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Constantin Kasendwe en pleine soutenance de son mémoire pour le  DES

Le Diplôme obtenu en mains

Père et Fils, un pari réussi 

Constantin Kasendwe Malala esquissant quelques pas de danse

 

 Constantin Malala Kidianga, le Père de  Constantin Kasendwe Malala

L’Université de Kisangani (UNIKIS) a connu une effervescence particulière en cette journée du 18 août 2021. Avec brio, le jeune Constantin Kasendwe Malala a soutenu son mémoire face à un Jury constitué d’éminences grises à la Faculté des Lettres de cette Alma mater. Il a ainsi obtenu son Diplôme d’Etudes Spéciales (DES) avec la mention Grande distinction. Ce travail scientifique s’articule autour de l’immortalisation et valorisation de la culture Songye, cas de chants, spectacles et danses de Mi-Amor Mputu Ebondo, le griot, le «Pharaon Noir».

Constantin Kasendwe Malala est désormais admis comme Professeur assistant. Autrement dit, le début d’une longue carrière. Son mémoire a une dimension linguistique, littéraire. Une série de questionnements a guidé sa recherche. Les chants traditionnels Songye peuvent-ils faire l’objet d’un traitement littéraire ? Ces chants obéiraient-ils à une étude morphologique ? Quels traitements sémantiques découleraient-ils de l’étude des chansons Songye en étude ?

«Tout compte fait, nous avons observé que notre étude présente un triple intérêt, d’abord sur le plan scientifique, ensuite sur le plan pratique et enfin sur le plan socioculturel. Mais le gros du travail a été articulé sur quatre chapitres de fond. Le premier chapitre s’est proposé de présenter le peuple songye. Le deuxième a défini les concepts opératoires et a établi la tarologie des chansons songye. Le troisième a analysé morphologiquement la chanson du griot musicien songye : les syllabes, les mores, les rimes, les séquences tonales,… Le quatrième et le dernier chapitre s’est penché sur l’étude sémantique du texte chanté ; scrutant le texte sur la thématologie y compris les entrées et sorties anthropologiques.», explique l’auteur du mémoire.

Une chanson a retenu l’attention des membres du Jury, à savoir : «Mwikelo» qui veut dire caractère, comportement. C’est l’une des mélopées de Mi-Amor, orfèvre qui joue sur des pépites d’or. Constant Kasendwe Malala conclut que le griot musicien congolais songye a beaucoup chanté. Une approche comparative de son œuvre musicale ferait un pas décisif non seulement dans la conservation de ce patrimoine culturel  mais aussi dans la vulgarisation des enseignements anthropologiques que véhiculent  ces  chansons. La théâtralité  de ses scènes pour agrémenter l’assistance, la chorégraphie de ses danseurs pendant les productions pour communiquer, et la particularité vestimentaire des scènes pourront faire l’objet des analyses dramaturgiques ultérieures.

Coup de chapeau et bon vent au fils de Constantin Malala Kidianga, un haut cadre retraité de l’OGEFREM.

La Pros.

 

 

Quelques extraits du Mémoire  (Introduction &  conclusion)

Introduction

  • Objet de l’étude

La présente recherche entend analyser et comprendre les chants traditionnels songye en tant que texte littéraire, en tant que lieu d'expérience de la destinée humaine.

Il s'agit donc d'un effort de déploiement dans l'appréhension des sens et significations des chants songye comme épiphanie d'un itinéraire anthropologique.

0.2. Etat de la question

Aborder l'arène de la littérature de notre objet d'étude rappelle d'abord les

Observations suivantes :

Premièrement, sur l'état actuel de la recherche, à notre humble avis, il n'existe pas assez d'études approfondies sur les chants traditionnels africains en général et celles congolaises plus exactement en tant que genre littéraire complexe; et cela, ni sur le plan de la sémantique et moins encore sur le plan formel, comme qui dirait que ces chants ne recéleraient pas une versification adéquate, à la manière des chants analysés par les chercheurs occidentaux. En deuxième lieu, il se pose le problème d'approche en littérature chantée. Les méthodes et les techniques y appliquées s'attardent à faire leur droit de cité. En troisième lieu, les quelques études menées sur la littérature songye en particulier, la question de la sémantique et de la forme de ces dernières est quasi-inexistante.

