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 J’en appelle, au-delà de la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, à tous les Chefs d’Etat dont le pays est membre de l’OIF. J’en appelle au Président Macky Sall et à son leadership. J’en appelle au Président Abdou Diouf, ancien Secrétaire Général de l’OIF. J’en appelle au Président Macron dont le pays abrite le siège de l’OIF, dont le pays est la mère de cette fille si belle qu’est la langue française.  L’heure est grave ! Le temps presse. Nous apprenons que les Jeux de la Francophonie qui doivent se tenir en terre africaine, au Congo Kinshasa, sont menacés et seront déprogrammés pour des raisons d’impréparation dont le pays du Président Félix Tshisekedi serait coupable !

Non ! N’allons pas si vite. Il importe d’abord de féliciter la République démocratique du Congo qui est venu au secours de l’OIF quand, honteusement, le Nouveau Brunswick s’est déculotté, en renonçant à organiser la 9ème édition  des Jeux de la Francophonie. Ces jeux sont incontournables ! Ils sont le cœur et le poumon de notre organisation commune. Ils constituent les seuls et uniques moments ou la Francophonie s’exprime, se solidifie, rassemble, unit, prospère, fait naître ce sentiment puissant d’appartenance à une même aire, à une même et vraie famille autour de la langue française. Sinon, où, mais où donc avons-nous vu, senti et prouvé que la Francophonie était vivante, rayonnante, conquérante ? Nulle part ! Ne nous parlez surtout pas des sommets soporifiques et clinquants des Chefs d’État ! Les Jeux de la Francophonie sont le seul évènement exceptionnel qui, à lui tout seul, porte toutes les dimensions de notre espace de langue. Ces Jeux sont les seuls à consolider l’avenir de notre communauté. La locataire de l’Avenue Bosquet dans le 7ème arrondissement de Paris, doit le comprendre et se battre pour sauver ses jeux ! L’OIF n’a aucune visibilité autre que ces jeux. Elle est morte sans ces Jeux, si elle ne l’est pas déjà depuis longtemps. Où résonne-t-elle l’OIF ? Où la voit-on ? Où donc l’entend-on dans le concert mondial ? Silence de cimetière ! Nous ne voulons pas de cette Francophonie-là !

Tenez donc : un évènement comme les Jeux de la Francophonie rassemble et réunit plus de 4000 jeunes talents venus des 88 États et gouvernements de la Francophonie, se mesurant et fraternisant dans des compétions, des concours, dans nombre de disciplines artistiques et sportives, tous locuteurs de la langue française. Qui fait mieux dans le monde ? Et voilà que l’on veuille assassiner une si belle communauté, sous le prétexte que le pays hôte qui s’est admirablement et généreusement proposé pour recevoir ces jeux ne serait pas prêt ? Le Président Tshisekedi, son ministre en charge de ses Jeux, tout son gouvernement, tout le peuple congolais, s’activent pour recevoir cette jeunesse francophone vibrante qui n’a rien d’autre pour se rencontrer, se connaitre, fraterniser et à qui la France, la première, le Québec ensuite, refusent des visas pour circuler, s’aimer, vivre, travailler, se former, tenir en vie une langue française que rien ne pourra vaincre, malgré d’insoutenables politiques de fermeture des frontières !

Non, la politique ne peut pas être la plus grande ressource naturelle de la Francophonie ! C’est plutôt la culture qui la remplit. La Francophonie est d’abord, qu’on le veuille ou non, un appétit de rencontre et de fraternisation, un appétit linguistique, une soif de servir une langue sans renoncer à la sienne. Les Jeux de la Francophonie sont une brûlure, une rage de vaincre les « identités meurtrières ». C’est une armure. Ne laissons pas une arme que nous aurons nous-mêmes fabriquée, sécrétée, pénétrer cette armure et tuer cette belle communauté qui est une véritable chance pour tous !

Levez-vous Présidents Macky Sall, Abdou Diouf, Macron pour porter le flambeau de ces Jeux. Ne laissez pas ces Jeux mourir. Ayez confiance au Congo. Ayez confiance en son Président. Tout le peuple congolais est sur les chantiers ! Laissez l’Afrique, de nouveau, recevoir comme elle sait si bien le faire la Francophonie. Ne reportez pas ces Jeux ! 

Aussi loin que l’on pourra regarder, la langue française vivra et prospérera. Sa diversité lui assure cette éternité. L’Afrique lui assure des héritiers tenaces. Elle est devenue une langue de métissage et le métissage est l’avenir de notre civilisation. Elle est une langue universelle, parce que langue de l’esprit et langue du cœur. Jamais la langue française ne vieillira, car l’amour ne vieillit jamais. C’est d’un lien obstiné, dont il s’agit ! Et ce sont justement les Jeux de la francophonie qui tiennent le mieux en vie cette obstination !
N’est-ce pas les Jeux de la Francophonie qui ont eu lieu en 2017 à Abidjan qui, les premiers, ont fait découvrir au monde l’écrivain africain Bougar Sarr qui, plus tard, a remporté le Goncourt en France ? Sans compter nombre d’autres disciplines sportives auxquelles il faut ajouter des disciplines artistiques et créatives dont la peinture, la sculpture, l'art numérique, le conte, la danse, la chanson, les marionnettes géantes, le hip-hop, la photographie la jonglerie. Comment assassiner tant de Mozart ? Les jeux de la Francophonie sont la plus belle carte postale de l’OIF.

Laissons le Congo accueillir les Jeux ! Ce pays est venu à notre secours ! Respectons-le ! Ne les reportons pas aux calendes romaines ! Ensemble, soutenons-les ! Refoulons les mauvais sentiments ! Refoulons les critères litigieux ! Votez oui pour ces Jeux ! Je demande à mon pays le Sénégal et à son Président d’œuvrer pour la tenue de ses Jeux au Congo ! Ils sont le plus grand évènement consacré à la jeunesse francophone ! Ils sont le projet le plus transversal des projets de l’Organisation de la francophonie ! Ils laissent des legs considérables au pays organisateur en matière d’infrastructures sportives, culturelles ! Le Niger et la Côte-d’Ivoire en sont les exemples les plus illustratifs ! Il faut sauver ces jeux !

Il nous faut manifester notre solidarité à la République démocratique du Congo ! Nous n’avons pas le droit d’humilier le pays le plus francophone d’Afrique ! Il faut donc donner sa chance à la RDC qui, après le désistement inattendu du Nouveau Brunswick, s’est courageusement portée volontaire pour accueillir les 9èmes Jeux de la francophonie ! L’Etat et le gouvernement congolais ont suffisamment donné des gages d’une volonté politique et d’impulsion d’une nouvelle dynamique pour l’accueil du seul évènement majeur à dimension mondiale organisé dans un pays qui, depuis des décennies est marqué par la guerre, les épidémies, les conflits politiques ! Ne laissons pas tomber le Congo ! Ne laissons pas tomber les Jeux de la francophonie ! C’est maintenant ou plus jamais ! Redonnons du souffle à notre communauté ! Elle a besoin de sortir des bureaux de Paris pour respirer, vivre, gagner !

Amadou Lamine Sall

Poète &  Lauréat des Grands Prix de l’Académie Française

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