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L’Ambassadeur de la Turquie en RDC, Salih Burgaç Guldere, a insisté sur la nature des relations Gagnant-gagnant entre la Turquie et la RDC. C’était en marge de la célébration du 97ème anniversaire de la proclamation de la République Turque devant un parterre de personnalités et journalistes triés sur le volet invités à cette circonstance.

«Je veux mettre l’accent sur le fait que l’essence de nos relations avec l’Afrique s’inspire de la sincérité de la fraternité et de la solidarité. Pour nous, l’Afrique n’a jamais été un simple marché pour les produits turcs, mais une opportunité pour un partenariat gagnant-gagnant sur un pied d’égalité», a-t-il déclaré.
C’est un Ambassadeur qui s’est montré enthousiaste des opportunités qu’offre la RDC pour les affaires profitables non seulement à la Turquie, son pays, mais aussi à la RDC. C’est pour cela qu’il estime que le volume des affaires entre les deux pays qui ne dépassent pas les 100 millions de dollars n’est pas à la mesure des possibilités qui existent entre eux. Ce qu’il faut pour améliorer ces échanges, c’est la signature des accords de coopération déjà paraphés, mais pas encore signés qui donneraient un arsenal juridique propre à sécuriser les affaires entre les deux pays. C’est-ce que la partie Turque semble attendre ; en tout cas, à entendre le diplomate Turc parler pour intensifier le volume des affaires entre les deux pays.
En marge de ces relations entre la RDC et la Turquie, le Diplomate Turc a brossé à l’attention des journalistes congolais la version turque des conflits dans lesquels la Turquie semble embarqué. Le dossier dans le Haut Karabakh, en Azerbaïdjan en guerre avec l’Arménie à cause de ses territoires occupés par l’Arménie et la tension entre la Grèce et la Turquie concernant l’exploitation des ressources pétrolières dans les eaux internationales qui doivent se faire de manière équitable. Dans tous les deux cas, le Diplomate Turque a fourni avec clarté la position de son pays sur ces deux dossiers internationaux brûlants.

Discours de l’Ambassadeur de la Turquie à l’occasion de la commémoration de la proclamation de la République
Ce 29 octobre, les turcs célèbrent le 97ème anniversaire de la proclamation de leur République. Comme les circonstances liées à la pandémie Covid-19, nous ont empêchés cette fois-ci d’organiser une réception, j’ai voulu saisir cette occasion pour partager avec vous mes réflexions concernant un nombre des développements survenus depuis notre dernière fête nationale.
L’an 2020 a constitué une période particulièrement difficile et douloureuse pour l’humanité entière. Notre monde qui lutte depuis longtemps contre des nombreux problèmes comme la faim et l’instabilité, est maintenant pris par la pandémie de coronavirus qui a coûté la vie à plus d’un million de personnes à ce jour. Elle a entrainé le monde dans des nouvelles incertitudes.
Dans un environnement dominé par la pandémie, le continent africain connait lui aussi des graves pertes dues à a fois aux carences de l’infrastructure sanitaire et à la diminution du commerce du commerce mondial. Elle a aussi aggravé les inégalités causées par la structure fautive du système.
Dans le cadre de la lutte globale contre le coronavirus, la Turque a soutenu l’initiative de report du G-20 à l’égard des pays les moins avancés et des pays bénéficiant d’une aide internationale au développement. Nous avons également répondu positivement aux appels d’assistance de 154 pays et de 8 organisations internationales.
Tenant compte du fait que la minimisation des effets néfastes de la pandémie passe par le maintien de la vitalité de l’économie sans compromettre la santé des citoyens, la Turquie a élaboré des politiques équilibrées conformes à ses propres priorités, ce qui a permis la poursuite des activités économiques sans interruption et à nos entreprises de continuer la production et le commerce. C’est grâce à ces politiques que les entreprises turques ont continué à œuvrer avec détermination aussi à l’étranger malgré toutes les difficultés logistiques et les mesures de quarantaine.
