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Il y a de cela trois décennies que des milliers de kinois descendaient dans la rue, un certain 16 février 1992, pour une marche pacifique dénommée «marche de l’espoir», à l’appel d’une association catholique laïque. Ils revendiquaient la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Cette dernière avait pour objectif de faire une évaluation sans complaisance de la situation politique du pays, avec tolérance et justice afin de baliser le chemin de la démocratie et du changement social. C’est dans ce contexte de commémoration que Jean-Marie Ntantu-Mey a retracé quelques repères pour comprendre les faiblesses et la petite histoire de la société civile. Cette dernière, selon lui, a joué un grand rôle au cours de la CNS, puisqu’aucun acteur politique de l’époque ne pouvait accéder à un poste au bureau de la CNS sans l’accord, ni le soutien de la société civile réputée opposante radicale du pouvoir dictatorial de Mobutu.

 Vendredi 14 janvier 2022, sur le compte Twitter de Jean-Marc Kabund-A-Kabund, un tweet est publié : "En ce jour je prends la décision de démissionner de mes fonctions de 1er VP de l'AN." Il est exactement 14 heures passées de 33 minutes. Quelques instants plus tard, ça retweet déjà de partout. Ci et là, le véritable sens de ce tweet dont le déclencheur direct était à peine perceptible, fait débat. Pourtant, à considérer le parcours éprouvant de cet homme au sein de l'UDPS depuis sa jeunesse, et même son abnégation aux côtés du Dr Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, l'on a du mal à imaginer un tel scénario, puisque tout portait à croire que le poste de Premier Vice-président de la Chambre basse du Parlement, était un aboutissement, la lumière au bout de ce long tunnel de la lutte pour l'instauration d'un Etat de Droit. Ayant subi humiliations, flagellations, persécutions, ainsi que des  affronts de toutes sortes, dont le dernier en date était avec Jeannine Mabunda alors Présidente de l'Assemblée Nationale, Kabund a été de tous les combats. Mais pourquoi tout lâcher maintenant, juste au moment l'on respire enfin la quiétude ?

L'héritage du Dr Etienne Tshisekedi

Créé le 15 février 1982 par les treize parlementaires au moment où le système dictatorial mobutiste était à son apogée, dès sa naissance, l'Union pour la Démocratie et le Progrès Social, UDPS en sigle, a un leader : Etienne Tshisekedi Wa Mulumba. Au sommet de ce parti politique devenu légale que quelques années plus tard avec le multipartisme, Ya Tshitshi, comme on le surnommait, y restera jusqu'à ce qu'il tire sa révérence le 1 février 2017, terrassé par la vieillesse et la maladie, à juste quatorze jours du trente-cinquième anniversaire de la création de l'UDPS.

Alors que l'on voyait déjà Félix Tshisekedi, fils biologique du leader incontesté de l'UDPS, se tenir aux côtés de son père dans ses meetings un peu partout dans le pays et à l'internationale, notamment lors de la campagne électorale de 2011 et dans la suite, lorsque ce dernier a voulu désigner son second, ce n'est pas sur son fils qu'il a jeté son dévolu. Peu avant sa mort, Etienne Tshisekedi installe Jean-Marc Kabund-A-Kabund au poste de Secrétaire Général de ce parti qu'il incarne depuis plus de trois décennies, et ce sera sans doute l'une de ses dernières plus importantes décisions.

Rien n'a jamais transpiré sur le véritable plan du Sphinx pour le jeune Kabund, ni pour sa succession au sein de l'UDPS. Mais il est impossible que les initiés n'en aient pas eu connaissance. Pour les profanes, tout ce que l'on peut dire, c'est qu'à travers ce geste, s'il était donné à Ya Tshitshi de vivre encore assez longtemps pour prendre sa retraite, il y aurait de chances infimes que son fils Félix accède à la présidence du parti après son départ. Et cela est peut-être l'une des raisons ayant occasionné la scission du parti en plusieurs morceaux (UDPS-Kibasa, UDPS-Tshibala, etc.), dont le plus grand à ce jour demeure celui de Limete.

Alors qu’Etienne Tshisekedi n'est plus, et que le pays traverse une crise politique et constitutionnelle. De toute urgence, le plus grand parti d'opposition doit se choisir un nouveau leader. Après plusieurs tractations à l'interne, Jean-Marc Kabund, devenu la tête du parti par un concours malheureux de circonstance, organise malgré lui un congrès, à l'issue duquel Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo devient président, à la place de son père décédé.

Au fond, Kabund est mécontent. Pour lui le congrès a été un moyen légal de marcher sur les dernières volontés du Sphinx. Mais il a sûrement dû être amadoué pour lâcher l'affaire et se ressaisir. Après tout, comment pouvait-on se débarrasser de celui que le Grand Esprit lui-même a placé ? Par-là, l'on comprend que Kabund a été forcé de vendre son "droit d'aînesse", et de ce fait, l'héritage qui lui était échu.

L'omniprésence de présence de Kabund

Echéances électorales oblige, l'UDPS a déjà son candidat. C'est le Président du Parti, naturellement. Mais face à Kabila et ses stratégies toujours ajustées au millimètre près, l'opposition redoute le pire. Elle décide de présenter un front commun au dauphin de Kabila, pour barrer la route à la machination. Il fallait donc élire un candidat qui devra porter toutes les voies de l'opposition pour la présidentielle de 2018. Pour les héritiers de Tshisekedi Wa Mulumba, cet honneur  leur revenait de droit, puisqu'étant le parti le plus vieux, le plus grand, le plus populaire, et plus qu’aucun autre, chargé d'histoire.

Cependant, avec trop de légitimité, les autres membres de l'alliance ne sauraient avoir une marge de négociation assez importante, pour le partage des postes en cas de victoire. C'est ainsi que l'on porte Martin Fayulu à la tête de l'opposition unie. C'était sans compter sur la perspicacité de Kabund. Portant le sang chaud du Sphinx, il mobilisera la base pour boycotter ce choix, sans doute parce que c'est l'UDPS qui devrait fixer les modalités des négociations en cas de prise de pouvoir, et non le contraire. Assurément, le vieux Etienne ne l'avait pas choisi par hasard.

De l'autre côté de la Méditerrané, cette mobilisation générale fera sursauter Félix Tshisekedi de son sommeil, et le fera retirer sa signature, pour s'allier avec Vital Kamerhe qui n'est pas gêné du tout d'être second. Lorsque Fatshi sera proclamé cinquième Président de la République Démocratique du Congo, il devra donc une fière chandelle à Kabund, sans la clairvoyance duquel il n'y serait jamais arrivé, en tout cas, pas en 2018.

Devenu le Président en fonction en 2019, Fatshi rendra l'ascenseur à Kabund en le plaçant comme Président ai de l'UDPS, en attendant l’organisation d’un congrès pour voter le nouveau président du parti. Le congrès n'aura jamais lieu.

Avec la coalition FCC-CASH, Kabund est élu au poste de Premier Vice-président de la Chambre Basse du Parlement, mais il en sera évincé quelques mois plus tard, ne faisant pas le poids contre la pression du FCC. C'est alors qu'un nouveau combat commence, celui de renverser le bureau Mabunda. Kabund s'empare du sujet et le prend à bras-le-corps. C'est le début d'un mouvement qui conduira à la création de l'Union Sacrée de la Nation, détenant le record historique de la plateforme ayant rassemblé le plus de transfuges en moins de 24 heures.

Le Chef de l'Etat s'acquiert donc une nouvelle majorité, celle qui dorénavant, lui obéira au doigt et à l'œil. La nouvelle majorité reconduit Kabund à son poste, cette fois au sein du bureau Mboso. Mais on sait tous que Mboso n'est là que pour la forme, et que la personne qui décide réellement n'est autre que Kabund.

Fort de ses exploits, de ses hauts-faits, Kabund a peu à peu commencé à prendre plus de place qu'il n'était convenu dans leurs accords avec Fatshi, si bien que dans son élan d'omniprésence, le choc entre les deux hommes devenait inévitable. Pour Kabund, Fatshi n'est rien d'autre qu'un fils à papa qu'on a pistonné, voire catapulté à la tête du parti, et pour Fatshi, Kabund est un prétentieux qui se croit tout permis.

La goutte de trop

Alors que l'un et l'autre dans leur ressentiment se forçaient à refouler leur aversion réciproque, un incident se produit. Sur la route Poids Lourd à Kingabwa, le cortège du Premier Vice-Président de l'Assemblée Nationale est arrêté par un embouteillage, dont la cause est un véhicule roulant en à contre sens.

Les policiers commis à sa garde descendent pour décanter la situation, et trouve que dans la voiture il y a un homme au volant, et un militaire de la Garde Républicaine (GR) sur le siège passager, Kalachnikov entre les mains. De là tout dégénère. L'élément de la GR est tiré hors du véhicule, désarmé, puis conduit à l'Auditorat Militaire par les policiers, gardes de Kabund. Certaines versions affirment qu'à titre de leçon punitive, ces mêmes policiers auraient crevé les pneus de la voiture prise en infraction du code de la route.

Par la suite, il sera avéré que l'homme dépouillé de sa garde et propriétaire du véhicule martyrisé, n'est autre que le mari de la petite sœur de Fatshi. Cela dit, l'homme était le beau-frère du Président de la République. L'on ne saura jamais vraiment si les deux hommes, Fatshi et Kabund, se sont recadrés mutuellement au téléphone.

Quelques jours plus tard, des images circulaient sur le net montrant la maison de Kabund retournée sens dessus-dessous. Et des rumeurs feront part que les "Mura", surnom donné à la GR, étaient passés chez lui, refaire la déco. Lorsqu'un peu plus tard Kabund décidera de dévoiler les vidéos prises par ses caméras de surveillance sur le web, ce ne sera plus des rumeurs. L'on y voit une multitude de GR tous amés, prendre d'assaut la maison du 1er VP.

En amont, lorsque Fatshi a reçu le rapport de sa petite sœur, du Commandant responsable du détachement de l'élément de la GR, de surcroit désarmé et mis aux arrêts, et éventuellement de ses conseillers, il l'a sûrement pris pour une atteinte à sa personne et à son autorité. L'action de Kabund envers le mari de sa sœur a été la goutte de trop.

L'Opération "Recadrage", effectuée dans la soirée à l'abri des regards indiscrets, était probablement un moyen pour Fatshi d'éviter à Kabund une procédure longue et coûteuse en justice, puis un moyen de laver les linges sales en famille, et enfin un moyen de lui rappeler que c'est lui qui détient l'autorité suprême sur l'armée, la police, les renseignements, etc. comme pour lui lancer un message subliminal à la kinoise "yaya, gardé bande !"

La riposte

Après le saccage de son domicile, certains de ses proches lui ont sûrement dit de se tenir à carreau, de passer l'éponge, d'attendre le bon moment pour riposter avec grâce. Mais le maître-nageur ne l'entend pas de cette oreille. Le vendredi 14 janvier, il lâche un tweet : "Ainsi s'ouvre une nouvelle page de l'histoire, qui sera écrite avec la sueur de notre front, qui coulera chaque jour qu'on affrontera les brimades, humiliations et tortures..."

L'on sent la rogne, le dénigrement, l'aversion. A défaut d'avoir une armée à ses ordres pour rendre la pareille, Kabund se contente de riposter à coups de tweets. Dans le premier tweet, un message subliminal est adressé à Fatshi-Béton. "As-tu écris ton histoire avec la sueur de ton front ? Moi, oui. As-tu affronté les brimades, les humiliations, et les tortures ? Moi, oui." Une manière de lui rappeler ce qui suit : "Dans un pays comme le nôtre, un candidat de l'opposition ne peut devenir légitimement Président de la République sans passer par ces étapes."

Le Bluffe

Avec un peu de recul, et en faisant un gros plan sur l'assaut musclé de la GR au domicile de Kabund, l'on remarque tout de suite des incohérences. Des dizaines des gardes républicains armés pénètrent un domaine, vandalisent, et ressortent sans qu'il y ait dommages collatéraux, alors que le domaine est protégé par la police, la garde parlementaire commis aux membres du bureau, et la garde rapproché qui, tous sans exception étaient également armées. Comment est-ce possible ?

De plus, alors que l'opinion attendait d'être fixée sur l'effectivité de sa démission, silence radio. Pourtant, il était prévu qu'il dépose sa lettre de démission à l'Assemblée Nationale ce Mardi 18 janvier. De qui se moque-t-on ?

D'une part, l'on a une opération commando improvisée qui s'est pourtant déroulée sans accrocs, et d'autre part, une décision de démission non assumée. La seule explication plausible de ces deux réalités est : le bluffe. L'on se montre les muscles, mais personne ne veut concrètement passer à l'action, car cela impliquerait beaucoup trop d'enjeux. L'un face à l'autre, les deux hommes ne veulent pas se montrer faibles. Pour l'heure, ils en restent là.  D'ailleurs, le silence absolu observé de la part de ceux dont les déclarations engagent d'office l'UPDS, l'indifférence des "bouches autorisées" par rapport à ce dossier, en est une preuve. Dans l'entre-temps, les medias s'emballent, les combattants s'entredéchirent, les députés se remuent dans tous les sens...

Caleb Assana

CE JOUR-LA... 19 février, comme aujourd'hui...

Le 19 février 2019, le Patriarche Abdoulaye Yerodia Ndombasi décède à l’Hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa. Il était alors âgé de 86 ans.

Il a été Directeur du Cabinet du Président Laurent Désiré Kabila, son ministre des Affaires étrangères, Vice-Président de la RD Congo sous la transition de 2004 et Sénateur depuis 2006.

En matière électorale en RDC, le vote des jeunes et des femmes est déterminant pour donner au pays un Président de la République, des députés nationaux et provinciaux, mais aussi les autorités locales. Faisant partie du groupe majoritaire (femmes-jeunes), les jeunes ont le pouvoir de déterminer qui pourra diriger le pays en 2023. Le constat fait aux cycles électoraux passés (2006, 2011 et 2018) est que beaucoup de  jeunes ont été manipulés par les hommes politiques pour leur donner leurs voix. Une fois, au pouvoir, les candidats votés majoritairement par les jeunes, les ont totalement oubliés.  

En 2006 et 2011, sous l’administration du Président Joseph KABILA, aucun programme sérieux n’a été mis en place pour la formation, l’accès aux opportunités ou à l’emploi pour les jeunes. Les quelques actions   qui ont été organisées en faveur des jeunes ont été capturées par ceux qui en étaient responsables au profit de leurs proches familiaux ou politiques. En sorte qu’au départ du Président KABILA (en 2019), les problèmes des jeunes sont restés entiers. 

Depuis 2019 que le Président TSHISEKEDI est au pouvoir, on ne voit aucun programme à impact visible et durable pour les jeunes de tout le Congo, malgré le fait qu’ils ont payé un lourd tribut pour que l’alternance ait lieu. L’administration du Président TSHISEKEDI a totalement oublié les jeunes. Pas de formation, pas d’emploi, pas d’opportunités pour eux sur l’ensemble du pays. Lesquelles actions mises en œuvre n’ont aucun impact réel sur l’avenir des jeunes. 

Les jeunes sont victimes de leur attitude irresponsable de faire confiance au premier politicien qui fait des promesses ; lesquelles promesses sont qualifiées plus tard des promesses de campagne, c’est-à-dire,  ne lient pas le candidat élu aux électeurs. 

Il me semble que cette attitude irresponsable de beaucoup de jeunes trouverait ses causes en ceci :

La formation qui est donnée aux jeunes dans les universités ne vise pas à former des femmes et hommes idéalistes et indépendants, mais des personnes qui dépendent du système corrompu qui gouverne le pays qu’ils remettent en cause difficilement ou seulement quand ils sont manipulés par telle ou telle autre personne ;

La précarité des conditions de vie : beaucoup de jeunes sont sans emploi, sans source des revenus. Ils dépendent en grande partie des parents ou de certains groupes (églises, partis politiques et associations sociales) qui ont un pouvoir énorme sur eux et qui peuvent même orienter leur vote en faveur d’un(e) candidat(e) ou d’un parti ;

Absence d’analyse approfondie des candidats : les jeunes comme beaucoup d’autres congolais sont tombés dans le vote tribal ou le fanatisme aveugle envers les acteurs ou partis politiques. Ils oublient qu’un acteur politique, quels que soient les discours qu’il peut faire, il doit faire l’objet d’une analyse critique avant de lui donner son vote. Qu’a-t-il déjà fait dans le passé pour les jeunes ou le pays ? Quelles ont été ses actions, étant au pouvoir, en faveur des jeunes ? Quelle a été son attitude vis-à-vis de l’argent de l’Etat ou de la chose publique ? L’analyse profonde de ces questions (et d’autres aussi) et les réponses qui y seront données devraient déterminer les jeunes à voter pour telle ou telle autre personne.

Le plus souvent les jeunes se contentent des promesses fallacieuses faites lors des campagnes électorales, des t-shirts ou de peu d’argents qui sont distribués au siège du parti ou lors des campagnes.  Cet argent ne peut ni vous permettre de vous lancer dans les affaires ni de prendre régulièrement soins des personnes qui vous sont chères. Il vous permet d’avoir une bière ou un petit pain. Il ne vous garantit pas l’avenir. Faites attention !

Au Congo, nous ne devrions plus voter un individu en fonction des promesses qu’il fait, mais en fonction de ce qu’il a déjà fait dans n’importe quel domaine où il était déjà engagé et particulièrement pour les jeunes.

En donnant son vote sur base des promesses, on court les risques de voter des escrocs ou des individus véreux qui nous répondront plus tard qu’il s’agissait des promesses de campagne. Donc, on peut ou ne pas les mettre en application. Véritable escroquerie. 

Pour éviter la manipulation des acteurs politiques véreux, il est important que les jeunes qu’ils soient engagés dans les partis politiques ou dans les associations confessionnelles ou autres commencent à analyser tous les candidats potentiels à la présidence, à l’Assemblée nationale ou provincial pour ne voter que les candidats dont le passé démontre qu’ils ont fait des choses en faveur des jeunes. 

Les jeunes devraient éviter de donner leur vote aux acteurs politiques impliqués dans la corruption, le pillage des ressources naturelles, le tribalisme ou dans le mensonge (qui font des promesses qu’ils ne réalisent pas).

En 2023, le vote des jeunes sera déterminant pour changer le Congo, alors refusez de vous faire manipuler par les acteurs politiques véreux qui sont nombreux dans notre classe politique.

Partagez et échangez avec les jeunes sur les points développés,  ci-dessus.

Kinshasa, le 18 janvier 2022

Me Jean Claude KATENDE

 

*Pourquoi avons-nous le devoir d’humilité, d’hommage et de reconnaissance envers les Anciens et envers l’héritage et le patrimoine précieux et impérissables qu’ils nous ont légué ?

  1. Il est paradoxal

Il est paradoxal d’affirmer être les disciples politiques d’un tel Leader, d’une équipe de Leaders, de Fondateurs, de Co-fondateurs, de Pionniers, de tous ceux qui nous ont précédés dans le Combat, ou d’une telle force politique mais de mépriser et de jeter dans la poubelle les valeurs, les trésors, l’héritage, le patrimoine, les Acquis positifs de leur Combat, résultats arrachés au bout d’une lutte âpre, de la sueur, des efforts, des souffrances, des bannissements, des emprisonnements, des tortures, des relégations, des sacrifices et même du martyr.

  1. Le progrès de l’Histoire est un processus

Nous rappelons que le progrès, dans l’histoire, ne réside pas dans la substitution, dans la table rase des racines et du passé, mais dans l’enregistrement des valeurs, des idéaux, des rites culturels, des acquis positifs obtenus dans chaque combat, du bien-être, de la sagesse, du génie, des connaissances qui s’accumulent et qui s’accroissent, d’un continuel avancement depuis un degré inférieur et moins quantitatif et qualitatif jusqu’à un degré quantitativement et qualitativement supérieur, dans tous les domaines constitutifs de l’homme et de la société vers l’épanouissement de tous. Chaque génération reçoit de la génération précédente l’héritage des trésors, elle les conserve, les modifie, les enrichit de son apport et de son expérience, agrandis par les fruits de toutes les victoires qu’elle a remportées elles-mêmes et les transmet à la suivante.

L’objectif est de regarder le passé pour éclairer le présent et donner des pistes pour le futur, avec la volonté de mettre en lumière des personnalités qui agissent sur le terrain. Il y est question de lieux chargés d'histoire, de musées, de patrimoine.

La mondialisation ne peut être considérée comme un phénomène nouveau. Elle est dans la nature même du capitalisme dont la tendance à l’accroissement de la circulation des marchandises et des capitaux est caractéristique d’un besoin fort et irrépressible d’expansion. Il serait hasardeux de vouloir saisir les mécanismes de la mondialisation sans en rechercher les racines, qu’elles soient lointaines ou proches.

Si elle peut s’inscrire dans un processus continu à long terme, la mondialisation possède aussi des spécificités strictement contemporaines qu’il ne faudrait pas occulter au prétexte d’en étudier les antécédents historiques. Ces spécificités donnent pour partie à l’époque actuelle quelques-unes de ses facettes qui en font sa singularité historique.

Les années 1990 constituent en effet une rupture significative avec l’accélération de l’internationalisation de l’économie en raison principalement des stratégies des firmes transnationales et des directives émanant des organisations internationales comme l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le Fonds monétaire international (FMI).

La dynamique ainsi enclenchée conduit à l’imposition d’un modèle dominant : celui du marché paré de toutes les vertus et du sens de la fatalité. Francis DASPE ;

Face à la mondialisation, on cherche souvent à retrouver ses racines. Nos racines, c'est souvent une culture à visage humain pour lutter contre la technologie et la technocratie qui ont créé un monde à l'argent roi qui nous déplaît. Nos racines, cela peut être aussi un univers plus sécurisant peuplé de personnes ayant la même culture, les mêmes croyances et les mêmes habitudes de vie que les nôtres. Cosmopolitisme et multiculturalisme font alors aussi peur que la mondialisation ;

La recherche de nos racines devient alors une recherche de notre identité nationale pour nous défendre contre l'envahissement de l'autre, de l'étranger qui ne pense pas, qui ne vit pas comme nous et qui peut chercher à nous nuire, à nous dominer et à nous exploiter par différentes stratégies, notamment le déracinement culturel, l’aliénation mentale, la dépersonnalisation…

  1. Inspirons-nous de l’exemple de deux grands Leaders ci-après qui ont marqué le Monde de leur empreinte indélébile et qui ont eu une attitude édifiante envers les Anciens :
  2. L’exemple du Président Abraham Lincoln

Le premier exemple nous a été donné par le 16ème Président des Etats-Unis, Abraham Lincoln, dans son Discours à Gettysburg (The Gettysburg Address) le 19 novembre 1863.

Le Président avait prononcé ce Discours, resté célèbre, lors de la Cérémonie de consécration du champ de bataille (transformé en Cimetière militaire) qui avait fait 51 000 victimes parmi les soldats de l'Union et de la Confédération entre le 1er et le 3 juillet 1863.

