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Jeannot Binanu, Président Provincial du Mouvement de Solidarité pour le Changement ville de Kinshasa, s’est adressé aux Présidents Interfédéraux du Mouvement de Solidarité pour le Changement, lors de la traditionnelle cérémonie d’échanges de vœux. Parlant des échéances électorales de 2023 en marge de cette grandiose cérémonie, il a lancé un défi de conservation du  pouvoir. Ainsi, il a invité les interfédéraux à plus de mobilisation de la population de Kinshasa pour la réélection de Félix Antoine Tshisekedi au second mandat. Sous l’œil vigilant du Sga du MSC, Jules Mukumbi, du Prof. Tshibangu Kalala, du Vice-président provincial ville de Kinshasa, Michel Kinaka Kakoko et de Jean-Claude Mboma, Coordonnateur national des Partis politiques et Associations au MSC, Jeannot Binanu a projeté  un programme pour un travail en symbiose avec les présidents fédéraux pour concrétiser le rêve de 2023. Evoquant la tournée du Chef de l’Etat en province, il a souligné que : ‘‘Fatshi n’est pas un ange. Il travaille avec les hommes. Nulle part ailleurs, un président de la République a traité les affaires du Pays sous les arbres. Par amour de son peuple, il dit ce qu’il voit. Il est très clair dans son discours que nous soutenons’’, a déclaré Jeannot Binanu.

C’est debout que le Président provincial du MSC, ville-province de Kinshasa, Jeannot Binanu s’est adressé vendredi 7 janvier 2022 aux quatre Présidents Interfédéraux et leurs membres, depuis la salle Kraatos du quartier Matonge à Kinshasa, à l’occasion de la cérémonie d’échanges de vœux de la nouvelle année 2022, après avoir vu sa cote de popularité largement en hausse au cours des derniers années. Il s’agit de Présidents interfédéraux de Mont-Amba Raoul Musomoni ; de la Lukunga Didier Mpambia ; de la Tshangu Héritier Bisaka Mutombo et Me Hervé Issay Bompoto de la Funa.

Une cérémonie sympathique pour annoncer les couleurs d’une mobilisation tous azimuts pour les échéances électorales de 2023. Le discours était bien ficelé et le langage suffisamment clair pour laisser à tous une bonne compréhension de l’enjeu. Jeannot  Binanu a quand même lancé les défis et les attentes de la population pour consolider les bénéfices sociales de la vision du Chef de l’Etat. Pour le Président provincial du MSC/la ville de Kinshasa, les interfédéraux doivent prouver que le drapeau du Parti doit flotter sur les toits de tous les quartiers et rues de Kinshasa.

Confronté à la prise de conscience politique sans précédent pour hisser plus haut la bannière du MSC, la sensibilisation des Kinois et Kinoise à la Vision sociale du Président National du Mouvement de Solidarité pour le Changement, l’Honorable Laurent Batumona, le chef de l'Exécutif provincial du MSC, Jeannot Binanu, a déclaré que : " l’année 2022 est une année pas comme les autres. Nous devons à tout prix occuper tous les coins et recoins de Kinshasa afin de mieux préparer les échéances électorales de 2023’’.

Il a rappelé que l’alliance MSC-UDPS est une alliance de taille dans l’histoire de la RDC: "Depuis la création du MSC en 2011, 11 ans après, le MSC est resté attaché au combat et aux valeurs de l’Udps du vivant du Président Etienne Tshisekedi wa Mulumba, d’heureuse mémoire’’.  Jeannot Binanu a rafraichi la mémoire des Interfédéraux sur l’alliance avec l’UDPS. ‘’Le MSC a participé au combat de rue et de la démocratie aux côtés de l’Udps avec tout le chapelet de tortures et autres sévices corporels subis. Nos militants et militantes sont tombés sur le champ de lutte pour l’instauration de la démocratie jusqu’à ce que nous avons eu la victoire incarnée par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, à la Magistrature suprême’’.

MSC pour Conserver le pouvoir

En réponse à cette réunion de prise de contact assorti d’un échange de vœux avec ses lieutenants, Jeannot Binanu a tenu à rappeler ces faits historiques pour clarifier la vision de l’alliance UDPS – MSC, mais également insisté sur l’intérêt du MSC à s’affermir pour conserver le plus longtemps possible le pouvoir. Le MSC, rappelle-t-il, a combattu dans le passé, il combat dans le présent et combattra dans le futur. C’est dans ce contexte qu’il a demandé aux Autorités de l’Udps des soins appropriés pour panser les blessures politiques dans la perspective de la continuité de lutte pour la réélection du Président Félix Tshisekedi en 2023.  ‘’Les festivités de nouvel an sont passées, revenons au travail pour matérialiser la vision de notre Autorité morale, Laurent Batumona, que l’on a surnommé ‘’Intérêt général’’ par ses membres, celle de faire du MSC une deuxième force politique en RDC.

Jeannot Binanu a aussi dénoncé la désinformation, les "manipulations" et les "intoxications" qui entament selon lui la "confiance démocratique".

"Parler vrai, c'est parler de la réalité", a-t-il lancé dans son allocution de vœux aux Interfédéraux : "Le vœux de longévité, de succès au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Au Premier Ministre Michel Sama Lukonde, aux Président de deux chambres du Parlement et au Président National du MSC, aux cadres et militantes et militants du MSC de la ville de Kinshasa. ‘’2022 c’est l’année qui doit nous conduire, afin de demeurer une démocratie robuste, à mieux nous protéger des fausses informations, des manipulations et des intoxications. A l'heure des réseaux sociaux, du culte de l'immédiateté et de l'image, du commentaire permanent, il est indispensable de rebâtir une confiance démocratique dans la vérité de l'information reposant sur des règles de transparence et d'éthique.

Bientôt, un siège du gouvernorat provincial du MSC sera inauguré, a promis Jeannot Binanu avant d’inviter les Président Interfédéraux au travail de terrain. 

Des exposés enrichissants

Le moment était bien indiqué pour s’arrêter et d’évaluer le chemin parcouru et de projeter les perspectives l’avenir du MSC et de baliser la voie à la réélection de Fatshi. Les quatre interfédéraux ont suivi avec attention le discours du Président Binanu sur le besoin de mobilisation.

Raoul Musomoni : Président interfédéral du Mont-Amba. ‘’Je serai candidat en 2023. Notre ambition est de produire plusieurs Cellules en vue d’intégrer beaucoup de membres au MSC. Nous travaillons depuis un temps pour produire au moins 4 députés au Mont-Amba’’

Didier Mpambia : Président Interfédéral de la Lukunga : ‘’Nous regroupons 7 communes. Nous avons mis en place des présidents fédéraux, des Cellules et un contact permanent avec la population est assuré. Nous menons des actions sociales en faveur des jeunes et pour leur autonomisation notamment, la formation, de soutien financier pour un petit commerce. Nous travaillons pour l’accès aux soins de santé et nous encourageons les jeunes à la formation qu’ils parviennent à créer leur propre emploi.

Me Hervé Issay Bompoto, Président Interfédéral de la Funa : Notre devoir est de fidéliser nos membres et d’implanter le MSC. Notre ambition est de faire du MSC la deuxième force politique après l’UDPS notre allié de taille et non de circonstance. Nous devons rassurer l’électorat de Fatshi et de notre Autorité Morale, Laurent Batumona’’. 

Héritier Bisaka Mutombo, Président Interfédéral de la Tshangu : ‘’ la machine électorale est en marche pour produire 150 députés à travers la RDC. Le Président Jeannot Binanu nous rappelle de descendre sur le terrain pour préparer la réélection de Fatshi Béton et de Laurent Batumona en 2023.  Nous avons mené beaucoup d’actions sociales telles la construction de forage ; assistance sociale et soutien au petit commerce des mamans veuves’’.

Jean-Claude Mboma, Coordonnateur national des Partis politiques et Associations au MSC. Le Président Jeannot a lancé un défi aux interfédéraux de mieux travailler dans leur fief pour préparer les élections de 2023 sous l’impulsion de l’Honorable Laurent Batumona. Jeannot Binanu a martelé sur la victoire électorale à 90% avec le soutien à 100% de Laurent Batumona qui a  investi dans l’homme. Pour l’heure de la fin, l’atmosphère était plutôt festive.

Peter Tshibangu

 … Voici un rapport qui a fuité, on ne sait comment, du bureau de notre patron le ministre d’Etat des Questions Statistiques et Tactiques. J’en ai piqué une copie auprès du garde du corps, qui lui s’en est   procuré, parait-il, auprès de la secrétaire particulière grâce à la générosité du secrétaire de cabinet, lui-même couvert par le directeur de cabinet-adjoint, le  « dircaba ». Il s’agit du  témoignage d’un réfugié après l’attaque des rebelles ADF dans les localités de Drodo et Tse, territoire  de Djugu :

« Nous étions  en  file, pas contre pas,  comme  brebis. L’agent  devant   nous  se présente  à nous avec   comme nom-prénom-postnom : « HCR ». HCR nous a demandé nos  nom-prénom-postnom. Mon tour est justement là, en tête de ma famille (femme enfants-garçons, enfants filles). HCR me demande : nom ? « Réfugié ».   Prénom ?  « Réfugié ».  Postnom ? « Refugié ». HCR  pas content ; il insiste. Moi aussi je résiste : réfugié. Réfugié. Réfugié

…Juste   à ce moment-là, la panique. Des coups de feu. Des incendies. Des hommes masqués, armés de machettes et de fusils Kalachnikov. Je cours me cacher dans l’armoire abandonnée  par HCR. Plus tard j’apprendrai  que l’armoire de HCR m’a sauvé la vie, mais lui HCR est tombé dans les mains des rebelles et massacré. Du sang partout. Du  sang  jusqu’à  leur signature de rebelles  sur tous les murs : « ADF ». Nom-Prénom-Postnom-  : ADF. Vocation : égorgements   en série, au nom d’Allah !

… Ah, à présent les choses me reviennent petit à petit comme cauchemar. Cauchemar  sur cauchemar : ADF  est    devant  moi. Il me demande   nom-prénom-postnom- religion-village ?   Je réponds : « Réfugié ». ADF me gifle parce qu’il croit que je ris de lui. Je crie, je crie fort de douleur mais de rage. Et, surprise, de la foule immense massée dans la cour du camp des refugiés- prisonniers,  j’entends des échos de cris, des pleurs   derrière moi :  ma femme, mes enfants.

ADF me demande si je connais ADF ; je dis que je ne connais pas. Si  Lendu, si Hema ?  Je dis que je connais un peu un peu, comme ci comme ça. Par  la radio. Ah, dit ADF, tu as une radio ?    Je dis que je suis instituteur et   donc     j’écoutais radio, pour causer français, pour écrire français. ADF  m’a   chicoté au visage, aux fesses, au dos. Quatre fois chicoté, pour quatre crimes. Ne pas connaitre ADF, c’est premier crime.  Etre instituteur, c’est deuxième crime. Ecouter la radio, c’est troisième crime. Prendre à témoins femme    enfants, c’est   quatrième crime !

ADF dit : tu es condamné. Cris, injures  de ma femme. Révolte des enfants. ADF  a brutalisé ma femme. Devant les enfants et moi, il   a fait … il a fait   ma femme sa femme. Aie ! Plus grave : ADF  a visé, avec son arme, le cœur de mon petit ;   et a tiré.    Raide   mort,   le petit.   Alors ADF  s’est penché sur le corps et le cœur de mon petit. Il a arraché le cœur, il a bu tout le sang du cœur. Après ça,   j’ai vomi vomi,  et je me suis évanoui…

…Plus tard, bien plus tard.  Quelque part un soir, je ne sais où. A la recherche de la fosse commune des miens, comme on m’a  vaguement indiqué, après le départ d’ADF. Je regarde les cieux, les dieux. Rien.

Puis est venu un journaliste, je crois.   Il  parlait parlait. A tenté d’enregistrer mes pleurs dans son appareil. M’a demandé  de rejouer mes pleurs pour la pose-photo. Non, j’ai dit. Puis un venu un pasteur, je crois.  Lui ne parlait pas français ; il parlait quoi, je ne sais pas. Il priait beaucoup ; priait quoi, je ne sais pas. Regardait souvent  les  cieux, peut-être   les dieux. J’ai regardé   avec lui   les cieux, les dieux.   Rien. »

 

Yoka  Lye

 Une Constitution est un texte qui donne un sens à la vie individuelle et collective d’un peuple. C’est un texte de valeurs supérieures d’un peuple. Elle est enracinée dans un ensemble politique et culturel. Elle est l’identité génétique d’un Etat et d’un peuple.

Chaque société génère son propre Etat dont les caractéristiques les plus intimes ne peuvent être transposées ailleurs : il n’existe pas un Etat prototype universel, mais des Etats dont les traits reflètent l’histoire, la géographie et tout ce qui contribue à identifier la culture propre à chaque peuple. Chaque Etat présente une personnalité spécifique faite de particularités non transposables. Il en va de l’Etat comme de tout être humain irréductible génétiquement et rebelle selon les règles biologiques à tout clonage.

La population doit se reconnaître dans sa constitution, y retrouver son âme profonde, sa conception de la vie, sa vision du monde, ses valeurs ontologiques, axiologiques et spirituelles. En lisant une constitution, on doit découvrir qu’il s’agit de la constitution d’un tel peuple et à une telle époque de son histoire.

Nombreux peuples de l’Afrique noire sont bloqués au fin fond des gouffres des tragédies et sont à la queue des classements internationaux des pays sur base des indicateurs et paramètres internationaux objectifs puisque notamment leurs constitutions sont indéterminées, éthérées et acosmiques, et ces africains ont été vidés de toute substance et toute consistance ontologiques, de toute densité axiologiques, de toute aptitude à la transcendance et de toute capacité d’élévation spirituelle (nous ne parlons pas d’organisations idéologiques, hégémonistes, expansionnistes, avilissantes et déshumanisantes qui pullulent en Afrique noire en général et en RDC en particulier et qui sont conçues pour anesthésier les peuples naïfs, les infantiliser, les instrumentaliser, les manipuler, les aliéner et les rendre facilement dociles, dominables et exploitables) et en ont fait des “coquilles vides”, des “feuilles mortes”, des “êtres ambigus”, des “êtres entre les eaux”, des “êtres tragiquement seuls entre différentes cultures et civilisations”, des “êtres perdus sur le chemin du progrès et de la civilisation”, des “êtres détachés de leurs racines et de leurs origines, suspendus en l’air, sans identité propre et sans consistance”, des “esclaves éternels, consentants et heureux ». 

La CNS s’était montrée attachée, dès le Préambule de sa Constitution, aux valeurs humaines universelles (Déclaration universelle des droits de l’homme…), africaines (Charte africaine des Droits de l’homme et des Peuples), à nos racines, à notre identité, à nos sources, à la vision africaine de la vie et du Monde. 

Dans l’actuelle constitution, Il n’est nulle part fait référence à l’identité bantoue de la majorité des habitants ni à son système de valeurs et à ses modèles de perception de la vie sociale. Même l’organisation du droit foncier et du pouvoir coutumiers, qui continuent de régir de larges portions de la vie des populations, ne sont nulle part sérieusement prises en compte dans l’actuelle constitution. On en est resté à des affirmations générales issues de l’époque coloniale.

On parle du patrimoine culturel congolais à l’article 1er, pour dire que les langues du pays en font partie, et à l’article 46, pour dire que l’Etat doit le protéger et le promouvoir.

A l’article 10, on définit la nationalité en référence aux groupes ethniques dont les personnes et les territoires constituaient ce qui est devenu le Congo à l’indépendance. Mais aucune définition n’est donnée des groupes ethniques ni du mode de désignation de leurs autorités et aucun rôle ne leur est reconnu dans la vie nationale.

Un exemple de la faiblesse des connaissances de la réalité nationale par les rédacteurs de l’actuelle constitution est le découpage des provinces qu’ils proposent à l’article 2. A quelques exceptions près, les députés se sont contentés d’ériger en provinces les districts des actuels provinces.

Les exceptions sont le maintien des trois districts du Bas-Congo en une seule province, appelée Kongo central, et la réintégration au Mai-Ndombe du district des Plateaux, qui en avait été détaché en 1990. Sur ce point très sensible du découpage et de la dénomination des premières subdivisions politico-administratives du pays, le travail n’a manifestement pas été fait avec l’expertise requise.

Pourquoi avoir fait les exceptions que nous venons de mentionner et avoir maintenu la division de l’Equateur en cinq provinces, selon les cinq districts qui y existent depuis 1977 par la création du Nord- et du Sud-Oubangi, selon sa division en districts depuis 1960 ?

Les superficies de l’Equateur et de la province orientale sont respectivement de 403.292 et 503.239 kilomètres carrés. Leurs populations sont de l’ordre de 6.3 et 7 millions d’habitants en 2005. Le Katanga a une étendue de 496.877 kilomètres carrés et une population de l’ordre de 7.9 millions d’habitants). On peut se demander si les raisons qui ont fait donner plus de poids politique à l’Equateur qu’à la province orientale et au Katanga en 1977 sont encore pertinentes aujourd’hui.

Une province devrait être une unité d’action, en fonction d’un projet de développement. Les “constituants” qui ont rédigé le projet de Constitution n’ont rien apporté de consistant ou de nouveau sur ce point. On peut même se demander si le fractionnement des provinces proposé peut conduire à une plus grande décentralisation ou s’il n’appellera pas le pouvoir central à assumer de nouvelles prérogatives de coordination interprovinciale.

La connaissance insuffisante des réalités du pays s’est particulièrement manifestée par le fait que les réponses ont été diverses suivant les personnes interrogées par celles qui avaient participé à l’élaboration du projet ou à son vote, sur les territoires constituant la province du Lomami et sur la province à laquelle avait été intégrée la ville de Kolwezi, comprenant depuis 1976 les territoires de Mutshatsha et de Lubudi. A suivre

Le 04 janvier 2022.

Pour le Leadership National Congolais de Progrès

Dr François Tshipamba Mpuila

GSM : +32-493-325-104 ; Email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Il se souvient de la date du 24 novembre 1965. Une date historique gravée dans les annales du Congo-Zaïre. Il, c’est Simon Nsimba M’vuedi, Président national du Comité des sages de la plateforme électorale Zaïre. Ce jour là, se rappelle-t-il, il y a eu ‘‘changement de la gouvernance de la République en RDC, et c’est fut une sorte d'élection triomphale. Car le président de la République d'alors, Son excellence Joseph KASA VUBU souhaitera bonne chance au nouveau chef de l'Etat, le général Joseph Désiré MOBUTU. Le premier ministre d'alors Moise TSHOMBE, s'est dit «absolument ravi et le parlement a applaudi. Le peuple de son côté s'est écrié « enfin il y a un changement », les étudiants dont nous-mêmes le proclamèrent « premier étudiant du Congo » et l'archevêque de Kinshasa, Joseph MALULA chanta «UN TE DEUM » d'action de grâce. Changement intervenu dans un continent où il est difficile de garder le pouvoir que de le conquérir’’.

 

COMMEMORATION DE LA JOURNEE DU 24 NOVEMBRE 1965

  1. De l'historicité

Changement de la gouvernance de la République en RDC, et c’est fut une sorte d'élection triomphale.

Car le président de la République d'alors, Son excellence Joseph KASA VUBU souhaitera bonne chance au nouveau chef de l'Etat, le général Joseph Désiré MOBUTU. Le premier ministre d'alors Moise TSHOMBE, s'est dit «absolument ravi et le parlement a applaudi. Le peuple de son côté s'est écrié « enfin il y a un changement », les étudiants dont nous-mêmes le proclamèrent « premier étudiant du Congo » et l'archevêque de Kinshasa, Joseph MALULA chanta «UN TE DEUM » d'action de grâce. Changement intervenu dans un continent où il est difficile de garder le pouvoir que de le conquérir.

Ce Général, personnalité qui sera plus tard controversée mais davantage jalousée, car dérangeant pour les esprits malveillants, corrupteurs, rebelles et anarchistes, mais fut aimée par son peuple puisqu'ayant façonné une nation, incluant la cohésion du peuple, une monnaie nationale, devenue même à une époque une monnaie de réserve internationale et par son nom « ZAIRE » devenu aussi bon que le dollar, lui-même aussi bon que l'or dans le système monétaire de gold exchange standard, induisit la naissance de la République du Zaïre, tout en rebaptisant dans le même temps le fleuve, l'état civil des compatriotes, les lieux et autres places publiques, en décommandant les costumes des occidentaux au profit des abacosts.

Changement auquel il faille connecter un drapeau national et un nouvel hymne national.

Il fera adopter au pays dans la foulée, une économie qui privilégiera le recours aux investissements à forte dose des mains d'œuvres (labour intensity) où il y aura association avantageuse des mains d'œuvre abondante avec la terre immense qui le conseillera de déclarer l'agriculture priorité des priorités. Et ce en temporisant le recours aux investissements à forte dose capitalistique (capital intensity), c'est-à-dire, les capitaux financiers pour les équipements capitalistiques que contrôlent les ingénieurs créateurs que le pays ne possède pas en quantité suffisante ni n'en jouit d'avantage comparatif. Ce qui lui aurait conseillé de recourir à l'épargne nationale pour laquelle il recommandait : « un zaire pour un grand zaïre ». Jouissant dans la suite d'un budget qui, à la réduction des comptes fera apparaitre un excédent heureux et induisant dans la foulée une croissance à deux chiffres. Le tout étant orienté par les vertus et les préceptes de l'authenticité zaïroise. Double révolution dont la vertu fut de gommer les traces de la colonisation. Sans cependant que cette authenticité fusse un retour à l'ancestralité plutôt qu'un recours aux mérites vertueux de l'ancestralité zaïroise

Et ce lieutenant général a été investi par le Haut commandement de l'armée, seule institution et structure du pays qui est restée respectueuse des lois et règlements du pays. Et qui donc dans une proclamation officielle et solennelle a indiqué que : « le lieutenant général Joseph Désiré MOBUTU (JDM) assumera les prérogatives constitutionnelles du chef de l'Etat. Pendant que les institutions démocratiques de la République, tel que prévu par la Constitution du 1er août 1964, continuent à fonctionner en exerçant leurs prérogatives, tel fut notamment le cas de la chambre des députés, du sénat et des institutions provinciales. »

Et aucune goutte de sang ne fut versée à l'occasion ni même par après, le tout fut fait dans l'amour de la patrie et du prochain, s'inscrivant dans l'option de la cohésion nationale qui rejette le tribalisme et le népotisme, tout comme il rejette le démembrement réducteur de l’entendue du territoire et l’ethnisation comprimant l’importance physique de la population.      

  1. Du temps présent
  2. Aujourd'hui et plus précisément en décembre 2023, le pays vivra pratiquement le même contexte que le 24 novembre 1965, car comme le haut commandement de l'armée nationale, institution de la République l'avait fait, la Cour constitutionnelle institution de la République proclamera en décembre de l'année 2023 dans un arrêt qu'elle rendra en respect de l'article 70 de la Constitution de la RDC, que le président de la République, son Excellence Félix Antoine TSHISEKEDI, bénéficiaire d'un mandat renouvelable une seule fois, et la Cour constitutionnelle le fera pour le surplus en respect aux principes judicaires de «NON BIS IN IDEM; c'est-à-dire la force de la chose jugée», principe qui ne laissera donc à la Cour nul champ libre pour se prononcer différemment de décembre 2018. C'est ce qu'indique au demeurant l'article 227 du code civil livre III.

Il. parlant de l'organisation et de l'exercice du pouvoir, le constituant congolais a, à propos des préoccupations majeures présidant à l'organisation des institutions, indiquant à l'effet d'assurer l'alternance politique que « mandat du président de la République n'est renouvelable qu'une seule fois».

La Cour constitutionnelle étant actionnée par le peuple qui a dressé la programmation des résultats électoraux qu’il lui a transmis via la CENI  (Commission Electorale Indépendante), proclamera renouvelable le mandat à l’image de bail renouvelable (dixit le dictionnaire français) et qui implique donc une tacite reconduction que connaitra le mandat du Président de la République, son Excellence Félix TSHISEKEDI.

Et ceci donc, conformément à la volonté légale sinon, légitime du peuple de la RDC qui l’a indiquée à l’article 70 de la Constitution (loi suprême) ; loi qu’il a adoptée à une majorité écrasante à plus de 80% lors du referendum populaire de 2006).  Et le constituant congolais qui est quelqu’un d’éminemment lucide et perspicace intellectuellement, a différencié le mandat du président de la République qui est renouvelable, du mandat du député national (article 103) et du sénateur (article 105) qui y accède en étant rééligible, c’est-à-dire en se soumettant absolument et inévitablement aux élections et c’est autant de fois qu’il le souhaiterait mais à la condition de jouir du vote favorable du peuple. Et le constituant congolais de préciser au point 4 de la constitution se rapportant à la révision fonctionnelle que : « pour préserver le principe démocratique contenu dans la présente constitution contre les aléas de la vie politique d’une part et les révisions intempestives d’autre part, les dispositions relatives (entre autre) au nombre et à la durée des mandats du président de la République) ne peuvent faire l’objet  d’aucune révision constitutionnelle ».

Il s’agit bien « DES MANDATS » ; ce n’est pas un « plusieurs » de majesté mais plutôt un « plusieurs » de grammaire. Et dire que le nombre (plusieurs) se chiffre à un minimum de 2 et s’étend jusqu’à l’approche de l’infini, au maximum !!!  

Et le constituant congolais qui est un érudit, connaissant bien le français et même la quintessence du droit, savait que suivant le sens du dictionnaire français, l’adjectif renouvelable signifie prolonger l’acte par tacite reconduction c’est-à-dire en se taisant et donc sans parole ni comportement contraire.

Et par ailleurs, et comme si l’avait entendu parler l’autre érudit mulâtre congolais qui a dit que : « l’on n’interprète pas un texte de loi qui est clair ». Aussi, il y a-t-il plus claire loi que la clarté que dégage le texte de loi à l’article 70 ?

Moralité

Ne serait-ce pas une grossière erreur que commettaient les évêques, pasteurs, évangélistes et autres politiciens qui déclaraient erronément bien entendu que son Excellence Félix TSHSEKEDITSHILOMBO chercherait à tripatouiller avec l’agencement structurel de la CENI aux fins de se ménager un nouveau mandat présidentiel. Grossier mensonge, car la CENI n’aura plus d’occasion d’épiloguer sur le mandat du président Félix TSHISEKEDI, ni aujourd’hui, ni en 2023 encore moins en 2028 (dixit la constitution).

Par contre, le chef de l’Etat, TSHISEKEDI TSHILOMBO, par ses rôles de régulateur et d’arbitre lui reconnus par la constitution votée par le peuple, a reçu mission légale donc légitime, d’arbitre du bon fonctionnement de l’Etat.

C’est donc lui, par ses qualités lui définies par la constitution qu’il est fondé à veiller au fonctionnement régulier des institutions dont la CENI où il a le droit de nommer et même d’ajuster administrativement les positions des cadres de la CENI.

C’est ainsi qu’il vient le nommer en toute régularité et en toute légalité les membres de la CENI, conformément au droit lui reconnu et que ne conteste aucune institution de la loi, ni même de la justice.

Que l’on s’arrête donc de distraire le chef de l’Etat qui s’investit avantageusement dans l’exécution idéale de sa politique de haute portée sociale, qui combat le misérabilisme du peuple d’une part et qui d’autre part, cherche par des dispositifs soutenant les crédits que distribueront les institutions de crédits qu’il entend créer prochainement, à soutenir la productivité agricole, minérale et même minière du peuple, améliorant conséquemment le bien être de la population.

En plus de tirer profit, pour le surplus, les retombées positives tant pour le peuple congolais qu’africain dont il assure le leadership de l’organisation d’unité africaine, consécutivement aux contacts relationnels qu’il vient d’avoir avec les dirigeants de pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique et lesquels ont apprécié sa vision développementiste. Et ce après avoir concouru à ramener la paix de cœur de la population dans les régions de l’Est attaquées par les calamités naturelles mais aussi par ceux que KABILA père, Laurent Désiré KABILA appelé les « rebelles », c’est-à-dire les destructeurs impénitents.

Au total

Quelle leçon, sinon quels avantages le pays et le peuple de la RDC pourront-ils tirer de cette notion sincèrement et profondément patriotique du constituant congolais qui a décidé de faire bénéficier au chef de l’Etat de la RDC d’un mandat renouvelable et non rééligible.

Aussi n’est-ce pas que, faire les élections présidentielles en 2023 relèvent d’abus du pouvoir d’une part, et d’autre part, et se présenter comme candidat aux éventuelles élections présidentielles de 2023 serait abuser de la confiance du peuple.      

En plus que les importants fonds c'est-à-dire des milliards de dollars américains et la débauche de l’énergie que le pays solidairement avec le chef de l’Etat allaient déverser pour le  financement des coûts d’organisation et de participation aux élections présidentielles seront avantageusement et utilement dirigés au financement d’actions  socialement profitables au peuple, par exemple d’assistance aux veuves et orphelins sans soutiens tous comme aux victimes des sinistres et calamités naturelles.

Ainsi  partant, le paradoxe ahurissant qui fait que la RDC, pays immensément occupé par des habitants pauvres, tel que le disent les statistiques adéquates, verra se retourner la courbe descendante de manière telle que le pays aura davantage des moyens pour financer la productivité de l’agriculture qui améliorera le régime alimentaire du peuple tout comme le bon état des routes de déserte agricole, connecté à la croissance de production énergétique et minière pour lesquelles le pays jouit d’un avantage comparatif évident par rapport aux autres pays qui ne disposent que d’une seule richesse, jouissent par contre d’un revenu nettement supérieur au nôtre.

Aussi 10 ans de présidence du chef de l’Etat est une option avantageuse, car le peuple ne se trompe jamais puisque la voix du peuple est la voix de Dieu. Ce trend de 10 ans permettra au chef de l’Etat de lancer un programme décennal qui jouira d’un temps suffisant même long pour rentabiliser la production minérale et agricole. Car le peuple congolais se devra de se rappeler que pendant la colonisation, il a vécu d’un plan décennal qui a vu le peuple bénéficier des cités modernisées d’habitation, des avenues macadamisées recouvertes d’un revêtement adéquat du statut unique du personnel et même d’une université. Dans tous les cas, par la vertu de plus décennal, le gouvernement de la colonie a eu l’opportunité d’améliorer très sensiblement la situation générale de peuple. Il sera ici question de s’inspirer et non d’imiter, car n’est- ce pas que le présent s’inspire du passé pour éclairer le futur.

Aussi, le peuple congolais actuellement ne se trompe guère en applaudissant l’actuel chef de l’Etat lorsqu’il accédera à son mandat renouvelable, c’est-à-dire par tacite reconduction.

Et si nous commémorons sans faste le glorieux anniversaire de l’avènement au pouvoir de feu le Maréchal MOBUTU, c’est parce que le deuil porté en sa mémoire ne sera retiré qu’au jour du rapatriement du corps à l’effet d’être inhumé dans la terre de ses ancêtres comme il l’avait souhaité dans son testament.

Ainsi soit-il.                                                                                                                                                                                                                    Pour la direction politique Nationale

Le Président National

N’simba M’vuedi Simon 

Membre du collège des fondateurs

Président national du comité des sages de la plateforme électorale ZAIRE MPR-UDEMO                                       

 

 

Bien que le peuple congolais ne puisse pas ignorer les changements positifs apportés au Congo pendant la période coloniale belge, y compris les infrastructures (par exemple chemins de fer, routes, navigation, aviation, hôpitaux et autres centres et services médicaux, etc.), une agriculture modernisée et l’industrie, les mécanismes du commerce, l’éducation de base et l’administration de base, etc., mais ce que la «mission de civilisation chrétienne» du roi Léopold II a apporté au peuple Congolais était un cauchemar, car il était soumis à des massacres, à la torture et contraint de signer des traités sous la torture… (modèle de dépossession).

