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Le Peuple Congolais va droit vers une catastrophe sociale, économique et sécuritaire, menaçant son existence même en tant que nation et Etat. Plus de 150 groupes armés ravagent le pays, sept contingents des armées étrangères occupent le territoire national.

Les provinces accusent des arriérés de plusieurs mois de rétrocession. Les fonctionnaires vivent la résurgence de la période cauchemardesque des années 1990 avec des rémunérations intermittentes. Le Franc Congolais continue sa chute vertigineuse au-delà de FC. 2000/1 USD. Cela rend la survie quasiment impossible en termes de paiement des loyers et de l’achat des produits de première nécessité. Cette situation est absolument analogue à celle du Mali, ayant poussé le peuple à aller massivement dans les rues pour faire pression sur le Président afin de trouver des solutions urgentes et adéquates. Or, en RDC, il y a pire. Le président n’a pas produit la légitimité de performance institutionnelle, érodant ainsi sa maigre légitimité électorale de 30% de votes.
Cette situation extrêmement périlleuse, susceptible de conduire à la désintégration du pays, ne semble pas convoquer une attention intense du Président Félix Tshisekedi. Il est plus préoccupé par les stratagèmes d’expansion de ses pouvoirs impériaux, avec des nominations politiciennes, irrespectueuses de l’Institution Gouvernement, et au-delà des prescriptions constitutionnelles du régime semi-présidentiel.
On capte son intention de monopoliser l’Etat pour servir des intérêts étrangers mercantilistes. Le Peuple d’abord se réduit à un credo d’hypnose politicienne. Les incantations du messianisme politique se sont évaporées en illusion àl’épreuve du pouvoir. On s’en est rendu amèrement compte après 18 mois : Il n’y avait rien de luminescent pour le changement de la RDC une fois aux manettes de l’Etat, dans cette lutte de 38 ans. La désillusion est totale.
Cette cogitation part des circonstances atténuantes relatives au noviciat en leadership d’Etat. Maintenant, donnons une seconde et dernière opportunité au Président F. Tshisekedi. Il lui est proposé les éléments d’un plan d’urgence du sauvetage du Peuple Congolais en danger en quatre points. Primo, l’obligation d’une évaluation impérative de tous les programmes présidentiels et gouvernementaux avec démonstration des résultats. Secundo, l’engagement à agir que dans le sens de la consolidation de l’unité nationale. Cela en commençant par lancer un conclave de cohésion nationale devant essentiellement tabler sur les principaux axes du plan national d’urgence pour le sauvetage social, économique et sécuritaire de la RDC. Tertio, la conception d’un méga projet d’un minimum de USD15-20 milliards à emprunter pour l’implémentation du plan d’urgence de la «réinvention multimodale» de la RDC. Et enfin, quarto, le lancement du projet du Congo hub de l’Agriculture, de l’industrie des bijoux or-diamants et des produits à base de lithium-niobium-nickel-chrome.
A cet égard, la thèse majeure est que le Président Félix Tshisekedi possède toutes les chances d’entrer dans l’histoire comme le père de la réindustrialisation de la RDC et de l’émergence d’ici 2028. S’il n’est pas capable d’actionner la matérialisation d’une telle ambition, avec amélioration des conditions de vie, d’ici décembre 2020, avec toutes les possibilités en ressources naturelles de la RDC, il devra rendre le tablier.
1. L’OBLIGATION DE L’EVALUATION DE TOUS LES PROGRAMMES PRESIDENTIELS ET GOUVERNEMENTAUX APRES 18 MOIS DE L’ALTERNANCE
Nous avions réalisé des avancées en démocratisation, en refondant l’Etat républicain, avec des règles de gouvernance rationnelle. Le candidat présidentiel Félix Tshisekedi, tout comme son parti, promettaient depuis plus de 38 ans d’apporter une gouvernance brillante et transparente de l’Etat. Or, après 18 mois à la tête de l’Etat, la présidence de la République a utilisé les fonds du trésor public pour implémenter plus de trois programmes pour lesquels le Chef de l’Etat ne rend compte à personne comme si on était dans un sultanat. En ce qui concerne le programme urgent présidentiel de 100 jours, son ancien directeur de cabinet l’Honorable Kamerhe a été jugé et condamnéà 20 ans de prison. Mais, la présidence où toute la mafiotisation de l’Etat s’est déroulée n’a rendu aucun compte.