Dans les dix phrases de ce discours, Lincoln s’était effacé et avait mis à l’avant-plan les Pères Fondateurs de la Nation américaine et les Soldats morts pendant la Guerre de Sécession ; replacé son pays dans la ligne historique de la Déclaration d'indépendance des États-Unis ; décrit la guerre civile comme une guerre pour la liberté, l'égalité et contre l'esclavage et interpelé les vivants par rapport à leur devoir de mémoire et leur devoir d’engagement, de loyauté et de fidélité à l’égard de l’héritage reçu des Anciens et des Martyrs.

Ce Discours est inscrit sur les murs du Lincoln Mémorial depuis 1922.

Dans la dernière de ces dix phrases, Lincoln énonce le principe du « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » repris entre autres en 1946, à l'ordre des prépositions près, à l'article 2 de la Constitution de la Quatrième République française puis, mot à mot, dans le discours prononcé par Winston Churchill devant la Chambre des Communes le 11 novembre 1947 et à l'article 2 de la Constitution française du 4 octobre 1958. Voici le texte de ce Discours :

« Il y a quatre-vingt-sept ans, nos pères donnèrent naissance sur ce continent à une nouvelle nation conçue dans la liberté et vouée à la thèse selon laquelle tous les hommes sont créés égaux.

Nous sommes maintenant engagés dans une grande guerre civile, épreuve qui vérifiera si cette nation, ou toute autre nation ainsi conçue et vouée au même idéal, peut longtemps perdurer. Nous sommes réunis sur un grand champ de bataille de cette guerre. Nous sommes venus consacrer une part de cette terre qui deviendra la dernière demeure de tous ceux qui moururent pour que vive cette nation. Il est à la fois juste et digne de le faire.

Mais, dans un sens plus large, nous ne pouvons dédier, nous ne pouvons consacrer, nous ne pouvons sanctifier ce sol. Les braves, vivants et morts, qui se battirent ici le consacrèrent bien au-delà de notre faible pouvoir de magnifier ou de minimiser. Le monde ne sera guère attentif à nos paroles, ni ne s'en souviendra longtemps, mais jamais il ne pourra oublier ce qui fut accompli ici. C'est à nous les vivants de nous vouer à l'œuvre inachevée que d'autres ont si noblement entreprise. C'est à nous de nous consacrer plus encore à la grande cause pour laquelle ils offrirent le suprême sacrifice ; c'est à nous de faire en sorte qu'ils ne soient pas morts en vain ; à nous de vouloir qu'avec l'aide de Dieu cette nation renaisse dans la liberté ; à nous de décider que le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, ne disparaîtra jamais de la surface de la terre. »

LE DISCOURS DE GETTYSBURG (pagesperso-orange.fr), Cercle des Abolitionnistes

  1. L’exemple de Nelson Mandela

Nous nous inspirons notamment de Nelson Mandela - considéré par M. Claude Allègre comme étant la Sagesse africaine personnifiée - de son humilité et de sa reconnaissance de sa reconnaissance envers la contribution des Anciens, des Compagnons de lutte et du sacrifice suprême de nombreux Membres et Cadres de l’ANC qui avaient combattu l’Apartheid avant lui.

Le jour des premières élections démocratiques, c’est-à-dire les élections non raciales au suffrage universel de l’histoire de l’Afrique du Sud organisées du 26 au 29 Avril 1994, Nelson Mandela avait exprimé par un acte symbolique très fort cette gratitude et cette reconnaissance.

Nelson Mandela n’avait voté ni à Johannesburg ni à Prétoria, mais au Natal, dans un petit bureau de vote. Pourquoi ? Donnons-lui la parole :

J’ai voté le 27 avril 1994, le premier des quatre jours du scrutin. J’avais décidé de voter au Natal pour montrer aux gens que, dans cette province divisée, aller dans les bureaux de vote ne représentait aucun danger.

J’ai voté au lycée Ohlange à Inanda, un township dans des collines verdoyantes, au nord de Durban, car c’était là que JOHN DUBE, le premier de l’ANC, était enterré. Ce patriote africain avait participé à la fondation de l’organisation (ANC) en 1912, et j’ai déposé mon bulletin dans l’urne près de sa tombe, fermant ainsi le cycle historique car la mission qu’il avait entamée quatre-vingt-deux ans plutôt était sur le point de s’achever.

Debout près de sa tombe, sur une colline au-dessus de la petite école, je ne pensais pas seulement au présent mais au passé. Quand je me suis avancé vers le bureau de vote, j’ai évoqué le souvenir des héros qui étaient tombés afin que je puisse me trouver là, aujourd’hui, ces hommes et ces femmes qui avaient fait le sacrifice suprême pour une cause qui avait finalement triomphé. J’ai pensé à Oliver Tambo et à Cris Hani, au Chef Albert Luthuli et à Bram Fisher. J’ai pensé à nos grands héros africains qui s’étaient sacrifiés pour que des millions de Sud-Africains puissent aller voter aujourd’hui ; j’ai pensé à Josiah Gumede, à Helen Joseph à Yusuf Dadoo, à Moses Kotane.

En ce jour du 27 Avril 1994, je ne suis pas entré seul dans le bureau de vote, tous m’accompagnaient. Quand j’ai déposé mon bulletin de vote dans l’urne, ils m’entouraient tous et ils ont déposé à travers ma main ce bulletin avec moi.

Cfr. : Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, p. 637-638, Jean Guiloineau (traducteur), ISBN 2253140634, Editeur Le Livre de Poche, 1 décembre 1996.

Fait le 10 février 2022.

Dr François Tshipamba Mpuila

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On ne peut pas aujourd’hui disserter sur la situation  du Kasaï, alors que le Président de la République, lui-même d’origine Kasaïenne, rentre à peine d’une tournée dans cet espace, sans évoquer quelques aspects du périple.

La tournée de Son Excellence Monsieur le Président de la République, dans ses terres ancestrales du Kasaï, a été une relative réussite. Comme souvent  devant des tâches ardues dans une réalité sociale incontestablement complexe, nous sommes devant le verre d’eau que certains voient à moitié plein et d’autres à moitié vide. Et pourtant, partout, de Lodja à Tshikapa, de Kabinda à Kananga aussi bien qu’à Mbuji-Mayi, les peuples du Kasaï, ignorant toutes distinctions partisanes, ont montré à leur fils, non seulement leur attachement à sa personne, leur amour. Ils n’ont pas manqué  de lui rappeler, parfois assez rudement,  leurs difficultés ni d’exprimer le haut niveau d’espoir qu’ils placent en sa réussite au sommet de l’Etat congolais et ses répercussions dans le Kasaï.

Parlant de la relative réussite, il s’agit de ne pas occulter les réactions de mécontentement exprimer ici et là, à propos notamment des travaux des infrastructures débutés à la veille du voyage de Mbuji-Mayi, du mauvais état de la route « Mbuji-Mayi – Kabinda », de la honteuse polémique Ngoyi Kasanji/Bilomba à propos de la surprenante surfacturation des travaux de construction de certaines écoles et, surtout, de la scène où l’on voit la population de Mbuji-Mayi huer les membres du Cabinet de la Présidence au moment de leur départ pour Kananga. Qui n’a pas vu la vidéo de ce Kasaïen, traitant les conseillers du Chef de l’Etat de voleurs et rappelant l’épisode des fameuses quinze bonnes personnes qu’aurait cherché en vain Joseph Kabila ? Et pour couronner le tout, le Chef de l’Etat, lui-même, se serait plein du bas niveau d’avancement des travaux du programme « Tshilejelu » et de ceux du barrage de Katende en menaçant de prison certains responsables. La condamnation la plus sévère sortira de la bouche de notre frère, le Ministre de la recherche scientifique, José Mpanda, le dimanche 9 janvier lors de sa conférence de presse à Mbuji-Mayi : « nous sommes nombreux aux côtés du Président Félix Tshisekedi ; nous sommes des voleurs et encore on disait qu’on n’a rien fait au Kasaï : Nous nous entre-tuons nous-mêmes ; Nous qui venons ici ; c’est nous qui faisons du mal au Président. Tshisekedi a fait sa part. Mais,  il y a beaucoup de voleurs ; Tshilejelu : zéro, Daipn : zéro, Nkuadi : zéro. Ce que je dis là, je l’ai vécu moi-même ».

Il faut également le dire clairement. Ce périple présidentiel dans le Grand Kasaï a suscité un quasi tremblement de terre dans le microcosme politique kinois. Des polémiques, des prétendues accusations d’abandon ou même de trahison, l’évocation du tribalisme voire des menaces n’ont pas empêché plusieurs leaders Kasaïens, de tous les bords, d’ignorer les pressions, de prendre le courage de rejoindre le Président, chez eux ; distinguant intelligemment les contradictions idéologiques, de lutte pour le pouvoir ou de politique politicienne  existantes au niveau national, de la nécessité des échanges pragmatiques et républicains au plan local.

Par ce voyage, le Chef de l’Etat a payé sa dette et en a contracté d’autres, il se devait d’aller remercier les siens pour leur soutien indéfectible lui témoigné lors des élections de 2018 et aujourd’hui encore. Ce périple a aussi été un moment d’inspection. Le père se devait d’aller constater, de lui-même, les conditions dans lesquelles vivent ses populations. Après avoir beaucoup entendu et lu, il a vu.  Avec un rarissime niveau de modestie, le Président s’est humilié publiquement en implorant le pardon pour ce qui n’a pas été réalisé jusqu’ici. Bien plus que tout, il convient de souligner que cet odyssée a été une suite des séances d’encouragement. Le Chef de l’Etat a manifestement voulu secouer les siens, les bousculer un peu, afin de les sortir de leur légendaire « endormissement ». C’est dans cet esprit que, très humblement, j’aimerais inscrire cette tribune.

Pour ce faire, je vais partir de trois (3) vidéos, relatives au Kasaï, diffusées dans les médias sociaux pendant la troisième semaine du mois de décembre 2021 ; ceci, bien évidemment, avant que l’annonce du voyage du Chef de l’Etat ne vienne écraser toute autre actualité. Cette trilogie m’a convaincu de revenir sur l’esprit de mon précédent texte sur la question Kasaïenne.

De quoi s’agit-il ?

La première vidéo est d’ordre historique ; elle rappelle le pont aérien organisé par le pouvoir sécessionniste katangais, en 1960, entre le Kasaï et le Katanga alors que la famine sévissait dans la région consécutivement à la proclamation de l’Etat autonome du Sud-Kasaï, dans le contexte difficile de la décolonisation. Mon attention a été attirée par le commentaire méprisant du journaliste belge, mettant en relation la famine, l’aide katangaise et les danses que quelques dames exhibaient en honneur du fameux Mulopwe Albert Kalonji, devant sa résidence. Pardonnez-moi ; j’avais ressenti une certaine gêne. 

La seconde vidéo, plus récente, montre un convoi de véhicules bondés des sacs de  maïs en provenance du  Katanga et destinés à la vente à Mbuji-Mayi. Ici aussi, chacun a pu apprécier avec quelle insistance le commentateur soulignait lourdement l’origine lualabaise, donc katangaise, de la marchandise qui devait concourir à baisser le prix du maïs à Mbuji-Mayi. Ici aussi j’ai été embarrassé, perturbé. D’aucun pourrait rétorquer, et à juste titre, qu’il est normal, voir banal, que des biens circulent d’un point à un autre d’un même pays ; et pourtant, j’ai quand même été touché dans ma fierté de Kasaïen. Un peuple qui abandonne son autonomie alimentaire se ligote lui-même ses bras, se voue au mépris et prépare sa soumission.  

La troisième vidéo montrait des images insoutenables des familles entières de Kasaïens se battant pour trouver place à bord d’un véhicule se rendant au Katanga ; je n’ai pas pu m’empêcher de penser à une autre vidéo, diffusée quelques semaines auparavant,  et montrant des files de Kasaïens descendant dans une gare du Katanga, accueillis par des quolibets et des cris hostiles.  Là, franchement, j’ai eu des larmes aux yeux !

Ne devrais-je pas évoquer, les vidéos qui avaient littéralement envahit la toile deux jours avant l’arrivée du Chef d l’Etat à Mbuji-Mayi ; une première dénonçait le fait que certains responsables avaient déversé de la terre ocre sur les routes en guise de travaux de réfection; d’autres images montraient l’étonnement suite à  la présence de l’eau courante et de l’électricité dans la capitale congolaise du diamant.

Dans quel syndrome sommes-nous engagés ? Comment qualifier cet égarement collectif ? Faisons-nous assez pour sortir de ce cercle vicieux de la pauvreté?

Il serait malhonnête d’affirmer que les élites Kasaïennes demeurent indifférentes au sort de leur région. J’imagine que malgré ses difficultés, l’ampleur du programme Tshiléjelu au Kasaï n’est pas sans rapport avec la présence de certains des nôtres à la Présidence de la République. Je souligne l’initiative du Sénateur Denis Kambayi du SYNAGK qui nous a réunis à l’hôtel Beatrice. Je rappelle que sous le haut patronage du Chef de l’Etat,  notre sœur Mujangi Kalonji alias Free box a, avec son ONG, organisé une série de conférences instructives à l’hôtel du Fleuve. 

Autant, à l’hôtel Beatrice qu’à celui du Fleuve, nous sommes revenus sous nos plaintes habituelles à propos de la stigmatisation dont nous sommes d’ailleurs véritablement l’objet ; nous avons rappelé notre rôle central dans l’histoire du pays, notre dynamisme ; certains de nos spécialistes, issus notamment de la Présidence, ont souligné nos potentialités et ce que le gouvernement compte faire chez nous. Comme de coutume, chez les humains, nous avons omis de nous interroger sur nos propres responsabilités dans notre malheur, sur notre part dans notre sort. Il y a donc des choses à corriger. 

Je m’en voudrais de ne pas mentionner la courte, mais significative intervention du griot Kabangu. Le chantre nous a rappelé mélodieusement que pendant que nous chantons «  kuetu kudi bionsu » et « Kuetu kaku jimini » ; dans le kuetu en question les nôtres manquent de tout et meurt de faim, certains s’exilent vers le Katanga ou Kinshasa en vidant nos contrées de sa substance la plus précieuse : la jeunesse.

Une fois de plus, il convient de féliciter et d’encourager le Sénateur Dénis Kambayi et notre sœur Mujangi Kalonji pour leurs initiatives de rassembler les nôtres à Kinshasa. Cependant, il faut aussi courageusement admettre que nos rencontres de la Capitale, conscientisent réellement quelques-uns parmi nous,  elles demeurent donc utiles et porteuses d’espoirs, mais en fait, elles ne modifient pas le vécu des Kasaïens. Le Kasaï se meurt et nous ne nous engageons  pas dans des projets concrets, susceptibles de redonner l’espoir à Lodja, Kabinda, Tshikapa, Mbuji-Mayi et Kananga. L’exode vers le Katanga ou Kinshasa ne constitue pas une solution. Il nous faut encore trouver des idées plus matérielles et palpables qui véritablement modifieront le terrain. N’attendons pas les bras croisés, le Congrès annoncé au Lac Mukamba.  Patiemment, préparons ces importantes assises avec rigueur, vigueur, méthode et détermination.

Ne mettons pas la tournée de Son Excellence Monsieur le Président de la République au Kasaï dans l’esprit « Djalelo / Tata ayé nzala esili ». Dans cette double expression se résume la mentalité qui veut qu’ayant reçu le Chef dans l’allégresse, lui ayant rendu les honneurs qui conviennent et remis nos cahiers des charges ;  il incomberait, désormais au Président de résoudre tous nos problèmes, sans notre propre contribution, en absence de nos apports. Enfermés dans cette culture de « Tata, talela biso likambo oyo » nous n’obtiendrons aucun résultat.

De plus, il faut souligner clairement une des choses importantes que vient de relever la tournée Kasaïenne du Chef de l’Etat : la confiance des kasains est à reconquérir. En effet, lorsque le peuple traite les conseillers Kasaïens  du Chef de l’Etat de « biimvi », quand un Ministre reprend le même qualificatif. Il faut se remettre en question !

La gravité de la crise Kasaïenne  exige de nous tous : de l’imagination, des initiatives, beaucoup d’efforts, de l’abnégation, du courage, le sens de la prospective.  Le Chef l’a reconnu lui-même, soyons convaincus la pauvreté persiste, l’inquiétude demeure ! En attendant l’aboutissement, que je souhaite heureux, du programme Tshilejelu et les conclusions de la rencontre du Lac Mukamba, montrons nous imaginatif ; la réflexion doit s’approfondir par des échanges, écrits ou à l’oral, afin que progressivement, ensemble, nous trouvions des réponses, non pas nécessairement savantes, mais simplement concrètes, économiques et réalisables à court et moyen terme. Laissons au Gouvernement de la République les grands projets, emparons-nous des petits et moyens défis ! Il y en a beaucoup.  Pourquoi ne pas penser à mettre en place des comités d’initiative dans nos différents secteurs, groupement ou  village ? Ceux–ci pourraient aider à mieux intégrer « le projet présidentiel d’investissement pour la réduction accélérée de la pauvreté et des inégalités au niveau des 145 territoires » sur le plan local. Dans ce cadre, ces comités d’initiatives pourraient, entre autres choses, très bien organiser, coordonner et relancer la production du maïs et autres aliments de première nécessité, sans attendre Kinshasa. Ils pourraient  mieux initier, faire exécuter et contrôler l’entretien des routes de déserte agricole. Pourquoi ces comités ne pourraient-ils pas prendre le devant en matière de rénovation ou reconstruction des écoles primaires à l’aide des matériaux locaux : argile, bois et autres. La liste est loin d’être exhaustive, mais je suis convaincu que les Kasaïens seront en mesure de la prolonger.

Il est grand temps  pour les Kasaïens de se convaincre qu’il n’existe aucune malédiction, ni aucun complot ourdi contre nous, il nous incombe de sortir de la distraction, de quitter le complexe de la victimisation. Le Kasaïen  se doit de se relever,  de prendre et d’assumer  sa part des énormes sacrifices que l’ensemble de la RDC doit consentir pour sortir du mépris et de la pauvreté.

Pour ce qui me concerne personnellement, n’en déplaise à certains esprits chagrins et « exclusiviste », j’estime qu’il doit être possible :

  • D’être cadre du PPRD, patriote, unitariste, progressiste et souverainiste, donc lumumbiste-kabiliste ;
  • D’aimer le Kassaï et de chercher son progrès ; c’est chez moi ;
  • De souhaiter, comme pour ses prédécesseurs, la réussite du mandat du Président Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, puisqu’il en va de l’intérêt de la RD Congo.

 

S’il y a une idée qui exerce une grande influence sur l’évolution de l’époque et ne connaît pas de limites du temps dans le remodelage du destin de l’être humain, ce sont justement les idées du Juche. Elles ont élucidé de façon scientifique que l’homme occupe la position de maître dans le monde et joue un rôle décisif dans sa transformation. Sur cette base, elles indiquent la voie à suivre par les masses populaires, artisanes de l’histoire, pour façonner leur destin par leurs propres forces. Elles ont été élaborées par le Président Kim Il Sung (1912-1994) qui s’était engagé, dès avant l’âge de 20 ans, au milieu des années 1920, dans la lutte afin de libérer la Corée et son peuple sous l’occupation militaire japonaise (1905-1945).

Kim Il Sung, au cours de sa recherche de la voie à suivre par la révolution coréenne, a mis au point les idées du Juche et les a appliquées dans l’ensemble de la révolution coréenne. Grâce à ces idées, les Coréens, réduits à l’esclavage colonial, sont devenus des maîtres authentiques d’un Etat indépendant et souverain et ont édifié un pays socialiste politiquement et économiquement indépendant et capable de se défendre par lui-même.

Kim Jong Il (1942-2011), Président du Comité de la défense nationale de la RPDC, a synthétisé et systématisé les idées du Juche pour les approfondir. Ainsi, elles sont devenues une idéologie directrice pour la révolution coréenne et l’œuvre d’émancipation du monde.

Sa dissertation Des idées du Juche publiée en mars 1982 est universelle et profonde du point de vue du contenu, car elle traite de divers sujets tels que la considération générale de l’histoire de l’humanité, le bilan de l’héritage idéologique de l’humanité, la définition de la tendance fondamentale de l’époque, l’éclaircissement de la voie la plus correcte pour le remodelage du destin de l’être humain, l’établissement de la conception scientifique de la vie et l’avancement du mode de gouvernement révolutionnaire. Somme toute, elle comprend tout ce qui concerne le présent, le passé et l’avenir de l’humanité, y compris les principes directeurs depuis le principe de la raison essentielle de la vie de l’homme et ceux relatifs à tous les domaines de la société, notamment idéologie, politique, affaires militaires, économie et culture.

Dès la publication de sa dissertation Des idées du Juche, elle a eu de grandes répercussions sur le plan international. En moins de douze mois qui ont suivi sa publication, plus de dix millions d’exemplaires de publications de plus de 90 pays l’ont insérée tandis que plus de 140 pays l’ont éditée en brochure.

Des personnalités de renom du monde l’ont appelée « manifeste du parti communiste parue de nouveau dans les années 80 du XXe siècle » et « premier manuel de philosophie qui ait donné des éclaircissements sans équivoque sur le problème de l’émancipation de l’humanité ».

Un professeur français en a parlé : une fois, Lénine a fait l’éloge du Manifeste du parti communiste de Marx et Engels en le qualifiant du chant des chants du communisme ; si j’imite la façon d’exprimer de Lénine, sa thèse est l’ode des odes à une œuvre authentique de l’humanité, à la dignité et à la valeur de l’être humain, ainsi qu’à l’idéal authentique de l’humanité et à son éternel épanouissement.

Nombre de personnalités des pays capitalistes, hier partisans de philosophies bourgeoises, sont devenues de fervents disciples des idées du Juche.

A preuve Inoue Shuhachi du Japon, ancien administrateur général de l’Institut international des idées du Juche, qui a été un zélé propagandiste des idées du Juche et de la réalité de la RPDC.

Quand certains le blâmaient de ne s’appliquer qu’à l’étude de la RPDC sans s’intéresser au Japon, il leur a répliqué : ceux qui me dénigrent ne pensent pas au Japon, c’est-à-dire au sort du Japon ; les idées du Juche n’appartiennent pas qu’à une nation ; bien que nées en RPDC, elles méritent d’être apprises par tout être humain puisqu’elles revêtent une portée universelle.

Pierre Boudot de la France, ancien administrateur de l’Institut international des idées du Juche, a écrit dans sa lettre à l’adresse de ces collègues :

«Je vous recommande de tout mon cœur de venir ici en RPDC apprendre les idées du Juche en vous défaisant de l’orgueil des Européens et de vos préjugés invétérés à l’égard de tout ce qui est asiatique si vous tenez à étudier la vérité en savants et intellectuels consciencieux...»

