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  1. Démocratie et développement durable :

La démocratie est l’un des facteurs fondamentaux du développement économique durable. Cela se réalise à travers un cercle vertueux dans lequel le développement économique apporte davantage de démocratie, tandis que cette dernière conditionne la poursuite du progrès économique.

Dans une économie mondiale intégrée où des crises financières dans un pays ou une région risquent de plus en plus de s'étendre à l'ensemble de la planète, la démocratie - dans son acception la plus large et la plus approfondie - représente la meilleure garantie contre l'instabilité économique, au niveau aussi bien national qu'international.

En effet, les libertés publiques favorisent la mise en place des mécanismes de surveillance des écarts par rapports aux normes démocratiques et des critères de gouvernance économique. (M. Mikko Elo, 1999)

De toute évidence, les valeurs démocratiques devraient être promues dans l’économie en même temps que sur le plan civique ou politique. Les différents éléments ou valeurs purement économiques incarnant  la démocratie ne peuvent être appliqués qu’à travers une symbiose systématique.  Cela implique l’expression civique de chaque citoyen dans les activités économiques.

Force est de reconnaître qu’en donnant la forme démocratique à l’économie, au-delà du droit civique, les structures socioéconomiques se mettent au service des intérêts de la population en valorisant la production et le revenu des différentes couches sociales.

Aussi, une économie qui se base sur la création des conditions parfaites de liberté et de vie pour chaque individu au sein de la société, reflète en même temps l’expression civique de chaque citoyen.

Contrairement à ce monde idéal, le système économique libéral qui inspire les politiques publiques en Afrique n’assure pas l’amélioration du bien-être collectif.  Par-delà l’amélioration des indicateurs macroéconomiques, l’économie de marché renforce les inégalités de revenu et,  corollairement,  n’arrive plus à booster le système politique démocratique à un degré qui libère la consommation de masse.  Ainsi, la plupart des pays africains sont piégés dans une sorte de trappe à pauvreté.  (Tunzi V., 2008)

Pire encore, les experts en développement perpétuent insidieusement l’aliénation idéologique de l’Africain, en postulant, dans leur paradigme de relance économique, la notion de trappe à pauvreté dans laquelle certains pays seraient piégés, et qui nécessiterait une mobilisation massive de l’aide publique internationale.  A leur corps défendant, les Africains ne peuvent concevoir leur épanouissement qu’à travers le prisme de cette approche d’assistance extérieure.

Paradoxalement, le libéralisme économique a tendance à instaurer un système politique oligarchique juxtaposant, suivant le postulat de Veblen, une classe de privilégiés qui stérilise une grande part du revenu national, et les gens du peuple  ne pouvant pas constituer une demande solvable pour les producteurs nationaux. (Lutete A. 2018)

  1. Nécessité de restaurer l’économie coopérative et solidaire

De nos jours, les structures socioéconomiques en Afrique se sont tellement détériorées et désarticulées qu’elles ne peuvent faciliter l’exploitation de son potentiel en vue du bien-être des populations.

 Face à la pérennité des facteurs héréditaires qui plombent la croissance économique ainsi qu’à la concurrence âpre imposée par la mondialisation, la question de développement ne consiste plus simplement à améliorer les résultats économiques globaux, mais, plutôt, à réformer vigoureusement les structures socio-économiques afin d’accroître le revenu des couches les plus déshéritées de la population.

En ce qui concerne particulièrement le monde rural,  il faudrait mettre en place des institutions devant prendre en charge la coordination et l’intégration des  activités agricoles, aux fins de promotion des intérêts des producteurs et des consommateurs en éliminant les tiers intermédiaires, resquilleurs ou usuriers, qui rallongent la chaîne de distribution et en alourdissent le coût. (www.cerpec-cooperative.com)

Le développement de l’agriculture, de par le fait, ne se réalisera pas en Afrique tant que les agriculteurs ne participeront pas aux politiques et décisions  touchant les zones rurales.  Les slogans politiques, la réalisation de grands projets agroindustriels ou même l’amélioration des routes et infrastructures rurales n’y apporteront rien, tant que les populations agricoles ne seront pas fédérées dans les assemblées locales délibérant sur toutes les questions liées au développement de leurs localités.  (Lutete A.2007)

Pour comble de paradoxe, les élites africaines replient les peuples dans leurs localités d’origine en vue de reprendre la bataille du développement,  jusqu’ici perdue au niveau national ou régional, abandonnant les possibilités d’échanges et de péréquation susceptibles de contribuer à l’exploitation du potentiel et atouts de développement à l’échelle nationale.  