Quatrièmement, les études plus approfondies qui existent sur la langue songye, le sont plus dans le cadre de la linguistique africaine que de la littérature africaine.

Ces observations étant, la reine de la littérature se présente sommairement de la manière

Suivante :

  1. EBANDA WA KALEMA, P.T., Essai d'interprétation symbolique du CENDO, chant viatique Kusu, une contribution à la connaissance de la culture africaine.

Le mémoire est une deuxième lecture du chant CENDO en tant que langage symbolique et en tant que galaxie anthropologique dans le cadre mental du peuple Kusu.

  1. EBANDA WA KALEMA, P.T., Analyse formelle des Toyimba, panégyriques

Comme lettre l'indique, dans ce mémoire, le chercheur s'est efforcé de démontrer un modèle d'analyse morphologique des chants KUSU comme lieu de rencontre de la forme et du sens du signifiant et du signifié, du contenant et du contenu. Aussi, de l'étude formelle des textes panégyriques, l'auteur est arrivé à mettre en exergue les attributs et les qualificatifs de Ngongo Leetéta en tant que chef coutumier et grand guerrier KUSU.

  1. KASENDWE MALALA, P.C., Etude thématico - fonctionnelle des chants traditionnels songye (cas du groupe folklorique Basokin)."

Le mémoire de Licence de KASENDWE MALALA, P.C., s'est révélé d'une triple démarche; d'abord celle des chants songye dans l'optique de la thématologie littéraire, ensuite celle des chants songye dans le cadre de la fonctionnalité littéraire et enfin, les chants songye dans le surgissement thématico-fonctionnel.

Cette triple démarche a permis au chercheur de dégager les items thématiques et leurs fonctions anthropologiques. 4. LISINGO TOFOFA, R., Chants et danses d'intronisation de la région du Bas-Lomami. Cas de « Lòsèlè » chez les lokele. De l'esthétique de l’'évocation à l'esthétique de la réception, Contribution de l'ethno Littérature politique. Dans ce travail l'auteur obéit à une double postulation: celle de la possibilité d'appliquer l'esthétique de l'évocation et l'esthétique de la réception aux textes africains, cas des textes chantés et celle de la possibilité de dégager dans les genres littéraires complexes chantés l'esthétique politique.

Dans une démarche aussi rigoureuse de l'herméneutique de la question, l'auteur est arrivé à appliquer les deux esthétiques et à retracer un cadre d'éthique politique dont a besoin actuellement l'Afrique.

EBANDA WA KALEMA, P.T., Analyse formelle des Toyimba panégyrique Bakusu, chants en l'honneur de Ngongo LEETETA (1888-1893), Mémoire du DES, en littérature Africaine, Université de Kinshasa, 2000 (tnédit) KASENDWE MALALA, P.C, Etude thématico-fonctionnelle des chants traditionnels songye. (Cas du groupe folklorique Basokin), Mémoire de Licence en Littérature Africaine, Université de Kinshasa, 2003 LISINGO TOFOFA, R., Chants et danses d'intronisation de la région du Bas-Lomami. Cas de « Losèlè chez les lokele. De l'esthétique de l'évocation à l'esthétique de la réception. Contribution l'ethno- littérature politique, Thèse de Doctorat en Littérature Africaine, Université de Kisangani CHEKO OTAKEWAE, R. Etude syntaxico-sémantique des proverbes Olombo,"Le chercheur a basé sa recherche sur un double postulat à savoir: d'une part l'analyse de la syntaxe des proverbes Olombo qui a abouti sur une prosodie harmonieuse du signifiant et d'autre part, sur le sens de ces proverbes Olombo qui traduit au travers d'eux la culture anthropologique du peuple Olombo.

  1. FAIK NZUJI, C., Kasala, chant héroïque luba,"

Kasala se comprend comme chant héroïque et dynastique luba.

Dans son approche littéraire, FAIK NZUJI, C., s'est proposé d'en faire une étude thématique et formelle avant d'en tirer quelques vertus cardinales humaines que Véhicule le chant.

