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La Chine mettra effectivement en œuvre l’initiative du G20 sur la suspension du service de la dette pour les plus pauvres. Le pays de Mao reste disposée à engager des consultations d’égal à égal amicales pour accroître son soutien aux pays africains durement touchés par l’impact de la Covid -19.

Dans une déclaration conjointe signée, au terme du Sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre COVID-19, le 17 juin 2020, Pékin a accordé une grande importance aux préoccupations des pays africains sur la question de la dette. A Kinshasa, l’Ambassadeur Chinois ZHU Jing a réaffirmé cet engagement au cours d’une interview accordée à la presse congolaise et a expliqué avec lucidité les enjeux de ce premier Sommet de qui consiste à renforcer les liens de coopération entre l’Afrique et la Chine continentale.
Entretien :
Quel sens peut-on attribuer au Sommet extraordinaire Chine - Afrique sur la solidarité contre la COVID-19 tenu dans un contexte où certains pays sont en déconfinement et d'autres encore en confinement ?
ZHU Jing : Le Sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre la Covid-19 est la première rencontre collective au niveau des Chefs d’Etats et de gouvernements entre la Chine et l’Afrique depuis l’apparition de la COVID-19. Le Sommet a eu lieu à un moment clé de la lutte mondiale contre la pandémie Covid-19. D’abord, la Pandémie a touché plus de 8,5 millions de personnes et plus de 450.000 décès. Cette maladie dévastatrice continue de se propager dans le monde avec notamment, une accélération sur le continent africain, faisant plus de 290.000 cas confirmés et près de 8.000 décès. Deuxièmement, des pays ayant réussi à mettre sous contrôle l’épidémie commencent à se déconfiner et s’engagent dans la reprise des activités économiques et sociales, mais toujours face au risque de rebondissement épidémique.
Troisièmement, les impacts de la pandémie sur l’économie mondiale sont de plus en plus manifestants. Certains pays notamment, en Afrique, souffrent des difficultés majeures. Il est donc impératif de renforcer davantage la solidarité et la coopération internationale, et prioritairement en faveur de l’Afrique. D’où, l’initiative conjointe de la Chine, de l’Afrique du Sud assurant la présidence de l’Union Africaine, et du Sénégal en tant que président en exercice du Forum de Coopération Chine-Afrique (FCSA) d’organiser ce sommet. La Chine et l’Afrique ont joué ensemble le rôle de pionnier de coopération internationale dans la riposte mondiale contre la pandémie Covid-19, et renforcé la solidarité fraternelle sino-africaine. Face au virus, le partenariat de coopération globale et stratégique sino-africain se montre plus résiliant et plus dynamique. Les peuples chinois et africains sont plus proches que jamais. La communauté d’avenir partagé sino-africain s’est approfondie.
Concrètement, quels sont les acquis les plus importants de ce sommet extraordinaire ?
ZHU Jing: Les dirigeants participant au Sommet ont mené des discussions pratiques et efficaces, dans une atmosphère très amicale. Ils sont parvenus à de larges consensus qui se résument en trois points. D’abord, renforcer les actions conjointes sino-africaines dans la riposte contre la COVID-19 et construire ensemble une communauté de santé. La Chine continuera la mise en œuvre des mesures annoncées par le président XI Jinping à la 73èmeAssemblée mondiale de la Santé en faveur de l’Afrique. La fourniture de matériels et l’envoi de groupes d’experts médicaux aux pays africains se poursuivront, avec des mesures de facilitation aux derniers pour leur commande en Chine de produit sanitaire et pharmaceutique. La Chine décide de démarrer en avance les travaux du siège du CDC africain d’ici la fin de l’année 2020, et travaillera avec l'Afrique pour mettre effectivement en œuvre l'initiative pour la santé dans le cadre du FCSA, accélérer la construction des hôpitaux d'amitié Chine-Afrique et favoriser les partenariats entre hôpitaux chinois et africains. Elle s'engage aussi à donner aux pays africains un accès prioritaire au vaccin lorsqu'il sera développé et déployé. En ce qui concerne la dette, ‘‘la Chine est prête, dans le cadre du FCSA, à annuler les prêts sans intérêt arrivant à échéance fin 2020 des pays africains” concernés, et à travailler ensemble avec la communauté internationale pour accroître le soutien aux pays africains par l’allongement du délai de remboursement de leur dette. Deuxièmement, renforcer la solidarité sino-africaine et continuer à se soutenir mutuellement sur les questions liées à nos intérêts vitaux et préoccupations majeures. La Chine soutient la mise en œuvre par l’Afrique de l’initiative “ Faire taire les armes en Afrique”, réclame une levée rapide des sanctions économiques contre le Zimbabwe et le Soudan, et s’oppose à toute ingérence extérieure dans les affaires intérieures africaines. L’Afrique appuie la position de la Chine sur les questions concernant Taiwan et Hong Kong, ainsi que les efforts de la Chine visant à préserver la sécurité nationale à Hong Kong en vertu de la loi. Troisièmement, poursuivre fermement le multilatéralisme. Il convient de préserver le système de gouvernance mondiale centré sur les Nations Unis et de soutenir le rôle joué par l’OMS dans la riposte contre la COVID-19. La Chine et l’Afrique réaffirment leur opposition face à la politisation de l’épidémie, à l’étiquetage du virus et à la discrimination raciale et au préjugé idéologique. Comme le président XI Jinping a souligné dans son allocution au Sommet, le consensus susmentionné fait preuve de la détermination des pays africains et de la Chine à relever ensemble le défi de Covid-19, et montre la bonne direction et la feuille de route pour la coopération sino-africaine.
