ne doit le savoir. C’est les Etats-Unis d’Amérique. Point. A quoi est-on souverains, alors ? Le pire c’est de se faire entourer des oripeaux d’un pouvoir qu’on n’a pas et qu’on n’est pas. C’est triste. Mais c’est la réalité. Nos chefs d’Etats sont autant prisonniers, otages que victimes. Ils me font pitiés. Parce qu’ils sont entre le marteau et l’enclume. S’ils durent longtemps au pouvoir, ce n’est pas toujours pour satisfaire davantage leurs égos, mais également parce qu’ils se sentent tenus...Des présidents de la république à plaindre qu’à envier, donc…

« La patrie ou la mort, nous vaincrons »

Que vive Patrice-Emery Lumumba !

Que vive Mzee Laurent-Désiré Kabila !

Que vive le Camarade Ernesto Che Guevara !

Que vive la République Démocratique du Congo !

Kinshasa, le 22 septembre 2021

Osongo-LukadiAntoine-Dover

Habilité de Philosophie Praxéologique, Post-Docteur

(Université de Poitiers/France)

Docteur en Philosophie et Lettres

(Université Catholique de Louvain/Belgique)

Professeur d’Universités

Membre de Sociétés Savantes USA&CANADA

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