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N’en déplaise aux révisionnistes de l’histoire contemporaine de la RDC -ils se reconnaitront, il y a trois dates majeures que tout congolais, techniquement compètent et politiquement conscient ne peut oublier : 4 janvier 1959, 30 juin 1960 et 2 aout 1998 qui signa la première guerre mondiale africaine.


La date mythique du 4 janvier 1959
Tout esprit sain ne peut pas nier trois faits tangibles et vérifiables :
1. Le 4 janvier 1959 fit le rebondissement violent des luttes -amorcés par nos vaillants icones (Kimpa Vita, Simon Kimbangu, reine Nzinga, Simao Toko, etc.) – contre l’inégalité, de la conjuration brutale des rapports de soumission, des relations d’échanges, de réciprocité de coercition, de la mise en cause des termes de l’exclusion et de l’incorporation, bref des modalités de l’assujettissement légitime ;

2. En ce jour mythique (4 janvier 1959), tous les Kinois, muent comme un seul homme, défièrent l’ordre établi et firent sauter le sarcophage dans lequel, on avait cadenassé les droits des colonisés à la dignité, liberté et émancipation.

Qui furent ces kinois ?

Des congolais de Congo-Léopoldville, des congolais de Congo-Brazzaville, des angolais, des popos ou Afrique de l’Ouest (Ghana, Togo, Siéra Leone, Liberia). Les mains nues, les Kinois affrontèrent les oppresseurs belges mais aussi leurs alliés portugais et grecs. Ce jour-là, ce sont les dignes fils et filles de l’Afrique qui avaient sacrifiés leur vie pour l’indépendance de la RDC ;

3. Personne ne peut nier que les évènements du 4 janvier 1959 balisèrent le chemin vers l’indépendance. Les manifestants kinois avaient mis en garde contre le caractère castrateur de la division (déjà ?), les chaudrons du conformisme et les miradors de l’intolérance. Ces kinois, nos parents, grands-frères avaient une longueur d’avance. Ils étaient des véritables panafricanistes.

Logiquement, le 4 janvier 1959 devrait être un jour spécial pour honorer la mémoire de ces africains qui tombèrent pour la libération et l’émancipation de l’homme noir.

Le 30 juin 1960 : jour de l’indépendance nominale

Ce jour-là symbolisera toujours l’aboutissement de la lutte pour l’émancipation, liberté et l’indépendance -fusse-t-elle nominale- des congolais.

C’est ce qui inspirera certainement les auteurs de l’Hymne national « Debout congolais » en 1960, le père jésuite Boka, et le professeur historien Lutumba (décédé depuis), lorsqu’ils écriront :

« Dressons nos fronts, longtemps courbés » pour exalter le peuple congolais « à bâtir un pays plus beau qu’avant par le labeur » !

Grand Hymne disons-nous, car les auteurs ont légué là un hymne-testament qui extériorise la participation existentielle de tous les Congolais au projet commun du développement de la Nation.

Le 2 aout 1998

Cette date signa ce que quelques observateurs appelèrent la « première guerre mondiale africaine »

Voici quelques paragraphes d’une thèse de doctorat sur l’intervention de l’Angola en RDC.

L’Angola dans la seconde guerre du Congo-Kinshasa (1998-2002)

Le 2 août 1998, les 10e et 12e brigades des Forces Armées Congolaises (FAC) entraient simultanément en rébellion, à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu et à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, sous les ordres du commandant Jean-Pierre Ondekane, un ancien des Forces Armées Zaïroises (FAZ).

Le même jour, des bataillons rwandais franchissaient la frontière. Au nord des blindés ougandais franchissaient eux aussi la frontière et profitaient de l’occasion pour s’attaquer au maquis anti-Museveni. Les unités militaires congolaises se soulevaient dans tout le Kivu.

Le 5 août 1998, la rébellion se choisissait un chef : Zahidi Ngoma, un ancien fonctionnaire de l’ONU très bien coté à Paris. Bizima Karaha, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Laurent Désiré Kabila, et Deogratias Bugera avaient fui Kinshasa et étaient passés du côté de la rébellion.

Dans sa progression vers Kinshasa, le chef militaire de la rébellion, le commandant Jean-Pierre Ondekane affirmait que : « Avant une semaine ou deux, nous serons à Kinshasa. Nos troupes sont également entrées à Tingui-Tingui et avancent sur Kisangani »

De violents combats à l’arme lourde se poursuivaient à Kisangani, à Uvira, plus au sud, et à Kitona qui abritait une importante base militaire au Sud-Ouest du pays.

Du Kivu, avec des avions réquisitionnés, les rebelles (dirigés par des officiers rwandais) s’emparaient le 5 août 1998 de l’aérodrome de Kitona et libéraient les 8.000 anciens mobutistes qui s’y trouvaient « en rééducation ».

Un pont aérien était organisé entre Goma et Bukavu et amenait des hommes et du matériel, dont des troupes ougandaises et rwandaises.

Les rebelles auraient ouvert un nouveau front à l’ouest du pays en s’emparant de la ville pétrolière de Moanda, sur la côte atlantique, près de l’enclave angolaise du Cabinda. Dans la même région des combats auraient eu lieu dans la ville de Banana. Fort de ces succès, Bizima Kahara menaçait de porter la guerre jusqu’à Kinshasa et demandait aux dirigeants africains de faire pression sur Laurent Désiré Kabila pour qu’il cède le pouvoir.

Sur le plan politique, la rébellion avait créé à Goma une structure politique, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), présidée par le Professeur Ernest Wamba dia Wamba.