En fait, Leander Heldring et James Robinson (1) confirment qu’«en bref, il est difficile de combiner les preuves existantes avec des contrefactuels raisonnables pour prouver que n’importe quel pays est aujourd’hui plus développé en Afrique subsaharienne parce qu’il a été colonisé par les Européens. Cependant, l’inverse est vrai! ».

En plus, l’universitaire et historien Congolais Isidore Ndaywel e Nziem (2) soutient même que le colonialisme belge est responsable du statu quo ou de la situation actuelle au Congo; même s’il ne faut pas tout imputer aux belges. Ne sommes-nous pas, par exemple, responsables de l’insalubrité publique qui infeste nos villes, signe de notre état d’âme corrompu et qui nécessite un toilettage de notre conception du pouvoir qui relègue le bien commun, pourtant sacré, au second plan ?

Qu’à cela ne tienne, nous pouvons objectivement déduire que la civilisation occidentale doit tout au Congo, pas l’inverse ! Preuves: des travaux forcés pour collecter l’ivoire et extraire le caoutchouc dont les Etats-Unis et le reste du monde occidental avaient besoin pour fabriquer les pneus des vélos et des  voitures, jusqu’à la fabrication aujourd’hui des véhicules spatiaux et voitures vertes à partir du cobalt et du coltan congolais, désormais également indispensable pour la fabrication des téléphones portables, des lunettes de vision nocturne, des fibres optiques, des satellites et des condensateurs, etc., Le peuple congolais a payé un lourd tribut pour le développement de la civilisation occidentale qui peut être considérée comme fardeau de l’homme noir, pas le contraire.

Les richesses naturelles et minérales du Congo ont toujours été un facteur clé dans la résolution de toutes les crises économiques qui ont sévi en Occident (1920, 1930, 1914, 1920, 1930, 2008, et la crise post-covid à ce jour). Toutes les solutions à ces crises sont basées sur les sacrifices du peuple congolais.

Notons d’abord que les ressources humaines, naturelles et minérales du Congo ont constitué les principaux trophées, dont le contrôle a conduit à une concurrence féroce entre les puissances occidentales avant la Conférence de Berlin de 1884-1885.

Sans la «question Congolaise», la Conférence de Berlin n’aurait pas eu lieu. Afin de résoudre le différend qui tournait autour de la question «qui devrait posséder le Congo?», 14 puissances (Allemagne, Autriche-Hongrie, Belgique, Danemark, Empire Ottoman Turque ayant conquis l’Afrique du nord ou le Maghreb actuel plus la Mauritanie et la Libye, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie et Suède) se sont réunies à Berlin et ont décidé de garder le Congo comme une «zone de libre-échange» où elles pourraient toutes aller exploiter librement les richesses humaines, naturelles et minérales de ce Congo. Curieusement, à notre ère, ce fait historique est logiquement lié à la politique américaine sur le Congo dénommée “Cobalt : Options Politiques pour un Minerais stratégique”, publiée par le gouvernement américain en 1982.

Le but de cette politique est d’assurer le contrôle et le monopole du cobalt du Congo pour sauvegarder les intérêts du complexe militaro-industriel américain. C’est ce qui a justifié l’intervention militaire des Etats-Unis, de la France, de la Belgique à Kolwezi en 1978, une guerre des ressources pendant la Guerre Froide pour sauver à la fois leurs intérêts miniers (intérêts cobaltifères) et le régime de Mobutu, gardien de ces intérêts là.

L’accord de la Conférence de Berlin est toujours considéré comme valable par les dites puissances, à juger par leur comportement au Congo, même après l’indépendance de ce dernier. En fait, pendant l’Etat Indépendant du Congo, les entreprises privées occidentales se sont transformées en Etats souverains en signant des traités avec les dirigeants locaux.

A notre ère, ce fait historique correspond à une autre politique américaine sur le Congo, notamment, « La République Démocratique du Congo: une approche du développement national ». Elle est en fait un projet de document du plan de reconstruction de Bechtel pour le Congo (Bechtel Group est la première entreprise américaine de travaux publics), présenté au Gouvernement Congolais en novembre 1997.
L’imposition de ce plan au gouvernement congolais sans consultation préalable a été une sorte de tentative de reconstruction de l’Etat Indépendant du Congo. Une relation très étroite existait entre Bechtel et le Gouvernement Américain, en particulier avec l’Administration Clinton d’alors.

Le rejet par Mzee LD Kabila de ce plan a conduit à une guerre des ressources par procuration  exécutée pour le compte des Etats-Unis et de la Grande Bretagne par le Rwanda et l’Ouganda à partir de 1998.

La culture de deux poids deux mesures qui caractérise la politique étrangère américaine découle des deux piliers dont sont fondés les Etats-Unis: le génocide des peuples autochtones Indiens et l’esclavage des Africains. Les Etats-Unis sont une colonie de peuplement. Ce type ou catégorie de pays comprend aussi le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Afrique du Sud, même Israël mérite d’être classé comme tel.

En fait, Awad Issa Mansour (3) qualifie Israël de «Cas Sioniste». C’est parce qu’il soutient qu’Israël est une colonie de peuplement qui en est encore à ses balbutiements, car il continue d’occuper davantage des terres palestiniennes. Juste après le génocide des Indiens rouges et la réduction des Africains en esclavage par les immigrants européens, les Etats-Unis ont consacré l’hypocrisie et le double standard à la première page de leur constitution et déclaré que « tous les hommes sont créés égaux ».

Cependant, les Etats-Unis ont été le premier pays à soutenir le régime de terreur du roi Léopold II au Congo.

Une lutte interne pour le contrôle du riche Congo entre les puissances européennes de l’époque (Royaume-Uni, France et Allemagne) a constitué la motivation spéciale pour la tenue initiale de la Conférence de Berlin. Curieusement, après le déclenchement le 2 août 1998 de la « première guerre mondiale africaine », comme l’a qualifiée Madeleine Albright, alors Secrétaire d’Etat Américaine, en raison de multiples protagonistes impliqués (ironiquement Madame Albright savait que la première guerre mondiale a coûté la vie à 10 millions de personnes, justement le même bilan en RDC aujourd’hui), les Présidents rwandais et Ougandais Paul Kagame et Yoweri Museveni, jouant le rôle de caisses de résonnance des puissances anglo-saxonnes, ont lancé un appel pour la tenue d’une «deuxième conférence de Berlin»; pour redessiner les frontières du Congo et annexer l’est du Congo à leurs pays respectifs.

Le Président Ougandais Yoweri Museveni a même été surnommé le «Bismarck Africain», ce qui en soi illustre le problème..En outre, le Rwanda, très callé dans le «fake news» et connu, tout comme l’Ouganda, pour ses penchants ou aspirations expansionnistes, a commencé à faire circuler une vieille carte géographique du pays des milles collines, affirmant à cet effet son intégrité territoriale historique qui prétendument incluait la région du Kivu de l’est du Congo.

Les aventures militaires de ces deux dirigeants Tutsi à l’est du Congo, une région riche en minerais stratégiques, sont soutenues par les États-Unis et la Grande Bretagne particulièrement. Ce qui a enfin justifié la politique de la balkanisation du Congo, pompeusement annoncée en 2013, sans passer par le dos de la cuillère, par Russ Feingold, alors envoyé spécial du Président Barack Obama dans la Région des Grands Lacs, une politique qui a débouché sur la guerre du M23.

Cette politique a été dénommée “La Solution (ou la cure) de l’ex-Yougoslavie et de  l’ex-Soudan comme remèdes pour les maux du Congo”.

Tout cela démontre que les États-Unis tentent d’utiliser le Rwanda et l’Ouganda, pays voisins du Congo à l'est, comme agents mandataires pour atteindre les objectifs suivants: Croyant que les Congolais vont un jour finalement lâcher prise (ce qui n’est pas arrivé depuis 1960, défiant tous les calculs et n’arrivera jamais de génération en génération), le premier objectif est de mettre en œuvre la politique de déstabilisation du Congo (instabilité); le second est de mettre en œuvre la politique de la partition du Congo; la troisième consiste à soumettre le pays à une guerre d’agression sans fin afin de diviser éventuellement le pays, utilisant les massacres et le viol comme armes de guerre, et dans ce processus, piller des minerais stratégiques valant des milliards de dollars à fournir aux Etats-Unis et à d’autres pays membres de l’OTAN.

Et il n’y a aucune contrepartie, car, à part les prêts du FMI et de la Banque Mondiale au profit (ou au détriment, poids de la dette oblige?) de la RDC, téléguidés par « le bon vouloir » des Etats-Unis, sur le plan social par exemple, personne ne peut nous montrer un seul hôpital construit par le gouvernement américain au Congo !  

Léopold II lui-même n'a jamais mis ses pieds au Congo. Cependant, il dirigeait une colonie 80 fois plus grande que la Belgique avec une main de fer par le biais d’agents mandataires (la Belgique elle-même était une colonie néerlandaise jusqu’en 1830, soit quelques 55 ans seulement avant la tenue de la Conférence de Berlin). Il a fait bon usage de la stratégie de «diviser pour régner» pour rendre les populations locales hostiles les unes contre les autres et les dominer.

Dans son livre intitulé «Congo», Thomas Turner souligne que cette stratégie est actuellement utilisée dans toutes les guerres de ressources par procuration en République Démocratique du Congo. (4)

Il est souvent dit que les Etats-Unis n’avaient pas de colonies en Afrique et par conséquent n’avaient pas colonisé l’Afrique. Cependant, il est clair que les États-Unis ont poursuivi une politique de «colonialisme indirect» au Congo:

Tout d’abord, l’Amérique a dépeuplé le Congo par l’esclavage. Deuxièmement, lors de la Conférence de Berlin, les États-Unis ont été le premier pays à reconnaître l’État Independent du Congo de Léopold II (d’autant plus que c’était Stanley, un anglais par naissance mais naturalisé citoyen Américain qui a exploré le Congo pour le compte de Léopold II) en échange aux dividendes issues du libre-échange.

C’était la politique du «colonialisme indirect» ou du «colonialisme périphérique»; c'est-à-dire, même si les Etats-Unis n’étaient pas un suzerain formel ou direct au Congo, ils jouissaient pleinement de tous les avantages du colonialisme belge au Congo où ils y jouissaient d’un libre-échange sans entraves.

Aujourd’hui encore, les compagnies minières nord-américaines - comme Alphamin à Bisie à Walikale dont la concession est devenue un état dans un état – détiennent la «part du lion» dans le secteur minier congolais. Certaines banques américaines, comme Rothschild et JP Morgan, ont investi dans l’État Indépendant du Congo et ont donc participé à la «ruée vers le Congo».

A ce jour, ces mécanismes d’investissement (ou ces banques) demeurent toujours opérationnels. Cela démontre que le capital initial accumulé par les banques occidentales provenait de l’esclavage et du colonialisme.

Le modèle de dépossession utilisé depuis le quatorzième siècle se joue encore aujourd’hui et la majeure partie de la richesse des Etats-Unis provient de l’extérieur des Etats-Unis, notamment du Congo.

La détermination des Etats-Unis pour garantir et assurer un accès sans entrave et à un coût moindre aux ressources naturelles et minières de base, essentielles et critiques du Congo dont l’Amérique n’a pas, peu importe la gravité des conséquences politiques, économiques et humanitaires, chosifie et tue le peuple Congolais.

Les Etats-Unis veulent aussi verrouiller les ressources naturelles et minérales du Congo contre tout accès par la Chine, un nouveau concurrent sur la scène dont l’ascension et la forte présence au Congo représentent un nouveau défi pour l’Occident en général et les Etats-Unis en particulier.

Cependant, la mise en œuvre des politiques américaines au Congo implique des acteurs locaux soigneusement préparés au service des intérêts des Etats-Unis d’Amérique en échange de protection et de soutien politique, diplomatique, militaire et financier comme c’était le cas avec Mobutu et aujourd’hui avec Museveni, Kagame et Félix Tshisekedi.

Cependant, nous nous posons la question de savoir, combien de temps va durer la lune de miel entre Félix Tshisekedi et  l’Occident en général et les Etats-Unis en particulier ? Seul le temps ou l'avenir nous le dira !

En effet, Africa Intelligence a révélé dans son édition du 3 janvier 2022 que Kinshasa est entrain de reconsidérer sa politique internationale, qui jusqu'à présent s'est concentrée principalement sur l'Europe et les États-Unis. Cela passera par de nouveaux axes stratégiques, la nomination d'ambassadeurs et le renforcement des rôles d'ambassadeurs.

Tous les prédécesseurs de Félix Tshisekedi en ont fait l’expérience ainsi que nous l’avions averti. Le bon élève devient vite le mauvais ! L’ambassadeur Américain Mike Hammer, pourtant bras droit de Fatshi vient de donner le ton : les investisseurs Américains ne viendront pas en RDC à cause de la corruption ! Quand Fatshi corrompait les Députés de son prédécesseur pour se tailler une majorité circonstancielle, Mike Hammer n’a-t-il pas applaudi cette « ingéniosité » politique ?

L’Afrique a toujours été d’une importance stratégique pour les Etats-Unis, en particulier pendant la Guerre Froide. En y opposant l’Union Soviétique de développer sa stratégie en Afrique, l’Amérique a voulu protéger sa position importante, ses intérêts vitaux et son influence, à travers les politiques adoptées par les Etats-Unis à l’égard de chaque pays africain et chaque région au cours de cette période, en particulier son intervention au Congo qui a réussi à remplacer le contrôle et le monopole politique et économique de la Belgique au profit de ceux des Etats-Unis, après l’assassinat de Patrice Lumumba, réprimant ainsi, et le nationalisme congolais, et la démocratie congolaise à travers le soutien accordé à la dictature de Mobutu dans le but de piller les richesses minières du Congo.

D’ailleurs, l’universitaire Américain David N. Gibbs (5) dans son livre intitulée “The Political Economy of Third World Intervention: Mines, Money, and U. S. Policy in the Congo Crisis”, soutient que pendant la Guerre Froide, les grandes sociétés minières multinationales américaines, les agences et les décideurs au sein du Gouvernement Américain ont collaboré les uns avec les autres pour formuler des politiques étrangères américaines sur le Congo, qui étaient compatibles avec leurs intérêts commerciaux au Congo.

Gibbs a présenté une nouvelle théorie dénommée “the business conflict model” (modèle ou méthode de conflit d’affaires) qui met l’accent sur les divisions entre les différents intérêts commerciaux et montre comment ces divisions peuvent influencer  la politique étrangère et l’interventionnisme. Il fournit également un cadre théorique complet pour analyser les relations qui existent entre les entreprises, le Gouvernement Américain et les ONG et l’influence qu’ont les entreprises ou les intérêts commerciaux sur le processus de l’élaboration de la politique étrangère américaine.

Il affirme que les décideurs politiques Américains sont motivés par des gains financiers. Si une compagnie multinationale américaine est favorable à une intervention militaire étrangère, son directeur général peut tout simplement téléphoner au Secrétaire d’Etat et fait valoir son cas ou présente ses opinions en faveur de l’intervention.

David N. Gibbs a apporté une perspective tout à fait différente, parce qu’à notre connaissance, l’intervention de l’Occident pour mettre fin à la crise congolaise des années 1960, a été plutôt décrite par Norrie MacQueen (6) comme “la première intervention humanitaire occidentale dans l’histoire”. La nouvelle théorie de David Gibbs dénommée “the business conflict model” (modèle ou méthode de conflit d’affaires) montre que, les grandes entreprises incarnent l’agenda caché derrière les interventions humanitaires américaines basées sur le principe de la “responsabilité de protéger”. 

Cela s’applique à une autre politique américaine sur le Congo dénommée “Loi de Promotion de l’Aide, de la Sécurité et de la Démocratie en République Démocratique du Congo” de 2006 connu aussi sous le nom de “La Loi Obama”, qui a exigé à Kinshasa de ne pas tergiverser mais de neutraliser les FDLR dans l’immédiat.

A cet effet, une opération militaire conjointe rwando-congolaise contre les Hutu baptisée “Umoja Wetu” a été lancée, ainsi qu’une autre opération militaire, toujours contre les milices Hutu, menée conjointement par les forces de maintien de la paix des Nations Unies et l’armée congolaise, baptisée “Kimia II”. Tous les prétextes ayant désormais été ôtés au Rwanda au sujet de la présence de “ses FDLR à lui” à l’est de la RDC, contre toute attente, une énième guerre des ressources par le Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) sous la direction de Laurent Nkundabatware soutenu par le Rwanda, a été lancée au Nord Kivu prétendument contre les mêmes FDLR que les troupes rwandaises venaient de poursuivre à l’est de la RDC dans le cadre de l’opération «Umoja Wetu» ; et par surcroit, fort curieusement, alors que toutes les revendications des «Tutsi Congolais» qui ont été intégrés dans l’armée nationale et toutes les questions relatives à la neutralisation des FDLR par l’armée nationale, et non par un groupe armé singulier, ont été résolues à Sun City.

Tout ce background historique, Félix Tshisekedi doit nécessairement l’avoir, avant de sous-traiter la sécurité de son pays au Rwanda et à l’Ouganda ! Qui oublie son passé sera rattrapé par son passé ! C’est ce que j’ai toujours dit.

Cependant, aussi longtemps que dure la nuit le jour finit toujours d'arriver. Devenu multipolaire, le monde se caractérise en effet par la perte d’influence des anciennes puissances occidentales, y compris en Afrique,  et l’émergence de nouveaux acteurs comme la Chine.

Aujourd’hui, les Etats-Unis ne sont plus les seuls maîtres ou police du monde même en  Amérique Latine, son supposé arrière-cour.

L'émergence de nouveaux centres de pouvoir entraine de nouvelles rivalités, de nouvelles guerres froides et de nouvelles sphères d'influence. Le monde tourne maintenant autour de 4 centres de pouvoir - les Etats-Unis, la Chine, la Russie et l'Union Européenne, chacun avec ses forces et ses faiblesses. Un conflit majeur est plus que probable à l’absence des perspectives de collaboration pour faire face aux défis mondiaux.

Une occasion d’or se présente pour le peuple Congolais pour mieux gérer ses relations internationales, y compris avec les Etats-Unis d’Amérique. A cette fin, il nous faut arriver à un véritable changement de paradigme : un changement, une modification profonde de nos valeurs, de notre vision du monde hitherto trop occidentalisée, de notre façon de penser, et donc de notre façon d’agir, notamment en usant de notre liberté de diversifier nos partenaires sur base de nos intérêts nationaux suprêmes.

Dans tout ça, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale du Congo demeurent non-négociables. C’est exactement ça le sens de «Ne jamais trahir le Congo», comme l’a juré Mzee LD Kabila.

REFERENCES:

  1. Leander Heldring and James A Robinson, “Colonialism and development in Africa,” Vox, Research-based policy analysis and commentary from leading economists, January 10, 2013, http://www.voxeu.org/article/colonialism-and-development-africa, accédé le 11 septembre 2012.
  2. Isidore Ndaywel è Nziem, “Le Congo et le bon usage de son histoire”. In J.-L. Vellut (ed.,), La mémoire du Congo: le temps colonial, Tervuren: Musée royal de l’Afrique centrale, 2005, pp. 29-35.
  3. Awad Issa Mansour, “Orientalism, Total War and the Production of Settler Colonial Existence: The United States, Australia, Apartheid South Africa and the Zionist Case”, PhD Thesis at the University of Exeter: The Exeter Research and Institutional Content archive (ERIC), http://hdl.handle.net/10036/3153, February 15, 2011, accédé le 1 octobre 2013.
  4. Thomas Turner. Congo, Lyndhurst, New Jersey: Barnes & Noble, 2013.
  5. David N. Gibbs. The Political Economy of Third World Intervention: Mines, Money, and U. S. Policy in the Congo Crisis, Chicago: The University of Chicago Press, 1991,p.5-31.

A lire aussi: Crawford Young, “Reviewed Work: The Political Economy of Third World Intervention: Mines, Money, and U. S. Policy in the Congo Crisis by David N. Gibbs,” The Journal of Interdisciplinary History, Vol. 24, No. 2, Autumn, 1993, pp. 401-403.

  1. Norrie MacQueen. Humanitarian intervention and the United Nations, Edinburgh: Edinburgh University Press, 2011, p.1.

(Par Josué Ngida, Juriste en formation)

 

De la compétence pénale de la Cour Constitutionnelle ?

Le principe est posé par l’article 163 de la Constitution qui dispose : «La Cour Constitutionnelle est la juridiction pénale du Chef de l’Etat et du Premier Ministre dans le cas et conditions prévus par la Constitution».

Deux observations découlent de cette disposition :

-La disposition nomme expressis verbis les justiciables de la Cour Constitutionnelle ;

-Cette disposition prévoit des cas et des conditions dans lesquels la Cour est effectivement la juridiction pénale.

Parmi les conditions, la Constitution précise la procédure à suivre en cas de mise en accusation - je préfère le terme ‘’levée des immunités’’ - faite devant le Congrès (article 166).

Cette position est réconfortée par la Loi organique n°13/026 du 15 octobre 2013 portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle en ces articles 72 et 73.

N.B : l’article 105 de la Loi organique portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle donne un détail intéressant : «En cas de condamnation du Président de la République ou du Premier Ministre, la Cour prononce sa déchéance».

Cette disposition suppose que les justiciables doivent impérativement être en fonction au moment des poursuites, car en cas de condamnation, il y a une destitution qui doit s’en suivre. Une suite logique de notre première observation soulevée ci haut.

De la compétence pénale de la Cour de Cassation ?

Il sied de préciser que la Cour de cassation ne dispose qu’en principe d’une compétence personnelle en matière pénale.

L’art 93 de la Loi organique n°13/011-B du 11 avril 2013 portant organisation, fonctionnement et compétences des juridictions de l’ordre judiciaire pose le principe. Cet article dispose : «La Cour de Cassation connait en premier et dernier ressort des infractions commises par : les membres de l’Assemblée Nationale et du Sénat, etc…».

La lecture du Titre IV dans son premier chapitre de Loi organique n°13/010 du 19 février 2013 relative à la  procédure devant la Cour de Cassation nous donne plus de détails. Quelques observations méritent d’être soulevées :

-Il nous rappelle sur les immunités reconnus aux parlementaires pour les opinions émis dans l’exercice de ses fonctions (article 73) ;

-Pendant la session, aucun ne peut être arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de l’Assemblée Nationale ou du Sénat, sauf en cas d’une infraction flagrante.

Mais l’article 74 nous donne une précision de taille. La disposition prévoit : «L’Officier de Police Judiciaire ou L’Officier du Ministère Public qui reçoit une plainte, une dénonciation ou constate l’existence d’une infraction même flagrante d’une personne qui, au moment de la plainte ou du constat est membre du parlement, transmet son procès verbal directement au Procureur Général près la Cour de Cassation et en avise ses chefs hiérarchique de l’ordre».

Selon cette disposition, le moment pris en considération est celui non pas de la commission de l’infraction, mais du constat de l’infraction ou du dépôt de la plainte.

C’est-à-dire peu importe la qualité de l’infracteur au moment de la commission de l’infraction. Mais si au moment de la plainte, l’infracteur a le statut de parlementaire, celui-ci est justiciable devant la Cour de Cassation.

En somme, au regard de l’arrêt de la Cour de constitutionnelle disant le bon droit en déclinant son incompétence et au regard des arguments soulevés dans cette réflexion affirmant le moment à prendre à considération, celui de la plainte ou du constat de l’infraction, le Sénateur Matata Ponyo est justiciable devant la Cour de Cassation.

La Fondation Mo Ibrahim publiera le 6 décembre son rapport « Covid-19 en Afrique : un chemin difficile vers la reprise »  

La Fondation Mo Ibrahim annonce la publication prochaine d’une analyse sur les conséquences du Covid-19 en Afrique et sur la capacité des pays du continent à y faire face. Le rapport « Covid-19 en Afrique : un chemin difficile vers la reprise » paraîtra le lundi 6 décembre 2021.

Partant des données du dernier Indice Ibrahim de la Gouvernance en Afrique (IIAG), ce rapport apporte un éclairage sur la situation de chaque pays africain face au Covid-19, en évaluant leur résilience à la pandémie et leur capacité à relever dix défis essentiels sur le chemin de la reprise.

Cette analyse part également des principales conclusions du rapport et des débats du Forum Ibrahim 2021 qui s’est tenu en juin dernier sur l’impact de la pandémie en Afrique tant sur le plan sanitaire, qu’économique, social et politique.

Le rapport sera publié sur mo.ibrahim.foundation le lundi 6 décembre.

Le programme « Codage pour l’emploi » de la Banque africaine de développement va renforcer les compétences numériques des jeunes ruraux

Le programme « Codage pour l’emploi » de la Banque africaine de développement va former plus de 500 ambassadeurs du numérique qui mèneront des actions de formation par les pairs afin de développer les compétences numériques d’un plus grand nombre de jeunes africains, en particulier dans les communautés rurales où la connexion à l’internet est limitée.

Codage pour l’emploi et son partenaire technique, Microsoft Philanthropies, permettront aux ambassadeurs du numérique de bénéficier d’un programme intensif de formation de trois mois portant sur des compétences recherchées telles que la conception de sites internet, le marketing numérique, la communication, la gestion de projet, ainsi que sur des compétences comportementales telles que l’esprit critique.

A  l’issue de la formation, la Banque africaine de développement et Microsoft Philanthropies fourniront aux diplômés des boîtes à outils et des ressources en matière de technologies de l’information et de la communication afin qu’ils dupliquer la même formation au sein de leurs communautés locales.

Les plateformes en ligne et d’enseignement en présentiel de Codage pour l’emploi proposent ces formations techniques gratuitement. Le programme a récemment atteint la barre de 130 000 jeunes inscrits sur ses plateformes eLearning et Digital Nigeria, répartis sur l’ensemble du continent africain.

« Il est très important que nous nous appuyions sur le succès du programme Codage pour l’emploi pour étendre l’alphabétisation numérique à la base, a souligné Martha Phiri, directrice du Département capital humain, jeunesse et développement des compétences à la Banque africaine de développement. Le modèle communautaire garantira l’autonomisation numérique des jeunes en milieu rural, ce qui confirme l’engagement de la Banque à former la prochaine génération de jeunes et de femmes du continent maîtrisant le numérique ».

L’initiative des ambassadeurs du numérique s’inscrit dans la stratégie de la Banque visant à centrer ses investissements technologiques et numériques sur les jeunes et leur permettre de réaliser des transformations économiques et sociales à l’ère du numérique. Le modèle utilisant l’approche entre pairs des ambassadeurs du numérique devrait attirer davantage de jeunes, car il offre une expérience d’apprentissage plus personnalisée.

Les candidats, âgés de 18 à 35 ans, doivent maîtriser l’anglais ou le français et être citoyens de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Nigeria ou du Sénégal. Codage pour l’emploi prévoit d’étendre le programme des ambassadeurs du numérique à d’autres pays après la phase pilote.

« Les jeunes d’aujourd’hui sont nos futurs dirigeants et entrepreneurs, c’est pourquoi il est si essentiel de leur donner les moyens d’acquérir les compétences numériques dont ils ont besoin pour contribuer de façon significative à l’économie numérique mondiale. Microsoft est honoré de s’associer à la Banque africaine de développement dans le cadre de son formidable programme Codage pour l’emploi », a déclaré Ghada Khalifa, directrice régionale pour le Moyen-Orient et l’Afrique de Microsoft Philanthropies.

Les ambassadeurs du numérique recevront des bourses et auront accès aux centres de formation aux compétences numériques en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Nigeria, au Sénégal et au Rwanda. Ils auront également accès à un réseau d’employeurs, de partenaires du secteur privé et de plateformes de travailleurs indépendants.

En collaboration avec des associations féminines, l’initiative des ambassadeurs du numérique de Codage pour l’emploi vise une participation d’au moins 50 % de femmes. Elle encourage vivement les femmes à intégrer le programme.

Codage pour l’emploi vise la création de plus de 9 millions d’emplois et atteindre 32 millions de jeunes et de femmes sur le continent. Le programme fait partie de l’initiative « Des emplois pour les jeunes en Afrique » de la Banque africaine de développement.

*‘’En 2022, je vous invite à garder la flamme de l’espoir et de la dignité nationale pour relever le Congo, notre pays en renouant avec ses vraies racines spirituelles : l’humanisme ; l’unité nationale ; la liberté de notre peuple  et la quête d’un progrès réel et effectif de la condition de nos populations. Puis, les souffrances de nos populations nous condamnent encore au travail pour les deux ans à venir notamment sur  la remise à plat de la réforme de la sécurité (Armée, Police nationale et Services des renseignements), sans laquelle il ne saurait y avoir de paix durable ni à l’Est ni ailleurs dans le pays ; l’amorce de la grande réforme fiscale et des finances publiques pour stimuler l’activité économique ; le nécessaire engagement des dirigeants pour la réduction effective du train de vie de l’État, en remettant davantage de l’égalité par une réallocation juste et équitable des ressources publiques aux secteurs productifs et sociaux prioritaires.

Prêtre de l’archidiocèse de Kinshasa Psychologue clinicien

Introduction

Au regard de ce qui se passe actuellement dans notre pays, la RDC, j’éprouve une forte inquiétude sur l’avenir de cette terre de nos ancêtres. Et je ne suis pas le seul. Plusieurs personnes avec qui je partage sur la situation de notre pays, expriment le même sentiment de peur. Accusations et procès par-ci, destitution par-là, sans compter toutes ces morts en cascade particulièrement dans les milieux du pouvoir. Détournement d’argent par-ci, scandales concernant les mœurs des dirigeants tant politiques que religieux par-là. A tout cela s’ajoute la fameuse pandémie du Coronavirus qui est gérée d’une certaine manière, avec son confinement tant social qu’économique. Le dollar, de son côté, grimpe pendant que le franc congolais continue une descente vertigineuse en enfer. La vie socioéconomique de la population se détériore au jour le jour. Les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles sur tous les plans. Bien qu’ils rendent parfois un bon service en informant la population sur ce qui se passe, il faut toutefois reconnaître que beaucoup de choses qui se racontent dans les réseaux sociaux, particulièrement des « Fake news » dont certains compatriotes sont devenus champions, ne font que contribuer à créer un climat malsain et à attiser une crise qui risque de conduire le pays au chaos, à l’implosion. Face à tout cela, il convient de se poser les questions suivantes : D’où venons-nous ? Où sommes-nous ? Quelles sont les causes ? Où allons-nous ? Que faire pour éviter le chaos et l’implosion de notre pays ? D’où venons-nous ? Histoire lointaine Nous sommes une terre riche en civilisation, ayant connu de grands empires qui ont marqué l’histoire de l’Afrique parmi lesquels nous citerons l’empire Kongo, l’empire Kuba, l’empire Luba et l’empire Lunda. Nous sommes une terre riche en humanité et en culture. Cette terre riche à tout point de vue a connu les affres de l’esclavagisme par les Arabes et par les Occidentaux. Et, depuis l’appropriation de notre terre par Léopold II, avec la complicité de certains de nos frères, nous sommes devenus la terre des autres. En effet, Léopold II s’est approprié notre terre pour en faire son patrimoine personnel qu’il va léguer à son pays et qui va finir par devenir une colonie internationale. Voilà pour notre origine lointaine marquée par la fameuse Conférence de Berlin de 1885 qui a fait de notre pays une terre sans propriétaire, un « no man’s land » où tout le monde peut venir puiser les richesses sans contrepartie pour la population locale. Jusqu’aujourd’hui, nous sommes gérés par les Actes de la Conférence de Berlin que beaucoup d’entre nous les congolais ne connaissons même pas pour n’avoir jamais vu ni lu ces Actes. Nous vivons dans une situation de dépendance et d’extraversion totale sur tous les plans : culturel, politique, économique et social. Nous sommes étrangers à nous-mêmes et dans notre propre pays. Nous sommes aliénés au sens fort du terme. La Belgique nous a accordé l’indépendance en 1960. Nous avons accédé à la souveraineté internationale le 30 juin 1960, il y a de cela maintenant 60 ans. Mais sommes-nous réellement indépendants. Sommes-nous un véritable Etat souverain ? Au regard de tout ce que nous vivons depuis 1960, force nous est de reconnaître que nous ne sommes ni indépendants ni souverains. En effet, nous continuons à être dirigés par les puissances coloniales devenues néocoloniales et cela sur tous les plans comme dit précédemment. Les grandes décisions concernant notre pays et qui engagent notre destinée, sont prises ou inspirées par les puissances étrangères avec la complicité de fils et filles de notre pays qui jouent le rôle de « nègres de service». Et ceux qui comprennent ce jeu et qui n’acceptent pas d’y participer sont purement et simplement éliminés physiquement ou socio-politiquement. Nous avons les cas de Patrice-Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila. L’assassinat de tous les deux a été décidé par les maîtres du monde, les puissances euro-américaines qui ne sont qu’une « maffia politico-financière internationale ».