Tout comme elle n’a pas procédé même à un audit managérial pour apporter des actions correctives et innovantes, pouvant permettre une meilleure fonctionnalité afin d’éviter le fiasco des maisons préfabriquées. Le PrésidentFélix Tshisekedi a ensuite, lancé un programme de «Réduction de la Pauvreté » au Lac de Ma Vallée.
Jusqu’aujourd’hui, les congolais ne savent pas à quel niveau la pauvreté a été rabotée.
Son dernier programme relatif à la réponse multisectorielle aux effets de Covid-19 est totalement dénué d’ambition de la réinvention de la RDC dans un élan même minimal de ce qui est accompli ailleurs.
Et pire, sur les 2 USD milliards budgétisés nul ne sait d’où proviendront ces fonds car le budget national lui-même est dégonflé de USD 11 milliards à USD 3 milliards. Ce programme est simplement un stratagème politicien pour donner une bonne conscience au président.
Par ailleurs, le Premier Ministre Ilunkamba et son gouvernement ont aussi l’obligation de procéder à cette évaluation publique à l’Assemblée Nationale, ministère par ministère, pour montrer au peuple ce qu’ils ont réalisé. La gouvernologie impose que dans l’Etat moderne démocratique, le Premier Ministre et son gouvernement procèdent à cette évaluation régulièrement, et à l’attention de la nation, en démontrant la matérialisation du Programme de Gouvernement. Cette évaluation est la marque la plus saillante de la gouvernance performante et transparente, qui est l’une des actions majeures de la consolidation de la démocratie.
A cet effet, il est d’une importance capitale pour le Parlement de faire preuve de rigueur dans sa fonction de contrôle du gouvernement en exigeant une évaluation de l’exécution du Programme de Gouvernement, qui est un exercice différent de la reddition des comptes.
Dans la même optique, l’Assemblée Nationale devrait aussi exiger l’audit de tous les services publics y inclus la Présidence de la République. L’Etat de Droit inclus aussi le droit des citoyens d’être informés de la performance des services publics, des institutions, dans le sens de la production de la valeur ajoutée méliorative des conditions existentielles et contributrice au progrès de la République.
2. L’ENGAGEMENT A ŒUVRER POUR L’UNITE NATIONALE ET LA COHESION SOCIOPOLITIQUE
Depuis 2001, des efforts colossaux ont été fournis par le Président Honoraire Joseph Kabila pour restaurer l’unité nationale. Afin de réaliser la cohésion sociopolitique, il a consenti des sacrifices énormes en acceptant de gouverner avec des anciens chefs rebelles, et ensuite avec des hauts cadres de l’UDPS qui jadis l’avaient couvert des invectives furibondes. Pour assurer la continuité de l’unité nationale et de la cohésion sociopolitique, le Président Honoraire Joseph Kabila s’est conforméà la Constitution.
Il a refusé de suivre ses collègues Africains ayant forcé leurs troisièmes mandats, tout en acceptant la victoire électorale d’un ancien leader de l’opposition radicale. Tous ces acquis de l’unité nationale et de la cohésion sociopolitique sont en train de s’effriter. Les ordonnances prises récemment ont exacerbé cette dégradation avec l’impression de l’hégémonie d’un groupe tribalo-politique sur les autres. Ces Ordonnances produisent des sentiments de marginalisation même au sein de l’armée et sont susceptibles de créer l’embrasement du pays.
