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*Tout comme lors de la randonnée du désert vers la terre promise. « Les Egyptiens que vous voyez, vous ne les verrez plus jamais », avait dit Moïse au peuple d’Israël.


Rien de neuf sous le soleil. Dans son allocution devant le congrès, Félix Tshisekedi a reconnu que seule sa bonne foi ne suffisait pas à dissuader Pharaon et son armée. Il devait nécessairement utiliser sa canne pour séparer l’eau de la mer et faciliter la traversée du peuple (d’abord). « Je devais réagir, mieux, agir », a –t-il dit en prenant des mesures draconiennes susceptibles d’imposer son leadership auquel se devra la qualité de son bilan.
En effet, le ver qui ronge le fruit étant toujours dans le même fruit, le Chef de l’Etat ne devait pas continuer à se plaire de sa bonhomie en croyant que celui qui était en face de lui était un gros chat mignon, alors qu’en réalité il s’agissait d’un tigre qui ne pouvait ni changer la couleur de sa peau ni se repentir de sa tigritude. Il fallait absolument se départir des accointances du souffleur en coulisse qui donnait de la matière à ses oilles pour bien bloquer le fonctionnement normal de l’appareil étatique.
C’est sans contredit que le mariage FCC-CACH n’était visiblement qu’un bidule de façade qui, au fil du temps, se fondait comme une glace au soleil. Qu’il s’agisse de la défenestration de Jean-Marc Kabund du perchoir de l’Assemblée Nationale ou des ordonnances présidentielles nommant les mandataires à la SNCC et à la Gécamines,…il y avait à noter autant d’éléments d’analyse pour renseigner sur ce qu’étaient les vraies intentions de Joseph Kabila.
Que du temps perdu pour la désignation du Premier Ministre et la mise en place effective du gouvernement ! Rappelons que jusqu’au jour de la déchéance de son bureau, Jeanine Mabunda n’avait jamais aligné à l’ordre du jour l’installation de l’Honorable Patricia N’seya qui se trouvait être la remplaçante désignée par l’UDPS pour la première vice-présidence de l’Assemblée Nationale.
Que veulent donc savoir les incrédules qui, comme se cachant à leur propre ombre, font semblant de ne pas savoir en quoi le FCC bloquait les actions du Président de la République ? De quoi parle Félix lorsqu’il évoque les efforts déployés, les sacrifices consentis, les humiliations tolérées pour sauver la coalition à laquelle il semblait tenir à ses risques et périls ? Ne l’a-t-on pas vu faire la navette vers Joseph Kabila en prenant même le risque de le considérer comme son consultant ? A quoi ressemblait la tête du pantin et de la marionnette qui respirait sous le diktat de son prédécesseur ?
Ce dernier, cependant, bien cloîtré dans sa tour d’ivoire, ne trouvait aucun intérêt de rappeler ses oilles à l’ordre en dépit de leurs déclarations insidieuses dans les médias et de leurs dérapages langagiers dans leurs sorties politiques. Bien au contraire, ceux qui disaient que la RDC était la propriété privée de Kabila, ou, mieux ceux qui considéraient le mandat de Félix comme la signature de leur autorité morale, multipliaient, à temps et à contretemps leurs déclarations de fidélité et de loyauté à celui qui, aux yeux de tout le monde, était devenu leur petit dieu.
Comme l’illusion du rétroviseur, ils croyaient qu’ils avaient toujours la mainmise sur l’armée, la police et les finances alors que chaque jour qui passait, apportait de nouveaux éléments à la lecture de l’évolution politique du pays. Promettaient même de paralyser le pays, ils ignoraient que l’utopie est un domaine où chacun connait la couleur de ses rêves et la longueur de ses nuits quand- bien même le coq aura déjà chanté !
Avec une désinvolture désarçonnante, les fidèles du Rais avaient encore le toupet de fantasmer croyant mieux faire en créant délibérément et de façon intempestive des troubles dans une gouvernance de coalition dont le seul mérite était d’éviter la déflagration de l’espace politique et l’embrasement du pays. Au-delà de l’insolence manifeste, Ils avaient donc tort d’oublier que la véritable source de légitimité reste la population et que planter le décor de la crise, c’était fournir des prétextes à Félix Tshisekedi pour agir, le cas échéant, dans le sens de mettre fin à cette hypocrisie. On y est et c’est fait !
Kabila en tournée au Katanga ?
«RDC/ La guerre des minerais », tel est le titre d’une analyse percutante sous la signature d’un éminent professeur. Le contenu des plusieurs sorties politiques des Kabilistes qui ne juraient que par le retour au pouvoir de leur autorité morale, n’était pas à prendre avec les pincettes. Du crash de l’Antonov avec la logistique présidentielle, en passant par les bruits des bottes au Nord-Kivu et au Katanga jusqu’au fameux dossier de Minembwe, il se dégageait une très mauvaise odeur qui viendrait du fond de Kingakati. Pour le moins, quelqu’un avait dit : « Je mourrai avec une balle dans la tête…Je ne vous dis pas Au revoir, mais je vous dis A bientôt ».
