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(Par Me Tshiswaka Masoka Hubert, Avocat et Défenseur des droits humains)

Lubumbashi, le 09 Juin 2022

A Sa Majesté Philippe de Belgique, Roi des Belges, en séjour à Lubumbashi.

Sir, 

Avec espoir que la présente vous parvienne, à votre descente de l’avion, à Lubumbashi, ce 10 Juin 2022.

Afin que la visite du couple royal ne se limite aux simples protocoles d’Etat, il vous convient de matérialiser le discours exprimant votre volonté d’ouvrir une nouvelle ère entre le Royaume de Belgique et la République Démocratique du Congo (RDC). Tel est le souhait du congolais lambda qui aimerait aussi voir l’avenir en des termes radieux. 

Certes, il ressort de votre discours du  8 juin 2022 à Kinshasa, l’expression de votre « regret » sur le passé.

Tant mieux, si le regret exprime principalement votre remord et la compassion, en tant que descendant direct des présumés auteurs d’actes répréhensibles décriés de cette histoire, envers des descendants et victimes directes des faits historiques que vous regrettez. Ci-après, un petit rappel de la triste histoire et une recommandation.

Pour rappel, les 80 ans de la colonisation de la RDC par la Belgique faisait suite aux siècles de l’esclavage qui avait déjà essoufflé les royaumes qui peuplaient le territoire devenu, aujourd’hui, la RDC. L’histoire apostrophe d’innommables atrocités, l’exploitation humiliante et dégradante de l’être humain (le congolais) par un autre être humain (le belge), une série de massacres, de massive et systémique dépossession des richesses matérielles et culturelles. 

Bref, l’histoire de la Belgique en RDC, faisant l’objet de l’expression de votre regret, est celle des gravissimes violations des droits humains dont les victimes étaient choisies à cause de leur race noire ou leurs origines africaines. Une histoire dont l’issue continue à profiter aux descendants du vainqueur jouissant des butins amassés, au détriment de ceux du vaincu qui en sont sortis appauvris et affaiblis. Voilà sur quoi portent les regrets. 

Nonobstant la souffrance collective que le peuple congolais continue à souffrir, votre visite peut constituer un tournant au-delà de la dimension morale du regret exprimé. Que ne pourriez-vous pas agir à titre personnel ou celui de votre couple royal, en plus de la coopération étatique. 

Tenez ! Les sud-africains, noirs et blancs, affrontent ensemble leur histoire d’apartheid, en partageant directement ou indirectement, d’une façon ou d’une autre, les richesses dont les blancs jouissaient exclusivement, par le passé. A travers des investissements locaux, différentes industries créent des emplois pour les moins nantis. Par contre, la Belgique a amassé d’énormes richesses dont elle jouit seule, à distance. 

Face à l’avenir, votre part de responsabilité personnelle ou celle de votre couple royal consisterait à redonner ou partager votre joie de vivre avec cette communauté congolaise qui vous reçoit ce jour. Vous avez le devoir moral de réinjecter une portion de la fortune royale dans les industries touristiques, d’œuvre de charité ou de la recherche scientifique. 

A travers une Fondation philanthropique privée qui porterait votre nom ou celui de votre grand-père, vous pouvez construire un musée privé qui raconte l’histoire commune belgo-congolaise. Vous pouvez subventionner une institution d’encadrement des démunies, d’octroi des bourses d’études ou de la recherche scientifique. Vous pouvez subventionner des parcs nationaux ou des jardins zoologiques, afin de protéger des espèces rares menacées. Vous pouvez subventionner la protection de la nature, l’environnement et la biodiversité.

Oui, vous pouvez le faire, au-delà de votre discours moralisant.

 … Chauffeur et proche de notre  Ministre d’Etat des Questions Statistiques et Tactiques, j’ai pu acquérir   à temps  le   programme    officiel   de  la  visite en RD. Congo du Roi des Belges. Et   je   l’ai   affiché   à   pleine vue sur le haut   du comptoir de notre   nganda-bar de notre quartier d’en- bas, à  côté de la panoplie des bières du monde entier.  Aussitôt, vive palabre le soir même entre les ambianceurs  familiers     du   nganda-bar !   Comme d’habitude, le gérant de notre nganda-bar  a piloté les débats, et cette fois-ci,   sur trois points de la discorde. Tout d’abord, écrire au Roi, mais en quels termes rituels et protocolaires  s’adresser   au Mfumu-Nkumu-Mwami-Mukalenge-Noko ? Ensuite, comment convaincre ce Mfumu-Nkumu-Mwami-Mukalenge-Noko de faire le détour par notre quartier d’en-bas       pour se rendre compte des réalités et des vérités de terrain. Enfin : si   oui, quel     est le contenu de l’accueil royal au   nganda-bar ?

Donc, primo (comme dirait savamment notre Ministre…) : le  gérant, héritier loyal des époques royales au Congo-belge, n’avait de souvenir de souverain  belge que le … Roi Baudoin. Pour  lui  et  pour ses contemporains, un roi belge ne peut   qu’être   le…Roi-Baudoin, le « bwna-kitoko ».   Et à chaque fois que notre gérant   trébuchait    sur le vrai prénom   du vrai roi actuel, je le rappelais à l’ordre : « Il s’agit du Roi Philippe ! ». Et lui   de répliquer à sa manière : « Ah !  le Roi-Baudoin … Philippe ! ».

Mais la vraie question, délicate, était ailleurs. D’accord pour solliciter par écrit, une audience auprès du Roi-Baudoin-Philippe… pardon, du Roi Philippe, mais selon quelle adresse  protocolaire : « Cher Mfumu » ? « Cher Nkumu » ? « Cher Mwami » ? « Cher Mukalenge » ? Ou simplement, en   imitation    de nos propres  « us  et coutumes »  (selon le jargon de notre  Ministre), à savoir    « Son Excellence Monsieur le Roi » ?  Ou encore  (souvenir de la  tapageuse    époque du parti-Etat ), à savoir : « Citoyen Guide Royal Suprême » ?    J’ai arrêté net  cette    palabre oiseuse, en  exhibant    le programme   officiel   de  la visite royale ; il y est question   de   « Sa Majesté le Roi… ». Point.

