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C’est dans la soirée du dimanche 25 septembre que l’ancien premier ministre Adolphe Muzito et l’évêque de Kenge Mgr Jean-Pierre Kwambamba ont réuni autour d’une table les chefs coutumiers Teke et Yaka. Au menu : le sempiternel retour de la paix dans le Kwamouth. En attendant, c’est à Kwango que le leader du Nouvel Elan Adolphe Muzito a établi son QG en vue de recueillir les doléances des uns et des autres.

Lundi 26 septembre, il a commencé par recevoir une délégation des chefs coutumiers Yaka conduite par le chef Kiamfu Pelende. Muzito a suggéré la titrisation des terres comme gage d’une solution équitable et durable pour mettre fin au conflit terrien. Cette délégation des chefs coutumiers qui a salué l’initiative de ce fils du Grand Bandundu qui a rencontré les chefs qui détiennent véritablement les oripeaux du pouvoir ancestral pour un retour définitif de la paix.

Chefs coutumiers, acteurs de la société civile, jeunes et vieux…se sont par la suite retrouvés dans la salle du cinquantenaire. « Nfumu Mpa » a expliqué à son auditoire qu’il ne peut pas avoir de développement durable sans paix ni sécurité. Les violences communautaires qui sévissent dans l’espace Bandundu constituent, sans nul doute, un frein pour la mise en place des politiques publiques visant l’amélioration des revenus et la réduction de la pauvreté.

Il a appelé les différentes communautés à vivre dans la cohésion et à privilégier la paix. Dans cette partie Ouest de la République démocratique du Congo, le nombre important de jeunes doit être un atout au développement et non un facteur de tension. Il est donc temps de mettre fin au conflit Teke-Yaka qui a pris des proportions inquiétantes.

L’évêque du diocèse de Kenge qui a compté parmi ses invités à cette messe quelques chefs coutumiers Teke et Yaka les a interpellés sur certaines pratiques opérées par les assaillants de Kwamouth qui ne sont pas connu de cette population du Grand Bandundu. Et de souligner en s’adressant à ses hôtes : «Dans les réseaux sociaux, beaucoup de choses ont été dites sur vous. On a vu des pratiques qui ne sont pas de chez nous. Le recours à la machette, ce n’est pas notre modèle de règlement de différends. Chez nous, on a toujours recouru à l’arbre à palabre».

Mgr Jean-Pierre Kwambamba a, par ailleurs, fustigé le silence des autorités du pays sur ces violences avant d’exprimer sa peine pour les atrocités subies par les victimes du conflit communautaire entre Teke et Yaka.

Ce, avant de s’interroger : «Comme Jésus face à Pilate, les gens de Kwamouth se demandent, si j’ai mal fait, il aurait fallu me dire, mais si je n’ai rien fait pourquoi me frappe-tu? Qu’est-ce que les gens de Kwamouth ont fait ? Qu’est-ce que ces femmes enceintes ont fait? Qu’est-ce que ces enfants qui traversent des centaines de Kilomètres à pied pour se sauver ont fait ? Qu’est-ce que ces femmes avec fardeaux sur la tête ont fait ? »..

Le cardinal Fridolin Ambongo

Une partie de Kwamouth fait partie de la province ecclésiastique de l’archevêché de Kinshasa. A ce titre, le cardinal Fridolin Ambongo a eu à séjourner du vendredi 23 au  lundi 26 septembre à Kwamouth. Il y est allé pour réconforter la population meurtrie de cette province ecclésiastique. Pendant 3 jours, l’archevêque de Kinshasa s’est imprégné de la situation qui prévaut dans cette partie de la RD Congo. Fridolin Ambongo a clôturé sa visite par une messe devant plusieurs chrétiens catholiques de cette province.

Dans son homélie, l’archevêque métropolitain de Kinshasa a prêché la paix et la cohabitation pacifique qui doivent caractériser les communautés dans le Maï-Ndombe.

C’est le deuxième drame enregistré au Mai-Ndombe après les massacres de Yumbi provoqués par le conflit entre les Batende et Banunu ayant fait plus de 1000 morts en 2018, selon l’ONU. Les violences communautaires au territoire de Kwamouth ont fait plus de 150 morts, des centaines des maisons incendiées et ont occasionné le déplacement massif des populations, plus de 15.000 au Kwilu et plus de 18 000 au Kwango. Le week-end dernier, les présumés Yaka sont entrés au territoire de Bagata, dans la province du Kwilu où ils ont tué le chef du village Bukusu et autres personnes et incendié plusieurs maisons. Les dernières nouvelles du coin font état de 8 personnes, auteurs de ces violences aux arrêts à fatundu, au territoire de Bagata, dans la province du Kwilu.

Emma Muntu

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