A l’époque, la communauté internationale regardait d’un œil à la fois admiratif et envieux la RPDC qui sait résoudre tous les problèmes par ses propres forces et conformément à sa réalité, comme l’exigent les idées du Juche, et qui considère l’indépendance comme une chose vitale.

Vers la fin du dernier siècle, alors que l’œuvre socialiste mondiale était en butte à l’échec et à la crise, il en était de même pour la Corée socialiste : à la faveur de la chute du socialisme dans plusieurs pays, les forces hostiles ont déclaré à la hâte la « fin du socialisme » dans le monde et fait converger leur attaque sur la RPDC qui va de l’avant invariablement sous la bannière du socialisme. Aussi, le peuple coréen a été obligé de faire une dure marche sans précédent pour la sauvegarde de son socialisme.

Dans cet âpre affrontement, les tentatives des ennemis à supprimer la RPDC, bastion du socialisme, ont été vouées à l’échec. Grâce à la politique de Songun pratiquée par Kim Jong Il, le potentiel d’autodéfense de la RPDC a été remarquablement accru au point qu’il assure la sauvegarde du socialisme coréen, ainsi que la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne et le reste du monde.

Il est de notoriété publique qu’il y avait alors un grand désarroi idéologique chez les gens qui aspiraient au socialisme.

A ce moment-là, Kim Jong Il, par ses dynamiques activités idéologiques et théoriques, a inspiré aux peuples progressistes la foi dans la victoire de l’œuvre du socialisme.

Ses ouvrages successivement publiés, notamment La leçon historique de l’édification du socialisme et la ligne générale de notre Parti, Toute attaque contre le socialisme est intolérable, Le socialisme est une science, ont servi d’un phare et d’une boussole à ceux qui, désorientés, se désespéraient. De même, ils ont infligé des coups mortels à toutes sortes d’injustices et de sophismes qui perturbaient le globe.

Les idées du Juche ne cessent, pour leur force d’attraction et leur vitalité qui gagnent en force de siècle en siècle, d’être l’objet de l’intérêt et de la sympathie du monde.

A l’heure actuelle, les idées du Juche se propagent largement à l’échelle mondiale en tant qu’idéologie de la plus intensité de propagation du temps contemporain. Ralliés dans un cohérent système d’organisation depuis l’Institut international des idées du Juche jusqu’aux organisations de leur étude des continents et des pays, les partisans des idées du Juche s’activent.

A l’occasion de la fête du Soleil (le 15 avril) de 2012, centenaire du Président Kim Il Sung, la Conférence internationale sur les idées du Juche s’est solennellement tenue à Pyongyang, capitale de la RPDC.

En cette année qui sera marquée par le 110e anniversaire de Kim Il Sung et le 80e anniversaire de Kim Jong Il, auront lieu solennellement à l’échelle internationale et mondiale des symposiums sur les idées du Juche.

Il est naturel qu’une idéologie à même d’éclairer à l’humanité la voie influe en tout temps sur les cœurs. Les idées du Juche brilleront à jamais avec une progression victorieuse de l’œuvre d’émancipation du monde.

Société unie par la noble vertu et l’affection

Aujourd’hui, le monde entier ne peut s’empêcher d’admirer l’inépuisable potentiel de la République populaire démocratique de Corée qui se développe à une vitesse spectaculaire malgré la persistance des manœuvres d’isolement et d’étranglement des forces hostiles. Où est la source de cette puissance ?

A voir des soldats et officiers et des familles de militaires d’une unité de l’armée dans une île se jeter sans hésitation dans l’eau de mer glaciale pour reconduire Kim Jong Un, Président du Comité des affaires d’Etat, qui était de retour à bord d’une petite embarcation en bois et des orphelin s’élancer à sa rencontre en l’appelant d’une voix émue « Père ! », le monde a pu prendre la mesure de leur accueil chaleureux et de leur profonde confiance pour leur Dirigeant.

A la fin d’août 2015, alors que les inondations frappaient le secteur de Sonbong de la ville de Rason au nord du pays, un vieux sinistré dénommé Ri Sang Ro a dit des propos significatifs au responsable de la ville qui le consolait dans ses malheurs :

«C’est pas grand-chose que j’aie perdu ma maison tant que l’Etat prend soin toujours de nous. Mais, ce qui m’inquiète le plus, c’est que, informé de ce fait malheureux, notre Maréchal, très affectueux, s’en affligera au point d’oublier le sommeil. »

Ce sont en effet les paroles qui viennent du cœur du peuple qui connaît très bien son Dirigeant si sensible qui pleure les malheurs de ses citoyens.

A l’époque, les médias internationaux ont informé à propos des dégâts dus aux inondations submergeant le secteur de Sonbong que cette ville a été complètement paralysée, et on ne saurait jamais combien d’années il faudrait pour qu’elle se relève de ses calamités.

Dans cette conjoncture, le Président du Comité des affaires d’Etat a proposé, lors de la session élargie de la Commission militaire centrale du Parti du travail de Corée, de discuter la remise en état de la ville de Rason comme sujet essentiel.

Alors qu’une âpre confrontation Nord-Sud amenait la situation dans la péninsule coréenne au bord d’une guerre, il a osé mobiliser des unités de l’Armée pour rétablir la région sinistrée. Il s’est rendu sur les lieux ravagés en avion, en bateau ou en voiture pour se renseigner sur les travaux de reconstruction et donner des directives concrètes. Le Président Kim Il Sung (1912-1994) et le Président du Comité de la défense nationale Kim Jong Il (1942-2011), dit-il alors, avaient considéré le peuple comme un dieu ; répondre de l’avenir du peuple et veiller sur lui est le devoir légitime du Parti du travail de Corée ; aussi devons-nous nous dévouer à ce peuple comme nous l’avions fait envers les grands Leaders qui nous l’avaient confié. Enfin, au bout de plus de 30 jours, sur les ruines du secteur dévasté par des inondations catastrophiques se sont dressés des villages féeriques. Chaque foyer s’est vu octroyer une télévision, des meubles, des ustensiles de cuisine, y compris du bois de chauffage.

L’amour et la confiance qui unissent le Dirigeant et le peuple permettent à la RPDC de surmonter sans vaciller toutes les épreuves et difficultés.

Ce qui attire l’attention des visiteurs en RPDC, c’est le mot d’ordre « Un pour tous, tous pour un ! », slogan difficile à déchiffrer dans les pays capitalistes où a cours le concept: « Toi, c’est toi, et moi, c’est moi. »

Une histoire qui s’est passée dans l’hôpital n° 3 de la ville de Pyongyang est là pour comprendre le dernier mot d’ordre collectiviste de la RPDC.

Le 14 août 2019, Cha Hyang Suk, une habitante du 24e inminban (subdivision communale) de la commune de Taephyong dans l’arrondissement de Mangyongdae, ville de Pyongyang qui s’était faite, à la moitié de son corps, une brûlure du deuxième ou troisième degré fut transportée à l’hôpital en danger de mort. Ses fonctions vitales étaient presque nulles.

A l’hôpital a eu lieu une réunion consultative de médecins où ont été réparties des tâches concrètes.

En même temps, des cadres du bureau de la commune de Taephyong se sont réunis d’urgence pour discuter sa guérison. L’important était à qui confier le soin de la malade qui n’avait personne dans la ville comme des proches. Alors, Ri Ok Sun, une autre femme, s’en est chargée volontairement.

Le 2 septembre, lors de la 1re greffe cutanée, des médecins et des infirmières du service orthopédique se sont proposés pour donner leur portion de peau, et des habitants de la commune de Taephyong eux aussi ont accouru pour faire don de leur peau. Cette scène émouvante s’est produite lors des greffes opérées à cinq reprises.

Une affection et un amour dignes de liens du sang ont abouti à un résultat prodigieux : la malade qui était à l’agonie est revenue à la vie.

Le 28 septembre, la malade, guérie, est sortie de l’hôpital, et elle a pleuré émue dans les bras de son mari et de ses voisins qu’elle avait désespéré de revoir : « Je suis couverte des morceaux de la peau des hommes lesquels je dois remercier. Je ne peux pas oser dire que ma vie est la mienne. C’est le régime socialiste m’a revigorée, qui était en passe de s’éteindre. Je ferai sans réserve, tout mon mieux pour lui. »

Une société débordant de la noble vertu et de l’affection, voici le régime socialiste de la RPDC en miniature où tout le monde forme une grande famille harmonieuse, et sur cette base, se consolident de façon remarquable l’unité monolithique et la force de la RPDC.

 

Les Congolais appellent hic et nunc le bien-être social  dans la durée. Ils aspirent à une démocratie qui respire à plein poumon, grâce à l’organisation des bonnes élections aux dates prescrites par la constitution. Ils tiennent mordicus à vivre dans un espace où la compétence et le talent des hommes aux manettes ne sont pas assujettis à l’arbitraire et à la médiocrité. Ils savent que leur pays est potentiellement riche.

Mais  que des millions de dollars s’évaporent dans des circuits tortueux de la corruption au seul profit de quelques-uns. N’empêche que les populations congolaises se contentent de lorgner, dans un silence de cimetière, l’insolent train de vie de leurs dirigeants.

Quoi de plus normal, dans ces conditions, que ces populations se battent bec et ongle pour une justice distributive ? Le gouvernement de notre pays devrait mettre en place des mécanismes pour que chaque congolais trouve, dans une certaine mesure, son compte et que personne ne soit laissé au bord du chemin.

En d’autres termes nos dirigeants, dans le cadre du triptyque des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire devraient instituer une sorte de libéralisme social, permettez l’oxymore, pour le bien du pays et en faire une denrée politique.

Tous les hommes sont égaux en droit et en dignité. Ce n’est pas au Congo qu’on devrait faire entorse à ce principe sacro-saint, inscrit en lettre d’or dans la charte des Nations Unies.

Nous sommes convaincus qu’avec des dirigeants pétris de probité morale, qui sont des rassembleurs, qui tiennent à faire beaucoup avec peu, qui ne sont pas au pouvoir pour l’argent mais pour le bien du pays et dans le même temps des citoyens imbus des valeurs patriotiques et qui peuvent troquer l’instinct prédatif contre ce patriotisme tout en tournant le dos à toutes les antivaleurs en vogue, notre pays peut sortir de l’ornière.

Nous avons aussi la conviction profonde qu’un carriérisme pour des hautes charges étatiques est contre-productif et qu’il faut lui barrer la route par tous les moyens.

Que ceux qui ont fait leur temps avec les piètres résultats que l’on connait laissent la place à du sang neuf et que la roue tourne pour le grand bien de ce don béni que Dieu nous a légué.

Le Congo, notre pays, ne va pas bien. La grande majorité de nos citoyens  croupissent dans une misère indescriptible. J’ai failli tomber à la renverse lorsqu’un des  mes étudiants, brillant du reste, m'a fait savoir que lui et ses parents habitent au numéro 75 d’une certaine rue (que je ne peux pas citer ici par décence) dans les faubourgs d’une grande ville du pays.

Ils  sont obligés d’aller au numéro 63 de la même rue, pour  se soulager ou prendre un bain. Et d’ajouter que sa mère va de temps à temps mendier un peu de dentifrice chez sa voisine. C’est à se demander si la pluie des pleurs du peuple n’atteint pas le parapluie de l’indifférence des décideurs politiques.

C'est aussi à se demander si nos dirigeants préfèrent donner le luxe superflu aux riches, plutôt que d’offrir le nécessaire indispensable aux démunis. Non ! Nous devons nous ressaisir et nous lever comme un seul homme afin d’ajuster nos filtres perceptuels pour donner à chaque congolais une chance de vivre avec un minimum vital acceptable.

Il est hors de question que la majorité des congolais continue à vivre dans la précarité dans un pays potentiellement riche  où  le lait et le miel devraient couler abondamment. Il ne sert à rien de nous égarer dans les méandres des haines tribales ou des haines tout court.

Ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise. Ne perdons pas de vue qu’un pays où règnent la paix et l’unité fait exploser les portefeuilles des investisseurs.

Un vieil adage stipule que là où les antivaleurs passent, la bonne gouvernance trépasse. Cette sentence, pleine de sagesse, s’applique bien au rendement que  que produisent des hauts fonctionnaires de l’Etat, ministres et mandataires compris dans l’exercice de leurs fonctions. Dans son format actuel, la désignation de ces hauts fonctionnaires de l’Etat et de leurs collaborateurs ainsi que leur maintien en poste est tout sauf viable. En effet,  dans ce format, les hauts fonctionnaires sont eux même recrutés soit par accointance politique, tribale, népotique ou autre.

Ceci au plus grand mépris de toute règle déontologique et en ignorant superbement les critères clés de la compétence et des aptitudes liées au poste. Leurs successeurs sont choisis de la même manière et ainsi de suite. Ce processus charrie, in fine, à quelques exceptions près, des ventriotes médiocres et non des gens pétris de compétence, de patriotisme et ayant les aptitudes avérées par rapport à la position qu’ils sont sensés occuper. Un nain reste nain, même si il est perché sur un piédestal, suggère un vieux dicton.

Il convient de signaler ici que des études économétriques pointues ont mis en   évidence une concomitance entre les qualités managériales des hauts fonctionnaires d’un pays et les performances macro-économiques du pays. Une fois en poste, après les circonstances de recrutement ubuesques que nous venons de décrire, ces fonctionnaires s’érigent en gourous indéboulonables. Ceci malgré le fait d’être tombés en désuétude.

En effet, ils sont soit frappés de sclérose liée au grand âge, soit dépassé par les événements et ainsi engloutis dans un train-train routinier, soit gagné par l’inefficacité et l’inefficience.

Ceci du fait qu’ils baignent dans l’illettrisme numérique et ne comprennent rien aux enjeux de l’heure tels que la transition climatique, la transition écologique ainsi que les ressorts et les arcanes de la COVID-19. Tout ceci met en évidence le besoin criant de mettre en place des mesures qui encadrent la carrière des hauts-fonctionnaires.

Beaucoup d’entre eux trouvent dans la longévité au poste un exutoire pour rester en poste à ne rien faire.

Ils portent ainsi un coup de butoir aux indices macro-économiques du  pays et   projettent ainsi,  à l’interne, comme à l’externe, une piètre imagerie décisionnelle de notre pays.

Le  Congo devrait refuser d’être le dindon de la farce ou le mouton du sacrifice des fonctionnaires mal recrutés, véreux et dont les prestations percutent à la fois l’esprit de la justice distributive dans les emplois et l’obligation de résultats qui améliorent de manière substantielle les indices macro-économiques du pays.

Il nous semble donc opportun que le pays fasse émerger une nouvelle politique d’embauche et du remplacement des hauts fonctionnaires de l’Etat pour ainsi ouvrir des perspectives d’avenir pour notre pays. Pour des raisons d’efficacité, un mandataire devrait être recruté pour un seul mandat sauf pour des cas d’une excellence avérée où le mandat peut être renouvelé pour une deuxième et dernière fois.

Ainsi,  à la fin de chaque mandature, le fonctionnaire devrait défendre son bilan et être soumis à une interview très serré. Ce qui permettrait de démêler l’inextricable écheveau entre le bon grain et l’ivraie. Pour le passage au second et dernier mandat, il est hors de question d’affubler un costume Mao à tout le monde, mais de ne garder que le bon grain et se débarrasser de l’ivraie.

En guise de conclusion, le Congo, notre pays, n'a pas  le cœur à la fête.

Nous devrions nous départir de cet enclin à idéaliser le passé et à ne pas croire à l’avenir et ainsi chercher les voies et moyens de relever notre pays.

Ceci permettrait de l’arracher du cercle vicieux de la pauvreté, de la misère, de l’endettement, bref du sous-développement.

Malgré les appels à la haine qui sont prêchés, urbi et orbi, dans les vomitoires de certains réseaux sociaux, nous devrions faire bloc et chercher les voies et moyens d’arrimer le wagon de notre pays au train mondial du développement. 

A  notre humble avis, les transformations à opérer devraient passer par un changement des boîtes à outils politique, économique, sociale et environnementale.

Parmi les changements majeurs, qui s’imposent aux premiers plans, nous pouvons mentionner celui de rendre reluisante la gouvernance, par devers le choix d’acteurs décisionnels compétents, intègres et aptes à exécuter, avec dextérité, les tâches qui leur sont dévolues.

Avec des tels acteurs, le pays peut déployer la gouvernance autrement et ainsi aboutir au remodelage du système socio-économique.

Ceci nous permettrait de générer beaucoup de  projets remodeleurs, restructurants et propulseurs.

Qu’il me soit permis de mentionner le fait que notre pays dispose d’un bon vivier d’où il peut tirer certains de ces acteurs.   Il s’agit de sa gente féminine, de sa jeunesse et de sa diaspora.

(*) Professeur honoraire à l’UNIKIN (RD Congo), Université deTizi-Ouzou       

(Algérie), Université du Rwanda (Rwanda), University of South Africa  (Afrique du Sud).

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Dans nos articles antérieurs sur la constitution actuelle en RDC, nous avons démontré les évidences ci-après :

  1. Les Fondations, Piliers et Symboles de l’ancien régime déshumanisant sont encore intacts et debout dans notre Société.

La constitution étrangère que nous appliquons jusqu’à ce jour en RDC fait partie de ces Fondations, Piliers et Symboles. La rupture totale d’avec l’ancien système et son éradication n’ont pas encore eu lieu.

  1. Elle n’est même pas un chef d’œuvre pour nous

Sa qualité est de loin inférieure aux constitutions démocratiques rédigées par les fils du pays : la constitution démocratique de Luluabourg promulguée le 1er août 1964 par le Président Joseph Kasa-Vubu et les deux constitutions démocratiques rédigées par les 2850 Délégués congolais réunis à la Conférence Nationale Souveraine (CNS, 7 août 1991 – 6 décembre 1992) : « Acte portant dispositions constitutionnelles relatives à la période de la Transition » et « Le Projet de constitution pour la 3ème République »).

En appliquant l’actuelle constitution – qui est à la fois le Code Noir et la Charte coloniale- jusqu’à ce jour, nous démontrons notre préférence en faveur de l’esclavage, de ce qui pire et notre déchéance, notre dégénérescence, notre médiocrité et notre déshumanisation.

  1. La constitution actuelle nous maintient bloqués au fond du gouffre de la Tragédie et empêche tout progrès réel, profond, constant et sans cesse croissant 

Tout ce que nous ferons ne sera que le traitement des symptômes mais jamais de la Cause fondamentale de la Tragédie. Sans lucidité ni conscience nécessaires et obnubilés par les ombres de la Caverne, nous ne voyons ni plus large, ni en profondeur, ni haut, ni plus loin. Nous nous prévalons de nos turpitudes, de ce qui est futile, superficiel, léger, fragile, faible, sporadique, exhibitionnisme vain, illusion, saupoudrage, décoration des murs de la Caverne et du Cimetière.

La RDC sera toujours un pays dominé par les étrangers, sinistré, pillé, placé dans le peloton des derniers pays dans le Classement sur base des paramètres et des indicateurs internationaux.  

  1. Aussi longtemps que nous appliquons l’actuelle constitution, il n’y aura jamais, en RDC, un Etat, un Etat de droit, un Etat de droit démocratique moderne

Car il n’y aura jamais un élément qui fait partie des fondations et des piliers d’un Etat, d’un Etat de droit et d’un Etat de droit démocratique moderne : une justice indépendante, impartiale et équitable.

  1. Une constitution qui permet aux maffieux, aux prédateurs, aux opportunistes, aux aventuriers, aux criminels impénitents et irrécupérables d’accéder au pouvoir qu’ils considèrent comme étant une mangeoire, de s’y maintenir, de piller les caisses de l’Etat, de commettre toutes sortes de crimes, d’être protégés à vie par une immunité à vie car la même constitution a rendu la Justice congolaise (tous ses organes, toutes ses structures et toutes ses juridictions) incompétente de les juger ;
  2. Une constitution marquée par l’absence d’exigence quant à la qualification pour être Président de la République et Haut Fonctionnaire de l’Etat ;
  3. Une constitution marquée par l’absence d’affirmation des règles et des valeurs éthiques et morales ;
  4. Une constitution vide de l’Ame bantoue, de notre ADN spécifique, de notre génie propre, de notre identité, de notre conception de la vie et de notre conception du pouvoir et de la gestion de la société, de nos valeurs culturelles et de nos réalités sociales ;
  5. Une constitution scélérate, criminogène, dictatogène et conflictogène ;
  6. Une constitution qui a préparé une nouvelle dictature et consacré l'impunité des dirigeants, la mauvaise gouvernance et l'immoralité ;
  7. Une constitution qui consacre l'impunité, la mauvaise gouvernance et l'immoralité : malgré toutes les dispositions théoriques sur la responsabilité pénale du Président de la République, du Premier Ministre, des autres Membres du Gouvernement, des Députés et des Sénateurs, la justice ne pourra jamais, en réalité, s'exercer à l'égard des dirigeants de l'Etat.

Le Chapitre de ce jour : quelle est l’idée du Droit véhiculée par l’actuelle constitution ?

Le Droit n’est pas une série close de normes, de règles : il traduit d’abord une vision du monde, qu’il met en forme et protège. Il y a certes un agencement technique plus ou moins performant, mais cet agencement dérive d’une histoire et d’une culture”.

Derrière un projet de texte juridique, gît une identité, sa raison juridique, son sens caché. La raison juridique est “l’ensemble des principes qui, sous-jacents à une collection de règles de droit, leur permettent de s’organiser en un système cohérent et approprié à la réalisation de certaines fins. Ces principes sont liés à une vision du monde déterminée”.

Nous devons donc chercher, derrière les textes, l’idée du droit, “l’image que se font les membres d’une société donnée, en un moment donné, d’un ordre susceptible de promouvoir le bien commun.”.

Il s’agit d’”une représentation d’un type de société, représentation qui n’est pas un quelconque fantasme dès lors qu’elle est structurée par l’image d’un certain nombre des règles dont l’établissement assurerait sa réalisation.”

L’identité constitutionnelle permet de comprendre et contextualiser les questions relatives notamment à la forme de régime politique ou de forme de l’Etat. C’est en effet les termes “de système de logique politique globale, de mécanique dont l’Etat n’est qu’une structure, qu’il faut repenser afin de concevoir un nouvel appareillage politique susceptible de déclencher la pulsion d’une transformation totale.”

Une constitution est donc une matrice, un socle, une construction ou une architecture des droits et des devoirs qu’un peuple structure, constitue et en y déployant son “intelligence sociale, sa capacité de s’organiser collectivement pour agir ensemble selon un projet de société en lequel nous aurions tous confiance parce qu’il nous réunirait comme nation consciente de ses intérêts vitaux”.

La Constitution doit traduire “une vision politique collective. Elle est une transfiguration, une exploration lucide des expériences et des aspirations d’une nation consciente de l’impératif de sa réinvention dans un contexte mondial extrêmement exigeant et d’une société fragmentée dont la cohésion interne reste à imaginer pour une communauté de destin.”

