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*A deux reprises, le Chef de l’Etat, le Président de la République, Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, s’est adressé à la Nation Congolaise en prenant un train de décisions susceptibles de lutter efficacement contre la pandémie mondiale de Coronavirus qui endeuille le monde avec sa cohorte de plusieurs milliers de décès, déborde pratiquement toute l’organisation des structures sanitaires même dans les pays industrialisés et inexorablement plonge le Monde en récession économique et financière.

Les décisions prises par le Chef de l’Etat congolais sont appréciées et ont reçu un écho favorable de la population.
Il a fallu donc impérativement que la mise en œuvre de ces décisions présidentielles soit traduite par des mesures d’accompagnement qui puissent concrétiser dans les faits, la vision du Chef de l’Etat. Le Gouvernement de la République au niveau du Pays et l’Hôtel de ville de Kinshasa qui est l’épicentre même de la pandémie doivent prendre rapidement des mesures d’accompagnement. Le Monde du travail Congolais apprécie certaines mesures déjà prises telles que la gratuité de l’accès à l’eau et à l’électricité pendant cette période, la réduction du personnel dans les entreprises pour ne laisser opérationnel que le personnel essentiel au moment où les autres sont en confinement et cela sans conséquences néfastes dans leurs situations administrative et salariale, la suspension de l’impôt professionnel sur le revenu dans l’Administration publique…
Toutefois, le Professeur LOHEKELE KALONDA André, Président National, après une concertation approfondie avec les membres du Bureau de Coordination de la Société civile Monde du Travail, SCIMOTRA, relève quelques failles dans les dispositifs en cours et émet un certain nombre de propositions auprès des Autorités compétentes pour renforcer l’efficacité des décisions présidentielles et des mesures d’accompagnement qui se prennent soit au niveau du Gouvernement, soit au niveau de l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Ces propositions sont résumées dans les points suivants :
- A ce stade de la pandémie, les efforts devraient être plus orientés vers la prévention en limitant la chaine de contamination. A cet effet, les ressources humaines, logistiques et financières doivent être orientées vers cette optique en évitant des approches superficielles et budgétivores de sensibilisation qui ne touchent pas toutes les couches de la population sur la gravité de la maladie ainsi que les mesures de prévention ; en impliquant tous les acteurs de terrain dont la société civile et les services d’hygiène pour une sensibilisation efficace surtout dans les quartiers populaires vivant en promiscuité sans infrastructures viables.
- Pour une lutte efficace contre cette pandémie, le travail du Secrétariat technique coordonné par le Dr MUYEMBE doit être appuyé par les Ministères qui ont une incidence significative dans cette étape et par l’Hôtel de ville ; c’est donc une lutte multisectorielle où chaque responsable doit donner le meilleur de lui-même en rassurant la population et les entreprises.
- Le Ministère de la santé doit mobiliser les Zones de santé à travers les 24 Communes de la Ville de Kinshasa en renforçant leur capacité de travail, équipements appropriés pour tous les centres et cabinets médicaux, publics et privés de chaque Zone de santé afin de permettre à ces centres hospitaliers à la base de détecter la température et de canaliser les cas suspects vers les Cliniques universitaires de Kinshasa, la Clinique NGALIEMA et le Centre VIJANA, l’Hôpital saint Joseph, l’Hôpital sino-Congolaise de N’djili et l’Hôpital Général de référence de Kinkole. Les Bureaux de Zones de santé seuls ne sauront pas y faire face en cas du débordement de la pandémie ; il faut donc associer tous les centres de santé et cabinets médicaux dans chaque Zone de santé. Le système de soins de santé en RDC étant composé en grande proportion des institutions privées, toute politique visant la lutte contre cette pandémie nécessite l’intégration des acteurs privés qui ont une large couverture à travers tous les coins de la capitale. Les personnels soignants de ces centres hospitaliers doivent tous recevoir de l’Etat les équipements de protection nécessaires et de détection de chaleur humaine. Ainsi les Zones de santé et leurs centres hospitaliers se constitueront des auxiliaires indispensables au Secrétariat technique qui est à l’avant-garde de cette lutte contre la pandémie. Ces dispositions pratiques doivent être prises maintenant et il ne faudrait pas attendre que des cas de contagion se multiplient pour venir travailler sous tension et dans la pagaille.
- Le Ministère de l’Economie nationale doit nécessairement jouer son rôle en évitant le stress et la panique au sein de la population de Kinshasa tel que cela a été perceptible le vendredi 27/03/2020 à l’annonce du confinement total par le Gouverneur de la Ville Province de Kinshasa. Ce Ministère doit impérativement travailler pour la stabilisation des prix de denrées de première nécessité en s’assurant aussi du ravitaillement suffisant de ces produits de première nécessité en cette période du confinement. En principe, ce travail devrait se faire en amont aux décisions de confinement et autres pour rassurer la population. Jusque-là le travail du Ministère de l’économie nationale est pratiquement en veilleuse et la population s’en inquiète.
- Le financement de soins de santé en RDC étant en charge essentiellement des privés, cette situation devrait favoriser la réflexion rapide d’un mécanisme de couverture universelle et un financement national des soins de santé telle que prôné par le Président de la République en lieu et place de tendre la main vers l’extérieur qui est également en pleine crise sanitaire. Il est dommage que même les masques de protection soient importés de l’extérieur.