Au lieu de fédérer leurs efforts pour bâtir, au niveau national, un Etat devant mettre en place une économie solidaire et y jouer les rôles « redistributif » et stabilisateur, les Africains ont tendance à se diviser en des regroupements primitifs basés sur la gens, la phratrie et la tribu.    Ces entités ethniquement décentralisées privilégient  les relations personnelles,  diluant, du coup, le pouvoir politique et freinant tout élan démocratique en confisquant les libertés publiques, du fait que ces valeurs transcendantales ne peuvent être promues dans ce genre de circonscriptions infranationales. (Lutete A. 2018)

La tendance aux discriminations raciales, ethniques et religieuses signe l’échec des stratégies économiques, des institutions, de la société africaine et de la coopération internationale. L’Afrique enregistre ainsi une baisse de rendement de tous les facteurs de production, surtout dans le secteur tertiaire, notamment dans les activités informelles, et ne peut assurer le bien-être de la population, faute d’un marché intégré desservi par des structures de production assurant une mise en valeur « rationnelle » des ressources locales en fonction des besoins nationaux.

Ce sectarisme incite à la poursuite des objectifs parcellaires qui freinent le processus de modernisation de l’Etat, tout en retardant l’adoption des innovations technologiques et managériales (orthodoxie budgétaire et discipline financière), et en renforçant, qui pis est, le rejet des normes universelles en matière de démocratie et de gouvernance.

La réforme coopérative efface heureusement cette hantise de retour au sectarisme contreproductif,  du fait que les populations restaurent dans les coopératives le cadre de solidarité permettant de récolter directement les fruits de leurs efforts, mieux , elles sont, en tant que sociétaires, portées à améliorer leur productivité pour un revenu proportionnellement croissant. (RTNC/Emission Parlons Economie https : youtu.be/b-zpqnoHHQ4

  1. Apport du système coopératif dans l’instauration de la démocratie et du développement communautaire

Le système coopératif est la voie royale d’édification d’une économie à valeur démocratique.  Il est un système économique basé sur l’organisation unitaire et intégrante des éléments divers visant la satisfaction complète et optimale de chaque composante sociale.

Il intègre des principes tels que l’adhésion volontaire et porte ouverte à tous, le pouvoir démocratique exercé par les membres, la participation économique des membres, l’autonomie, l’éducation, la formation et information, la coopération entre les coopératives, l’engagement envers la communauté.

Après  de nombreuses recherches sur l’économie congolaise, le Centre de recherche et de promotion de l’économie coopérative et solidaire (CERPECS) a conçu la stratégie de promotion des sociétés coopératives, comme  levier principal de professionnalisation des agents économiques évoluant dans le secteur informel et dans le monde rural.

Dans cette perspective, les réformes macroéconomiques s’articulent autour de deux axes : la restructuration socioéconomique et la promotion de l’esprit d’entreprise par le recours au système coopératif sur fond d’une économie solidaire et démocratique.  Le nouveau paradigme coopératif aura le mérite de réorganiser et professionnaliser les populations vivant actuellement dans le secteur informel et rural.

En effet, les réformes sous la bannière du mouvement coopératif tonifieraient la dynamique de la production des secteurs informel et rural, de manière à inciter les communautés villageoises à opérer rapidement et profondément leur mutation vers la modernité économique. D’autant que les coopératives diffuseront, parmi les populations, les réflexes et l’esprit de solidarité permettant de retenir les capitaux nationaux et, qui mieux est, drainer, à des conditions avantageuses, les capitaux étrangers.

S’appuyant sur la puissance induite par l’union des forces, les institutions coopératives concourront à fédérer les masses populaires, en dehors de toute discrimination (ni raciale, ni ethnique, ni politique), en vue d’exercer plus d’initiative dans l’amélioration de leur existence.  Elles deviendront, de facto, les forces motrices de la croissance économique et du renouveau sur le plan moral.  Aussi, les hommes de bonne volonté se ligueront-ils à l’instar des fourmis qui n’ont ni chef, ni inspecteur, ni maître pour amasser une abondante moisson. (Selon le code éthique du développement des nations immuablement fondé sur le livre de Lévitique, chapitre 26 : 1-46 et la première épître de Paul à Timothée, chapitre 3 : 1-13) 

En ce qui concerne le Programme de développement de 145 Territoires, le Centre de recherche pour la promotion de l’économie coopérative et solidaire, en sigle CERPECS ASBL, notre institution à caractère scientifique et technique, a mené des études qui ont abouti à la conception de la stratégie faisant fond sur le système coopératif, lequel prône la participation des populations en tant que nouveaux entrepreneurs et, donc, agents de développement local.

Le nouveau paradigme, conçu par notre centre de recherche, devrait allier le programme d’investissements publics dans les territoires à une vaste campagne de professionnalisation des agriculteurs et cantonniers à travers le regroupement dans les sociétés coopératives, afin d’accroitre le contenu communautaire des investissements publics, notamment les effets d’entrainement sur l’économie rurale. (www.economie-developpement.com)

A tout prendre, le projet que notre Centre propose au Gouvernement, stimulera l’encadrement et la mobilisation d’entrepreneurs ruraux, en vue d’évoluer  en partenariat avec l’Etat, les partenaires financiers extérieurs ainsi que les investisseurs étrangers dans la réalisation du programme de développement de 145 territoires (PDL 145).

Fait à Kinshasa, le 6 juin 2022

Aaron LUTETE

Directeur Technique du CERPECS

 

 

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