  1. MAIKOKOLE MOHAMED, Etude morpho-sémantique des chants wolof".

Dans cet article, MAIKOKOLE MOHAMED renouvelle la méthode d'approche des genres liés africains. L'étude des chants traditionnels africains tirés de la langue wolof. Les méthodes et les techniques très succulentes en sont en application.

Cela étant, nous retiendrons que cet état de la question nous éclaire sur les travaux antérieurs réalisés sur les chants traditionnels africains et sert de balises par rapport à notre recherche.

La démarcation que nous pouvons observer entre les travaux cités et notre étude réside effectivement dans l'application de l'herméneutique dans sa dernière étape dite esthétique de la réception ainsi qu'une tentative de prise en charge des instruments d'interprétation assez récents.

Problématique ?

La problématique est la clé de la recherche scientifique, car le chercheur doit déjà préciser les questions qu'il aborde dans son étude,

D'après Michel BEAUD : « la problématique, c'est l'ensemble construit, autour d'une question principale des hypothèses de recherche et des lignes d'analyse qui permettent de traiter le sujets et à LAMOUREUX A., de renchérir par une définition spécifique d'un problème de recherche en ces termes disant qu'un problème de recherche « découle d'un processus qui débute par des connaissances générales sur un sujet aussi vaste que vague, (...) la compréhension d'un phénomène n'est déclenchée que lorsqu'un nombre minimum de connaissance est finalement atteint ».

BOUTILLIER S. et al., quant à eux, définissent la problématique comme étant « un ensemble construit autour de la question principale, c'est une perspective théorique, véritable, charpente de la recherche, des hypothèses et des lignes d'analyse qui permettent de tester le sujet.

Un problème de recherche est considéré comme étant un écart ou manque à combler dans le domaine de nos connaissances entre ce que nous savons et ce que nous devrions ou désirons savoir sur la réalité. Le problème s'exprime par un sentiment d'ignorance et par le désir de connaitre, par la volonté d'en savoir plus en ce qui concerne la réalité observable, par un questionnaire.

Nous précisons que la problématique de recherche est souvent perçue comme une démarche systématique qui, une fois suivie, débouche inévitablement sur la formulation d'hypothèses appropriées, pertinentes et logiques. Subséquemment à ce qui précède, nous entendons soulever un certain nombre des problèmes relatifs aux littératures orales africaines. Parmi les problèmes ciblés, nous citons entre autres,

  1. Le problème général que nous essayons de résoudre dans ce travail est celui des traitements des textes oraux africains entant que genres littéraires. Aussi prenons-nous en échantillon la chanson traditionnelle songye. En soulevant la question des traitements des textes oraux africains, nous sous
  2. Problèmes spécifiques

En soulevant la question des traitements des textes oraux africains, nous sous-entendons bien des problèmes spécifiques que nous citons en termes d'un questionnement:

Quelle analyse stylistique faut-il proposer à l'analyse d'un texte oral chanté ? Les diagrammes et figures orales peuvent-ils apparaître dans l'approche littéraire d'un texte oral en étude ?

  1. Questions de recherche.

De la problématique de cette étude, nous nous posons les questions de recherche suivantes :

  1. a) Question principale:

Les chants traditionnels songye peuvent-ils faire l'objet des traitements littéraires ?

  1. b) Questions secondaires :

Les chants traditionnels songye échantillonnés obéissent-ils à une étude morphologique ?

Les chants traditionnels songye sont-ils possible d'être analysés sémantiquement pour aboutir à une anthropologie sémantique de la question ?

0.4. Hypothèses et objectifs du travail. BONNEVILLE J.a déclaré que l'hypothèse est le point de départ d'une démonstration logique, posé dans l'énoncé et à partir duquel on se propose d'aboutir à la conclusion »L'hypothèse doit être démontrable empiriquement. Puisque c'est elle qui guidera la recherche, il doit être possible de la vérifier en tenant compte des contraintes de temps et de moyens liés sur la réalisation d'un travail.

En fait, l'hypothèse doit être falsifiable, c'est-à-dire qu'elle doit accepter la possibilité d'un énoncé contraire.

