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  1. Contexte international difficile 

Le 30 juin 2022, la RDC fête ses 62 ans d’indépendance dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine, avec ses conséquences désastreuses sur le plan économique.

Cet anniversaire est malencontreusement célébré au moment où les puissances étrangères ont envahi notre pays, en douce ou à travers  des guerres, pour faire une razzia sur les ressources minières et les hydrocarbures.

Par-delà son aspect conjoncturel et mondial, la crise actuelle ne devrait pas voiler la profondeur du déséquilibre structurel qui plombe la croissance en RDC, empêchant l’exploitation de son potentiel économique en vue de son émergence.

Force est de constater que la démarche stratégique pour le développement du Congo demeure aussi complexe qu’à l’époque coloniale.  D’une part, il faudrait attirer à bon compte les entreprises multinationales et, avec elles, mobiliser les capitaux dans le but de valoriser les ressources naturelles destinées à l’exportation et, d’autre part, promouvoir une industrie locale et une agriculture vivrière afin de relever le niveau du PIB et de l’emploi.

Une étude historique renseigne sur les contraintes originelles ainsi que les  politiques et stratégies économiques mises en œuvre par le Congo belge, hormis les techniques oppressives et la spoliation de la colonie que l’on doit, à bon droit, déplorer.

  1. Obstacles dans le processus du développement de l’économie du Congo belge

La structure économique et sociale du Congo belge était extravertie et dualiste.  La forte dépendance aux exportations le rendait extrêmement sensible à la conjoncture internationale. 

La seconde caractéristique était la dualité systémique : pendant que les entreprises européennes prospéraient, l’économie indigène végétait, les milieux coutumiers connaissaient l’extrême pauvreté et les privations dans une colonie d’exploitation.

C’est en 1950 que le Gouvernement belge lança le Plan décennal dont l’objectif était notamment l’élargissement de la structure économique par l’industrialisation de la colonie, et le  développement de l’économie rurale afin de tirer parti des potentialités jusqu’alors inexploitées.

  • Bilan économique du Plan décennal.

Le  plan décennal de développement pour la période 1950-58 s’était soldé par d’importants efforts d’investissement, et d’incontestables progrès vers l’amélioration du niveau de vie : le PIB avait augmenté en moyenne de 6,5 % en valeur réelle ; la production minière de 64 % ; celle des plantations industrielles s’était accrue de 140 % ; la production manufacturière avait quadruplé tandis que la construction, le transport et le commerce avaient presque doublé.  La production d’énergie était passée de 750 millions de kwh à 2,5 milliards de kwh en 1958,  et une proportion sensiblement plus grande des exportations minérales et agricoles a été traitée dans le pays (exportations avec valeur ajoutée). (cf.  Note du FMI 1994)

L’impulsion donnée par le plan décennal n’a eu d’effet que de 1950 à 1956.  A partir de 1957, la croissance s’est malheureusement ralentie, exacerbant le problème d’amortissement de la dette, et de recherche de capitaux frais en vue de la poursuite de réformes du système socioéconomique colonial.

Cela explique sur le plan systémique, les résultats médiocres enregistrés après l’indépendance.

  1. Bilan du développement après l’indépendance.

Plus que la plupart des nations accédant à l’indépendance, la RDC  était dépourvue de techniciens et d’administrateurs, chasse gardée, en général, des expatriés de l’ère coloniale.

Pas étonnant qu’après  l’indépendance, le pays ait enregistré un bilan de développement désastreux, à part la période 1967-1974 et la reprise depuis l’année 2002.

De 1974 à 2001, l’économie congolaise s’est effondrée, alignant des taux de croissance négatifs avec – 13,5 % en 1993, accompagnés de niveaux historiques d’hyperinflation culminant à 23.773 % en 1994. C’est au cours de cette période que le pays a atteint le niveau extrême de pauvreté, soit 4,3 milliards de dollars US de PIB et 79,31 USD de PIB/habitant (cf.  Note du FMI 1994).

  1. Défis économiques à relever

 

Depuis 1960, la révolution indépendantiste ainsi que la sempiternelle question de gouvernance ont suscité, sur le plan économique,  des distorsions telles que le déficit budgétaire chronique et  le financement monétaire, la détérioration de l’appareil de production, la régression des exportations, l’augmentation de la dépendance alimentaire, la dégradation des infrastructures socio-économiques, de l’appareil agricole et du système financier hérités de l’époque coloniale.

Le chemin à parcourir pour atteindre l’émergence est donc très rocailleux.  D’un revenu de 562 USD, il faudrait réaliser le miracle de dépasser le cap de 10.000 dollars par habitant pour espérer atteindre le minima des pays émergents.

Ainsi, la RDC fait face aux mêmes défis que jadis le Congo belge  devant le marasme consécutif à la fin de la seconde guerre mondiale en 1945.