Tous les analystes sérieux et perspicaces se doivent de reconnaitre qu’actuellement, la persistance de la guerre de l’Est plonge ses racines dans la rivalité hégémonique entre le bloc Euro-américain et le bloc asiatique avec la Chine comme renard de surface. Chaque bloc vise à s ‘assurer la domination économique et militaire du monde à travers un jeu d’alliances fondées sur des centres d’intérêts communs.
Ils se livrent littéralement à des conflits par procuration par le biais des pays auxquels ils ont su étendre leurs influences.
A en croire les retombées des investigations de la célèbre journaliste de RFI (Sonya Rolley), la balle meurtrière qui avait atteint notre compatriote Rossy Mukendi, au plus fort de la crise constitutionnelle et institutionnelle due à la non-organisation des élections de 2016, serait d’origine chinoise. D’où ces questions : Qui a toujours ravitaillé toutes ces forces négatives en armes et munitions ? Quelle est la réelle contrepartie de l’Uranium qui serait vendu ? Où en est-on avec le rapport des contrats chinois? Pourquoi Albert Yuma, proposé d’abord comme premier ministre de Kabila, se trouve au centre de tous les débats comme PCA de la Gécamines, Président inamovible de la FEC et président des communautés du grand Katanga ? Pourquoi lui et toujours lui ?
Rappel : Frantz Fanon disait : « L’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve au Zaïre (RDC).Si telle est la vérité, ouvrir grandement la porte à la Chine pour qu’elle fasse une percée fulgurante en RDC (pays de l’Uranium et du Coltan), c’est lui offrir l’opportunité de réaliser son rêve d’acquérir la superpuissance militaire, et d’accélérer son programme de développement technologique axé sur l’informatique et l’électronique. De quoi comprendre sur qui Kabila comptait lorsqu’il s’obstinait à bloquer les actions de Félix Tshisekedi, au-delà du sourire pharisaïque qu’il lui présentait.
A tout prendre, les contrats chinois qui étaient le credo de la diplomatie de JKK, avaient beaucoup de dessous des cartes ; les infrastructures qui étaient promises comme contrepartie, n’étaient que la partie légère et visible d’une affaire de gros sous dont lui et sa famille seraient de grands bénéficiaires au grand’ dame du peuple congolais. Etant donné que la diplomatie de Felix Tshisekedi est essentiellement tournée vers le bloc euro-américain, la frustration du bloc asiatique serait à la base des intentions visiblement affichées pour déstabiliser le pays et relancer le langage des armes.
Les velléités belliqueuses !
Pourquoi aujourd’hui les faits et gestes de Kabila semblent être soumis à une surveillance millimétrée ? La vérité est qu’en politique on ne se fait pas de quartiers, et qu’en cette matière les africains ont un choix à faire entre la vie et la mort. Les bons lecteurs de l’histoire récente africaine, avaient tôt fait de dénicher les intentions belliqueuses de celui qui, d’entrée de jeu voulait surfer sur le cas de Brazzaville pour tenter son aventure.
Ayant déjà maîtrisé tous les rouages de son armée, il connaissait par où actionner la relance des hostilités militaires pour renverser le pouvoir.
A tout prendre, les multiples tentatives des Bakata-Katanga sous la houlette de Gédéon Kyungu ne relèvent pas d’une comptabilité chimérique ; pas moins que les bruits des bottes dans le Tanganyika ou à la frontière zambienne.
Aussi curieux que cela puisse paraitre, le militantisme en RDC se traduit ce jour par le port des bérets rouges et des habits aux couleurs foncièrement militaires estampillés de 3 lettres (JKK) sur la poche gauche de la chemise. Est-ce pour faciliter l’infiltration ? Si non, qu’appelle-t-on indices militaires dans les opérations d’enquêtes ? La réponse est à trouver dans les rapports des organisations internationales de Droit de l’Homme qui avaient enquêté sur le phénomène Kamwina N’sapu dans lequel il était fait mention d’une milice qui s’appellerait « Bana- Mura ».
A défaut de répondre à la question de savoir à qui appartiendrait la milice dite de Kingabwa, qu’il soit rappelé que, peu avant les élections de 2018, les jeunes d’un parti politique bien connu seraient allés au Burundi pour y suivre une formation initiatique à l’académie des Nzembo-Nekuré, une milice qui avait donné son meilleur rendement pour le maintien au pouvoir de Pierre Nkurunziza.