Dans ses écrits, GRAWITZ M., précise que l'hypothèse est « une idée directive, une tentative d'explication des faits formulés au début de la recherche, destinée à guider l'interrogation et d'être abandonnée ou maintenue après les résultats de l'observation sur le terrain.

Nous disons que l'hypothèse est une réponse provisoire à l'explication d'un problème ou d'un phénomène admis provisoirement avant d'être soumis à la vérification, c'est-à-dire une cause provisoire qui explique ce phénomène.

0.4.1. Hypothèse principale.

 En réponse à la question principale de la recherche, nous émettons notre hypothèse de la manière suivante : les chants traditionnels songye feraient l'objet des traitements littéraires comme tous les textes à caractère littéraire.

0.4.2. Hypothèses secondaires

Au regard de l'hypothèse principale, nos deux hypothèses secondaires sont le suivantes :

Les chants traditionnels songye tiendraient à une analyse morphologique; Les chants traditionnels songye seraient analysables sémantiquement avant d'aboutir à une anthropologie sémantique de la question.

0.4.3. Objectifs du travail.

  1. a) Objectif général.

Dans le cadre de cette recherche, l'objectif général de notre étude, c'est d'analyser, d'une manière morphologique et sémantique, les chants traditionnels songye contenus dans le répertoire des chansons du Griot MPUTU alias MI AMOR et le groupe folklorique BASOKIN¹3

  1. b) Objectifs spécifiques

Concernant les objectifs spécifiques, nous retenons les objectifs spécifiques ci-après :

Définir les concepts opératoires; établir une taxologie des chants traditionnels songye tels que chantés par le griot MI AMOR: analyser morphologiquement et sémantiquement les chants échantillonnés, Proposer une étude thématologique dans l'optique de l'anthropologie sémantique.

0.5. Méthodes et techniques.

0.5.1. Méthodes du travail.

La méthode désigne « l'ensemble des démarches que suit l'esprit humain pour découvrir et démontrer un fait scientifique. S'interroger sur la « méthode », c'est s'interroger sur la « voie » (odos en grec) suivie pour mener à bien une recherche".

Selon PINTO, R., et GRAWITZ M., la méthode est un «< ensemble d'opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu'elle poursuit, les vérifier et les démonter »>.15

Considérant les propos de PINTO, R., et GRAWITZ, M., nous pouvons affirmer sans peur d'être contredit que, la méthode est une trajectoire préétablie dans l'esprit du chercheur afin d'atteindre un objectif pertinent dans un domaine de recherche et cette trajectoire permet au chercheur d'accéder aux résultats attendus.

Ainsi, comme toute recherche scientifique fait émerger une diversité de méthodes dans le but d'aider le chercheur à concrétiser les principes fixés, nous avons recouru à celles-ci :

  1. L'analyse morphologique.

C'est l'analyse par laquelle nous étudions la forme langagière des chants en étude : les syllabes et rimes, les séquences tonales, les parallélismes, le serpent tonal, etc.

  1. L'analyse sémantique

Nous a permis de comprendre les sens et significations que contiennent les chants traditionnels songye notamment le chant Mwi: kelo contenant cent deux versets.

  1. L'herméneutique

C'est la méthode de compréhension d'interprétation et d'actualisation des items significatifs dévoilés par les chants traditionnels songye.8

C'est ici que nous avons fait usage des principes de centrifuge et de dimensionnement des entités signifiantes décelées dans et par les textes chantés songye.

Aussi,  faut-il signaler deux étapes importantes de la méthode herméneutiquetéraire de notre travail :

  1. a) L'esthétique de l'évocation où dans un exercice rigoureux d'interrogation, nous recueillons les informations utiles sur les chansons traditionnelles et la culture songye y compris la compréhension que le griot MI-AMOR fait de sa musique.
  2. b) L'esthétique de la réception que nous considérons comme l'étape de l'appropriation dans un discours actualisant et planétarisant des chansons traditionnels songye exécutées par le groupe BASOKIN.
  3. Méthode qualitative.