Secundo et Tertio (selon le jargon savant de notre Ministre…) : invitation des ambianceurs au Roi pour visiter notre quartier d’en-bas, avec une escale touristique  et  culturelle au cœur de ce quartier, notre nganda-bar. De nouveau palabre sur palabre, avec comme question : Sa Majesté daignera-t-elle venir, et venir sans sa distinguée-Première-Dame ? Car, entre parenthèses, les « us et coutumes »   (comme dirait notre Ministre) n’admettent que rarement la présence  au  nganda-bar (espace païen et déjanté)   des      épouses non-concubinées… Mais, après   débats et délibérations, les ambianceurs ont accordé l’exception à la Reine. La Première Dame belge  sera donc admise en  première place protocolaire. Quitte à sélectionner pour le couple royal un répertoire Rumba à la cadence …royale modérée,   entre  slow, salsa et   boléro… Par ailleurs les questions ont porté également sur le choix de la gastronomie : qu’offrir  d’ « authentique »  comme repas  au couple royal  à la place du steack-frites ou des cuisses-de-grenouille schengenoises ? Leur offrir des  testicules de chauve -souris de chez nous ?

L’assemblée des  ambianceurs  a fini par se mettre d’accord pour aller à l’urgence et à l’essentiel : adresser une correspondance «  sélect »  à  Sa Majesté.  Le  reste de l’ordre du jour ferait l’objet de l’examen  urgent   en commissions.  Le gérant-adjoint du nganda-bar a été chargé de la rédaction de cette fameuse lettre. Contrairement au gérant titulaire, le gérant-adjoint ne lui, appartient pas à la génération des « clercs » de l’époque coloniale, ces agents d’administration noirs « évolués » !   Retouchée une dizaine de fois, toilettée et aseptisée, la lettre m’a été remise, à moi,  mais à   l’intention de notre  Ministre, pour des conseils et pour une consultation préalables, avant expédition par   la  voie la plus raccourcie.

Lorsque, après d’infinies précautions de ma part, j’ai abordé Son Excellence, et lui ai remis la lettre, mon Ministre a   marqué    un temps d’étonnement, puis s’est ressaisi. Et a souri, de ces sourires aigres-doux, clairs obscurs. Et m’a répondu en me regardant droit dans les yeux : «  Non, pilote, non. Là, avec votre lettre,  nous frôlons le geste de   lèse-majesté. Non, pilote. Avec mes …profonds regrets. Avec mes …excuses».

Yoka   Lye

C’est sous le thème, «nous sommes les archives», que l’Institut National des Archives du Congo (INACO) célèbre du 06 au 10 juin 2022, la 4ème semaine internationale des archives avec la communauté archivistique mondiale.

Dans le cadre de cette journée internationale des archives, célébrée le 09 juin de chaque année, l’INACO prévoit une journée porte ouverte du fonds d’archives historiques de la RDC, le 09 juin 2022, au musée national de la RDC pour continuer avec la célébration de cette journée, qui notamment sera accompagnée d’exposition pour dorer cette activité.

Il y a lieu de signaler que c’est sous le  haut patronage de la ministre de la culture, arts et patrimoines, Catherine Kathungu Furaha, que la cérémonie sera présidée par le Directeur général de l’INACO, le Pr Gyavira Mushizi Barhageranya.

L’Inaco a pour mission d’assurer le contrôle général des archives publiques et privées, pour une bonne conservation et protection de la constitution, ainsi que l’organisation et la communication des archives publiques. L’Inaco réunit la documentation sur la RDC en le conservant, et en l’inventoriant selon les  normes, les documents écrits et audiovisuels qui présentent un intérêt historique, scientifique et culturel.

Israël Mpoyi

Il aurait pu le faire au Palais de la Nation, précisément dans l'hémicycle où son oncle Baudouin avait prononcé son discours d'indépendance du Congo-Belge le 30 juin 1960. 

62 ans après, la salle mythique, avec ses 250 places, ne pouvait que se révéler trop étroite pour accueillir 500 Députés nationaux, 108 Sénateurs ainsi que tous les autres officiels. Aussi, le Palais du Peuple a-t-il été substitué à celui de la Nation, et Philippe plus tard, Félix Tshisekedi plus tôt, ont délivré chacun son message duquel il faut retenir l'essentiel : nouvelle page à écrire ensemble ... 

L'essentiel, c'est d'avoir entendu le roi souligner la volonté des Congolais ‘’d'écrire un nouveau chapitre" dans les relations entre Kinshasa et Bruxelles, cela au travers de la volonté de "regarder vers l’avenir, encouragé par la formidable jeunesse du peuple congolais qui ne demande qu’à valoriser ses talents". 

L'essentiel, c'est cette invite du Roi exprimée en ces cinq mots : " Ecrivons ce nouveau chapitre ensemble".

Certes, a affirmé le roi, " Sans oublier le passé, mais en l’assumant pleinement, afin de transmettre à la nouvelle génération une mémoire réfléchie et pacifiée de notre histoire commune".

L'essentiel, c'est de l'avoir entendu dire au Président Félix Tshisekedi : " _Vous et moi sommes trop jeunes pour avoir vécu le Congo d’avant son indépendance. Mais pour vous, comme pour moi, la présence belge au Congo, avant 1960, laisse aussi un héritage qui a ancré le pays dans ses frontières actuelles". Et de déclarer " La préservation de l’intégrité territoriale du Congo est une préoccupation majeure que nous partageons".