Histoire récente

Pour l’histoire récente, celle qui nous intéresse aujourd’hui, celle des cinq dernières années, tout commence avec la problématique des élections de 2016. Une problématique qui se focalise autour du mandat de Joseph Kabila – JOKA - qui doit prendre fin et l’impossibilité pour lui de briguer un troisième mandat au regard du prescrit de la Constitution de notre pays. Des débats autour de la révision de la Constitution qui permettrait à JOKA de postuler pour un troisième mandat occupent une grande place dans les milieux politiques. Des défenseurs de la Constitution se lèvent et se battent pour qu’on ne touche pas à la Constitution particulièrement aux articles verrouillés. Des actions (marches pacifiques, pétitions, etc.) sont entreprises pour empêcher d’une part la révision de la Constitution et d’autre part un troisième mandat pour JOKA. C’est ici que les « Maîtres du monde » interviennent. Ils font une démarche auprès de JOKA pour lui proposer de se désigner un dauphin et s’assurer une sortie honorable du pouvoir et garantir une passation pacifique du pouvoir avec un nouveau président entrant. Leur proposition n’est pas neutre. Ils ont leur candidat en poche qu’ils suggèrent à JOKA. Ce dernier refuse de se soumettre au diktat des «maîtres du monde» qu’on nomme abusivement la communauté internationale. Les « maitres du monde» ne travaillent pas seuls. Ils ont des collaborateurs parmi les hommes politiques congolais. C’est alors qu’un groupe de sept membres de la MP entrent dans la danse. Ils proposent à JOKA la désignation d’un dauphin pour conserver les acquis du système (cfr les différentes lettres adressées à Joseph Kabila par les sept). Devant le refus de JOKA d’accéder à leur demande, ils quittent la MP, créent le Groupe des Sept, G7 en sigle, et rejoignent l’opposition à celui avec qu’ils ont travaillé pendant longtemps. En fait, ils quittent le bateau avant qu’il ne coule (selon eux et leurs « maîtres »). L’objectif poursuivi par ce groupe et d’autres opposants reste unique : le départ de JOKA, de gré (par les élections) ou de force (par un soulèvement populaire). A ce groupe de politiciens va se joindre la société civile en particulier l’Eglise catholique par la création du « Comité Laïc de Coordination », CLC en sigle. Le respect de la Constitution et la non-représentation de JOKA comme candidat aux élections dont on tient à la tenue conformément au délai constitutionnel c’est-à-dire en 2016 constituent le cheval de bataille du CLC. Les membres du CLC organisent des marches pacifiques avec comme point de départ les paroisses catholiques, le dimanche à la sortie des messes. La répression de ces manifestations par le régime en place, le régime de Kabila, fait des victimes, des morts et 4 des blessés. Les morts sont considérés et célébrés comme des martyrs de la démocratie, martyrs de l’alternance démocratique tant voulue. Pour d’autres groupes, le combat se focalise autour de la création d’une période de transition sans JOKA et dirigée par un Administrateur et son équipe. C’est l’initiative du compatriote Jean BELE, professeur et résident aux USA. Il a organisé, en ligne, les élections de l’Administrateur de la Transition Sans Kabila (TSK). D’après les résultats de ces élections, l’Administrateur élu fut le Cardinal Laurent MONSENGWO PASINYA avec comme adjoint le Dr Denis MUKWEGE. Cette initiative n’a jamais vu un début de réalisation parce que, d’une manière générale, le peuple congolais ne voulait qu’une chose : des élections qui amèneraient au pouvoir une autre personne que les membres de la «Majorité Présidentielle», MP en sigle, regroupement politique dont Joseph Kabila est «l’autorité morale». Les congolais aspiraient à une alternance politique avec une passation pacifique du pouvoir qui serait une première dans l’histoire de notre pays. Pour trouver une voie de sortie à la crise politique persistante, Joseph Kabila, alors président de la République, initie et convoque un « dialogue politique national ». Sous la supervision du facilitateur de l’Union africaine (UA), le Togolais EDEM KODJO, les travaux de ce dialogue national doivent durer deux semaines à compter de jeudi 1er septembre 2016. Une majorité de l’opposition refuse pourtant d’y participer, notamment l’UDPS, le G7 et le MLC, et parle d’un « pseudo-dialogue». Ces trois mouvances n’ont pas pris part aux travaux préparatoires conduits par EDEM KODJO, accusé de partialité et récusé par le «Rassemblement de l’opposition». Celui-ci a déposé sa propre feuille de route datée du 29 août 2016 à l’Union africaine avec comme conditions le départ du président Kabila à la fin de son mandat et la révocation du facilitateur de l’UA. Malgré le boycott de cette partie de l’opposition, le dialogue politique national a quand même lieu et aboutit à la formation d’un gouvernement d’union nationale avec comme premier ministre, Monsieur Samy BADIBANGA, un transfuge de l’UDPS. La CENCO avait pris part au dialogue de la Cité de l’Union Africaine comme une composante de la société civile. Ayant jugé ce dialogue non inclusif, elle s’était retirée et n’avait pas signé l’accord de la Cité de l’Union Africaine du 18 octobre 2016. De retour d’une visite au Pape François à Rome (Vatican), Joseph Kabila confie aux Evêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, CENCO en sigle, une mission de bons offices qui consisterait à mettre les politiciens d’accord sur l’organisation des élections et la sortie de la crise politique. Ayant accepté cette mission,  la CENCO propose la tenue d’un dialogue à format réduit pour atteindre cet objectif. Et sous la supervision des Evêques, Monseigneur Marcel UTEMBI, président de la CENCO, et Monseigneur Fridolin AMBONGO BESUNGU, vice-président de la CENCO, assistés par l’Abbé Donation NSHOLE, secrétaire général de la CENCO, un dialogue politique a lieu au Centre Interdiocésain. A ce dialogue, les partis de l’opposition qui avaient boycotté le premier dialogue, celui de la Cité de l’Union Africaine, ont tous pris part. Les travaux de ce dialogue de la CENCO démarrent le 8 décembre 2016, peu avant la date de la fin du mandat de Joseph Kabila. Ils ont permis de passer le cap du 19 décembre 2016, date de la fin du mandat de Joseph Kabila, sans affrontement ni effusion de sang, sans les troubles tant redoutés et même promis. Le 31 décembre 2016, jour de la fête de la Saint Sylvestre, les travaux se terminent par la signature d’un Accord politique dénommé, l’Accord de la Saint Sylvestre. Cet accord est devenu le texte de loi qui va régir le temps séparant la tenue de ce dialogue et l’organisation des élections. Et comme d’habitude, le dialogue s’est terminé par la constitution d’un nouveau gouvernement avec comme premier ministre, Bruno TSHIBALA, un autre transfuge de l’UDPS, en lieu et place de Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO qui aurait été proposé par Monsieur Etienne TSHISEKEDI dans une lettre dont l’authenticité fut fort contestée. La tenue des élections est fixée d’une manière consensuelle pour le mois de novembre 2018. En vue des élections prochaines, tous les partis de l’opposition se mettent d’accord pour chercher un candidat commun de l’opposition. Une rencontre se tient en Belgique, précisément à Genval, pour faire l’unité de l’opposition et arriver à désigner le candidat commun de l’opposition afin de maximiser les chances de gagner les élections. Et là, tout portait à croire que c’est le Vieux opposant de tous les régimes depuis Mobutu, Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA, qui faisait l’unanimité. Après Genval, d’autres rencontres se sont tenues dont la dernière en date fut celle de Genève où un accord fut signé reconnaissant, après vote, Martin FAYULU comme le candidat commun de l’opposition. Il fut alors créé une plateforme électorale de l’opposition dénommée «Lamuka», ce qui signifie «Réveille-toi ». Après avoir signé cet accord de Genève, Félix TSHISEKEDI et Vital KAMERHE se désistèrent et retirèrent leurs signatures. La raison avancée est que la base à Kinshasa n’était pas d’accord avec leur présence dans cette plateforme de l’opposition qui donnait Martin FAYULU et non Félix TSHISEKEDI comme candidat unique de l’opposition. Les deux, Vital KAMERHE et Félix TSHISEKEDI, se retrouvèrent à Nairobi où ils créèrent une plateforme électorale du nom de « Cap vers le Changement », CACH en sigle. De son côté, la MP se mue en une plateforme électorale du nom de « Front Commun pour le Congo », FCC en sigle. Alors que « Lamuka » est née à Genève et « CACH » à Nairobi, le « FCC » voit le jour à Kinshasa. Il ratisse large parmi les partis politiques, les personnalités et autres groupes de la société civile. Il se dote d’une charte que tous les adhérents signent. Alors que pour « LAMUKA », le candidat était déjà connu en la personne de Martin FAYULU et que dans le camp du « CACH », le candidat était aussi connu en la personne de Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, le FCC n’avait, quant à lui, pas encore désigné son candidat, le dauphin de JOKA. Et il faut avouer, qu’ils se bousculaient au portillon pour être celui sur qui Joseph Kabila allait jeter son dévolu. Il a fallu attendre la dernière minute avant la clôture de l’enregistrement des candidatures pour connaître le nom du dauphin. Et ce fut le PPRD, Emmanuel SHADARI RAMAZANI, qui dira être surpris par ce choix. Après différents reports, la date de la tenue des élections fut finalement fixée au dimanche 30 décembre 2018. C’est ici le moment de dire que JOKA a tenu à ce que ces élections soient financées totalement par le gouvernement congolais et qu’il n’y ait aucune intervention de l’extérieur, particulièrement de l’Occident. Aussi, il a refusé l’aide des Européens et des Américains. Il a même refusé les missions d’observation venant de l’Europe. Pour les uns, cette décision de JOKA cachait la volonté de tricher sans que la Communauté internationale n’intervienne ; pour les autres, c’était plutôt l’expression d’une volonté d’être un Etat réellement souverain et indépendant. Les élections se sont tenues effectivement le dimanche 30 décembre 2018 sur toute l’étendue de la République sauf dans quelques territoires où il y avait l’insécurité. En janvier 2019, la CENI proclame les résultats de ces élections et proclame Félix TSHISEKEDI, vainqueur. Après avoir examiné les recours introduits par différents candidats malheureux, la Cour Constitutionnelle finit par confirmer les résultats proclamés par la CENI et fait de Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, surnommé FATSHI, le cinquième Président de la République Démocratique du Congo. Il est investi le 24 janvier 2019 au cours d’une cérémonie officielle de passation de pouvoir entre lui et le Président sortant, Joseph KABILA KABANGE. Mais avant la proclamation des résultats définitifs, des négociations se tiennent entre le FCC et le CACH et aboutissent à la signature d’un accord de coalition. Ainsi, le pays sera gouverné par une coalition au pouvoir où le FCC a la majorité au parlement. Un gouvernement de coalition se met difficilement en place. Après plusieurs mois de tractation et concertation, on investit le gouvernement au parlement.

Où sommes-nous ?

Commençons par dire ici que la coalition FCC-CACH n’a jamais été acceptée par les « Maîtres du monde » ou encore ce qu’on appelle la « Communauté internationale ». Au départ, ils ont contesté les résultats des élections en disant qu’ils n’étaient pas conformes à la vérité des urnes. Félix TSHISEKEDI n’a pas gagné les élections et on doit proclamer le vrai vainqueur qui serait, d’après eux, Martin FAYULU, leur candidat. Ce dernier, jusqu’aujourd’hui, réclame la vérité des urnes et se considère comme le vrai Président élu par le peuple. Il estime qu’on lui a volé sa victoire. Une fois que l’investiture de Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO a eu lieu, les « Maîtres du monde » ont commencé à changer de discours. Compte tenu des intérêts qu’ils ont en RDC, ils se sont résolus à reconnaître le nouveau président et à l’approcher pour l’avoir de leur côté. Et pour cela, il fallait absolument que Félix se sépare de JKK. D’où l’expression que l’opinion met sur la bouche de Félix lors de son premier voyage aux USA pour chercher des investisseurs : « Nous allons déboulonner la Kabilie ». Ce fut la condition pour qu’il obtienne l’appui total des « Maîtres du monde » qui voulaient en finir avec JOKA en le faisant disparaître de l’horizon politique congolais. Ils ne lui ont jamais pardonné d’abord son alliance avec les Chinois avec qui il a signé des contrats sans passer par les « Maîtres » ; ensuite, la promulgation du nouveau code minier révisé qui donne beaucoup d’avantages au pays. Ce dernier acte de JKK a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Par ailleurs, nous observons aussi que dans les deux camps, FCC d’une part et CACH de l’autre, certains membres n’ont jamais approuvé cet accord de coalition. Ceux du FCC qui ne sont pas pour la coalition font tout pour que Félix échoue. Ceux du CACH qui ne sont pas pour la coalition font tout pour se débarrasser de JKK et de la Kabilie. Les uns et les autres tiennent des propos et posent des actes qui révèlent leurs intentions. En fait, tous ceux qui s’opposent à la coalition, d’une manière ou d’une autre, consciemment ou inconsciemment, jouent le jeu des « maîtres du monde » et sont leurs complices. Ainsi, plutôt que de vivre dans une coalition, nous assistons à une guerre entre deux camps plutôt opposés les uns aux autres. Nous sommes en face d’une coalition non pas des protagonistes mais des antagonistes, non pas des partenaires mais des adversaires qui se combattent mutuellement. Pour ma part, la plus grande faiblesse de cette alliance ou coalition c’est de ne pas être fondée sur une vision commune et partagée qui mettrait la souveraineté, l’indépendance et le progrès du pays avant les intérêts personnels égoïstes des uns et des autres. La perspective des élections de 2023 ne fait que compliquer l’équation. En effet, ceux qui sont au pouvoir n’accepteront certainement pas de faire un seul mandat et laisser la place à d’autres. Ce qui peut se comprendre facilement. D’où, il faut éliminer les concurrents potentiels. Et les deux candidats potentiels les plus redoutables pour rempiler en 2023 c’est Joseph Kabila et Vital Kamerhe. Il faut donc s’en débarrasser proprement. Pour cela, comme il sied dans un Etat de droit, il faut que tout se passe par la voie de la justice. En ce qui concerne Vital Kamerhe, les accusations de corruption et de détournement de denier public ont fait l’objet d’un procès en bonne et due forme qui s’est terminé par une condamnation à une peine de vingt ans de prison et la perte de ses droits civiques. En attendant que le recours en appel aboutisse, Vital KAMERHE ne pourra pas se présenter comme candidat aux élections de 2023. Pour le cas de Joseph Kabila, si la justice du pays ne réussit pas à le juger et à la condamner, on pourrait espérer que la justice internationale pourrait le faire. C’est la démarche en cours avec un collectif d’avocats canadiens qui a porté plainte contre lui à la Cour pénale internationale (CPI), plainte, dit-on, qui a été dite recevable. Tout en saluant ces efforts pour redonner à la justice sa vraie place dans la vie de la Nation et mettre fin à l’impunité par l’application d’une justice équitable pour tous, tout en reconnaissant que la justice élève une nation, j’estime, à mon humble avis, que la meilleure façon de pérenniser un pouvoir, c’est de se mettre résolument au service du bien-être socio-économique de la population qui n’aspire qu’à vivre humainement et dans la dignité dans son pays. Il faudrait aussi éviter d’instrumentaliser la justice pour en faire un moyen d’éliminer les potentiels candidats aux élections de 2023. Le peuple quant à lui, n’a jamais été associé à toutes ces négociations et ne connait pas la teneur de l’accord liant le FCC au CACH. Il ne trouve pas son compte et désapprouve, pour la plus grande partie des congolais, cette coalition. Nous observons ici le fossé entre les dirigeants politiques et le peuple. La communication entre les dirigeants et le peuple est totalement défaillante pour ne pas dire inexistante. Dans cette situation, le peuple est divisé. D’un côté, il y a ceux qui considèrent que cette alliance ou coalition c’est une alliance avec le diable (JKK et son FCC) et que Félix doit tout faire pour se distancier d’eux, se séparer d’eux. Joseph KABILA KABANGE et son FCC sont considérés comme la cause de tous nos malheurs. D’un autre côté, il y a ceux qui estiment que JKK a posé un acte unique dans l’histoire de notre pays et que la coalition doit devenir une force pour conquérir notre souveraineté confisquée depuis des lustres. Pendant que les acteurs politiques se livrent des guerres d’intérêt personnel, le peuple est laissé à lui-même. La situation socio-économique de la population ne fait que se dégrader. L’avènement de la pandémie du Corona virus, COVID 19, n’arrange pas les choses. Bien au contraire, la situation devient plus compliquée. Partout, on entend dire : « les temps sont durs ». La pandémie du COVID 19 devient pour certains dirigeants un fonds de commerce, une source d’enrichissement au détriment du peuple. Cela au point que certains parlent du «corona business » en lieu et place du corona virus. Sans compter que toutes ces mesures de confinement et d’état d’urgence sanitaire prises pour lutter contre la propagation du COVID 19, ruinent le développement économique parce qu’elles ne sont pas accompagnées de mesures d’encadrement. Tout est en train de mourir. Quelles sont les causes ? La cause principale, au regard de tout ce que nous vivons, c’est la soif immodérée du pouvoir, de l’avoir et de la gloire qui caractérise la classe politique congolaise. Dans tout cela, c’est l’argent qui est la cause fondamentale. L’argent que l’on veut avoir par tous les moyens y compris les moyens malhonnêtes. Ce qui justifie les vols, les tueries, les guerres, la corruption, et tous les autres maux. C’est le triomphe de la cupidité dont parle si bien Joseph STIGLITZ dans son livre qui porte ce titre évocateur : Le triomphe de la cupidité (Ed. Les Liens qui Libèrent, 2010). Cette soif immodérée de l’argent est dans le cœur de l’homme congolais. Cette cupidité est dans le cœur de l’homme. Le Dieu-Argent, Dieu-Mammon a rongé le cœur et les esprits des congolais. Cette maffia-politico-financière qui gère nos structures sociales s’appelle le système capitaliste libéral, ultralibéral ou néolibéral. Cette maffia-politico-financière n’est pas seulement internationale avec ses Institutions Financières Internationales, IFI, mais elle est aussi et surtout nationale avec des dirigeants politiques capitalistes, prédateurs. Les hommes cupides ont créé un système de vie qui est le capitalisme libéral. Ce système est inhumain parce qu’il donne la primauté à l’avoir, à l’argent, au profit matériel, à l’économique au détriment de l’homme. De ce système, nous sommes les acteurs, à la fois auteurs, bénéficiaires et victimes. C’est cela qui explique que nous soyons dans un pays potentiellement riche dans son sol et son sous-sol et que nous vivions dans la misère. Le capitalisme a tué le sens du bien commun pour nous installer dans une course effrénée à l’avoir pour une jouissance égoïste. Il a fait de notre société une jungle où la loi du plus fort règne au détriment de la loi de la solidarité et du partage. Le congolais est malade non seulement de ses dirigeants politiques mais aussi et surtout du congolais lui-même. Il est temps qu’on arrête de chercher des boucs émissaires à qui attribuer la cause de nos problèmes et pour justifier nos malheurs. Que chacun de nous s’examine et prenne conscience de sa part de responsabilité dans ce qui nous arrive ! Il ne s’agit pas de jouer à la victime d’un système qui est en dehors de nous, victime des autres (nos voisins et les « maîtres du monde »). Pas de victimisation ni d’auto-flagellation mais plutôt responsabilisation. Autant nous sommes responsables de ce qui nous arrive parce que cela arrive souvent avec notre complicité et notre collaboration directe ou indirecte, autant nous devons nous sentir responsables de ce qui va nous arriver demain. Qu’est-ce qui nous empêche de créer les conditions pour une vie décente dans notre pays ? Qu’est-ce qui nous empêche de créer des emplois pour permettre à chaque congolais de gagner sa vie honnêtement ? Qu’est-ce qui nous empêche de donner un salaire décent aux fonctionnaires de l’Etat et à tous les travailleurs dans tous les secteurs tant publics que privés ? Qu’est-ce qui nous empêche de produire et de consommer congolais ? Qu’est-ce qui nous empêche de bien gouverner notre pays dans un esprit de service et d’altruisme, en mettant le bien de l’homme au centre de toutes nos préoccupations ? A toutes ces questions et bien d’autres qu’on pourrait se poser, parce que la liste est longue, je répondrais : c’est le congolais lui-même qui, par manque d’amour pour la patrie et par manque d’amour du prochain, constitue un frein à son développement et au développement de son pays. L’ennemi du Congo ce n’est pas d’abord le Belge, l’Américain, le Français, le Rwandais, bref les autres. Le premier ennemi du Congo, c’est le Congolais lui-même. Il ne s’agit pas ici de nier la responsabilité des autres ; il ne s’agit pas non plus de faire de l’auto flagellation ni de la victimisation mais plutôt d’opérer une prise de conscience de notre propre responsabilité dans ce qui nous arrive afin de reprendre notre destin en main. La cause de nos malheurs passés, présents et futurs est à rechercher dans nous-mêmes les congolais, dans notre manière de vivre, dans notre manière de percevoir les choses, de percevoir les autres et de nous comporter. Un climat général de méfiance entre nous congolais, la propension au vol et au détournement des biens publics (denier public), la prédation qui caractérise la plupart de nos dirigeants qui se remplissent les poches au lieu de remplir les poches du peuple qui souffre de la POVID20 (Poches Vides 20), la distraction en créant des faux problèmes, la gangrène de la corruption et du tribalisme, etc., autant d’éléments qui font que nous ne contribuons pas au développement de notre pays bien au contraire, nous le détruisons.

Où allons-nous ?

Le décor est planté pour un chaos en RDC, pour l’implosion de la RDC qui risque de nous surprendre tous. En effet, c’est vers là que nous nous dirigeons d’une manière claire et nette. Rappelons-nous les pillages de triste mémoire de 1991 et 1993 ainsi que leurs conséquences sur le tissu socio-économique de notre pays que nous vivons jusqu’aujourd’hui. Rappelons-nous les paroles du Feu Maréchal MOBUTU en fin de règne : « Après moi c’est le chaos ». Nous allons vers une implosion de notre pays dont nous-mêmes nous sommes les auteurs et acteurs sur scène. Chaos et implosion ne profiteront pas à nous peuple congolais mais à la « maffia politico-financière internationale » qui a toujours voulu faire main basse sur nos richesses et secondairement à leurs « nègres de service » qui profiteront des miettes. Pour être vrai, cette implosion ne profitera finalement à personne : ni au peuple congolais ni à la « communauté internationale ».

Que faire ?

