Flash

BAN2

 

Contexte


Il y a quatre sources de financement extérieur pour promouvoir la croissance et le développement :

-L’aide publique au développement (APD) ou transferts officiels d’un pays vers un autre pays ;
-Transferts privés des migrants (TPM) envers leurs pays d’origine ;
-Endettement extérieur (EE) ;
-Investissement direct étranger (IDE) ;

Pour la RDC tout comme les autres pays en développement, et les pays émergents, les TPM constituent la source de financement extérieure la plus importante loin devant l’APD, EE et IDE.

Selon la Banque Mondiale (BM), l’une des premières sources de financement des pays pauvres se tarit. En se basant sur les calculs de la BM, publiés mercredi 22 avril, les transferts d’argent de migrants vers leurs pays d’origine pourraient diminuer de 19,7 % en 2020, au risque d’aggraver la crise économique et sociale dans ces pays à bas revenus.

Le recul sera particulièrement marqué en Europe et en Asie centrale (– 27,5 %), en Afrique subsaharienne (– 23,1 %) et en Asie du Sud (– 22,1 %). Ils devraient tomber à 445 milliards de dollars en 2020 (410 milliards d’euros), mais continueront à dépasser le flux des investissements directs étrangers ou de l’aide publique au développement.

La baisse des TPM est le fruit de la récession économique moniale induite par le COVID-19. Beaucoup des pays sont en récession économique (chute du PIB sur deux périodes consécutives). Avec l’effet combiné de la chute des prix des matières premières (détérioration des termes de l’échange) et les effets délétères du COVID-19, les prévisions pour 2021 sont pessimistes pour la RDC et pour l’Afrique. La récession économique risque de se cristalliser avec comme conséquences immédiates la hausse de chômage de masse faisant le lit de l’appauvrissement continue de la population congolaise.
La Résilience et la solidarité de la diaspora africaine
Les migrants africains tout comme d’autres migrants qui travaillent et vivent en Asie, Amérique Latine, Europe et Etats Unis sont confrontés à un avenir incertain. Beaucoup parmi eux travaillent dans les secteurs abattus par le COVID-19 et les mesures de confinement : hôtels, restaurants, commerce de gros (supers marchés et magasins), commerce de détail et transports (maritime, aérien, routier).

Ces africains migrants qu’ils soient naturalisé américain, français, belge, allemand, etc, avec la récession actuelle, perdent les premiers leur emploi que la main-d’œuvre locale. Malheureusement, selon la BM, « souvent peu qualifiés, ils peuvent difficilement se tourner vers les secteurs qui s’en sortent mieux en cette période de confinement, à savoir la santé ou les technologies de l’information. A cela s’ajoute la chute des cours du pétrole qui aggrave la récession dans les pays du Golfe et pousse de nombreux migrants à regagner leurs pays d’origine ».

Dans le contexte actuel de récession économique mondiale qui n’est pas à confondre avec la Dépression économique ((récession économique + déflation (chute générale des prix de biens et services)), les migrants africains continuent-ils d’envoyer des fonds envers la RDC ? Autrement dit, les transferts privés des migrants congolais sont-ils procyclique ou contre-cyclique ?
Avec détermination et persévérance, les migrants africains continuent d’envoyer les fonds. Ceci implique que les TPM sont contre-cycliques.

Problème. Ces fonds sont souvent destinés à la consommation des ménages : nourriture, transport, frais scolaires, paiement des loyers, dépenses de santé. Très peu de ces fonds sont orientées vers les investissements productifs.

Comment rentabiliser les transferts des migrants africains

Nous proposons des outils financiers qui aideront l’économie mais aussi bénéficieront aux migrants africains.

Pour cela, plusieurs outils financiers sont envisagés pour encourager les investissements de la diaspora africaine dont :

-le marché de la dette ;
-le programme de don (grant program) ;
-les fonds d’investissement de la diaspora congolaise ;
-l’investissement direct de la diaspora congolaise ;

Nous nous inspirons des pays qu’on considère - à juste titre- comme des références : Australie, Bangladesh, les Philippines, le Tonga, Israël, Mexique, Malaisie, Inde et Corée du Sud.

Divers mécanismes ont été imaginés et adaptés par les décideurs de nombreux pays afin d’attirer davantage les investissements de leurs diasporas. Les plus réussis ont impliqué les trois instruments suivants :

(1) la création d’un environnement viable propice à l’engagement de la diaspora, généralement à travers l’adaptation de la législation ;

(2) le développement et la création d’institutions de leurs diasporas dans le pays d’origine et à l’étranger,

(3) le montage et la gestion de programmes qui ciblent spécifiquement les membres de la diaspora en tant qu’acteurs de développement.