Au moins, les Congolais sont rassurés du soutien de la Belgique "au sein des instances internationales, à toute initiative visant à la stabilité et au développement harmonieux de l’Afrique des Grands Lacs. La reprise progressive de notre coopération militaire s’inscrit dans la même logique".

Bref, l'essentiel de l'intervention du roi peut se résumer dans cette déclaration de foi : " Nous avons donc tout intérêt à unir nos forces pour répondre ensemble à nos nombreux défis communs. Cela requiert un grand sens de la collaboration, un vrai partenariat d’égal à égal, et une créativité à la hauteur des défis actuels".

Auparavant, au Palais de la Nation, Félix Tshisekedi a exprimé aussi, de son côté, l'essentiel de son opinion.

Du passé, il a dit au sortir du tête-à-tête avec le roi : "Nos discussions n’ont pas servi à s’appesantir sur le passé. Nous voulons regarder l’avenir. Le passé est à la fois glorieux et triste mais le but ici c’est de construire quelque chose de nouveau et surtout de définitif qui soit constructif pour nos deux pays».

L'essentiel, a-t-il renchéri à propos de l'avenir : "Ce sont des choses sur lesquelles nous voulons nous lancer plutôt que de rester à ressasser le passé et risquer de soulever de nouvelles tensions inutiles. Aujourd’hui, nos peuples ont besoin de se rapprocher, de se développer. Ils n’ont pas besoin de se regarde en chien de faïence». 

Deux messages passés le même jour, mais à deux endroits symboliques différents (Palais du Peuple et Palais de la Nation) relèvent une préoccupation commune, celle de deux Chefs d'État d'une nouvelle génération déterminés, l'un et l'autre, à engager leurs pays dans une autre approche en matière de relations diplomatiques et de coopération structurelle. 

Sans rouvrir la page douloureuse  du passé, les Congolais pragmatiques l'auront appris à leurs dépens : dans toutes les tribunes internationales, principalement l'Union européenne, l'Otan, l'Ocde et l'Onu, Bruxelles a toujours réussi à bloquer la RDC quand elle a résolu de le faire. Si, du reste, certains pays de la sous-région des Grands Lacs ont su et pu se jouer par moments de Kinshasa, c'est en partie, sinon grandement, pour cela. 

Entendre alors le roi Philippe reconnaître dans l'héritage laissé par la Belgique la RDC dans ses frontières de 1960 - c'est-à-dire celles de la Conférence internationale de Berlin 1885 - doit conforter les Congolais. 

En effet, le roi ne fait rien d'autre qu'affirmer le droit des Congolais d'être respectés dans les choix qu'ils font pour rester actifs dans le concert des Nations. 

Dès lors qu'elle l'admet, la Belgique se met en devoir de plaider pour le développement du Congo, ce qu'elle n'avait pas pu faire le 30 juin 1960 compte tenu de la clôture en catastrophe de la cérémonie d'indépendance.

Comme relevé dans un échange dans un groupe Whatsapp, la Providence fait que les successeurs de Lumumba (Sama Lukonde) et d'Eyskens (de Croo) se retrouvent en présence des successeurs de Kasa-Vubu (Tshisekedi) et de Baudouin (Philippe) pour écrire sur la page laissée en plan lors de la Déclaration d'Indépendance les actes portant sur les relations diplomatiques et la coopération structurelle. 

C'est donc là la nouvelle page sur laquelle Félix Tshisekedi et Philippe ont émis l'essentiel de leurs convictions. 

Touchons alors du bois ! 

Omer Nsongo die Lema/CP

A quelques jours de la clôture de la session de mars prévu mercredi 15 juin prochain, la Chambre haute du parlement de la RDC a entamé hier, l’examen en seconde lecture de la proposition de loi modifiant et complétant la loi du 9 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, municipales et locales, telle que modifiée et complétée à ce jour. A travers une motion incidentielle sollicitée par la sénatrice Hortense Mukalayi, le FCC a suspendu sa participation aux travaux sur la loi électorale au Sénat. Il accuse l’Union sacrée de la nation (USN) de vouloir organiser des élections non démocratiques.

Adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale au cours de sa plénière du jeudi 2 juin 2022,  ce mardi 7 Juin  le speaker du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo et les sénateurs ont décidé d'envoyer cette  proposition de loi à la commission politique administrative et juridique de la Chambre haute, avant son adoption en plénière. Ainsi,  pendant deux jours, la commission recevra les amendements des sénateurs, avant de revenir présenter le rapport au cours de la plénière de ce dimanche 12 Juin 2022. Toutefois, les sénateurs ont fustigé le fait que cette proposition de loi si importante soit déposée en retard au Sénat par la Chambre sœur violant ainsi les articles 124 et 125 de la Constitution.

Malgré cette situation,  le président du Sénat,  Modeste Bahati,  a appelé les sénateurs  à plus d'assiduité, afin de doter le pays de cet instrument juridique devant conduire à l'organisation des élections dans le délai constitutionnel comme le veut le Chef de l’Etat.

FCC suspend sa participation

Un autre évènement qui a marqué la plénière de ce mardi 7 juin 2022, c’est la suspension de la participation du FCC aux travaux sur la loi électorale au Sénat. Il accuse l’Union sacrée de la nation (USN) de vouloir organiser des élections non démocratiques. «…Ne voulant pas nous rendre complices de cette farce, nous déclarons ce qui suit : nous réaffirmons notre position contenue dans les déclarations officielles antérieures de notre famille politique à savoir, notre disponibilité à participer à un processus électoral consensuel, et non unilatéral ; nous dénonçons le manque de volonté politique de l'Union sacrée d'offrir au peuple congolais les élections véritablement démocratiques dans le délai constitutionnel. Des décisions politiques susceptibles de replonger le pays dans une crise sans précédent ; nous suspendons en conséquence notre participation à toutes les plénières liées à l'examen de ce texte de proposition de loi relative à la révision de la loi électorale dans les conditions actuelles», a fustigé la sénatrice Hortense Mukalayi, dans sa motion incidentielle.