La méthode qualitative est parmi les dernières nées des méthodes en recherche scientifique, elle tente « de donner un sens aux phénomènes, de les interpréter, à partir des significations que leur attribuent les personnes concernées »¹6

Cette méthode se définit dans ce cas selon OTEMIKONGO M.Y.J en ces mes: «celle par laquelle les chercheurs se sont intéressé à comprendre les significations les individus donnent à leur propre vie et à leurs expériences, le point de vue, le sens que acteurs donnent à leurs conduites ou à leur vie est matière d'observation et de recherche»), 17

Comme nous pouvons le saisir, la méthode qualitative met l'accent sur le surs et non sur les variables. Techniques du travail.) Techniques de collecte des données.

Dans le cadre de notre étude, nous avons fait usage de techniques suivantes :

  1. Technique documentaire: cette technique a consisté en la consultation d'un certain nombre d'ouvrages en rapport avec notre sujet de recherche. Ce procédé documentaire nous a permis d'enrichir et de récolter toutes les théories sur la morphologie et la sémantique des chants sous étude.
  2. Technique de l'interview: concernant la technique de l'interview, nous faisons nôtre la définition de GRAWITZ M., qui considère l'interview comme « procédé d'investigation scientifique qui utilise un processus de communication verbale pour recueillir des informations, une situation bilatérale qui dépend généralement de la double présentation: représentation de l'autre et celle la situation et à CHEKO O., de renchérir: « l'interview est le fait de demander à quelqu'un ce qui est ou ce qu'il sait sur lui-même, les hommes ou les choses et les événements»,19

Pour notre part, l'interview est une interaction ouverte entre un enquêteur et un enquêté en vue d'atteindre une vérité et/ou une réalité enfouie d'une communauté.

  1. Technique de l'observation participante.

En écoutant sur bandes cassettes le griot MPUTU Ebondo et en assistant à ses productions sur scène, nous avons eu un attrait considérable, étant nous-mêmes de la culture songye. Nous nous sommes référés à nos connaissances linguistiques et littéraires pour réaliser cette étude.

Ainsi, cette technique de l'observation participante nous a été d'une grande importance dans la mesure où, nous fiant à la définition de OHIDI O., O., qui stipule : « l'observation participante comme technique, consiste à ce que le chercheur lui-même procède à l'étude scientifique des problèmes de son environnement natal ou vital’’

  1. b) Techniques des traitements des données.

A ce stade des traitements de données, nous avons recouru aux techniques ci-dessous:

  1. Technique d'interprétation.

LIFONJA B.G., à propos de cette technique note: « souvent, on dit d'un énoncé qu'il est interprétable ou susceptible de recevoir une interprétation sémantique, quand le locuteur natif peut lui-même donner un sens, selon les règles sémantiques de la langue considérée»,

  1. Techniques de testis unus testis nullus.

Pour une conversion de nos données relatives en données absolues, nous nous sommes servi de la confrontation des témoignages indépendants fournis par le griot MPUTU EBONDO Mi-Amor et ceux nous fournis par les consommateurs des chants traditionnels SONGYE, parmi lesquels mon père. (Ami d'enfance de mon père).

  1. Technique de méthode d'analyse quantitative.

Cette technique nous a permis de quantifier certains faits littéraires avant de les soumettre à une interprétation de la question.

  1. Technique de test de marionnettes.

Elle nous a été utile à la conversion des fréquences en pourcentages.5. Technique de l'analyse graphique.

L'analyse graphique comme technique permet de tracer les tableaux, les arbres de vérité, les bullés et les graphiques de toutes sortes.

0.6. Choix et intérêt du sujet.

0.6.1. Choix du sujet. Le choix de ce sujet de recherches d'arc fondamentales justifiant et structurant notre étude sur deux raisons boute

Premièrement, la sauvegarde de ce genre de la littérature orale renfermant la sagesse bantu. Ce faisant, nous emboîtons le pas à FAIK-NZUJI qui écrit à propos du KASALA: « mais le danger de tomber dans l'oubli que courent les valeurs ancestrales, fait naître en nous une inquiétude plus fondamentale qui nous aide à dépasser nos craintes premières.

Ainsi, il ressort de cette analyse que nous émettons le vœu  de lever l'inquiétude qui nous hante tous quant à la disparition de nos valeurs ancestrales, et surtout que de très nombreuses études consacrées aux chants ont été abordées selon les perspectives descriptives linguistiques et non dans l'angle purement littéraire, moins encore sémantico formelle; en particulier les chants traditionnels songye. Tant d'études existent sur les autres genres notamment : les proverbes, des devinettes, les devises, etc.

