Flash

BAN2

 

*A vive allure ! C’est ainsi que roulait un petit véhicule taxi de marque IST, communément appelé «Ketch», le long de l’avenue Libération (ex-24 Novembre). A son bord, le conducteur et quatre clients dont une femme. Visiblement éméché (ivre), ce chauffeur voulait coûte que coûte prendre un cinquième passager en vue de gagner 1.000 Francs congolais de plus sur la course qui menait au centre-ville.

Aussitôt, éclata un échange musclé entre le chauffeur et la dame. Fâché, le conducteur décida subitement de rebrousser chemin pour ramener ses clients au point de départ, le parking de Bandalungwa. Malheureusement, une jeep de couleur blanche qui roulait dans le sens opposé, va percuter ce «Ketch». Un choc violent ! Ce taxi a fait au moins trois tonneaux avant de s’écraser à proximité de la clôture du camp militaire Kokolo. Deux hommes sont morts sur le coup. Parmi les personnes qui luttaient encore entre la vie et la mort, se trouvaient sieur Etienne Amundala Ramazani, un cadre du Fonds de Promotion Culturelle (FPC), et aussi la femme à l’origine de la chamaille. C’était en fin-avril 2019.

Le 27 avril 2020, chaque membre de la famille Amundala s’est recueilli à sa manière et s’est souvenu d’Etienne qui, ce jour-là, totalisait un an dans l’au-delà. D’après sa sœur ainée, Régine Amundala, ce ne sont pas les larmes mais plutôt le sang qui coule de leurs yeux. C’est un être très cher qui est parti.

Pourquoi Etienne Amundala n’a-t-il pas eu la vie sauve ?
Selon les membres de sa famille, l’hôpital du Cinquantenaire se trouvant à côté du lieu du drame, y est pour beaucoup. «Comment un si grand hôpital pouvait refuser d’accueillir des personnes mortellement accidentées ?», s’interroge Régine Amundala. «Si l’hôpital du Cinquantenaire avait administré les premiers soins aux victimes, mon jeune frère ne serait pas mort», a-t-elle déploré. A son avis, les autorités congolaises doivent normalement sanctionner les responsables de cette institution hospitalière pour non-assistance à personnes en danger.

Par ailleurs, Régine Amundala a déploré le fait que l’ex-Première Dame de la RD Congo, Marie Olive Lembe Kabila, n’avait pris en charge que la femme grièvement blessée puisque apparentée à un artiste comédien. Elle est la seule rescapée de cet accident mortel. Voici le cri de cœur de la sœur du défunt : «Maman Olive devrait avoir le cœur d’une mère. Pourquoi seulement prendre en charge une seule victime et abandonner les autres à leur triste sort ?»

Après le refus de l’hôpital du Cinquantenaire, un véhicule de l’armée a embarqué Etienne Amundala et les autres victimes à destination de l’hôpital militaire de camp Kokolo. Le chauffeur a rendu l’âme vers 14 heures alors qu’Etienne respirait encore. Alertées par téléphone, la sœur ainée et l’épouse de ce dernier ont accouru à l’hôpital Maman Bobi Ladawa. De commun accord avec la hiérarchie du Fonds de Promotion Culturelle, la famille Amundala va, abord d’une ambulance, acheminer Etienne à l’hôpital AKRAM non loin de Kintambo Magasin. Mais vers 19 heures, s’opère un changement inquiétant dans son système respiratoire. Aussi, les membres de famille et le Directeur Général du FPC décidèrent-ils de le conduire aux urgences de la Clinique Ngaliema. Ils y arrivèrent vers 20h30, un certain 25 avril. Après quelques examens médicaux, Etienne Amundala était encore en vie. Mais, à cause d’une hémorragie interne, son ventre gonflait de plus en plus. C’est vers 4 heures du matin de la journée du 27 avril 2019 qu’il a rendu l’âme.

Fondation Etienne Amundala (FONETIAM)
Au regard de cette tragédie, la famille du défunt s’est résolu de créer une fondation afin de porter assistance aux personnes accidentées. C’est à l’initiative de Jack Massaya, beau-frère de Feu Etienne Amundala qui vit à Londres en Grande-Bretagne, que FONETIAM a vu le jour. Il en est le président et Régine Amundala, la trésorière.

N’eût été la pandémie de Coronavirus, les activités de FONETIAM aurait déjà commencé. Les formalités administratives sont quasiment finies, un compte bancaire déjà opérationnel. Histoire d’immortaliser cet homme d’une grande bonté, générosité et très célèbre. Des obsèques dignes avaient été organisées dans l’espace communal de Bandalungwa où beaucoup de gens rendirent des vibrants hommages à ce père de famille marié à Eugénie Laba Amundala. Etienne Amundala Ramazani était père de cinq enfants : Thythy, Ben, Précieuse, Bonheur, Aziza.
Paix à l’âme du défunt. Quelle histoire émouvante !

James Mpunga Yende

Pin It