«Autant la troisième vague de Covid-19 est dangereuse, autant la loi Tshiani l’est aussi. Un débat malsain. Un débat de bas étage, un débat sans substance. C’est tout ce qu’il convient de dire». Eh bien, l’Ambassadeur André-Alain Atundu fustige les tractations autour de la proposition de loi modifiant et complétant la loi n°04/024 du 12 novembre 2004 relative à la nationalité congolaise, déposée à l’Assemblée nationale récemment par Nsingi Pululu.

 

Cette initiative de Noël Tshiani Muadiamvita visant le verrouillage de l’accès à certaines fonctions de souveraineté poursuit tous les objectifs possibles, sauf la cohésion nationale. C’est le moins que l’on puisse comprendre de l’alerte de l’Ambassadeur André Alain Atundu qui a bien voulu remettre les pendules à l’heure au cours d’une interview exclusive accordée au quotidien La Prospérité, le vendredi 16 juillet dernier en sa résidence à Kinshasa. Très préoccupé par la montée en puissance des réactions de certains acteurs politiques soutenant cette initiative qui exclut, pourtant, une catégorie des congolais à la magistrature suprême, Alain Atundu invite le Bureau de l’Assemblée nationale à faire preuve de sagesse sur cette question. Car, soutient-il, l’amour de la patrie est loin d’être l’apanage des seuls congolais nés de père et de mère d’origine congolaise. 

A peine deux ans après l’alternance pacifique au sommet de l’Etat entre Joseph Kabila et son successeur Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Porte-parole de l’ex-Majorité présidentielle estime que ce débat sur la congolité ou la nationalité  prend une allure inquiétante en RDC qui risquerait de diviser les congolais. Revenant en arrière, vers les années 60, Alain Atundu évoque le grand et incontestable travail abattu par les pères de l’indépendance notamment, Patrice-Emery Lumumba et Joseph Kasa-Vubu qui, à l’en croire, avaient des conseillers belges. A ce titre, il affirme que l’honnêteté dans les services qu’un citoyen puisse rendre à sa patrie, se résume par la passion de servir son pays, par un cœur serviable qui n’a rien à voir avec la congolité. «La patrie c’est là où se trouve votre cœur», a déclaré Atundu. Fustigeant clairement la démarche, ce cadre du Front Commun pour le Congo a fait savoir que cette proposition de loi ‘’inopportune’’ déposée sur la table de Mboso N’kodia, non seulement  heurte la Constitution de la République mais aussi, porte atteinte à la  vocation essentielle de la République Démocratique du Congo, celle de s’ouvrir au monde pour son décollage. Pour, enfin, épargner le pays de cette impasse, l’Ambassadeur André-Alain Atundu relance l’appel à la cohésion nationale, seul gage de l’émergence de la République Démocratique du Congo.

La Pros