Quant à la communauté internationale, il est de notoriété publique qu’elle a toujours l’art de souffler le chaud et le froid, cherchant à se positionner en sapeur-pompier, dans une situation de crise où souvent elle est pyromane. L’exemple récent de la Lybie n’en est pas moins éloquent. La présence du Secrétaire Général Adjoint de l’ONU en RDC, juste après le discours du 6 Décembre, aura été très mal perçue par le commun des congolais. Ayant parlé avec Joseph Kabila, puis le duo Fayulu-Muzito (en quelle qualité ?), Jean-Pierre La Croix a finalement échangé avec Félix Tshisekedi. Le même schéma suspect était suivi un peu plus tôt par les religieux catholiques et protestants qui ne jurent que par leur arbitrage extra-institutionnel de la crise politique. Quant à Leila Zerrougui, elle ne s’était pas non plus empêchée d’agiter le chiffon rouge avant de changer de langage après son audience auprès du Chef de l’Etat.
Qu’est-ce qui se présage à l’horizon proche au regard aussi des dernières rencontres entre les officiers généraux et leur commandant suprême ? On ose croire que la création d’une école de guerre en RDC et d’une académie de police est une réponse drastique et pragmatique à la problématique de l’insécurité en RDC.
Elle supplée ainsi à la coopération militaire américaine et celle angolaise tout dernièrement confirmée par la démonstration aérienne des avions de chasse dans les airs de Kinshasa. L’Union Européenne n’est pas non plus en reste quant à la création d’une Cour Pénale pour la RDC en vue de réparer et sanctionner tous les tords qu’a subis le peuple congolais depuis plus de deux décennies. De quoi comprendre que la peur a changé de camp.
Les réformes : la voie royale !
Certes, le roitelet de Kingakati avait fait semblant d’ouvrir une parenthèse qu’il pensait fermer quand bon lui semblerait. En réalité, ce qu’il croyait être un repli technique et/ ou stratégique, s’avère aujourd’hui un départ définitif selon même le souhait de tous les congolais (morts et vivants). Cependant, l’analphabétisme politique de ses lieutenants les empêche de bien lire les signes du temps. Après la chute libre de Jeanine Mabunda au perchoir de l’Assemblée Nationale, bon nombre d’entre eux se ravisent en optant pour une transhumance à visage découvert. C’est la débandade ! Le glas du règne des jouisseurs sonne. La prédation et l’impunité foutent le camp pour laisser la place à l’orthodoxie managériale. N’avait-t-il pas dit qu’il déboulonnerait le système ? Sachant aussi que les réformes constituent le socle philosophique de l’actuelle dispensation politique, l’acquisition d’une majorité parlementaire s’avère un enjeu majeur conditionnant la réalisation de son programme quinquennal.
Il ne serait donc pas imaginable que tous ses grands projets à impact visible sur la qualité de vie de la population soient possibles avec ceux qui, depuis toujours, se pavanaient de leur majorité parlementaire aux mains libres pour piocher impunément dans le trésor public.
C’est donc en connaissance de cause qu’iIs s’obstinent dans leur politique de sabotage, des peaux de banane et des crocs-en-jambe pour ainsi assombrir les perspectives du développement de la RDC.
Tenez : A l’initiative de l’honorable Christophe Lutundula, une proposition de loi serait déjà déposée depuis l’année passée au bureau de l’assemblée Nationale pour des discussions conséquentes quant à la nécessité de revisiter le système électoral en RDC. Plusieurs fois, on a entendu ce vieux parlementaire fustiger sur les ondes la nonchalance du bureau de Jeanine Mabunda qui, décidément, ne semblait pas être préoccupé par cette question si urgente et importante. Bien au contraire, on a vu des juristes de la trempe de Minaku et Sakata s’employer à proposer des lois en vue de permettre au ministre de la justice d’avoir une autorité sur tout le système judiciaire. La désignation précipitée et plus ou moins cavalière de Ronsard Malonda à la présidence de la CENI serait aussi une stratégie du FCC pour contourner les ambitions du Chef de l’Etat.
Pourtant de l’avis du grand public, il est important et urgent que le cadre juridique de manière générale, soit revisité et repensé de manière à l’adapter aux besoins de la commodité gouvernementale en vue d’améliorer les conditions de vie de la population dans plusieurs domaines.
Au nombre des priorités, il y a la loi électorale où le mode du scrutin indirect doit être remplacé par le scrutin direct pour ainsi donner à la population l’occasion d’avoir, par un suffrage objectivement octroyé, des gouverneurs et des sénateurs reflétant l’expression de son libre choix. La problématique du second tour aux élections présidentielles n’échappe pas à l’agenda des priorités quant à la réforme du cadre juridique qui régente l’exercice électoral en RDC.
La distribution équitable du revenu national, corollaire de la justice distributive, passe aussi par la révision de certains textes juridiques qui, visiblement taillés sur mesure, favorisent le train de vie des animateurs des institutions au détriment du peuple congolais. Il en est de même de la loi sur les anciens présidents de la République qui, à tout point de vue, n’est que la marque de fabrique de ceux qui avaient l’intention d’installer un dictateur de trop en ce 21ème siècle.

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