A l’en croire, le FCC veut des élections libres, transparentes et qui assurent toutes les parties prenantes afin d'éviter au pays la triste histoire des tensions sociales et des guerres civiles post-électorales. Il constate malheureusement qu'en dépit de multiples appels et une recherche de consensus sur le processus électoral, l'Union Sacrée de la nation a délibérément fait un passage en force à l'Assemblée nationale et qu'elle s'apprête à faire de même au Sénat.

C’est donc la course contre la montre que vient de lancer le Sénat qui doit à tout prix adopter ce texte de loi avant la clôture de la session. Si cette adoption n’est pas faite à des termes identiques, il aura une commission mixte paritaire Assemblée nationale-Sénat, pour harmoniser les vues. Après l’adoption par le parlement, le texte de loi sera envoyé au Chef de l’Etat pour promulgation.

Merdi Bosengele

La sécurisation du processus électoral dans cinq provinces de l'Est du pays, à savoir Ituri, Maniema, Nord et Sud-Kivu ainsi que Tanganyika a été à l’épicentre d’une grande concertation au siège social de la Commission électorale nationale indépendante. Le 2èmevice-président de la CENI, Didi Manara Linga, a, au nom du président Denis Kadima Kazadi, échangé avec les représentants du ministère des Droits humains, du Mécanisme national de suivi de l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et de la coopération pour la RDC et la région (MNS) et celui du Mécanisme national de coordination de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (MNC-CIRGL).

En dépit de la persistance de l'activisme des groupes armés locaux et étrangers à même d'affecter négativement toute activité électorale, la CENI a initié une réunion de concertation sur la stratégie commune pour sécuriser prioritairement le processus électoral dans ces cinq provinces de l'Est du pays (ITURI, Maniema, Nord et Sud-Kivu ainsi que Tanganyika). Il s'agit d'affiner une stratégie commune pour un environnement apaisé autour du processus menant aux consultations électorales.

Dans la perspective de l'organisation des opérations électorales dont l’actualisation des cartographies opérationnelles, révision du fichier électoralet les scrutins, que la Centrale électorale projette de mener  avec la collaboration notamment de quelques organes étatiques et sous régionaux.« Vous savez que la Ceni organise les élections en décembre 2023 et nous sommes tenus aux délais constitutionnels. Et pour y arriver, nous avons besoin de l'implication de tous parce que nous voulons un processus électoral inclusif mais également apaisé. Et cela doit passer par la sensibilisation de toutes les parties prenantes. Dans la partie Est de la RDC, la situation sécuritaire pose problème. Il s'agit concrètement de sensibiliser pour sécuriser aussi bien les agents, les matériels que les sites électoraux. Ensuite convaincre ces groupes armés d'observer une trêve durant les opérations et au cours des scrutins. Afin d'amener les chefs de guerre locaux ainsi que la population à prendre part aux différentes opérations comme électeurs, candidats ou agents électoraux », a déclaré Didi MANARA LINGA avant d'annoncer la tenue d'une grande rencontre à venir avec les partenaires financiers.« Nous voulons mettre sur pied un programme spécifique au niveau de la région de l'Est en mobilisant les fonds. Voilà pourquoi dans les jours à venir nous aurons une très grande rencontre avec tous les partenaires dans la sensibilisation. Nous allons faire l'appel de fonds pour qu'au finish nous arrivions à avancer comme nous le souhaitons », a souligné le 2e vice-président de la Centrale électorale.

Marie Claude NkuluMbayo de MNS, Mutombo Tshilunde Wa Kaniki du MNC-CIRGL ainsi que Christel Bulembi du ministère des Droits humains ont parlé d'une seule voix en se réjouissant des échanges qu'ils ont eus avec la Ceni où les opérations notamment la révisitation de la cartographie opérationnelle prennent leur envol. Ils ont formulé le vœu d’accompagner la Centrale électorale dans le souci de voir cette partie orientale du pays être pacifiée pour permettre l'organisation de toutes les activités en lien avec les élections de 2023.

La Pros.

Malgré des adhésions, ratifications, signatures des instruments juridiques pour les droits des femmes par la RDC, une léthargie sur l’application s’observe toujours. Sur ce, la Ligue Congolaise pour la Paix, les Droits de l'Homme et les Elections (LICOPADEL) a ouvert hier, jeudi 9 juin 2022, à Caritas développement de Kinshasa, un atelier national d’évaluation des engagements nationaux, régionaux et internationaux pris par la République démocratique du Congo pour la promotion et la protection des droits des femmes.  C’est après avoir mené une série d’enquêtes sur l’application des différents instruments juridiques tant nationaux, régionaux qu’internationaux sur les droits des femmes que la RDC a soit, ratifié, signé ou adhéré. Avec l’appui financier de l’ONG américaine NEDC et logistique du Bureau conjoint des nations unies aux droits de l'homme à travers son bureau terrain de Kinshasa World mouvement for democracy, cet atelier de deux jours a réuni une vingtaine de femmes venues des différentes provinces sous l’œil vigilent d’un représentant du ministère du Genre. 

‘’Aujourd'hui la LICOPADEL vient d'ouvrir un atelier de formation sur l'évaluation des engagements internationaux, régionaux et nationaux pris par la RDC pour la promotion et la protection des droits des femmes. Parce que la LICOPADEL a constaté que dans toutes les enquêtes faites sur le terrain, malgré les engagements pris par notre pays pour la promotion et la protection des droits de la femme, on voit que les femmes continuent toujours à se plaindre que leur situation ne change pas’’, a précisé Me Pindu Patrick, Directeur Exécutif de la LICOPADEL.