0.6.2. Intérêt du sujet.

L'intérêt de la présente recherche est triple: intérêt scientifique, intérêt pratique et intérêt socioculturel.

  1. a) Intérêt scientifique.

La nature de ce travail est axée sur un intérêt scientifique qui se traduit par notre volonté de réaliser une étude d'un cas particulier, ayant pour objectif d'enrichir et d'illustrer la littérature songye. C'est la raison pour laquelle nous avons choisi de puiser ladite littérature dans notre patrimoine culturel afin de contribuer à notre identité propre.

Jean POIRRIER ne nous met-il pas en garde lorsqu'il écrit: «(...) avec ces vieillards, nous sommes placés dans le terrain de la dernière chance du fait des mutations brutales et profondes qui s'effectuent de nos jours, ils sont les derniers témoins d'une richesse immense qui s'évanouit sous nos yeux passifs »>.23

Ce mobile nous a stimulé à mener cette recherche afin de léguer aux générations futures des chercheurs, un soubassement sur lequel ils peuvent se baser en vue d'approfondir d'autres aspects non suffisamment évoqués.

  1. b) Intérêt pratique.

Considérant l'état de la question actuel sur ce genre littéraire complexe qu'est le chant chez les songye en particulier, il se constate un manque criant des travaux sur ce dernier. Ainsi, est née en nous, cette envie et/ou une inquiétude interpellatrice qui se justifie par ces propos de Paul GIJOLNGIJOL: « Hélas ! Le jour où je mourrai! Oui, le jour où je descendrai dans la tombe

Verra chavirer la pirogue des chanteurs »>.24

11 Poirier, Cité par EBANDA WA KALEMA P.T. essai d'interprétation symbolique du CENDO Chant viatique KUSU, une contribution à la connaissance de la Culture Africaine, Mémoire, inédit, Université de Lubumbashi, 1986. P13 "NGUOL NGUOL P.: cité par EBANDA W.K.op. Cit. P.1312

C'est donc les faits évoqués plus haut qui ont suscité en nous le désir de pénétrer ces chants pour une analyse beaucoup plus profonde du point de vue sémantique et formelle.

  1. c) Intérêt socioculturel.

Cette étude trouve son intérêt dans ce cadre car elle permet au peuple songye, à la génération future de procéder non seulement à la recherche de l'histoire des significations parsemées dans ces chants traditionnels songye, mais, aussi à la culture de la prise de conscience de valeurs traditionnelles partant du patrimoine de genres littéraires qu'il faut conserver et pérenniser.

Ces chants sont une création de la culture songye, ils sont nés de cette dernière, ils véhiculent la pensée et/ou la vision du peuple songye, ils recèlent des réflexions quotidiennes de la société, leur interaction avec l'environnement physique et spirituel.

0.7. Délimitation du travail.

Comme le souligne MAUSS, M.: « il faut indiquer et limiter les champs de ce qu'on cherche afin de savoir de quoi l'on parle», 25Ainsi, la délimitation du sujet est une limite des champs de recherches, cela signifie les contours, les cadres qui bornent les recherches afin d'éviter de naviguer, d'errer à vue. Sur ce, notre étude délimite ses investigations sur trois axes, à savoir; au niveau de la matière, du lieu et du temps.

0.7.1. Délimitation de la matière.

Comme sus indiqué dans l'objet de notre étude, le présent travail s'inscrit dans le cadre d'appréhender le sens, le contenu des chants traditionnels songye et/ou la forme de ces chants. En ce qu'ils traduisent un rythme agréable à l'oreille, en relevant les sèmes éducatifs politico-sociaux et/ou civiques qu'ils véhiculent

0.7.2. Délimitation topologique.

Notre étude trouve son champ d'application dans l'actuelle Province de Lomami, deux territoires du Maniema: Kasongo et Kibombo; auxquels nous ajoutons le Territoire de Kongolo au Nord de l'ancien Katanga, la Province de Sankuru dans le Territoire de Lubefu où l'on rencontre les songye.