Cette affirmation vaut son également pour les activités de secteur privé turc en Afrique. La valeur totale des projets entrepris par nos sociétés en Afrique atteint environ 70 milliards de dollars. En outre, les investissements turcs à travers le continent ont dépassé une valeur de 6 milliards de dollars. Ces investissements fournissent d’emplois à plus de cent mille ouvriers africains. Nous sommes déterminés à accroitre le volume annuel de nos échanges avec les pays africains à plus de 50 milliards de dollars dans les années prochaines.
Afin de renforcer davantage nos liens avec les peuples africains, nous avons durant les dernières années augmentées le nombre de nos ambassades sur le continent de 12 à 42. Le nombre d’ambassades africains à Ankara est également passé de 10 à 36.
A côté de nos missions diplomatiques, nous avons élargi notre présence sur le continent avec nos institutions telles que TIKA, l’Institut YUNUS Emre, la Fondation Maarif, Anadolu Agency et le Turkish Airlines. S’agissant de Turkish Airlines, celui-ci a repris ses vols vers 33 destinations différentes dans 27 pays africains y compris Kinshasa.
Nous continuerons à travailler résolument pour intensifier notre coopération avec les pays africains dans tous les secteurs.
Les sommets du partenariat Turquie-Afrique constituent un des moyens les plus importants pour accélérer nos relations avec les pays africains. Le premier sommet a eu lieu à Istanbul en 2008 et le second à Malabo en 2014. Nous espérons voir le troisième se réaliser l’année prochaine lors de la présidence Congolaise à l’UA.
Pour terminer mes remarques sur ce point important, je veux mettre l’accent sur le fait que l’essence de nos relations avec l’Afrique s’inspire de la sincérité, de la fraternité et de la solidarité. Pour nous, l’Afrique n’a jamais été un simple marché pour les produits turcs, mais une opportunité pour un partenariat gagnant-gagnant sur un pied d’égalité. Dans notre coopération avec les pays africains, nous voulons gagner ensemble, et avancer ensemble. La Turquie ne fut jamais colonisatrice et donc, ne compte pas parmi ceux qui pourraient avoir des envies de maintenir des vieilles habitudes coloniales mais avec des nouvelles méthodes. Au contraire, dans nos relations avec les pays africains, nous rejetons toute idée arrogante et dominante.
C’est naturellement dans ce cadre et inspiré de cette philosophie que nous œuvrons pour faire avancer nos relations avec la RDC. Quand je suis venu à Kinshasa, je soulignais sans cesse que je n’étais pas venu ici pour prêcher mais que je ferai mon travail de manière « sensible aux sensibilités congolaises ». Je crois que ceux qui m’ont suivi durant les deux années que je suis ici peuvent confirmer que j’ai tenu ma promesse.
Comme je l’ai souligné à maintes reprises, la Turquie veut accompagner la RDC dans sa quête pour arriver au stade de développement que mérite la nation congolaise. Mais bien entendu, la réalisation du potentiel représenté par ce désir dépend également de la volonté de la partie congolaise. En tant qu’Ambassade, nous avons fait savoir aux autorités congolaises la disponibilité de la Turquie pour coopérer dans toute une gamme de secteurs économiques allant du tourisme à la construction, de l’industrie et de l’énergie jusqu’à l’agriculture. Nous facilitons sans cesse les contacts entre les entreprises turques et congolaises en vue des accords mutuellement avantageux.