A cet égard, le Président est appelé à opérer une élévation en leadership d’Etat afin d’être le Garant de la Nation comme le lui prescrit la Constitution.
Il doit donc fournir des efforts d’intelligence émotionnelle, de libération de l’allégeance tribalo-familiale et du dictat du militantisme.
Ainsi, lui est-il recommandé d’organiser un forum (quelle que soit son appellation) avec les principaux représentants des institutions, des partis représentés au parlement, les principaux leaders de l’opposition, des hommes d’affaires, des académiciens, des Eglises et de la société civile, dans une session de deux jours avec 100 personnes au maximum, pour la conciliation des vues sur le «Plan National de Sauvetage et de la Réinvention de la Nation » dans la phase post-Covid-19. Comme souligné ci-dessous, ce plan est républicain, à valider par les représentants de la nation toute entière, et envisageant des actions expansives sur tout le territoire national. Ce ne sera donc pas un programme concoctéà la présidence par sa task-force ou une clique – au modèle maisons préfabriquées.
Ce conclave permettra aussi de panser les plaies sociales inhérentes aux récents déchirements. Ce sera donc un forum de la conciliation des vues comme Union Congolaise, à l’instar de l’Union Européenne ayant lancé son plan de USD858 milliards, afin de réinventer le pays et impulser son émergence comme pays stable et prospère dans la traversée des turbulences de la Covid-19 et au-delà. Le président devra aussi prendre l’engagement solennel d’éviter tout schéma d’inspiration égotiste, tribale, partisane ou étrangère, susceptible d’exacerber les antagonismes tribalo-politiques et d’embraser le pays.
3. LE PLAN REPUBLICAIN DE LA REINVENTION DE LA RDC POST-COVID-19, L’EMPRUNT D’UN MINIMUM DE USD 15-20 MILLIARDS ET LA RDC HUB AGRICOLE ET INDUSTRIEL DE L’AFRIQUE.
Dans les années 2012-2014, la RDC ayant réalisé des performances économiques remarquables, avec un taux de croissance économique de plus de 9%, l’inflation à près de 1%, assorties d’un gain de 11 places sur le classement de l’IDH, les institutions et experts tant nationaux et internationaux avaient projeté l’émergence à 2030.
Aujourd’hui, à cause d’une gouvernance économique et macro-économique déficiente, les effets économiques mondiaux de la Covid-19 ont trouvé la RDC dans des déficits de trésorerie. Cela, sur fond des charges excessives de la présidence et des institutions hypertrophiques, avec un programme présidentiel de 100 jours ayant rogné les réserves en devises. Donc, notre situation socioéconomique ne peut pas être dite « normale à cause du choc exogène essentiellement inhérent à la Covid-19». Elle est amplifiée par la mauvaise gouvernance économique, macroéconomique et budgétaire antérieure.
N’eut été la rigueur et les tentatives d’orthodoxie impulsées par le Ministre des Finances (ayant permis de déceler la mafiotisation de l’Etat et le détournement dans le programme de 100 jours) la situation aurait été ultra-catastrophique.
Toute cette situation démontre que les données directrices de la planification stratégique effectuée depuis les années 2011-2014, notamment dans les principaux axes du Plan National Stratégique de Développement, doivent être révisées. Mais, il ne faut pas que cela soit l’œuvre du Président ou du Gouvernement seul : il faut un processus participatif, pragmatique, court, créant un consensus général sur les axes généraux d’un Plan National de Sauvetage Socioéconomique et sécuritaire à Court Terme et de la Réinvention Economique à moyen termeavec une prise sur le long terme arrimé aux projections du PNSD. Ce plan est NATIONAL et non présidentiel ou gouvernemental. C’est-à-dire que c’est un « plan-engagement » devant la nation de réaliser des actions de reconstruction accélérée et de développement, qui répondent avec robustesse et substance aux besoins sociaux et transforment la structure de l’économie. Cela, au regard des défis et potentiels mondiaux créés par les effets de la Covid-19.