0.7.3. Délimitation tempologique.

La présente étude se revêt un caractère synchronique dans la mesure où elle s'efforce à étudier les chants traditionnels allant de la période comprise entre 1983 à 2017. Cette période est prise en compte par le simple fait, qu'elle englobe des événements d'une grande importance dans la vie du griot Mputu Ebondo.

0.8. Difficultés rencontrées et solutions envisagées.

0.8.1. Difficultés rencontrées.

La réalisation de cette étude s'est butée à une double difficulté à, savoir la difficulté méthodologique et technique.

  1. Difficulté d'ordre méthodologique.

Devant une panoplie de méthodes à utiliser, nous nous sommes parfois trouvés dans l'embarras de choix, suite au fait qu'il fallait trouver une ou deux d'entre elles, qui concilierait l'analyse dite morphologique et celle de la sémantique. Ensuite, nous avons été butés au problème de la systématisation des données qui devraient correspondre à la réalité elle-même, de peur de distordre cette dernière. Cette situation entraînerait que certaines données n'auraient pas été prises en compte ou que d'autres auraient été sur accentuées.

Enfin, les méthodes d'interprétation retenues pour l'analyse posaient problème dans la mesure où, matière assez récente et moins enseignée par la crème intellectuelle, notamment : l'herméneutique et la méthode qualitative : l'herméneutique prise dans son sens actuel de l'applicabilité et non dans son sens originaire de l'interprétation des écritures saintes, méthode qualitative parce que longtemps appliquée dans les statistiques que dans le reste des domaines.14

  1. Difficultés d'ordre technique

Cette étude a connu plusieurs difficultés dont :

-l’éparpillement de nos informateurs dans trois villes du pays Kabinda et Kindu ;  Kinshasa, - l'accessibilité à récolter les sens des chants et procéder à l'interprétation; étant donné que le sens dépend des réalités socio-contextuelles; l'accessibilité à la documentation étant donné la distance qui nous sépare des bibliothèques et notre ville d'attache qui est Kindu, où il n'existe presque pas de bibliothèques fixées à notre sujet d'étude.

0.8.2. Solutions envisagées.

  1. Solutions d'ordre méthodologique.

Les difficultés d'ordre méthodologique ont été levées en utilisant l'approche comparative pour bien nous assurer de la qualité de nos données et de la technique d'observation participante afin de bien convertir nos données relatives en données absolues et améliorer par la suite la qualité de nos résultats.

  1. Solutions techniques.

Concernant les difficultés d'ordre techniques; nous avons préféré interroger plusieurs informateurs, toutes les générations confondues et avons converti les données par la technique de la collecte des témoignages oraux, recueillis auprès des informateurs dont le principal est le griot Mputu Ebondo. Il est l'auteur compositeur de toutes les chansons sous étude. Et par rapport à la documentation, nous avons recouru au web graphie pour recueillir les informations sur l'herméneutique et la méthode qualitative.

0.9. Structure du travail.

Hormis l'introduction et la conclusion, le présent travail s'articule autour de chapitre

Le chapitre premier, intitulé définition des concepts, se consacre à étayer les concepts opératoires et présenter les chants traditionnels songye ainsi que la vie du Griot Mputu Ebondo; alors que le deuxième porte sur les considérations générales sur les songye.

Le troisième chapitre, est consacré à l’analyse morphologique des chants traditionnels songye.

Le quatrième et le dernier se présente en grille de lecture sémantique des chants traditionnels songye contenue dans ce genre complexe.

Conclusion

Au terme de cette étude qui a porté sur l’analyse, orpho-sémantique des chants traditionnels songye. Cas du Griot Mputu Ebondo alias Mi-AMOR dans la chanson MWI : Kelo. Il a été pour nous, un effort de déploiement et de surgissement pour établir les canaux morphologiques qu’a fondé le griot musicien à travers l’architecture de sa chanson.

Aussi sommes-nous posé les questions suivantes :

  • Les chants traditionnels songye peuvent-ils faire l’objet des traitements littéraires ?
  • Ces chants obéiraient-ils à une étude morphologique ?
  • Quels traitements sémantiques découleraient-ils de l’étude des chansons songye en étude ?

