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Quand j’ai essayé de comprendre en profondeur le phénomène avènement de l’événement Jésus, j’ai réalisé qu’il était une personne, une pierre d’achoppement, un scandale perpétuel. Le fait déjà qu’il identifiait  la cause  de Dieu et celle de l’homme était singulièrement bouleversant. Contestataire à l’égard des toutes les possibilités, il était lui-même contesté de tous les côtés. Il n’avait joué aucun rôle qu’on attendait de lui. Il provoquait l’ordre établi par les princes du monde. Quel provocateur dangereux pour le système ? Il aimait la paix et décevait ainsi les « révolutionnaires ». Il était non-violent. Il était, comme Il le disait lui-même, du monde sans être dans le monde. Je suis franchement devant un homme incroyablement « prétentieux » alors que sur le plan humain et matériel, Il n’avait aucun atout ni autorité. Par son comportement, sa façon d’être, sa doctrine et sa pensée, il attirait sur lui des attaques mortelles, et aussi éveillait-Il une confiance et un amour spontané. A son sujet, les esprits étaient divisés. Tout ce qu’on sait est que dans sa patrie la Galilée, il avait suscité un engouement considérable autour de sa personne.

Les évangélistes rapportent que Jésus était, dans sa mission, parmi les foules qui l’écoutaient, s’étonnaient, chantaient les louanges. Des foules qui, au bout de la ligne, se considéraient comme des « troupeaux sans pasteur, méprisées par les pharisiens des villes et villages, des pauvres types dont, par exemple, parlent les Béatitudes. Ses plus proches partisans qui l’ont suivi ont décidé de devenir ses disciples, ses élèves et ont formé un cercle très soudé autour de lui. La façon d’être de ce groupe était très différente des autres groupes qui avaient des maîtres (rabbi=professeur). Il est clair, ces disciples ne formaient pas une élite ascétique. C’est un groupe que Jésus appelle à la conversion, à la transformation de la façon d’être, au renoncement, à accomplir la volonté de Dieu, à pardonner, à servir ; tous cela sans tourner le dos à sa famille, à son métier, à sa patrie ; sans renoncer au mariage afin de se libérer pour des tâches et nécessités particulières, dans la perspective de la fin prochaine. L’appartenance au cercle restreint des disciples n’est pas une condition du salut. (Cfr.  Hans Küng pp. 318-319). Suivre donc Jésus n’est pas le privilège du groupe des disciples. La qualité de disciple n’implique aucun statut élitaire. Hans küng dit avec raison que « ce n’est pas en vertu de l’ascèse  que le disciple impliqué est tenu de tout quitter ». Etre disciple implique assurément une tâche particulière et c’est au nom de cette tâche que les disciples peuvent tout quitter ». Ceci apparaît bien dans les récits de missions comme le relatent par exemple  Marc dans le chapitre 5 versets 18-20 ; 6, 7-13 et Matthieu dans son chapitre 10 versets 1-11 ; Luc 9, 1-6 ; 10, 11-16.

