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La coalition FCC-CACH dans son opérationnalisation artisanale aux contradictions-contractions, porte un ancrage politicien retardataire. Un paroissialisme-militantisme obsolète, sur fond d’une superficialité intellectuelle inhibitrice du progrès collectif. La sentence est radicale. Mais, elle est d’une véracité aussi intégrale.

L’effervescence du transfert civilisé du pouvoir s’est tassée. Les coalisés ont dévoilé leur auto-impuissancisation. Nos esprits sont fouettés par leur incapacité à rendre la coalition productive pour les mutations profondes et fulgurantes de la société. Des politiciens des décennies dans la majorité et dans l’opposition, des techno-intellectuels pétris d’expérience institutionnelle, des hauts cadres venus de la Diaspora, se sont embourbés dans l’impotence politique. En 18 mois, tous ont échoué de rendre la coalition FCC-CACH féconde pour le progrès collectif.
En face, une opposition exsangue, dénuée de leadership vibrant proposant des idées nouvelles. Une société civile démentiellement caporalisée et une classe ecclésiastique militantisée : toutes vassalisées par les forces exogènes et endogènes. Des professeurs mystificateurs et porteurs d’intelligence instrumentale. Certains plébéiens d’origine rurale sont devenus énigmatiquement les maitres de la société, nous imposant le terrorisme politique d’un monoïdéisme digne du MPR, Parti-Etat.
Des marches pseudo-démocratiques où se mélangent vandalisme et spectacle de striptease urinaire – par une femme ordonnée de se dénuder par un député national populiste. Tout cela dans une infécondité gouvernologique en termes de génie en statemanship imaginatif des schémas robustes de la production des richesses nouvelles pouvant protéger son peuple contre les effets dévastateurs de la Covid-19. Bref une société plongée dans le masochisme existentiel. Elle ne proteste pas. Au contraire, elle se délecte, les baves aux babines, léchant son propre sang dégoulinant dans sa cannibalisation par le pouvoir. Encore des morts pour rien : récurrence d’une ancienne nécropolitique oppositionnelle de plus de 38 ans. Des inepties politiciennes absolument inadmissibles 60 ans après l’Independence. C’est assez. On doit dire stop. Mettez fin à ce cirque qui nous ridiculise dans le monde.
Je suis d’accord avec le Président F.Tshisekedi : la coalition est « sauvable» et transformable pour le bien de toute la société. Mais, son énoncé propos reste ambigu et politicien. Comme archleader il devait éclairer comment transformer la coalition. Cette cogitation est une sorte d’exutoire de ma rébellion idéologico-intellectuelle (une insurrection ontologique, par extraction dans la «Révolte Métaphysique» de Guillaume Manjolo), face à ceux qui veulent nous faire croire qu’ils sont détenteurs des droits exclusifs sur le Congo. Mais, je ne suis pas d’un radicalisme intellectuel aveugle. Je propose les termes incontournables de la transformation de la coalition FCC-CACH en force de mutation sociétale, au-delà de son opérationnalité politicienne artisanale. A cet effet, la cogitation explore la quintessence de la coalition politique et les inepties politiques de la coalition FCC-CACH. Enfin, j’explique les actions d’opérationnalisation d’une coalition moderne et professionnelle, sur cinq strates de coagulation.
1. ORIGINE ET PRAXIS DE LA COALITION : DE LA FINALITE POLITICIENNE A L’ELEVATION GOUVERNOLOGIQUE
L’évolution des systèmes politiques depuis le début du 20e siècle indique que la pratique des coalitions est ancrée dans une norme théorique, avec une adéquation en praxis politique et institutionnelle. Force est de souligner que la pratique des coalitions, ayant émergé avec les systèmes de partis politiques, les élections et surtout la prédominance des régimes parlementaires, a été initialement gouvernologique. C’est-à-dire que les coalitions surtout en Europe sont nées de la nécessité de former la majorité parlementaire pour composer le gouvernement (Allemagne, Belgique). Ensuite, on a vu en Afrique des coalitions électorales montées pour créer une synergie des partis politiques et des organisations de la société civile, afin de remporter les élections (Afrique du Sud : «Tripartite alliance» ANC-SACP-COSATU ; Sénégal : Benno BokkYakkar ; Kenya : National Rainbow ; RDC : FCC, CACH). Dans les pays développés et les démocraties avancées (niveaux auxquels nous aspirons), la coalition électorale ou parlementaire conçue pour former le gouvernement s’élève au-delà de la mise en place de l’équipe exécutive pour créer l’unicité opérationnelle et programmatique en politiques publiques. Cela par synthèse des actions stratégiques et des projets concrets, à travers des structures communes. C’est en cela que des réformes majeures et actions mutationnelles se conçoivent dans les laboratoires de la coalition et s’implémentent concrètement pour le progrès collectif.