Insurrection des consciences pour une rupture et une nouvelle vie. Pour arrêter cette descente aux enfers de notre pays, je propose que nous puissions tous nous inscrire dans une démarche d’insurrection des consciences. J’entends par là une remise en question personnelle et collective qui touche notre mode de vie fondé sur le primat de l’avoir, de l’argent, du Dieu-Mammon. Il s’agit précisément d’une remise en question de l’ordre établi qui est en réalité un désordre établi par les puissants pour dominer les faibles et les petits. Il s’agit d’une remise en question de l’ordre capitaliste sauvage mondialisé, globalisé. Chacun de nous devrait opérer une rupture avec la dictature du Dieu-Argent dans sa vie personnelle. Et en même temps, nous devons rompre ensemble, collectivement, avec le système capitaliste libéral mondialisé dont le côté inhumain n’est plus à démontré pour instaurer un autre système plus humain et plus convivial. Il ne s’agira pas de méconnaître ou de nier la place de l’argent dans la vie des hommes et des collectivités humaines. Mais, il s’agira de remettre l’argent à sa place de moyen et non de fin. L’argent devrait être considéré non pas comme la finalité de la vie mais comme un moyen pour rendre la vie personnelle et collective agréable, plus humaine et plus conviviale. En somme, ce n’est pas tant l’argent comme tel qui pose problème mais c’est plutôt une certaine manière de l’acquérir et une certaine manière de l’utiliser qui posent sérieusement problème. En effet, si l’argent est considéré comme la finalité de la vie et ce qui donne un sens ultime à notre existence humaine, alors on comprendra que tous les moyens soient considérés comme bons pour l’acquérir y compris les moyens malhonnêtes : vol, escroquerie, pillage, guerre de prédation, détournement, corruption, etc. Si la valeur d’un être humain, d’un congolais se définit par son avoir, l’on comprendra facilement que l’usage de l’argent soit empreint d’égoïsme et de la recherche de la jouissance personnelle au détriment des autres qui n’ont rien et dont on prive du minimum vital auquel ils ont droit. Donc, la rupture que nous devons opérer chacun de nous et tous ensembles collectivement, c’est la rupture d’avec certains moyens malhonnêtes et inhumains pour acquérir l’argent et d’avec un certain usage de l’argent qui est fondé sur l’égoïsme et l’égocentrisme, l’individualisme. Il nous faudrait promouvoir dans nos vies personnelles et collectives l’acquisition de l’argent par des moyens honnêtes, par le travail assidu. Il nous faudrait donc aussi promouvoir la solidarité et le partage dans l’utilisation de l’argent sans pour cela encourager le parasitisme et la paresse. Cette insurrection des consciences n’a donc rien à voir avec l’insurrection populaire qui souvent dévaste tout à son passage et constitue une sorte de contre-violence en réponse à la violence-mère, celle du système établi, de l’ordre établi. Elle suppose une prise de conscience critique de la réalité que nous vivons et dont nous sommes tous responsables, chacun à son niveau bien entendu. En effet, la responsabilité d’un Chef de l’Etat ou d’un Décideur n’est pas au même niveau que celle d’un chômeur ou d’un huissier. Mais, toujours est-il que chacun doit prendre conscience de sa part de responsabilité. Rencontre de tous les congolais sous l’arbre à palabre Concrètement, je propose une grande rencontre de tous les congolais pour refaire la cohésion nationale et procéder à la réconciliation de tous les congolais autour d’une vision commune qui serait une vision humaniste et convivialiste qui redonnerait à l’homme sa vraie place celle de gardien de l’écosystème. L’homme ne se considèrera plus comme le propriétaire de l’écosystème dont il peut se servir sans limite mais comme gardien qui a pour tâche principale la sauvegarde de la nature. L’homme ne sera plus au centre de tout comme celui qui peut se permettre tout au nom des droits de l’homme qui ne prend pas en compte ses devoirs. Cette rencontre de tous les congolais sous l’arbre à palabre aura comme objectif final : créer les conditions pour bâtir ensemble un Autre Congo plus beau qu’avant. Au cours de cette rencontre, tous les congolais devront examiner ensemble les questions suivantes : - Qu’avons-nous fait du Congo de nos ancêtres ? Qu’avons-nous fait de cette terre riche potentiellement que le Créateur nous a donnée ? (établir la responsabilité personnelle de chacun et la responsabilité collective de tous) - Quel est le Congo dont nous rêvons tous et que nous voulons bâtir ensemble (vision commune et partagée) ? - Quels sont les atouts dont nous disposons pour bâtir ce Congo de nos rêves et quels sont les obstacles qui peuvent nous empêcher de réaliser notre rêve (étude de faisabilité) ? - Qu’allons-nous faire ensemble pour bâtir ce Congo de nos rêves et comment allons-nous le faire (stratégies et plan d’action) ? - Avec quoi (ressources matérielles et financières) et avec qui (ressources humaines) allons-nous bâtir ce nouveau Congo (mobilisation des moyens et choix des partenaires) ? Cette rencontre se terminera par l’élaboration d’un plan à long terme qui déterminera les différentes étapes à parcourir pour qu’au bout de 30 ou 50 ans nous ayons un autre Congo. Cette rencontre se fera au niveau de nos rues, de nos quartiers, de nos villages, de nos communes, de nos provinces, de nos différentes associations et groupes de vie ; bref, dans tous les milieux où se trouvent les Congolais à l’intérieur du pays comme à l’extérieur du pays (la diaspora congolaise). Elle sera impulsée par les leaders des communautés acquises à la cause de l’autodétermination de notre peuple, de notre pays. On pourrait consacrer six mois pour ce travail au niveau de la base. Au terme de ces six mois de travail de réflexion et d’analyse, les conclusions pourront être soumises à l’Assemblée Nationale pour couler tout cela sous forme de loi fondamentale. Ce qui nous donnera une Nouvelle Constitution à l’élaboration de laquelle tout le peuple aura participé et qui sera soumise à l’adoption par le peuple à travers un référendum. L’intérêt de cette rencontre serait la création d’un consensus national autour du Congo que nous voulons bâtir ensemble. Nous sortirons ainsi du Congo des autres dans lequel nous vivons jusqu’aujourd’hui pour entrer dans Notre Congo, celui que nous aurons construit ensemble, comme une maison commune où il fera bon vivre pour tous les fils et filles de la maison, de la même famille. Cette rencontre sera une véritable école populaire où nous apprendrons à connaître notre histoire, à la relire ensemble en vue de l’écrire ensemble pour un Nouveau Congo, un Autre Congo. Cette rencontre entre tous les congolais qui n’aura rien à voir avec les différents dialogues que nous avons connus jusqu’ici et qui se sont tous pratiquement terminés par le partage du « pouvoir-os » (gâteau), sera l’occasion propice pour travailler à la mise en place d’un nouveau système de vie au Congo fondé sur la solidarité et le partage. Mise en place d’une justice transitionnelle En vue de la réconciliation nationale, je propose que l’on envisage au cours de cette rencontre la mise en place d’une justice transitionnelle différente de la chasse aux sorcières à laquelle nous sommes en train de nous livrer et qui n’aboutit pas à la paix durable. L’expression « justice transitionnelle » est généralement employée pour désigner l’ensemble des mesures auxquelles un régime fraîchement installé à la suite d’un conflit armé ou d’une crise politique a recours pour affronter les violations massives et/ou systématiques des droits de l’homme ayant eu lieu avant la transition, afin de promouvoir la transformation de la société, faciliter la réconciliation et favoriser l’établissement de l’État de droit et de la démocratie. La justice transitionnelle repose sur quatre «piliers» sans lesquels son effectivité serait sérieusement compromise. Les piliers de cette justice particulière représentent autant d’avancées déterminantes dans le processus de lutte contre l’impunité des violations graves des droits de l’homme. Ils coïncident concrètement avec des obligations générales que le droit international met à la charge des Etats lorsque surviennent de telles violations. Plus simplement, ont été systématisés comme piliers de la justice transitionnelle : - le droit de savoir ; - le droit à la justice ; - le droit à la réparation ; - le droit aux garanties de non-répétition. Cette justice transitionnelle sera mise en place par les congolais eux-mêmes et pour les congolais. Il ne s’agira pas de recourir, comme d’aucuns le pensent, à la Cour Pénale Internationale pour créer un Tribunal international pour la RDC, notre pays. Serions-nous ainsi incapables, nous les congolais, à régler nos différents, nos problèmes nous-mêmes ? Serions-nous incapables de mettre en place une justice équitable, une justice miséricorde, c’est-à-dire celle qui sauve l’homme malfaiteur et éradique le mal ? Serions-nous incapables de prendre notre destin en main ? Nous avons donc à relever la mise en place d’une justice qui nous conduira à une paix durable. Créer un nouveau système de vie plus convivial et plus humain Là où presque tout le monde parle des réformes institutionnelles à opérer dans notre pays, moi je dis qu’il nous faut plus que des réformes. Il nous faut opérer une véritable révolution radicale du système dans lequel nous vivons depuis des siècles. Il nous faut faire une révolution anthropologique, car la crise est fondamentalement anthropologique. Il nous faut une révolution systémique, car c’est tout le système dans toutes ces composantes, politique, économique et culturelle, qui est en crise. Nous devons faire le passage d’un système fondé sur le primat de l’avoir au détriment de l’être vers un système basé sur le primat de l’Etre et où l’avoir sera au service de l’Etre et non le contraire comme nous l’observons et le vivons aujourd’hui. Il s’agit donc d’un choix fondamental à faire, un choix entre l’Avoir ou l’Etre. De ce choix dépend l’avenir de l’homme congolais et du Congo, pour ne pas dire du Monde tout court. Je recommande ici vivement la lecture par tous de ce livre d’Erich Fromm dont le titre est : Avoir ou Etre, un choix dont dépend l’avenir de l’homme, paru aux Editions Robert Laffont. Ce système reposera sur les quatre principes suivants : · principe de la commune humanité, · principe de la commune socialité, · principe d’individuation et · principe d’opposition maîtrisée. Principe de la commune humanité Ce principe nous apprend que, par-delà les différences de couleur de peau, de nationalité, de langue, de culture, de religion ou de richesse, de sexe ou d’orientation sexuelle, il n’y a qu’une seule humanité, qui doit être respectée en la personne de chacun de ses membres. Principe de la commune socialité Ce principe nous dit que les êtres humains sont des êtres sociaux pour qui la plus grande richesse est la richesse de leurs rapports sociaux. Principe de l’individuation Dans le respect de ces deux premiers principes, la politique légitime est celle qui permet à chacun d’affirmer au mieux son individualité singulière en devenir, en développant ses capabilités, sa puissance d’être et d’agir sans nuire à celle des autres, dans la perspective d’une égale liberté. Principe de l’opposition maîtrisée Comme chacun de nous a vocation à manifester son individualité singulière, il est naturel que les humains puissent s’opposer. Mais il ne leur est légitime de le faire qu’aussi longtemps que cela ne met pas en danger le cadre de commune socialité qui rend cette rivalité féconde et non destructrice. La politique bonne est donc celle qui permet aux êtres humains de se différencier en acceptant et en maîtrisant le conflit. Ces principes sont très bien expliqués dans le livre collectif intitulé : Manifeste convivialiste. Déclaration d’interdépendance. On peut télécharger ce livre gratuitement sur internet. Réappropriation de notre destin La rencontre de tous les congolais dont il est question plus haut, sera celle de la réappropriation de notre destin. Cette rencontre nous permettra de relire notre histoire commune en vue d’une évaluation sans complaisance pour voir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché, établir les responsabilités et inviter à la réparation. Cette rencontre nous permettra de projeter ensemble notre avenir, notre devenir commun. Nous élaborerons un projet pour un Autre Congo qui ne sera pas un copier-coller des autres, particulièrement des « maîtres du monde ». Cette rencontre qui s’inspirera de la tradition de la palabre sous l’arbre, que nos ancêtres ont toujours pratiqué avec succès, ne sera donc pas du tout une occasion de plus de se partager le gâteau du pouvoir entre des prédateurs patentés qui se nomment élite politique dans notre pays. Il n’en sortira donc pas un gouvernement de transition ou d’union nationale. Au cours de cette rencontre, le peuple réfléchira aussi sur les vrais partenaires avec lesquels nous allons pouvoir travailler pour atteindre nos objectifs. Nous n’exclurons pas les autres citoyens du monde dans notre démarche mais ils ne prendront pas les devants. Le partenariat en question se fera dans l’optique de gagnant-gagnant. Il ne s’agira plus de ce faux partenariat où le maître portera le masque de partenaire alors qu’il reste toujours le seul maître à bord qui commande tout et n’attend de nous que l’attitude de l’esclave docile et obéissant qui se conforme à la volonté du maître. Choisir des dirigeants sur base d’un profil et d’un criterium de qualités : la question électorale Ce n’est qu’au terme d’une telle rencontre qui devrait être organisée au niveau local, provincial et national que nous pourrons envisager l’organisation des élections qui seront réellement libres et démocratiques et dont les résultats reflèteront véritablement et incontestablement le choix du peuple. Certains compatriotes parlent de la réforme du système électoral dans notre pays et de la réforme de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, en sigle. Personnellement, j’estime que le vrai problème n’est pas dans le système électoral ni dans l’institution qui a pour mission d’organiser les élections. Il se pose plutôt dans la nature même des élections dans notre pays depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui. En effet, lorsque j’observe de la manière la plus objective ce qui se passe dans notre pays depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui, je constate que nos élections souffrent d’une première tare : elles se font sur base ethno-tribale. Depuis longtemps, nous vivons des élections ethno-tribales. Le Congolais ne choisit pas la personne qui répond à un certain profil établi sur base des qualités relevant du savoir, du savoir-être, du savoir-faire et du savoir-faire faire. Je choisis le frère ou la sœur qui est de la même tribu, du même clan, de la même ethnie que moi quels que soient ses qualités et ses défauts. Parce que si mon frère ou ma sœur est au pouvoir, moi aussi je vais manger. Derrière tout cela se profile une conception du pouvoir qui est considéré comme un moyen pour un enrichissement personnel et enrichissement de ses proches (sa famille, ses amis, ses fanatiques, etc.). Le pouvoir est vécu et conçu comme un moyen pour avoir, pour accroître son avoir Du coup, si le système électoral ne favorise pas mon frère ou ma sœur de tribu, d’ethnie, de clan, si la CENI ne proclame pas vainqueur le mien, ce que les élections sont mauvaises ; et, il faut en contester les résultats. D’une manière générale, le problème en définitive est celui de la confiance qui n’existe pas entre les congolais. Il règne un climat de méfiance généralisée tel que le Congolais ne croit pas en la valeur de l’autre. On se diabolise mutuellement. Toutes les qualités sont pour moi et tous les défauts et vices sont pour les autres qui ne pensent pas comme moi et qui ne sont pas de la même obédience politique ou idéologique que moi. Aussi, quelle que soit la réforme qu’on pourra faire du système électoral, quelle que soit la personne que l’on va placer à la tête de la CENI ou de toute autre structure qui aura pour mission d’organiser les élections dans notre pays, si nous n’avons pas recréé la confiance entre nous congolais, nous irons de contestations en contestations et de  conflits en conflits après les élections. Il faut donc lutter contre le démon du tribalisme qui fait des ravages et qui empêche la tenue de bonnes élections. Nos élections souffrent d’une deuxième tare. Depuis 2006, avec la création de l’institution d’appui à la démocratie dénommée au départ Commission Electorale Indépendante, CEI, en sigle, à l’issue du Dialogue Intercongolais de Sun City, jusqu’à ce jour avec la Commission Nationale Electorale Indépendante, CENI en sigle, les élections sont devenues un véritable business. En effet, nos élections extrêmement coûteuses. C’est l’occasion de passer des marchés, de faire des affaires, de toucher des commissions ou des rétro-commissions. Le fonctionnement de cette grande entreprise appelée CENI coûte aussi cher au trésor public. On comprend alors que les enjeux dans la désignation de l’animateur de la CENI ne sont pas uniquement politiques mais aussi économiques, financiers. Il faudrait revenir à des élections qui sont un acte politico-administratif le moins coûteux possible avec du matériel que l’on ne doit pas acheter à chaque cycle électoral mais que l’on conserve pendant longtemps pour plusieurs cycles électoraux successifs. Ne serait-il pas avantageux de revenir à la pratique consacrée dans plusieurs pays au monde et que nous avions connue à l’époque de la Deuxième République où c’est le ministère de l’intérieur qui est le pouvoir organisateur des élections ? Mais pour cela, il faudra non seulement la confiance entre congolais, mais aussi et surtout une forte dose de probité morale dans le fort de ceux qui seront commis à cette fonction importante pour la vie de la nation. Enfin, une troisième tare que je constate dans la nature de nos élections c’est le fait que les résultats de nos élections sont souvent décidés par les « Maîtres du monde » qui nous imposent les dirigeants en fonction de leurs intérêts. Je voudrais ici évoquer le caractère extraverti de nos élections en fait de notre pouvoir politique. Nous avons des élections extraverties. Pourquoi les résultats de nos élections doivent-ils nécessairement être ratifiés ou validés par les Américains, les Belges, les Français et autres puissances occidentales, euro-américaines ? Pourquoi avant de poser sa candidature, il faut que le congolais ait l’appui des « Maîtres » ? La réponse est simple : ce sont eux qui donnent réellement le pouvoir et en garantissent la vraie légitimité. Lorsqu’on parle de la crise de légitimité dans notre pays, il faudrait distinguer la légitimité interne et la légitimité externe. Tant que la légitimité interne n’aura pas repris sa vraie place, nous connaîtrons toujours la crise de légitimité. C’est ici le moment de se poser la question fondamentale sur les élections dans notre pays qui est la suivante : à quoi servent les élections dans notre pays ? Au regard de ce qui se passe depuis des années et que nous observons à chaque cycle électoral, nous en arrivons à la réponse suivante : les élections servent à donner une apparente légitimité interne à un pouvoir dont la vraie légitimité est externe. D’où la mise en place par les maîtres du monde d’une structure de contrôle de nos élections qu’ils appellent «commission nationale électorale indépendante» qui n’a d’indépendance que le nom et qui appuie la démocratie venue d’ailleurs, fabriquée ailleurs. La position géostratégique de notre pays pourrait certes justifier cette grande dépendance de nos dirigeants vis-à-vis de la «Communauté internationale». Mais, nous devons savoir que cela ne dépend finalement que de nous-mêmes les congolais pour mettre fin à cette dépendance politique et économique. Nous ne sommes pas condamnés à vivre dans la dépendance servile. Cette mainmise des puissances euro-américaines sur notre processus électoral peut facilement expliquer le fait que nous n’ayons pas des élections locales, des élections à la base. En effet, les seules élections qui intéressent vraiment les « Maîtres du monde » ce sont les élections présidentielles et à la limite les législatives et les provinciales. Parce que là se fait le choix de ceux qui sont à la tête du pays. Et contrôler ceux qui dirigent le pays est un enjeu majeur pour eux. Les élections municipales et locales qui contribuent à construire une démocratie à la base ne les intéressent pas du tout. Elles n’intéressent pas non plus notre classe politique parce que la plupart de nos politiciens n’ont pas une véritable base sociale, une base fondée sur l’adhésion à une vision commune et partagée. Ainsi, les seules élections locales et municipales que notre pays a connues remontent aux années 50 avant l’indépendance, très précisément en 1957 et en 1959. Il faudrait que nous réfléchissions sérieusement sur les voies et moyens pour couper ce cordon ombilical qui nous lie aux maîtres du monde et nous empêche de nous autodéterminer. Et en premier lieu, organisons nos élections avec nos propres moyens financiers. La politique de la main tendue nous maintient dans l’esclavage. Organisons les primaires dans chaque parti ou plate-forme politique, pour la désignation des candidats aux élections. Une fois résolue toutes ces questions sur la nature de nos élections, on pourrait alors fixer les critères de choix de nos dirigeants qui seront élus sur base des qualités humaines, des compétences et des mérites pour une méritocratie. Emanant réellement du peuple, ces dirigeants seront réellement au service de leur peuple et leur seront redevables. Ils sauront qu’ils doivent rendre compte au seul peuple qui est le souverain primaire et vrai détenteur du pouvoir qu’ils exercent par délégation. Ils sauront que leur maintien au pouvoir dépendra de leur bilan au service du peuple qui les sanctionnera. Ces dirigeants seront de vrais serviteurs du peuple et non des affameurs du peuple. Pour ces dirigeants, le « Peuple d’abord » ne sera pas un slogan creux comme tant d’autres que nous avons connus mais un véritable leitmotiv de leur action et de leur engagement politique. En guise de conclusion Celui qui a lu ce texte pourra conclure en disant : « mais José tu rêves ! C’est utopique ce que tu proposes ». Oui, je l’admets. Je rêve. J’invite tous les congolais à faire le même rêve. Car, avant de construire sa maison, on commence d’abord par rêver de la maison que l’on veut. Après, on en parle à un architecte qui va faire le plan selon les indications qu’on lui donne. Et enfin, on confiera la réalisation, c’est-à-dire la construction, à un constructeur qui travaillera avec une équipe constituée par différents corps de métiers : maçon, charpentier, électricien, etc. La RD Congo est notre maison commune. Nous devons donc rêver ensemble pour savoir quelle forme nous voulons donner à notre maison commune. Ensuite, nous nous adresserons aux architectes, l’intelligentsia congolaise avec ses juristes, ses économistes, ses sociologues, ses politologues et autres, qui vont nous dessiner un plan qui sera soumis à l’appréciation du propriétaire qu’est le peuple congolais dans son ensemble. C’est en quelque sorte l’élaboration du cadre de vie qu’est la Constitution qui devra être le fruit d’un travail de l’ensemble du peuple en tenant compte de nos valeurs et de nos traditions. Jusqu’aujourd’hui, nous vivons dans une maison construite par les « autres » pour leurs intérêts. Et l’histoire nous indique que c’est à la Conférence de Berlin, en 1885, que le Congo dans lequel nous vivons aujourd’hui a été conçu et construit. Il nous faudra quitter le plan dessiné par les « maîtres du monde » pour nous. Trêve de paroles. Il est temps de passer à l’action. Insurgeons-nous contre le diktat du Dieu-Mammon dans nos vies personnelles et dans notre vie collective ! Insurgeons-nous contre le système capitaliste libéral que l’on nous a imposé pendant des siècles et que nous avons pratiqué d’une manière sauvage ! Mettons-nous ensemble et unissons-nous pour bâtir un AUTRE CONGO qui serait : · une terre d’égalité où règne le respect de tout être humain, · une terre de participation et de responsabilité où il n’y aura pas d’un côté des spectateurs et de l’autre des acteurs, · une terre de liberté fruit de la vérité où nous ne serons plus les esclaves du pouvoir, de l’avoir et de la gloire, · une terre de justice source de vraie paix où la force de la loi remplacera la loi de la force. Cet Autre Congo naîtra d’abord dans nos familles, dans nos rues, dans nos quartiers, dans nos communes, dans nos villes, dans nos provinces, dans nos Ecoles et Universités, dans nos associations et groupes, dans nos partis politiques, dans nos usines, dans nos entreprises, dans nos Eglises. Pour réussir la construction de cet Autre Congo, nous devrions, en premier lieu, tous et chacun rompre avec l’ancien homme congolais et nous revêtir d’un nouvel homme congolais. C’est ce que nous appelons le changement de mentalité, de style de vie. Le congolais cupide doit céder la place à un congolais libéré de la soif de l’avoir. Le congolais violent doit céder la place à un congolais non-violent, artisan de justice et de paix. Ce changement de l’homme congolais devra s’accompagner du changement des structures de la vie sociale en RDC. Les structures idéologiques, politiques et économiques marquées par la dépendance et extraverties devraient céder la place à des structures créées par nous-mêmes sur base de notre génie propre. En deuxième lieu, nous devons nous unir autour d’une vision commune, partagée par tous les congolais – différente d’une pensée unique. Nous devons arrêter de nous unir autour d’un homme aussi fort soit-il, car les hommes passent et le pays reste. Nous devons soutenir non pas un homme au pouvoir mais le développement du pays sous la conduite non pas d’un homme mais d’une équipe de leaders qui sont choisis par le peuple et qui leurs sont redevables. L’époque des hommes forts est révolue. Nous avons besoin des institutions fortes au service du développement de la nation toute entière. En troisième lieu, nous devons mobiliser les moyens à l’interne pour ne pas dépendre des moyens des autres. On ne construit pas sa maison avec l’argent des autres. Et ce n’est pas l’argent qui nous manque dans ce pays mais seulement la volonté d’utiliser notre argent à l’amélioration des conditions de vie pour tous. En quatrième lieu, nous devons choisir les partenaires avec qui nous allons construire ce Nouveau Congo ou Autre Congo en fonction de nos intérêts, des partenaires qui seront de réels partenaires respectueux de notre plan et de notre projet, des partenaires qui ne viennent pas nous imposer leur vision. Toutes ces conditions montrent que nous devons être capables de sortir des sentiers battus et d’expérimenter des chemins nouveaux et parfois inexplorés. Nous devons être capables d’innover, d’inventer, de créer du neuf. Construire ensemble cet Autre Congo est un engagement à une mener une véritable guerre pour la justice, la paix, la fraternité, la liberté et la vérité. Je termine en proposant à la méditation de tout congolais ce texte combien profond et riche du Patriarche Athénagoras, Patriarche de Constantinople, sur la guerre qui mène à la paix. Une guerre qui mène à la paix. Il faut mener la guerre la plus dure qui est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer. J’ai mené cette guerre pendant des années, elle a été terrible. Mais je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car l’Amour chasse la peur.

Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur mes gardes jalousement crispé sur mes richesses. J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleurs, ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons, j’accepte sans regrets. J’ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel est toujours pour moi le meilleur. C’est pourquoi, je n’ai plus peur. Quand on n’a plus rien, on n’a plus peur. Si l’on désarme, si l’on se dépossède, si l’on s’ouvre au Dieu Homme qui fait toutes choses nouvelles, alors, lui efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf où tout est possible. Athënagoras Patriarche de Constantinople Et maintenant, trêve de paroles ! Trêve de discussions ! Au travail !

Fait à Kinshasa, le 5 novembre 2021

Abbé Joseph-Pierre (José) MPUNDU-E-BOOTO BOSAWA

Prêtre de l’archidiocèse de Kinshasa Psychologue clinicien

Tél. : +243818133765/+243997030932/+243856467887

E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

*La Ville de Gemena était en ébullition ce jeudi 30 décembre 2021. Depuis le matin,  les hommes, femmes, jeunes et vieux,    les adhérents et sympathisants  des partis politiques membres de l'Union sacrée, ont pris d'assaut l'aéroport pour réserver un accueil  chaleureux à l'un des fils du Sud-Ubangi élevé en dignité. Il s'agit de M.  Jean Lucien Bussa Togba, Ministre du Commerce Extérieur,  qui a décidé ainsi de   partager avec ses frères et sœurs,  la fête de la Saint Sylvestre.

*C’est en date du 11 novembre 2021 qu’il a été émis dans l’opinion publique la prise des fonctions de John Ngombua, comme Coordonnateur de la plateforme CopTour/RDC Asbl, une structure spécialisée dans la promotion du tourisme en RDC pour un mandat de deux ans, dans le cadre de la Présidence tournante. Dès sa prise de fonction à la tête du Consortium des Opérateurs Touristiques (CopTour/RDC Asbl), john Ngombua  promet de frapper fort afin de rendre le secteur du tourisme plus viable, tant pour les touristes qui doivent en jouir que pour les opérateurs qui évoluent dans le secteur. Un des objectifs de base consiste, selon lui,  à faire du tourisme,  un levier pour renforcer l’amour des congolais pour leur pays. Pour cela, il annonce,  pour très bientôt,  le projet ‘’Congo Tourisme TV’’ grâce auquel il  envisage la possibilité d’améliorer,  avec le concours du Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya et  du Ministre du  Tourisme, M.  Modero Nsimba, l’image du secteur touristique congolais.  Donc,  un changement de tête qui annonce ainsi  un mandat prometteur.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE N° 001/RDC/COPTOUR/11/2021

CopTour/RDC Asbl a le réel plaisir d’annoncer  dans le cadre de sa Présidence tournante, l’entrée en fonction de Monsieur John NGOMBUA comme Coordonnateur du Consortium pour un mandat de deux ans.

 En effet, professionnel des medias blanchi sous le harnais, le nouveau Coordonnateur du CopTour/RDC Asbl est aussi un passionné du tourisme. Il inscrit son mandat sous la trilogie de (i) l’identification des circuits touristiques vendables à l’international ; (ii) la promotion du tourisme des masses car convaincu que par le tourisme, les congolais vont davantage connaître et aimer leur pays et enfin, (iii) l’implication pour des facilités légales au bénéfice des opérateurs touristiques congolais.

 Persuadé que les contre-performances enregistrées par le tourisme congolais est aussi une question du narratif, le Coordonnateur du CopTour/RDC Asbl  prévoit de se rapprocher du Ministre congolais de la Communication & Média/Porte-Parole du Gouvernement, S.E Patrick MUYAYA KATEMBWE, afin d’échanger sur la mise en œuvre de ce concept en ce qui concerne ce segment particulier de la vie nationale. Sous peu, un projet du CopTour/RDC Asbl, « Congo Tourisme TV » va atterrir aussi bien sur la table du Ministre de la Communication et Media que sur celle de S.E Modero NSIMBA MATONDO, Ministre du Tourisme.

 Il sied de rappeler que John Ngombua succède à John KATUMBA qui va assumer dorénavant la Coordination de CopTour/Forum, un forum touristique organisé chaque année par CopTour/RDC Asbl.

Fait à Kinshasa, le 11 novembre 2021

Pour le CopTour/RDC Asbl

John NGOMBUA

Coordonnateur

 *Après avoir éradiqué la pauvreté absolue à l’échelle nationale et être devenue une société globalement modérément prospère, l’ascension de la Chine vers un statut de superpuissance mondiale dans tous les aspects, égal seulement aux États-Unis d’Amérique, est désormais imparable.

En effet, la pauvreté a toujours constitué un goulot d’étranglement à résoudre pour que tout pays se libère, et marche sans entraves vers l’accomplissement des choses encore plus grandes. Néanmoins, le statut de superpuissance mondiale s’accompagne d’une plus grande part des responsabilités internationales liées à la paix et au développement mondial ainsi qu’aux rivalités géopolitiques. Dans ce processus, la Chine a encore besoin de l'Afrique (54 pays réunis sur un même continent) pour les quatre raisons suivantes :

Premièrement, la Chine a toujours besoin de l'Afrique non seulement comme partenaire économique, mais comme changeur de jeu. Oui, une Afrique vraiment unie peut changer la donne géostratégique. L’histoire nous apprend qu'au cours des deux guerres mondiales, les ressources naturelles et humaines africaines ont changé le cours des guerres et ont permis aux alliés occidentaux qui étaient aussi les maîtres coloniaux de l’Afrique de vaincre le nazisme et le fascisme.

A titre de rappel, la première bombe atomique, larguée par les États-Unis sur Hiroshima et Nagasaki, au Japon, a été fabriquée à partir de l’uranium congolais et les soldats africains ont risqué leur vie pour défendre leurs maîtres coloniaux et ont gagné batailles après batailles. 

En fait, les Chinois et les Noirs Africains ont subi le colonialisme ensemble comme lors de la construction des chemins de fer en Afrique (en particulier dans la colonie personnelle du roi belge Léopold II qui s’appelait « Etat Indépendant du Congo »), pratiquement sous les conditions de travail forcé ou d’esclavage.

De même, soumise aux puissances régionales et aux puissances européennes (guerre de l'opium), la Chine a emprunte son propre cheminement particulier pour enfin sortir de la domination étrangère au point de reprendre les colonies de Hong Kong et de Macao, etc., et d'inquiéter sérieusement les pays européens et les États Unis. C'est un bel exemple qui doit absolument inspirer les pays africains dans la recherche de leur autonomie, comme l’écrit le Professeur Congolais Fweley Diangitukwa. A cet effet, l’histoire est un grand enseignant. Les relations entre la Chine et l’Afrique avancent après un passé colonial similaire et les deux partenaires restent conscients de ce passé et de la sagesse qu’il contient. Comme l’a déclaré le chef d'État chinois Xi Jinping dans un discours prononcé à la Fondation Körber à Berlin, en Allemagne, le 28 mars 2014, «L’histoire est le meilleur enseignant. Il enregistre fidèlement les traces du chemin parcouru par chaque pays et propose des conseils pour son développement futur».

Après la guerre froide, l’Afrique a exercé son indépendance pour choisir librement ses partenaires. Ici encore, l’Afrique agit comme un changeur de jeu ou de la donne et ce n’est une surprise pour personne que la Chine et l’Afrique marchent côte à côte. La contribution de l’Afrique à l’essor de la Chine n’est,  en effet,  pas négligeable et le soutien de la Chine à l’indépendance de l'Afrique est le témoignage d’une amitié durable. La Chine a retrouvé son siège au Conseil de Sécurité de l’ONU, grâce principalement aux votes africains, ajoutant à cela le soutien incontesté de l’Afrique à la « politique de la Chine unique» concernant la question de Taiwan. Comme l’a rapporté le magazine Forbes en 2019, lorsque le Parti Communiste Chinois est arrivé au pouvoir pour la première fois en 1949, il n’était pratiquement pas reconnu par presque tous les autres pays du monde - dont la plupart étaient en faveur de la République de Chine, l’ancien gouvernement que le L'Armée Rouge sous le commandement de Mao Zedong a chassé jusqu’à l’Ile de Taïwan.

Mais, la Chine s’est largement employée à convaincre les pays africains, l'un après l'autre, pour qu’ils reconnaissent la République Populaire de Chine. En peu de temps, ces engagements politiques ont été remboursés en béton et en acier, étant donné que la Chine commençait à construire des chemins de fer, des hôpitaux, des universités et des stades sur tout le continent. Dans un bon retour des événements, les pays africains menacés par les démembrements induits par l’Occident (comme ce qui est arrivé au Soudan) se tournent vers la Chine pour un soutien moral, diplomatique et politique. 

En réalité, les tentatives de « balkanisation » de leur pays par les puissances occidentales utilisant à cet effet d’autres pays africains, notamment les pays voisins du Rwanda et de l’Ouganda (qui doit 11 milliards de dollars à la RDC pour des actes d'agression sur la base de la décision de la CIJ), inquiètent beaucoup les Congolais en résistance, plus que leur passé colonial. 

Déjà, plus de 10 millions de Congolais ont été tués, le viol utilisé comme arme de guerre, les ressources naturelles et minières du Congo systématiquement pillées, y compris au profit des étrangers, les terres occupées par les populations tutsi venues du Rwanda et de l'Ouganda et les autochtones congolais soumis au nettoyage ethnique !

Deuxièmement, face à l’état d’esprit occidental caractérisé par la mentalité de la guerre froide, la Chine n'est pas seule. La Chine peut compter sur l’Afrique car, comme le dit un proverbe chinois, « une poutre, quelle que soit sa taille, ne peut pas à elle seule supporter une maison entière ». La Chine est actuellement le plus grand partenaire commercial de l'Afrique, ayant dépassé les Etats-Unis en 2009. Le commerce entre la Chine et l'Afrique a presque doublé entre 2020 et 2021, et au cours des 20 dernières années, le commerce entre la Chine et la région a été multiplié par vingt. 

Selon le Ministère Chinois du Commerce, le commerce entre la Chine et l’Afrique a augmenté de 40,5% en glissement annuel au cours des sept premiers mois de 2021, et a été évalué à un niveau record de 13,91 milliards de dollars. Evidemment, le volume des échanges entre la Chine et les Etats-Unis ne se mesure pas avec le volume des échanges entre la Chine et l’Afrique. 

En septembre 2021, la valeur totale du commerce de marchandises des États-Unis avec la Chine s'élevait à environ 58,32 milliards de dollars américains, composé d’une valeur d’exportation de 10,91 milliards de dollars américains et d’une valeur d’importation d'environ 47,4 milliards de dollars américains. Mais le plus grand potentiel existe en Afrique pour réaliser des gains de capacités extrêmement importants.

Encore une fois, en 2019, le magazine Forbes a cité le FMI comme déclarant l’Afrique la deuxième région à la croissance la plus rapide du monde, et beaucoup prédisent qu’elle est en passe de devenir une économie de 5 000 mille milliards (trillions) de dollars, car la consommation des ménages devrait augmenter à un taux de 3,8. % de clip annuel à 2 100 mille milliards (trillions) de dollars d'ici 2025. L’attention du monde se tourne maintenant vers l’Afrique, et les comparaisons avec la Chine des années 90 ne semblent plus être des projections radicales.

Troisièmement, alors que l’Afrique embrasse la révolution technologique également connue sous le nom de « quatrième révolution industrielle », elle lance un appel aux investissements (et non à l’aide) dans les infrastructures modernes à mesure qu’elle s’urbanise de plus en plus et qu’un grand nombre de migrants ruraux se déplacent vers les villes. Il s’agit à la fois d’un défi et d’une opportunité que la Chine n’a pas hésité à saisir, à travers des initiatives telles que « Une Ceinture, une Route » ou « One Belt, One Road » en anglais, lancée par la Chine. Il s’agit de la construction de nouvelles infrastructures dans le but de désenclaver et de développer des régions arriérées dont celles de l’Afrique et ainsi favoriser la montée en gamme de leur industrie) pour améliorer les perspectives de développement, entre autres, de l’Afrique.

Quatrièmement, la solution au problème du réchauffement climatique ou à l’augmentation spectaculaire des effets du réchauffement climatique vient des forêts du bassin du Congo et des forêts amazoniennes au Brésil. Comme aucune quantité de technologies propres ne résoudra définitivement ce problème, le Congo peut transformer son écosystème naturel (les forêts du Congo couvrent 1 280 042,16 km2, dont 99 millions d'ha de forêts denses humides) en de multiples avantages de soft power et être pris au sérieux au sein de la communauté internationale en tant que sauveur de la planète du changement climatique. La RDC mérite respect et compensation financière de la part du monde développé qui émet la plupart des émissions de gaz à effet de serre et dont les empreintes écologiques sont très défavorables au monde entier et particulièrement à l’Afrique où les catastrophes naturelles destructrices sont courantes. Le Congo est à la fois un sauveur (ses tourbières piègent des milliards de tonnes de carbone.

En effet, (le monde développé est responsable principalement des émissions de CO2 dont la réduction doit être suffisante. 

La RDC est à la fois un sauveur (ses tourbières piègent des milliards de tonnes de carbone. Leur disparition accentuerait le changement climatique) et une victime car les eaux de ses fleuves sont polluées par l'exploitation de l'or, durant laquelle le mercure et le cyanure, deux poisons qui détruisent les biotopes et la biocénose sont utilisées, impactant ainsi les chaînes alimentaires ; sans oublier l'exploitation industrielle massive (abattage d'essences forestières) qui accélère la déforestation et donc le changement climatique. La Chine est consciente du problème et reste solidaire avec l’Afrique qui fait face aux aléas climatiques. A cet effet, la Chine a imposé des directives environnementales strictes et claires aux entreprises chinoises opérant en Afrique et aide les pays africains à planter plus d’arbres. Sauver les forêts du bassin du Congo, c'est sauver le monde entier et sauver l'humanité du pire.

