Dans la droite ligne de la clôture du mois de la femme, Apolline Musengeshi Musau, Présidente et Fondatrice de Ndalamumba Asbl, a présidé, jeudi 24 mars 2022 à Limete 7ème rue, quartier résidentiel, une rencontre des femmes Songye. Objectif, établir un bilan introspectif afin de baliser la voie pour de nouveaux horizons. Dès l’entame, il a été d’abord question de rappeler la signification de la commémoration du mois consacré à la défense et à la promotion des droits des femmes, partant établir la corrélation avec les statuts de la femme Songye. A l’issue de ces fructueux échanges, des pistes et solutions ont été dégagées qui pourront faire de la Ndalamumba une femme qui lutte pour une cause noble et clairement définie, partant de ses origines.

Grandes lignes

Femme d’honneur et de pouvoir, cela est une appellation de respect car selon la coutume Songye, la femme est au centre de toute la civilisation. Sur cette base, Apolline Musengeshi Musau a rappelé à la nouvelle dynamique, son  adhésion mentale, par un comportement digne de la Ndalamumba, qui est l’image de l’excellence. D’après elle, les femmes sont censées se comporter dignement, en tenant compte de leur appartenance à cette grande communauté, qu’elles ne peuvent pas renier.

Dans la suite de son message, elle a retracé les actions antérieures que l’association a posées, quant à la reconnaissance sur le plan national de l’existence et l’émergence de la femme Songye, parce qu’on la confondait, sans réaliser qu’elle avait des coutumes particulières, dans son acceptation comme femme, épouse, et veuve. D’où, la nécessité d’établir la démarcation avec les femmes d’autres souches, de sorte que les originaires l’intériorisent et la préservent comme un trésor.

Compte tenu de l’exode rural qui s’intensifie, elle a décrit les dangers liés à l’abandon des terres, qui laisse un espace favorable à d’autres peuples, ce qui est un gros désavantage. Raison pour laquelle, elle les a encouragées à s’imprégner de cette problématique et d’y proposer des voies et moyens, car la nature a horreur du vide. 

Lien avec le thème de l’année

En rapport avec ce thème, Apolline Musengeshi Musau estime que cette thématique est d’une portée capitale. Ce qui justifie la sélection faite par  l’association en trouvant celles qui sont nées à Kabinda, et qui connaissent les réalités environnementales de cette région de la RDC. Car les érosions, les routes délabrées et inexistantes constituent une véritable préoccupation actuelle, ce qui nécessite de nouvelles initiatives.

Pour ce qui concerne l’égalité des droits et de sexe, elle a rappelé que dans la coutume, les hommes ne considèrent pas les femmes comme leurs ennemies, et il existe une égalité naturelle connue de tous.

Au niveau provincial

Par cette sensibilisation des originaires, elle a parlé au cœur de chacune sur la nécessité de prendre en charge la vulgarisation du plan d’actions repris dans le plan de développement de 145 territoires. Et au travers des actions concrètes sur terrain, il sera évident que cette dynamique féminine soit un véritable groupe de pression, et un vecteur de l’épanouissement du Musongye.

Face à quelques réalités, elle a fustigé certaines instabilités constatées dans la Province de la Lomami, et a insisté sur le développement de celle-ci, dont des inimitiés et des querelles devraient être mis de côté. Tout en s’inspirant d’autres provinces qui émergent, elle a demandé aux élus de penser à la population et d’oublier les conflits personnels qui empêcheraient la province d’évoluer.

Au terme de cette rencontre, les femmes ont rehaussé leur niveau de compréhension du rôel qu’elles doivent jouer dans leur communauté et ont décidé d’avancer dans la solidarité, pour lutter de manière noble et de travailler pour le progrès de leur chère province, en mettant à sa disposition leurs connaissances et leur savoir-faire.

C’est donc depuis plus 20 ans que Ndalamumba Asbl lutte pour le bien-être sur les plans politique, social et environnemental du peuple Songye, en général. Elle a été créée en 1999 et ses statuts notariés en février 2000.   

Niclette Ngoie