Au regard de ces trois questions, il a été émis les hypothèses ci-après :

a)Les chants rationnels  songye feraient l’objet des traitements littéraires comme  tout autre texte littéraire.

  1. b) les chants traditionnels ainsi retenus tiendraient à une étude morphologique.
  2. c) Enfin, les chants en étude subiraient bien aussi une analyse sémantique.

Que regard de ces hypothèses, nous nous sommes fixé les objectifs suivants :

-Définir les concepts opératoires ;

-présenter assez brièvement le peuple songye.

- Etablir la tarologie des chansons songye ;

-Analyser morphologiquement et sémantiquement le texte ;

-Etablir une grille thématique de la chanson ;

Dégager les figures de style et les techniques textuelles.

En faire des considérations anthropologiques.

Pour arriver, nous avons utilisé la méthode herméneutique dans son ensemble y compris l’esthétique de la réception. C’est  cette méthode qui nous a permis de  faire des interprétations possibles. Mais avant de procéder aux approches herméneutiques, nous avons fait l’analyse structurale non seulement pour bien comprendre le texte mais aussi pour y étudier le mouvement interne.

En ce qui concerne les techniques, nous en avons privilégiés deux sortes : les techniques de récolte des données et les techniques des traitements des données.

Tout compte fait, nous avons observé que notre étude présente un triple intérêt, d’abord sur le plan scientifique, ensuite sur le plan pratique et enfin sur le plan socioculturel.

Mais le gros du travail a été articulé sur quatre chapitres de fond. Le premier chapitre s’est proposé de présenter le peuple songye. Le deuxième a défini les concepts opératoires et à établir la tarologie des chansons songye. Le troisième a analysé morphologiquement la chanson du griot musicien songye : les syllabes, les mores, les rimes, les séquences tonales,…

Le quatrième et le dernier chapitre s’est penché sur l’étude sémantique du texte chanté ; scrutant le texte sur la thématologie y compris les entrées et sorties anthropologiques.

Au terme de ces analyses, nous sommes arrivés aux résultats ci-après :

  • Les chansons traditionnelles songye tiennent à une analyse morphologique. C’est le cas de MWI : kelo traité à titre illustratif ;
  • Les chants traditionnels songye peuvent faire l’objet des traitements littéraires comme tous les textes à caractère littéraire ;

Nous l’avons démontré dans cette étude à travers la chanson MWI :kelo. Ce premier résultat vérifie et confirmer notre première hypothèse.

  • Les chansons traditionnelles songye tiennent à une analyse morphologique. Les syllabes, les mores, les séquences tonales, le parallélisme tonal, le serpent tonal, etc. y ont été traités.

Ce deuxième résultat vérifie et confirme notre deuxième hypothèse ; 4) les chants traditionnels songye peuvent faire l’objet d’une étude sémantique.

A travers la chanson MWi : Kelo échantillonné, nous avons réussi à dégager sens et signification de la chanson : les  indices thématiques ont été générés et ont fait l’objet d’une analyse  thématologique et anthropogique aboutissant à la sémantique de la question.

Ce troisieme résultat vérifie et confirme notre dernière hypothèse. En somme, toutes les hypothèses émises se sont exercées, vérifiées et confirmées.

Aussi osons- nous déduire que notre étude est une modeste contribution aux recherches littéraires quant au fond et forme.

En effet, nous reconnaissons comme l’on peut découvrir dans le travail, notre mérite d’avoir renouvelé les méthodes des traitements par les approches personnelles et celles les plus récentes.

En résumé, nous sommes conscients de n’avoir pas tout traité. Le griot musicien congolais songye a beaucoup chanté. Une approche comparative de son œuvre musicale ferait un pas décisif non seulement dans la conservation de ce patrimoine culturel  mais aussi dans la vulgarisation des enseignements anthropologiques que véhiculent  ces  chansons. Théâtralité  de ses scènes pour agrémenter l’assistance, la chorégraphie de ses danseurs pédants les productions pour communiquer, et la particularité é vestimentaire des scènes pourront faire l’objet des analyses dramaturgiques ultérieures.

Constantin Kasendwe Malala

(Auteur du mémoire)

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