Nous avons tous suivis tous les pays sérieux ayant des leaders nationaux clairvoyants, concevoir des plans ambitieux et innovants dans la perspective des effets socioéconomiques de la Covid-19. Récemment, les leaders de l’Union Européenne se sont réunis à Bruxelles et, après les divisions et antagonismes des premiers jours des débats, ils ont fini par se mettre d’accord pour emprunter sur le marché international $858 milliards afin de relancer l’économie européenne. Le conclave proposé ci-haut est une sorte de rencontre de «l’Union Congolaise» pour nous mettre d’accord sur un emprunt minimal de USD15-20 milliards remboursables dans 15 ans.
L’auteur possède déjà une note conceptuelle de ce plan, son paradigme rationalisant et ses affectations clés. Ces ressources encaissables par pallier de USD3 milliards d’ici décembre 2020, USD 4 milliards en 2021, USD 5 milliards en 2022 et USD 3 milliards en 2023, vont immanquablement permettre la réinvention économique de la RDC avec des infrastructures inégalées en Afrique Centrale. Notre dette qui est de près de 40% du PIB nous autorise une marge de manœuvre en empruntant USD 15 milliards. On ne dépassera pas 100% de PIB comme la plupart de pays Africains. Le Président Félix Tshisekedi a l’occasion historique d’entrer dans l’histoire comme le père de la réindustrialisation et de l’émergence de la RDC à partir de 2028. S’il applique les modalités proposées ici, il va être le leader de la reconstruction accélérée, de la relance modernisatrice de l’agriculture d’ici 2022 et de l’éclosion de l’industrie des produits en matières précieuses or-diamant (plusieurs raffineries et tailleries) et des produits stratégiques à base de lithium-niobium-nickel-chrome. Ces accomplissements pourront le faire élire en 2023, dans le cadre de la coalition FCC-CACH élargie à un opposant déterminant, pour céder la place au candidat du FCC en 2028.
CONCLUSION
LE PRESIDENT F.TSHISEKEDI DEVRAIT SE REINVENTER EN HOMME D’ETAT DEVELOPPEMENTAL ET SAUVER LA RDC OU S’AUTO EJECTER : DECEMBRE 2020 EST LA DATE BUTOIR
La situation décrite ci-haut est celle du mali. Nous ne pouvons pas accepter des tortures psychiques et intellectuelles des cauchemars des tensions et la dégénérescence socioéconomique. Le Président Félix Tshisekedi devrait faire preuve d’humilité, d’ouverture, d’intelligence politique consociative, pour consolider la cohésion nationale, lancer un plan national ambitieux de sauvetage et de la prospérité du peuple et de la République.
Si d’ici le 15 décembre 2020, rien de substantiel dans le sens des lignes maitresses proposées n’est entrepris et que le taux de change atteint la barre de FC.2500/1 USD, la nation doit recourir à l’article 44 de la Constitution.
Toute la société, Eglises, académiciens, société civile, partis politiques, nous devrions sortir dans les rues pour exiger qu’il rende le tablier. Autant il menace de dissoudre l’Assemblée Nationale, autant sur bases des preuves matérielles de sa violation récurrente de la constitution, et surtout au regard du «défaut d’exécution de sa part du contrat social » et des engagements électoraux, ayant érodé sa mince légitimité électorale de 30% de votes, une pétition peut être initiée selon l’article 27 de la Constitution. La RDC n’est pas une monarchie absolue ou un « mfumu » impose sa volonté à 82 millions d’habitants.
Rien n’est définitivement perdu. Le Président Félix Tshisekedi peut se réinventer et apporter sa contribution à la réinvention du Congo déjà enclenchée par son prédécesseur Joseph Kabila depuis 2001.
Kabasu Babu H.K
(Libre-penseur et Ecrivain)

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