Pour lui, cet atelier est une occasion pour ces participantes venues des provinces du Kwilu, Kwango, Kongo Central, Maï-Ndombe  et la ville-province de Kinshasa et d'autres leaders militantes des droits des femmes, pour essayer un peu d'évaluer ces engagements internationaux pris par la RDC en matière des droits de femmes. Il sera aussi question d’élaborer certaines recommandations et une note de plaidoyer que ces femmes pourront transmettre au niveau du gouvernement de la République démocratique du Congo et aussi, au niveau des Nations Unies et des organisations internationales qui les accompagnent toujours pour que les droits des femmes puissent s'améliorer. Cela, pour que les femmes congolaises arrivent à bénéficier une meilleure protection de leurs droits en RDC.

‘’Ces différentes participantes  qui sont des femmes de terrain ont constaté qu'il n'y a pas beaucoup d'avancées en matière de promotion et protection des droits de la femme. Bien que les textes soient là mais, l'application est difficile. Les femmes n’arrivent toujours pas à se retrouver. Je pense qu'elles vont formuler des recommandations sous forme d'un cahier des charges national et que nous allons transmettre au niveau du gouvernement à travers le ministère de genre, famille et enfant mais aussi, de l'agence des nations unies qui travaille sur cette question’’, révèle Me Pindu Patrick.  Ainsi, il espère qu’après ces travaux qui seront sanctionnés par des recommandations par rapport aux réalités des terrains, le gouvernement va  booster les choses pour qu'il y ait application des instruments juridiques internationaux, régionaux  et nationaux qui garantissent les droits des femmes en RDC. Parmi des instruments développés à l’occasion, il s’agit du Protocole de Maputo, de la loi sur la parité etc.

‘’Et moi comme militant des personnes vivant avec handicap, j'ai pensé aussi, parmi les 25 femmes, à la représentativité des femmes vivant avec handicap qui sont autour de 5 ou 6, qui sont venues de l'intérieur pour qu’elles aussi, apportent leurs contributions, qu'elles disent ce qu'elles voient sur le terrain. Et qu’elles soient outillées afin d’être capables de faire des grandes réflexions’’, a souligné Me Pindu.

Pour Philippe Mangala, Secrétaire Exécutif national et défenseur des droits de l’homme, après cet atelier, les participantes feront des restitutions de toutes les matières apprises dans leurs provinces respectives, afin que toutes les femmes s’approprient la lutte pour le respect de leurs droits.

Jules Ntambwe

Après l’humiliation subie à Kinshasa, il y a quatre jours, les Léopards sont allés s’enterrer vivant à Khartoum, au Soudan (1-2), en match de la deuxième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations Can Côte d’Ivoire 2023. Un véritable décès de l’équipe nationale de la RDC signé Hector Cuper Raul. Jamais la RDC n’a réalisé un tel résultat ni avec Ibenge, ni moins encore avec Nsengi Biembe. Trois défaites de suite en trois matches importants, c’est trop ! La RDC est désormais bon dernier de son groupe avec 0 points.

«Je me répète on est fortement très déçu, mais comme j’ai dis à mes coéquipiers qu’il reste encore beaucoup de temps, on est des professionnels, nous savons que nous avons fauté dans ce match là contre le Gabon, c’est à nous de faire beaucoup mieux, on ne peut pas faire pire que le premier match», avait rassuré le capitaine de l’équipe, Marcel Tisserand, mais sur bien dommage. Ils ont fait un résultat pire que celui de Kinshasa. Les Léopards ont été battus par un score 1-2.  

La domination stérile des Léopards au coup d’envoi du match n’a pas empêché le Soudan d’ouvrir le score.  La mi-temps est intervenue sur le score de 1-0 en faveur des Soudanais.  C’est Hamid qui a ouvert à la 16ème minute, à la grande surprise de la partie congolaise. Et réaction à ce but, les Léopards se sont réorganisés dans la suite du jeu, avec des très belles combinaisons, des passes presque parfaites, mais toujours sans but.  A la reprise,  les Léopards ont maintenu leur pression mais toujours de but. Hector Cuper procède alors au premier changement, Yoane Wissa cède sa place à Jonathan Bolingi Pangi, qui va aussitôt après, écoper d’un carton jaune. L’on joue la 67ème minute, Fabrice Ngoma prend la place d’Edo Kayembe, toujours pas de but. Mais dans la foulée, ce sont les Soudanais qui vont corser l’addition, scellant ainsi leur victoire 2-0.     

Au départ du match, Hector Cuper a aligné Joël Kiassumbwa dans les perches, Dieumerci Mukoko Amale dans son couloir droit, et Glody Ngonda Muzinga du côté gauche. Dans la charnière centrale, Nathan Idumba et Marcel Tisserand ont pris les commandes.  Au milieu de terrain, Edo Kayembe et Moutousammy ont placé dans le défensif, Neeskens Kebano dans l’animation de jeu, et Mechack Elia, Yoane Wissa et Ben Malango Ngita en attaque.

Gabon – Mauritanie 0-0

Dans l’autre match de ce groupe, les Panthères du Gabon et les Mourabitounes de la Mauritanie se sont déparé dos-à-dos (0-0), à Franceville. Le Gabon a donc maintenu sa course invaincue dans ces éliminatoires après sa victoire à la première journée à Kinshasa. Les Panthers qui jouaient à la maison au Stade de Franceville ne pouvaient pas pénétrer une défense de Mauritanie très solide, les deux équipes prendront un point chacune dans le groupe I.

Le tirage signifie que les Mourabitounes qui sont invaincus sous le nouvel entraîneur Amir Abdou dirigeront le classement du groupe sur la différence de buts alors qu'ils se dirigent sur des points avec le Gabon.