- Le Gouvernement dans son ensemble doit rassurer et protéger l’ensemble de la population Congolaise, les demi-mesures qui consistent chaque fois à privilégier une frange de la population donnée en laissant les autres sont de nature à saper la cohésion nationale et consacrent des injustices sociales inadmissibles ; la suspension de l’IPR au sein de l’Administration publique aurait dû s’étendre également pour le Portefeuille de l’Etat et même dans le secteur privé pour la même période. Tous les travailleurs congolais ont droit aux mêmes avantages quel que soit le secteur où ils œuvrent. Des mesures concrètes doivent être prises pour soutenir substantiellement le secteur privé car le secteur privé va faire face à une situation catastrophique du point de vue rentabilité de ses activités.
- Le Ministère en charge de la recherche scientifique doit être en ébullition pour mobiliser les différents spécialistes et scientifiques afin d’explorer des pistes efficaces de lutte contre la pandémie à partir des ressources naturelles de notre patrimoine national. Une jonction est nécessaire entre les scientifiques et les tradi-praticiens de notre pays en matière d’échanges d’expériences. Les feuilles, les racines, les fruits, et les écorces ainsi que les herbes qui foisonnent dans notre biodiversité sont à même de stopper si pas éradiquer la pandémie. Nos spécialistes et scientifiques qui sont d’ailleurs de grande notoriété ont du mal à réunir leur réflexion à partir de notre patrimoine national et se complaisent souvent à suivre le pas de leurs homologues d’ailleurs alors que l’élite médicale de chaque pays s’emploie actuellement à présenter au Monde son apport dans l’éradication de cette pandémie. Le Japon, la Chine, la France, l’Egypte, le Sénégal, et même les Etats Unis d’Amérique mobilisent leurs chercheurs dans ce sens. Tout en acceptant volontiers et en utilisant la réussite des autres en la Chloroquine, nos chercheurs en la matière ne doivent pas avoir de l’aversion pour l’exploitation de notre biodiversité naturelle et spécifique. Le fait que plusieurs de nos compatriotes en Europe se guérissent du Coronavirus à partir de nos feuilles et herbes du Congo est un indice non négligeable.
- Au Ministère du transport, il ne suffit pas de règlementer l’occupation des sièges dans les véhicules mais il faut également et surtout aseptiser chaque véhicule de transport en commun enfin d’éviter que ces taxi, taxi-bus et bus ne soient le refuge et le foyer de propagation du virus dans les différents compartiments de ces véhicules.
- Le Ministère de l’Intérieur a la lourde charge d’imposer la discipline au sein de la population pour que celle-ci respecte scrupuleusement les décisions et les mesures prises par les Autorités compétentes. Les Force de l’ordre tout en étant pédagogue auprès de la population doit être capable d’imposer la discipline et non trouver une opportunité de se remplir les poches. Les pays qui ont su endiguer efficacement ce virus ont fait preuve d’une discipline implacable ; le cas de la Chine et autres pays asiatiques nous renseigne. Si en Occident la pandémie fait plus de ravage, c’est parce que les populations au départ ont fait preuve d’un certain libertinage au départ face aux mesures gouvernementales.
- L’Hôtel de ville a du pain sur la planche ; c’est pourquoi il doit mûrir les mesures à prendre pour ne pas ajouter la cacophonie à la panique. Ces mesures pratiques doivent être prises en concertation avec les Hautes Autorités nationales et le Secrétariat technique. La cacophonie observée le vendredi dernier a causé plus de tort de bien. En masse compacte sans tenir compte de la distanciation, les habitants de Kinshasa se sont précipités dans les marchés de fortunes, donnant aux vendeurs l’occasion d’augmenter les prix anormalement. Toute mesure visant la mise en quarantaine généralisée de la ville de Kinshasa devrait préalablement être soumise à une étude sans complaisance sur l’impact et la faisabilité d’un confinement total.
- Le Gouvernement doit chaque fois éviter de prendre des mesures discriminatoires qui divisent les congolais: en matière salariale par exemple dans le cadre de l’exécution du Budget de l’Etat, un effort louable est fourni pour la paie des fonctionnaires mais les travailleurs des Etablissements publics qui sont payés du Budget annexe relevant des ex-BPO conformément aux Accords avec les partenaires en développement, sont payés difficilement accusant plusieurs mois de retard ; le cas de la RVF est dramatique. Les Ministères du Budget et des Finances sont interpelés surtout en cette période où la cohésion nationale et la paix sociale sont indispensables pour bouter dehors cette pandémie.
En somme, l’état d’urgence décrété par le Président de la République doit être expliqué au niveau de toutes les couches de la population et que l’implication de tous les acteurs institutionnels et non institutionnels par une coordination efficace dans un élan patriotique permettra à coup sûr de vaincre cette pandémie aux conséquences néfastes pour notre économie encore fragile. La course contre la montre étant engagée.
Kinshasa, le 28 mars 2020
Prof. André Lohelekele Kalonda
Président National de la Société civile Monde du Travail

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