*C’est à l’issue de la session ordinaire qui s’ouvre ce mardi 15 mars 2022, au parlement,  que l’on saura un peu plus quant à la tenue ou pas des joutes électorales dans le délai constitutionnel. En effet, face à certaines contraintes et spéculations qui émaillent de tous les bords, les discours d’ouverture que vont prononcer Christophe Mboso et Modeste Bahati doivent être des signes avant-coureurs de ce qui doit être fait durant les trois prochains mois. Tenant mordicus aux us et coutume de deux chambres sœurs du parlement de la RDC, les deux speakers vont tenir compte de la feuille de route présentée par le patron de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Denis Kadima,  pour interpeller leurs collègues, encourager et orienter les élus du peuple ainsi que les élus des élus  de pouvoir  travailler sans relâche en vue de doter la République des lois essentielles qui permettront d’organiser les élections dans le délai.

Respect de la feuille de route

D’ores et déjà, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) se déploie pour que sa feuille de route soit respectée et que les élections soient tenues dans le délai constitutionnel. Les membres de la CENI, conduit par le Président Denis Kadima, avaient, à quelques jours de l’ouverture solennelle de la session ordinaire de mars, échangé avec les représentants de deux chambres du parlement, respectivement Christophe Mboso N’kodia et Modeste Bahati Lukwebo. A la Chambre haute du parlement, les membres de la CENI avaient  abordé avec le Président Modeste Bahati Lukwebo, toutes les questions pertinentes liées au processus électoral. «Vous savez que nous avions sortis notre feuille de route, cette dernière parle des étapes des réformes électorales, et cela va se faire évidemment, avec le Sénat qui joue un rôle très important », martelait Denis Kadima.

Aucun retard

Aucun retard ne sera toléré. Pour Denis Kadima, le possible retard dans l’adoption des lois essentielles au processus électoral à la session de mars 2022 aura certainement une incidence sur la mise en œuvre des opérations électorales. «Toujours dans la rubrique relative aux lois, l'incertitude sur les grandes options à lever dans le cadre des réformes électorales. Vous pouvez imaginer si par exemple on optait pour le deuxième tour des élections présidentielles ça aura sans doute une incidence sur la feuille de route, ça aura aussi une incidence sur le budget des opérations, il en est de même pour les scrutins directs et indirects notamment, pour les gouverneurs, vice-gouverneurs et sénateurs. Il y a aussi la prise en compte du vote des Congolais vivant à l'étranger, tout ça une fois décidé ça pourra avoir sans doute une incidence sur cette feuille de route et bien entendu sur le calendrier qui suivra. Le retard dans l'adoption de la loi portant répartition des sièges par circonscription électorale conformément au calendrier des élections pourrait aussi nous affecter», avait martelé Denis Kadima Kazadi.

Pour le patron de la centrale électorale, il est question d'abord de traiter ces matières à temps, parce que, s'il y a un retard dans le processus électoral, cela va affecter les opérations. « C'est pourquoi, nous avons voulu juste nous assurer que, le Président du Sénat à son niveau, pose les actes qu'il faut, pour que nous puissions avoir des réformes à temps afin d'avancer avec le processus électoral », a-t-il renchéri. A noter que hormis le Président Bahati Lukwebo, les membres de la CENI ont également échangé avec le premier Vice-Président du sénat, Eddy Mundela ainsi que quelques membres du bureau de cette chambre.

Réformes, processus de qualité

A la Chambre basse du parlement, la délégation des membres du bureau de la CENI, conduite par Denis Kadima Kazadi, avait  conféré avec le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso N’kodia.  Là aussi, il était question des réformes électorales prochaines. Au sortir de cette entrevue avec le speaker de la Chambre basse du Parlement, le président de la CENI avait noté que la Commission électorale nationale indépendante travaille pour un processus électoral de qualité. « C’est dans ce cadre que nous sommes venus voir le président de l'Assemblée nationale, discuter de la collaboration qui aura entre nos deux institutions. C'est une évidence, la Ceni conseille le Parlement en matière électorale et bien d'autres choses sur lesquelles on peut discuter avec les parlementaires. Il est vrai que les lois ne sont pas en souffrance, il peut y avoir des réformes, le cas échéant et nous savons qu'il y a une proposition de loi, nous allons l'analyser à notre niveau et en discuter avec l'Assemblée nationale. Et nous espérons que durant cette session du mois de mars, ces discussions devront avoir lieu. Il est indéniable que ces réformes ont un impact sur nos opérations. Plus tôt c’est fait, mieux ça vaut », lâche-t-il.

Contraintes

En outre, la CENI a fait une analyse des risques. « Une analyse faite sans complaisance et nous avons identifié un certain nombre des contraintes qui pourraient affecter négativement la mise en œuvre de cette feuille de route. Il s'agit d'abord des contraintes politico-sécuritaires, le retard de l'appui des institutions de l'État dans l'accompagnement de la CENI peut entraver le processus électoral en cours. Il y a aussi l'insécurité dans certaines zones du territoire national, ça peut avoir une incidence sérieuse sur les opérations électorales notamment, le déploiement du personnel et matériel ainsi que la collecte des données», a-t-il poursuivi.

Le parlement de la RDC devra coûte que coûte montrer sa volonté, celle  d’œuvrer pour que la Centrale électorale puisse organiser les élections crédibles, transparentes et apaisées dans le temps.

La Pros.