Pour conclure, l’Afrique monte et s’affirme de plus en plus comme un continent d’avenir. La création de la Zone de libre-échange continentale est venue renforcer cette réalité. La Chine a besoin de l’Afrique comme d’un ami intime, avec qui marcher côte à côte, un vrai ami qui, comme le dit un proverbe chinois, « débarque chez vous et vient à votre secours quand le reste du monde est entrain de vous quitter ». Au cours de l'histoire, c'est ce que l'amitié sino-africaine s'est avérée être.

En même temps, il est clair qu’à l’ère de l’après-guerre froide, les intérêts africains s’alignent mieux avec les intérêts chinois dans le cadre de leur « coopération  historique  gagnant-gagnant ». Aucune partie n'élabore des politiques contraignantes à l’égard de l’autre. Au contraire, les relations de l’Afrique avec ses anciennes puissances coloniales occidentales montrent une résurgence du colonialisme (néocolonialisme), des politiques de balkanisation, des tactiques de division pour régner (monter les Africains les uns contre les autres). C'est pourquoi l’Afrique a librement choisi d'approfondir ses liens avec la Chine plus qu’avec toute autre puissance.

Le « co-développement » et « la prospérité commune » avant tout, et surtout au profit des communautés rurales ou communautés de base d’abord et non dépendre complètement de l’aide, définir les domaines prioritaires qui nécessitent des efforts conjoints de manière consensuelle, qu’il s’agisse de transfert de technologie, de transformation des ressources africaines sur place ou d’industrialisation, etc., c’est ça l’approche qui doit marquer notre époque. Et cela correspond tout à fait au thème du Sommet du Forum sur la Coopération Chine-Afrique (FOCAC) qui vient de se tenir du 28 au 30 novembre 2021 à Dakar, au Sénégal, notamment : « Approfondir le partenariat sino-africain et promouvoir le développement durable pour construire une communauté future partagée sino-africaine dans la nouvelle ère».

                                               

 C’est dans le but de promouvoir la jeunesse congolaise dans le secteur d’entrepreneuriat que l’Unité nationale de coordination du Projet d’Appui au Développement des Micro, Petites et Moyennes Entreprises (PADMPME),  a publié ce jeudi 11 novembre à Fleuve Congo Hôtel,  la liste de  lauréats au Concours de Plans d’Affaires (COPA) pour les Jeunes. Cela fut en présence du Ministre d’Etat, Ministre de l’Entrepreneuriat, Petites et Moyennes Entreprises et Artisanat, Me   Eustache Muhanzi, du  Ministre du Commerce Extérieur,  Jean Lucien Bussa  et de  plusieurs mandataires publics.

Sélectionnés par province dont la totalité est 960 élus, dont 394 femmes  notamment la ville Kinshasa qui compte 374 lauréats, Matadi, Goma et Lubumbashi, ont dû faire leurs preuves afin de montrer de quoi ils étaient capables afin de détenir ce soutien financier au profit de leurs entreprises.

En effet, les candidatures retenues ont été faites sur base des critériums de  localisation, qui s’est exécuté sur 4 lieux pilotes dont Kinshasa, Matadi, Goma et Lubumbashi, mais aussi des secteurs d’activité qui concerne l’entrepreneuriat productif dont la transformation des produits agricoles, l’industrie légère et les services à valeur ajoutée.

Partant de cela, M. Alex Mangala, Coordonnateur National du PADMPME, s’est exprimé dans son allocution sur la particularité de ce concours dénommé «graines des champions», dont la cérémonie était dédiée à l’octroi des moyens, à l’assistance technique ainsi que les subventions de démarrage et  de consolidation aux jeunes entrepreneurs et des porteurs de projet d’affaires.  Il a précisé que cette démarche est l’aboutissement de l’appel à la candidature qui était lancé en février dernier pour la collecte des projets, et des propriétaires d’entreprise.

Il faudrait savoir qu’ils étaient des milliers à postuler, mais après un processus de sélection de taille, et sur base des critériums,  seuls les plus prometteurs ont été retenus afin de bénéficier des appuis du Gouvernement mis à leur disponibilité avec son partenaire qu’est la Banque Mondiale.

Il a également réitéré le renfoncement de capacité dont les heureux élus seront bénéficiaires, dont il a loué les mérites. 

Il faudra savoir qu’avant d’être présentés au grand public, ces jeunes entrepreneurs et ces porteurs de projet repartis dans différents secteurs qui ont tout d’abord suivis des encadrements appropriés, et des formations de haute facture sur l’entrepreneuriat avant de recevoir de symbolique leur chèque-témoin par le canal du Ministère d’Etat, Ministre National de l’Entrepreneuriat, Petites et Moyennes Entreprises et Artisanat.

Par ailleurs, au-delà des attentes du projet, il a été constaté un taux 41% des femmes lauréates, un résultat satisfaisant qui s’inscrit dans la vision du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi qui est celle de promouvoir de l’emploi et la formation professionnelle continue, l’autonomisation de la femme et de la jeunesse dans l’entrepreneuriat locale.

En guise de remerciements, c’est au nom de tous élus que Grâce Nguya  a exprimé,  d’une part,  leur gratitude à l’égard du Chef de l’Etat, mais aussi au PADMPME qui a assuré un processus transparent sur leur firme de mise en œuvre, et les outils mise en œuvre au développement de leurs initiatives qui leur permettront de créer davantage de richesses.

Sans oublier la Banque Mondiale qui a mis les moyens nécessaires pour la prise en charge de ce programme.

Et d’autre part, elle demandé au Gouvernement congolais d’encourager ce genre d’initiative afin d’encourager les jeunes et de mieux les renfoncer, qui est un souci majeur de plusieurs personnes dans le besoin. 

Pour ce faire, tous les candidats seront suivis par un accompagnement technique pour une durée de six mois, de sorte qu’ils parviennent à rendre utile  ce qu’ils ont reçu pour l’accroissement de leurs entreprises.

Les résultats sont disponibles sur le site web à l’adresse :  www.padmpme.cd et pour ce qui concerne les résultats des candidats des villes de Matadi, Goma et Lubumbashi, ils seront publiés de manière progressive,  conformément aux cérémonies prévues dans chaque ville.

Niclette Ngoie

 *‘’Je connais le PCA Alphonse KAPUTO, je connais le DG Bester-Hilaire NTAMBWE et j’ai appris à connaître le DGA Léon MWINE, c’est une équipe d’expérience, une équipe en partie présente depuis dix-huit mois que de nouveaux membres sont venus compléter, forts de leurs riches expériences professionnelles et personnelles. Je ne doute pas de leur succès si tous les cadres et employés présents les accompagnent avec loyauté, en gardant toujours à l’esprit l’intérêt ultime de l’entreprise. La GECAMINES est dans de bonnes mains avec cette équipe dirigeante et son avenir est brillant. Mais la cohésion et la solidarité de tous sont la clef de ce succès’’. Il le dit si bien, dans son discours repris, ci-dessous.

Discours de M. Albert Yuma-Mulimbi prononcé  à l’occasion de la remise-reprise

Conseil d’Administration de GECAMINES

Décembre 2021

Monsieur le Président du Conseil Supérieur du Portefeuille,

Monsieur le Président du Conseil d’Administration,

Monsieur l’Administrateur Directeur général,

Monsieur l’Administrateur Directeur général adjoint,

Mesdames et Messieurs les Administrateurs,

Mesdames et Messieurs les Directeurs,

Chers Amis de la GECAMINES,

A l’heure où un nouveau Conseil a pris ses fonctions, je voulais vous dire tout le bonheur et l’honneur que j’ai eu à diriger le Conseil d’Administration de cette entreprise depuis la fin de l’année 2010. En ce jour, permettez-moi tout d’abord de témoigner ma sincère gratitude au Président de la République Honoraire, Joseph Kabila Kabange qui m’avait fait l’honneur de me nommer au poste de Président du Conseil d’Administration de GECAMINES et à Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de m’avoir confirmé à mon poste en juin 2019, témoignant ainsi tous deux de leur grande confiance en ma personne.

A Son Excellence Monsieur le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, je réaffirme ici ma gratitude et ma disponibilité. C’est évidemment avec une grande émotion que je me retrouve devant tant de visage amis ce jour. C’est un chapitre de l’entreprise qui se clôt aujourd’hui et un nouveau qui s’ouvre avec vous, mais toujours au sein de la même histoire GECAMINES. Nous sommes des passeurs, j’ai eu l’honneur un temps de présider aux destinées de cette entreprise, c’est aujourd’hui à vous qu’échoit cette mission. Néanmoins, sachez que partout où je serai, je ne serai jamais loin si vous avez besoin de moi. Mon expérience vous sera toujours disponible, si vous la sollicitez.

La tâche qui vous attend est passionnante, car GECAMINES n’est pas une entreprise comme les autres en République Démocratique du Congo. Elle est au cœur de tous 2 les enjeux du pays, de ceux qui feront que nous nous rebâtirons comme Nation ou que nous continuerons à être les acteurs passifs de notre propre histoire. Ce n’est pas une simple entreprise. A travers ses partenariats, c’est-à-dire à travers la ressource minière que l’Etat congolais a apportée aux entreprises communes, notre entreprise produit les deux tiers du cuivre congolais produit annuellement, soit 1 million de tonnes et 66 000 tonnes du cobalt congolais, soit à peu près la moitié du cobalt produit au niveau mondial. Plus encore, GECAMINES dispose encore et en propre de vastes réserves inexploitées riches en métaux de valeur. GECAMINES est donc un acteur important, pour ne pas dire central, de l’avenir de l’industrie mondiale, du chemin qu’elle emprunte vers la décarbonation des économies et donc de la lutte contre le réchauffement climatique. GECAMINES à travers ses richesses naturelles, détient certaines des clefs de l’avenir du monde et c’est vous désormais qui en êtes les gardiens. C’est évidemment une chance, mais vous comprendrez très vite que c’est également une charge qui contraint.

C’est d’ailleurs pourquoi nous sommes autant courtisés tant que nous montrons un visage conciliant, que nous sommes combattus quand nous manifestons la volonté de tracer notre propre chemin.

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,

Je suis confiant dans l’avenir de notre entreprise. Je suis confiant car je sais qu’avec la volonté, qu’avec la détermination, avec l’unité, avec l’abnégation, avec la foi patriotique, il est possible de faire bouger les lignes qui ont été tracées par d’autres que nous et pour nous. Depuis un peu plus de dix années, l’action qui a été menée conjointement entre l’Etat et son bras armé minier la GECAMINES a profondément influencé et transformé le secteur minier de la République Démocratique du Congo. Société vouée à la disparition à la demande des partenaires financiers multilatéraux, un secteur minier industriel présent en RDC totalement déséquilibré au profit des investisseurs étrangers, artisanat minier laissé aux aventuriers et aux négociants étrangers, voici la situation qui était celle du secteur minier en 2010.

Cette situation a eu pour conséquence directe de priver l’Etat des retombées financières auxquelles il aurait été en droit de prétendre, si son secteur minier avait 3 été géré dans un cadre légal et contractuel équilibré, de manière professionnelle et j’ose le dire de bonne foi, de la part de nos partenaires extérieurs.

10 années après, je pense que GECAMINES est redevenu un acteur qui compte, qui a engagé sa transformation et plus personne n’oser parler de sa disparition. Sous l’action du Gouvernement, un nouveau code minier a été promulgué en 2018. Certains de nos partenaires ont été contraints de renégocier leurs contrats et il existe désormais un consensus national sur la nécessité de rééquilibrer l’ensemble de nos relations économiques et financières avec nos partenaires. Enfin, l’Etat a développé un cadre réglementaire résolument novateur pour l’artisanat minier avec la création d’Entreprise Générale du Cobalt, dont GECAMINES est l’actionnaire majoritaire, au côté de l’Etat, et d’ARECOMS, l’Autorité de Régulation.

Mesdames et Messieurs,

Avant de vous parler de certains sujets en particulier qui seront certainement à votre agenda dans les prochains mois, je vais d’abord revenir sur deux thématiques structurantes qui ont été au cœur de notre action pendant toutes ces années et qui devraient pouvoir vous éclairer dans votre action. Le 1er thème relève de nos relations avec nos partenaires et du déséquilibre structurel que GECAMINES subit depuis que les JV ont été créées à partir des années 90’, jusqu’en 2008 globalement.

Dès 2013, nous nous sommes aperçus que nous ne percevions pas les revenus que nous aurions dû percevoir si les projections des études de faisabilité avaient été respectées. Ces différences par leur récurrence et leur caractère structurel ne pouvaient plus être justifiées par les seules excuses des retards de mise en œuvre opérationnelle des différents projets où des impondérables de production. C’est ce qui nous amené à mener des audits dont nous avions publiquement dénoncées les conclusions pour la première fois à Mining Indaba, le 6 février 20181 devant la Communauté minière internationale. Nous avions en effet découvert nous serions sans aucun doute privés pour de nombreuses années, voire pour toute la durée de vie des partenariats, de nos dividendes en raison d’un système mis en place pour priver les actionnaires de leurs revenus et le pays d’impôts sur le revenu. C’est pourquoi, nous avons décidé soit de récupérer nos actifs quand cela s’avérerait possible soit de rééquilibrer nos relations contractuelles avec nos partenaires.

Deux exemples me paraissent particulièrement édifiants de ce qu’il est possible de faire, si on le veut et si on résiste aux pressions. Le premier exemple est notre bataille pour récupérer la Société du Terril de Lubumbashi Dès 2016, nous avions décidé de redévelopper le Terril de Lubumbashi en propre conformément à nos droits, qui nous a été contesté par notre partenaire qui se pensait en droit de pouvoir rester pour la durée de vie du Terril. Personne n’y croyait. Nos partenaires se sentant sans aucun doute si forts que l’idée que nous puissions les contester ne paraissait même pas crédible. Et pourtant,  nous l’avons fait.

Après un certain nombre de péripéties débutées en 2016 dont je vous passe les détails, mais qui nous virent néanmoins gagner par deux fois devant les Tribunaux belges, nous sommes redevenus seuls propriétaires de l’usine de STL en avril 2018. Cette bataille, cette reconquête, représente pour le patrimoine de l’Etat un gain immense, celui du retour dans son giron de l’ensemble des métaux, pour certains stratégiques, contenus dans le Terril que nous partagions avec d’autres depuis 1996. La RDC pourra enfin désormais bénéficier et sans avoir à partager avec qui que ce soit les revenus issus de la valorisation du cuivre, du cobalt, du zinc, du gallium, du germanium et de l’argent. GECAMINES dispose aujourd’hui, mais encore plus demain grâce à l’adjonction d’une unité de traitement locale qui permettra, comme cela avait été prévu en 1996 d’ailleurs mais jamais réalisé, la transformation locale des alliages en métaux finis. Je ne peux donc que vous recommander de veiller à STL comme sur un de nos plus beaux joyaux, et ne pas laisser certains vouloir défaire ce qui aura été si difficile à récupérer.

Le second exemple est la bataille menée contre Glencore en 2018 dans notre JV Kamoto Copper Company. Glencore notre partenaire dans KCC est le plus grand opérateur minier au monde et un des plus grands traders. Son chiffre d’affaires au moment du litige en 2018 était de 220 milliards de dollars et sa capitalisation boursière était de 38,7 milliards de dollars. Pourtant dès 2016, KCC était en état de sous-capitalisation. Glencore, comme actionnaire majoritaire avait deux années pour résoudre ce problème. En 2018, les 5 dettes avaient encore augmenté pour atteindre le chiffre faramineux de 9 milliards de dollars dont Glencore était le créancier et d’une certaine manière le bénéficiaire. Autant dire qu’avant que KCC ait remboursé à Glencore ces 9 milliards, nous aurions attendu longtemps nos dividendes. Le 24 avril 2018 GECAMINES a donc demandé la dissolution pure et simple de KCC pour sous-capitalisation. Ce qui a amené nos soi-disant partenaires à accepter de négocier avec nous. Nous avons imposé et obtenu de réduire la dette de 9 milliards USD à 3,45 milliards USD, soit 5,6 milliards d’annulation de dette consentie par Glencore à KCC.

Le gain pour le patrimoine GECAMINES correspond à l’appréciation de la valeur de ses d’actions à hauteur de 1,4 milliards de dollars - soit 25% des 5,6 milliards de dollars d’annulation de dette, mais aussi des dividendes qui devraient arriver plus vite. STL et KCC ne sont que deux exemples.

J’aurais pu aussi parler de DEZIWA pour vous dire comment nous avons récupéré cet actif minier majeur ou des luttes contre nos partenaires indélicats qui voulaient vendre leur participation comme Freeport McMoran dans TFM sans en parler à l’Etat congolais ou leur partenaire GECAMINES. L’important c’est de savoir qu’avec nos partenaires, leurs intérêts ne sont malheureusement jamais les vôtres quoi qu’ils en disent et toutes leurs actions l’ont prouvé. La thématique de la renégociation des contrats est aujourd’hui devenue une problématique reconnue comme nécessaire par l’ensemble des acteurs de la vie publique congolaise, de l’ensemble de la population et surtout a été érigée en priorité de politique publique par la plus haute autorité de l’Etat, le Président de la République, Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO qui a appelé à « réajuster les contrats miniers pour sceller des partenariats gagnant-gagnant ». Cette annonce a été suivie d’une initiative d’une ampleur inédite dans le secteur minier engagée le 2 août 2021 avec la création de la Commission Ad hoc au sein du cabinet du Président de la République chargée de clarification des données relatives aux ressources minérales, réserves minières et d’évaluation de l’actionnariat de la GECAMINES SA dans le projet minier de TFM.

La participation des membres du Conseil ici présents à cette Commission comme le PCA KAPUTO, le DG NTAMBWE, le DGA MWINE et l’Administrateur LUKAMA prouve bien l’importance de GECAMINES dans ce mouvement général. La dynamique a été lancée et il est de l’intérêt du pays que vous l’entreteniez, voire de la renforcer, mais n’oubliez pas que pour réussir vous devrez toujours pouvoir 6 compter sur le soutien sincère des autorités quand beaucoup d’acteurs se feront le relais de vos adversaires.

Ce sont des combats contre des géants et pour avoir une chance de l’emporter, il faut disposer des mêmes armes qu’eux. Mesdames et Messieurs, Je voudrais également évoquer auprès de vous le rôle croissant de l’artisanat minier et de sa prise en charge par GECAMINES, à travers sa filiale Entreprise Générale du Cobalt. La thématique de la protection de l’artisanat minier devrait être au cœur de vos préoccupations, comme elle s’est progressivement imposée à nous. L’envol des cours du cobalt débuté en 2016, avec un pic mi-2018, a en effet provoqué un afflux massif de creuseurs artisanaux exploités au bénéfice de négociants étrangers, qui sont venus envahir les principales concessions de GECAMINES. Cette exploitation illicite, sans retour financier pour l’ETAT, ni pour la GECAMINES, s’est doublée d’une exploitation des hommes, des femmes et parfois des enfants, contraints de travailler dans des conditions indignes et pour des salaires de misère au service de ces acteurs, connectés à de grands industriels de la transformation situés hors de RDC. Ce plaidoyer a été entendu par les plus Autorités de la République Démocratique du Congo qui ont classé le cobalt, le coltan et le germanium comme un minerais stratégique en 2018, qui ont créé en 2019 l’Entreprise Générale du Cobalt, filiale de GECAMINES et du Ministère du Portefeuille, pour mettre en place un monopole d’achat et de traitement du cobalt artisanal congolais et ARECOMS dont nous n’avons cessé d’appeler à la mise en place.

Je pense malheureusement que ce sujet doive être au cœur des préoccupations de GECAMINES, qui voit ses richesses pillées par des négociants peu scrupuleux qui exploitent nos frères et nos sœurs et pour notre pays qui perd sur tous les tableaux. Aujourd’hui tout est prêt pour démarrer. Soyez convaincus que c’est un des plus beaux projets de développement qui n’a jamais été engagé dans le domaine minier par la République, à l’initiative de Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO. Soyez en conscients et pesez de tout le poids de GECAMINES pour faire en sorte que sa filiale puisse, pour les artisanaux, pour GECAMINES et donc pour le pays tout entier faire enfin ce pour quoi l’Etat a mis cette ambitieuse politique publique en place.

Mesdames et Messieurs les Administrateurs,

A côté de ces thématiques transversales, il y a deux sujets, que je propose à votre attention. Le premier c’est DEZIWA DEZIWA constitue un des piliers de l’avenir industriel de GECAMINES.

En production,  depuis le 14 janvier 2020, SOMIDEZ la JV créée entre GECAMINES et le Groupe CNMC, deviendra, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige, pour un dollar la propriété à 100% de GECAMINES le 14 janvier 2029 si d’ici là personne ne cherche à remettre en cause les termes contractuels qui ont été obtenus de haute lutte entre 2015 et 2017.

Ce partenariat par la richesse des mécanismes de suivi et de contrôle nécessaires pour veiller aux intérêts de GECAMINES nécessite une attention spécifique, car il offrira à GECAMINES à relativement brève échéance une usine d’une production de 80 000 tonnes de cuivre. C’est donc à ce jour l’actif minier qui a la plus grand potentiel pour GECAMINES dans le cadre de sa relance comme un grand minier. Il vous appartient de préserver cet acquis de toutes les tentations qu’il ne manquera pas de susciter. Le second c’est STL La Société du Terril de Lubumbashi (STL), dont je vous ai parlé est aujourd’hui dans une phase de redéploiement industriel pour adapter la technologie existante aux futures alimentations en scories. Les études et tests de ce projet sont en cours de finalisation. La question du financement du projet est donc primordiale car la réalisation du projet doit se faire parallèlement à l’exploitation actuelle, pour une mise en service à l’été 2022. Les résultats économiques et financiers actuels de STL permettent d’envisager toute forme de financement, mais il est important que le Conseil soit pleinement informé de l’intérêt de stratégique de cet actif et de sa grande valeur en termes de génération de revenus futurs pour GECAMINES, notamment par son intégration dans la transition énergétique mondiale. Mesdames et Messieurs, 8 Pour moi l’aventure GECAMINES se termine, pour ceux qui viennent d’arriver elle débute, pour les autres elle continue.

Il n’y aura pas de Congo fort sans une industrie minière nationale forte et GECAMINES est la seule entreprise encore en situation de peser, et je le crois, bien plus que cela. GECAMINES doit évoluer, elle n’est plus celle des années 80, celle du monopole. Elle doit faire face à la concurrence, des acteurs miniers, des partenaires, des puissances étrangères. Elle doit se réformer. Elle doit achever sa transformation, c’est une nécessité absolue. Ce n’est pas une option si nous souhaitons que l’entreprise en tant que producteur redevienne un grand acteur minier, condition sine qua non de la reconquête de notre souveraineté industrielle. Permettez-moi de vous dire que la cession de nos gisements depuis 1996 a été un jeu de dupes pour le pays, qui a permis le transfert de nos richesses à l’extérieur du pays. Personne ne prendra en compte vos intérêts, si vous ne le faites pas vousmêmes. C’est le sens de la mission qui m’avait été confiée en novembre 2010 et qui n’est pas terminée, même si elle est engagée. Nous avons changé le regard des autres sur nous et notre pays, nous avons été capables de nous battre pour accompagner l’Etat pour changer la loi minière, pour récupérer des actifs, pour rééquilibrer des partenariats, pour devenir ou redevenir centraux sur l’échiquier minier du pays, industriel et artisanal. Je vous exhorte à ne pas laisser la dynamique retomber. Prenez appui sur ce qui a été fait pour aller encore plus loin, pour faire plus, et faire en sorte que GECAMINES redevienne un des plus beaux visages de la République Démocratique du Congo. Je fais pleinement confiance à la nouvelle équipe pour atteindre les objectifs que lui a fixé Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, lors de sa nomination.

Je connais le PCA Alphonse KAPUTO, je connais le DG Bester-Hilaire NTAMBWE et j’ai appris à connaître le DGA Léon MWINE, c’est une équipe d’expérience, une équipe en partie présente depuis dix-huit mois que de nouveaux membres sont venus compléter, forts de leurs riches expériences professionnelles et personnelles. Je ne doute pas de leur succès si tous les cadres et employés présents les accompagnent avec loyauté, en gardant toujours à l’esprit l’intérêt ultime de l’entreprise. La GECAMINES est dans de bonnes mains avec cette équipe dirigeante et son avenir est brillant. Mais la cohésion et la solidarité de tous sont la clef de ce succès.

Vous pourrez vous appuyer sur les syndicats de GECAMINES, qui depuis 10 années ont été associés sans interruption aux travaux des Conseils et ont pu partager avec leur base l’ensemble des orientations stratégiques prises par les Administrateurs pour l’entreprise.

Ce lien, entre les agents GECAMINES, à travers leurs représentants et la haute hiérarchie de l’entreprise, est pour moi une des conditions indispensables du succès, car il est impossible de bâtir dans la durée sans le soutien de ceux sont les premiers acteurs de l’entreprise.

Nous avons pu compter sur leur appui constant, dans les bons comme dans les moments plus difficiles et c’est grâce à cette cohésion que nous avons pu progresser tout au long de ces années. Qu’ils en soient ici remerciés et particulièrement le Président de l’Intersyndicale, Monsieur KASONGO.

Mesdames et Messieurs les Administrateurs,

Je vous souhaite bonne chance et vous présente tous mes vœux de succès.

Merci pour votre attention.

*Au point de vue concept, il faut toujours faire la différence entre taxe et impôt, budget programme, budget annuel et budget pluriannuel, entre déficit budgétaire primaire et déficit budgétaire global, entre déficit budgétaire base caisse et déficit budgétaire base engagement, entre monétisation du déficit et financement des dépenses budgétaires.

Le budget programme doit rendre lisible les politiques de l’Etat en termes de finalités, d’objectifs et de résultats. Ils permettent également d’identifier les acteurs responsables de leur exécution. Il doit être cohérent avec la chaine Prospective, Planification, Programmation, Budgétisation, Suivi et Évaluation (PPPBSE).

La chaîne PPPBSE est un dispositif visant à assurer un lien essentiel entre la stratégie globale de développement et la gestion des politiques publiques, orientée vers les résultats, axée sur les partenariats et inscrite dans une perspective de long terme.  Elle vise à accroître les capacités de l’État à maîtriser, piloter son développement et en assurer le suivi. Son opérationnalisation doit se faire en lien avec le dispositif de la gestion budgétaire axée sur les résultats (GBAR) conformément aux dispositions de la Loi d’élaboration et d’exécution des lois de finances (LEELF) qui doit régir le cadre juridique de gestion des finances publiques.

La mise en œuvre de la chaîne PPPBSE est de la responsabilité de l’ensemble des acteurs des politiques publiques sous la coordination des plus hautes autorités de l’État. En haut de la chaîne, elle doit être assurer par le Ministère en charge de la prospective et de la planification au niveau des visions et orientations stratégiques de politiques publiques, les ministères techniques, le ministère du plan et le ministère des finances en matière de programmation, le ministère des finances en matière de budgétisation et l’ensemble des ministères en matière de suivi et évaluation chacun en ce qui le concerne. Le Parlement discute, oriente, et approuve les lois de finances et la loi de règlement.  De ce fait, il intervient activement dans le processus budgétaire ainsi que dans la gestion des politiques économique et sociale publiques du gouvernement, qu’il valide et sanctionne.

Le budget annuel contient l’ensemble des recettes que le gouvernement escompte récolter et les dépenses à exécuter au cours d’une année. Le budget pluriannuel couvre une période relativement longue avec des plans des recettes et dépenses pour chaque année.

Selon la définition du Fonds Monétaire International (FMI), le déficit primaire correspond à un solde négatif du budget non compris les intérêts versés sur la dette et les revenus d'actifs financiers reçus. Dans le cas inverse on parle d’excédent budgétaire primaire.

Le solde primaire constitue un indicateur important de la situation budgétaire d’un pays et des risques d’évolution non contrôlée de l’endettement public. Le solde primaire dépend de l’évolution des recettes (impôts et prélèvements) et des dépenses décidées par les pouvoirs publics. Le montant des intérêts dépend, pour sa part, des taux d’intérêt sur la dette passée et du montant de celle-ci (https://www.lafinancepourtous.com).

Déficit primaire et endettement

Le taux d’endettement (c’est-à-dire la dette publique exprimée en pourcentage du PIB) augmente lorsque la somme du déficit primaire et des intérêts versés augmente plus vite que la croissance du PIB. Tant que le taux d’intérêt moyen sur la dette est inférieur au taux de croissance du PIB, un déficit primaire reste compatible avec le maintien du niveau d’endettement public stable. Mais si le taux d’intérêt est supérieur à la croissance, il faut un excédent primaire pour maintenir au même niveau le taux d’endettement public (https://www.lafinancepourtous.com).

Indice de solvabilité

 

 Solde primaire (exclut les paiements d’intérêts)

= Taux d'escompte

 Dette publique

Condition de transversalité

Implications macroéconomiques

Soit le taux de croissance de l'Economie et le taux d'escompte.

  • si la dette est insoutenable parce que les emprunts et accumulations des arriérés augmentent plus vite que la croissance économique ()
  • si La croissance économique augmente plus vite que les emprunts et arriérés qui impliquent que la dette publique est soutenable.

Note : Cette formule peut être utilisée lors des négociations avec des partenaires du développement bilatéraux (gouvernements), multilatéraux (Banque Mondiale, FMI, Union Européenne) et régionaux (Banque Africaine du Développement, etc.)

Le déficit budgétaire base caisse comprend les recettes totales (hors dons) auxquelles on soustrait les dépenses courantes (y compris les prêts nets) et les dépenses d'investissement public financées sur ressources internes. Le déficit budgétaire base engagement ou « ordonnancement » est constitué des recettes recouvrées moins (dépenses payées moins/plus variations d’impayés).

La monétisation budgétaire illustre le recours à la création monétaire comme instrument de financement des dépenses publiques qui augmente durablement la base monétaire (pièces et billets en circulation, réserves des banques sur leur compte à la Banque centrale). Les dépenses publiques sont financées par les impôts, taxes, emprunts internes et externes et des dons (appui budgétaire). 

BUDGET

L’un des rôles –important- du secteur public (gouvernement) est de produire des biens et services, qui ne peuvent pas être produits par le marché (les entreprises privées sont motivées par la maximisation des profits et la minimisation des coûts de production et n’investissent que dans les secteurs à haute rentabilité et à risques réduits).

Mais,  le marché, lieu privilégié de régulation et allocation des ressources, souffre aussi de quatre limitations (les quatre faillites du marché) : les biens publics, asymétrie de l’information, les externalités et le monopole. Le budget peut aider à corriger les faillites du marché, réaliser l’équilibre interne et externe et promouvoir le développement socio-économique.

Le budget (revenus et dépenses) est un instrument capital dans toute politique de stabilisation et de stimulation de l’activité économique. La configuration du budget (taille, allocation des dépenses, assiette fiscale, structure de taxation et taux d’imposition) a des conséquences sur l’ensemble de l’économie. Notamment sur le secteur réel (ressources et emplois des ressources), le secteur monétaire, sur l’évolution des prix, sur la balance des paiements et sur le marché du travail. 

