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*Il est crucial de mettre l’accent sur les élections, la répression, la corruption et la violence endémique dans l’Est du pays (Washington, DC, le 8 août 2022) – Le Secrétaire d’Etat américain Antony Blinken devrait publiquement encourager la tenue d’élections libres et équitables, le respect des droits humains et la lutte contre la corruption,  lors de sa visite en République démocratique du Congo les 9 et 10 août 2022, ont déclaré ce lundi 8 août 2022  un groupe de dix-sept  organisations, d’ experts congolais et américains.

La visite d’Antony Blinken intervient alors que le M23, un groupe armé qui commet de multiples abus, a étendu son contrôle dans l’est de la RD Congo, en attaquant des villages et en exécutant sommairement des civils. Le groupe d'experts des Nations Unies sur le Congo a récemment confirmé que l'armée rwandaise avait renouvelé son soutien au M23.

Sous la présidence de Félix Tshisekedi, la RD Congo est confrontée à des violations des droits humains et à une corruption généralisées, à des attaques répétées contre des civils par de nombreux groupes armés, et à des institutions démocratiques défaillantes.

Les forêts et tourbières du bassin de la RD Congo, essentielles à la lutte contre le changement climatique, sont de plus en plus menacées par l’exploitation forestière et minière.

«Le gouvernement congolais doit faire preuve de la volonté politique nécessaire pour faire progresser la démocratie, combattre la corruption et s’attaquer aux crises qui s’intensifient dans le pays », a déclaré Floribert Anzuluni de The Sentry et FILIMBI. « Le Secrétaire Blinken devrait dénoncer l’escalade de la répression contre les militants, les manifestants et les journalistes, et mettre en garde contre l’intolérance croissante à l’égard des critiques, qui risque de compromettre la tenue d’élections libres, crédibles et tenues dans les délais, en 2023».

Antony Blinken devrait souligner la nécessité d’élections démocratiques conformes aux normes internationales, ont déclaré les organisations. Les dernières élections, en 2018, entachées d'irrégularités généralisées, telle que la suppression d'électeurs et de candidats, ainsi que la publication de résultats officiels non crédibles, ne répondaient pas aux normes internationales de base pour une élection démocratique. Les autorités congolaises devraient mettre au point un processus d’inscription minutieux et publier en temps utile les listes d’électeurs, s’engager à n’exclure aucun candidat,  ni électeur légitime, garantir la liberté des candidats et des partis de faire campagne, et exiger la transparence du dépouillement des votes et des résultats. Antony Blinken devrait également condamner publiquement la répression par les forces de sécurité des manifestations pacifiques et de la dissidence.

Ces problèmes ont été particulièrement graves dans l’est de la RD Congo, où les autorités ont eu recours à la loi martiale pour limiter les manifestations pacifiques et autres droits.

La résurgence du M23 dans l’Est du pays a entraîné une recrudescence des combats et des abus commis par des dizaines de groupes armés dans la région. Des forces militaires étrangères rwandaises, ougandaises et burundaises ont également été impliquées dans des exactions contre des civils. Le M23, composé à l’origine de soldats qui se sont mutinés au début de 2012, a commis par la suite de nombreux crimes de guerre, avec le soutien des troupes rwandaises.

Au cours de la dernière décennie, la RD Congo n’est pas parvenue à démobiliser ce qui restait du groupe et, en 2021, le M23 a commencé à reconstituer ses rangs. Depuis mai, les forces du M23 ont parfois surpassé les forces congolaises soutenues par l’ONU dans l’est du Congo. La reprise des combats s’est accompagnée d’une recrudescence des discours de haine, parfois émis par des responsables gouvernementaux, et de la stigmatisation des communautés ayant des liens avec les pays voisins.

Le Groupe d’experts des Nations unies sur le Congo, mandaté par le Conseil de sécurité des Nations Unies pour surveiller l’application de son régime de sanctions, a confirmé en juin la présence d’hommes portant des uniformes militaires rwandais dans les camps du M23.

Le 4 août, des médias ont rapporté que le Groupe d’experts disposait de « preuves solides » que les forces rwandaises combattaient aux côtés du M23 et lui apportaient leur soutien sous d’autres formes. Le gouvernement rwandais a nié à plusieurs reprises tout soutien au M23.

En outre, les violences commises par d'autres groupes armés sont en hausse dans toute la région, notamment autour de Beni et en Ituri. Antony Blinken devrait clairement affirmer que les Etats-Unis imposeront des sanctions ciblées aux responsables gouvernementaux et aux autres personnes qui soutiennent des groupes armés qui commettent des abus.

