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«Dans ce registre politique, je ne peux m’empêcher de rappeler que la désignation du Porte-parole de l’opposition est une question pleinement parlementaire. Car, ce sont les Députés et Sénateurs, membres de l’opposition, qui doivent désigner celui qui doit les représenter.

J’invite donc les différents compatriotes concernés à mettre tout en œuvre pour que l’article 8 de la Constitution produise pleinement ses effets. Et nous aurons, en ce moment-là, un interlocuteur, je dirai plutôt un contradicteur attitré. Notre démocratie en gagnera», a déclaré le Président de la République, Félix Tshisekedi, devant les Députés et Sénateurs réunis en Congrès, le vendredi 13 décembre 2019.
A quelques jours de la commémoration de l’an 1 des élections combinées du 30 décembre 2018, l’arène politique congolaise est de nouveau en ébullition. La saga politique a repris ses droits. Le bal a commencé par le discours-fleuve sur l’état de la nation prononcé par le Chef de l’Etat, le tout premier de sa mandature, face aux élus du peuple. Le fils politique et biologique d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, d’heureuse mémoire, tient mordicus à donner une belle leçon de démocratie en tendant la main à ses «frères de l’opposition», qui se retrouvent au sein de la Coalition Lamuka, dont les critiques constructives lui seront toujours utiles pour permettre de réajuster son action politique en faveur du peuple. Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pense déjà au bilan qu’il devra présenter aux Congolais en 2023.

Cependant, dans le camp adverse, la bataille de leadership ne fait qu’annoncer ses couleurs. Mardi 17 décembre 2019, Moïse Katumbi Chapwe veut réformer ses troupes. Car, celui-ci, qui reconnaît de facto la présidence de Félix Tshisekedi, est arrivé à la conclusion que les Congolais ont totalement perdu confiance dans leur classe dirigeante et veulent la vraie rupture. Ce ténor de Lamuka décide de la création d’un grand parti politique à l’échelle nationale qui, ipso facto, signera l’acte de décès de sa plateforme politique «Ensemble pour le Changement». A l’ouverture des assises de Lofoi dans le Haut-Katanga, il a exhorté ses compagnons de lutte en ces termes : «Nous sommes ici, parce que nous avons décidé de transformer ensemble la société congolaise, de garantir à nos concitoyens plus de liberté, plus de justice, plus de solidarité, plus de bonheur ! Nous n’arriverons à cette transformation que si nous créons un parti national, ouvert, moderne, et réformateur». Cette nouvelle et grande formation politique dénommée «Ensemble pour la République» ne signera-t-elle pas aussi l’acte de décès de la Coalition Lamuka ? Le poids politique de Katumbi lui permettra-t-il alors de devenir le Porte-parole de l’opposition ou contradicteur attitré de Tshisekedi ? Wait and see.

De son côté, Martin Fayulu Madidi annonce son grand message à la nation pour le 30 décembre prochain, jour historique au plan électoral. Ce candidat malheureux à la dernière Présidentielle qui continue de revendiquer sa victoire et la vérité des urnes, refuse d’être le dindon de la farce du pouvoir en place. Aussi, celui qu’on surnomme «le soldat du peuple» rejettera-t-il la main tendue du Président Tshisekedi et, sans nul doute, le poste de Porte-parole de l’opposition car, «c’est lui le Président élu». Devant ses partisans massés à l’Echangeur de Limete (Kinshasa), Fayulu a lâché ces mots poignants : «Joseph Kabila a pris notre frère Félix Tshisekedi, il l’a trompé, il l’a piégé. Sur ce, nous n’allons pas nous laisser faire. J’ai écouté le cri de détresse du peuple congolais de partout, beaucoup sont morts [...] Que personne ne vous trompe, nous allons commencer à nous soulever parce qu’il y a un grand complot. Si on ne se réveille pas, nous allons perdre notre dignité d’êtres humains».

Quant à l’autre tête d’affiche de Lamuka, Jean-Pierre Bemba Gombo, il pourrait, une fois de plus, être disqualifié des prochaines joutes électorales en raison de ses démêlées judiciaires à la Cour Pénale Internationale. Condamné pour subornation de témoins, le leader charismatique du Mouvement de Libération du Congo risque de lui voir aussi échapper le poste de Porte-parole de l’opposition qu’il a convoité depuis belle lurette, même du vivant du Sphinx de Limete, l’opposant historique. D’après certaines indiscrétions, Bemba frapperait à la porte du Front Commun pour le Congo (FCC) dont l’autorité morale n’est autre que Joseph Kabila. La récente élection au poste de Rapporteur adjoint de l’Assemblée Nationale d’un cadre influent du MLC, accréditerait cette thèse soutenue par certains.

Comme l’a indiqué Félix Tshisekedi dans son récent message à la nation, il n’existe aucune contradiction quant à notre volonté commune de construire un pays plus beau qu’avant. «Ce qui nous oppose, c’est la manière d’y parvenir. Mais pas la finalité qui est le bien-être de notre peuple». Le bonheur du peuple congolais demeure donc le point de convergence entre ces différents acteurs politiques. Mais, les calculs politiciens et les batailles du leadership risquent encore une fois de tout bafouer, de susciter un espoir déçu.

James Mpunga Yende

 

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