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Le procès en Appel de Vital Kamerhe reprend ce vendredi 7 août. Et, le Bâtonnier Pierre-Olivier Sur, son Avocat français, ne sera visiblement pas de la partie.

Sa demande de visas lui a été refusée vendredi dernier par l’ambassade de la République Démocratique du Congo en France. Il l’a annoncé par voie de presse dans une lettre adressée au Directeur de Cabinet du chef de l’Etat à qui il demande de le considérer comme l’un de ses « défenseurs officieux » qui, empêché de plaider, remuera ciel et terre, et l’opinion en particulier, pour le défendre.

Reçu par le chargé d’affaires de l’ambassade de RDC en France, ce dernier l’a signifié que mon visa a été refusé, « faute pour moi de pouvoir prouver qu’un accord bilatéral entre nos deux pays m’autoriserait à plaider à Kinshasa… »
Pour le Bâtonnier Pierre-Olivier Sur, «quand on prive un homme du droit de se défendre, ce sont ses accusateurs, ses juges, et leurs chefs qui sont dégradés et même déshonorés. Alors, quoiqu’il arrive désormais, votre procès n’en est plus un. Et peu importe l’arrêt qui sera rendu ».

Soulignons que la demande de liberté provisoire de Vital Kamerhe a été rejetée pour une nouvelle fois, lundi 27 juillet, par la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe siégeant en chambre de conseil. C’est par la suite de la dégradation de son état de santé que ses avocats avaient formulé, pour une prise en charge médicale appropriée, une demande légale de liberté provisoire en faveur de leur client. Les juges n’ont malheureusement pas pu accéder à cette requête.

En attente de son procès en Appel, Vital Kamerhe a reçu ces derniers jours, dans sa cellule de la prison centrale de Makala, quelques responsables politico-religieux notamment, l’Abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO ainsi Néhémie Mwilanya et Norbert Basengezi, deux membres et cadres du Front Commun pour le Congo. Inscrites dans le cadre du réconfort et de la compassion, ces visites suscitent tout de même plusieurs questions dans l’opinion.

Dans le procès dit de 100 jours’, le Directeur de Cabinet de Félix Tshisekedi avait écopé de 20 ans des travaux forcés pour détournement des deniers publics dans le programme d’urgence de 100 jours dans son volet infrastructures, plus précisément le projet contrusction des maisons préfabriquées. Il a été condamné avec M. Samih Jammal, Responsable de l’entreprise SAMIBO.

La Pros.

 

Paris, le 31 juillet 2020
COMMUNIQUE DE PRESSE
RDC - Affaire Vital Kamerhe : Refus de visa à son avocat français
Lettre du Bâtonnier Pierre-Olivier Sur à Vital Kamerhe, rendue publique avec l’accord de ce dernier

Excellence,
Cher Vital,
J’ai été reçu ce matin par le chargé d’affaires de l’ambassade de RDC en France.
Il m’a signifié solennellement, dans son grand bureau qui borde la Seine, que mon visa a été refusé, faute pour moi de pouvoir prouver qu’un accord bilatéral entre nos deux pays m’autoriserait à plaider à Kinshasa…
Je lui ai répondu par la « coutume internationale » qui fait que, dans les Etats d’Afrique de l’Ouest qui partagent avec la France une langue et une culture juridique commune, tout avocat d’un pays peut plaider dans un autre pays à condition qu’il soit accompagné d’un confrère inscrit sur place.
Et je lui ai demandé de s’en référer aux bâtonniers du Nord-Kivu et du-Sud Kivu, que j’avais reçus fraternellement pendant mon bâtonnat en 2015 à Paris, pour poursuivre cette coopération.
Mais peu importe le droit. Ici, c’est de non droit qu’il s’agit, et de chute vertigineuse - par la Justice - d’un très grand pays d’Afrique, que tant d’acquis, au prix de tant de combats, avaient honoré par de grands leaders au fil de la décolonisation. Mais aujourd’hui, ces leaders sont morts, puisque certains de leurs héritiers ont tourné le dos aux valeurs universelles qu’ils avaient portées.
Quand on prive un homme du droit de se défendre, ce sont ses accusateurs, ses juges, et leurs chefs qui sont dégradés et même déshonorés.
Alors, quoiqu’il arrive désormais, votre procès n’en est plus un. Et peu importe l’arrêt qui sera rendu.
A défaut d’adresser mes écritures à vos juges, puisqu’on me l’interdit, je transmets avec votre accord cette lettre à la presse.
Car, si je ne peux être votre « avocat plaidant », considérez-moi, à l’image de mes lointains confrères interdits d’exercer pendant la période de terreur en France, comme l’un de vos « défenseurs officieux » qui, empêché de plaider, remuera ciel et terre, et l’opinion en particulier, pour vous défendre.
Avec toute ma respectueuse amitié.
Bâtonnier Pierre-Olivier Sur

 

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