La Mauritanie affrontera le Dr Congo tandis que Gabon s'attaquera au Soudan dans les deux prochains tours prévus en septembre.

Voici tous les matches et résultats

Première journée

Mercredi 1er juin

-Angola - RCA 2-1 [Groupe E]

-Ghana - Madagascar 3-0 [Groupe E]

-Libye - Botswana 1-0 [Groupe J]

Jeudi 2 juin

-Tunisie - Guinée équatoriale 4-0 [Groupe J]

-Mozambique - Rwanda 1-1 [Groupe L]

Vendredi 3 juin

-Togo - Eswatini2-2 [Groupe B]

-Burkina Faso - Cap Vert 2-0 [Groupe B]

-Comores - Lesotho 2-0 [Groupe H]

-Côte d’Ivoire  - Zambie 3-1 [Groupe H]

Samedi 4 juin

-Namibie - Burundi 1-1 [Groupe C]

-Cameroun-Kenya (annulé) [Groupe C]

-Algérie - Ouganda 2-0 [Groupe F]

-Niger  - Tanzanie 1-1 [Groupe F]

-Mali - Congo 4-0 [Groupe G]

-Gambie - Soudan du Sud 1-0 [Groupe G]

-Mauritanie - Soudan 3-0 [Groupe I]

-RDC - Gabon 0-1 [Groupe I]

-Sénégal  - Bénin 3-1 [Groupe L]

Dimanche 5 juin

-Malawi - Ethiopie 2-1 [Groupe D]

-Egypte - Guinée 1-0 [Groupe D]

Deuxième journée

Dimanche 5 juin

-Madagascar - Angola 1-1 [Groupe E]

-RCA - Ghana 1-1 [Groupe E]

-Botswana  - Tunisie 0-0 [Groupe J]

Lundi 6 juin

-Guinée équatoriale - Libye 2-0 [Groupe J]

Mardi 7 juin

-Eswatini- Burkina Faso 1-3 [Groupe B]

-Cap Vert - Togo 1-0 [Groupe B]

-Zambie - Comores 2-1 [Groupe H]

-Rwanda - Sénégal 0-1 [Groupe L]

Mercredi 8 juin

-Ouganda 1-1 Niger [Groupe F]

-Tanzanie – Algérie0-2 [Groupe F]

-Congo - Gambie 1-0[Groupe G]

-Gabon - Mauritanie 0-0[Groupe I]

-Soudan – RDC1-0 [Groupe I]

-Bénin - Mozambique [Groupe L]

Jeudi 9 juin

-Guinée - Malawi [Groupe D]

-Ethiopie - Egypte [Groupe D]

-Soudan du Sud - Mali [Groupe G]

-Lesotho - Côte d'Ivoire [Groupe H]

-Burundi-Cameroun [Groupe C]

Lundi 13 juin

-Sao Tomé-et-Principe - Nigeria [Groupe A]

-Sierra Leone - Guinée-Bissau [Groupe A]

-Liberia - Maroc [Groupe K].

EG

Les dirigeants politiques font ce qui est possible pour sensibiliser les acteurs régionaux et internationaux sur l’agression du Congo par le Rwanda via M23 et pour opérer des  changements  au sein de l’armée et équiper cette dernière. 

Même si d’autres politiciens congolais ont choisi de garder silence face à l’agression du Congo par le Rwanda, nous gardons l’espoir que notre cause est juste et le Congo finira par gagner.  Tout politicien congolais qui n’a pas condamné l’agression du Congo par le Rwanda ou qui se fait complice des agresseurs n’est pas digne de nous diriger ni aujourd’hui ni demain. 

Pour les militaires, ils sont sur terrain pour nous protéger et contraindre l’ennemi à capituler, au prix de leur vie.  Soutien total aux FARDC.

La semaine dernière, j’étais à l’Est (Goma et Bukavu) de notre pays.

J’ai constaté qu’une dynamique citoyenne très encourageante se met de plus en plus en place. Les congolais refusent d’acheter ou de manger tout produit « made in Rwanda » qui vient du Rwanda (Saucisses, jus, poissons, viande…) avec un motif pertinent : tout congolais qui achète les produits du Rwanda donne à ce pays de l’argent pour continuer à acheter les armes qui lui servent de venir tuer les congolais. Il faut arrêter ces achats. 

Nous avons été naïfs (tolérants) pendant des années. Maintenant, réveillons-nous, sommes en guerre. 

Dans les réunions où j’ai pris part, les collègues choisissaient ce qu’il fallait manger ou boire. Tout produit d’origine rwandaise était boycotté. 

Moi-même, j’avais toujours l’habitude d’acheter à Goma des saucisses du Rwanda pour amener à Kinshasa. Cette fois, je ne l’ai pas fait.

J’ai été conscientisé par mes amis qui habitent l’Est. 

Par cette page d’opinions libres, j’ai décidé de partager cette expérience en demandant à tout congolais, quelles que soient ton appartenance tribale, politique, sociale ou religieuse, que tu sois au pays ou ailleurs dans le monde, de ne pas consommer les produits du Rwanda.

Si tu achètes les produits du Rwanda, tu bois ou tu manges le sang de tes propres compatriotes qui sont tués depuis des années à l’Est. 

C’est notre façon d’interpeller les frères et sœurs du Rwanda (grands et petits commerçants) pour qu’ils appellent leurs dirigeants politiques et militaires à s’inscrire dans le schéma de la paix et de la cohabitation pacifique.

Boycottons tout produit d’origine rwandaise.

Partageons ce message et sensibilisons les autres congolais autour de nous.

Faisons passer le message.

Personne ne peut nous obliger d’acheter des produits d’un Etat qui nous tue.