Une augmentation des dépenses budgétaires peut conduire à une augmentation de la demande effective – donc de l’activité économique-, tout comme une baisse des impôts peut stimuler la demande effective, à travers la consommation et l’investissement privé. Toutefois, l’influence de la politique budgétaire sur la dépense globale (emplois des ressources ou demande des biens et services) varie selon la nature et l’essence du comportement du secteur public. Une politique budgétaire neutre n’a aucun effet sur la demande effective (le secteur public par sa neutralité, n’ajoute et n’enlève rien au volume de la demande effective –l’activité économique reste la même). Par contre, une politique budgétaire restrictive ou expansionniste, aura des effets bénéfiques ou désastreux ou les deux à la fois, sur le développement de l’économie.

Le surplus ou le déficit du budget renseigne si le secteur public vit au-dessus ou au-dessous de ses moyens. Ce qui est très important - pour l’analyse macroéconomique- sont les ramifications de l’évolution du budget, sur l’ensemble de l’économie.

FINANCEMENT DU DEFICIT BUDGETAIRE

Prenons le cas du déficit budgétaire. Tout dépend du mode de financement du déficit. Il n’y a que trois possibilités pour financer le déficit budgétaire :

-emprunt auprès de la Banque Centrale (i) ;

-emprunt auprès du système bancaire (banques commerciales) et auprès des entités non-bancaires (ii) ;

-emprunt extérieur (iii).

Chaque mode de financement peut conduire au déséquilibre macroéconomique : création monétaire excessive, génératrice de l’inflation ; emprunt domestique excessive avec comme conséquence taux d’intérêt élevé et emprunt extérieur pouvant conduire au fardeau de service de la dette.

  1. Si le déficit budgétaire est financé par les avances de la Banque Centrale (BC), ce mode de financement établit une relation directe entre la politique budgétaire et la politique monétaire. Les avances ou le crédit de la BC à l’Etat, se traduiront par un gonflement de l’offre de monnaie, qui conduira à une augmentation des prix (inflation). Ce mode de financement –monétisation du déficit budgétaire- est souvent désigné sous le vocable : seigneuriage.

Le seigneuriage est un concept médiéval ou les seigneurs et les souverains, avaient le droit exclusif (situation de monopole) de battre la monnaie. Ils en tiraient des bénéfices qui découlaient du processus de la création de la monnaie. Depuis le siècle passé, le rôle de ‘battre’ la monnaie est donné à la BC. Le seigneuriage peut être considéré, comme le revenu tiré par la BC lors de la création de la monnaie.

Ce revenu est transféré à l’Etat sous forme, soit des avances directes que la BC octroie au Trésor Public, soit des dividendes versés par la BC. L’Etat utilise le revenu du seigneuriage pour financer son déficit budgétaire. Mais, ce mode de financement qui porte en lui, le soupçon ou le syndrome d’éviction, peut ralentir l’activité économique. En cas de compétition –entre le secteur public et privé- sur les ressources limitées, le secteur privé (entreprises et ménages) aura de la peine d’emprunter auprès du système bancaire. Ceci peut réduire l’investissement privé et selon la taille du secteur privé, contribuer au ralentissement de l’activité économique.      

  1. Si le déficit budgétaire est financé par l’émission des titres du Trésor (bonds et obligations), ou les banques commerciales, les institutions non-bancaires (fonds de pension, compagnies d’assurances, fonds mutuels, etc) jouent un rôle très important, en souscrivant (achetant) des bons et obligations, les pressions inflationnistes (liées au financement du déficit budgétaire) n’apparaîtront pas.
  2. Si le déficit budgétaire est financé par l’afflux des capitaux extérieurs, il y aura des conséquences sur la balance des paiements, taux de change, taux d’intérêt et sur l’évolution des prix relatifs et domestiques. Si l’afflux des capitaux est très important et selon d’une part le régime de taux de change en vigueur et d’autre part, le mode de stérilisation, le taux de change et le mouvement des prix seront affectés.

En régime de taux de change fixe, l’afflux des capitaux n’a aucune incidence sur le taux de change, mais a des conséquences sur la base monétaire et l’inflation. 

Toutefois, tout dépend de la réaction de la BC. Si la BC opte pour la non-stérilisation, l’afflux des capitaux conduit à l’augmentation des réserves de la BC, à l’expansion de la base monétaire et aux pressions inflationnistes.

Si la BC recourt à la stérilisation (la BC vend la monnaie locale contre les devises apportées par l’afflux des capitaux), pour maintenir la base monétaire constante (la base monétaire reste inchangée), il n’y aura pas des pressions inflationnistes, parce que le taux d’intérêt domestique augmentera.

En régime de taux de change flottant, l’afflux des capitaux conduit à l’appréciation de taux de change nominal, à la baisse des prix relatifs des biens importés et à la baisse de la demande pour les biens non-échangeables.

Tous ces facteurs mis ensemble vont réduire les pressions inflationnistes. Mais l’appréciation de taux de change mine la compétitivité du pays notamment,  les exportations.

Pendant les années 90, la stérilisation était l’instrument privilégié à la mode. L’absorption des devises et réserves des changes par la BC était considéré comme le moyen le plus efficace pour éviter l’appréciation de taux de change (occasionné par l’afflux des capitaux) et la réduction de crédit domestique qui en résultait, était le meilleur rempart contre les pressions inflationnistes essentiellement nourries par l’expansion de l’offre de monnaie domestique.

La BC a une grande influence sur la taille des réserves des banques commerciales. Ayant la possibilité de changer le niveau des réserves des banques commerciales -en utilisant l’instrument coefficient de réserve-, la BC détermine le montant maximum des dépôts bancaires du système bancaire. Et comme les dépôts bancaires constituent la proportion la plus élevée de l’offre de monnaie, on peut en déduire que la responsabilité de la BC, dans l’expansion (contraction) de la liquidité domestique, est très grande.

STRUCUTURE BUDGETAIRE

La politique budgétaire peut couvrir une période d’un an ou plus selon les pays. La procédure de la préparation du budget est souvent la même. Au début de chaque exercice budgétaire, il faut préparer trois documents : 

-projet de document des grandes orientations du budget

-projet de document de lettre de cadrage

-projet de calendrier pour l’élaboration et exécution du budget 

Avant d’envoyer le projet budgétaire au parlement pour validation et vote, il faut s’assurer de sa cohérence, consistante et crédibilité en recourant aux simulations et prévisions du modèle mathématique de cadrage budgétaire et prévisions (recettes, dépenses, soldes). La Lettre de Cadrage qui accompagne souvent le budget s’appuie sur les résultats de simulation et prévisions d’un modèle mathématique.  

Le modèle aide à calculer les dépenses et recettes budgétaires, l’aide publique au développement (APD, souvent appui budgétaire), les soldes qui sont structurellement déficitaires notamment le déficit global (base caisse), déficit global (base engagement). Le modèle calcule aussi l’impact de financement de déficit budgétaire. Le modèle simule le TOFE (Tableau des Operations Financières de l’Etat). 

Le budget est envoyé ensuite au Parlement pour validation et vote. Le budget est souvent recalé et retourne au Ministère des Finances pour révisions. Il faut alors préparer le budget rectificatif qui prend en compte les remarques, suggestions et préoccupations du corps législatif. Une fois le budget approuvé (Loi des Finances), le gouvernement négocie avec ses partenaires du développement bilatéraux et multilatéraux. 

Les négociations sont toujours ardues avec le Fonds Monétaire International (FMI). En effet pour que le FMI mette à la disposition du pays son FEC (Facilité Elargie de Crédit), il faut remplir certaines conditions : retrait graduelle des subventions, réforme des secteurs responsables du déficit budgétaire et reforme sur le financement monétaire du déficit budgétaire, principale cause de l’inflation et d’éviction du secteur privé. 

La politique budgétaire peut-elle être neutre, procyclique ou anticyclique ?

Une politique budgétaire neutre n’a aucun effet sur la demande effective (le secteur public par sa neutralité, n’ajoute et n’enlève rien au volume de la demande effective –l’activité économique reste la même).

Il existe des biais procyclique lié à la politique budgétaire Les recettes fiscales augmentent pendant l’expansion de l’activité du fait de la hausse des revenus, et baissent lors de la contraction de l’activité, en raison de la chute des revenus et de l’augmentation des dépenses.

Une politique budgétaire peur être anticyclique. En cas des chocs internes (séisme ou autres catastrophes naturelles) et externes (détérioration des termes de l’échange, etc.), le Gouvernement peut recourir à une politique budgétaire expansionniste du type anticyclique, pour relancer l’économie.

Quand peut-on considéré une politique budgétaire comme contracyclique ? Pour répondre à cette lancinante question, il faut établir la relation entre la variation du solde budgétaire structurel primaire (un indicateur de la politique budgétaire discrétionnaire) et la variation de l’écart de production (un indicateur des conditions cycliques).

Ici se pose avec beaucoup d’acuité le paradigme de l’efficacité des politiques budgétaires de relance économique. Quelques travaux empiriques s’appuient sur l’équivalence ricardienne ou théorème Ricardo-Barro qui met en exergue l’équivalence entre la hausse de la dette publique et l’augmentation future de l’impôt. Barro mais aussi Alberto Alesina démontre qu’en cas de politique de relance budgétaire, les ménages anticipent une hausse des impôts futurs suite à l’aggravation attendue du déficit public et par ricochet à l’augmentation de la dette souveraine ou publique et des taux d’intérêts. Pour se prémunir, les ménages augmentent leur taux d’épargne en réduisant la consommation.

La critique de Robert Lucas conforte l’équivalence ricardienne. Selon Lucas, les politiques de stabilisation budgétaires n’ont toujours pas les effets escomptés, simplement parce que les agents économiques peuvent modifier leurs comportements d’épargne, de consommation et d’investissements en anticipant les politiques publiques futures. Il faut tenir compte de ces anticipations pour mieux évaluer l’efficacité des politiques publiques.

Le théorème de Trygve -Haavelmo ne soutient pas la thèse de Barro. Pour Haavelmo, un budget même équilibré n’est pas neutre. En effet, Haavelmo a établi, dans le cadre du multiplicateur Keynésien, un théorème selon lequel une augmentation équilibrée du budget provoque une hausse du même montant du revenu national. Autrement dit, la politique économique consistant à augmenter les dépenses de l'Etat en les finançant par l'impôt n'est pas "neutre". Haavelmodé montre comment les effets multiplicateurs d'un budget en équilibre tendent à favoriser les politiques de relance par la dépense publique.

Pour faire face à une récession profonde, John Maynard Keynes prône la politique des grands travaux et l’intervention de l’Etat dans l’économie, Il répudie le principe sacro-saint des néoclassiques : l’équilibre budgétaire. Pour doper l’activité et résorber le chômage, Keynes encourage une politique budgétaire expansionniste (hausse des dépenses budgétaires, des transferts et baisse des impôts). Ici, le déficit budgétaire est considéré comme instrument efficace de relance économique.  

BASE D’IMPOSITION ET DEFICIT BUDGETAIRE

Le déficit budgétaire souvent chronique dans beaucoup des pays en développement, reflète des contraintes institutionnelles et structurelles. La base d’imposition est souvent étroite et inadéquate, l’administration de collecte des impôts est inefficiente et la taille du déficit détermine le niveau de la dette publique. 

L’étroitesse de la base d’imposition conduit à des taux d’imposition élevés, qui provoque l’évasion fiscale et le développement du secteur informel. On observe un autre paradoxe : comparés à la structure de taxation directe des pays industrialisés, les pays en développement ont tendance à taxer plus lourdement les revenus individuels que les revenus des entreprises. Malgré, le taux d’imposition élevé, l’inefficacité du système de collecte des impôts, prive l’Etat des précieux revenus dont il a grandement besoin pour financer les dépenses d’infrastructures (routes, ponts et chaussées, barrage hydroélectriques, télécommunications, etc) promouvoir le développement et encourager la création d’emplois, pour combattre la pauvreté.

Les partenaires du développement surveillent souvent la taille du déficit budgétaire et sa ‘ soutenabilité’ dans le temps en utilisant l’indicateur (dette publique/PIB). Ceci implique ce qui suit :

-La variation du ratio dette-PIB est déterminée par le déficit budgétaire primaire, le différentiel taux d’intérêt et taux de croissance du PIB, dette-PIB ratio des périodes précédentes et le seigneuriage. Si l’augmentation du taux d’intérêt dépasse le taux de croissance économique, le ratio de la dette augmentera sensiblement, parce que le paiement des intérêts contribue plus que proportionnellement à l’augmentation de la dette publique, à moins que le déficit primaire soit en dessous de revenus de seigneuriage. Autrement dit, quand le taux d’intérêt est plus grand que le taux de croissance du PIB, il est pratiquement impossible, pour l’Etat de maintenir le déficit primaire du budget, en dessous de revenus de seigneuriage. Ceci réduit sensiblement les marges de manœuvres du gouvernement et sa capacité de négocier avec les partenaires du développement.

-Par contre, si la variation du taux d’intérêt est plus faible que le taux de croissance économique, le pays peut - à moyen-terme- éponger sa dette publique. Le pays peut maintenir un déficit primaire qui peut même excéder les revenus du seigneuriage sans courir le risque d’un déficit budgétaire insoutenable. Mais ici, la politique budgétaire peut changer la donne. Si le gouvernement met en place une politique budgétaire expansionniste, le taux d’intérêt peut augmenter et dépasser le taux de la croissance économique, ce qui rendrait la dette publique insoutenable.

-La ‘soutenabilité’ de la dette publique, nécessite une synergie des politiques et d’actions entre ceux qui conçoivent le budget et responsables de son exécution, ceux qui créent la monnaie ou liquidité et ceux qui sont responsables des prévisions des agrégats macroéconomiques. L’objectif est de surveiller l’évolution des revenus, recettes, du taux de croissance de l’économie, du taux d’intérêt et du seigneuriage.

-Les prévisions du budget sont très importantes, parce qu’elles lancent des signaux positifs (négatifs) aux agents économiques (entreprises et ménages) et aux partenaires du développement. Ces prévisions déterminent aussi l’évolution de taux de change, taux d’intérêt, des mouvements des prix, de la demande finale des biens et services, de la balance des paiements, de marché du travail et nourrissent des anticipations rationnelles.

Trois méthodes sont souvent utilisées pour les prévisions du budget. L’approche des élasticités, l’approche par le taux de taxe effectif et l’approche du modèle avec fonctions de comportement et identités comptables.

-L’approche des élasticités consiste à calculer les élasticités des dépenses et taxes par rapport aux agrégats macroéconomiques. Le système de taxe est considéré élastique, quand l’élasticité de la taxe est supérieure à un (système à forte élasticité). Ceci implique, que les revenus générés par les impôts augmentent plus vite que le taux de croissance économique, sans recourir aux nouveaux impôts ou à l’augmentation de taux de l’imposition. Dans des pays ou les dépenses du budget ont tendance d’augmenter plus vite que le PIB, le système à forte élasticité est vivement encouragé. L’astuce consiste à taxer les secteurs porteurs de croissance et que le taux d’imposition soit progressif. Toutefois, ce système est tributaire d’une bonne et efficace administration fiscale de collecte des impôts. Pour préparer les prévisions du budget, l’approche des élasticités agit en deux temps. D’abord on estime le taux de croissance de chaque catégorie des revenus et dépenses et les élasticités respectives. Ensuite, on établit des identités comptables en multipliant le taux de croissance par l’élasticité pour chaque catégorie des revenus (recettes fiscales) et dépenses.

-L’approche du taux de taxe effective consiste à calculer la valeur implicite de la recette fiscale effectivement collectée divisée par la base d’imposition. Les projections des revenus (recettes) sont obtenues en multipliant la base d’imposition potentielle par le taux effectif d’imposition de la période précédente. A cause de sa simplicité, cette approche est utilisée dans beaucoup des pays. Toutefois, cette approche repose sur des hypothèses, qui ne sont pas toujours réunies, dans beaucoup des pays en développement :

La structure de la base d’imposition doit demeurer constante. Si la composition de l’assiette fiscale change d’une période à l’autre, les prévisions seront irréalistes ;

-Le système de taxation doit rester le même pendant la période des projections ;

-Le ratio de la conformité en matière fiscale ne change pas.

TABLEAU DES OPERATIONS FINANCIERES DE L’ETAT (TOFE)

Selon le manuel des Statistiques des Finances Publiques du FMI, Le TOFE est un document statistique qui retrace toutes les ressources et tous les emplois de l’Etat en termes financiers pendant une période donnée (généralement, une année), selon un champ de couverture bien défini.

Plus précisément, il permet de cerner comment les ressources financent les emplois de l’Etat (par recettes de l’Etat, par dons non remboursables intérieurs ou extérieurs, par emprunts intérieurs ou extérieurs - bancaires ou non bancaires –, par constitution d’arriérés de paiement intérieur ou extérieur - non-paiement des créances pendant la période considérée-).

Il permet également de mesurer l’interaction entre le secteur des finances publiques et les autres secteurs de l’économie (secteur réel, secteur monétaire et secteur extérieur).

L’on peut distinguer trois sortes de TOFE :

- Un TOFE rétrospectif qui présente l’exécution des recettes, des recettes et le financement qui peut être positif ou négatif pour les années passées ;

- Un TOFE pour l’année en cours qui peut être un instrument de pilotage du budget (et surtout lors d’un programme économique et financier soutenu par le FMI) ;

- Un TOFE prévisionnel qui présente les prévisions de recettes par grande nature (recettes fiscales –par sources, directs, droits et taxes à l’importation, etc. - et non fiscales), les dépenses par grandes nature économique (dépenses de personnel, dépense en biens et services, transferts, dépenses d’investissement – et quelque fois réparties en financement intérieur et extérieur) les objectifs de déficit/surplus et les prévisions de financement.

Celui-ci est un instrument pour guider la réalisation des objectifs budgétaires globaux et insuffler une discipline budgétaire s’il est basé sur des prévisions réalistes de recettes et financements. Il est élaboré à partir du cadrage macro-économique pour arrêter les différentes ressources dont peut disposer le gouvernement pendant la période considérée (taxes, dons, financement net), et les emplois (en termes monétaires globaux).

Cet exercice de cadrage macro-économique implique logiquement de coordonner les différentes stratégies macro-économiques, notamment les politiques de croissance, les politiques monétaires et de change, la politique budgétaire et les politiques sectorielles.

Pour que le TOFE prévisionnel joue, le cadrage devra commencer tôt dans l’année : « en début d’année, on intègre des premiers résultats enregistrés à la fin de l’exercice écoulé (inflation, exécution budgétaire, résultats du secteur réel etc.) et on met à jour les projections des variables pertinentes (dette publique, arriérés, masse salariale etc.)

Le scénario macroéconomique central ainsi élaboré est mis à jour sur l’ensemble du cycle de décision. »

Une fois les spécifications du modèle et les prévisions sont établies pour les recettes et les dépenses.  Un TOFE prévisionnel peut être mis en place. IL est constitué uniquement d’équations comptables.

Le solde courant est déterminé par l’équation SC = RT – (DC+DEPELECT).

A ce solde courant on ajoute les appuis budgétaires pour obtenir les ressources disponibles (RD = SC + AB) pour financer les Dépenses d’investissement reparties en Dépenses d’investissement sur Ressources FER +FNE, Annulation Dette FMI, sur Trésor Public (PIP) et Immobilisations.

 DI =   PIP + ADEP INV

ADEPINV = DEP (FER+FNE) + ADP+ IM

La différence entre les ressources disponibles (RD) et les dépenses d’investissement donne le niveau de financement interne à mobiliser.

FINT = RD –DI

En général, le FINT est exogène et représenté par l’équation ci-dessous :

FINT = ADP + ADI + BT+FER + FNE

Or le TOFE est supposé être en équilibre, on aboutit à l’équation comptable :

RD –DI =   ADP + ADI + BT+FER + FNE

BOUCLAGE BON du TRESOR

Quand on prépare le budget, toutes les autres variables sont connues à l’exception des dépenses d’investissement sur ressources Trésor public (PIP). 

Or le Financement interne est connu à partir de l’équation FINT = RD –DI et ce financement doit être compatible avec l’équation ADP + ADI + BT+FER + FNE. Or les bons du trésor (BT) sont exogènes.

La structure du TOFE montre qu’il y a deux variables exogènes, l’un au-dessus de la ligne au niveau du DI : le PIP et l’autre en dessous de la ligne au niveau FINT : le BT. Or l’une d’entre elles doit être utilisée pour boucler le modèle. La variable BT a été utilisée à cet effet à travers les équations suivantes :

FINT = ADP + ADI + BT+FER + FNE

FINT + RD = RG

DI = RG –IM

PIP = DI – (FER + FNF) – ADF

LISTE DES VARIABLES

SC = Solde courant 

RT = Recettes totales

DC = Dépenses courantes 

RD = Recettes disponibles

AB= Appui budgétaire

FER = Fonds entretien routier

FNE = Fonds national d’éducation

PIP = Programme Investissement Public 

DI = Dépenses investissement public (TOFE)  

ADEP = Annulation de la dette publique

FER = = Fonds entretien routier

FNE = Fonds national d’éducation

ADP = Annulation de la dette publique

IM    = Immobilisations 

FINT = Financement interne

ADI = Amortissement de la dette publique

BT   = Bons de trésor 

RG   = Resource gap

ADF = Annulation de dette FMI

COMPOSITION DU CADRE BUDGETAIRE

RECETTES BUDGETAIRES

Impôt sur le revenu des personnes physiques 

Impôt sur le revenu des sociétés  

Autres impôts sur le revenu           

Taxe sur les transactions

Taxes à l’exportation et autres

Autres impôts sur le commerce extérieur

Total impôt sur commerce intérieur             

Autres taxes à l’exportation   

Total des taxes à l’exportation 

Impôts sur le revenu, les bénéfices et les gains en capital        

Total impôt sur commerce extérieur et les transactions internationales

Total des taxes indirectes

Total recettes hors budget

AUTRES RECETTES BUDGETAIRES

Autres recettes hors budget

Total des recettes fiscales (Titre I)

Total recettes non fiscales

Total excède d’exploitation des entreprises publiques

Recettes administratives

Total des recettes et dons

Total des dons dans le budget consolidé      

STABILISATEURS BUDGETAIRE

Recettes fonds routier national

Fond spécial carburant

Contribution à la solidarité nationale

Fonds non encore affectés

Fond social culturel    

Dépenses

Effectifs de la fonction publique

Salaire unitaire

Dépenses en capital, ressources intérieures

Dépenses en capital, ressources extérieures

Dépenses en capital sur tirages projets de l’administration

Total des dons dans le budget consolidé

Total dépenses hors budget

Dépenses totales (y compris prêts nets)       

PRET = tirages sur prêts rétrocédés

Dépenses en capital et prêts nets, budget consolidé

Dépenses courantes totales

Solde et financement

DEFICIT = solde globale (engagements hors dons), déficit fiscal, TOE 

Déficit fiscal, Loi des Finances

Solde courant des finances publiques (= épargne publique)

Solde courant des finances publiques, Loi des Finances  

Solde courant des finances publiques, hors dons

Solde primaire

Versements d’intérêts (par le trésor)

Gap de financement Etat (+ = déficit)

Financement extérieur brut (tirages) 

Financement intérieur net, secteur bancaire

Financement intérieur net, arriérés au titre de l’amortissement de la dette extérieur

Financement intérieur net, secteur non-bancaire

*L’organisation d’un colloque  international sur la « Reconstitution des biens culturels et la Renaissance » est une idée qui, aujourd’hui est bien accueillie dans l’opinion publique africaine en générale et congolaise en particulier. Il s’agit d’un forum, comme le disent bien les organisateurs, ayant pour objectif d’initier les citoyens africains sur la « problématique de l’appropriation par l’Afrique de son patrimoine principalement culturel et des restes humains conservés, d’une manière ou d’une autre dans les anciens pays colonisateurs».

C’est dans ce contexte que le Comité d’organisation du Colloque a émis le vœu de solliciter notre participation scientifique à la Table-ronde n°1 : « L’Afrique et son patrimoine : conservation et valorisation par l’Afrique et pour l’Afrique » sur la thématique telle qu’énoncée au chapeau de notre propos : « Le sens premier des objets du patrimoine et leur appropriation par les contemporains ».

Par le mot « sens » d’abord, je veux entendre « direction » et ensuite « signification ». Tous les deux mots, après tout, se complètent de très près. Par « objets du patrimoine », j’épingle le naturel d’une communauté, un bien d’une famille qu’on a reçu par héritage de ses ascendants par la nature, c’est une propriété transmise par ses ancêtres, par une génération. Et en ce qui concerne mon thème, je focalise mon regard sur les objets d’art en termes de « biens culturels », et par là je bâtis toute la problématique de leur « appropriation par les contemporains ». J’espère ainsi rester dans les préoccupations des initiateurs du Colloque tout en saisissant le sens fondamental de la notion de « Culture ».

  1. Culture au sens fondamental

Ici, loin de traiter la signification du terme « culture » dans son sens agricole, je le saisis comme l’ont fait les philosophes des lumières au XVIIIè siècle et aussi comme l’ont observé et étudié les sociologues, anthropologues, les philosophes et historiens contemporains. L’ensemble de leur entendement autour de cette notion estime que ce que l’on nomme « culture » c’est le patrimoine accumulé depuis des siècles sur lequel on peut prétendre être sûr de fonder une civilisation. C’est « la totalité des connaissances, des croyances, des arts, des valeurs, lois, coutumes et de toutes les autres capacités et habitudes acquises par l’homme en tant que membre de la société ». Ceci exige un examen attentif et intelligent du vécu de cette société.

La culture c’est en même temps, l’ensemble des manières de penser, de concevoir, de raisonner, d’agir, de sentir. Manière plus ou moins formalisée, apprise et partagée par / dans la société. Manière aussi de distinguer et de particulariser celle-ci ; et qui témoigne de sa dignité et de sa raison d’être-au-monde. Cette façon de comprendre la significativité de culture, permet de dire qu’elle a une action sur la manière dont les hommes, dans leur société spécifique, pensent, agissent et s’expriment, par de divers moyens et ceci, de génération en génération en terme d’héritage culturel. Vue dans sa globalité, la « culture » remplit plusieurs fonctions suivantes :

  • « Représentationnelle», dans la mesure où elle véhicule une somme importante de connaissances et de croyances sur le monde qui entoure l’homme dans sa société et la manière dont il fonctionne et change ;
  • « Constructive», dans la mesure où elle fait exister des institutions qui font fonctionner la société tout en acceptant ou pas les conséquences qui s’ensuivent.
  • « Directive», dans la mesure où par intériorisation, la culture pour l’homme, permet d’observer des normes de conduite.
  • « évocative»,  dans la mesure où la culture, face aux événements, fait éprouver des sentiments, exprimer des attitudes.
  • « Socialisationnelle», dans la mesure où elle permet à l’homme du moins avec son univers mental d’être capable de symboliser son monde et son fonctionnement. Elle rend possible le « commerce » de l’homme avec son environnement, sa communauté, la nature, le cosmos et Dieu et même avec les cultures plurielles. Elle est communicationnelle et en même temps dialogal.
  • Elle est « fonctionnellement psychique» dans la mesure où elle moule les personnalités dans une communauté donnée. Loin d’être idéologique, elle a une fonction mythificataire qui permet l’unification dynamique à l’action ascensionnelle et transcendantale.

Plus, tout élément de la culture n’est porteur d’affects qui n’en sont pas moins liés à la culture elle-même. La culture, puis-je dire est l’ensemble des réalités d’abord, fondamentalement, mentales, spirituelles et ensuite matérielles. Elle ne consiste pas seulement et nécessairement en objets, en dispositifs, en symbolique mais en représentations fixées dans les cerveaux des hommes. Par ailleurs, il ne s’agit pas de simples « cognitions », mais bien d’un ensemble de représentations mobilisant la « vie psychique tout entière », de l’intelligence à l’action, du raisonnement à l’émotion. Il existe ainsi plusieurs angles tout aussi légitimes sans lesquels il est possible de décrire ou de cerner ce qu’on appelle « culture » ; à partir des objets qu’elle contient (œuvres d’art, savoirs, croyances et même civilisation…) à partir des institutions et des normes qu’elle induit, ou à partir des dispositions et des comportements qu’elle gouverne. C’est dans ce sens que l’on peut affirmer qu’aucune culture n’est plus développée qu’une autre ; chacune d’elle constitue une synthèse originale de la vie-être-au-monde d’un peuple. C’est elle qui forge la personnalité fondamentale de celui-ci. Elle apparaît de plus en plus comme un élément de stratégie de survie. Il n’est pas faux de dire que la personnalité d’une société humaine est forgée par sa culture.

C’est celle-ci qui pond et entretient son historicité. Elle s’acquiert moyennant la vertu consciente de patienter, de tendre-souci, de préoccupation de la communauté. C’est l’idée de « planter » les valeurs normatives. C’est l’idée aussi de permettre à l’homme de « vendre », de faire exister sa société, son environnement habitable (civilisation, citoyenneté).

La culture est donc fondamentalement un capital culturel comme l’a proclamé Pierre Bourdieu, un capital qui est en même temps une ressource rare dont l’accès est jalousement gardé selon les dispositions culturelles acquises par les individus au cours de leur socialisation au sein du groupe : présentation de soi, façon de parler, art, littérature, musique… Toutes ces choses qui assignent à une personne, une origine sociale plus ou moins juste. Autrement dit : la culture colle l’homme et sa société à leur peau ; même si son apprentissage exige une longue période de temps et demande des efforts d’incorporation, même aussi si ce qu’on appelle « modernité » la menace, et même enfin elle perd son caractère d’être rare et quelque peu sacré.

  1. La culture africaine dans l’ensemble regorge les biens (objets)

    culturels patrimoniaux

La Table-ronde n°1 du colloque a pour focus « L’Afrique et son patrimoine : Conservation et valorisation par l’Afrique et pour l’Afrique ».

Notre thématique y est bien contextuée : « Le sens premier des objets du patrimoine et leur appropriation par les contemporains ».

Les riches traditions des prestigieuses collections des Encyclopédies consacrées aux arts et cultures africaines démontrent à suffisance, comment et combien l’Afrique regorge des « pièces » et des « objets » culturels que l’on peut verser dans un panier pour ainsi constituer tout un patrimoine de l’Afrique se présentant comme un hymne à sa beauté. En plus, l’art africain est par excellence, l’art de la sculpture, des masques, des chants et musiques contenant, pour les africains eux-mêmes des forces vitales permanentes. Il est identifiant de l’appartenance groupale d’une société, d’une personne. L’artiste au moment de la production de son œuvre, incarne, par son imagerie son groupe social d’origine.

Cherchant à s’évader de sa condition souvent trop humaine, il se crée en créant des formes inédites pour les besoins du groupe : rites initiatiques, cérémonies de circoncision, cérémonie de couronnement d’un chef, cérémonie de réconciliation, cérémonie de naissance du type spécial.

C’est pourquoi dans les sociétés africaines, l’artisanat, l’artiste et l’art  se chevauchent. L’objet ainsi produit est automatiquement du domaine du sacré inaccessible aux néophytes. D’autre part, au-delà de cet art d’ordre mystique, l’art africain est meublé des pièces, objets somptueux, somptuaires, accessibles au grand public. C’est cette catégorie d’art qui séduit merveilleusement les voyageurs, explorateurs et missionnaires de tout acabit. Voilà ce qui augmente le volume des objets artistiques volés, pillés, trafiqués, bradés, débauchés, éparpillés à travers l’Europe et l’Amérique du Nord pour les collections muséales et privées. Que de Villages et Cours des chefs vidés ! Tout fut cruellement emporté comme butins de guerre ou de cadeaux.