Il devrait également insister sur la nécessité de réformer l’armée congolaise, minée par le favoritisme et les détournements de fonds. Tout règlement des conflits armés dans l’est du pays devrait exclure la possibilité d’amnistier les responsables de crimes internationaux graves, empêcher les commandants qui se sont rendus coupables d’abus d’intégrer les forces armées congolaises, et prévoir un ambitieux programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration dirigé par une nouvelle équipe.

« Le secrétaire d’État Blinken devrait informer le président rwandais Paul Kagame que les États-Unis ne toléreront aucun soutien au M23, comme l’a fait le président Barack Obama en 2012 », a déclaré le Père Rigobert Minani Bihuzo du Centre d'études pour l'Action sociale (CEPAS).

«Il devrait insister sur le fait que le gouvernement congolais doit réformer son armée  notamment,  en améliorant les mécanismes de lutte contre la corruption, en filtrant et en renvoyant les officiers qui commettent des abus, et en enquêtant sur ceux qui ont été impliqués dans des crimes de guerre par le passé».

Le président Félix Tshisekedi a très peu progressé en ce qui concerne le démantèlement de la corruption au plus haut niveau des responsabilités, ce qui fait obstacle à la sécurité, au développement et aux investissements responsables. La corruption effrénée qui sévit dans le secteur très lucratif de l’exploitation minière prive le peuple congolais des bénéfices de trois   immenses richesses naturelles du pays et dissuade les entreprises responsables d’y investir à long terme.

Blinken devrait exhorter le gouvernement à publier tous les contrats miniers  notamment,  ceux conclus avec Dan Gertler, un homme d’affaires visé par le régime des sanctions américaines, ont déclaré les organisations.

Le gouvernement devrait fournir un réel effort pour combattre la corruption systémique, notamment dans les secteurs de l’exploitation minière et forestière, et obliger les individus qui participent au pillage du pays à rendre des comptes. Il devrait se pencher sur les conclusions des enquêtes du « Congo Hold-Up », un compte-rendu de la corruption à grande échelle en RD Congo établi par un consortium de médias et d’organisations internationales.

Le conflit dans la région des Grands Lacs ainsi que les troubles et la violence politiques en RDC nécessitent une nouvelle stratégie politique régionale de la part de l’administration Biden  notamment,  via la nomination d’un envoyé spécial pour la région, afin de répondre aux questions les plus urgentes, qu’elles soient sécuritaires ou humanitaires, ont déclaré les organisations. Les anciens envoyés spéciaux américains dans la région des Grands Lacs, qui avaient un statut diplomatique élevé et des ressources adéquates, ont joué un rôle essentiel dans l’atténuation des conflits et la résolution de problématiques liées à la démocratie et aux droits humains, pour autant qu’ils occupaient un poste suffisamment important, poursuivaient leurs objectifs en usant de pressions diplomatiques et financières et disposaient d’assez de personnel.

La nomination d’un envoyé spécial pourrait également aider à répondre aux priorités de l’administration en matière de réchauffement climatique et de protection de la forêt tropicale humide congolaise. «Le déplacement du secrétaire Antony Blinken en RD Congo devrait permettre de renforcer les efforts de mise en œuvre d’élections démocratiques, et de lutte contre la corruption et les violations des droits », a déclaré Ida Sawyer, Directrice de la division Crises et Conflits de Human Rights Watch.

«Les Etats-Unis devraient nommer un envoyé spécial dans la Région des Grands Lacs pour montrer qu’ils prennent ces problèmes au sérieux et qu’ils veulent contribuer à la réalisation des  réformes démocratiques significatives».

Signataires : American Jewish World Service Anthony W. Gambino, Ancien directeur de la mission de l'USAID en RDC Center for Civilians in Conflict (CIVIC) CREDDHO (Centre de recherche sur l’environnement, la démocratie et les droits de l’homme) FILIMBI Fred Bauma, Secrétaire exécutif, Ebuteli et militant Lucha (Lutte pour le changement) Human Rights Watch Jason Stearns, Professeur adjoint, Simon Fraser University (SFU) Jewish World Watch Joshua Z. Walker, Directeur de programme, Congo Research Group, New York University Center on International Cooperation Lucha (Lutte pour le changement) Never Again Coalition 4 Panzi Foundation RODHECIC (Réseau d'organisations des droits de l'homme et d'éducation civique d'inspiration chrétienne) Stephen R. Weissman, Ancien directeur du personnel de la sous-commission de l'Afrique au sein de la Chambre des représentants des États-Unis The Sentry UNIS

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