Dire qu’on a choisi le régime présidentiel n’est rien si on ignore que “ce modèle est une construction du génie propre d’un peuple, des pères fondateurs, les visionnaires qu’étaient George Washington Jefferson, John Adams, Alexander Hamilton. Le régime présidentiel était loin d’”un assemblage de formules concoctées selon les fantasmes politico-intellectuels, dans une articulation des institutions conçues dans le seul but de s’auto-garantir l’impérium”

Dire qu’on a choisi le régime semi-présidentiel n’équivaut à rien, si on ignore que “le présidentialisme français traduit les dérives et les hésitations d’un peuple tiraillé entre un héritage monarchique et bonapartiste d’une part et révolutionnaire et républicain de l’autre”.

L’actuelle constitution manque d’audace en évitant d’inventer et de concilier les meilleurs apports du passé africain et de la modernité inachevée pour promouvoir un projet de société répondant à la fois à l’exigence de l’endogénéité culturelle et à une approche pragmatique du processus de mondialisation. C’est constitution qui ne nous aide pas à faire face au défi et au pari de reprise d’initiative historique dont le Congo a tant besoin  sinon,  il risque de disparaître en tant qu’Etat.

Conclusion sur l’idée du droit que doit représenter une Constitution :

Nous n’allons pas inventer la roue. Depuis 1960, les Congolais ont adopté plusieurs textes constitutionnels qui ont structuré toutes les formes de régimes et toutes sortes des formes d’Etats.

Malgré ce cycle de production, nous continuons à être un territoire à la recherche d’un Etat, une entité politique à inventer. Il nous faut sortir de ce constitutionnalisme de pacotille, de figuration pour trouver un “autre possible juridique”.

Il nous faut “une constitution chef-d’œuvre, porteuse de notre génie politique, que nous pourrons léguer avec fierté aux futures générations”.

L’adéquation identitaire du texte renforce sa légitimité. La légitimité étant “la conformité du pouvoir, du régime politique à la manière de penser d’une Nation ; c’est la correspondance d’idées entre deux éléments essentiels du corps social, le pouvoir et les gouvernés au sujet du bien commun”.

Il est utopique de croire qu’en faisant “le copier-coller” nous allons nous en sortir. Il est illusoire de croire “qu’on peut transférer une identité d’une société à d’autres, de transférer les textes, les procédures, les gestes et les charges affectives ; on connaît la réalité : transférées, les institutions sont désacralisées. Il n’en reste qu’une construction vide, totalitaire, rigoureuse et menaçante pour les individus et les groupes”.

Les Constitutions doivent cesser d’être “des simples emplâtres sur des jambes de bois qui aident de prendre la population en otage par une classe politique irresponsable, majoritairement incompétente et corrompue”.

La Constitution actuelle est “le résultat du jeu et du compromis entre les seuls ex belligérants et des milices qui se sont déchirés sur l’espace politique, ont aggravé la crise et même bloqué la solution à cette aggravation. Avec l’aide des pays voisins et d’autres non apparents ils ont contrôlé le pouvoir congolais et les richesses nationales dans une vision prédatrice”. Les belligérants qui étaient majoritaires au pouvoir en 2003-2008 ont servilement adopté ce texte constitutionnel puisqu’il leur permettait de se maintenir à la mangeoire, de piller le pays, de massacrer le peuple, de jouir de l’impunité à vie et de n’être donc jamais jugés, condamnés et sanctionnés.

Notre Peuple doit retrouver sa souveraineté en rejetant l’actuelle constitution, car elle n’est pas la sienne et ne représente pas ses intérêts, ses aspirations, ses attentes et ses défis.  Il y est oublié comme il a été meurtri et massacré dans la confrontation d’intérêts individuels et égoïstes entre les belligérants et les auteurs étrangers de ladite Constitution.

Fait le 4 février 2022

Pour le Leadership National Congolais de Progrès

Dr François Tshipamba Mpuila

Gsm et Whatsapp : +32-493-325-104

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Il ne fait nul doute que le Congo est abaissé par une classe politique n’ayant aucun esprit de grandeur, affichant plutôt un opportunisme charognard et cynique comme marcher sur les cadavres des autres pour arriver au top. A quoi cela est-il dû? Certainement à de nombreuses illusions, notamment la mauvaise conception du pouvoir et le manque d’éducation et de culture politique, en d’autres termes, le manque de connaissance et de pratique de bons usages de nos ressources pour le développement du pays. Il manque un cadre institutionnel national formel de lutte contre la corruption et pour le changement des mentalités. Quelle sorte de page d’histoire du Congo sommes-nous en train d'écrire si nous devons mendier de l'argent aux blancs, nos anciens colons pour nettoyer notre propre capitale Kinshasa ?! L’Etat Congolais est devenu effectivement dépendant. Aujourd’hui la dette nationale s’accumule déjà ! Nous avons besoin du FMI, de la Banque Mondiale, de l’AGOA… certes mais seulement pour accompagner nos propres efforts internes.

L’Etat Congolais est aussi devenu un repaire de brigands, de voleurs ou de réseaux de copains tribaux. «Il faut tourner le moulin lorsque souffle le vent », se disent-ils. Le manque de discipline surtout budgétaire au milieu d’une crise sanitaire sans précédente et de pénuries d’eau et d’électricité, on en parle ces-jours-ci en RDC.

Mais quelles sont les conséquences de vivre dans un Congo « où le plus n’est jamais assez, où l'opportunisme et la cupidité se généralisent » pour paraphraser De Leonardo DiCaprio ? Mark W. B. Brinton quant à lui avait raison lorsqu’il a dit que la valeur d’un homme ou d’une femme ne se mesure pas à son argent, son statut ou ses possessions (accumulés par tous les moyens nécessaires). La valeur d’un homme ou d’une femme réside dans sa personnalité, sa sagesse, sa créativité, son courage, son indépendance et sa maturité.

Le peuple chosifié et utile seulement pendant les campagnes électorales bidons car la légitimité vient surtout des grandes puissances, est totalement à la merci de la classe politique corrompue. Les paysans sont abandonnés à leur triste sort dans les milieux ruraux totalement enclavés. Or, tout développement d’un pays commence par le développement rural, le développement à la base. Nous avons l’impression que tout se passe à Kinshasa et que les paysans et l’arrière-pays sont négligés ! Créer une synergie entre la ville et l’arrière-pays qui subit les affres de la guerre n’est pas au cœur du plan de développement national. Nos ministres, nos députés, nos DG, nos conseillers à présidence et dans des différents ministères, la plus part des Kinois, ne portent pas le Congo rural, le Congo profond à cœur (en tournée avec le Président Felix Tshisekedi, ils viennent d’être hués au Kasaï). L’arrière-pays devient important seulement pendant les campagnes électorales pour y récolter des votes! Or, c'est l'arrière-pays qui nourrit la ville (référence à l’agriculture), pas le contraire. Le secteur minier, prétendument poumon de l’économie congolaise, est basée dans l’arrière-pays. Le développement rural passe par des technologies modernes simples et adaptées pour la transformation locale de nos ressources, l’électrification, la réhabilitation des voies navigables, des routes et des chemins de fer!

Les attaques contre les civils se poursuivent à l’est du pays, les groupes armés soutenus par les pays voisins, peuvent frapper à tout moment. Mais les paysans ne sont pas naïfs ! Preuve: La population de Beni a récemment refusé le don du gouvernement en tôles pour la construction d’une morgue, des habitations détruites par les ADF et des maisons qui n’ont pas résistées à des fortes pluies qui se sont déversées sur la Ruwenzori et ont exigé l’instauration de la paix.

«A quoi sert-il de reconstruire nos maisons pour qu’elles soient détruites quelques jours après par les ADF », a fait savoir la population en soulignant que depuis toujours, ils construisent leurs maisons seuls sans l’aide de qui ce soit. « Restaurez-nous la paix, c’est de ça de que nous avons besoin », ont déclaré les habitants du Nord-Kivu. Aujourd’hui la population coopère avec l’armée pour neutraliser les groupes armés à l’est du pays mais cette population est aussi souvent rançonnée par l’armée et demeure victime d’autres abus de ses droits humains. C’est la réalité.

Le tribalisme caractérise le comportement de nos dirigeants et ils ne le cachent plus. Aujourd’hui, les décideurs Congolais privilégient les préférences tribales pendant les nominations. Vous n’avez qu’à regarder la constitution des cabinets à tous les niveaux.

A quelque chose malheur est bon, la Covid-19, un petit machin microbiologique vient d’infliger une leçon inoubliable aux Congolais. Elle attaque tous les Congolais indépendamment de leur appartenance ethnique ou tribale, de leur confessions religieuses et leur affiliation ou tendance politique. Et donc, nous sommes d’abord citoyens de la RDC et les problèmes liés au sous-développement, au chômage, à la pauvreté, à l’insécurité, à la pandémie de la Covid-19 … auxquels nous faisons face se traitent au niveau national. La Covid-19 nous rappelle que nous sommes une nation et que la RDC est une et indivisible et devons l’affronter ensemble ce problème sanitaire qui nous vient de l’extérieur  en mettant de côté nos divergences.

Rappelons que lorsque le courant anticolonial s’était déjà fortement étendu au Congo, les Belges ont finalement cédé  pour ne pas céder. Malignement, ils se sont pliés à la demande des Congolais de l’indépendance immédiate et totale du Congo du joug colonial.  Mais,  les sujets de Baudouin 1er étaient déterminés de garder la main mise sur le Congo. « Acceptons que les Congolais accèdent à une indépendance nominale mais en cas de force majeure, nous avons la poudre et le canon en Belgique, et nous avons les tribus et les ethnies au Congo » (diviser pour régner), se sont-ils dit ! Les Belges Wallons et Flamands qui ont importé le tribalisme au Congo comptaient sur le tribalisme bien assimilé par les Congolais pour déstabiliser le Congo indépendant. Evidemment, Patrice Lumumba a averti dans son discours du 30 juin 1960 que le tribalisme allait affaiblir l’action du gouvernement. Et aujourd’hui l’histoire lui donne raison ! La vérité est aux oreilles ce que la fumée est aux yeux et le vinaigre aux dents, dit-on. Mais tôt ou tard, elle finit toujours par triompher. Ne voyez-vous pas comment la dent de Lumumba mord les consciences à Bruxelles et à Kinshasa, 61 ans après son extraction et prélèvement comme trophée avant que son corps et ceux de ses compagnons Mpolo et Okito soient découpés et dissous dans l'acide (version du bourreau)?

Notre Etat est devenu un sous-traitant des puissances étrangères et des pays voisins, leurs mandataires  et dont les troupes occupent actuellement l’est de notre pays et y déversent leurs populations pendant qu’à Kinshasa on fait la fête.

Face à cet état de chose, nous avons le devoir de réitérer sans cesse que seule la vision de Patrice Lumumba et de Mzee Laurent Désiré Kabila demeure incontournable pour un Congo grand, uni et prospère.

Patrice Lumumba et Mzee Kabila ont respectivement mis toutes leurs forces dans la lutte contre le colonialisme d’abord, puis le néocolonialisme ensuite, ne reculant devant aucun sacrifice, le sacrifice suprême en définitive si le bien des Congolais le demanderait – Ne jamais trahir le Congo ! La détermination, la constance, l’incorruptibilité et l’esprit de sacrifice sont les quatre valeurs qui les ont caractérisés fondamentalement. Une université doit être créée pour promouvoir les idées de Patrice Lumumba et de Mzee Kabila.

Pour Patrice Lumumba, l’indépendance politique ne signifie rien sans l’indépendance économique. Cela implique que nous nous remettions au travail, travailler laborieusement, il faut la discipline, un leadership responsable, une succession au pouvoir normale gage de la sécurité et la stabilité sociale, nous devons être un peuple qui a confiance en soi, déterminé et avec une vision claire où nous voulons arriver, en comptant sur nos propres efforts d’abord et non sur l’aide étrangère (qu’on détourne d’ailleurs). Alors seulement nous pourrons accomplir beaucoup de choses en vue du développement de notre pays. «Ce n’est pas en mendiant des capitaux que nous allons développer le pays mais en travaillant nous-mêmes par nos propres mains, par nos efforts. Avec nos cerveaux, nos mains, nous allons développer le Congo»,  a dit  Lumumba.

 Conscient que seule la lutte libère, Patrice Lumumba  avait une vision clairvoyante de leadership axée sur la paix, la prospérité, la grandeur et le panafricanisme. Nous allons commencer une nouvelle lutte qui va mener notre pays à la paix, à la prospérité et à la grandeur (…) et nous allons faire du Congo le centre de rayonnement de l'Afrique tout entière," a-t-il déclaré dans son discours légendaire de l’indépendance du 30 juin 1960.

Marchant sur les pas de Patrice Lumumba, le terme “Grand Congo Démocratique” revenait toujours dans les discours de Mzee Kabila, plus spécialement dans son dernier discours à la nation à l’occasion du Nouvel An 2001. Ce terme traduit une grande vision que Mzee Kabila avait pour le Congo. Il voulait reconstruire une nation unie, indépendante et forte. Pour Mzee Kabila, la RDC est un grand pays et que les Congolais sont un grand peuple qui doivent s’affirmer comme tel. Le Congo n’est pas mort. Il est plutôt un géant qui dort. La vision de Patrice Lumumba et de Mzee Kabila sert de gong du réveil.

“Je vous convie tous, filles et fils du Grand Congo Démocratique, à une résistance encore plus active et à une lutte, sans merci, contre nos ennemis, jusqu’au jour où nous recouvrerons totalement l’intégrité territoriale, l’indépendance nationale, et la souveraineté internationale de notre pays”, a-t-il déclaré.

Pour  Mzee Kabila, les cinq préalables pour reconstruire un état fort sont les suivants:

  1. Débarrasser le Congo du poids de l’histoire  notamment, de la nature obscurantiste, oppressive et exploiteuse de l’état que le peuple Congolais a toujours connu de Léopold II jusqu’à Mobutu (sans oublier les petits pays voisins agresseurs). Les belges n’ont mis le Congo en valeur qu’on profit de la métropole au détriment du peuple Congolais (esclavage, travaux forcés,, mains coupées…) et depuis l’indépendance, la mise en valeur du Congo n’a jamais été la priorité des différent gouvernements qui se sont succédés à la tête de l’Etat, à tel point que le Congo demeure encore aujourd’hui un grand chantier dont la construction a été amorcée par Mzee Kabila et Joseph Kabila mais coupée court par la guerre d’agression et par le blocage occidental, respectivement.

“Nous voulons le renouvellement de la classe politique, nous voulons rajeunir la classe politique Congolaise. Nous voulons une nouvelle classe politique consciente que ce pays peut se reconstruire comme tous les autres (changement de mentalités). Dans notre pays tout riche qu’il est, dans l’arrière-pays, le paysan, toute sa richesse c’est une machette, une houe et une natte. Il n’a pas de lit. Il a vécu comme ça pendant les trois décennies du Mobutisme. Mobutu les a laissés complètement isolés. Pas de routes, pas d’infrastructures de communication avec le reste du pays et du monde. Le peuple était complètement abandonné à lui-même. C’était vraiment de la misère. Voilà comment on peut punir tout un peuple et ce sont ces mêmes gens, renchéris par les occidentaux - surtout les missions diplomatiques des pays occidentaux chez nous parce que ce sont elles qui dirigeaient notre pays - qu’ils veulent nous voir les associer à notre œuvre libératrice», a déclaré Mzee Kabila!

  1. Se réapproprier le Congo : Le Congo ne peut jamais devenir une puissance, “un Super Congo” si ses inestimables ressources aussi bien du sol que du sous-sol demeurent une « chasse gardée » des puissances occidentales (et de nouvelles puissances émergentes), bref des intérêts étrangers et d’une mince couche des élites locales.Que signifie d’ailleurs le terme “investissement” lorsque nous savons tous que c’est l’argent du Congo qui y est recyclé ?!Mzee Kabila a redressé le Congo avec l’argent propre du Congo ; « Se prendre en charge (comme le guépard, purement chasseur, qui ne mange que la proie qu’il a attrapé lui-même. Il n’est pas charognard» ! « Qui veut que ses affaires soient bien faites, les fasse lui-même », dit-on. Il n’y a que le travail,  la sueur de nos propres fronts, qui changeront notre sort. A titre de rappel, il y a trois espèces de sueur : celle de la maladie, celle de l’étuve, et celle de l’effort et du travail. Cette dernière est la meilleure de toutes.

Fidèle à sa grande vision d’auto-prise en charge, notre Héros National Mzee Laurent Désiré Kabila d’heureuse mémoire, a laissé ce pays sans un seul dollar de dettePendant les 44 mois qu’il est resté au pouvoir, il a très bien amorcé la reconstruction du pays rien que par ses propres efforts et moyens internes. Et cela même pendant la guerre d’agression ! Même la conférence des pays « amis du Congo » et de la Banque Mondiale tenue à Bruxelles en décembre 1997, 7 mois après la prise du pouvoir par Mzee Kabila n’a réuni que 11 millions de dollars seulement pour aider le Congo à se reconstruire après 32 ans de destruction (et ce sont toujours les mêmes miettes qu’on nous propose aujourd’hui et que nos dirigeants accueillent comme une aubaine, comme un bonus pour être un bon élève qui courbe l’échine). Encore que la conférence a décidé de ne pas verser cet argent au trésor public du Congo, voulant d’abord s’assurer que Laurent Désiré Kabila respecterait les droits de l’homme ! « Vous pouvez donc garder vos 11 millions de dollars », a réagi Mzee Kabila. « Et ils m’ont dit: Où est ce que vous allez trouver de l’argent ? » Et moi j’ai répondu : « Je vais trouver l’argent ici au Congo. Le Congo a tout. Qui peut se passer du cobalt congolais ? » (Source : Allocution de Mzee Kabila aux Congolais de Libreville en 1999).

Nous devons nous prendre en charge. Quand nous nous prenons en charge les autres peuples d’Afrique et du monde augmentent leur respect et considération à notre égard. Nous cessons d’être des mendiants et des naïfs tolérants des étrangers à des postes stratégiques et névralgiques de la nation. Et maintenant, parce que les bailleurs de fonds sur qui nous comptons sont aussi affectés par la Covid-19, qu’est-ce que nous allons faire ? Tout gouvernement se mesure devant l’épreuve. Au lieu de pleurnicher, renforçons plutôt les secteurs agricole et touristique par  exemple pendant la crise, ce qui passe par la réhabilitation des infrastructures de base.

  1. Organiser le peuple : le mettre en mobilisation permanente (prise de conscience, autoprise en charge, non à la dépendance extérieure totale ) pour réaliser son unité sans fissures et résister à toutes les tentatives bestiales intérieures et extérieures et velléités hégémoniques balkanisatrices par les forces de la division visant  à l’asservir de nouveau ; et lui confier le pouvoir  (démocratie ou pouvoir au peuple, par le peuple et pour le peuple). 
  2. Créer une industrie puissante pour nous faire respecter :

Le Congo ne peut compter sur une économie basée sur le trafic des poissons, des poulets par les soi-disant opérateurs économiques qui ne feront jamais concurrence aux monopoles étrangers. Il nous faut des usines, de nouvelles technologies, de l’industrie lourde pour fabriquer les véhicules, des armes, des pièces de rechange, une industrie de transformation pour transformer nos ressources sur place et créer des emplois et des marches au profit de notre peuple au niveau local, national, régional, continental et international.

“Comment le Congo peut-il devenir une puissance si nous devons tout importer, y compris les cravates ? Que deviendra le Congo ?”, a ironisé Mzee Kabila (voir discours sur les CPP).

  1. Faire jouer au Congo son vrai rôle de « cœur de l’Afrique», du «moteur et de la locomotive de l’Afrique» sur le plan politique, économique et culturel, et dans le cadre du panafricanisme et de la coopération Sud-Sud sur tous les plans.

“Les indépendances africaines offrent au monde le spectacle tragique d’un continent trahi, pille, humilie et exsangue avec la complicité de ses propres filles et fils. Nous exprimons le vœu de voir  l’Afrique sortir du 20ème siècle guérie de toute velléité de dépendance extérieure, et réaffirmons  que le combat pour l’indépendance et la souveraineté du Congo  concerne tout le continent Africain car notre pays s’est donné  pour vocation africaine d’exporter la paix [et non la domination], la sécurité et le développement. Une République Démocratique du Congo faible, c’est  une Afrique vulnérable à partir de son centre, J’allais dire, c’est une Afrique sans cœur”,  Dixit Mzee Kabila, 3ème Sommet de la COMESA tenu le 29 juillet 1998 à Kinshasa. Et donc, qu'on le veuille ou non, le salut de l’Afrique partira de la RDC, comme Patrice Lumumba et Mzee Kabila l’ont prophétisé.

En guise de conclusion, aimer ce Congo-là de notre vision lumumbiste-kabiliste c’est être 8 choses : (1) être patriote et jaloux de sa souveraineté, (2) être prêt à consentir à tous les sacrifices pour le protéger et le chérir, (3) rester intransigeant face aux complots qui visent l’unité nationale, (4) ne pas bâcler chaque jour son travail, (5) ne pas transformer les rues et les espaces publics en dépotoirs à ciel ouvert, (6) ne pas recourir à la triche pour contourner les lois de son propre pays, (7) s’engager à le remettre sur les rails du développement,  (8) ne pas permettre à ce que le mensonge, la fainéantise, l’hypocrisie, la corruption, les détournements des deniers publics et les prédations financières rongent son pays jusqu’à l’os, bref, aimer son pays c’est un engagement permanent (inspiré par l’exhortation d’un Algérien).

Ce n’est qu’en mettant cette conception des choses en pratique que nous pourrions remobiliser notre peule autour d’un même idéal: ouvriers, paysans, syndicalistes, intellectuels, etc. Il faut que tous ceux qui se sentent opprimés par le système trouvent le sens de la vie et la fierté d’être Congolais chez nous.  

 

L’information est tombée samedi, Jean Marc Kabund n’est plus membre de l’UDPS.  Du déjà vu sans doute. Le terme exclusion ou auto-exclusion est consubstantiel à l’UDPS. On se souvient volontiers de tous ces arrangeurs des foules qui sont passés par la case exclusion. A titre d’illustration on peut citer : le feuilleton Belchika, l’épisode Mubake ou encore la série des défections de 2006 de Bomanza, Bazaïba et consort. Contrairement à ceux que l’on peut dire, l’exclusion d’un membre quelqu’en soit les raisons est une perte et surtout si ce membre était le président du dit parti.

Dans une tribune publiée sur son blog, l’analyste Matamba Lukasu expliquait le pourquoi l’UDPS devait utiliser ses contradictions internes afin de se réinventer et devenir une alternative à soi même. Hélas, il n’en sera pas question.

Mais cette mise à l’écart du Maitre nageur, est à analyser dans une perspective plus large dans le cadre des prochaines élections. En effet, beaucoup s’étonne sûrement du silence du président de la République depuis l’annonce, il y a près de deux semaines de la démission de l’un des ses bras droits et un d’éléments majeurs du processus de déboulonnement de l’an passé.