Fait à Kinshasa, le 08 Juin 2022

Me Jean Claude Katende

Le Gardien du Temple (whatsapp : +243811729908)

En démocratie moderne, comme chacun le sait, le principe de séparation des pouvoirs, tel que théorisé par John Locke et Montesquieu, est un système destiné à cloisonner les trois pouvoirs de l’Etat : le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. L’objectif de ce démembrement des fonctions de l’Etat est de limiter l’arbitraire et d’empêcher les abus dans l’exercice des prérogatives par les Institutions.

Dans ses grandes lignes, la séparation des pouvoirs répartit les fonctions ou missions de l'Etat, en confiant leur exercice exclusif à différentes institutions et en spécifiant les règles de leur indépendance, et les moyens de protection contre les pressions.

L’indépendance et la protection du pouvoir judiciaire contre les pressions sont assurées par divers mécanismes parmi lesquels nous pouvons citer l’inamovibilité des juges. Et au niveau le plus élevé du pouvoir judiciaire, Conseil constitutionnel, Cour constitutionnel ou Cour suprême, l’indépendance et l’impartialité des juges sont garanties par leur irrévocabilité ou par la constitutionnalité de leur mandat, qui rend celui-ci intangible et incompressible.

Aux Etats-Unis, les juges de la Cour suprême sont nommés à vie, alors qu’en France, la Constitution prévoit un mandat de neuf ans pour le Juge constitutionnel. Il convient de faire remarquer que, en ce qui concerne l’organisation de la Cour constitutionnelle congolaise, la Constitution congolaise a été calquée presqu’à l’identique sur la Constitution française. Ainsi, la Constitution Française, en son article 56, stipule : «Le Conseil constitutionnel comprend neuf membres, dont le mandat dure neuf ans et n'est pas renouvelable. Le Conseil constitutionnel se renouvelle par tiers tous les trois ans. Trois des membres sont nommés par le Président de la République, trois par le président de l'Assemblée nationale, trois par le président du Sénat».

Tandis que son homologue congolaise prévoit, à l’article 158 :

« La Cour constitutionnelle comprend neuf membres nommés par le Président de la République dont trois sur sa propre initiative, trois désignés par le Parlement réuni en Congrès et trois désignés par le Conseil supérieur de la magistrature.

… Le mandat des membres de la Cour constitutionnelle est de neufs ans non renouvelables.

La Cour constitutionnelle est renouvelée par tiers tous les trois ans. Toutefois, lors de chaque renouvellement, il sera procédé au tirage au sort d’un membre par groupe».

Comme on peut le constater, les deux constitutions prévoient pour la juridiction constitutionnelle le même nombre de neuf juges, la même durée de mandat de neuf ans et le même renouvellement par tiers tous les trois ans.

Le 10 mai 2022, deux juges de la Cour constitutionnelle ont dû quitter leurs fonctions, suite au tirage au sort prévu par la Constitution, en son article 158.

Il y a près de deux ans, en ce même lieu, nous avions déjà tiré la sonnette d’alarme concernant les défectuosités contenues dans cet article 158.

Nous saisissons cette occasion pour rappeler à quel point cet article 158 de la Constitution est mal écrit et expliquer les potentialités et possibilités de conflits pour les prochains renouvellements de la Cour constitutionnelle, si aucune correction n’est apportée à cet article 158.

La maladresse de l’article 158 réside à l’alinéa quatre: «la Cour constitutionnelle est renouvelée par tiers tous les trois ans. Toutefois, lors de chaque renouvellement, il sera procédé au tirage au sort d’un membre par groupe».

Partons donc du principe posé par le troisième alinéa de l’article 158 : « Le mandat des membres de la Cour Constitutionnelle est de neuf ans non renouvelable ».

Les neuf premiers Membres de la Cour constitutionnelle ayant prêté serment en 2015, pour appliquer le principe de renouvellement par tiers tous les trois ans à ces neuf PREMIERS Membres, il était donc prévisible que trois d’entre eux allaient quitter la Cour constitutionnelle lors du premier renouvellement au bout de trois ans (en 2018) et trois autres devaient suivre au deuxième renouvellement après six ans (en 2021).

Ainsi donc, six des neuf premiers Membres de la Cour constitutionnelle ne pourront pas accomplir le mandat constitutionnel de neuf ans par application du principe de renouvellement triennal par tiers. Et cette exception à la durée de principe de neuf ans s’arrête ARITHMETIQUEMENT AU BOUT DE DEUX RENOUVELLEMENTS. Car, en effet, dès le deuxième renouvellement triennal (en 2021), le principe de changement par tiers après neuf ans de mandat devient mécaniquement effectif et définitif, c’est à dire que les juges constitutionnels, désormais, ne quitteront la Cour constitutionnel qu’après avoir accompli les neuf ans posés en principe par le troisième alinéa de l’article 158.

Il s’est posé alors la difficulté de choisir la méthode ou les critères devant déterminer les six premiers Membres de la Cour constitutionnelle à devoir quitter la Cour constitutionnelle avant le mandat de principe de neuf ans.

En France, où, on l’a vu, le Conseil Constitutionnel comprend aussi neuf membres pour une durée de neuf ans, avec renouvellement triennal par tiers, l’ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur l’organisation du Conseil constitutionnel avait mis en œuvre une solution simple en posant, en son article 2, que « LE PREMIER Conseil constitutionnel comprend trois membres désignés pour trois ans, trois membres désignés pour six ans et trois membres désignés pour neuf ans. »

Ainsi, la situation est clarifiée dès le départ. Au premier renouvellement triennal, les membres qui étaient nommés pour trois ans partiront, et au deuxième renouvellement, ceux qui étaient nommés pour six ans suivront. Et à compter de ce deuxième renouvellement, tous les membres accompliront neuf ans de mandat conformément à la Constitution. Le problème est donc résolu en amont. Ceux qui quitteront la juridiction constitutionnelle avant les neuf ans sont connus dès leur nomination.