Pourquoi ce sommet n'a pas concerné tous les pays africains?
ZHU Jing : Le Sommet a eu lieu en mode visioconférence. Techniquement, il n’est pas encore possible de réunir tous les dirigeants du continent. Mais, il ne s’agit pas d’un cercle restreint. Puisque toute l’Afrique y est concernée. D’abord, parmi les participants au sommet, on trouve des membres de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) et les présidents tournants des principales organisations sous-régionales de l’Afrique, telles que la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), la Communauté de développement d’Afrique australe (CDAA) , ainsi que le président du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et de la Commission de l’UA. Ceci assure une large représentation du continent en termes de participation. Le Secrétaire Général des Nations Unies et le Directeur Général de l’OMS étaient aussi présents au sommet comme invités spéciaux. Ensuite, les résultats du sommet sont voués à être mis en œuvre à l’échelle du continent africain. Tous les pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine y participeront et en seront bénéficiaires.
Croyez-vous que les mesures annoncées par le président Xi Jinping sont-elles réalisables au moment où la crise sanitaire a impacté de manière significative l’économie mondiale ?
ZHU Jing : La Chine est un pays qui tient la parole. Elle ne signe jamais de chèque en blanc. Nous sommes prêts, dès maintenant, à se mettre en action, avec les partenaires africains, pour concrétiser les acquis du sommet par le biais du mécanisme bilatéral et multilatéral. La crise que nous traversons est globale. Pour s’en sortir, il faut une vision globale et des mesures au-delà du domaine sanitaire. Le président Xi Jinping a, dans son allocution, appelé à renforcer la coopération dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route» et accélérer la mise en œuvre des acquis du Sommet de Beijing du Forum sur la Coopération Chine-Afrique, en mettant davantage l'accent sur la santé, la reprise des activités et l'amélioration du bien-être de la population. Il a également réaffirmé le soutien de la Chine dans la construction de la zone de libre-échange africaine, au renforcement de la connectivité et à l’amélioration des chaînes industrielles et d'approvisionnement sur le continent africain. La Chine est prête à œuvrer avec l'Afrique pour élargir la coopération dans l'économie numérique, la ville intelligente, l'énergie propre, la 5G et d'autres nouvelles formes d'activité, de sorte à contribuer au développement et à l'émergence de l'Afrique.
Quelle a été la place de la RDC dans ce sommet ?
ZHU Jing : La République démocratique du Congo est partenaire stratégique de la Chine en Afrique et occupe une place importante dans la coopération sino-africaine. En tant que le 1er Vice-président de l’UA, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a donné une grande contribution à la réussite du Sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre COVID-19. Malgré les difficultés causées par la pandémie, la coopération sino-congolaise continue de marquer du progrès concret, que ce soit sur le chantier du Centre culturel et artistique de l’Afrique centrale à Kinshasa, ou dans la réalisation de projets d’investissement minier, sans parler de notre coopération sanitaire exemplaire. Avec la reprise des activités économiques en Chine, on observe une remontée du prix de produits miniers et une augmentation d’exportations de cuivre vers la Chine, ce qui est une bonne nouvelle pour la RDC.
Comment se présente la situation de la pandémie en Chine, où on apprend une 2ème vague de contagions à Pékin ?
ZHU Jing : Globalement, la situation épidémiologique reste sous contrôle en Chine. Mais nous continuons de recenser des cas venus de l’étranger qui totalise jusqu’au 21 juin 1.876 cas. En même temps, le risque de rebondissement des cas locaux est élevé avec l’apparition d’un nouveau foyer à Beijing. Les autorités locales ont réagi très vite avec la mise en place des mesures strictes de prévention et de contrôle qui sont en train de prendre effet. Selon l’épidémiologiste en chef du Centre de prévention et de contrôle épidémique de Beijing, on a réussi à contrôler la situation. Mais on reste hautement vigilant, avec le dépistage massif et le confinement des quartiers à haut risque. Tout est fait pour éviter une deuxième vague.
Qu’en est-il de la situation actuelle des étudiants congolais ?
ZHU Jing : D’après des données statistiques préliminaires, il y a 136 étudiants congolais à Beijing. Ils sont tous sains et saufs.
Quelles perspectives pour la coopération sino-congolaise dans le domaine sanitaire, après le coronavirus?
ZHU Jing : La Chine et la RDC sont partenaires naturels dans la riposte contre les maladies infectieuses. Chacun d’entre nous dispose de riches expériences en la matière et la coopération était fructueuse. La lutte contre la pandémie COVID-19 nous offre une occasion de pousser notre coopération sanitaire à un niveau plus élevé. Je pense d’abord à la construction et l’amélioration des infrastructures sanitaires. La mise en service de l’Hôpital Général de référence du Haut-Katanga à Lubumbashi en est une des priorités. Ensuite, la Chine est prête à travailler davantage avec la RDC dans la formation professionnelle et les échanges des personnels soignants. Sur ce point, la Mission médicale chinoise en RDC pourra jouer un rôle positif. En plus, notre coopération devrait s’élargir dans le domaine de la recherche scientifique et dans la promotion des médecines traditionnelles.

Propos retransmis par Jordache Diala

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