Tout comme nous représentons la Turquie en RDC, notre ambassade est aussi active pour dans la promotion de la RDC en Turquie, surtout auprès du secteur privé turc pour les encourager à venir investir et mener des affaires en RDC. Une grande partie de nos interlocuteurs turcs, sachant que nous avons signé 42 accords de coopération commerciale et économique, 30 accords d’encouragement et de protection mutuels des investissements, ainsi que tant d’autres accords de non-double imposition et de libre-échange avec les pays africains, nous demandent l’état de l’infrastructure juridique des relations économiques avec la RDC. Je leur réponds que nous avons des accords qui sont déjà paraphés en 2018 et que la RDC est bien au courant que la Turquie est prête à les signer. Ce n’est pas la réponse que je souhaiterai leur donner. Même si le nombre des sociétés turques qui viennent en RDC pour voir les possibilités augmente de jour en jour grâce en partie à nos efforts, je n’ai aucun doute que la signature de ces accords qui attendent depuis 2018 aura pour effet majeur d’encourager les entreprises turques à se diriger vers la RDC.
En fin de compte, il faut noter que, malgré le doublement enregistré depuis 2018, le volume de nos échanges annuels ne dépasse pas 100 millions de dollars. Ce chiffre ne constitue pas une fraction du potentiel de commerce entre la Turquie et la RDC. Nous avons la possibilité de multiplier ce chiffre d’affaires. Mais nous pouvons réaliser cette possibilité seulement si nous travaillons ensemble.
C’est pourquoi je me suis réjoui de la participation du Ministre de Commerce Congolais dans le « Forum Turco-africain- édition en ligne » qui a été organisé au début de ce mois. Sa présence au forum et ses contributions n’ont pas seulement été appréciés par tous les participants turcs et africains, mais ont aussi renforcé notre détermination à faire avancer nos relations économiques.
En parlant de des efforts pour raffermir les liens entre nos deux pays et nos nations, je me dois de mentionner deux joueurs qui me sont très chers. Il s’agit ben sûr de Turkish Airlines et de l’école Maarif de Kinshasa.
Avant l’avènement de la pandémie, le Turkish Airlines avait commencé à voler quotidiennement entre Istanbul et Kinshasa. Ils avaient en outre établi un nouvel itinéraire permettant de voyager de Kinshasa à Istanbul par vol direct, et avaient commencé à dédier des avions gros-porteur pour les trajets vers Kinshasa. Suite à une portée période de quasi-inactivité due à la fermeture des frontières dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus, le Turkish Airlines a repris ses vols vers Kinshasa sur les deux trajectoires d’auparavant. Je suis certain que la fréquence des vols rattrapera le niveau de la période pré-pandémie dans un futur proche. Je me permettrai de remercier le Turkish Airlines pour le vol spécial qu’ils ont effectué le 1er Juillet pour rapatrier près de 100 ressortissants congolais bloqués en Turquie et une quarantaine de nos concitoyens ici en RDC qui souhaitaient se rendre en Turquie.
Si Turkish Airlines nous pourvoit des ponts liant nos deux peuples, l’Ecole Maarif nous bâtit des ponts et des avenues pour un futur plus rapproché entre nos deux nations. Elle est une institution scolaire exemplaire. En tant que telle, elle est pour nous une source de fierté. Il ne fut, par conséquent point surprenant pour moi que les élèves de Maarif aient un taux de réussite de 100 pour cent aux Exetat de 2020 tout comme ce fut le cas l’année dernière. Ce genre de prouesse est obtenu grâce au travail dévoué de la direction et les cadres professeur de l’Ecole au profit de leurs élèves. Dès le début du confinement, l’Ecole avait démarré ses cours à distance par voie de vidéoconférence. Dans le cours des entretiens que nous avions conduits à l’Ambassade avec les candidats pour les bourses octroyées par le gouvernement Turc, chacun des candidats sans exception venant de l’école Maarif nous a impressionnés par la qualité de leur formation et par les performances. Nous les avons recommandés pour être sélectionnés comme boursiers avec la plus grande confiance et demeurons convaincu que leurs études en Turquie seront aussi couronnées de réussite avec l’ultime objectif de rentrer en RDC et de contribuer à l’avancement de leur patrie. L’Ecole Maarif donc constitue un investissement formidable pour renforcer l’avenir non seulement de nos relations mais aussi de la RDC elle-même.
