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Un pouvoir, on doit le savoir, est toujours une succession à un autre. Celui-ci, pour autant qu'il dure, s'incruste dans les esprits devenant d'une manière ou d'une autre ce qu'il faut rejeter ou ce qu'il convient de pérenniser. Si on porte une certaine admiration voilée ou manifeste, on cède à sa fascination. On veut ainsi le reproduire sans cesse, on rêve chacun, selon la position qu'il nous promet d'occuper, de jouir de ses avantages.


Sortir de la dictature n'est pas une parole magique qui transforme toute la situation politique et sociale du jour au lendemain. Dans ce monde qui vibre au rythme de la démocratie succédant à une période de grandes dictatures en Afrique, l'idée démocratique se bute à plusieurs obstacles.
Embarqués dans l'exercice de l'opinion et mobilisés par elle, certains se targuent de démocrates bien qu'ils admirent les attributs du pouvoir dictatorial : la vénération et la possession excessive. Non seulement, il faut vivre comme le maître à l'instar de la dialectique matérialiste historique du maître et de l'esclave; non seulement il faut vivre comme le colon européen tel qu'en rêvait l'Africain à l'époque des indépendances, mais surtout faut posséder excessivement et inspirer vénération voire crainte.
Tous ceux qui s'engagent dans la lutte politique à l'époque post dictature savent que le pouvoir implique un enrichissement et une vénération. Ils savent également que la situation est encore favorable aux intérêts personnels et égoïstes dans le mépris de la volonté populaire; ils savent que l’Etat est complètement malade des coups de la dictature et ne reprendra pas ses forces de sitôt.
Aussi longtemps que l'institution régulatrice de passions, qui est l’Etat ne s'est pas encore remis de ses faiblesses dues à la force de la dictature, tout est encore permis aux nouveaux maîtres du pouvoir.
Ainsi, l'on assiste à une situation où tout change mais rien ne se transforme. Les dirigeants changent; ils amènent avec eux de nouveaux programmes intellectuellement bien conçus.
C'est toujours la même chose qui se reproduit, la même substance du pouvoir sous une autre apparence. Il y a toujours l'inexistence de la justice, l'impunité des maîtres, la misère de la population, l’enrichissement des détenteurs du pouvoir. Tel me semble l’immense chantier de la gouvernance du président Félix Antoine Tshisekedi depuis son accession au pouvoir : changer l’homme congolais.
Si cela est vrai du côté des dirigeants, de l'autre côté de la population, le vécu du pouvoir est paradoxal. Le peuple qui sort d'une dictature garde dans son esprit, une représentation dans le futur qui est difficile à effacer.
C'est ainsi que même sans le vouloir peut être, il veut la reproduire. Il y a rapidement une admiration de nouveaux maîtres qui se crée et qui vire à l'adoration à cause des vives promesses de ceux-ci, D'une manière ou d'une autre, le peuple revient au culte de ses dirigeants tel qu'à l'époque de la dictature.
C'est là qu’il faut dire au président de la République que dans les « nouvelles démocraties », les leaders politiques ne sont pas moins que des chefs traditionnels, coutumiers et j’estime que ceci ne pas son cas.
La représentation collective du pouvoir fixe encore solidement dans les esprits la symbolique du pouvoir traditionnel africain. Pendant que le peuple congolais a réservé un accueil triomphant au l’accession au pouvoir de FATSHI après son élection, comparable l'entrée de Jésus à Jérusalem.
Certains leaders politiques congolais plus malins et rusés, se réfugient dans les fausses théories au sujet de la vérité des urnes. C’est ainsi qu’on peut affirmer que le plus grand obstacle que la démocratie rencontre, c’est bien l’homme, lui-même, en tant que dirigeant et dirigé.
Les Congolais doivent savoir que dans un contexte post dictature, il est difficile d'oublier les attributs du pouvoir dictatorial : la vénération et l'enrichissement excessif des gens au pouvoir. La stratégie politique adoptée par le Président de la République depuis son élection jusqu’à ce jour, a permis au peuple congolais de retrouver la sensation démocratique de bienfaisance et ceci doit continuer ainsi.
La démocratie invite aujourd’hui à travers les initiatives du Président de la République qui s’est placé aux côtés des réalités du vécu congolais, a une participation collective, à la lutte pour la libération de l'homme et l'amélioration de la qualité de la vie déjà compromise par les mêmes esprits qui, pendant longtemps, ont préféré interpréter la « démocratie » « ndi-muakula-tie » (en tshiluba) liberté de la parole et d'action accordée à chacun, ni comme « ndi-amonga-kula-tie », l'union dans la parole et les actes pour engendrer le progrès, mais en fin de compte comme « di-mukila-tie », le «règne du plus malin ou du plus rusé».
Professeur Jean Kambayi Bwatshia
Directeur du Centre de Recherche sur les
Mentalités et l’Anthropologie Juridique «Eugemonia»

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