La problématique de l’édification d’une grande nation au cœur de l’Afrique se pose analogiquement dans les mêmes termes qu’en 1885 ou en 1945 :

  1. Comme H. Stanley l’a souligné, le premier défi reste la construction d’infrastructures socioéconomiques.
  2. La sécurisation du patrimoine national face aux appétits des puissances voisines : réforme du système de défense et ce, dans la perspective de la sanctuarisation de sites miniers et du contrôle rigoureux des exportations.
  3. La création d’un environnement politique et économique attractif pour les investisseurs internationaux ; la réussite dépend de la stabilité des institutions, la transparence et le relèvement de la moralité publique comme au Botswana.
  4. Les réformes structurelles : au-delà de secteurs traditionnels d’exportation des produits de base, il importe de découvrir les secteurs dans lesquels le pays peut devenir compétitif et qui seront de nouvelles sources de croissance de l’emploi et du revenu. (www.cerpec-cooperative.com)

A tout prendre, Arminio Fraga constate que les pays en développement comme la RDC sont confrontés aux vicissitudes de leur propre système politique et de leur histoire. Les contre-performances enregistrées depuis 1960 sont trop troublantes pour ne pas y voir le signe des comportements culturels et politiques qui débordent le cadre de l’économique, ce qui indique peut-être qu’une réforme politique s’impose avant  les autres réformes. (www.economie-developpement.com)

En effet, la plupart des pays en développement sont victimes de la captation de la part de la classe politique.  A rebours de l’Etat providence fondé en Occident sur un contrat social équitable, les politiciens du Tiers-monde utilisent les institutions publiques au service des intérêts partisans.

Cela appelle la modernisation et la moralisation du système éducatif, la sublimation de l’action politique et de la nouvelle citoyenneté par l’interdiction des pratiques et discours fondés sur les discriminations ethnotribales, le bannissement de la violence sous toutes ses formes, du népotisme et du clientélisme.

Dans la foulée de réformes, les élites devraient sacrifier aux exigences absolument démocratiques, notamment la criminalisation de la distribution de l’argent et la corruption dans le processus électoral, et l’érection du site web du Gouvernement qui servirait de l’arbre à palabres, ou de forum où les citoyens pourront s’informer et discuter sur  les affaires politiques, économiques, financières, juridiques ou administratives, à l’instar de l’agora dans l’antiquité grecque.

  1. Nouveaux défis géostratégiques

A l’heure où les tensions s’accentuent dans les relations internationales, suite à la remise en cause de l’ordre mondial par l’invasion russe de l’Ukraine, à l’exacerbation du grand jeu des matières premières ainsi qu’à la guerre commerciale, au terrorisme et à l’insécurité, les pays africains sont pris dans l’étau d’une crise économique multiforme.

Dans cette nouvelle géostratégie, l’Afrique doit redéfinir sa gouvernance interne, promouvoir la participation citoyenne et les libertés publiques, en vue de renforcer sa position sur l’échiquier international aux fins de sauvegarde de ses intérêts socioéconomiques.

Il est temps que les scientifiques capitalisent les valeurs fondamentales des empires négro-africains, au travers la renaissance du puritanisme politico-socio-économique qui cimentait jadis le communautarisme dans la société africaine précoloniale.

En ce qui concerne la RDC, il y a lieu de créer au sein des FARDC, de la PNC, de l’ANR et de la DGM des unités d’élites chargées spécialement de la défense nationale et de la sécurité géostratégique, économique, informatique, afin d’assurer aussi bien la protection des ressources naturelles, minières et environnementales que la lutte contre la fraude , la criminalité transfrontalière et le terrorisme.

D’où,  la nécessité impérieuse de mobiliser toutes les forces vives de la Nation, particulièrement, d’instituer le service civique et l’enrôlement obligatoire, pour une année, de tous les diplômés du secondaire et des universités.

  • Réformes stratégiques

Comme en 1990, les pays africains ont organisé des forums nationaux en vue de contenir le vent de la perestroïka qui menaçait d’implosion les Etats postcoloniaux, aujourd’hui encore, avec le changement sur le plan géostratégique consécutif à la guerre en Ukraine et la crise  économique issue de la pandémie de Covid-19 et des changements climatiques, il serait opportun de convoquer une nouvelle conférence nationale qui aura pour thèmes : la refondation du système démocratique et  la promotion des règles rigoureuses de gouvernance, de la moralité publique ainsi que la sélection éthique des gouvernants.  Par-dessus tout, il sera question de remettre l’objectif d’amélioration du niveau de vie de la population au cœur de l’action politique, et de l’édification d’un arsenal de défense nationale et de protection des intérêts nationaux sur le plan socioéconomique par la récupération sans condition de ressources minières spoliées.

En tant que Nation, l’heure de la repentance a sonné : le peuple tout entier se doit de reconnaître les tares et les antivaleurs qui ont plombé les efforts de développement depuis l’indépendance, pour s’engager comme la population de Ninive dans la Bible à rebâtir un pays fondé sur le droit et la justice, d’autant plus que l’acceptation de la parole de Dieu produit la paix. (Sous l’inspiration du livre du prophète Esaïe 32 : 15-18)

De manière péremptoire, les élites notamment les chercheurs scientifiques devront  monter, sans discontinuer, en ligne pour conjurer l’obscurantisme qui induit depuis 1960 des politiques inefficaces, afin que les congolais mènent une vie paisible et prospère, en toute piété et probité. (Passage des ténèbres à la lumière selon 1 Pierre 2 : 6-10).

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