Les rebelles s’emparaient rapidement de tout le Mayombe en prenant Banana, Kitona, Moanda et Boma. Matadi tombait le 9 août 1998, interrompant ainsi l’approvisionnement de Kinshasa. Le barrage d’Inga tombait dans les mains des rebelles -parmi lesquels un bataillon ougandais- deux jours plus tard, privant Kinshasa d’électricité, avec toutes les conséquences que cela entraînait.

Au sud-ouest de Kinshasa, l’avancée continuait. Depuis le port de Matadi, que les rebelles avaient pris, ils remontaient la route nationale vers la capitale, désormais distante de moins de 350 km. Sur leur chemin, environ 3.000 soldats gouvernementaux massés à Mbanza ngungu, à 140 km de Kinshasa, constituaient le dernier verrou. S’il sautait, tout pouvait arriver, d’autant que Laurent Désiré Kabila continuait d’armer des « comités d’autodéfense », qui ne manquaient pas de se transformer en escouades de pilleurs. Les troupes fidèles au président Laurent Désiré Kabila s’étaient regroupées entre le port de Matadi et Kinshasa et se battaient au niveau de Songololo, à 250 km au sud-ouest de la capitale.

Face à la dégradation de la situation militaire, Laurent Désiré Kabila multipliait les déplacements. Il s’était rendu d’abord à Lubumbashi, capital du Katanga où il tenait un conseil des ministres partiel. Ensuite, avant de regagner la capitale, il s’était rendu à Luanda, où il rencontrait les chefs d’Etat angolais et namibien, José Eduardo dos Santos et Sam Nujoma.

Alors que la rébellion affirmait se trouver à 150 km au sud-ouest de Kinshasa, le conflit prenait une tournure nouvelle. Plusieurs pays de la Southern African Development Community (SADC) décidaient de s’engager aux côtés du président Laurent Désiré Kabila. Même si l’Afrique du Sud avait déjà fait savoir qu’elle ne s’engageait pas militairement, tout en poursuivant ses efforts de médiation.

Le 30 août 1998, des forces spéciales angolaises pénétraient au Congo-Kinshasa à partir de l’enclave de Cabinda pour soutenir cette fois le régime de L-D. Kabila en difficulté face une rébellion interne depuis le début de l’année.

L’entrée de l’Angola dans la bataille portait un coup très dur à la rébellion congolaise. Les insurgés qui menaçaient Kinshasa à partir du littoral atlantique étaient pris à revers par les troupes angolaises qui prenaient l’aéroport de Kitona, point de passage obligé de l’approvisionnement des forces anti-Kabila.

Après sa perte, ils étaient désormais coupés de leur QG de Goma, au nord-est du pays et donc pris en tenaille entre les Forces Armées Congolaises (FAC), désormais appuyées par les Angolais et les Zimbabwéens.

Empêtrée dans ses propres contradictions, la rébellion n’avait pas vu, semble-t-il, le coup partir. La présence dans ses rangs d’anciens mobutistes, et, dans son sillage, d’une mouvance favorable à l’UNITA, les ennemis de l’intérieure de Luanda, avait contribué à attiser la méfiance de Luanda. Des contacts supposés ou avérés entre l’UNITA et le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), avaient encore jeté de l’huile sur le feu.

Un responsable du RCD confiait sous couvert d’anonymat que : « Les Angolais n’ont pas été convaincus que nous n’avions rien à voir avec l’UNITA et, dans le doute, ils n’ont pas voulu prendre de risques. Nous n’avons pas donné suffisamment de signaux. Nous n’aurions pas dû intégrer ces gens si tôt. L’Angola ne reculera plus. Notre marge de manœuvre est maintenant étroite ».

L’Angola, après avoir conquis la base stratégique de Kitona poursuivait son avancée. Matadi, Moanda, Boma et Banana (les ports maritimes et fluviaux du Bas-Congo) avaient été repris aux rebelles. Avec Matadi, les rebelles avaient perdu leur dernier point d’appui. Une victoire que l’Angola avait remportée surtout pour lui-même. Matadi était devenu une base angolaise. L’aviation angolaise était également intervenue, dans le nord-est du Congo-Kinshasa, en bombardant Kisangani, la troisième ville du pays.

Grâce aux Angolais et Zimbabwéens, Laurent Désiré Kabila gagnait la bataille de l’Ouest. A cause des Rwandais et Ougandais, il perdait celle de l’Est. Confronté à cette partition de fait du pays, Kabila refusait le cessez-le-feu proposé par le président Nelson Mandela.

En effet, l’intervention militaire du Zimbabwéen et de l’Angola avait fait sortir de leur silence le Rwanda et l’Ouganda. Les deux pays qui avaient nié jusqu’ici leur implication dans le conflit menaçaient de rentrer en guerre ouverte contre le président Kabila si les militaires angolais et zimbabwéens ne se retiraient pas du territoire congolais.

Je veux aussi attirer l’attention de toutes et tous. Les généraux du MPLA (parti au pouvoir en Angola) à tort ou à raison décidèrent d’envoyer en plus grande nombre les Bakongo de l’Angola pour des raisons identitaires, culturelles et linguistiques.

Les Bakongo de l’Angola ne sont pas différents des autres Bakongo de la région (RDC, Congo-Brazzaville, Gabon). Ils parlent la même langue, ont les mêmes schèmes mentaux et en commun l’histoire et la géographie. Ils forment un peuple homogène et cohérent.

Force est de reconnaitre que sur le plan stratégique, les résultats furent au-delà des attentes. Les militaires Nekongo angolais bénéficièrent de l’appui sans faille de leurs frères et sœurs du Kongo-Central pour localiser et extirper les rwandais et ougandais qui avaient fauchés des vies innocentes.

Edouard Nsimba
Expert International en Modélisation Mathématique et en Analyse des Politiques Publiques

 

 

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