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*Leader incontesté, l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito, Président du parti Nouvel Elan, est bien lancé pour confirmer sa candidature à la prochaine présidentielle en RDC. Si, aujourd’hui, aucune déclaration formelle n’a été faite, l’homme nourrit l’ambition d’être candidat en 2023. Il l’a fait savoir dans son entretien exclusif qu’il a accordé à Jeune Afrique. Cependant, il place un bémol quant à la probabilité d’une candidature unique de l’Opposition. «Pas de candidat commun sans programme commun !», prévient-il. Visiblement, il veut éviter l’erreur commise en 2018 à Genève. 

Adolphe Muzito : «Mon ambition est d’être candidat en 2023 »

*Jusqu’alors allié de Martin Fayulu au sein de Lamuka, l’ancien Premier ministre a pris ses distances avec l’ex-candidat à la présidentielle et nourrit, lui aussi, ses propres ambitions… Au risque de créer une certaine cacophonie dans l’opposition ?

A un an et demi du prochain scrutin présidentiel, l’arène politique congolaise vit, ces derniers jours, au rythme des annonces de candidature et des lancements de parti. Le 18 juillet, Jean-Marc Kabund a officiellement inauguré l’Alliance pour le changement, nouvelle formation de l’opposition avec laquelle l’ancien patron du parti présidentiel entend prendre sa revanche sur Félix Tshisekedi. Il est ainsi venu rejoindre une liste de candidats qui ne cesse de s’allonger.

Outre le président Tshisekedi, l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo compte lui aussi participer au scrutin, tout comme l’opposant Martin Fayulu, candidat malheureux lors du scrutin contesté de 2018. Investi par l’ÉCidé, son parti, à l’issue du congrès qui s’est tenu le 14 juillet, ce dernier est toujours membre de la plateforme de l’opposition Lamuka, dont il est le seul rescapé avec l’ex-premier ministre Adolphe Muzito. Mais les deux hommes ont désormais pris leur distance. De passage à Paris, le patron du parti Nouvel Elan est revenu sur ces divergences et s’est confié sur ses ambitions.

Jeune Afrique : Le 14 juillet, Martin Fayulu a été désigné candidat de son parti pour la prochaine élection présidentielle. Vous êtes alliés au sein de la plateforme Lamuka. Le soutiendrez-vous ?

Il faut faire la différence entre une plateforme électorale et un parti politique. Lamuka n’est pas une plateforme électorale. C’est une plateforme de résistance.

Les candidats à une élection présidentielle sont avant tout l’émanation de la volonté de leur parti. Ce n’est qu’après avoir été investis qu’ils peuvent éventuellement se regrouper derrière une candidature commune. Nous n’en sommes pas encore là et je dois dire que nous avons été surpris que l’ÉCidé désigne son candidat avant même d’avoir un programme de gouvernement ou un programme tout court, d’ailleurs.

Nous ne sommes pas engagés par un programme politique commun, il n’y a donc pas de raisons à ce stade pour que je le soutienne automatiquement, ou, à l’inverse, qu’il me soutienne si je suis désigné par mon parti. Martin n’est pour l’instant que le candidat de l’ÉCidé.

La plateforme Lamuka a-t-elle encore une raison d’être ?

Lamuka devait de toute façon s’arrêter avec la fin du combat pour obtenir les prochaines élections, ou avec la tenue du dialogue que nous avons réclamé pour garantir la transparence du prochain processus électoral et son organisation dans les délais constitutionnels.

Mais vous n’avez obtenu ni les réformes, ni le dialogue…

Si le calendrier électoral glisse, nous serons obligés d’avoir un dialogue avec les autorités. Mais quoiqu’il arrive, Lamuka devra à un moment donné cesser d’exister.

En 2021, Lamuka et le Front commun pour la Congo (FCC) de Joseph Kabila se sont associés au sein d’un bloc patriotique pour demander des reformes électorales. Pourquoi vous en êtes-vous retirés ?

Le problème, c’est que Martin Fayulu a pris l’initiative de lancer le bloc patriotique à mon insu. Nous nous étions alliés pour résister au pouvoir de Félix Tshisekedi, mais il lançait d’un coup cette initiative pour faire exactement la même chose. Peu de temps après, les catholiques et les protestants nous ont reçus. Ils ont mis sur la table l’idée d’une résistance commune pour les réformes électorales. Il y a eu une première marche, à laquelle nous avons participé. Mais c’est lors de la seconde marche que le terme de bloc patriotique a été repris.

J’ai estimé que nous ne pouvions pas nous associer dans un même bloc avec le Front Commun pour le Congo. Je ne vois pas comment nous pourrions exiger la transparence électorale et la vérité des urnes avec des gens qui en sont les ennemis. Martin a voulu poursuivre dans cette voie malgré cet amalgame problématique. Nous, nous avons dit non.

Serez-vous candidat à l’élection présidentielle de 2023 ?

C’est mon ambition et si c’est aussi la volonté de mon parti, il se prononcera formellement à l’occasion d’un congrès.

Pourquoi envisager de participer à un scrutin dont vous contestez les modalités ?

Nous contestons toujours la configuration et l’hyperpolitisation de la Ceni. Par ailleurs, nous n’avons pas le sentiment que la commission électorale respectera les délais. En 2018, Kabila a organisé des élections dans des conditions qui ne garantissaient pas la transparence, et il a perdu. Lamuka les a gagnées. Nous pensons cette fois-ci que s’il y a encore tricherie, le peuple aura suffisamment évolué pour revendiquer sa victoire.

La multiplication des candidatures dans une élection à un tour n’annihile-t-elle pas les chances de l’opposition ?

Au Congo, il est difficile de gagner seul, mais il faut qu’il y ait, un débat démocratique, sur la base des programmes de chacun, avant de décider d’une éventuelle candidature commune. Nous ne pouvons pas nous entendre là-dessus avant que chacun ait été désigné pour porter le programme de son parti. Ce n’est qu’une fois ce travail effectué que l’on pourra discuter des points de négociation. Je ne me vois pas discuter alliance avec quelqu’un dont je ne connais pas le programme.
Ne faut-il pas réitérer l’expérience de Genève, où l’opposition avait tenté de désigner un  candidat commun ?

A Genève, nous avions fait l’erreur de désigner un candidat sans avoir un programme commun. Le péché de Genève a été de créer un bloc qui se retrouvait davantage dans le rejet de Kabila que dans  l’élaboration d’un programme issu des projets des différents partis politiques réunis. On a fait un front plus contre Kabila que pour conduire le Congo. C’est ce qui fait que ceux qui ont rejoint l’Union sacrée l’on fait sans avoir de programme non plus.

Des alliances avec d’autres candidats déclarés mais issus de bords politiques différents sont-elles possibles ?

A priori, oui. Mais je discute avec des partis, pas avec des personnes. Si nous pouvons nous entendre sur les idées, faire des compromis, alors nous pourrons parler avec tous ceux qui partagent notre vision pour 2023. D’autres alliances peuvent aussi se former après 2023. Le Congo a des problèmes structurels. Par exemple, nous n’avons pas de routes. Comment financer ? Je pense que nous devons nous endetter, largement, parce que nous avons des rations économiques et financier qui  nous permettent, à condition d’améliorer les finances  publiques pour nous permettre de rembourser. Aujourd’hui, notre dette n’équivaut qu’à 10% de notre PIB. Je n’accepterais pas de m’entendre avec quelqu’un qui n’adhère pas à cette logique. Je suis aussi pour la titrisation des mines, c’est-à-dire l’évaluation des gisements avant leur mise sur le marché.

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