Cela s’explique après trois cycles électoraux, les partis politiques ont montré leur limite dans la conquête du pouvoir.

Car, au vu de l’électorat parsemé de la R.D.C, il est mieux souhaité de s’entourer d’un grand groupe hétérogène que de s’appuyer sur un parti politique avec un président ai qui, a généralement des propos discourtois envers des alliés.

La terre n’admet pas deux soleils

En filigrane, cette éviction de Kabund fait tomber un mythe. Le mythe d’un grand parti de masse au sens de Maurice Duverger présent dans l’ensemble du territoire national et pouvant faire élire un Président de la République.

Dans cette optique de constitution des grands groupes électoraux, l’actuel locataire du Palais de la Nation a déjà neutralisé deux probables concurrents. Le premier Kabund qui, s’il n’est pas encore un aspirateur immédiat à la présidentielle, mais il s’est placé dans une perspective de l’après 2023 comme si pas le dauphin, le prochain khalife. Malheureusement pour lui, la terre n’admet pas deux soleils.

L’autre concurrent de taille est Moïse Katumbi qui se retrouve entre le marteau et l’enclume. Car, son départ de l’Union Sacrée va le déplumer certainement. Son indécision après son ultimatum de la ligne rouge en dit long.

Au final, Kabund s’est noyé tout seul, pensant qu’il était le maître de la nage oubliant qu’il n’était pas le propriétaire de la piscine. Que va-t-il faire? On le saura très bientôt.

De là où il est, Machiavel est sûrement fière de son prince Tshisekedi.

 *L’idée d’appliquer une Constitution étrangère dans un pays indépendant et souverain est impensable, inconcevable et impossible à réaliser dans les pays arabes, asiatiques et occidentaux. Tout celui qui l’osera dans ces pays-là,  provoquera une réaction immédiate, farouche et foudroyante des leaders et intellectuels de ces pays contre lui. Mais,  c’est une idée applicable et réalisable dans les pays de l’Afrique noire,  en général,  et en RDC,  en particulier. C’est pourquoi, les Etrangers ont un mépris profond à notre égard  alors qu’ils  affichent devant nous,  des apparences trompeuses de respect et de courtoisie. Depuis le 18 février 2006, en effet,  une Constitution étrangère rédigée en Belgique (Liège), taillée sur la mesure du Mercenaire a été imposée au Peuple Congolais avec la complicité des Députés, majoritairement formés des belligérants congolais et étrangers qui avaient endeuillé notre Pays de 1998 à 2002.

Leur souci était de préserver leurs intérêts égoïstes, avantages et privilèges et de se maintenir le plus longtemps possible à la mangeoire. L’indifférence, le silence et même l’acceptation volontaire affichés par les leaders et les intellectuels congolais sur la question cruciale de l’application jusqu’à ce jour (14 janvier 2022) d’une Constitution étrangère dans notre Pays, au 21ème siècle, tant d’années après la proclamation de l’indépendance nationale le 30 juin 1960, font partie des indicateurs objectifs qui étalent leur ignorance de la signification d’une constitution pour chaque peuple, la profondeur et l’ampleur de l’abrutissement, de la destruction humaine, de la déstructuration, de la dégénérescence, de la déchéance et de la médiocrité des leaders et les intellectuels congolais.

Les leaders et les intellectuels congolais ont amené notre Peuple dans la boue (le royaume des paniers des crabes et des nids des vipères) où sont exaltés et magnifiés l’absence de l’Etat, l’esclavage, la recolonisation, le tribalisme, la corruption, la perversion, le désordre, l’anarchie, la médiocrité, la superficialité, la complaisance, le laxisme, la légèreté, les turpitudes, les antivaleurs, les sentiments, les émotions, les passions, les informations approximatives, les rumeurs, les illusions, les supputations, les calomnies, l’improvisation, l’impréparation, l’immédiateté de la vie (« ici et maintenant », le hic et nunc événementiel sans enracinement ni profondeur dans le passé, ni anticipation, ni prévention, ni perspective).

Alors que ses bourreaux croyaient l’avoir anéanti et avoir anéanti à jamais la vérité, Patrice Emery Lumumba, pourtant au paroxysme de son calvaire, prononça à leur adresse ces paroles emblématiques dans sa célèbre lettre à Pauline :

« Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m’ont jamais amené à demander la grâce car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L’histoire dire un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseigne aux Nations Unies, Washington, Paris ou Bruxelles, mais celles qu’on enseigne dans les pays affranchis du colonialisme et ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au Nord et au Sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité ». Patrice Emery Lumumba

Alors que Mobutu bénéficiait du soutien bilatéral et multilatéral de la Communauté internationale et qu’il se trouvait au sommet de sa puissance et de sa gloire ; que toute la Classe politique congolaise rampait à ses pieds comme des reptiles ; que tous les 25 millions des Congolais y compris les bébés et les fœtus étaient les militants du MPR Parti-Etat ; pendant la guerre froide et bien avant la Perestroïka, les Treize Parlementaires firent preuve d’un patriotisme avéré, d’un courage rare et d’un héroïsme singulier en adressant le 1er novembre 1980, à Mobutu, une lettre ouverte introduite par la référence ci-après :

« Celui  qui a la conscience d'avoir mérité de son Pays et surtout  de lui être encore utile; celui que ne rassasie pas une vaine célébrité et qui dédaigne les succès d'un jour pour une véritable gloire, celui qui veut dire la vérité, qui veut faire le bien public indépendamment des mobiles mouvants de l'opinion populaire, cet homme porte en lui la récompense de ses services, le charme de ses peines et le prix de ses dangers; il ne doit attendre sa moisson, la destinée de son nom, que du temps, ce juge incorruptible qui fait justice à tous ». Mirabeau

A travers de nombreuses vicissitudes, notre Peuple a réécrit son histoire à travers son Combat en faveur de la préservation de son âme bantoue, de son identité culturelle, de sa liberté, de ses droits, de sa dignité humaine, de sa fierté nationale, d’un Etat de droit réellement indépendant, souverain et démocratique moderne et du progrès.
Ce Combat a exigé beaucoup de sueur, de courage, de patriotisme et d’héroïsme ; il a coûté des efforts, des souffrances, des arrestations, des emprisonnements, des bannissements, des relégations, des infirmités, des assassinats, des massacres de masse, des pertes d’emploi, des renvois des universités, des sacrifices, l’abnégation, le dévouement et le martyre et il a abouti à certains Acquis positifs qui sont notamment :

  • La proclamation, le 30 juin1960, de l’indépendance nationale ;
  • La rédaction de trois constitutions démocratiques par les fils du Pays :
  1. La constitution de Luluabourg promulguée le 1er août 1964 par le Président Joseph Kasavubu ;
  2. Deux constitutions démocratiques issues de la Conférence Nationale Souveraine (CNS, 7 août 1991-6 décembre 1992) :
  • « Acte portant dispositions constitutionnelle relatives à la période de la Transition »L'Arrêt R.A. 266 de la Cour Suprême de Justice, Autorité compétence en la matière, rendu le 8 janvier 1993, avait reconnu cette constitution issue de la CNS pour la période de Transition comme étant comme la seule Constitution valable.
  • Et « Le Projet de constitution pour la 3ème République ».
  • Les Résolutions de la CNS qui sont les Fondements d’un Etat de droit réellement indépendant, souverain et démocratique moderne. Dans ces Résolutions se trouvent conservés, condensés, préservés et élevés dans une synthèse supérieure tous les Acquis positifs du Combat dur et long de notre Peuple.

Sommes-nous sincères, crédibles et cohérents quand nous affirmons lutter pour faire de la RDC un Etat de droit démocratique moderne tout en jetant dans la poubelle les Résolutions de la CNS qui sont les Fondements d’un Etat de droit démocratique ?

Au lieu de préserver, enrichir et appliquer l’Héritage ancestral et les Acquis positifs du Combat de notre Peuple, nous rentrons bien volontiers, en arrière dans la nuit des temps, à l’esclavage et à la colonisation notamment par l’application d’une constitution étrangère dans notre Pays, après tant d’efforts, de sacrifices et le martyre des milliers de nos Compatriotes et plusieurs décennies d’années après la proclamation de l’indépendance et de la souveraineté nationale le 30 juin 1960 !

Quelle histoire sommes-nous en train de réécrire sur la RDC ? Nos Ancêtres, Simon Kimbangu, Kimpa Vita, Joseph Kasa-Vubu, Patrice Emery Lumumba, Maurice Mpolo, Joseph Okito, les Treize Parlementaires et tous nos Martyrs… se sentent-ils honorés ou déshonorés par nous ? Les nouvelles générations auront honte de nous.

La tragédie de Lumumba, c’est la tragédie de l’ensemble du Peuple Congolais. L’héroïsme de Lumumba devrait être aussi l’héroïsme du Peuple Congolais tout entier. Malgré la cruauté et l’ampleur des systèmes déshumanisants (esclavage, colonialisme, tyrannie, prédation), le Peuple Congolais n’a pas courbé l’échine. Il veut réécrire son histoire. Mais il est trahi par une élite médiocre, aliénée, corrompue et pervertie.

Nous trahissons la résistance que nous Ancêtres contre la politique coloniale qui visait à les désafricaniser pour les européaniser (Cfr : Immatriculation) ; les Auteurs du Manifeste de la Conscience africaine (30 juin 1956); les révoltes populaires ; les contestations estudiantines ; les grèves des ouvriers ; les Martyrs du 4 janvier 1959 ; les Nationalistes qui avaient remporté les élections législatives, sénatoriales et provinciales organisées du 11 au 22 mai 1960 et avaient majoritairement formé les Institutions mises en place le 30 juin 1960 ; Les Leaders nationalistes initiateurs, de 1960 à 1961, de plusieurs réunions (Table Ronde de Bruxelles, 20 janvier -20 février 1960; Table Ronde de Léopoldville, 25 janvier 1961-16 février 1961; Conférence de Tananarive, 8 mars 1961-12 mars 1961; Conférence de Coquilhatville, 24 avril 1961-28 mai 1961; Conclave de Lovanium, 22 juillet 1961-2 août 1961). L’objectif de ces réunions était de mettre fin à la crise politique de 1960 en préservant l’unité nationale et en restaurant la légitimité et la légalité nationales issues des élections de mai 1960. 

Nous trahissons les Auteurs de l’autocritique des milieux universitaires notamment lors du Congrès des Africanistes en 1978, lors du Colloque National sur l’Authenticité en 1981, lors du Symposium international sur les idéologies africaines en 1985, lors du Séminaire des Professeurs de la Faculté des Sciences Economiques de l’UNIKIN en 1987 ; la résistance de certains artistes et écrivains ; les protestations téméraires et spectaculaires des femmes kinoises surtout entre 1987 et 1990….

Nous trahissons le Combat héroïque des Treize Parlementaires, Fondateurs, Co-fondateurs, membres, cadres et responsables politiques de l’UDPS ainsi que de tous les Congolais qui avaient massivement adhéré à l’UDPS depuis 1980 : ce Combat a culminé dans la tenue de la Conférence Nationale Souveraine et dans ses Résolutions historiques.

Ce Combat, ses Auteurs, ses Acquis positifs sont trahis par nous…A suivre.

Fait le 14 janvier 2022

Pour le Leadership National Congolais de Progrès,

Dr François Tshipamba Mpuila

*Nous savons tous qu’en démocratie, c’est le Peuple qui est le Patron. C’est le

Peuple qui, à intervalles réguliers, délègue son Pouvoir à des hommes et des femmes qui souhaitent le représenter à différents niveaux d’exercice de ce

Pouvoir pour faire prospérer son Patrimoine que sont toutes les ressources qui appartiennent à un Etat. Que se passe-t-il lorsque le Peuple n’est pas suffisamment averti pour prendre la mesure de tous les enjeux et donc de tous les défis qu’il doit relever ? Comme la nature a horreur du vide, un peuple non averti laisse inconsciemment sa souveraineté lui échapper pour tomber entre des mains étrangères, presque toujours hostiles…bref, des mains qui sont tout sauf amies de ce peuple. Des mains dont la seule raison d’être est d’exploiter ce peuple aussi longtemps que celui-ci est comme endormi !

Pour beaucoup de Congolais et pratiquement tous les étrangers amis des

Congolais, l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, Premier Ministre issu de la majorité parlementaire, démocratiquement élu, est l’ultime coup de grâce porté à une expérience de démocratisation qui avait démarrée dans le chaos dès le lendemain du 30 juin 1960.

Mais très peu savent que cet assassinat d’un homme, Patrice Emery Lumumba, a, en réalité, mis fin à la véritable souveraineté du peuple congolais. Or, un peuple «non souverain » n’est pas un peuple digne de ce nom ! Cela était déjà sans doute aussi le cas à l’époque de Victor HUGO (1802-1885) qui l’exprimait en ces termes : « Quand le peuple sera intelligent, alors seulement le peuple sera souverain » !

Auteur, en une trentaine d’années, d’une trentaine d’articles, ouvrages et autres textes sur les élections, la démocratie et le développement en Afrique, je tente de démontrer, dans les lignes qui suivent, que c’est l’absence de souveraineté du peuple congolais qui a transformé le Congo, pourtant promis à un avenir prodigieux, en un « Etat raté » !

Voilà la situation que vit le peuple congolais depuis le 30 juin 1960. Ayant tout de suite réalisé que le peuple devait changer de comportement pour pouvoir jouer pleinement son rôle de Patron, les dirigeants successifs ont appelé, dès l’accession du pays à la pseudo-indépendance, au changement des mentalités de leurs compatriotes.

De KASA-VUBU à TSHISEKEDI (père et fils), en passant par MOBUTU et KABILA (père et fils) sans parler de LUMUMBA, tous les grands leaders politiques congolais ont, chacun avec ses mots, exprimé le même vœu : celui de voir les Congolais adopter un nouveau comportement susceptible de leur permettre de libérer tout leur potentiel pour enfin s’engager résolument sur la voie d’un développement fulgurant et durable.

Il en est de même des grandes figures de l’intelligentsia congolaise, depuis les auteurs du Manifeste de Conscience Africaine (Joseph Albert Malula, Joseph Ileo,

Joseph Ngalula …) jusqu’au Professeur Félix Malu wa Kalenga en passant par

Auguste Mabika Kalanda, le Professeur Valentin Yves Mudimbe et quelques autres.

Plus de 60 ans sont passés et le constat est toujours le même : un déficit criant en matière de gouvernance résultant du fait que, par ignorance des enjeux et des défis à relever, le Peuple-Patron n’arrive toujours pas à assumer positivement sa souveraineté, en laissant souvent émerger pour le gouverner, à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la vie nationale, des hommes et des femmes qui n’ont pas le profil requis. Or, tout Propriétaire conséquent ne peut confier la gestion de son patrimoine qu’au meilleur manager disponible !

Le problème à résoudre est donc clairement pose en ces termes : comment ne faire émerger que les meilleurs fils et filles du Congo pour mieux gérer ce pays a tous les niveaux de gouvernance (local, provincial et national) et dans tous les secteurs de la vie nationale ?

Le célèbre futurologue américain Alvin TOFFLER, dans « Les nouveaux pouvoirs », nous indique une piste qui a retenu toute notre attention. D’après lui, en effet, cette souveraineté du peuple, aujourd’hui inefficiente, pourrait être optimisée si elle s’exerçait au prorata de la conscience politique des Citoyens.

Autrement dit, il serait tout à fait indiqué de « fractionner » cette souveraineté entre plusieurs étages où s’exerce le pouvoir réel, avec, à la base (au premier étage), ceux qu’il appelle les « Localistes » (ou ceux qui, compte tenu de leur conscience politique du moment, ne pourraient donner le meilleur de leur citoyenneté qu’au niveau local).

Notons au passage que ce sont tous les Citoyens adultes qui sont les bienvenus à ce stade et qu’ici au Congo les « Mayi-Mayi authentiques » devraient logiquement se situer dans cette partie de la population. Au deuxième étage, il y a les « Provincialistes » (ou ceux qui ne peuvent être performants que jusqu’au niveau de la Province ou de l’Etat fédéré).

Et enfin au troisième étage, il y a les «

Nationalistes » (ou ceux dont la bonne prestation est garantie jusqu’au niveau national). Il va même jusqu’à prévoir la place des « Continentalistes » (ou ceux qui, dans le cas de l’Union Européenne ou de l’Union Africaine par exemple, seraient retenus pour participer à tout scrutin à caractère continental) et des « Mondialistes » (ou ceux qui seraient sollicités pour désigner, par exemple, des délégués à un Sommet Mondial sur telle ou telle question intéressant la planète entière).

Si notre premier souci est et a toujours été d’avoir les meilleurs élus d’Afrique (voire du monde), nous avons là une grande opportunité à saisir en nous conformant à cette vision qui rend optimal l’exercice de la souveraineté du Peuple. Une souveraineté qui élimine, à chaque niveau de gouvernance, celui ou celle qui ne peut pas donner à sa voix sa véritable valeur ; celui ou celle qui, ne connaissant pas la véritable valeur de sa voix, était jusqu’ici prêt à la brader contre une bière, un tee-shirt ou un petit billet de banque !

Au lieu de continuer à nous attarder sur le profil idéal du « bon » candidat dans un environnement vicié, laissons ce travail au Peuple-Patron désormais préalablement outillé pour ne laisser émerger que les meilleurs fils et filles du pays au triple plan moral, éthique et académique.

Il ressort de cette vision qualitative du corps électoral, une structure pyramidale de la population électorale avec la totalité de l’électorat actuel (soit autour de 50 millions) appelé à prendre part à toutes les consultations électorales au niveau local.

Mais, au niveau provincial, à peine la moitié de l’électorat actuel (soit autour de 25 millions) serait conviée au vote des députés provinciaux et des Gouverneurs et Vice-Gouverneurs.

Au niveau national,  c’est-à-dire là où nous devons positionner les meilleurs d’entre nous, tant au niveau gouvernemental qu’au niveau de nos deux chambres, pour, d’une part, garantir en interne une gestion optimale du pays et, d’autre part, négocier avantageusement notre insertion dans le concert mondial, il importe de ne confier cette lourde responsabilité qu’aux 12,5 millions d’électeurs conscients des enjeux mondiaux et des défis à relever pour occuper toute notre place sur l’échiquier international.

Cette stratification de l’électorat en fonction de la conscience politique des uns et des autres présente en outre un avantage financier non négligeable de par le fait que, d’une part, tous les scrutins (local, provincial, sénatorial, législatif, présidentiel) peuvent être organisés le même jour et, d’autre part, plusieurs dizaines de millions de « vrais-faux » bulletins (des bulletins qu’on peut qualifier de toxiques) ne seraient plus imprimés !

Nous reviendrons en temps voulu sur la méthode utilisée pour déterminer le contingent électoral affecté à chaque « étage », mais, en attendant, nous pouvons d’ores et déjà faire savoir que les valeurs pour le deuxième et troisième étage sont largement surestimées…

En toutes choses, il faut savoir distinguer l’essentiel de l’accessoire. Les Africains en général et les Congolais en particulier, sont quasi unanimement d’accord sur le fait qu’il y a un gros problème de leadership au niveau de notre continent. Nous croyons avoir trouvé la faille par laquelle passent tous les 90% des médiocres qui nous gouvernent aujourd’hui. Cette faille a pour nom : une souveraineté de façade, une souveraineté de pacotille conférée à un « peuple » qui ignore ce qu’il est et le pouvoir qu’il détient.

Donnons au Peuple-Patron sa totale souveraineté et ce sera la fin de cette mortelle récréation qui dure depuis plus de 60 ans ! Il suffira, pour cela, de faire en sorte que chaque électeur n’ait pas d’autre alternative que celle de remplir correctement son devoir de bien élire !

Bien élire c’est être capable de choisir non pas seulement l’homme ou la femme, mais aussi et surtout ses idées, ses valeurs… bref, son idéologie. La vérité est qu’en plus de 60 ans de pseudo indépendance, nous avons abusé de notre DROIT DE VOTE en laissant émerger des hommes et des femmes qui n’avaient pas le profil de l’emploi au triple plan éthique, moral et intellectuel.

Avec le DEVOIR DE BIEN ELIRE imposé désormais à chaque électeur, nous allons avoir des élus que l’Afrique et le monde entier nous envieront. Nous demandons à ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, se reconnaissent dans cette démarche salvatrice de se mobiliser dès aujourd’hui, pour que naisse, à l’échéance électorale de 2023, le Congo de nos rêves.

Nous pensons en particulier à toutes les forces de progrès présentes dans les organisations que nous avons croisées sur notre parcours. Il s’agit notamment de : « Anciens élèves des Jésuites » (au Congo, en Afrique et dans le monde) ;

« Anciens Étudiants de Lovanium, Unaza, Unikin et les amis du Mont Amba »

(ALMA) ; « Amicale des Anciens Etudiants Militaires Lovaniards et Kassapards »

(AMILKA) ; « Conseil de l’Apostolat des Laïcs Catholiques du Congo » (CALCC) ;

Club des Economistes du Congo ; le Conseil Stratégiques National pour le

Développement (CSND) ; « Association pour la Défense des Intérêts du Kivu-

Bukavu » (ADIB) et tous les adeptes de la méritocratie partout où ils se trouvent.

C'est Patrice Emery LUMUMBA qui a trouvé les mots justes pour clore ce débat sur la souveraineté du peuple à travers la réponse qu’il a réservée à ceux qui trouvaient le Congo « trop » grand : « ce n’est pas le Congo qui est trop grand, mais c’est plutôt nous les Congolais qui avons l’obligation de nous hisser à la hauteur des défis que le Congo se doit de relever » !

Fait à Kinshasa, le 17 janvier 2022

Modeste Mbonigaba

Président

Jeannot Binanu, Président Provincial du Mouvement de Solidarité pour le Changement ville de Kinshasa, s’est adressé aux Présidents Interfédéraux du Mouvement de Solidarité pour le Changement, lors de la traditionnelle cérémonie d’échanges de vœux. Parlant des échéances électorales de 2023 en marge de cette grandiose cérémonie, il a lancé un défi de conservation du  pouvoir. Ainsi, il a invité les interfédéraux à plus de mobilisation de la population de Kinshasa pour la réélection de Félix Antoine Tshisekedi au second mandat. Sous l’œil vigilant du Sga du MSC, Jules Mukumbi, du Prof. Tshibangu Kalala, du Vice-président provincial ville de Kinshasa, Michel Kinaka Kakoko et de Jean-Claude Mboma, Coordonnateur national des Partis politiques et Associations au MSC, Jeannot Binanu a projeté  un programme pour un travail en symbiose avec les présidents fédéraux pour concrétiser le rêve de 2023. Evoquant la tournée du Chef de l’Etat en province, il a souligné que : ‘‘Fatshi n’est pas un ange. Il travaille avec les hommes. Nulle part ailleurs, un président de la République a traité les affaires du Pays sous les arbres. Par amour de son peuple, il dit ce qu’il voit. Il est très clair dans son discours que nous soutenons’’, a déclaré Jeannot Binanu.