Je parle bien de la qualité des disciples. La lecture attentive de certains témoins de Jésus précise que ce sont ceux qui sont voués à une tâche particulière, en occurrence celle d’être « pêcheurs d’hommes » au filet comme on peut le lire dans les récits faisant allusion à l’appel des premiers disciples qui doivent venir pour aller annoncer le Royaume. Ils sont allés annoncer le Royaume. Ils sont donc promis à une destinée particulière, celle de vivre pour Jésus en laissant tout derrière soi et Le suivre d’un lieu à l’autre. Autrement dit, opérer une rupture avec un nouveau lien ; dans un lien à sa personne. Les disciples sont appelés à partager avec le Maître, pauvreté et souffrance, sans protection ni défense. C’est un engagé inconditionnel qui est capable de « laisser les morts enterrer les morts ». Les disciples sont l’objet d’une promesse particulière ; ils n’ont donc pas de dignités hiérarchiques qu’ils doivent atteindre au cours de leur exercice ou fonction. Le fait même d’être disciple est contraire à la hiérarchie ; c’est-à-dire au « pouvoir sacré » désignant un rapport de puissance fondé sur l’entassement des connaissances doctes ou sur l’accumulation des richesses matérielles. Etre disciples c’est être au service de pour… au service hommes pour le Royaume de Dieu. « Que celui qui veut être grand parmi vous soit votre serviteur ; et que celui qui veut être premier parmi vous soit le serviteur de tous ». C’est une parole biblique bien connue. Je me demande si un tel groupe d’hommes peut être organisé en une Eglise systématiquement organisée. Hans Küng a étudié cette façon d’être chrétien dans un livre fameux qu’il a intitulé Etre Chrétien, déjà cité ; dans un autre ouvrage il  tenté de répondre à la question : « Qu’est-ce que l’Eglise ? »

Essayant de comprendre le qualificatif « Maître » qu’on colle à Jésus dans sa mission, je découvre un dévoilement lumineux qui me fait dire ou croire que le Maître, Jésus le Messie, n’est pas spécialement un « savant » du style moderne, il n’est pas un « penseur » du style philosophe qui s’abîmerait en méditation loin de la fureur du monde et de ses violences quotidiennes. Loin d’être un homme d’étude, Il est un être de passion et d’enseignement, de transmission et de la joie d’avoir des disciples –élèves –je sais que le mot « élèves », au sens étymologique, signifie « hommes qui s’élèvent et qui prennent de la hauteur surtout spirituelle éthique et morale.

Le Maître spécialement est celui qui, par son enseignement, permet à d’autres de découvrir, par eux-mêmes (par soi-même), une force, une lumière qui leur donne le courage et la joie tout simplement d’être, d’exister et sans cesse continuer à s’inventer, à risquer pour le bien. Il est celui qui rappelle que « c’est le devoir de chaque personne de savoir apprécier qu’elle est unique en ce monde et qu’il n’y a jamais eu quelqu’un de semblable à elle, il n’y eût nul besoin pour elle au monde. « J’ai lu ceci dans un petit livre fort enrichissant de Patrick Lévy intitulé Le Kabbaliste. Rencontre avec un mystique juif (préface p. II) Il a bien raison car chaque homme, pris à part, est une créature nouvelle dans le monde et il y est appelé à remplir sa particularité. Le Maître, pour ma part, dans l’exemple de Jésus le Christ, c’est celui qui rappelle à chacun que la toute première tâche de chaque homme est l’actualisation de ses possibilités uniques, sans précédent et jamais renouvelées, et non pas la répétition de quelque chose  qu’un autre, fût-ce le plus grand de tous, aurait déjà accompli (idem). Un maître, à bien parler, c’est celui qui détient la clé pour que les futurs disciples deviennent  comme lui et qui parviendront à comprendre qu’entre eux et Dieu il n’y a pas de distance. « Nous ferons Un ». C’est cela le seul rôle du Maître.

Professeur Jean Kambayi Bwatshia

Directeur  du Centre de Recherche sur les

Mentalités et l’Anthropologie Juridique « Eugemonia »

  Une social – démocratie : une société égalitaire dans laquelle personne ne mourait de faim

Ce qui vient d’être dit sur l’individu face à la société dans les traditions négro-africaines suggère déjà que cette tradition n’était pas absolument incompatible avec la démocratie et ses implications.

L’étude des régimes politiques africains précoloniaux révèle que la tradition politique n’était pas homogène, qu’elle était riche et variée. Elle montre, certes, qu’il y a eu en Afrique noire d’hier, comme ailleurs au monde, des régimes tyranniques ou despotiques.

