Flash

BAN2

 

’Comment mieux vendre le Drame congolais’’, tel était le thème de la conférence- débat  tenue le samedi 9  juillet 2022 dans la salle père Metena du Servico dans la commune de la Gombe. Organisée par l’association sans but lucratif «ECLAIRAGE», cette conférence avait comme objectif  de  proposer par les aspects diplomatiques et sociologiques, des procédures  à développer pour que ces drames qui se déroulent  dans le Congo puissent être mieux vendus à travers le monde. A cette l’occasion, cette association qui a pour but «la promotion de la recherche de la réflexion et de la soutenance de l’initiative endogène des chercheurs congolais sur les questions de gouvernance, de coopération et de développement durable» a fait venir un diplomate, en la personne du professeur Jean-Lucien Kitima ainsi que le professeur Emile Bongeli, Sociologue. Plusieurs professeurs d’universités, chercheurs et autres ont pris part à cette activité.

Pour le Professeur Jean Lucien Kitima, le ballet diplomatique actuel n’est pas suffisant pour mieux vendre le drame congolais. Selon lui, ce n’est plus le moment de se plaindre. Bien au contraire, il faut travailler pour y mettre fin. Et la voie diplomatique est, selon le professeur Kitima, l’un des moyens pour y parvenir. Fort malheureusement, constate-t-il, l’approche diplomatique fait flop en RDC’’. A l’en croire, pour mieux maximiser les intérêts fondamentaux de l’Etat congolais, il faudrait la conjugaison de trois piliers de la politique extérieure. Il s’agit d’avoir une armée nationale, citoyenne, professionnelle, dissuasive et républicaine ; une diplomatie efficace, efficiente et proactive ainsi que des services de renseignements outillés et perfectibles à souhait.

Selon lui, sur le plan diplomatique, jusque-là, la République Démocratique du Congo fait piètre figure. Car, dit-il, la diplomatie congolaise relève de la diplomatie ad hoc, épisodique ou temporaire qui est la troisième forme de la diplomatie. Il soutient que tant qu’il ne communie pas au même calice avec la première forme de diplomatie, qui est la diplomatie classique, ancienne, secrète, traditionnelle et la deuxième diplomatie appelée nouvelle, plurilatérale, des Organisations internationales ou encore parlementaire, aucune crise ne saurait trouver un début de solution dans ce pays.

Donc, les trois types de phases de diplomatie doivent travailler en synergie pour des résultats convaincants.

Pour ce faire, l’Etat doit être un monstre froid et hideux, sans cœur.  Il se doit de se fixer des objectifs à atteindre pour sa diplomatie. Car, a-t-il dit, pas d’intérêt, pas d’action, ce sont les intérêts qui conditionnent le comportement des Etats. Et ces intérêts sont politiques, liés à la sécurité ; économiques.

Selon le professeur, la République Démocratique du Congo brille par l’absence  d’un Etat pluriel ou Etat de droit. Pour lui, la RDC est un Etat Singleton. D’où,  son statut de ‘‘la cause de faiblesse’’’ tant dans les Relations Internationales que du Système international.

Le diplomate pense que la RDC doit impérativement sortir de l’espace à haut risque.  Et pour y parvenir, elle doit miser sur les préceptes suivants : savoir communiquer, savoir ce que l’on veut  et avoir la vision, voir grand l’avenir et le devenir de la RDC.

Par ailleurs, le professeur Kitima estime que la dimension épistémologique de la RDC demeure préoccupante. Il suffit juste de jeter un regard sur les acteurs dit diplomatique en poste, et de constater que tous ou presque sont hors cadre. Pas d’éducation, pas d’instrument et ne détiennent même pas de schèmes mentaux pour exercer dans ce domaine.  C’est d’ailleurs pour cela qu’il a inventé ‘’ l’académie diplomatique Congolaise’’ pour un recyclage, une mise à niveau des universitaires qui, après son départ, n’est resté que de nom. Donc, il y a un réel problème, a-t-il conclu.

Par contre, le professeur Emile Bongeli, qui a parlé de l’aspect sociologique, s’est appesanti sur l’Etat congolais et ses intelligences ou universitaires.  Pour lui, l’Etat congolais et ses universitaire sont tous des éparpillés, des inconscients et sybarites. L’existence menaçante de neuf pays voisins  potentiellement ou même effectivement pour certains hostiles et instrumentalisables contre la RDC, pense-t-il, est loin de susciter une conscience défensive collective des congolais, plus que distraits aujourd’hui par la vile jouissance en lieu et place des réflexions stratégiques pour la survie de la Nation en danger. C’est tout le monde qui est effectivement distrait, constate-t-il,  par la confusion des croyances religieuses aliénantes qui sont distillées par une multitude de sectes religieuses subventionnées et incontrôlables qui foisonnent partout au pays, par des débats plats et stériles de frivoles politiciens en mal de positionnement, par la cueillette institutionnalisée, par des politiques éducatives incapacitantes ainsi que d’autres comportements frisant l’irresponsabilité collective.

En effet, pour bien vendre un produit, il faut en maitriser les caractéristiques et savoir évaluer ce qu’il y a à promouvoir et ce qu’il y a à camoufler, surtout s’agissant d’un pays, a affirmé le professeur Bongeli.

Le professeur estime que, seuls des réflexions stratégiques peuvent permettre au pays de revenir sur les rails de la construction de la puissance collective.

 C’est ainsi qu’il en appelle à l’érection d’une véritable Académie des  sciences congolaises, discrète et agissante qui s’appliquerait à synthétiser les connaissances endogènes susceptibles de sécuriser le pays contre des prédateurs effectifs et potentiels.

«Ne cherchons pas à vendre nos drames, mais comment y mettre fin et dissuader les autres de nous provoquer, sans tenir compte de qu’en dira-t-on», a conclu le professeur Emile Bongeli.

Nelly Somba

Pin It

Statistiques

23923326
Aujourd’hui
Hier
Cette semaine
La semaine passée
Ce mois
Le mois dernier
Au total
8925
24908
144491
23630895
413728
641978
23923326

Your IP: 66.249.70.209
2022-08-20 05:16

Les plus lus

Nos Partenaires

  • africatime.jpg
  • africa_n1.jpg
  • allafrica.jpg
  • logo-monusco.jpg
  • okapi.jpg