C’est debout que le Président provincial du MSC, ville-province de Kinshasa, Jeannot Binanu s’est adressé vendredi 7 janvier 2022 aux quatre Présidents Interfédéraux et leurs membres, depuis la salle Kraatos du quartier Matonge à Kinshasa, à l’occasion de la cérémonie d’échanges de vœux de la nouvelle année 2022, après avoir vu sa cote de popularité largement en hausse au cours des derniers années. Il s’agit de Présidents interfédéraux de Mont-Amba Raoul Musomoni ; de la Lukunga Didier Mpambia ; de la Tshangu Héritier Bisaka Mutombo et Me Hervé Issay Bompoto de la Funa.

Une cérémonie sympathique pour annoncer les couleurs d’une mobilisation tous azimuts pour les échéances électorales de 2023. Le discours était bien ficelé et le langage suffisamment clair pour laisser à tous une bonne compréhension de l’enjeu. Jeannot  Binanu a quand même lancé les défis et les attentes de la population pour consolider les bénéfices sociales de la vision du Chef de l’Etat. Pour le Président provincial du MSC/la ville de Kinshasa, les interfédéraux doivent prouver que le drapeau du Parti doit flotter sur les toits de tous les quartiers et rues de Kinshasa.

Confronté à la prise de conscience politique sans précédent pour hisser plus haut la bannière du MSC, la sensibilisation des Kinois et Kinoise à la Vision sociale du Président National du Mouvement de Solidarité pour le Changement, l’Honorable Laurent Batumona, le chef de l'Exécutif provincial du MSC, Jeannot Binanu, a déclaré que : " l’année 2022 est une année pas comme les autres. Nous devons à tout prix occuper tous les coins et recoins de Kinshasa afin de mieux préparer les échéances électorales de 2023’’.

Il a rappelé que l’alliance MSC-UDPS est une alliance de taille dans l’histoire de la RDC: "Depuis la création du MSC en 2011, 11 ans après, le MSC est resté attaché au combat et aux valeurs de l’Udps du vivant du Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba, d’heureuse mémoire’’.  Jeannot Binanu a rafraichi la mémoire des Interfédéraux sur l’alliance avec l’UDPS. ‘’Le MSC a participé au combat de rue et de la démocratie aux côtés de l’Udps avec tout le chapelet de tortures et autres sévices corporels subis. Nos militants et militantes sont tombés sur le champ de lutte pour l’instauration de la démocratie jusqu’à ce que nous avons eu la victoire incarnée par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à la Magistrature suprême’’.

MSC pour Conserver le pouvoir

En réponse à cette réunion de prise de contact assorti d’un échange de vœux avec ses lieutenants, Jeannot Binanu a tenu à rappeler ces faits historiques pour clarifier la vision de l’alliance UDPS – MSC, mais également insisté sur l’intérêt du MSC à s’affermir pour conserver le plus longtemps possible le pouvoir. Le MSC, rappelle-t-il, a combattu dans le passé, il combat dans le présent et combattra dans le futur. C’est dans ce contexte qu’il a demandé aux Autorités de l’Udps des soins appropriés pour panser les blessures politiques dans la perspective de la continuité de lutte pour la réélection du Président Félix Tshisekedi en 2023.  ‘’Les festivités de nouvel an sont passées, revenons au travail pour matérialiser la vision de notre Autorité morale, Laurent Batumona, que l’on a surnommé ‘’Intérêt général’’ par ses membres, celle de faire du MSC une deuxième force politique en RDC.

Jeannot Binanu a aussi dénoncé la désinformation, les "manipulations" et les "intoxications" qui entament selon lui la "confiance démocratique".

"Parler vrai, c'est parler de la réalité", a-t-il lancé dans son allocution de vœux aux Interfédéraux : "Le vœux de longévité, de succès au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Au Premier Ministre Michel Sama Lukonde, aux Président de deux chambres du Parlement et au Président National du MSC, aux cadres et militantes et militants du MSC de la ville de Kinshasa. ‘’2022 c’est l’année qui doit nous conduire, afin de demeurer une démocratie robuste, à mieux nous protéger des fausses informations, des manipulations et des intoxications. A l'heure des réseaux sociaux, du culte de l'immédiateté et de l'image, du commentaire permanent, il est indispensable de rebâtir une confiance démocratique dans la vérité de l'information reposant sur des règles de transparence et d'éthique.

Bientôt, un siège du gouvernorat provincial du MSC sera inauguré, a promis Jeannot Binanu avant d’inviter les Président Interfédéraux au travail de terrain. 

Des exposés enrichissants

Le moment était bien indiqué pour s’arrêter et d’évaluer le chemin parcouru et de projeter les perspectives l’avenir du MSC et de baliser la voie à la réélection de Fatshi. Les quatre interfédéraux ont suivi avec attention le discours du Président Binanu sur le besoin de mobilisation.

Raoul Musomoni : Président interfédéral du Mont-Amba. ‘’Je serai candidat en 2023. Notre ambition est de produire plusieurs Cellules en vue d’intégrer beaucoup de membres au MSC. Nous travaillons depuis un temps pour produire au moins 4 députés au Mont-Amba’’

Didier Mpambia : Président Interfédéral de la Lukunga : ‘’Nous regroupons 7 communes. Nous avons mis en place des présidents fédéraux, des Cellules et un contact permanent avec la population est assuré. Nous menons des actions sociales en faveur des jeunes et pour leur autonomisation notamment, la formation, de soutien financier pour un petit commerce. Nous travaillons pour l’accès aux soins de santé et nous encourageons les jeunes à la formation qu’ils parviennent à créer leur propre emploi.

Me Hervé Issay Bompoto, Président Interfédéral de la Funa : Notre devoir est de fidéliser nos membres et d’implanter le MSC. Notre ambition est de faire du MSC la deuxième force politique après l’UDPS notre allié de taille et non de circonstance. Nous devons rassurer l’électorat de Fatshi et de notre Autorité Morale, Laurent Batumona’’. 

Héritier Bisaka Mutombo, Président Interfédéral de la Tshangu : ‘’ la machine électorale est en marche pour produire 150 députés à travers la RDC. Le Président Jeannot Binanu nous rappelle de descendre sur le terrain pour préparer la réélection de Fatshi Béton et de Laurent Batumona en 2023.  Nous avons mené beaucoup d’actions sociales telles la construction de forage ; assistance sociale et soutien au petit commerce des mamans veuves’’.

Jean-Claude Mboma, Coordonnateur national des Partis politiques et Associations au MSC. Le Président Jeannot a lancé un défi aux interfédéraux de mieux travailler dans leur fief pour préparer les élections de 2023 sous l’impulsion de l’Honorable Laurent Batumona. Jeannot Binanu a martelé sur la victoire électorale à 90% avec le soutien à 100% de Laurent Batumona qui a  investi dans l’homme. Pour l’heure de la fin, l’atmosphère était plutôt festive.

Peter Tshibangu

Le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo totalise ce 24 janvier 2022 trois ans au pouvoir depuis sa prestation de serment le 24 janvier 2019 devant la Cour Constitutionnelle pour sa prise des fonctions à l’issue des élections du 30 décembre 2018. Il entame ainsi ce 25 janvier sa quatrième année au pouvoir en cette année charnière par rapport à 2023 devant marquer la fin de son quinquennat (2019-2023) avec à la clé l’organisation des élections générales, dont la présidentielle. Déjà, il est lancé dans la course pour 2023 avec ses annonces solennelles faites d’abord à Goma où il a séjourné en juillet 2021 pour compatir avec les sinistrés de l’éruption volcanique du Nyiragongo et évaluer l’état de siège à l’Est, puis fin décembre à Mbuji-Mayi lors de sa visite dans l’espace Kasaï.

Sur fond de la coalition chaotique FCC-CACH (2019-2021), du terrorisme à l’Est du pays et du Covid-19 qui a mis à l’épreuve l’économie nationale, le bilan des trois premières années au pouvoir du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo est controversé. Si les uns pensent qu’il a échoué lamentablement au regard des projets «100 jours et Tshilejelu» qui n’ont pas produit des résultats escomptés, d’autres, par contre, pensent que le seul regard physique, focalisé sur le matériel en termes des infrastructures qui font grandement défaut à la République depuis plus de 60 ans d’indépendance, ne suffit pas. Le bilan est aussi moral et éthique en ce qu’il consiste, notamment, à éveiller le patriotisme, forger les esprits au développement, créer la cohésion et l’unité nationales, assainir la gestion des finances publiques, mener la lutte contre les détournements des deniers publics et la corruption afin de renflouer les caisses de l’Etat, ouvrir le pays au monde aux fins de le réinsérer dans le concert des nations, gagner la guerre de l’Est en triomphant des forces centrifuges qui y sèment la désolation depuis plus de deux décennies et exposent le pays à la balkanisation. Bref, restaurer et rétablir l’Etat dans les coins et recoins de la RDC. Le gouvernement démocratique moderne étant inévitablement lié à l’Etat, il va sans dire que «sans Etat, il ne peut y avoir de citoyenneté, ni non plus la démocratie».

Un jugement sévère

Avec la controverse qui a émaillé l’avènement au pouvoir du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, assaisonnée à la guerre de l’Est où les ADF, les FDLR et beaucoup d’autres groupes armés locaux rivalisaient d’ardeur dans l’assassinat de paisibles Congolais, massacrés le plus cyniquement du monde, soit par égorgement, soit par mutilation ou simplement par les armes à feu, les horizons semblaient être bouchés pour le nouveau locataire de la cité de l’Union africaine (UA).

Dans un langage frisant l’ironie sur Télévision 50, l’ancienne première Dame Olive Lembe di Sita Kabila a osé même demander, pince-sans-rire, au peuple de ne pas se plaindre de la situation qui était la sienne et d’être patient. Et d’ajouter : «L’on pensait que c’était facile».

Bref, on ne donnait aucune chance au nouveau président de la République. Une année serait une grâce, avaient prophétisé les pessimistes. Ce qui aurait poussé même certains de ses proches collaborateurs à se remplir, d’entrée de jeu, plein les poches pour parer à toute éventualité, sacrifiant ainsi des projets utiles pour les populations. Mais,  contre toute attente, le pantin, le président postiche, le placebo a franchi trois ans de pouvoir, dont deux en coalition chaotique avec le FCC, décidé de le couler pour reprendre les rênes perdus du pouvoir. Il en est à sa quatrième année de pouvoir, charmant, d’une manière ou d’une autre, la communauté aussi bien nationale qu’internationale. Il a aussi apprivoisé les principales forces politiques et sociales qui lui étaient hostiles.

En équilibre précaire, vilipendé, voire humilié, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est montré tenace. Il attendait son printemps. Il a fait preuve de caractère conciliant et s’est voulu patient. Il s’est distingué par son fort quotient d’adversité, c’est-à-dire, la capacité, selon le professeur marocain Rachid Boutti, à traverser une période difficile dans la vie et à s’en sortir sans perdre la tête. C’est un quotient qui détermine qui abandonnera face aux aléas/troubles, qui abandonnera la famille, qui envisage le suicide, etc.

Le jugement sévère enregistré de la part, principalement, de la population à l’endroit du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, par devers lui indirectement à son père, champion toutes catégories de la lutte pour l’avènement d’un Etat démocratique et de droit en RDC, se justifie sur un autre plan. En effet, le nouveau maître du Mont-Ngaliema vient de l’opposition et pas n’importe laquelle. Il sort d’un parti qui a lutté pendant 37 ans pour conquérir le pouvoir. Avec son avènement au pouvoir, l’occasion lui était ainsi donnée de refonder la République et d’instaurer un Etat de droit, soucieux du bien-être de la population. L’UDPS a toujours placé l’intérêt du peuple congolais et la promotion du social comme l’objectif de toute sa lutte.

Devenue un leitmotiv, cette priorité était, sans cesse, claironnée et résumée par son leader Etienne Tshisekedi wa Mulumba, à travers un binôme : «le peuple d’abord». Ce fut un homme intègre qui avait rejeté toutes les offres lui faites par le régime Mobutu avec tous les privilèges qui en découlaient, acceptant de faire l’opposition et d’endurer de lourds sacrifices dans l’objectif final de réaliser cet idéal. Et,  le nouveau président de la République est le fils de ce leader, facile ainsi pour comprendre qu’il a été initié pendant des années aux exercices pratiques par son père qui était à la fois pour lui un père biologique, idéologique et spirituel. De telles références ne pouvaient que rassurer quant aux changements que la population réclamait. L’heure était arrivée de faire la politique autrement, d’appliquer de nouvelles méthodes ou un nouveau mode de gestion de l’Etat en s’éloignant des tares ou des erreurs commises dans le passé.

Cependant, à son accession au pouvoir, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo n’avait pas à sa portée tous les leviers de commande pouvant l’aider à maîtriser la gestion de l’Etat et imprimer sa vision en vue de réaliser ces changements. Faute de majorité parlementaire, principalement, au sein de l’Assemblée nationale, celle-ci étant détenue par le FCC, plateforme du président de la République sortant, le nouveau chef de l’Etat s’est vu obligé de gouverner en coalition avec cette force politique dirigée par son prédécesseur. Ainsi, naquit la coalition FCC-CACH.

En d’autres termes, avec l’alternance pacifique du pouvoir, l’après 24 janvier 2019 n’était pas moins égal à l’avant cette date. Ancien Premier ministre congolais, Bernardin Mungul Diaka dirait : «Le chauffeur avait changé, mais le véhicule restait le même». Certes, Joseph Kabila avait quitté physiquement le pouvoir, mais en réalité, il demeurait en place. Son ombre planait encore sur les services de défense, de sécurité et la justice. Sa mainmise sur plusieurs autres secteurs de la vie nationale était certaine. Outre ses différentes relations tissées de par le monde, il était fortifié en cela par des confortables majorités obtenues par sa famille politique, le FCC, aussi bien sur le plan national, à l’Assemblée nationale et au Sénat, que sur le plan provincial, par le biais des Assemblées provinciales. Point de doute, le système mis en place durant les 18 ans de son règne sans partage était quasiment reproduit.

Avant toute chose, le démantèlement du système Kabila

Après deux ans d’exercice de pouvoir, la coalition FFC-CACH a montré ses limites. La vision du nouveau président est entrée en contradiction avec la méthode de gestion de son prédécesseur. Les rencontres et négociations menées entre ces deux plateformes en coalition pour trouver la convergence nécessaire pouvant permettre de cheminer ensemble pour reconstruire l’Etat se sont révélées vaines.

Que faire alors eu égard à cette situation, terreau d’un système politique inique quasiment reproduit et qui a planté le décor pour sa perpétuation ?  Devant une telle quadrature du cercle, l’ultime option pour le nouveau président de la République, c’était de s’autonomiser par rapport à son partenaire en se défaisant du carcan politique limitant son champ d’action. Donc, faire voler en éclats la coalition. Ce qui lui permettrait de tourner en sa faveur la majorité parlementaire afin de faire passer des réformes essentielles et utiles que recommande la situation du pays qu’il veut remettre sur l’orbite du développement en vue de promouvoir le bien-être intégral de sa population. Réformes contre lesquelles le FCC, note le journaliste Arthur Malumalu, était vent debout parce que nuisant fatalement à ses intérêts immédiats et contrariant ses ambitions démesurées. D’autre part, le chef de l’Etat entendait également anticiper sur les élections de 2023 auxquelles il risquait de se présenter sans bilan. C’est ce qu’il a appelé «Déboulonnement du système».

C’était un pari, somme toute, risqué pour le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il se trouvait, bien entendu, entre le marteau constitué par Joseph Kabila et l’enclume composée de Martin Fayulu, du duo Katumbi-Bemba et de bien d’autres forces sociales telle l’Eglise catholique. Mais, d’ores et déjà, il avait, lors de la conférence tenue le 04 avril 2019 au Conseil sur les relations internationales à Washington, annoncé les couleurs en ces mots : « Je le dis sans peur. Je suis là pour déboulonner le système dictatorial qui était en place». Le 19 janvier 2020, il l’a répété à la communauté congolaise à Londres notant que «si jamais il y a une crise permanente entre le Gouvernement et l’Assemblée nationale, il dissoudrait cette dernière et utiliserait son stylo rouge pour sanctionner quiconque se mettrait en travers de son chemin». Et,  Arthur Malumalu de souligner : «Certains lui ont ri au nez, d’autres, par peur de Joseph Kabila, ne voyaient pas comment son successeur, qu’ils traitaient de tous les noms, s’y prendrait pour se défaire de ce système criminel qui a étalé ses tentacules sur les institutions et mis, en toute impunité, le grappin sur les secteurs les plus juteux». Pourtant, c’est un pari réussi.

Les deux ans de coalition chaotique avec le FCC ont été également chaotiques pour le pays. Raison sans doute pour laquelle, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, sans majorité au Parlement, sans contrôle effectif du Gouvernement dont certains ministres l’ont tourné en bourrique, a tenté un gouvernement parallèle par lequel il a voulu réaliser certains projets qui ont battu de l’aile. Les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes. L’Union Sacrée de la Nation aidant, il est tenté de revenir dans le juron de la République en responsabilisant le Gouvernement Sama Lukonde pour la mise en train du Programme de développement à la base à partir de 145 territoires.

Le chaos, qui a caractérisé la coalition FCC-CACH, n’a pas été négatif sur toute la ligne pour le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il lui a permis d’appréhender le système Kabila pour lui assener une estocade. En effet, jouant au roseau qui plie sans rompre sous les bourrasques et marchant sur les œufs sans les écraser afin de contourner ses adversaires contrairement à son père qui attaquait de face, il a fini par réaliser que le système Kabila reposait sur deux principaux piliers, à savoir : l’armée, les services de sécurité et la justice. D’où,  les ordonnances du 17 juillet 2020 portant chambardement dans l’armée et la magistrature qui ont été lues pendant plus de 5 heures sur les antennes de la radiotélévision nationale. La démission controversée du président de la Cour Constitutionnelle Benoît Lwamba Bindu, qui vient de tirer sa révérence, aura été un catalyseur pour mettre l’appareil judiciaire à l’abri de l’emprise de l’ancien président de la République qui s’est cassé les dents au travers de la lutte d’arrière-garde menée par Me Tunda ya Kasende, alors Vice-Premier ministre et ministre de la Justice.

Les deux principaux piliers du système étant brisés, le reste est tombé comme un château de cartes. La ceinture institutionnelle protectrice de l’ancien président de la République s’est ainsi désintégrée avec la descente aux enfers de Jeanine Mabunda, la déchéance de Sylvestre Ilunga Ilnkamba et l’éjection d’Alexis Thambwe Mwamba. 

Pour y arriver, il fallait du temps, de l’intelligence stratégique et de la méthode. Tout a été séquencé : piocher dans la majorité FCC et composer avec d’autres forces politiques, en l’occurrence ENSEMBLE de Moïse Katumbi, MLC de Jean Pierre Bemba et AFDC-A de Modeste Bahati Lukwebo.

Cet exploit est à inscrire dans le bilan du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. La configuration politique d’autrefois ne présageait aucune lueur d’espoir.

La payante politique d’ouverture diplomatique

Aussitôt au pouvoir, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo n’a ménagé aucun effort pour remettre le pays dans le juron de la diplomatie mondiale et redorer l’image ternie depuis des lustres de la diplomatie congolaise. Il était ainsi devenu un pigeon voyageur, parcourant le monde de part en part. Ce qui lui a valu et lui vaut encore des critiques acerbes. Pourtant, en tant que président de l’Union africaine, le président Paul Kagame, sans compter les voyages au titre de président rwandais, en a totalisé trente.

Malgré les diatribes, les résultats sont là. Ils sont tangibles : Washington, Moscou, Paris, Londres, Bruxelles, Vatican… lui ont ouvert leurs portes. Signe d’un rapprochement avec Kinshasa, en dépit des vives récriminations quant à son avènement au pouvoir.

Après avoir renoué avec les grandes capitales du monde et imprimé une autre dynamique au sein des institutions internationales, il s’est efforcé, même si ceux-ci traînent les pas, d’obtenir auprès des pays voisins, principalement le Rwanda et l’Ouganda, non seulement une participation active dans le traitement de la crise, mais aussi une convergence des vues et des politiques à mener de manière coordonnée aux fins des résultats efficaces. C’est dans ce cadre qu’il convient de situer ses déplacements à Kigali, Kampala, Dar es-Salaam, Luanda, voire ailleurs.

Et aussi bien d’autres rencontres qui ont eu lieu entre responsables congolais du domaine de la défense et de la sécurité et leurs homologues des pays voisins.

Son accession à la présidence de l’UA a, d’une manière ou d’une autre, consolidé ses atouts et lui a ouvert encore plus d’opportunités de coopération, notamment, militaire pour mettre fin à l’insécurité à l’Est du pays. Elle a permis à la diplomatie congolaise de gagner davantage des galons. Aussi s’est-elle révélée être un terreau nécessaire à l’intégration africaine ; intégration qui prend en compte les paris à relever aussi bien sur le plan politique, économique que sur celui de la pacification du continent.

Avec la présidence congolaise de l’UA, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a porté la voix de l’Afrique au niveau international, surtout dans le contexte du Covid-19, pour réclamer au profit du continent les meilleures conditions de lutte contre la pandémie et de relance des économies nationales.

A cet effet, lors du Sommet de Paris sur le financement des économies africaines en mai 2021, il a plaidé pour plus de moyens financiers en faveur de l’Afrique et pour la poursuite et le renforcement des mécanismes mis en place pour soulager les pays africains tombés dans des situations de surendettement à cause des effets de la pandémie.

Au sommet du G20 à Rome, il a, au nom de l’Afrique, appelé les pays participants à concrétiser leurs engagements en faveur de la préservation des forêts du Bassin du Congo, à travers des financements conséquents. Il a fait de la RDC «pays solution» relativement au réchauffement climatique.  Dans le domaine sanitaire, il a soutenu la campagne en faveur de l’opérationnalisation de l’Agence Africaine de Médicaments et, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19, il a porté l’ambition légitime de l’Afrique à produire les vaccins sur le continent.

Infatigable et déterminé à porter toujours haut le drapeau de son pays, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a donné son accord de principe pour succéder au président Denis Sassou Nguesso à la présidence tournante de la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale) en 2022.

La passation des pouvoirs a eu lieu à l’occasion de la 20ème session ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de cette organisation qui s’est tenue à Brazzaville le 19 janvier 2022.

Au cours de cette même année, il va prendre la présidence de la SADC après avoir été élu vice-président par ses pairs lors du 41ème Sommet tenu le 17 août 2021 à Lilongwe, au Malawi. Sur le volet intégration régionale, il a affirmé l’ambition de la RDC de redorer sa position géostratégique en adhérant à l’EAC (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est). Cet acte de haute portée diplomatique et économique place désormais le pays à cheval entre l’EAC, la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale), la CIRGL et la SADC.