Création De Cadre Pour L’engagement De La Diaspora

La première étape pour attirer les investissements de la diaspora consiste à créer une atmosphère économique adéquate ainsi qu’en leur fournissant certains privilèges qui les incitent à investir dans le pays d’origine tels que :

Lois Flexibles Sur La Citoyenneté ; octroyer la double nationalité

L’Australie, le Bangladesh, les Philippines, le Tonga et la Corée du Sud ont tous adopté des lois permettant à leurs diasporas d’acquérir la double nationalité.

Certains pays ont également adopté des lois de résidence / de visas afin de faciliter l’accès de la diaspora dans le pays d’origine. Par exemple aux Philippines, le programme « balikbayan » accorde aux philippins vivants à l’étranger le droit de se réinstaller pour une année sans le besoin d’un visa.

Le Pakistan suit une politique similaire. L’administration fournit aux membres de sa diaspora la « Pakistani Overseas Card » (POC). Les détenteurs de ce document sont autorisés à entrer sans visa dans le pays pendant une période prolongée et sont exemptés des exigences d’inscription d’étrangers.

Droits De Propriété

Une autre façon d’augmenter les investissements de la diaspora est de leur accorder des droits de propriété spéciaux. Cette politique a été tentée en Inde et aux Philippines. N’importe qui de n’importe quel pays qui n’avait jamais obtenu un passeport indien ou dont le père ou grand-père était citoyen indien peut acquérir une quantité illimitée de terrains à usage commercial. Aux Philippines, les personnes émigrées et nées citoyens de ce pays peuvent acheter un terrain résidentiel ou commercial dans le pays.

Impôts Sur Les Revenus

Certains pays offrent des taux d’impôt sur le revenu réduit pour les membres de la diaspora qui ont travaillé à l’étranger. Le « Returning Expert Program » (REP) de la Malaisie en est un exemple. La politique offre des exonérations fiscales pour ces ménages ainsi que pour leurs importations de voitures. Elle garantit un taux d’imposition forfaitaire de 15% du revenu d’emploi pendant une période de cinq ans. Cependant, les personnes bénéficiaires du programme doivent travailler dans des secteurs que le gouvernement malaisien considère une priorité.
Développement et Création Des Institutions De La Diaspora

Institutions De La Diaspora Au Niveau Du Gouvernement

Plusieurs gouvernements ont mis en place des institutions de la diaspora afin de faciliter les liens avec leurs populations résidants à l’étranger. Selon une étude de Migration Policy Institute portant sur 56 pays, 77 institutions de la diaspora ont été répertoriées. Vingt-six des pays examinés ont un ministère de la diaspora.
Le but visé par ces ministères est l’engagement des communautés de diasporas dans des activités susceptibles de soutenir les efforts de développement du pays.

Par exemple, le ministère des Affaires indiennes à l’étranger a été créé en 2004 pour atteindre la diaspora indienne, en remédiant à l’absence d’une politique migratoire. Ce ministère met en œuvre le programme « Savoir Inde » qui offre à des jeunes d’origine indienne un stage de trois semaines orientées vers la promotion de la conscience sociale, culturelle et économique de l’Inde. Ce pays propose aussi un programme de bourses qui aident les enfants d’émigrants indiens à inscrire dans les établissements d’enseignements supérieurs.

De son côté, le gouvernement philippin a établi en 1981 le « Overseas Workers Welfare Administration (OWWA) », en tant qu’organisme relevant du ministère du Travail et de l’Emploi. Chargé de la protection des travailleurs migrants philippins, l’OWWA leur fournit diverses prestations tel que des services de rapatriement, prêts aux entreprises, etc.

Le bureau « Philippine Overseas Employment Administration (POEA) » a été créé un an plus tard. Cet organisme est chargé de réglementer l’emploi temporaire à l’étranger, y compris les agences de recrutement. Un autre organisme fut créé en 1995, le Bureau du Sous-secrétaire aux affaires des travailleurs migrants, sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères. Comme l’OWWA, ce dernier bureau met l’accent sur la protection des migrants, principalement grâce à la prestation de conseils juridiques et un soutien judiciaire aux travailleurs en difficulté.

Mise en œuvre de programmes impliquant la diaspora dans le processus de développement économique.