2. LES INEPTIES ET CONTRADICTIONS DE LA COALITION FCC-CACH
En RDC, la dénormativisation existentielle dans le domaine politique est une déficience prométhéenne quintessentielle. Les politiciens se donnent rarement la peine d’une réflexion approfondie sur l’idée lancée par l’archleader initiateur, pour en cerner les contours et les modalités d’opérationnalisation développementale. Ce fut le cas avec le Retour à l’Authenticité, la Révolution de la Modernité (tout un paradigme philosophique qui porte encore l’intégralité de sa validité théorique) et l’idée de l’Etat de Droit galvaudé. C’est ainsi que tous ces énoncés ont été pratiqués en déphasage avec la norme idéique et en inadéquation avec les modalités de matérialisation devant être dérivées de la logique et des implications éthiques des desdits énoncés des leaders. Toutes ces grandes idées ont été instrumentalisées politiquement, et donc avilies, sans apporter une valeur ajoutée substantielle à la société.
Cas de la coalition FCC-CACH : stagnation dans l’ancrage politicien du positionnement pour donner des postes ministériels aux affidés, caciques et courtisans. Inepties politiques : (1) vacuité idéologique et intellectuelle dans la rationalisation de la coalition ; (2) hiatus stratégique dans l’incapacité des politiciens d’agréger l’action institutionnelle ; (3) déficience développementale des élites de la coalition dans l’incapacité de créer un consensus autour de la synergie en gouvernance d’Etat ne fut-ce qu’à court et moyen terme. Conséquences : une république de vaudevillesque, la démocratie mutilée, la société traumatisée par des crises et tensions politiciennes. Etiolement des acquis de 2001 à 2018. Grave recule socioéconomique avec le FC ayant atteint 2.000/1$ (pourtant le Prof. Matata l’avait prédit en Mars 2020 !). Mais des gens parlent et agissent avec arrogance comme si le fait d’avoir des partis politiques et d’animer les institutions leur donne le droit de traiter 82 millions de Congolais dans «l’imbécilisation collective» – au sens du théologien et philosophe Congolais Ka-Mana.
3. UNE POLITOSCOPIE DES INEPTIES POLITIQUES DE LA COALITION FCC-CACH
Revenons sur les trois ordres des inepties politiques de la coalition FCC-CACH. Au plan de la vacuité idéologico-intellectuelle, la pratique baroque d’annoncer une coalition en cachant ses textes, en estimant que les citoyens n’ont pas le droit de comprendre la rationalité sur laquelle est fondée cette union, ses projets, son mode opératoire, ses finalités, s’est avérée contreproductive. Sans fondement idéologico-intellectuel précis et transparent, communiqué aux cadres et militants ainsi qu’à la société, il ne peut y avoir une opérationnalisation normative d’une organisation politique.
C’est pourquoi, le FCC-CACH apparait comme un «échafaudage situationniste» porteur d’absurdité politique et sociétale. C’est donc normal qu’elle tourne de manière totalement kafkaïenne, au gré des impulsions et reflexes paroissiaux de certains politiciens béotiens.
Force est de souligner que J.Kabila qui a initié cette coalition est porteur d’un «Esprit consociatif » d’essence «Ujamaa ». Mais, un Ujamaa dans une version pluraliste moderne, dont le principe républicain (vraiment au sens principiel de la vertu républicaine de Montesquieu) est l’amour du concitoyen et la synergie des forces et intelligences politiques. Un Esprit élevé, transcendant les différences, et les torrents d’invectives cruelles subies pendant 18 ans, pour le bien de la collectivité. Hélas, l’Esprit consociatif de J.Kabila n’est même pas compris par beaucoup d’apparatchiks de sa propre famille politique ! C’est pourquoi le FCC est aussi le foyer des contradictions et incohérences productrices des trépidations dans le champ politique.
A l’UDPS, on a considéré la coalition comme instrument d’accès aux postes ministériels qui aurait été impossibles à obtenir dans la cohabitation – question d’assoir les tentacules politiques pour neutraliser les partenaires. Logiquement et éthiquement, il est aberrant d’être dans une coalition et, sans avoir déclaré officiellement d’y avoir mis fin, de continuer à considérer les partenaires comme l’incarnation irréversible du mal et donc des acteurs politiques à anéantir. Il faut avoir la verticalité intellectuelle et la vaillance politique de mettre finà la coalition si on est convaincu qu’il y a incompatibilité incurable. Ou alors on reste en fournissant l’effort humain de modestie et l’ouverture d’Esprit pour taire des pulsions et intérêts politiciens, afin de faire fonctionner ladite coalition en conformité avec son «énoncé idéique».
Affirmer simplement qu’elle est nécessaire est trop superficiel et ambigu. Dans la fausse conscience politicienne (au sens des penseurs de l’Ecole de Frankfurt), avec un entendement politicien retardataire, on a galvaudé la coalition. Et la société en pâtit gravement aujourd’hui. Cela dans la délectation d’une illusion de puissance de certains politiciens égotistes (Oh ! Quand la République est régentée par des politiciens plébéiens et certains universitaires iconoclastes).
