Flash

BAN2

 

Voici un titre plein d’ambitions et lourd à porter ! Nous l’avouons, le texte qui le porte sort des cadres ordinaires de la division du travail que l’on qualifie d’intellectuel qu’on sait instaurer dans la pensée soumise aux institutions de recherches universitaires. Mais ! Comment un scientifique  dans le domaine de recherche peut-il aller jusqu’à s’interroger sur une idée de ce genre ?

C’est bien simple, nous avons, à tout hasard, des grands noms dans la légende des grands génies et, nous avons,  en les observant, cheminé avec eux, très modestement sur le sentier, combien tortueux, du voyage qui les a conduit « de la pensée à l’action », c’est-à-dire, à la réalisation concrète de leur projet projeté dans leur pensée. Et tout au long du voyage, nous avons observé de près, à notre façon et selon nos limites, l’intuition créationnelle et son rôle dans l’avènement, en eux, des idées ; alors  que nous savons, « les idées ne nous appartiennent pas ! » Qu’est-ce que nous racontons ? Ceci est pourtant vrai.

Poussant un peu plus loin la réflexion au niveau métaphysique, nous avons conclu qu’au fait, les idées, toute idée se trouve logée dans « un Grand magasin » que nous appelons la « Conscience universelle » où chacun, selon sa perspicacité, peut puiser les prémisses des connaissances.

 « Le savant à la recherche des idées ? » Réponse ! Par la Pensée inventive et non pas par la science elle-même et son absolutisme prétendument infaillibles. A lire, en général les expériences « savantesques » de ces savants, nous avons compris qu’ils avaient bien un style d’idées qui, quelque part, est différent du style littéraire, même si à notre avis cette différence n’est qu’apparente. Nous ne savons vraiment pas si un savant, en concevant, a le souci du style. Son « affaire » se résume à « concevoir bien » pour que les idées et les mots arrivent clairement  et aisément. C’est dans cette ambiance que se meut librement et avec poids un savant. Il n’est pas  au départ un « écrivain » du type littéraire trempé dans des émotions idéologiques et dans une sorte de mobilité vibratoire. Le style d’idées d’un savant est, à notre avis, indépendant de sa sensibilité individuelle, de son équation personnelle. C’est dans ce sens que l’esprit du savant fait des nouveaux concepts fécondants propres à son domaine. Et il a du plaisir dans tout cela.

Le savant ne se fatigue pas dans la recherche des idées qui, elles, se trouvent attendant, de l’aurore des temps à la porte du Cosmos. Là, les idées déambulent va et vient, ayant soif qu’on les capte par ceux qui sont dignes d’elles ; au détour des sentiers, attendant, elles apparaissent avec un visage souriant ; elles viennent à la rencontre.

Le savant qui comprend le fondement de sa « savanité » se trouve déjà dans comportement qui transpire visiblement son « ouverture à la vie » c’est une personne qui a saisi le « rôle irremplaçable de l’intuition dans son aventure, « savantesque ». En troisième lieu il doit comprendre que, nulle part qu’ailleurs, la grande loge de ses idées c’est, sans conteste la Conscience Universelle. C’est ici, en quatrième lieu, s’il veut vraiment étayer son labeur, que son être doit se mouvoir en Un avec l’Univers. Et j’appelle cela « Prendre conscience de sa conscience ». C’est après cette étape ultime qu’il sentira subtilement en cinquième lieu, comment, ô combien le « style » qu’il doit adopter pour s’exprimer est, quelque par différent du style des écrivains ordinaires. Restant attentif observant le monde, son vécu réel, croyant à la place de l’intuition dans son entreprise, ayant pris conscience que ses idées ne sont pas, à proprement parler, les siennes, il osera et se plongera, corps et âme, dans son ardue aventure pèlerine de recherche, pendant que sa pensée se fait idées de celles-ci deviennent chair et chose voulue. C’est dans cette eau bouillante d’un labyrinthe compliqué qu’il ose effectuer un « voyage » aussi complexe, aussi multidimensionnel « entre la pensée et l’action » ; un voyage à coup sûr qui est une entreprise risquée et périlleuse.