L’Afrique c’est autre  chose que cela ! Si l’on contemple les somptueuses Encyclopédies d’art africain, on cessera, à coup sûr de porter sur l’Afrique, un tout autre regard qui se détache des clichés et des idées négatives reçues. On ira au-delà de l’aspect chloroformé du désordre politique et économique, pour contempler notamment les merveilles artistiques qui font la beauté de son patrimoine artistique qui l’enrichit, telle une sève vivante, son identité.

En outre, les œuvres d’art en Afrique sont le produit qui, à regarder de près procurent un plaisir actif, non seulement à l’artiste, mais aussi à son admirateur contemplateur indépendamment de tout intérêt personnel. Elles créent l’ambiance au milieu des vivants tout en étant une manifestation du langage et une symbolique psycho-physiologique dans la mesure où elles sont le fruit d’une réaction suscitée par un phénomène vital sociologique donné. A elles, se rattachent les valeurs humaines qui font vivre une société esthétique, sentimentale, spirituelle, utilitaire, historique qui permettent de palper les réalités émotives d’un peuple. Elles signent (les œuvres d’art) un titre qui portent,  aident à contextuer, à se souvenir, à commémorer l’événement qu’elles représentent et même à respecter son producteur.

  1. Problématique de l’appropriation par l’Afrique de son patrimoine culturel

Qui ne dira jamais, que durant toute l’occupation brutale de l’Afrique par des étrangers esclavagistes, colonisateurs, militaires, prêtres, pasteurs, homme d’affaires de tout genre, les biens culturels et les restes humains, n’ont pas été volés, pillés, brulés, vandalisés, achetés moyennant des sommes modiques ou troqués contre des objets originaux, confisqués, déshumanisés, sans oublier les pillages des lits archéologiques et funéraires.

Le tout a été spolié à telle enseigne, comme le dit Jalanda Van Nijen, qu’ « il existe une disposition flagrante et insupportable dans la réparation des biens patrimoniaux africains : près de 90% de son patrimoine se trouverait en dehors du continent africain. C’est ce qui fait la spécificité du cas africain ». Statistiquement, comme on peut le lire dans le Rapport Sarr Savoy que reprend encore une fois Jolanda Van Nijen, « on peut en faisant la somme des inventaires des musées nationaux africains, qui tournent au tour de 3 ou 5000 quand c’est des grosses collections, que 80% ou 98% du patrimoine africain sont à l’extérieur du continent dans les grands musées ». C’est ce qu’affirme Stéphane Martin dans le Journal Le Figaro, du 6 décembre 2017 sous le titre : « L’Afrique ne peut pas être privée des témoignages de son passé ». Dans ce même papier on relève que « la proportion de ce qui a été enlevé du sol  africain et dispersé en France comme dans le reste du monde est considérable. C’est presque la totalité ».

« Des musées américains s’engagent à restituer des œuvres d’art africains », tel est le titre d’un certain Nastasia Peteuil, paru le 03 mai 2021 sur le web news. « Au moins six sculptures, potentiellement jusqu’à 19, volées lors d’un massacre de 1897 par des colons britanniques en Afrique, se trouvent dans deux collections du musée d’art de Los Angeles depuis un demi-siècle… On discute de la création d’un groupe de travail pour gérer le processus complexe de rapatriement des milliers d’œuvres volées, pillées et confisquées aux Africains. Il s’agit des reliques et plaques sacrées, des défenses en ivoires sculptées, des bois  sculptées, des ornements de corps royaux qu’on trouve exposés dans des musées et vendus souvent à des prix exorbitants.

Cependant peut-on qualifier, ou simplement nommer un tel phénomène de mauvais goût : « diaspora des objets » culturel et artistique ? « mémoricide » ? « Translocation du patrimoine ? » « Objets spoliés ?»  Peu importe, qu’à cela ne tienne, ces objets ont « voyagé », ont été « emporté » en Occident en divers sites, ils ont subi des dommages, des opérations de restauration, plusieurs ont été copiés, moulés, transformés, rendu culturelle et historique…

Voilà qu’aujourd’hui, avec la décolonisation politique, culturelle et même spirituelle des uns et des autres, les occidentaux et des Africains, on ne sait comment assumer un passé aussi honteux, humiliant et tragique qui s’est, en quelque sorte, déroulé dans la conspiration du silence. Les consciences se troublent. Celles des Occidentaux, et ils ont, à mon sens raison, estimé que : peu importe les motifs de l’acquisition des objets culturels patrimoniaux africains, ceux-ci sont devenus, par l’histoire aussi leur patrimoine culturel. Les Africains se disent propriétaires, victimes de ces mêmes objets. Le contentieux, depuis longtemps enfoui dans les mémoires contraignent les contemporains à une sérieuse remise en question de la question de la restitution des biens culturels africains à l’Afrique. Dès lors, on ne parlera plus de « musée d’ethnologie » mais plutôt de « musée des cultures du monde », de « musées d’homme ».

Ainsi, je donnerai raison à Wole Soynka quand il dit qu’« il est urgent de trouver des réponses permettant d’atteindre trois objectifs incontournables pour qu’un semblant de paix puisse s’installer dans le XXIè siècle multiculturel : l’établissement de la vérité, la réparation et la réconciliation. La problématique « restitution » est là nette, bien postée dans les consciences de contemporains Occidentaux et Africains. Elle s’avère bien plus délicate qu’on ne l’aurait imaginé. Elle émerge du questionnement au niveau de l’identité culturelle et à celui du bien-fondé de l’appropriation d’un patrimoine culturel qu’on supposait tout naturellement être le vôtre.

Au niveau de la « vérité », il faut le dire, le patrimoine culturel africain a été volé et expatrié dans les pays Occidentaux. Ici, il est considéré comme patrimoine acquis par son propriétaire moyennant un processus historique, guerres de conquête, diverses appropriations forcées tantôt des individus, tantôt des Etats. On a vu naître en Europe depuis l’intrusion barbare des étrangers venus d’Europe, des « Cabinets de curiosité » dans un élan manifeste princier d’un goût pour l’exotisme et l’inédit. On aime les œuvres exotiques même si elles ne sont pas authentiques (XV-XVII). Ensuite à partir de 1870, les Stanley, Livingstone et Savorgna de Brazza et leur suite, vont se mettre à piller ou à se faire offrir systématiquement des collections botaniques, des restes humains, d’objets de cultes, de masques et d’armes. Après la très célèbre conférence de Berlin de triste mémoire de 1884 – 1885, en Europe, on a vu se constituer, par ici par-là, des Musées, par exemple : le Musée d’ethnographie du Trocadéro, le Musée de Tervuren, le Linden Museum de Stuttgart ou encore le Musée colonial de Lyon...

Les Allemands, à la fin de la Première guerre mondiale, même s’ils l’ont perdu, en perdant en même temps leurs colonies, se sont bien abreuvés dans le « ramassage » des biens culturels africains.

Ainsi, l’Eldorado vers le patrimoine culturel africain a-t-il commencé, les collectes des pièces, en désordre sont opérées par l’armée, les scientifiques, les missionnaires chrétiens et les explorateurs. Pour l’armée, il lui faut des pièces « butins de guerre », trophées de guerre et d’autres objets précieux relatifs au métier du soldat. Ces pièces intéressent spécialement les collections nationales. D’autres, vendues aux enchères atterrissent dans les collections privées ou  restent dans les familles des militaires impliqués dans la guerre.

Les missionnaires quant à eux procédèrent par « l’opération confiscation » des pièces dites « fétiches » relevant du « paganisme » et de « l’animisme ». Eux aussi, au fur et à mesure qu’ils évangélisent, et prennent  goût du zèle missionnaire, se constituèrent de véritables collections notamment d’objets rituels divers prêts à être expédiés en Europe dans leurs Congrégations respectives ou alors vendus aux musées, très  en demande.

Plus, les musées font à partir d’eux-mêmes des commandes auprès des maisons expéditionnaires scientifiques et celles des explorations. Dans la plupart des cas, les collectes s’effectuent moyennant l’échange (contre des boutons, des draps léger, des fils de cuivre, des perles, des soirées ou des cuillères), donations, d’achats, mais aussi par vols.

Tous les objets du patrimoine africain, toutes catégories confondues, comme je les ai énumérés ci-haut, une fois en Europe dans les institutions muséales, sont systématiquement sériés, et planifiés et deviennent, sans crainte, des objets faisant partie du patrimoine culturel colonial. Tout cela, laisse perplexe les consciences contemporaines. A parti de 1900, en Europe les maisons de vente se font concurrence. Les marchands d’objets d’art africain intensifient leurs multiples voyages en Afrique. Les catalogues détaillées et illustrées sont exhibées et parcourent partout. Les grands artistes comme Picasso, Le Corbusier, Kirchner, Nolde et Derain, rénovent leur style d’art en se référant aux arts africains. Les maisons artistiques africaines sont bien plantureuses à telle enseigne que pour connaître leur histoire, leurs arts, les africains doivent aller se ressourcer en Europe même. La situation n’a pas changé substantiellement jusqu’en 1960, année des indépendances africaines et du commencement des mouvements panafricains de réclamer l’identité culturelle à travers les demandes de restitutions.

D’ailleurs en Belgique, par exemple, cette question du patrimoine culturel deviendra une pomme de discorde récurrente, un « contentieux » selon la formule consacrée entre Bruxelles et Kinshasa. En effet, lit-on dans les pages écrites par Van Beurden Sarah intitulées « Ce patrimoine Congolais conservé par la Belgique ». « Si le Congo devient indépendant, il doit pouvoir affirmer sa souveraineté sur ses  ressources économiques ainsi que sur son héritage culturel. Le gouvernement belge fera cependant tout pour retarder la rétrocession de cet héritage qu’il s’agisse des titres de propriété de mines comme des œuvres d’art congolaises. Plus particulièrement, concernant l’héritage culturel congolais accaparé par les Belges, notamment situé au musée de Tervuren, l’Etat belge usera une multitude de stratégies pour ne pas se séparer de ce qui est désormais considéré par l’opinion publique dominante comme un patrimoine… belge ». Tout est dit, l’Etat belge dès 1960 a sciemment endigué les revendications congolaises de son patrimoine. Ce genre de comportement a pas mal exacerbé les politiques congolaises dès 1970 avec le discours fort sur « l’authenticité zaïroise »

Aujourd’hui, de revendication en revendication de la restitution du patrimoine culturel africain à l’Afrique, une nouvelle dynamique s’est créée entre pays colonisateurs et pays jadis colonisés. Cette dynamique, mentalement, se laisse voir dans une optique de réparation ethno-morale dans l’espoir d’assainissement des relations de réciprocité. Ceci relève, de part et d’autre du domaine de l’invention de la diplomatie culturelle bienveillante entre les pays du Nord et ceux du Sud. En effet, toute cette question de restitution du patrimoine est aujourd’hui majeure surtout pour les Africains, car elle va de pair avec celle de leur identité et de la légitimation de leur être-au-monde. L’enjeu est de taille, en termes de géopolitique, en termes de richesse quasiment planétaire par le phénomène de la circularité et de la fluidité des œuvres d’art.

On comprend ainsi pourquoi les dirigeants africains, les clairvoyants entreprennent de créer de grands musées. Les cas de Dakar, Abidjan, Nyamey, Accra, Bangui, Kinshasa commencent à prendre de l’ampleur. L’exemple de l’ancien directeur de l’UNESCO, Moktar Mbew est à citer, lui qui a lancé en 1980 une grande campagne mondiale faisant appel à une restitution généreuse des chefs-d’œuvre. C’est dans cet élan que les nouvelles générations tant en Europe qu’en Afrique, tentent de sortir du regard ethnocentrique qui a été imposé sur l’Afrique durant des siècles. C’est dans cette ligne qu’il faut comprendre l’ambition affichée par le Président E. Macron matérialisée par la mise sur pied de la Commission Savoy-Sarr pour étudier le contentieux Europe/Afrique à propos de la restitution du patrimoine culturel aux pays africains. Alors, « Comment rendre ? » et « A qui rendre ? ». « Dans quel  cadre juridique ? » ; « Où conserver les objets culturels après restitution ? ». Le débat aujourd’hui est là et il se pose en termes dichotomiques même dans les milieux intellectuels africains.

D’aucuns, pendant ce temps rappellent que la fonction d’un musée est d’afficher le patrimoine mondial et donc historique commune des peuples. Qu’à cela ne tienne, la problématique engendrée par le phénomène nébuleux de la restitution d’œuvres d’art apparaît aujourd’hui comme un nid à polémique et un dossier qui s’enlise. Le dossier en lui-même est un véritable casse-tête qui provoque une « guerre froide » qui ne dit pas son nom. Pendant ce temps une nouvelle ère dans les relations entre les pays du Nord et du Sud a vu le jour d’une façon radicale.

Professeur Jean Kambayi B. PH. D.

Directeur du Centre de Recherche sur les Mentalités et l'Anthropologie Juridique « Eugemonia »

8% des familles des pays les plus pauvres sont contraintes d'emprunter de l'argent pour financer la scolarité de leurs enfants.

Le nouveau Rapport mondial de suivi sur l'éducation 2021/2, présenté aujourd'hui au Forum RewirEd à Dubaï, révèle qu'à l'échelle mondiale, une famille sur six doit épargner pour acquitter les frais de scolarité, tandis que 8 % des familles de pays à revenu faible ou intermédiaire sont contraintes d'emprunter de l'argent pour financer la scolarité de leurs enfants. Dans certains pays comme l'Ouganda, Haïti, le Kenya et les Philippines, 30% des familles doivent emprunter pour financer l'éducation de leurs enfants. Le rapport appelle les gouvernements à honorer leur engagement à garantir un accès gratuit à un an d'enseignement pré-primaire et à douze ans d'enseignement primaire et secondaire pour tous.

De nouvelles données ont permis de constater que les coûts de l'éducation pèsent de manière disproportionnée sur les ménages dans les pays les plus pauvres. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire inférieur, les ménages assument 39 % du coût de l'éducation, le gouvernement prenant en charge le reste, contre seulement 16 % dans les pays à revenu élevé.

L'éducation publique a encore de nombreux coûts cachés. Environ un tiers des dépenses d'éducation des ménages dans les pays à revenu faible et intermédiaire provient des ménages ayant des enfants scolarisés dans des écoles publiques. Une analyse portant sur une centaine de pays à revenu faible ou intermédiaire entre 2009 et 2020 a révélé qu'en moyenne, 3,2 % des dépenses financières des ménages étaient consacrées à l'éducation. Au Ghana, la part des dépenses consacrées à l'éducation est non seulement la plus importante au monde, mais elle est également passée de 8,9 % en 2005/06 à 13,1 % en 2016/17. Une grande partie des coûts est due aux uniformes et aux autres fournitures scolaires, qui représentent près des deux cinquièmes du montant que les ménages consacrent à l'éducation dans 15 pays à revenu faible ou intermédiaire.

«Nous avons sous-estimé à quel point les familles paient encore pour l'éducation alors que, selon les gouvernements, celle-ci devrait être gratuite », déclare Manos Antoninis, directeur du Rapport mondial de suivi sur l'éducation. « En outre, l'impact de la COVID-19 a encore réduit les budgets familiaux. En conséquence, beaucoup n’ont tout simplement pas les moyens d'acquitter les frais de scolarité. Les Etats doivent se pencher de plus près sur les montants que les familles déboursent. Ils doivent s'attacher à garantir la gratuité de l'enseignement au point d'accès - et à faire en sorte que les plus pauvres ne soient pas privés d'un enseignement de qualité».

Le Rapport GEM met en garde contre le fait que, sans amélioration de la réglementation, les choix en matière d'éducation privée, tels que les écoles privées ou les cours particuliers, font augmenter ces coûts pour les ménages. Si 3,2 % des dépenses des ménages sont consacrées à l'éducation en moyenne dans le monde, ce chiffre atteint 6 % dans les pays où le pourcentage d'écoles privées est élevé, comme Haïti et le Liban, et dans d'autres pays d'Afrique subsaharienne, dont le Rwanda, l'Ouganda et la Zambie. Les coûts font que certaines possibilités d'éducation sont inaccessibles aux personnes défavorisées. Ainsi, alors que les ménages les plus pauvres ne déboursent pratiquement rien pour l'éducation en Argentine, au Costa Rica, aux Philippines et en Zambie, les 20% les plus riches dépensent entre 0,5% et 1,7% du PIB de leur pays.

De nombreux ménages paient également pour des cours particuliers de complément, notamment pendant les fermetures d'écoles, ce que beaucoup de personnes parmi les plus défavorisées ne peuvent se permettre. En Égypte, en proportion des dépenses moyennes par habitant, parmi les élèves qui suivent un enseignement secondaire général, la moitié environ était consacrée aux cours privés par les plus riches et un tiers par les plus pauvres. Au Myanmar, 42% des dépenses des ménages consacrées à l'éducation étaient affectées au soutien scolaire. Pourtant, à l'heure actuelle, près de la moitié des pays ne réglementent pas du tout cette pratique.

Aujourd'hui, moins de trois quarts des pays réglementent le montant des frais facturés par les écoles privées, qui contribuent à la charge supportée par les ménages. La plupart des établissements secondaires privés tirent au moins 80 % de leurs revenus des droits d'inscription dans 28 des 51 systèmes éducatifs des pays à revenu intermédiaire supérieur et à revenu élevé. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire inférieur, les parents en situation de grande précarité ont recours à diverses stratégies pour faire face aux dépenses liées aux écoles privées. Les parents les plus précaires au Kenya et dans d'autres pays à revenu faible ou à revenu intermédiaire inférieur doivent souvent se rabattre sur des écoles non homologuées et moins chères, mais dont les équipements sont souvent médiocres et l'enseignement de moins bonne qualité.

Recommandations :

  1. Redoubler d'efforts pour garantir l’accès gratuit et financé par des fonds publics à une année d'enseignement pré-primaire et 12 années d'enseignement primaire et secondaire. Les Etats doivent mesurer les dépenses d'éducation à l'aide d'enquêtes sur les revenus et les dépenses des ménages. En effet, les Etats ne prêtent souvent attention qu'aux seuls paiements formels. Ils détournent souvent le regard d'autres coûts moins bien documentés qui aggravent les inégalités, tels que les cours particuliers de complément. L'efficacité des politiques qui ont pour but de concentrer les ressources sur les apprenants défavorisés doit être évaluée et non présupposée.
  2. Renforcer la capacité des Etats à surveiller et à appliquer les réglementations. Les Etats doivent établir une relation de confiance avec les prestataires non étatiques, en les encourageant à se faire homologuer, en éliminant l'arbitraire des règles et en leur communiquant des incitations adaptées pour qu'ils gèrent efficacement leurs écoles dans l'intérêt des apprenants.

Le pouvoir a ses mystères et ses destins. Ces mystères peuvent être liés aux dates, aux lieux, aux noms, aux chiffres, aux lettres qui s'attachent à l'homme au pouvoir.

Ainsi le pouvoir de Mobutu a été marqué par le chiffre 4  et il en était conscient. Il est né le 14 octobre, il prend le pouvoir le 24 novembre, il prononce son discours historique aux Nations Unies le 04 octobre, il se décide de libéraliser la scène politique en prenant congé du MPR le 24 avril. Il en est de même de son prénom Joseph-Désiré. Des cinq présidents que le Congo a connus, trois sont des Joseph et deux sont des Désiré.

Si le pouvoir de Mobutu a été marqué par le chiffre 4, celui de Félix Tshisekedi est soutenu par la lettre K.

A chaque fois que Félix Tshisekedi est en mauvaise posture, il y a une personnalité ou une organisation en lettre K qui lui vient au secours.

KABUND ET LAMUKA

A la veille des élections de 2018, les sept fondateurs de Lamuka se retrouvent à Genève pour une concertation en vue de choisir un seul candidat face au camp Kabila. A l'issue d'un système de vote compliqué, Martin Fayulu est désigné candidat unique de l'opposition. A l'issue de cette désignation, Félix Tshisekedi qui a déjà abandonné déclare : "le changement s'appelle Martin Fayulu."

A la question si jamais l'UDPS disait non à ce choix, il répond : " Alors ils n'ont qu'à se choisir un autre candidat".

Mais s'était sans compter avec Kabund, alors Secrétaire Général du parti qui ne se sent  en rien concerné par ce choix. Il déclare que l'UDPS aura son candidat à l'élection présidentielle et menace Tshisekedi de sanction. Devant cette pression, Tshisekedi recule au nom de la base et estime avoir été envoûté pour prendre une telle décision. Quant au controverse autour de la machine à voter, Kabund déclare : " Avec ou sans machine à voter, nous irons aux élections ". Ce qui permit à Félix Tshisekedi de rentrer dans la course pour la présidentielle de 2018.

KAMERHE ET LE CACH

Tshisekedi renonce à sa signature de l'accord de Lamuka, mais ne peut aller seul à l'élection présidentielle. C'est là où Vital Kamerhe qui quitte également Lamuka lui promet son soutien et se retire en sa faveur. Ils forment la coalition CACH et signent un accord à Nairobi où Kamerhe accepte de se retirer de la présidentielle de 2018 avec promesse d'être soutenu par Félix Tshisekedi en 2023. Kamerhe est désigné directeur de campagne et offre à Tshisekedi sa base et ses relations.

KABILA ET LE FCC

A l'issue de ces élections, Tshisekedi est proclamé Président; mais c'est le camp Kabila qui a la majorité à l'Assemblée nationale. L’UDPS ne peut donc pas former seul le gouvernement. Avec les contacts de Kamerhe, Tshisekedi signe avec le FCC de Kabila un accord de coalition gouvernementale, le FCC-CACH.

KYUNGU ET LE KATANGA

Pour  affirmer son pouvoir sur toute l'étendue du grand Congo, le nouveau Président doit faire face à certaines réalités dont la méfiance des Katangais qui viennent de perdre le pouvoir et avec qui les Kasaïens ont eu un passé douloureux. Mais c'est Kyungu wa Kumwanza qui fut l'un des acteurs de la chasse aux Kasaïens au Shaba vers la fin des années Mobutu qui se convertit en neo-tshisekediste. Il se rappelle de la genèse de l'UDPS dont il est l'un des 13 fondateurs encore en vie et soutient sans ambages "son fils" Félix Tshisekedi. Le très respecté Baba du Katanga demande aux Katangais de faire de même. Il n'y a donc pas eu plus hostile aux Kasaïens que Kyungu. Et donc s'il soutient Félix Tshisekedi, c'est que ce dernier est désormais le bienvenu sur la terre de Tshombe.

KALUBA ET LA COUR

Le directeur de cabinet Vital Kamerhe  propose à Félix Tshisekedi le lancement du programme de 100 jours qu'il se propose de piloter afin de réaliser des ouvrages à impacts visibles et marquer le début de mandat du Président. Mais la gestion de ce programme tourne au vinaigre et débouche sur le plus grand procès sous Tshisekedi où Vital Kamerhe est jugé pour détournement des millions de dollars destinés à ce programme. Le président est partagé entre la nécessité de protéger son allié Vital Kamerhe et l'obligation de réaffirmer l'État de droit qui constitue le cheval de bataille de son mandat. Il prend la seconde option et c'est l'avocat de la République Kaluba qui porte l'affaire pour démontrer que Vital Kamerhe est l'auteur intellectuel du détournement de deniers publics. Vital Kamerhe est condamné au premier degré, ce qui remet en question l'accord de Nairobi.

Mais un autre dossier judiciaire est en cours. Il faut remplacer le président de la Cour constitutionnelle, Bernard Luamba, un proche de Kabila qui vient de démissionner. Un poste stratégique qu'il ne faut confier à n'importe qui. L'avocat Kaluba a fait preuves de compétence dans l'affaire Kamerhe. Professeur de droit à l'Université de Kinshasa, il présente un bon profil et pourquoi pas ? Il est désigné président de la cour constitutionnelle, juridiction appelée à statuer sur les contentieux de l'élection présidentielle.

KATUMBI ET L'UNION SACREE

Après deux ans de gestion commune avec le FCC, Félix Tshisekedi conclut à l'impossibilité de gouverner ensemble, compte tenu de la mauvaise foi de ses partenaires. Il se propose de dissoudre la coalition FCC-CACH et mettre en place l'Union sacrée en identifiant une nouvelle majorité parlementaire. Un projet qui paraît juridiquement et politiquement irréalisable pour le camp Kabila. Mais, contre toute attente, Tshisekedi se tourne vers ses anciens amis de Lamuka. Katumbi et Bemba répondent à l’appel, donnant du crédit à ce qui paraissait jusque-là utopique. Le FCC se vide et la nouvelle coalition dénombre plus de 300 députés. Le premier ministre FCC Ilunga Ilunkamba est contraint de déposer sa démission et un nouveau gouvernement dit de l'Union sacrée est mis en place.

KADIMA ET LES KIMBANGISTES

A deux ans des élections, il y a nécessité de restructurer la Ceni et de  nommer des nouveaux animateurs. Mais le poste clé reste celui du Président de la centrale électorale. Celui-là même qui doit proclamer les résultats des élections avant leur validation par la Cour constitutionnelle. Le FCC conscient des enjeux s'organisait pour y placer un proche, Ronsard Malonda. Mais une dynamique nationale avait donné des arguments à Félix Tshisekedi pour ne pas signer l'ordonnance le désignant, après entérinement par une Assemblée nationale à majorité FCC.

Les confessions religieuses doivent proposer une autre personnalité et la procédure veut que chacune des huit confessions religieuses propose un candidat. Les enjeux sont de taille. C'est ici que l'église Kimbanguiste, la même qui avait proposé  Malonda jugé proche des Kabilistes, va cette fois proposer Kadima, un profil techniquement incontestable mais que les Protestants et les Catholiques jugent proches de Félix Tshisekedi.

A l'issue des interminables tractations pour concilier les points de vue des confessions religieuses, la candidature de Kadima sera entérinée par l'Assemblée nationale cette fois dominée par les pro Tshisekedi;  et Kadima sera nommé président de la Ceni par ordonnance présidentielle. Pour les pro Tshisekedi qui ont soutenu cette désignation, mieux vaut Kadima que quelqu'un d'autre. On ne sait jamais.

KABUYA ET LES "WEWAS"

Si la désignation de Kadima est saluée par les Tshisekedistes, elle est l'objet d'une forte contestation de la part des Catholiques et des Protestants qui déclarent que cette candidature a été entachée de corruption et de menace et a fait l'objet d'un forcing au niveau de l'Assemblée nationale dirigée par l'Union sacrée. Aussi, Lamuka et le FCC, auxquels  s'est joint le parti Ensemble de Moïse Katumbi,  font front commun avec les deux églises pour planifier des marches dans le but d'obtenir l'annulation de la désignation de Kadima.

Face à cette mobilisation, Augustin Kabuya, Secrétaire général de l'UDPS ne se tait pas. Il répond au coup sur coup et rappelle aux autres qu'ils n'ont pas le monopole de la rue. Bien au contraire, il menace de mobiliser la base pour une démonstration de la force de son parti sur terrain. Les menaces de Kabuya semblent porter du fruit, car le regroupement en face envisage  le report de la marche prévue initialement le 06 novembre.

KASAIENS ET KINOIS

En défiant le regroupement des forces de l'opposition et les deux églises, Kabuya sait que les conducteurs des motos taxis communément appelés wewas, pour la plupart ressortissants du Kasaï, sont bien mobilisés pour défendre ce qu'ils appellent "notre pouvoir", eux qui se sont tous proclamés de la  " famille présidentielle ", allusion faîte aux origines sociologiques du Chef de l'État. Ils étaient les premiers à sortir dans la rue pour fêter la victoire de Tshisekedi en 2018, pendant que les autres se donnaient le temps de comprendre et de digérer ces résultats. Ils ont depuis transformé les parkings des motos en cellules de l'UDPS. En attendant l'arrivée des  clients, l'un d'eux harangue les autres par le slogan " UDPS VIVA !". Ils ne se gênent pas de parler en Tshiluba, assuré que "wewa" est égal à Moluba.

Mais en réalité, l'UDPS n'est pas que l'affaire des Kassaïens. Après le Kasaï, Kinshasa a toujours été la province où le parti d'Étienne Tshisekedi est le mieux implanté et Félix peut encore compter sur une bonne frange des Kinois; surtout qu'il a aujourd'hui les moyens d'entretenir le parti. Il en a fait la démonstration au retour de son dernier périple européen.

(Par le Dr François Tshipamba Mpuila)

 

*La Constitution actuelle a été rédigée à l’Etranger (à Liège, en Belgique) par les Etrangers ; elle a été imposée aux députés congolais pour adoption le 16 mai 2005 sans que les Députés Congolais ne l’aient même lue, et elle a été promulguée par un imposteur étranger parachuté manu militari dans le Palais Présidentiel Congolais. Le hold-up référendaire du 18 Février 2006 s’était soldé par 43% d’abstentions et 11% de Non selon les chiffres de la CEI (43% + 11%= 54% de rejet). Mais elle a été imposée au Peuple Congolais après un hold-up référendaire du 18 Décembre 2005.  Les Elites congolaises sont la Cause principale de la Tragédie Congolaise : elles ont été des complices et des collabos particulièrement actifs, zélés et dévoués au service des systèmes déshumanisants qui se sont abattus sur notre Peuple et notre Pays.

Depuis le hold-up référendaire du 18 Février 2006 jusqu’à ce jour, ces Elites continuent à jouer un rôle déterminant dans l’imposition de l’actuelle constitution à notre Peuple.

  1. La valeur de toute constitution pour tout peuple et toute nation
  • Une constitution est « l’âme de la cité”, elle est « une représentation de soi d’un peuple comme sujet agissant” (Isocrate).
  • “Un code A.D.N. spécifique à chaque peuple” (Baguenard, J.).
  • “l’organisation d’une communauté politique, d’une unité politique enracinée dans un ensemble culturel” (Duhamel,O.).
  • Lorsqu’on demanda à Solon quelle était la meilleure Constitution du Monde, il répondit : “Dites-moi d’abord pour quel peuple et quelle époque ?”
  • “Chaque société génère son propre Etat dont les caractéristiques les plus intimes ne peuvent être transposées ailleurs, de sorte qu’il n’existe pas un Etat prototype universel, mais des Etats dont les traits reflètent l’histoire, la géographie, et tout ce qui contribue à identifier la culture propre à ces peuples. Chaque Etat présente une personnalité spécifique faite des particularités non transposables. Il en va de l’Etat comme de tout être humain irréductible génétiquement et rebelle selon les règles biologiques à tout clonage” (Baguenard J.).
  • La constitution, “c’est le peuple et vice-versa” (Eboussi Boulaga).
  • “Autant de constitutions, autant des récits qui racontent l’histoire des hommes, donnent un sens à leur vie individuelle et collective” (Dominique Rousseau).
  • “Les constitutions sont comme un sémaphone : la description de ses pièces et de ses mouvements n’apporte pas grand’ chose quand on ignore la signification des signaux transmis” (Michel Alliot).
  • Un texte constitutionnel voile un projet de “communauté politique liée à un imaginaire historique partagé” (Rousseau D.).
  • “La constitution nous permet de saisir l’arrière-fond de la constitution” (Crabb, J).
  • “Chaque Etat possède une identité génétique particulière, un code A.D.N. spécifique, même si le terme générique d’Etat demeure universellement adopté” (Baguenard, J.).
  • “La constitution dévoile la centralité souterraine d’un Etat, de là découle son articulation en forme et en régime. En effet, s’il y a un trait commun à toutes les sociétés, c’est bien que chacun construit son propre univers mental, pensé et impensé, qui traduit sa vision du monde, du vivre ensemble”. (Baguenard J.).