Les institutions financières internationales ont figuré aussi à l’agenda du président congolais.

A ce sujet, il a rencontré les dirigeants du FMI (Fonds Monétaire International), de la Banque Mondiale et de la BAD (Banque Africaine de Développement) pour envisager avec eux la possibilité de délier les cordons de leurs bourses afin de faire bénéficier à la RDC des ressources financières dont elle a besoin pour relancer son économie et financer d’autres activités utiles pour le bien-être des Congolais. Point n’est besoin de rappeler que la RDC vient de renouer avec le FMI après la suspension de la coopération avec cette institution de Breton Wood en 2012. Le pays y est présentement éligible.

Parallèlement, la coopération internationale a aussi connu des avancées significatives avec les divers partenaires. En témoignent plusieurs Projets, Accords et Memoranda d’Entente que la RDC a conclus. Pour le seul exercice 2021, elle a bénéficié, de la part de ses partenaires extérieurs multilatéraux, des engagements de l’ordre de 4,5 milliards USD. Il s’agit là d’un niveau record dans l’histoire récente de notre pays.

Une économie mise à mal par le Covid-19 et la guerre à l’Est

En plus du carcan politique dû à la coalition FCC-CACH, l’économie nationale a été mise à mal par le redoutable Covid-19 et la guerre à l’Est qui a nécessité finalement l’instauration de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Aussi,  la bonne gouvernance a-t-elle encore du chemin à parcourir du fait que des mauvaises habitudes ont encore la peau dure dans le pays à cause du laxisme qui semble caractériser l’administration de la justice. Dans un tel contexte, les quelques efforts réalisés, suite, notamment, à la patrouille financière de l’IGF, sont phagocytés et ne participent pas au progrès social et à la redynamisation de l’économie dévastée par la zaïrianisation et les pillages de triste mémoire, puis achevée par l’incurie de la classe dirigeante.  

En effet, l’économie nationale présentait début 2020 des vulnérabilités : ralentissement de la croissance, baisse des excédents de la balance de paiements, déficit budgétaire occasionné par les dépenses sécuritaires (conflits armés), sanitaires (épidémie d’Ebola à l’Est), de prises en charge des catastrophes (invasion des criquets, etc.). Les indicateurs économiques au premier trimestre viraient ainsi de plus en plus au rouge.

Cette mauvaise passe a eu des répercussions certaines. Arrêté à USD 11 milliards pour l’exercice 2020, le budget de l’Etat s’en est trouvé affecté et le Gouvernement s’est attelé à rectifier la loi des finances sur fond d’un collectif budgétaire qui l’a réduit de moitié.

Sur ces entrefaites, la pandémie du Covid-19 est venue complexifier l’équation. Elle a mis à rude épreuve l’économie déjà fragile, aggravant, de ce fait, les vulnérabilités observées depuis le début de l’année 2020. D’autre part, les mesures prises par le Gouvernement pour atténuer les effets négatifs de ce virus sur l’économie nationale, de sorte à éviter la grogne sociale et préserver l’activité économique, n’ont fait qu’amenuiser les ressources de l’Etat, au demeurant, précaires.

L’Afrique, en ce compris la RDC, s’est trouvée confrontée, même si une certaine reprise a été enregistrée en 2021, à la tempête avec la baisse des prix de la plupart de ses principaux produits de base et celle de la demande résultant d’un arrêt de la production au monde. Ceci avec comme corollaires la contraction de la demande intérieure et l’effondrement du secteur informel, dont les activités constituent en moyenne 90 % des économies réelles en Afrique. 

Aussi, les décisions courageuses prises par les dirigeants africains pour combattre la contamination intracommunautaire sont aussi à la base du ralentissement du secteur informel. Elles ont amplifié le chômage et la pauvreté. Ce qui fait grincer les dents à la population congolaise.

Ce contexte marque la phase II du régime Tshisekedi, obligé de se tourner, sous le Gouvernement Sama Lukonde, vers la quête des solutions aux besoins de base des Congolais. Désormais, le président de la République dispose de tous les leviers pour engager le pays sur la voie du succès. Entretemps, la guerre de l’Est est loin de se terminer. Malgré l’instauration de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, l’on ne peut venir en un tour de main à bout d’une situation d’instabilité qui dure depuis plus de 20 ans et à la base d’une économie de guerre qui s’est installée et a impacté négativement le vécu des populations. Non sans compter avec la mafia qui a gagné même les rangs de l’armée, de surcroît infiltrée, et trahie par la complicité aussi bien en son sein qu’au sein de la population. Ce qui a conduit à la mutualisation des forces avec Kampala et à la redynamisation des forces onusiennes pour triompher des forces du mal.

Naturellement, le projet phare du Gouvernement qu’est la gratuité de l’enseignement fondamental, ne peut qu’être affecté. Il est donc impératif de mettre fin à la guerre de l’Est qui est préjudiciable pour les populations locales, ainsi que pour la République.

Un regard holistique sur le bilan

Les trois premières années de pouvoir du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo sont un parcours de combattant. Avec le désossement du FCC, plus rien ne saura l’arrêter dans sa marche royale vers la refondation de l’Etat, axée sur une nouvelle conception de la gouvernance basée sur les résultats positifs dans l’intérêt supérieur de la nation. Auréolé avec sa désignation à la tête de l’UA dont il a pu tirer parti de par son programme, le chef de l’Etat congolais a désormais les coudées franches. Il peut dérouler son plan d’actions et le matérialiser.

Avec la nouvelle mise en place à la BCC, les finances publiques devront s’accroître et être bien tenues en vue des budgets équilibrés, voire excédentaires. Leur bonne gestion est un atout pour répondre aux aspirations des populations.

Ce travail de titan abattu par le président de la République durant les trois premières années de son mandat est une œuvre grandiose et exaltante en faveur de la refondation de l’Etat.

Le bilan dans la gestion d’un Etat n’est pas seulement matériel dans le sens de créer des infrastructures,  telles que les routes, les écoles, les hôpitaux … qui font grandement défaut à la République.

A ce sujet, il importe de jeter un regard holistique afin de saisir tous les contours, de façon à émettre un avis avec plus de rationalité et d’objectivité.

Le bilan est aussi moral et éthique en ce qu’il consiste, notamment, à éveiller le patriotisme, forger les esprits au développement, créer la cohésion et l’unité nationales, assainir la gestion des finances publiques, et mener la lutte contre les détournements des deniers publics et la corruption afin de renflouer les caisses de l’Etat comme le fait, notamment, l’Inspection Générale des Finances (IGF).

Il se constate que ce côté immatériel a sensiblement fait défaut durant des longues années à la République. Que de détournements des deniers publics ! A la lecture des différents rapports de l’IGF, il s’observe que le pays a été saigné aux quatre veines. Les révélations du PCA de la GECAMINES Albert Yuma Mulimbi sur le démantèlement de cette entreprise publique, autrefois pourvoyeuse de 70 % des recettes au budget de l’Etat, sont traumatisantes. Elles révèlent la saignée à blanc des ressources de la République sous le régime Joseph Kabila, voire avant.

Dans ces conditions, il était utopique pour le Gouvernement, dépourvu de moyens, particulièrement financiers, de sa politique, d’accomplir les grands objectifs inscrits dans son programme d’actions en ce qui concerne le bilan matériel.

Conscient de cet obstacle, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo s'est ainsi attelé à travailler au déboulonnement du système qui a incarné tous ces maux, à savoir le «système Kabila». Il y est parvenu. C’est tout un autre bilan.

Avec cette volonté affichée de refonder au préalable l’Etat, il y a lieu de placer les espoirs dans le fils d’Etienne Tshisekedi. Avec le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, un autre Congo peut voir le jour par une gouvernance qui place les Congolaises et les Congolais au centre de toutes les préoccupations de l’Etat, leur faisant bénéficier au premier plan de leurs richesses pour faire éclore finalement un bien-être social pour tous.

Là, «le peuple d’abord» aura revêtu tout son sens.

Bien que le président de la République déborde d’énergie pour sortir la RDC du gouffre dans lequel ses filles et fils l’ont précipitée depuis son accession à l’indépendance, son régime compte quelques maillons faibles. Ce qui ne permet pas la lisibilité de son action.

Le casting au sein de son Cabinet a permis l’émergence des personnes qui, peut-être inconsciemment, pensent être à leur propre service plutôt qu’à celui du chef de l’Etat dont ils doivent accompagner les actions pour la matérialisation de sa vision. D’où la nécessité du nettoyage des écuries d’Augias afin de s’entourer des collaborateurs avec lesquels il doit être en phase. Des gens qui ne demandent pas ce que le Congo doit faire pour eux, mais plutôt ce qu’eux doivent faire pour lui.

Les services de presse et de communication du président de la République excellent beaucoup plus dans la passivité. Ils se comportent plus comme des organes de presse, alors que leur mission est d’irriguer les informations vers les médias afin de porter à la connaissance du public les actions du chef de l’Etat, de soigner et de vendre son image de marque.

Depuis l’affaire  Vital Kamerhe, ces services battent de l’aile. Y a-t-il déficit ou conflit des compétences, ou simplement confusion des genres dans leur fonctionnement ?

La justice est le tendon d’Achille du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Elle se caractérise depuis un certain temps par un laxisme dans la prise des décisions. Ce qui qui freine toutes les bonnes initiatives, laisse pantois le peuple et fait caracoler le pays en haut du classement des pays les plus corrompus.

Dans son discours sur l’état de la nation du 13 décembre 2021, le président de la République n’est pas resté indifférent aux cris de détresse et de désolation des Congolaises et Congolais qui, chaque jour qui passe, réclament plus de garanties d’une bonne et saine administration de la justice.

Il a exprimé son dépit eu égard à des pratiques qui ne permettent pas à la justice de revêtir sa nouvelle robe. C’est-à-dire d’être une justice qui ne dit pas seulement le droit, mais aussi rassure que le droit, alors le bon, a été dit. La dénonciation ne suffit pas. Les réformes courageuses dans le secteur sont de plus attendues aussi bien sur le plan structurel que qualitatif  en ce qui concerne ses animateurs suivant le principe «l’homme qu’il faut à la place qu’il faut».

Enfin,  le parti présidentiel, l’UDPS, a besoin d’une cure de jouvence pour être plus compétitif en 2023 et à l’avenir.

Au pouvoir depuis 3 ans, il garde toujours les réflexes d’un parti d’opposition. La crise inutile qui prévaut présentement en son sein à la suite de l’affaire Jean-Marc Kabund relève d’un non-sens.

L’UDPS se met ainsi en désordre de bataille, alors que le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a déjà annoncé ses couleurs pour 2023.

 Une Constitution est un texte qui donne un sens à la vie individuelle et collective d’un peuple. C’est un texte de valeurs supérieures d’un peuple. Elle est enracinée dans un ensemble politique et culturel. Elle est l’identité génétique d’un Etat et d’un peuple.

Chaque société génère son propre Etat dont les caractéristiques les plus intimes ne peuvent être transposées ailleurs : il n’existe pas un Etat prototype universel, mais des Etats dont les traits reflètent l’histoire, la géographie et tout ce qui contribue à identifier la culture propre à chaque peuple. Chaque Etat présente une personnalité spécifique faite de particularités non transposables. Il en va de l’Etat comme de tout être humain irréductible génétiquement et rebelle selon les règles biologiques à tout clonage.

La population doit se reconnaître dans sa constitution, y retrouver son âme profonde, sa conception de la vie, sa vision du monde, ses valeurs ontologiques, axiologiques et spirituelles. En lisant une constitution, on doit découvrir qu’il s’agit de la constitution d’un tel peuple et à une telle époque de son histoire.

Nombreux peuples de l’Afrique noire sont bloqués au fin fond des gouffres des tragédies et sont à la queue des classements internationaux des pays sur base des indicateurs et paramètres internationaux objectifs puisque notamment leurs constitutions sont indéterminées, éthérées et acosmiques, et ces africains ont été vidés de toute substance et toute consistance ontologiques, de toute densité axiologiques, de toute aptitude à la transcendance et de toute capacité d’élévation spirituelle (nous ne parlons pas d’organisations idéologiques, hégémonistes, expansionnistes, avilissantes et déshumanisantes qui pullulent en Afrique noire en général et en RDC en particulier et qui sont conçues pour anesthésier les peuples naïfs, les infantiliser, les instrumentaliser, les manipuler, les aliéner et les rendre facilement dociles, dominables et exploitables) et en ont fait des “coquilles vides”, des “feuilles mortes”, des “êtres ambigus”, des “êtres entre les eaux”, des “êtres tragiquement seuls entre différentes cultures et civilisations”, des “êtres perdus sur le chemin du progrès et de la civilisation”, des “êtres détachés de leurs racines et de leurs origines, suspendus en l’air, sans identité propre et sans consistance”, des “esclaves éternels, consentants et heureux ». 

La CNS s’était montrée attachée, dès le Préambule de sa Constitution, aux valeurs humaines universelles (Déclaration universelle des droits de l’homme…), africaines (Charte africaine des Droits de l’homme et des Peuples), à nos racines, à notre identité, à nos sources, à la vision africaine de la vie et du Monde. 

Dans l’actuelle constitution, Il n’est nulle part fait référence à l’identité bantoue de la majorité des habitants ni à son système de valeurs et à ses modèles de perception de la vie sociale. Même l’organisation du droit foncier et du pouvoir coutumiers, qui continuent de régir de larges portions de la vie des populations, ne sont nulle part sérieusement prises en compte dans l’actuelle constitution. On en est resté à des affirmations générales issues de l’époque coloniale.

On parle du patrimoine culturel congolais à l’article 1er, pour dire que les langues du pays en font partie, et à l’article 46, pour dire que l’Etat doit le protéger et le promouvoir.

A l’article 10, on définit la nationalité en référence aux groupes ethniques dont les personnes et les territoires constituaient ce qui est devenu le Congo à l’indépendance. Mais aucune définition n’est donnée des groupes ethniques ni du mode de désignation de leurs autorités et aucun rôle ne leur est reconnu dans la vie nationale.

Un exemple de la faiblesse des connaissances de la réalité nationale par les rédacteurs de l’actuelle constitution est le découpage des provinces qu’ils proposent à l’article 2. A quelques exceptions près, les députés se sont contentés d’ériger en provinces les districts des actuels provinces.

Les exceptions sont le maintien des trois districts du Bas-Congo en une seule province, appelée Kongo central, et la réintégration au Mai-Ndombe du district des Plateaux, qui en avait été détaché en 1990. Sur ce point très sensible du découpage et de la dénomination des premières subdivisions politico-administratives du pays, le travail n’a manifestement pas été fait avec l’expertise requise.

Pourquoi avoir fait les exceptions que nous venons de mentionner et avoir maintenu la division de l’Equateur en cinq provinces, selon les cinq districts qui y existent depuis 1977 par la création du Nord- et du Sud-Oubangi, selon sa division en districts depuis 1960 ?

Les superficies de l’Equateur et de la province orientale sont respectivement de 403.292 et 503.239 kilomètres carrés. Leurs populations sont de l’ordre de 6.3 et 7 millions d’habitants en 2005. Le Katanga a une étendue de 496.877 kilomètres carrés et une population de l’ordre de 7.9 millions d’habitants). On peut se demander si les raisons qui ont fait donner plus de poids politique à l’Equateur qu’à la province orientale et au Katanga en 1977 sont encore pertinentes aujourd’hui.

Une province devrait être une unité d’action, en fonction d’un projet de développement. Les “constituants” qui ont rédigé le projet de Constitution n’ont rien apporté de consistant ou de nouveau sur ce point. On peut même se demander si le fractionnement des provinces proposé peut conduire à une plus grande décentralisation ou s’il n’appellera pas le pouvoir central à assumer de nouvelles prérogatives de coordination interprovinciale.

La connaissance insuffisante des réalités du pays s’est particulièrement manifestée par le fait que les réponses ont été diverses suivant les personnes interrogées par celles qui avaient participé à l’élaboration du projet ou à son vote, sur les territoires constituant la province du Lomami et sur la province à laquelle avait été intégrée la ville de Kolwezi, comprenant depuis 1976 les territoires de Mutshatsha et de Lubudi. A suivre

Le 04 janvier 2022.

Pour le Leadership National Congolais de Progrès

Dr François Tshipamba Mpuila

GSM : +32-493-325-104 ; Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 La prise de position  de l’Udps/Tshisekedi, fédération de Lubumbashi, au sujet de ce qui se dessine comme crise au sein du parti d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba
Nous, membres du Comité Fédéral, des Comités sectionnaires et cellulaires, des Comités de la Ligue des Femmes et de la Ligue des Jeunes ainsi que des structures informelles créées pour soutenir le fonctionnement de notre Grand Parti, réunis, en grande majorité, ce dimanche 17 janvier 2022, à la permanence du Parti, sise 520, avenues NDJAMENA coin MAMA YEMO, commune de Lubumbashi ; avons passé au peigne fin Ia situation politique qui prévaut au sein de I'UDPS/TSHISEKEDI, tant au niveau national que local, et cela de l5heures à 19h.
Après discussions démocratiquement menées, nous nous sommes convenus de rendre publique la prise de position dont la teneur suit :
I.                   Etat des lieux de la situation au sein de I'UDPS/TSHISEKEDI
A ce niveau, il sied de faire la  part des choses entre l'exercice du Pouvoir et la situation au sein du Grand Parti du Peuple. Quant en  ce qui concerne l'exercice du Pouvoir, toutes les Institutions fonctionnent harmonieusement, c'est-à-dire, conformément à la Constitution et aux lois de la République et sous le Leadership éclairé de Son Excellence Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République et Chef de l'Etat. Mais, certains cadres au sein de notre Parti semblent démontrer, par leurs déclarations politiques, qu'il y a un problème entre le Chef de l'Etat et le l"' Vice-président de l'Assemblée Nationale, l'honorable Jean-Marc KABUND-a-KABUND, arguant qu'il n'a aucun respect envers la première Institution de la République. Il nous revient d'apprendre qu'il y aurait un problème réel entre l'entourage politique du Chef de I'Etat et l'Honorable Jean-Marc KABUND-a-KABUND. Celui-ci l'accuserait de prendre le Chef de l'Etat en otage et de l'éloigner de plus en plus de son Parti présidentiel en falsifiant, par exemple, la plupart des propositions de nomination qu'il soumet au Chef de l'Etat, via son Cabinet, en sa qualité de Président ad intérim du Parti. Cet entourage politique empêcherait encore celui-ci, à maintes et reprises et sans raison plausible, de rencontrer le Chef de l'Etat. Serait-ce seulement à cause de cela que l'on pourrait décréter à haute voix qu'il y a un "conflit" ouvert entre le Chef de l'Etat qui ne semble pas s'y reconnaître et  le Vice-président du Bureau de l'Assemblée Nationale qui ne semble pas non plus y comprendre quelque chose? Nenni. La vérité serait cachée dans la triste conscience de cet entourage politique malveillant qui tient à s'approprier la personne du Chef de l'Etat, garant de la Nation et commandant suprême des Forces Armées et de la Police, en actionnant les médias et en manipulant la Base du Parti grâce à la fortune dont il dispose, afin de provoquer, à tout prix, une rupture entre la première institution et l'Honorable KABUND-a-KABUND. Comment celui-ci peut-il alors engager, en toute honnêteté et en toute conscience, un match d'avance perdu contre le Président de la République ?
Malheureusement, un soi-disant conflit né au sein du Parti est porté abruptement et inconsciemment dans les institutions de la République et qui a poussé certaines susceptibilités politiques de faire des Déclarations de tendance à confirmer qu'il y a effectivement un conflit politique ouvert entre la première Institution sacrée de la République et le Premier Vice-président de l'Assemblée Nationale. Malgré cela, nous avons foi que le Chef de l'Etat comprend facilement ce qui se passe et jouera sûrement à l'apaisement ?
II.                Situation au sein du Parti
Conflit au sein du Parti transposé dans les Institutions, quelle imprudence? Le Sphinx de Limete (Kinshasa) dont l'ombre plane sur nous est mort. Paix à son âme ! Il nous a légué une valeur politique inestimable dans notre Parti.
II s'agit de Jean-Marc KABUND-a-KABIIND. Ce Jeune leader, encore Président Fédéral ayant fait preuve de combativité dans la Fédération de Kamina, fut nommé Secrétaire Général par le Président du Parti, Feu Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA d'heureuse mémoire parce qu'il avait vu en lui une semence d'un héros national, il  y a lieu de dire, sans être contredit, qu'il était, à tout point de vue, les meilleurs de tous ses prédécesseurs.
Du plus fort de la lutte de libération, il a connu plusieurs fois la prison, il a perdu miraculeusement son fils tué par la soldatesque de Joseph Kabila, encore Président de la République. Il n'a pas pu céder à cette intimidation qui l'aurait poussé à se faire corrompre afin de rejoindre le camp de FCC ! Il est demeuré malgré tout imperturbable.
C'est ainsi qu'il sauva le Parti d'Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA déjà à la dérive. Il organisa dans le moment difficile le Congrès extraordinaire qui enfanta Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO comme Président du Parti et le consacra Candidat Président de la République devenu plus tard Président de la République Démocratique du Congo.
Pourquoi ne pas reconnaître ce travail rendu au Parti que de ne voir en la personne que son origine tribale, ses défauts et jamais ses qualités ? Ayant constaté l'incompatibilité entre ses nouvelles fonctions de Chef de l'Etat et celles de Président du Parti, SEM FATSHI céda l'intérim, par un Mandat Spécial  à Jean-Marc  KABUND-a-KABUND, alors Secrétaire Général.
Ce Mandat Spécial fut conçu par Me Peter KAZADI, alors Dircaba du Président du Parti, en complicité avec certains de ses amis. Nous ne savons pas s'il n'avait pas bien lu l'article 26 des Statuts qu'il brandira plus tard !
Qu'y a-t-il comme problème aujourd'hui dans notre cher Parti ? A la suite de la contestation du Mandat Spécial par un groupe de cadres du Parti en l'occurrence Peter KAZADI. Paul TSHILTIMBU et consorts, il s'est créé un camp dit " Sauvons I'UDPS" contre le camp de ceux qui soutiennent le Mandat Spécial. Nous devons signaler que le premier camp soutient le retour à l'article 26 des Statuts dont la lecture demeure vraiment biaisée. Cet article 26 n'était qu'un prétexte alors que la toile de fond demeure l'expression d'un tribalisme avilissant. Comment peut-on vouloir,  à la fois,  une chose et son contraire ?
En d'autres termes Comment pouvez-vous soutenir le Chef de I'Etat et renier sa signature apposée sur le Mandat Spécial? Pourquoi cette hypocrisie ? Pourquoi vouloir combattre le Chef de l'Etat et feindre le soutenir ? Si vous combattez donc Jean-Marc KABUND-a-KABUND, alors, vous combattez FATSHI qui lui a confié le Mandat Spécial pour diriger le Parti jusqu'à la fin de son indisponibilité ! De tout ce qui précède, nous, Base de I'UDPS/TSHISEKEDI, Fédération de Lubumbashi, arrêtons ce qui suit :
I. Soutenons le Président de la République, Chef de l'Etat, Son Excellence Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, et exigeons à tous ceux qui veulent le salir de comprendre qu'il est au-dessus de la mêlée et ne peut plus descendre plus bas pour se cacher derrière un groupe qui se considère comme le seul à l'aduler et à le soutenir. Nous devons savoir respecter son nom devenu sacré depuis belle lurette. Et surtout pas dans votre lutte insensée de séparer FATSHI et son dauphin, le Président a.i du Parti, honorable Jean-Marc KABUND-a-KABUND.
2. Soutenons sans ambages le Président ad intérim et l"' Vice-président du Bureau de l'Assemblée Nationale, honorable KABUND-A-KABLIND, pour toute la lutte menée et dont Ie couronnement demeure l'exercice actuel du Pouvoir par l'UDPS/TSHISEKEDI. Sans lui. Notre Parti sombrerait au même titre que l'UDPS/TSHIBALA et consorts.
3. Demandons avec insistance et sans intérêt mesquin de notre part au Chef de l'Etat FATSHI de faire attention avec ses collaborateurs tant du cabinet que ceux du groupe parlementaire  du Parti dans l'Assemblée Nationale et ceux qui se considèrent comme vos amis  personnels d'éviter de poser des actes ignobles en votre nom déjà sacré, parce que ces actes vous font discréditer auprès de la population, électrice de demain.
Nous faisons allusion à votre Directeur de cabinet,  Monsieur Guylain NYEMBO, à Monsieur Taupin KABONGO, au DGISNCC Fabien MUTOMB qui estime occuper ce poste en guise de récompense pour avoir contribué financièrement à votre campagne électorale a-t-il raison ou pas, cela ne relève pas de   la bonne manière.
4. Demandons aux autres Présidents Fédéraux de ne pas céder aux manipulations, de nous souder comme un seul homme derrière FATSHI, honorable JMMK et Augustin KABUYA TSHILUMBA Mwanabute. 
Fait  à Lubumbashi, le 18 Janvier 2022
Président Fédéral
 Dr Bruno Tshibangu Kabaji

Bien que le peuple congolais ne puisse pas ignorer les changements positifs apportés au Congo pendant la période coloniale belge, y compris les infrastructures (par exemple chemins de fer, routes, navigation, aviation, hôpitaux et autres centres et services médicaux, etc.), une agriculture modernisée et l’industrie, les mécanismes du commerce, l’éducation de base et l’administration de base, etc., mais ce que la «mission de civilisation chrétienne» du roi Léopold II a apporté au peuple Congolais était un cauchemar, car il était soumis à des massacres, à la torture et contraint de signer des traités sous la torture… (modèle de dépossession).