Le royaume d’Abomey (capitale historique de l’ancien Dahomey), par exemple, est considéré par les spécialistes des systèmes politiques africains comme fournissant une bonne illustration du despotisme africain et constitue l’un des exemples les plus cités.
Toutefois, l’étude de ces mêmes régimes révèle aussi qu’il y a eu dans cette même Afrique des régimes démocratiques ou des pratiques démocratiques remarquables. L’étude montre de manière frappante que l’aspiration constante vers le principe démocratique de gouvernement apparaît comme l’élément dominant du système politique négro-africain traditionnel, que le despotisme n’est pas du tout un mode ordinaire de gouvernement en Afrique noire traditionnelle….

  1. Il y a eu, en Afrique précoloniale, des systèmes politiques centralisés et des systèmes politiques non centralisés
  • Les systèmes politiques centralisés

Dans les systèmes politiques centralisés, il existait souvent des moyens de sanctionner ou d’empêcher la tendance à l’absolutisme et au despotisme, des mécanismes de participation du peuple au pouvoir ou de limitation de la liberté d’action du chef. Le pouvoir du Chef était tempéré par le Conseil du Chef, les fonctionnaires religieux, les sociétés secrètes qui jouaient un rôle dans l’investiture du Chef, et le rappel constant au Chef des obligations qui pesaient sur le Chef.

Le Chef suprême des Mossi (le Mogh’Naba), dans l’empire Mossi d’Ouagadougou, avait autour de lui de nombreux fonctionnaires et dignitaires qui faisaient partie du Conseil des ministres ou du Conseil du Chef. Et le Conseil des ministres, qui était une sorte de tribunal d’Etat, prononçait le verdict qui était la manifestation de la volonté générale après une discussion générale.

Certains proverbes africains mettent en évidence la soumission du Chef à un Conseil des Sages :

  • « Le monarque apparemment tout-puissant, dit un proverbe, doit se soumettre au Conseil des Sages ».
  • « Un roi qui n’écoute pas les sages écoute les courtisans ».

Chez les Abouré, les Agni Indénié et Morafoué, le règne d’un souverain n’excédait jamais sept ans. Dans ce laps de temps, le souverain au pouvoir ne purifie son âme que deux fois à la rivière sacrée. Ce rituel accompli, il est tenu d’abdiquer à la fin de l’année qui suit le deuxième bain de purification (7ème année de règne). Cette même pratique existait aussi chez le royaume du Mogho.

Le Chef dans les confédérations et lamanats de la Côte de Guinée était contrôlé de manière continuelle par le Mpanymfo (un collège d’oligargues).

Chez les Ashanti (actuel Ghana), les chefs provinciaux possédaient des larges pouvoirs qui venaient limiter ceux de l’Asantehene (le Chef Suprême). Il en est de même du Mwami (Roi) au Burundi, qui devait tenir compte de l’existence des autorités provinciales. Chez les Yoruba, le pouvoir du Chef (L’Alafin) était révocable et limité par un conseil représentant l’aristocratie, les corporations et la société Ogbeni (la principale association religieuse).

Au Congo/Kinshasa, les royaumes et les empires Luba, Lunda, Kongo, Kuba, Mongo… étaient gérés par des systèmes démocratiques indéniables, avec répartition des tâches, mécanismes de contrôle du pouvoir des gouvernants, mécanismes de succession, garde-fous et mécanismes pour tempérer le pouvoir des gouvernants et éviter le despotisme, mécanismes de pression sociale, parlement (« Ntita Luabanya Makalenga chez les Luba »), moyens de défense….