Comprendre les fondements d’un tel vecteur c’est en même temps en fixer les repères. C’est l’abandon de l’illusion de se croire coupé de l’univers qui l’entoure ; c’est comprendre qu’il est sans sens s’il ne se voit pas couler, comme dans l’ensemble œkoumène, cosmique et cosmologique ; c’est comprendre qu’il n’est pas sans le lien à l’ensemble sans comprendre l’ensemble. Un  homme inspiré, une femme inspirée (Homme) qui se croit bénéfiquement être dans la « savanité » doit impérativement se convaincre que l’illusion à tous les niveaux est la cause des pires des erreurs et de toute souffrance et de tous les malheurs. L’illusion la plus nocive qui peut aliéner un homme, c’est de croire qu’il peut être séparé du Tout ; de voir isolé de la Source dans laquelle il s’origine constamment. Nous disons « nocive », parce qu’elle est non seulement extérieure à l’Homme, mais elle crée, en lui, une dualité trompeuse qui engendre la peur, la méfiance et le besoin sans cesse de vouloir se protéger du perçu comme menaçant ; et aussi le besoin de dominer qui mène à tous les conflits, à toutes les violences, exprimées ou refoulées.

Dans son voyage éprouvant de la pensée, l’Homme savant découvre comment sa dualité entretenue divise le monde, les peuples, les sexes, le corps et le mental, l’émotion et l’idée, sentiment refoulé et façades maintenues. L’Homme savant dans son voyage, doit savoir que quand la tête est coupée du cœur, l’esprit est distinct du corps ; et le conscient rationnel vogue à la dérive, loin de l’intuition profonde. Il doit savoir que pendant ce périple, son mental analytique conséquent et dominateur entretien d’une manière auto-punitive, le séparatisme nocif qui brise son être. Il doit se convaincre que les pouvoirs de la pensée sont spontanés et immédiats comme l’éclair ; et que le corps répète l’esprit sur le plan visible. Il matérialise la pensée. Il doit savoir que tout dans l’univers est inter-relié, se tenant et se répondant de façon complémentaire. « Il n’existe pas d’êtres solitaires. Chaque créature, en un certain sens, est reliée à tout le reste et en dépend… Nous avons des noms pour étiqueter chacun comme un moi et nous croyons sans réserve que ce système d’appellation va garantir l’entité, la séparation absolue de chacun de nous. Toute idée chère d’un moi unique, d’une autonomie, d’une indépendance individuelle, d’une île d’égoïsme, est en réalité un mythe » (Lewis Thomas cité par P. Gaboury)

Le savant dans son voyage entre la pensée et l’action doit avoir  en tête que l’univers est une chambre close, insonorisée où tout s’y répercute d’un bout à l’autre ; où tout émane d’une seule source/énergie/intelligence. Il doit faire place privilégiée à la spiritualité. D’ailleurs, aujourd’hui, la Science elle-même a découvert enfin que l’univers, fondement de la connaissance, fonctionne en tant qu’Un ; et au physique et à l’invisible psychique, psychologique et spirituel. La Science n’est qu’un produit de la Conscience. Le conscient rationnel confirme l’intuition spirituelle. La conscience rationnelle n’est qu’illusoirement la source des connaissances ; car elle est incapable de guider, de diriger la pensée ; elle ne peut que confirmer, démontrer et classifier ; bien que ce rôle soit absolument nécessaire, bien qu’unique, ne peut jamais remplacer celui que joue l’intuition  du périple de « savanité ». Nous parlons plus loin de l’intuition créatrice ; celle qui jaillit du cœur, de la conscience spirituelle, plus féminine et plus spontanée.