En fait, Leander Heldring et James Robinson (1) confirment qu’«en bref, il est difficile de combiner les preuves existantes avec des contrefactuels raisonnables pour prouver que n’importe quel pays est aujourd’hui plus développé en Afrique subsaharienne parce qu’il a été colonisé par les Européens. Cependant, l’inverse est vrai! ».

En plus, l’universitaire et historien Congolais Isidore Ndaywel e Nziem (2) soutient même que le colonialisme belge est responsable du statu quo ou de la situation actuelle au Congo; même s’il ne faut pas tout imputer aux belges. Ne sommes-nous pas, par exemple, responsables de l’insalubrité publique qui infeste nos villes, signe de notre état d’âme corrompu et qui nécessite un toilettage de notre conception du pouvoir qui relègue le bien commun, pourtant sacré, au second plan ?

Qu’à cela ne tienne, nous pouvons objectivement déduire que la civilisation occidentale doit tout au Congo, pas l’inverse ! Preuves: des travaux forcés pour collecter l’ivoire et extraire le caoutchouc dont les Etats-Unis et le reste du monde occidental avaient besoin pour fabriquer les pneus des vélos et des  voitures, jusqu’à la fabrication aujourd’hui des véhicules spatiaux et voitures vertes à partir du cobalt et du coltan congolais, désormais également indispensable pour la fabrication des téléphones portables, des lunettes de vision nocturne, des fibres optiques, des satellites et des condensateurs, etc., Le peuple congolais a payé un lourd tribut pour le développement de la civilisation occidentale qui peut être considérée comme fardeau de l’homme noir, pas le contraire.

Les richesses naturelles et minérales du Congo ont toujours été un facteur clé dans la résolution de toutes les crises économiques qui ont sévi en Occident (1920, 1930, 1914, 1920, 1930, 2008, et la crise post-covid à ce jour). Toutes les solutions à ces crises sont basées sur les sacrifices du peuple congolais.

Notons d’abord que les ressources humaines, naturelles et minérales du Congo ont constitué les principaux trophées, dont le contrôle a conduit à une concurrence féroce entre les puissances occidentales avant la Conférence de Berlin de 1884-1885.

Sans la «question Congolaise», la Conférence de Berlin n’aurait pas eu lieu. Afin de résoudre le différend qui tournait autour de la question «qui devrait posséder le Congo?», 14 puissances (Allemagne, Autriche-Hongrie, Belgique, Danemark, Empire Ottoman Turque ayant conquis l’Afrique du nord ou le Maghreb actuel plus la Mauritanie et la Libye, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie et Suède) se sont réunies à Berlin et ont décidé de garder le Congo comme une «zone de libre-échange» où elles pourraient toutes aller exploiter librement les richesses humaines, naturelles et minérales de ce Congo. Curieusement, à notre ère, ce fait historique est logiquement lié à la politique américaine sur le Congo dénommée “Cobalt : Options Politiques pour un Minerais stratégique”, publiée par le gouvernement américain en 1982.

Le but de cette politique est d’assurer le contrôle et le monopole du cobalt du Congo pour sauvegarder les intérêts du complexe militaro-industriel américain. C’est ce qui a justifié l’intervention militaire des Etats-Unis, de la France, de la Belgique à Kolwezi en 1978, une guerre des ressources pendant la Guerre Froide pour sauver à la fois leurs intérêts miniers (intérêts cobaltifères) et le régime de Mobutu, gardien de ces intérêts là.

L’accord de la Conférence de Berlin est toujours considéré comme valable par les dites puissances, à juger par leur comportement au Congo, même après l’indépendance de ce dernier. En fait, pendant l’Etat Indépendant du Congo, les entreprises privées occidentales se sont transformées en Etats souverains en signant des traités avec les dirigeants locaux.

A notre ère, ce fait historique correspond à une autre politique américaine sur le Congo, notamment, « La République Démocratique du Congo: une approche du développement national ». Elle est en fait un projet de document du plan de reconstruction de Bechtel pour le Congo (Bechtel Group est la première entreprise américaine de travaux publics), présenté au Gouvernement Congolais en novembre 1997.
L’imposition de ce plan au gouvernement congolais sans consultation préalable a été une sorte de tentative de reconstruction de l’Etat Indépendant du Congo. Une relation très étroite existait entre Bechtel et le Gouvernement Américain, en particulier avec l’Administration Clinton d’alors.

Le rejet par Mzee LD Kabila de ce plan a conduit à une guerre des ressources par procuration  exécutée pour le compte des Etats-Unis et de la Grande Bretagne par le Rwanda et l’Ouganda à partir de 1998.

La culture de deux poids deux mesures qui caractérise la politique étrangère américaine découle des deux piliers dont sont fondés les Etats-Unis: le génocide des peuples autochtones Indiens et l’esclavage des Africains. Les Etats-Unis sont une colonie de peuplement. Ce type ou catégorie de pays comprend aussi le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud, même Israël mérite d’être classé comme tel.

En fait, Awad Issa Mansour (3) qualifie Israël de «Cas Sioniste». C’est parce qu’il soutient qu’Israël est une colonie de peuplement qui en est encore à ses balbutiements, car il continue d’occuper davantage des terres palestiniennes. Juste après le génocide des Indiens rouges et la réduction des Africains en esclavage par les immigrants européens, les Etats-Unis ont consacré l’hypocrisie et le double standard à la première page de leur constitution et déclaré que « tous les hommes sont créés égaux ».

Cependant, les Etats-Unis ont été le premier pays à soutenir le régime de terreur du roi Léopold II au Congo.

Une lutte interne pour le contrôle du riche Congo entre les puissances européennes de l’époque (Royaume-Uni, France et Allemagne) a constitué la motivation spéciale pour la tenue initiale de la Conférence de Berlin. Curieusement, après le déclenchement le 2 août 1998 de la « première guerre mondiale africaine », comme l’a qualifiée Madeleine Albright, alors Secrétaire d’Etat Américaine, en raison de multiples protagonistes impliqués (ironiquement Madame Albright savait que la première guerre mondiale a coûté la vie à 10 millions de personnes, justement le même bilan en RDC aujourd’hui), les Présidents rwandais et Ougandais Paul Kagame et Yoweri Museveni, jouant le rôle de caisses de résonnance des puissances anglo-saxonnes, ont lancé un appel pour la tenue d’une «deuxième conférence de Berlin»; pour redessiner les frontières du Congo et annexer l’est du Congo à leurs pays respectifs.

Le Président Ougandais Yoweri Museveni a même été surnommé le «Bismarck Africain», ce qui en soi illustre le problème..En outre, le Rwanda, très callé dans le «fake news» et connu, tout comme l’Ouganda, pour ses penchants ou aspirations expansionnistes, a commencé à faire circuler une vieille carte géographique du pays des milles collines, affirmant à cet effet son intégrité territoriale historique qui prétendument incluait la région du Kivu de l’est du Congo.

Les aventures militaires de ces deux dirigeants Tutsi à l’est du Congo, une région riche en minerais stratégiques, sont soutenues par les États-Unis et la Grande Bretagne particulièrement. Ce qui a enfin justifié la politique de la balkanisation du Congo, pompeusement annoncée en 2013, sans passer par le dos de la cuillère, par Russ Feingold, alors envoyé spécial du Président Barack Obama dans la Région des Grands Lacs, une politique qui a débouché sur la guerre du M23.

Cette politique a été dénommée “La Solution (ou la cure) de l’ex-Yougoslavie et de  l’ex-Soudan comme remèdes pour les maux du Congo”.

Tout cela démontre que les États-Unis tentent d’utiliser le Rwanda et l’Ouganda, pays voisins du Congo à l'est, comme agents mandataires pour atteindre les objectifs suivants: Croyant que les Congolais vont un jour finalement lâcher prise (ce qui n’est pas arrivé depuis 1960, défiant tous les calculs et n’arrivera jamais de génération en génération), le premier objectif est de mettre en œuvre la politique de déstabilisation du Congo (instabilité); le second est de mettre en œuvre la politique de la partition du Congo; la troisième consiste à soumettre le pays à une guerre d’agression sans fin afin de diviser éventuellement le pays, utilisant les massacres et le viol comme armes de guerre, et dans ce processus, piller des minerais stratégiques valant des milliards de dollars à fournir aux Etats-Unis et à d’autres pays membres de l’OTAN.

Et il n’y a aucune contrepartie, car, à part les prêts du FMI et de la Banque Mondiale au profit (ou au détriment, poids de la dette oblige?) de la RDC, téléguidés par « le bon vouloir » des Etats-Unis, sur le plan social par exemple, personne ne peut nous montrer un seul hôpital construit par le gouvernement américain au Congo !  

Léopold II lui-même n'a jamais mis ses pieds au Congo. Cependant, il dirigeait une colonie 80 fois plus grande que la Belgique avec une main de fer par le biais d’agents mandataires (la Belgique elle-même était une colonie néerlandaise jusqu’en 1830, soit quelques 55 ans seulement avant la tenue de la Conférence de Berlin). Il a fait bon usage de la stratégie de «diviser pour régner» pour rendre les populations locales hostiles les unes contre les autres et les dominer.

Dans son livre intitulé «Congo», Thomas Turner souligne que cette stratégie est actuellement utilisée dans toutes les guerres de ressources par procuration en République Démocratique du Congo. (4)

Il est souvent dit que les Etats-Unis n’avaient pas de colonies en Afrique et par conséquent n’avaient pas colonisé l’Afrique. Cependant, il est clair que les États-Unis ont poursuivi une politique de «colonialisme indirect» au Congo:

Tout d’abord, l’Amérique a dépeuplé le Congo par l’esclavage. Deuxièmement, lors de la Conférence de Berlin, les États-Unis ont été le premier pays à reconnaître l’État Independent du Congo de Léopold II (d’autant plus que c’était Stanley, un anglais par naissance mais naturalisé citoyen Américain qui a exploré le Congo pour le compte de Léopold II) en échange aux dividendes issues du libre-échange.

C’était la politique du «colonialisme indirect» ou du «colonialisme périphérique»; c'est-à-dire, même si les Etats-Unis n’étaient pas un suzerain formel ou direct au Congo, ils jouissaient pleinement de tous les avantages du colonialisme belge au Congo où ils y jouissaient d’un libre-échange sans entraves.

Aujourd’hui encore, les compagnies minières nord-américaines - comme Alphamin à Bisie à Walikale dont la concession est devenue un état dans un état – détiennent la «part du lion» dans le secteur minier congolais. Certaines banques américaines, comme Rothschild et JP Morgan, ont investi dans l’État Indépendant du Congo et ont donc participé à la «ruée vers le Congo».

A ce jour, ces mécanismes d’investissement (ou ces banques) demeurent toujours opérationnels. Cela démontre que le capital initial accumulé par les banques occidentales provenait de l’esclavage et du colonialisme.

Le modèle de dépossession utilisé depuis le quatorzième siècle se joue encore aujourd’hui et la majeure partie de la richesse des Etats-Unis provient de l’extérieur des Etats-Unis, notamment du Congo.

La détermination des Etats-Unis pour garantir et assurer un accès sans entrave et à un coût moindre aux ressources naturelles et minières de base, essentielles et critiques du Congo dont l’Amérique n’a pas, peu importe la gravité des conséquences politiques, économiques et humanitaires, chosifie et tue le peuple Congolais.

Les Etats-Unis veulent aussi verrouiller les ressources naturelles et minérales du Congo contre tout accès par la Chine, un nouveau concurrent sur la scène dont l’ascension et la forte présence au Congo représentent un nouveau défi pour l’Occident en général et les Etats-Unis en particulier.

Cependant, la mise en œuvre des politiques américaines au Congo implique des acteurs locaux soigneusement préparés au service des intérêts des Etats-Unis d’Amérique en échange de protection et de soutien politique, diplomatique, militaire et financier comme c’était le cas avec Mobutu et aujourd’hui avec Museveni, Kagame et Félix Tshisekedi.

Cependant, nous nous posons la question de savoir, combien de temps va durer la lune de miel entre Félix Tshisekedi et  l’Occident en général et les Etats-Unis en particulier ? Seul le temps ou l'avenir nous le dira !

En effet, Africa Intelligence a révélé dans son édition du 3 janvier 2022 que Kinshasa est entrain de reconsidérer sa politique internationale, qui jusqu'à présent s'est concentrée principalement sur l'Europe et les États-Unis. Cela passera par de nouveaux axes stratégiques, la nomination d'ambassadeurs et le renforcement des rôles d'ambassadeurs.

Tous les prédécesseurs de Félix Tshisekedi en ont fait l’expérience ainsi que nous l’avions averti. Le bon élève devient vite le mauvais ! L’ambassadeur Américain Mike Hammer, pourtant bras droit de Fatshi vient de donner le ton : les investisseurs Américains ne viendront pas en RDC à cause de la corruption ! Quand Fatshi corrompait les Députés de son prédécesseur pour se tailler une majorité circonstancielle, Mike Hammer n’a-t-il pas applaudi cette « ingéniosité » politique ?

L’Afrique a toujours été d’une importance stratégique pour les Etats-Unis, en particulier pendant la Guerre Froide. En y opposant l’Union Soviétique de développer sa stratégie en Afrique, l’Amérique a voulu protéger sa position importante, ses intérêts vitaux et son influence, à travers les politiques adoptées par les Etats-Unis à l’égard de chaque pays africain et chaque région au cours de cette période, en particulier son intervention au Congo qui a réussi à remplacer le contrôle et le monopole politique et économique de la Belgique au profit de ceux des Etats-Unis, après l’assassinat de Patrice Lumumba, réprimant ainsi, et le nationalisme congolais, et la démocratie congolaise à travers le soutien accordé à la dictature de Mobutu dans le but de piller les richesses minières du Congo.

D’ailleurs, l’universitaire Américain David N. Gibbs (5) dans son livre intitulée “The Political Economy of Third World Intervention: Mines, Money, and U. S. Policy in the Congo Crisis”, soutient que pendant la Guerre Froide, les grandes sociétés minières multinationales américaines, les agences et les décideurs au sein du Gouvernement Américain ont collaboré les uns avec les autres pour formuler des politiques étrangères américaines sur le Congo, qui étaient compatibles avec leurs intérêts commerciaux au Congo.

Gibbs a présenté une nouvelle théorie dénommée “the business conflict model” (modèle ou méthode de conflit d’affaires) qui met l’accent sur les divisions entre les différents intérêts commerciaux et montre comment ces divisions peuvent influencer  la politique étrangère et l’interventionnisme. Il fournit également un cadre théorique complet pour analyser les relations qui existent entre les entreprises, le Gouvernement Américain et les ONG et l’influence qu’ont les entreprises ou les intérêts commerciaux sur le processus de l’élaboration de la politique étrangère américaine.

Il affirme que les décideurs politiques Américains sont motivés par des gains financiers. Si une compagnie multinationale américaine est favorable à une intervention militaire étrangère, son directeur général peut tout simplement téléphoner au Secrétaire d’Etat et fait valoir son cas ou présente ses opinions en faveur de l’intervention.

David N. Gibbs a apporté une perspective tout à fait différente, parce qu’à notre connaissance, l’intervention de l’Occident pour mettre fin à la crise congolaise des années 1960, a été plutôt décrite par Norrie MacQueen (6) comme “la première intervention humanitaire occidentale dans l’histoire”. La nouvelle théorie de David Gibbs dénommée “the business conflict model” (modèle ou méthode de conflit d’affaires) montre que, les grandes entreprises incarnent l’agenda caché derrière les interventions humanitaires américaines basées sur le principe de la “responsabilité de protéger”. 

Cela s’applique à une autre politique américaine sur le Congo dénommée “Loi de Promotion de l’Aide, de la Sécurité et de la Démocratie en République Démocratique du Congo” de 2006 connu aussi sous le nom de “La Loi Obama”, qui a exigé à Kinshasa de ne pas tergiverser mais de neutraliser les FDLR dans l’immédiat.

A cet effet, une opération militaire conjointe rwando-congolaise contre les Hutu baptisée “Umoja Wetu” a été lancée, ainsi qu’une autre opération militaire, toujours contre les milices Hutu, menée conjointement par les forces de maintien de la paix des Nations Unies et l’armée congolaise, baptisée “Kimia II”. Tous les prétextes ayant désormais été ôtés au Rwanda au sujet de la présence de “ses FDLR à lui” à l’est de la RDC, contre toute attente, une énième guerre des ressources par le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) sous la direction de Laurent Nkundabatware soutenu par le Rwanda, a été lancée au Nord Kivu prétendument contre les mêmes FDLR que les troupes rwandaises venaient de poursuivre à l’est de la RDC dans le cadre de l’opération «Umoja Wetu» ; et par surcroit, fort curieusement, alors que toutes les revendications des «Tutsi Congolais» qui ont été intégrés dans l’armée nationale et toutes les questions relatives à la neutralisation des FDLR par l’armée nationale, et non par un groupe armé singulier, ont été résolues à Sun City.

Tout ce background historique, Félix Tshisekedi doit nécessairement l’avoir, avant de sous-traiter la sécurité de son pays au Rwanda et à l’Ouganda ! Qui oublie son passé sera rattrapé par son passé ! C’est ce que j’ai toujours dit.

Cependant, aussi longtemps que dure la nuit le jour finit toujours d'arriver. Devenu multipolaire, le monde se caractérise en effet par la perte d’influence des anciennes puissances occidentales, y compris en Afrique,  et l’émergence de nouveaux acteurs comme la Chine.

Aujourd’hui, les Etats-Unis ne sont plus les seuls maîtres ou police du monde même en  Amérique Latine, son supposé arrière-cour.

L'émergence de nouveaux centres de pouvoir entraine de nouvelles rivalités, de nouvelles guerres froides et de nouvelles sphères d'influence. Le monde tourne maintenant autour de 4 centres de pouvoir - les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l'Union Européenne, chacun avec ses forces et ses faiblesses. Un conflit majeur est plus que probable à l’absence des perspectives de collaboration pour faire face aux défis mondiaux.

Une occasion d’or se présente pour le peuple Congolais pour mieux gérer ses relations internationales, y compris avec les Etats-Unis d’Amérique. A cette fin, il nous faut arriver à un véritable changement de paradigme : un changement, une modification profonde de nos valeurs, de notre vision du monde hitherto trop occidentalisée, de notre façon de penser, et donc de notre façon d’agir, notamment en usant de notre liberté de diversifier nos partenaires sur base de nos intérêts nationaux suprêmes.

Dans tout ça, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du Congo demeurent non-négociables. C’est exactement ça le sens de «Ne jamais trahir le Congo», comme l’a juré Mzee LD Kabila.

REFERENCES:

  1. Leander Heldring and James A Robinson, “Colonialism and development in Africa,” Vox, Research-based policy analysis and commentary from leading economists, January 10, 2013, http://www.voxeu.org/article/colonialism-and-development-africa, accédé le 11 septembre 2012.
  2. Isidore Ndaywel è Nziem, “Le Congo et le bon usage de son histoire”. In J.-L. Vellut (ed.,), La mémoire du Congo: le temps colonial, Tervuren: Musée royal de l’Afrique centrale, 2005, pp. 29-35.
  3. Awad Issa Mansour, “Orientalism, Total War and the Production of Settler Colonial Existence: The United States, Australia, Apartheid South Africa and the Zionist Case”, PhD Thesis at the University of Exeter: The Exeter Research and Institutional Content archive (ERIC), http://hdl.handle.net/10036/3153, February 15, 2011, accédé le 1 octobre 2013.
  4. Thomas Turner. Congo, Lyndhurst, New Jersey: Barnes & Noble, 2013.
  5. David N. Gibbs. The Political Economy of Third World Intervention: Mines, Money, and U. S. Policy in the Congo Crisis, Chicago: The University of Chicago Press, 1991,p.5-31.

A lire aussi: Crawford Young, “Reviewed Work: The Political Economy of Third World Intervention: Mines, Money, and U. S. Policy in the Congo Crisis by David N. Gibbs,” The Journal of Interdisciplinary History, Vol. 24, No. 2, Autumn, 1993, pp. 401-403.

  1. Norrie MacQueen. Humanitarian intervention and the United Nations, Edinburgh: Edinburgh University Press, 2011, p.1.

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