Les proverbes ci-après, puisés comme illustration concrète, de la culture luba que nous connaissons en profondeur et que maîtrisons, parlent de l’exercice démocratique du pouvoir dans la tradition luba en RDC :

 

  • Il n’y a de chef que là où se trouve une communauté L’existence d’un Chef et celle du Peuple sont corrélatives ; on ne peut pas penser à l’un sans penser nécessairement et inéluctablement à l’autres ; le chef doit donc tenir compte d’abord de l’avis de la communauté ; il ne peut gouverner tout seul et selon ses propres idées et pensées (Mukalenga wa Bantu, Bantu wa Mukalenga);
  • Le Peuple ne peut pas être traité comme un objet ou comme la paille par le Chef ; le Chef doit respecter la vie, la dignité humaine, la valeur, les aspirations, l’intérêt et la parole du Peuple car c’est le Peuple qui donne au Chef sa légitimité, sa valeur, sa puissance, sa force et sa légalité.; c’est dans le Peuple que le Chef doit puiser son pouvoir et son inspiration puise sa vie en tant que Chef (Baakufinga nsona, kabakufingi bantu)
  • Le Chef n’est pas le Maître Absolu, le Tout – Puissant ; il a des obligations à l’égard du Peuple, de ses proches, de sa famille ; il doit le respect total au moins à sa belle-mère ; il est soumis à un tissu de relations qui l’oblige parfois à s’incliner devant quelqu’un d’autre. (Mukalenga kena ne mfumwende, mfumwenda mmuku wenda). 

Les Africains n’ont donc pas attendu les Occidentaux, comme Montesquieu, pour mettre au point des contrepoids du pouvoir de manière à éviter de tomber dans le despotisme.

  • Les systèmes politiques africains non centralisés

L’Afrique précoloniale a connu aussi des systèmes politiques africains non centralisés.
Dans ces systèmes, la définition de la démocratie, en tant qu’autogouvernement, en liberté, pour le peuple, a été appliquée.

Dans ces systèmes, il n’y avait pas de distinction entre les gouvernements et les gouvernés. Le pouvoir était diffus dans la masse. Le souverain, le titulaire du pouvoir était le peuple tout entier, c’est-à-dire l’ensemble des adultes. Il n’y avait pas d’autorité politique établie, d’individus exerçant des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires, reconnus ou clairement définis.

Toutefois, certains individus pouvaient acquérir une certaine prééminence sur les autres et être reconnus comme meneurs (et non comme gouvernants). Leur fonction consistait à conduire les discussions libres et publiques ou les palabres sur les questions d’intérêt général.

Les individus devaient se conformer à un certain ordre social et l’exécution des décisions communes était garantie par la pression du groupe. Les Logoli et les Vougoussou vivant dans la partie occidentale du Kenya, les Bergdama et les Bochimans d’Afrique centrale constituent quelques-uns des exemples de ces sociétés communément citées.

  1. Les rapports fraternels, sociaux et conjugaux

Les rapports fraternels et conjugaux sont des plus précieux pour l’équilibre social ; ils exigent un respect mutuel, la confiance réciproque totale et une fidélité à toute épreuve, mais il doit y régner une hiérarchie, un leadership. Et un de leurs fruits privilégiés est la progéniture qui donne à l’homme d’être vivant et de rejoindre les ancêtres.

L’aîné est à la place d’honneur ; il est le chef naturel :