Avant de conclure, je souhaiterai aborder deux questions d’actualité qui occupent une place très importante sur l’ordre du jour international.
Dans ce cadre, je vais premièrement traiter des récents affrontements dans la région du Haut-Karabagh entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie qui furent provoquées par une agression arménienne. Sur ce point, il est essentiel de bien cadrer les raisons sous-jacentes au conflit en se rappelant que le haut-Karabakh est un territoire azerbaïdjanais occupé par l’Arménie depuis près de trente ans. A l’époque les Arméniens ne s’étaient pas arrêtés après avoir occupé le Haut-Karabakh, mais avaient également occupé 20 pour cent des autres territoires entrainant à l’émergence d’un million de déplacés territoire d’un million des déplacés internes. Les Nations-Unies et l’OSCE ont adopté de nombreuses résolutions demandant de manière sans équivoque l’Arménie de se retirer des territoires qu’elle avait occupés.
Mais l’Arménie a depuis lors choisi d’ignorer ces appels, enfonçant toute la région dans une atmosphère d’instabilité et dans un risque perpétuel de conflagration. Il était clair dès le début que la seule solution à ce problème passait par la cessation de l’occupation arménienne illégale du Haute-Karabakh et des autres territoires azerbaïdjanais.
A bout de patience face aux provocations continues da la part d’Arménie, nous voyons cette fois l’Azerbaïdjan très déterminée à libérer ses territoires. Nous soutenons cette lutte légitime de l’Azerbaïdjan qui se déroule, et c’est important de le souligner, sur des territoires délimités par les frontières internationalement reconnues de l’Azerbaïdjan.
Nous appelons, par ailleurs, à tous les pays qui défendent la justice à soutenir l’Azerbaïdjan. Nous souhaitons voir nos amis congolais qui se sont toujours opposés résolument à la balkanisation et à l’occupation, soutenir l’Azerbaïdjan dans sa quête pour mettre fin à l’occupation arménienne de tous les territoires azerbaïdjanais.
Deuxièmement, je veux me prononcer brièvement sur les questions liées à la Méditerranée orientale qui font l’objet de tension depuis un certain temps. J’ai dit « brièvement » car un simple coup d’œil sur une carte de la région suffirait pour observer qu’il s’agit d’une question très claire et simple. L’exploitation des ressources maritimes dans les eaux internationales doit se faire de façon équitable parmi les pays limitrophes.
Une tentative de s’emparer des richesses de la Méditerranée orientale comme si la Turquie, qui possède le plus long littoral continental dans la région, n’existait pas du tout, n’est pas réaliste.
De même, une tentative de distribuer les ressources de la région tout en niant l’existence des Chypriotes turcs est simplement inacceptable. La Turquie ne permettra pas une telle violation de ses droits et celles des Chypriotes turcs. Ignorer la Turquie concernant l’exploitation des ressources naturelles de la région ne pourra s’expliquer ni par la raison, ni par le droit international.
Nous voulons régler ce différend par le biais d’un dialogue sincère fondé sur les principes du droit international entre les pays riverains de la Méditerranée orientale y compris les Chypriotes turcs.
Finalement, pour conclure sur une note positive, je veux vous rappeler que Monsieur Volkan Bozkir, ancien ambassadeur et ministre que je connais personnellement, assume depuis le mois dernier, les fonctions du président de la 75ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Nous sommes convaincus qu’il s’acquittera avec succès de cette éminente responsabilité et fournira le leadership politique nécessaire dont a besoin l’Assemblée générale des Nations Unies dans cette période pleine de défis. J’aimerais saisir cette occasion pour exprimer ma reconnaissance profonde pour le soutien précieux que la RDC a accordé à Monsieur Bozkir lors de son élection à cette haute fonction.
Je vous remercie.

 

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