Concernant l’incapacité d’agréger l’action institutionnelle, il est absolument contraire à la norme et la praxis de «l’énoncé idéique coalition » de voir l’archleader d’une composante majeure de ladite coalition projeter la dissolution d’une Assemblée Nationale dans laquelle sa propre force politique est partie prenante, sans éclairer une cause rationnelle conforme à la « normativité constitutionnelle ». Tout cela pour chercher à former une autre majorité à instrumentaliser selon la volonté d’une présidence aux propensions impériales et aussi pour répondre aux reflexes paroissiaux-hégémoniques de l’UDPS. L’incapacité d’agrégation de l’action institutionnelle, en total disjonction avec la normativité idéique et praxéologique de «l’énoncé idéique coalition» c’est aussi des députés du FCC qui un beau matin introduisent une proposition de lois, sans que leurs partenaires de la majorité parlementaire soient au courant ou que cela ait été discuté dans les instances de ladite coalition.
C’est une ineptie politique.
C’est encore une indigence idéico-praxéologique pour les cadres d’un parti politique, barbotant dans la chimère de l’omnipuissance, d’organiser une marche en violation flagrante de la loi sur l’état d’urgence, en vandalisant les biens privés de manière systématisée (avec préméditation), de faire uriner des femmes sur la voie publique, de causer des morts inutilement. Et dans tout ça, avec un Chef de l’Etat qui déclare en Conseil des Ministres (transformé ces jours en matinée politique où le président harangue les ministres sur ses sentiments et opinions politiques au lieu de dénouer des projets brillants) qu’il comprend cette barbarie.
Pourtant, il devait la condamner dans les termes les plus fermes.
Et puis, au plan développemental et gouvernologique (…entre nous soit-dit avec amour et un minimum de verticalité intellectuelle), sœurs et frères «fcccachiens» la coalition moderne ça se crée pour gouverner : formuler des objectifs avec consensus, sélectionner les actions avec pragmatisme, concevoir-matérialiser-évaluer les projets en intelligence synergétique. C’est en cela que la coalition contribue au progrès de la collectivité. En RDC, le président de la République membre d’une coalition lance des programmes à lui (concocté par son Dircab dans un schéma de la mafiotisation de l’Etat), et autres programmes de réduction de la pauvreté et de la réponse aux effets de la Covid-19, en solo, sans une implication substantielle ni de son gouvernement, ni de son partenaire de la coalition. Dénormativisation politique intégrale.
CONCLUSION
LA COALITION EST «SAUVABLE» PAR UNE ACTION SUBSTANTIELLE COAGULATRICE SUR CINQ STRATES
La coalition FCC-CACH est sauvable sur cinq strates coagulatrices. La première strate de coagulation est idéologico-intellectuelle. Les deux archleaders F.Tshisekedi et J.Kabila ont le devoir d’instruire leurs cadres gérant cette coalition de l’extraire de sa pratique artisanale. Il faut rendre la coalition plus professionnelle (siteweb, brochure d’information, desk et système d’information fiable) en articulant formellement sa rationalité (fondement politique, valeur ajoutée pour la société et la nation), en la rendant transparente, la communiquant aux cadres, militants et aux citoyens.
La société doit avoir un entendement clair de cette coalition pour en surveiller le fonctionnement. La deuxième strate de coagulation est stratégique : le FCC et le CACH ont le devoir de définir les objectifs politiques, institutionnels et programmatiques précis à court terme (à moyen terme et à long terme s’il y a accord sur une collaboration dans cette durée). La troisième strate de coagulation est institutionnelle : toutes les initiatives au gouvernement ou au parlement devront être discutées au sommet et dans l’organe de coordination, avant d’être actionnées au niveau institutionnel.
La quatrième strate de coagulation est au niveau gouvernologique et développemental : il est indispensable de se mettre d’accord sur des projets structurants et propulseurs, à matérialiser pour accélérer la navigation de la RDC vers l’émergence. La cinquième strate de coagulation est comportementale et communicationnelle : les deux parties doivent définir un code de conduite rigoureux et une modalité unifiée ferme de communication organisée et cordonnée. Des pseudo-communicateurs politiques folkloriques sèment la confusion et la dissension.
En définitive, la transformation de la coalition FCC-CACH est possible si ses archleaders, ses animateurs, réalisent et adoptent leur fonction de leaders transformationnels. Ils devraient éclairer leurs cadres, militants et la société sur les normes existentielles dont l’adéquation et la pratique amèneront vers la réalisation du Rêve du Grand Congo.
Comme dans le miracle des Tigres Asiatiques, c’est la synergie des élites politiques passionnées et focalisées sur le développement qui a produit leurs exploits.
Historiquement, la coalition FCC-CACH porte le potentiel de fédérer le plus grand nombre des élites politiques qui, dans l’intelligence synergétique, peuvent être les catalyseurs de la réalisation de ce rêve du Congo Etoile Brillante au cœur de l’Afrique. Ces élites peuvent même s’accorder solidement dans une vision commune pour présenter un candidat président en 2023 et alterner en 2028.

 

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