  • L’Aîné est du côté du Soleil, de la lumière : (Kua mukulu nku diiba nansha bakuamba kaana) :
  • Mais il ne peut remplir adéquatement son rôle qu’en écoutant les autres, qu’en s’oubliant, qu’en pardonnant ; L’Aîné doit faire doublement attention dans ses paroles et dans ses actes pour ne pas décevoir les attentes de la Communauté ; L’intelligence est comparable à un bouc. Si l’aîné n’en a pas, il en trouve chez le petit frère (Autant de têtes, autant d’idées. La vérité se trouve dans les échanges, dans le choc des idées, dans l’intersubjectivité). (Menji nkabuji ka kapumbu, paapanga Mukulu, Muakunyi wamuleeja ):
  • Chaque membre de la communauté doit mettre du sien dans la viabilité, la paix, la sécurité, la solidarité, le bien- être, l’aisance l’enrichissement et le fonctionnement de la Communauté. Chacun doit remplir sa tâche de façon maximale, responsable et solidaire. (Kua mukulu kantu, kua muakunyi kantu, nanku bulanda buadisanga) ;
  • Que le Chef ou le Grand-frère ne se casse pas lui-même la figure ; qu’il soit un modèle, un exemple ; qu’il ne déçoive pas les autres membres de la Communauté. (Mukulu mwindila e kuvwa kuditapa nsesu) ;
  • Le respect mutuel : Le Manche, c’est-à-dire la partie d’un outil par laquelle on le tient en mains doit respecter le bout avec lequel on travaille, on lance une pierre, on laboure la terre. (Mpanda unemeka buta, buta bunemeka mpanda) ;
  • L’épaule ne dépasse jamais le cou ; il faut respecter et honorer le Chef à cause de sa place et de son rôle dans la société comme l’épaule ne dépasse jamais le cou (Citunji kacitu cipita nshingu bule) ;
  • Multiplie-vous ; Donnez la progéniture à la famille et à toute la Communauté. Ne laissez pas cette tâche uniquement aux autres membres de la famille et de la Communauté. Chaque membre de la famille et de la communauté doit se marier et y contribuer (Baalela walela peeba) ;
  • Mettre au monde, c’est multiplier la vie, ses regards, ses vues, c’est assurer la continuité de la famille et de la Communauté (Kulela nkuabanya meesu) ; 

 

  • Occupe-toi de la nourriture, des soins, de la vie et de l’éducation de l’enfant. Quand il grandira, il prendra à son tour soin de toi. (Kuacila muana mpasu, pawakola kukulakaja, ne akukuacila peebe).

A Suivre : Notre superstructure idéologique traditionnelle convenait dans la vie pacifique entre nous-mêmes dans les villages. Sa faiblesse intrinsèque consistait dans le fait de n’avoir jamais pensé à se doter de mécanismes puissants et de moyens appropriés d’auto-défense (aspect militaire et sécuritaires) contre les éventuelles et probables agressions venant par les peuples habités par une superstructure idéologique hégémonistes, expansionniste, dominante, violente et prédatrice.

Et même malgré le fait d’avoir subi ces agressions et occupations étrangères, nos leaders coutumiers, politiques, religieux et sociaux ne se sont jamais concertés et penchés sérieusement sur l’aspect de l’auto-défense de notre territoire, de notre indépendance, de notre souveraineté, de notre vie, de notre liberté, de notre dignité humaine, de nos richesses naturelles, de nos cultures… ; éduquer le peuple pour mettre définitivement fin à la naïveté, à l’imprudence, à la complaisance et à la trahison et prévoir les sanctions telles que le bannissement, l’isolement et le rejet du traître de la société, la perte de toutes les libertés et de tous les droits, l’emprisonnement à vie, la peine capitale… 

Le 12 avril 2021.

Pour le Leadership National Congolais de Progrès

Dr François  Mpuila

GSM et WhatsAAp : +32-493-325-104

E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Journée mondiale de l’autisme

2 Avril : Dr Yoko Maillet interpelle l’Etat Congolais

 

Administrateur du Centre Bon départ basé dans la commune de Limete,  Dr Yoko Maillet   encadre, par son établissement, les enfants en situation difficile. En marge de la journée mondiale de l’autisme qui est célébrée le 2 avril de chaque année, Dr Yoko Maillet interpelle l’Etat Congolais, à travers les Ministères de la santé, de l’EPST, des Affaires Sociales et celui des personnes vivant avec handicap qui, pense-t-elle, devrait s’occuper de ces personnes autistes. Mais pour accélérer les choses et se faire entendre, les parents des enfants avec autisme devraient s’organiser en association des parents pour exprimer avec force leurs problèmes et faire reconnaître leurs droits et ceux de leurs enfants. C’est sous leur pression que les choses peuvent s’améliorer dans la prise en charge de l’autisme. Ci-après, l’intégralité de l’analyse de Dr Yoko Maillet sur l’autisme.