L’homme savant dans sa « savanité » doit se sentir spirituel, ouvert sur toutes les données des croyances humaines. Dépassant celles-ci, il se sentira en pleine communication avec lui-même, pour permettre ainsi les idées de venir à lui. Il est, à ce moment, dans un état de réceptivité totale du Divin créateur de toutes les choses. Un tel état, pour être, pour advenir, ne se fait que dans le silence mental. Voici celui qui peut créer le « demain ». Un homme qui, loin d’avoir peur, ni d’être soumis à la séduction du matériel tentateur, qui, loin de séduire, de contrôler, d’assujettir, est avec modestie simplement, reliée à l’Univers sans y être attaché, en relations intimes avec toutes les choses, mais en même temps, pleinement autonomes.

Ces genres d’hommes, je le veux au pluriel,  apprennent toujours à voir à travers, ils cherchent sans cesse. Ils savent bien qu’aucune déception n’est définitive à celui qui attend et espère tout en étant réceptif  et en se faisant canal des connaissances universelles. Ainsi est-il initié à la compréhension du monde.

L’homme qui commence c’est celui-là qui a compris qu’au commencement était la pensée lumineuse ; qu’au commencement était le dessein ; qu’au commencement était l’intuition d’ensemble. La totalité entretenue comme l’arbre contenu dans la semence. C’est celui qui a compris qu’il est la semence produite par l’Arbre. L’effet de l’Arbre : Sa production ; qu’il est le fils de l’Arbre. Il est donc l’Arbre lui-même. Nous pensons, pour notre part, que la semence c’est la pensée, c’est l’Arbre à l’état de possibilité, de sommeil, d’attente. Nous pensons aussi que pour que l’Arbre se réalise à même la semence, il faut une transformation radicale, une mutation se fasse au niveau de la racine même.

Mais, cependant quand nous regardons la semence, nous ne voyons pas l’arbre. Il me faut une vision de source, une intuition libérée des apparences ; une conscience de ce qu’est l’être total à déployer. Sinon la semence ne restera qu’une simple graine de poussière. Nous pouvons donc comprendre que l’effet de l’Arbre, le point d’arriver du processus, est en même temps la cause de l’Arbre. Et la condition pour que la semence (la pensée) devienne ainsi productrice c’est qu’elle entre en croissance au-delà de l’enclos qui l’enserre, pour se compromettre avec l’expérience, la contemplation, la méditation, l’intuition, la visualisation ; qu’elle fasse éclater sa coque, brise son armure au point de ne plus être une petite capsule protégée et stérile. Ainsi, à ce moment, la pensée, la semence, devient-elle en poussant, verte, c’est-à-dire matérialisée qui n’a plus aucune ressemblance avec la semence, et qui est  dans la mesure même ou la semence (la pensée) n’est plus. Tout est accompli : « Il faut que lui croisse et que moi diminue ». La semence est devenue Arbre, comme elle avait été toujours à l’état de désir, de dessein, de réceptivité. De même  la pensée est devenue la « chose » créé désirée, produite. C’est cela que Nous appelons : le voyage de la pensée à l’action. La direction est unique ; la signification mêmement. Le destin de la semence était l’apparition de l’Arbre. Il n’y avait en réalité que l’Arbre en elle, rien d’autre. « Où commence l’Arbre, où commence la semence ? » Nous pouvons en ce qui nous concerne dire : « Où commence la pensée, où commence son produit, la « chose » crée ? Ils naissent, au fait ensemble, inséparables, aucun ne précède l’autre. Ils sont une seule action, un tissu indéchirable.

Jean  Kambayi  Bwatshia

Professeur Emérite

Recteur de l’Institut Facultaire des

Sciences de l’Information et de la Communication

 

Pin It

Statistiques

22145016
Aujourd’hui
Hier
Cette semaine
La semaine passée
Ce mois
Le mois dernier
Au total
5595
16468
119478
21931225
311056
440043
22145016

Your IP: 34.231.147.28
2022-05-21 06:51

Les plus lus

  • Partenaires

  • Médias

  • Tout

Nos Partenaires

  • africatime.jpg
  • africa_n1.jpg
  • allafrica.jpg
  • logo-monusco.jpg
  • okapi.jpg