Capital Humain de la Diaspora

Ces programmes consistent habituellement à encourager des membres de la diaspora à revenir au pays d’origine pour y travailler, effectuer des recherches dans leur domaine d’expertise ou de créer des entreprises. Les gouvernements fournissent un large éventail de prestations telles que le paiement des frais de déménagement, la subvention de leur prêt hypothécaire, etc. De plus, le programmes qui incitent la diaspora d’utiliser leur savoir-faire acquis à l’étranger au service de leur pays d’origine varient en nature, mais ils sont choisis en fonction des besoins du pays et comprennent certains avantages pour quiconque est intéressé à participer.

Le modèle de développement Localité

Conçu et appliqué par le Mexique, le modèle Localité met l’accent sur l’environnement économique, institutionnel, politique et social d’une localité. Cette approche intégrée du développement, englobe l’environnement bâti ainsi que la fourniture d’infrastructures et de services communautaires. Il comprend d’autres composantes : le logement, la santé et l’éducation.

Le modèle d’investissement et de développement des affaires

Ce modèle implique l’investissement direct dans les entreprises locales et le recrutement de nouvelles entreprises dans la région (qu’il soit national, régional ou local). Ce modèle exige que les licences et les procédures soient déjà bien organisées. Les gouvernements nationaux et locaux doivent avoir des zones commerciales et industrielles déjà établies.
Le modèle d’investissement indirecte de la Diaspora
Ce modèle exige que le marché financier soit déjà établi ; la diaspora peut y investir et acheter des obligations du gouvernement national ou local finançant les entreprises et soutenant ainsi indirectement le développement. Ce modèle a été mise en œuvre par la Jamaïque
Le Modèle de transfert de haute technologie

Mis en œuvre par l’Inde (Bangalore), ce modèle présuppose qu’une nation possède une diaspora qui est versée dans la Technologie avancée, tels que la biotechnologie, la bio-ingénierie, les plastiques, les puces, la robotique et l’ingénierie informatique, notamment l’équipement (hardware) et les logiciels (sofware) avec un accent appuyé sur la production des logarithmes de résolution numérique des modèles dans des domaines d’application divers. Il suppose l’existence d’installations pour ces industries, y compris les laboratoires et une électricité fiable.
Le modèle de développement de la bureaucratie de l’administration publique

Ce modèle met l’accent sur la nécessité d’administrateurs publics qui sont des spécialistes dans l’analyse des politiques, la prévision économique, les politiques fiscales, et le droit par exemple. Ce programme implémenté par la Corée du sud repose sur le recrutement de membres de la diaspora qui ont des compétences pour devenir administrateurs du développement dans des localités ou au niveau de la nation. Ce modèle sous-tend que les responsables politiques nationaux et locaux reconnaissent qu’ils n’ont pas la structure technocratique nécessaire pour administrer le développement.
Le modèle de développement sectoriel

Ce modèle implique le recrutement de professionnels de la diaspora mobilisés pour les besoins du développement sectoriel devant faciliter la création des liens entre l’amont et l’aval. La diaspora sert toute la chaîne : la conception du programme de prestation de services, la publicité, les fournitures et l’approvisionnement en matières premières, et l’assistance à l’achat.

Rappel de quelques notions sur les transferts officiels et privés :

Revenus des facteurs :

- Revenus d’investissements générés par les Investissements Directs Etrangers (IDE) en forme des dividendes ;
- Paiement des intérêts reçus ou versés de la dette extérieure ;
- Revenus des travailleurs migrants et saisonniers ;

Transferts sans contrepartie :

- Il faut distinguer les transferts courants et les transferts de capital ;
- Les deux types de transferts sont répartis en secteur privé et secteur public. Les transferts privés concernent les transferts des travailleurs migrant et les transferts de charité. Les transferts publics sont essentiellement des dons, de l’aide public au développement (APD) ;

Transfert courant : est considéré comme transfert courant, tout transfert (souvent en liquide) qui peut être consommé (dépensé)

Transfert en capital : transfert des biens des capitaux (équipements). Par exemple, si un pays reçoit de l’aide et l’utilise pour financer un barrage hydroélectrique en construction, cette aide doit être considérée comme un transfert en capital.

L’annulation de la dette extérieure (qu’elle soit du secteur public ou privé), est considérée comme transfert en capital.

Edouard Nsimba
Expert International en Modélisation Mathématique et Analyse des Politiques Publiques

 

Pin It

Statistiques

14129429
Aujourd’hui
Hier
Cette semaine
La semaine passée
Ce mois
Le mois dernier
Au total
22314
26225
48539
13903311
201420
712055
14129429

Your IP: 66.249.66.82
2021-03-08 21:58

Nos Partenaires

  • africatime.jpg
  • africa_n1.jpg
  • allafrica.jpg
  • logo-monusco.jpg
  • okapi.jpg