Qu’est-ce que l’autisme ?

L’autisme est une pathologie d’origine génétique dont les enfants sont atteints dès la naissance mais qui se manifeste vers l’âge de deux ans. L’enfant qui commençait à parler ne parle plus, ne s’intéresse plus aux autres, vit dans son monde à lui et présente des troubles de comportement : agitation, cris, postures et attitudes bizarres. Tous les actes de la vie quotidienne doivent lui être appris, méthodiquement, étape par étape, avec beaucoup de patience : aller à la toilette, manger, boire, se laver, s’habiller.

Qui en est atteint ?

Un enfant nait avec l’autisme et le garde toute sa vie. C’est ainsi qu’on trouve des enfants avec l’autisme, des adolescents avec l’autisme et des adultes avec l’autisme. Les garçons sont atteints plus souvent que les filles.

Comment vivre avec une personne autiste ?

Il est difficile de vivre avec une personne présentant de l’autisme du fait de son comportement étrange, bizarre, souvent incompréhensible. A cela s’ajoute l’instabilité, les cris, les pleurs, les mouvements stéréotypés et le manque de communication pour exprimer ses besoins, ses émotions. L’autiste se présente comme une personne atypique, différente de la normale. Pourtant, c’est une personne comme tout autre, capable d’apprendre, mais à sa manière en prenant son temps demandant beaucoup de patience et d’imagination de la part des parents et des éducateurs pour faire les apprentissages et normaliser le comportement.

Traitement et mesures éducatives

Il n’y a pas de traitement proprement dit pour l’autisme mais c’est la prise en charge éducative précoce, dès le diagnostic, qui permettra à la personne avec autisme de vivre et de s’adapter dans la société, de ne pas être rejetée, de ne pas être traitée de malade mental ou de sorcier.

Que faire quand les médecins diagnostiquent qu’un enfant a des troubles autistiques ?

Il faut scolariser l’enfant dans  un centre spécialisé ou dans une école ordinaire qui accepte d’intégrer les enfants en situation d’handicap pour lui permettre la socialisation et les apprentissages scolaires même si c’est à son rythme. L’enfant autiste peut apprendre. L’intelligence des enfants peut être normale parfois supérieure à la normale. C’est son mode de fonctionnement qui est perturbé. Il sera nécessaire, également, de faire appel à des personnes ressources : psychologues, logopèdes, éducateurs spécialisés qui aideront les parents à encadrer leur enfant à la maison.

Problème de santé mentale

Le nombre de personnes vivant avec autisme dans la société congolaise augmente chaque année soit parce que la pathologie augmente, soit parce que le dépistage est plus actif. L’autisme est bien un problème de santé mentale. L’encadrement d’une personne avec autisme a un coût et pèse financièrement sur le budget des familles. Il nécessite également la création et le fonctionnement des structures spécialisées pour la prise en charge ainsi qu’un personnel spécialisé qui doit être formé rapidement.

L’Etat avec le Ministère de la santé, de l’EPST, des Affaires Sociales et celui des personnes vivant avec handicap devrait s’en occuper. Mais pour accélérer les choses et se faire entendre, les parents des enfants avec autisme devraient s’organiser en association des parents pour exprimer avec force leurs problèmes et faire reconnaître leurs droits et ceux de leurs enfants. C’est sous leur pression que les choses peuvent s’améliorer dans la prise en charge de l’autisme.

Dr Yoko Maillet

Administrateur du Centre Bon départ

*Signé le 21 mars 2018, l’Accord portant création de la zone de libre-échange continentale africaine, ZLECAf en sigle, est entré en vigueur le 1er janvier 2021 alors qu’en même temps, le Président de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo occupe la présidence de l’Union Africaine, avec comme mission d’asseoir les fondements de la nouvelle économie africaine.

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