Pour tous les experts en cette matière, dans tous les pays et chez tous les peuples, la constitution est la loi suprême. C'est de cette loi fondamentale que toutes les lois tirent leur substance. Aucune loi ne peut être contraire à la Constitution, et donc ne peut s'opposer à elle ou réduire sa portée.

La constitution définit le type de société organisée dans le pays, les symboles qui distinguent le pays des autres pays, tel que le drapeau, l'hymne national, la devise ou la monnaie nationale, la forme de l'État (fédéral ou unitaire), le régime politique, le mode de scrutin au niveau national et provincial, et la responsabilité et le fonctionnement de la justice et des institutions.

  1. Qui sont les Auteurs de la constitution en vigueur en RDC ?

Ce sont des étrangers, à Liège (Bruxelles).

La constitution dite de la 3ème République a été rédigée par les Experts étrangers à Liège (en Belgique) et non par les Fils de notre Pays ; elle a été imposée aux députés congolais pour adoption le 16 mai 2005 sans même que les députés congolais ne l’aient lue, analysée et enrichie de leur propre apport ; elle a été ensuite promulguée le 18 février 2006 par un Mercenaire parachuté dans le Palais présidentiel par les étrangers en 2001, et imposée au Peuple Congolais pour application après un hold – up référendaire du 18 Décembre 2005.

Rien ne justifie un tel mépris, une telle insulte, une telle humiliation, une telle méfiance, un tel complexe puisque les Fils du Pays avaient pourtant déjà démontré leur capacité et aptitude à rédiger une constitution valable et démocratique.

  • La Constitution de Luluabourg

Lors de son accession à l’Indépendance le 30 juin 1960, le Congo/Kinshasa a été organisé et géré sur la base de deux «Lois fondamentales» : celle du 19 mai 1960 relative aux structures du Congo et celle du 17 juin 1960 relative aux libertés publiques.

Ces deux Lois fondamentales avaient été votées et adoptées par le Parlement belge, sanctionnées et promulguées par le Roi des Belges (Le Roi Baudouin). Ces deux Lois fondamentales ont constitué la Constitution provisoire du nouvel Etat du Congo. Cette constitution était une constitution provisoire, intérimaire pour une période de Transition (30 Juin 1960-30 Juin 1964) jusqu’à la mise en place des institutions publiques organisées par la Constitution définitive du Pays. 

La Loi fondamentale relative aux structures du Congo avait institué, sans toutefois le prévoir expressément, la forme fédérale de l’Etat. Mais, rapidement, l’Etat du Congo sombra dans les conflits de pouvoirs. La Constitution provisoire du Pays a été mise en cause et le fédéralisme mal défini et mal précisé a été l’une des causes de la crise congolaise qui a éclaté en 1960.

A l’article 203 de la Constitution du 1er août 1964, dite la Constitution de Luluabourg, les deux Lois fondamentales de 1960 ont été abrogées.

La nouvelle Constitution a été proposée par la Commission constitutionnelle, nommée par le Président Joseph Kasa-Vubu et convoquée pour siéger à Luluabourg du 10 janvier au 11 Avril 1964. Cette Commission, composée par les Fils du Pays, a été présidée par M. Joseph Ileo et avait réuni quelques jeunes universitaires de l’époque, notamment M. Marcel Lihau comme Secrétaire Général et MM. Étienne Tshisekedi, Barthélemy Dipumba, Albert Mpase, Umba di Lutete, Paul Muhona et Henri Takizala.

Le Référendum constitutionnel a été organisé du 25 juin au 10 juillet 1964. Le “Oui” l’a emporté et a consacré l’adoption de la nouvelle constitution post -indépendance. Cette Constitution a été promulguée par le Président Kasa-Vubu le 1er Août 1964 et a été appelée “Constitution de Luluabourg” puisque la Commission chargée de sa rédaction s’était réunie à Luluabourg.

La Constitution de Luluabourg définissait dans des termes clairs un État fédéral au régime parlementaire, le multipartisme et un Parlement à deux chambres.

Elle était destinée à mettre fin aux suites des crises institutionnelles (révocations réciproques au Sommet de l’Etat, coup d’Etat du 14 septembre 1960, révoltes armées, sécessions…).

La mise complète en application de cette constitution a été interrompue par le Coup d’Etat militaire perpétré par M. Joseph Mobutu le 24 Novembre 1965. 

  • Les deux textes constitutionnels issus de la Conférence Nationale Souveraine

La constitution issue de la Conférence Nationale Souveraine (CNS, 7 Août 1991-6 Décembre 1992) et intitulée « Acte portant dispositions constitutionnelles relatives à la période de la Transition ». Elle constitue l’une des Résolutions de la CNS, c’est-à-dire l’un des fondements d’un Etat de droit démocratique moderne et prospère. Cette Constitution a été adoptée par les 2850 Délégués à la CNS et reconnue comme étant la seule constitution valable dans notre pays, en ce moment-là, par la Cour Suprême de Justice, Autorité compétente en la matière, par l’Arrêt R.A. 266 rendu le 08 Janvier 1993.

Les 2850 Délégués à la Conférence Nationale Souveraine avaient également adopté le Projet de Constitution à soumettre au Référendum populaire et appelé « Constitution pour la Troisième République »

La constitution rédigée à Liège par les étrangers et imposée à notre Peuple le 18 Février 2006 est une constitution vide de notre Ame bantoue, de notre D.N.A. génétique propre, de nos valeurs, de vision du Monde, de notre modèle de société, de notre perception de la vie, de notre conception du pouvoir, de nos réalités politiques, sociales et culturelles.

Le Professeur Léon de Saint-Moulin a stigmatisé cette « constitution » de la façon suivante : “C’est un simple exercice académique pour un pays indéterminé et pour un peuple neutre et sans spécificité propre”.

Il n’est nulle part fait référence à l’identité bantoue de la majorité des habitants ni à son système de valeurs et à ses modèles de perception de la vie sociale. Même l’organisation du droit foncier et du pouvoir coutumiers, qui continuent de régir de larges portions de la vie des populations, ne sont nulle part sérieusement prises en compte dans cette constitution. On en est resté à des affirmations générales issues de l’époque coloniale.

Cette constitution est un objet juridique non identifié.

Pour le Professeur Filip Rentjes, il s’agit “des feuilles de vigne impuissantes à cacher l’autoritarisme récurrent du régime”. L’absence d’identité constitutionnelle génère un constitutionnalisme non encastré dans les réalités et les défis de la société et se manifeste par des mouvements fréquents de “deconstitutinnalisation - reconstitutionnalisation”.

Cette “constitution” est un virus injecté dans l’être congolais pour y détruire l’A.D.N., le patrimoine génétique même, l’être profond et vider la victime de son principe vital. Sans âme, vidée du principe vital, la victime meurt. C’est un génocide.

C’est pourquoi, de toutes les carences observées dans la “constitution” qui a été imposée à notre Peuple au moyen d’une escroquerie avérée et honteuse appelée “référendum constitutionnel” organisé les 18 et 19 décembre 2005, les animateurs de la Transition, leurs parrains et tuteurs étrangers, cette carence est la plus fondamentale, la plus cruelle et la plus inacceptable car ses conséquences immédiates et lointaines (négation de soi, autodestruction, esclavage, animalisation, dépersonnalisation, aliénation, déshumanisation…) sont indélébiles, irréversibles et mortelles pour la victime.

Notre Pays comprend actuellement de nombreux éminents constitutionnalistes et intellectuels à qui l’on aurait pu demander d’élaborer la constitution par l’enrichissement de deux textes constitutionnels issus de la Conférence Nationale Souveraine. 

Pourquoi avoir aujourd’hui recouru uniquement et exclusivement aux “experts étrangers” pour la rédaction de l’actuelle constitution ? Rien ne peut le justifier. C’est un recul par rapport à la dignité et à la fierté nationale, une honte pour l’Intelligentsia congolaise.

Ces “experts étrangers” ont agi avec la complicité de certains congolais opportunistes et aventuriers : les animateurs de la défunte Transition non élus par le Peuple mais désignés et nommés à l’issue du Dialogue Intercongolais (Afrique du Sud, février 2002-avril 2003) et qui agissaient suivant la logique des “entités et des composantes” ayant participé à ce Dialogue.

C’est une constitution qui a été acceptée par ceux qui étaient préoccupés par leur maintien au pouvoir et par la prédation des richesses nationales ; une constitution qui ignore le peuple ; qui est faite sur le dos de l’Etat et du peuple ; une conspiration des politiciens congolais contre l’Etat et les Congolais. (Cfr. : MAMPUYA, projet de constitution : copie à refaire, in Le Potentiel, quotidien n° 3438, juin 2005, p. 17)

Le Peuple, ses dignes représentants et les experts congolais n’ont été ni associés ni consultés pour l’élaboration de cette constitution. C’est une constitution qui souffre d’un déficit identitaire et qui ne reflète ni les valeurs ni la vision du pouvoir des Congolais.

Le recours aux “experts étrangers” confirme l’extranéité au détriment des compétences et des capacités nationales et du patrimoine organisationnel social Congolais.

Le recours à l’expertise étrangère n’est pas une mauvaise chose en soi dans une approche comparative, mais il ne doit pas exclure totalement l’expertise nationale, des enquêtes sur le terrain par souci d’authenticité, d’adéquation et de conformité aux attentes et aux aspirations profondes et légitimes de notre Peuple.

C’est pourquoi cette constitution est une “coquille vide”, un “vulgaire chiffon”, un “échafaudage juridique visant à légitimer le pouvoir d’occupation étrangère rwandaise imposé à Kinshasa et de ses complices congolais ».

Cette constitution n’est donc pas un outil destiné à résoudre fondamentalement la crise, à prévenir et à réguler les conflits, mais l’expression et le vecteur amplificateur des frustrations génératrices de violence politique et sociale, des divisions, des sécessions et des conflits fratricides en RDC.

En outre, cette constitution a été rédigée en français, et traduite ensuite en langues nationales. Son écriture n’est pas accessible au peuple, elle est étrange pour les destinataires. Nous sommes loin de la préoccupation qui a dominé l’écriture de la Constitution sud-africaine du 10 décembre 1996 qui, outre le fait d’être obligatoirement traduite dans différentes langues locales, a fait appel au moment même de son écriture à des experts linguistes réputés pour écrire en langage clair et simple les textes compréhensibles par tous.

Cette constitution ne porte pas seulement atteinte au droit inaliénable de tout peuple de rester fidèle à sa culture, à son originalité, à ses valeurs et à sa vision du monde, mais elle tue ce peuple en tuant sa substance ontologique, sa consistance axiologique et sa transcendance spirituelle.

L’article 64 de cette constitution inique fournit l’une des preuves du recul et une différence notable d’orientation par rapport au texte issu de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) dans le rejet de l’article 7 de 1992 :

“Le peuple a le droit sacré de désobéir et de résister à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir ou s’y maintient par la force ou l’exerce en violation de la Constitution”.

Cet article est remplacé par la disposition suivante dans la constitution promulguée le 18 février 2006 par « Joseph Kabila » : 

”Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution”.

La considération du peuple comme sujet de droit face au pouvoir était une grande originalité de la CNS et elle est à la base du droit à l’information, proclamé à l’article 24 dans les termes faibles dans la constitution actuelle.

Le texte de la CNS stipulant que “Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal lorsque celui-ci porte atteinte aux droits et libertés de la personne humaine » (art.8) est repris dans la “constitution” de « Joseph Kabila » mais assorti d’une clause restrictive : “La preuve de l’illégalité manifeste de l’ordre incombe à la personne qui refuse de l’exécuter (art. 28).

La fidélité à nos origines, à nos racines, à notre identité, aux valeurs philosophiques et culturelles, à la vision du monde de notre Peuple constitue pour nous une réalité première, irrécusable et non négociable sur laquelle tout notre être, toute notre personnalité et toute notre vie ont été construites.

Toutes les autres valeurs humaines et culturelles venant des autres peuples et des autres races viennent s’y greffer et nous enrichir mais jamais les remplacer. C’est cela pour nous la signification de l’intégration humaine et culturelle dans toute autre société et dans le monde d’aujourd’hui, le monde de la mondialisation où le monde devient un grand village.

Chaque peuple, chaque race doit apporter le sien au grand rendez-vous du donner et du recevoir, mais jamais s’y amener les mains vides pour se laisser diluer, dissoudre et aspirer par les cultures des autres peuples et des autres races. La mort est préférable à la négation de notre moi profond, au reniement de nos racines, de nos origines et de notre identité, à l’aliénation.

C’est le respect de ce principe qui fait que toutes les cultures du monde forment ensemble l’arc-en-ciel. Un arc-en-ciel ne se forme jamais par la suppression des autres couleurs même si l’on renforce les couleurs restantes, encore moins avec une seule couleur restée isolée et même renforcée à outrance.

C’est un principe élémentaire et essentiel pour chaque homme, chaque culture, chaque pays, chaque race, chaque continent. Vouloir détruire et faire disparaître les autres cultures, forcer les autres êtres humains à nier leurs cultures équivaut à tuer ces êtres humains.

Nos Ancêtres le savaient. C’est pourquoi ils avaient admirablement opposé une farouche résistance intérieure à la théorie de l’assimilationnisme (se désafricaniser pour s’européaniser) prôné par les colonialistes et amener ce dernier, malgré tous ses puissants moyens de coercition et d’oppression à capituler sur ce point précis et à se résoudre à appliquer l’apartheid (reconnaissance de l’existence des cultures des populations autochtones mais tenir les blancs et les nègres vivre séparément chacun sa culture dans deux cités séparées ) et finalement une politique de division des autochtones et de création des haines et des conflits fratricides entre eux pour pouvoir les dominer et les exploiter.

La constitution actuelle doit être un problème fondamental, crucial et urgent à résoudre pour tous les vrais Congolais : ceux qui sont engagés dans le combat pour la reconquête de la dignité humaine de notre Peuple et qui savent que c’est un devoir sacré pour eux de conquérir tous les attributs de leur être profond, métaphysique, moral et spirituel et pour l’instauration d’un Etat de droit démocratique moderne et prospère.

Ce “chiffon de papier” est un vulgaire instrument de domination politique au service d’un individu et de ses complices, dont le pouvoir n’émane pas de la volonté libre et souveraine de notre Peuple, c’est un pouvoir placé au-dessus de toutes les normes et de toutes les institutions, un pouvoir qui n’appartient pas à la Nation et qui ne vise pas l’Intérêt Général.

  1. Quelle est l’idée du droit véhiculé par l’actuelle constitution ?

Le Droit n’est pas une série close de normes, de règles : il traduit d’abord une vision du monde, qu’il met en forme et protège. Il y a certes un agencement technique plus ou moins performant, mais cet agencement dérive d’une histoire et d’une culture”.

Derrière un projet de texte juridique, gît une identité, sa raison juridique, son sens caché. La raison juridique est “l’ensemble des principes qui, sous-jacents à une collection de règles de droit, leur permettent de s’organiser en un système cohérent et approprié à la réalisation de certaines fins. Ces principes sont liés à une vision du monde déterminée”.

Nous devons donc chercher, derrière les textes, l’idée du droit, “l’image que se font les membres d’une société donnée, en un moment donné, d’un ordre susceptible de promouvoir le bien commun.”.

Il s’agit d’”une représentation d’un type de société, représentation qui n’est pas un quelconque fantasme dès lors qu’elle est structurée par l’image d’un certain nombre des règles dont l’établissement assurerait sa réalisation.”

L’identité constitutionnelle permet de comprendre et contextualiser les questions relatives notamment à la forme de régime politique ou de forme de l’Etat. C’est en effet les termes “de système de logique politique globale, de mécanique dont l’Etat n’est qu’une structure, qu’il faut repenser afin de concevoir un nouvel appareillage politique susceptible de déclencher la pulsion d’une transformation totale.”

Une constitution est donc une matrice, un socle, une construction ou une architecture des droits et des devoirs qu’un peuple structure, constitue et en y déployant son “intelligence sociale, sa capacité de s’organiser collectivement pour agir ensemble selon un projet de société en lequel nous aurions tous confiance parce qu’il nous réunirait comme nation consciente de ses intérêts vitaux”.

La Constitution doit traduire “une vision politique collective. Elle est une transfiguration, une exploration lucide des expériences et des aspirations d’une nation consciente de l’impératif de sa réinvention dans un contexte mondial extrêmement exigeant et d’une société fragmentée dont la cohésion interne reste à imaginer pour une communauté de destin.”

Dire qu’on a choisi le régime présidentiel n’est rien si on ignore que “ce modèle est une construction du génie propre d’un peuple, des pères fondateurs, les visionnaires qu’étaient George Washington Jefferson, John Adams, Alexander Hamilton. Le régime présidentiel était loin d’”un assemblage de formules concoctées selon les fantasmes politico-intellectuels, dans une articulation des institutions conçues dans le seul but de s’auto-garantir l’impérium”

Dire qu’on a choisi le régime semi-présidentiel n’équivaut à rien, si on ignore que “le présidentialisme français traduit les dérives et les hésitations d’un peuple tiraillé entre un héritage monarchique et bonapartiste d’une part et révolutionnaire et républicain de l’autre”.

L’actuelle constitution manque d’audace en évitant d’inventer et de concilier les meilleurs apports du passé africain et de la modernité inachevée pour promouvoir un projet de société répondant à la fois à l’exigence de l’endogénéité culturelle et à une approche pragmatique du processus de mondialisation. Texte qui pourra ainsi nous aider à faire face au défi et au pari de reprise d’initiative historique dont le Congo a tant besoin, sinon il risque de disparaître en tant qu’Etat.

Conclusion sur l’idée du droit que doit représenter une Constitution :

Nous n’allons pas inventer la roue. Depuis 1960, les Congolais ont adopté plusieurs textes constitutionnels qui ont structuré toutes les formes de régimes et toutes sortes les formes d’Etats.

Malgré ce cycle de production, nous continuons à être un territoire à la recherche d’un Etat, une entité politique à inventer. Il nous faut sortir de ce constitutionnalisme de pacotille, de figuration pour trouver un “autre possible juridique”.

Il nous faut “une constitution chef-d’œuvre, porteuse de notre génie politique, que nous pourrons léguer avec fierté aux futures générations”.

L’adéquation identitaire du texte renforce sa légitimité. La légitimité étant “la conformité du pouvoir, du régime politique à la manière de penser d’une Nation ; c’est la correspondance d’idées entre deux éléments essentiels du corps social, le pouvoir et les gouvernés au sujet du bien commun”.

Le Congo est une invention occidentale, une composition artificielle découlant des marchandises entre puissances européennes durant la colonisation. Ce territoire recouvre pour l’essentiel le bassin hydrographique du fleuve Congo. Mais ce bassin ne présente pas un ensemble et dégage une image à la fois unique mais plurielle, une extrême hétérogénéité sur le plan humain avec plus de 250 groupes ethniques dénombrés.

Il est utopique de croire qu’en faisant “le copier-coller” nous allons nous en sortir. Il est illusoire de croire “qu’on peut transférer une identité d’une société à d’autres, de transférer les textes, les procédures, les gestes et les charges affectives ; on connaît la réalité : transférées, les institutions sont désacralisées. Il n’en reste qu’une construction vide, totalitaire, rigoureuse et menaçante pour les individus et les groupes”.

Les Constitutions doivent cesser d’être “des simples emplâtres sur des jambes de bois qui aident de prendre la population en otage par une classe politique irresponsable, majoritairement incompétente et corrompue”.

La Constitution actuelle est “le résultat du jeu et du compromis entre les seuls ex belligérants et des milices qui se sont déchirés sur l’espace politique, ont aggravé la crise et même bloqué la solution à cette aggravation. Avec l’aide des pays voisins et d’autres non apparents ils ont contrôlé le pouvoir congolais et les richesses nationales dans une vision prédatrice”.

Notre Peuple doit retrouver sa souveraineté en rejetant ce projet de constitution, car il y est oublié comme il a été meurtri et massacré dans cette confrontation d’intérêts personnels de rejeter ce projet de constitution qui n’est pas le sien et qui ne représente pas ses intérêts, ses aspirations, ses attentes et ses défis.

  1. L’absence d’exigence quant à la qualification pour être Président de la République et Haut Fonctionnaire de l’Etat

L’actuelle constitution est muette quant à la qualification même minimale que devraient justifier les candidats à la Présidence de la République, au poste de Premier Ministre et des Ministres ainsi qu’aux fonctions de députés et sénateurs.

Par qualification, nous entendons notamment le niveau d’études requises et l’expérience professionnelle. De tels éléments sont d’importance capitale pour comprendre les problèmes de gestion d’un Etat moderne et bien gérer l’Etat, et devraient figurer dans la constitution.

Cette constitution a été taillée sur mesure de « Joseph Kabila » et d’autre ex belligérants qui veulent se maintenir à des hauts postes de responsabilité politique. Car croit-on vraiment et de bonne foi, que tout Congolais, sans un minimum acceptable d’un certain niveau d’études ni d’expérience professionnelle, “âgé de 30 ans au moins” (art. 72) est apte à remplir avec compétence, dignité et honneur les fonctions de Président de la République ou de Chef de gouvernement d’un grand pays comme la RDC de demain et relever tant de défis importants avant même de redémarrer ?

La bonne conduite des affaires de l’Etat, à quelque niveau que ce soit, requiert des capacités intellectuelles que ne peuvent conférer que les études et l’expérience positive suffisamment longue dans l’exercice d’une fonction de responsabilité. On ne doit pas commencer à apprendre le rudiment de l’essentiel des rouges de l’Etat au moment où on est appelé à assumer des charges d’Etat.

Nous verrons plus loin (au point 6) le Profil défini par la Conférence Nationale Souveraine pour ceux qui doivent assumer de hautes fonctions au sein des Institutions de l’Etat Congolais.

Pourquoi ne pas s’inspirer de ce Profil ? L’actuelle constitution est un véritable recul par rapport au Profil issu de la Conférence Nationale Souveraine.

  1. Absence d’affirmation des règles et des valeurs éthiques et morales

L’actuelle constitution ne consacre pas la nécessité pour les principaux dirigeants (Président de la République, Premier Ministre, Ministres, Députés, Sénateurs) de justifier qu’ils ont des valeurs éthiques et morales pour prétendre assurer leurs charges respectables.

Les valeurs morales telles que l’honnêteté, la volonté, le courage, l’équité, l’intégrité morale, l’abnégation, le sens de l’Etat et de l’intérêt général… ne sont pas proclamées de façon explicite dans l’actuel projet de constitution alors que ce sont les valeurs qui permettent à ceux qui les cultivent de transcender les intérêts personnels ou partisans et de privilégier, en toute circonstance, l’intérêt de la nation entendue comme une entité qui devrait être préférée à tout ce qui est extérieur et à tout ce qui dépasse les ethnies ou groupes qui la composent.

Sans l’intégrité morale et l’honnêteté, les personnes peuvent détourner les biens de l’Etat, dissimuler leur patrimoine avant, pendant et après leur mandat…. Le courage et la volonté devront animer les futurs dirigeants de la RDC, car tout est à refaire dans l’ensemble du pays et les ressources nationales sont limitées.

Depuis qu’il n’a plus les commandes du Gouvernement, l’on peut tout lui refuser sauf sa volonté de réfléchir à haute voix à travers ses tribunes et conférences sur l’ensemble du territoire national et ailleurs pour la bonne marche de la société. La dernière tribune qu’il a mise à la portée de tous, mais adressée au Gouvernement de la RDC, a pour cible les secteurs de la santé et de l’éducation qui demeurent toujours confrontés à des mouvements de grève interminables. D’après Augustin Matata Ponyo Mapon, les dirigeants du pays doivent prendre au sérieux les revendications des enseignants et des médecins en vue des solutions qui s’imposent. Pourquoi ? Parce que l’éducation et la santé, à en croire l’homme à la cravate rouge, constituent la base par excellence du développement d’une Nation. «Ce que je pense est que l’investissement dans l’éducation ou la formation de l’homme est la clé de tout progrès et toute prospérité humaine. Investir dans l’éducation de l’homme, c’est lui transmettre un ensemble de connaissances et d’aptitudes susceptibles de lui permettre de travailler dignement, de le rendre plus utile à la société et de lui garantir, de manière intertemporelle, l’épanouissement et la sécurité humaine. (…) Ce que je pense est qu’à côté de l’éducation, il y a la santé. Cette dernière apparait comme un déterminant de la production et de la croissance au travers principalement du comportement des individus inhérent à : (i) l’offre de travail (quantité et qualité du travail), (ii) la productivité au travail (possibilités d’utiliser pleinement les aptitudes et les capacités), (iii) l’éducation (l’épanouissement sur le plan intellectuel), et (iv) l’évolution de l’épargne. Voilà pourquoi, les pays développés ou les économies émergentes regorgent les meilleurs hôpitaux et les meilleurs médecins du monde. Au-delà des bâtiments qui doivent être d’un standard appréciable, les meilleurs soins de santé exigent des plateaux techniques de qualité et de médecins compétents, notamment des spécialistes dans tous les domaines requis», souligne le Sénateur Matata Ponyo. Ci-dessous, la tribune du Premier Ministre honoraire.

‘’Ce que je pense’’

Les secteurs de l’éducation et de la santé en grève

Ce que je pense est que la grève dans les secteurs de l’éducation et de la santé ne doit pas être négligée. Bien au contraire, elle doit être traitée avec urgence et diligence, car l’éducation et la santé constituent la base par excellence du développement d’une nation.

Ce que je pense est que l’investissement dans l’éducation ou la formation de l’homme est la clé de tout progrès et toute prospérité humaine. Investir dans l’éducation de l’homme, c’est lui transmettre un ensemble de connaissances et d’aptitudes susceptibles de lui permettre de travailler dignement, de le rendre plus utile à la société et de lui garantir, de manière inter temporelle, l’épanouissement et la sécurité humaine.

Selon le Prix Nobel d’économie Robert Emerson Lucas (1988), l’éducation est le principal facteur de progrès et la cause du retard des pays pauvres.

Pour Nelson Mandela, l’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde.

Pour ma part, l’éducation est la plus grande richesse de l’homme et partant, des nations. Et l’éducation s’obtient par la formation dès l’école primaire que l’on qualifie d’éducation de base ou fondamentale. Ensuite viennent l’école secondaire et les études supérieures et universitaires.

Pour rappel, la plupart des pères de l’indépendance de pays africains n’ont pas fait d’études supérieures. Certains d’entre eux n’avaient même pas de diplôme d’Etat ou de baccalauréat. Ils avaient plutôt un certificat de l’école moyenne obtenu à l’issue de quatre ans d’études post-primaire.

Nonobstant cela, ils avaient les connaissances nécessaires pour se battre et obtenir l’indépendance de leurs pays respectifs.

L’enseignement de base était donc de qualité. C’est cette qualité qu’il faut à tout prix préserver en évitant des grèves à répétition après les congés prolongés imposés par la Covid-19.

Ce que je pense est qu’à côté de l’éducation, il y a la santé. Cette dernière apparait comme un déterminant de la production et de la croissance au travers principalement du comportement des individus inhérent à : (i) l’offre de travail (quantité et qualité du travail), (ii) la productivité au travail (possibilités d’utiliser pleinement les aptitudes et les capacités), (iii) l’éducation (l’épanouissement sur le plan intellectuel), et (iv) l’évolution de l’épargne.

Voilà pourquoi les pays développés ou les économies émergentes regorgent les meilleurs hôpitaux et les meilleurs médecins du monde.

Au-delà des bâtiments qui doivent être d’un standard appréciable, les meilleurs soins de santé exigent des plateaux techniques de qualité et de médecins compétents, notamment des spécialistes dans tous les domaines requis.

Voilà pourquoi à l’indépendance, les pays africains avaient des hôpitaux qui n’avaient rien à envier à ceux des pays occidentaux. Il faut investir davantage dans ce secteur, y compris dans l’amélioration des salaires des médecins, des infirmiers et du personnel paramédical, pour ne fût-ce que retrouver le niveau d’il y a soixante ans. Les grèves constituent donc un rappel du niveau de santé d’il y a soixante ans.

Ce que je pense est qu’il existe un lien positif entre état de santé et éducation, particulièrement durant la petite enfance. Plus les enfants sont en bonne santé, plus ils sont assidus à l’école et assurent un parcours stable et efficace en améliorant leurs capacités cognitives.

Arrivés à l’âge adulte, ils sont plus instruits et mieux à même de percevoir un revenu élevé. Aussi, un meilleur état de santé conduit à une espérance de vie plus longue, ce qui influence positivement le rendement de l’éducation, et partant les incitations à y investir. Un allongement de l’espérance de vie à la naissance favorise l’épargne des travailleurs. Plus leur période de retraite sera longue, plus ils seront incités à épargner pour bénéficier d’un revenu plus important. Logiquement, l’accroissement de la longévité a des effets sur la propension à épargner des gens tout au long de leur cycle de vie et partant, favorise l’investissement et la croissance.

Le binôme santé-éducation constitue donc le fer de lance de toute politique économique durable.

Ce que je pense est que la grève qui affecte les deux secteurs précités est préjudiciable à l’économie nationale.

D’abord au niveau de l’éducation, parce qu’elle ne permet pas aux élèves de l’école primaire et secondaire, particulièrement ceux du secteur public, de se rendre à l’école et de bénéficier d’une formation adéquate.

Les enseignants réclament au minimum un salaire d’un niveau acceptable tel celui qu’ils avaient avant la gratuité décrétée par le Gouvernement.

Pour rappel, les salaires touchés par les enseignants, avant la gratuité, étaient financés en majeure partie par les contributions de parents.

Après la mise en application de la décision gouvernementale, le surplus, jadis financé par les parents, n’a été compensé que partiellement par l’allocation gouvernementale ; ce qui ne permet pas aux enseignants de retrouver le niveau de leurs revenus d’avant la gratuité.

Par exemple, un enseignant qui percevait l’équivalent de près de 400 USD avant la gratuité touche aujourd’hui moins de 200 USD. Il est vrai que la mesure de la gratuité de l’enseignement permet aux centaines de milliers d’enfants issus de familles démunies de retrouver le chemin de l’école ; toutefois, elle ne permet pas au secteur public de garantir le même niveau ni la même qualité d’éducation qu’avant.

En effet, les salles de classe sont surpeuplées et les enseignants sont démotivés. A terme, le résultat risque d’être le contraire de celui recherché.

Ce que je pense est que la grève au niveau du secteur de la santé a des conséquences immédiates et incalculables parce qu’elle entraine de milliers de perte en vies humaines.

D’abord, ce sont des médecins qui étaient en grève pendant plus d’un mois ; par la suite, ce sont les administratifs et autres personnels de la santé qui ne travaillent plus pendant plus de deux mois. Tous réclament une augmentation de salaires. Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle coïncide avec la prévalence de la pandémie Covid-19 qui fait des victimes dans plusieurs provinces du pays, particulièrement dans la capitale.

Le Gouvernement se doit d’examiner en priorité ce cas pour plusieurs raisons.

D’abord, parce qu’il n’est pas normal que l’administration de la santé ne fonctionne pas pendant plusieurs mois.

Ensuite, parce que les pertes en vies humaines sont considérables, surtout au sein des familles les plus démunies incapables de s’offrir des soins de qualité dans les institutions hospitalières privées.

Enfin, parce que cette carence de service médical public risque de contribuer à la propagation de la pandémie Covid-19 et d’affecter l’économie nationale. Nous ne devons l’oublier, plusieurs pays sont tombés dans la décroissance économique à cause de cette pandémie.

Augustin Matata Ponyo

 

                   

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