Notre loi organique du 15 octobre 2013 portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle a opté, elle, pour un critère totalement aléatoire : le tirage au sort. Système pernicieux car susceptible d’être manipulé et donc peu propice à la sérénité et à l’indépendance des Juges.

Ainsi, aux termes de l’article 6 de notre loi organique du 15 octobre 2013, portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle,  « La Cour constitutionnelle est renouvelée par le tiers tous les trois ans. Lors des DEUX PREMIERS renouvellements, il est procédé au tirage au sort du membre sortant par groupe pour les membres initialement nommés ».

On perçoit d’emblée la contradiction entre l’article 158 alinéa 4 de la Constitution qui prévoit le tirage au sort pour CHAQUE renouvellement et l’article 6 de la loi organique qui ne vise le tirage au sort que pour les DEUX PREMIERS renouvellements. Car, comme nous l’avons démontré, le tirage au sort n’est plus utile après le deuxième renouvellement qui enclenche la mise en place automatique et définitif du système.

En réalité, la contradiction n’a pas lieu d’être, car la seconde phrase de l’article 158 alinéa 4 de la Constitution « Toutefois, lors de chaque renouvellement, il sera procédé au tirage au sort d’un membre par groupe » n’est pas à sa place.

D’une part, déjà, l’on s’interroge sur la présence de l’adverbe «toutefois». Que vient-il faire là? Grammaticalement, l’adverbe « toutefois » introduit un rectificatif et exprime une relation d‘opposition restrictive avec la phrase précédente. Or, ici, le tirage au sort ne constitue ni un rectificatif, ni une opposition au principe de renouvellement par tiers exprimé dans la première phrase. Encore moins une restriction. Conscients de cette bizarrerie sémantique, les auteurs de la loi organique ont tout simplement gommé « toutefois » de l’article 6. Mais il est resté dans l’article 158 de la Constitution !

D’autre part, et surtout, la première phrase de l’article 158 alinéa 4 de la Constitution, ayant posé comme principe que « la Cour Constitutionnelle est renouvelée par tiers tous les trois ans », il revenait dès lors à une loi organique de fixer les modalités d'application de ce principe. Ce que l’article 6 de la loi organique du 15 octobre 2013 a fait, en ne prévoyant, expressément, le système du tirage au sort que pour les deux premiers renouvellements.

C’est donc par OUBLI du Constituant que la seconde phrase de l’article 158 alinéa 4 est restée dans la Constitution.

Cette étourderie du Constituant, si elle n’est pas corrigée, aurait donc pour effet pervers de pérenniser le système du tirage au sort, alors que celui-ci n’a été conçu que pour départager les Membres de la Cour Constitutionnelle uniquement lors des deux premiers renouvellements, comme le précise la loi organique.

Et pour souligner le caractère temporaire du système du tirage au sort, l’article 6 de la loi organique a bien spécifié qu’il n’était applicable qu’aux « membres initialement nommés », c’est-à-dire, plus exactement, aux membres originaires, ceux nommés en 2015, à la naissance de la Cour Constitutionnelle. Ainsi, tous les membres nommés après le premier renouvellement triennal ne pourront plus être concernés par le tirage au sort et devront effectuer les neuf ans de mandat constitutionnel. Sauf s’ils ont été nommés pour poursuivre et achever le mandat d’un Membre originaire, comme le prévoit la première phrase de l’article 8 de la loi organique.

Ainsi donc, la seconde phrase de l’alinéa 4 de l’article 158 entre en conflit avec l’alinéa 3 du même article qui pose le principe de neuf ans de mandat pour les Membres de la Cour constitutionnelle. Car, en effet, si l’on peut procéder au tirage au sort « lors de chaque renouvellement » triennal, aucun Membre de la Cour constitutionnelle n’est assuré d’accomplir les neuf ans de mandat posé en principe par l’alinéa 3 de l’article 158. Alors que le principe de neuf ans de mandat édicté par cet article n’est assorti d’aucune exception !

La seconde phrase de l’alinéa 4 de l’article 158 contredit aussi, nous l’avons souligné ci-haut, l’article 6 de la loi organique qui ne vise le tirage au sort que pour les DEUX PREMIERS renouvellements.

Or, dans la hiérarchie des normes, les dispositions constitutionnelles sont supérieures aux lois organiques.

Ainsi donc, si la seconde phrase de l’alinéa 4 de l’article 158 n’est pas supprimée de notre constitution, on ne pourra donc pas lui opposer l’article 6 de la loi organique. Et lors des prochains renouvellements, le Président de la République pourra demander, si cela est dans son intérêt, de recourir au tirage au sort pour faire évincer un membre de la Cour constitutionnelle qui n’aura pas montré suffisamment d’enthousiasme à son égard. Il y aura alors des débats enflammés, comme les affectionnent tant nos juristes, mais le Président de la République sera dans son droit car il ne fera qu’appliquer la seconde phrase de l’alinéa 4 de l’article 158 qui prévoit le tirage au sort pour CHAQUE renouvellement. Et l’alinéa 4 de l’article 158 est de droit constitutionnel positif, supérieur à la loi organique !

La seule façon de faire respecter le mandat constitutionnel de neuf ans et de mettre le juge constitutionnel à l’abri d’un angoissant tirage au sort, nuisible à sa sérénité et à son indépendance, sera donc de corriger la Constitution en supprimant tout simplement la seconde phrase de l’alinéa 4 de l’article 158. Qui, en plus, comporte une faute de grammaire !

J’invite donc nos constitutionnalistes, Messieurs André MBATA, Jacques NDJOLI, et tous les autres, moins médiatisés, certes, mais tout aussi éminents, de faire procéder à la suppression de la seconde phrase de l’alinéa 4 de l’article 158, qui, je le répète, est le résultat d’un oubli du Constituant. Il ne s’agira point de modifier la Constitution, mais juste de réparer un oubli. A l’image du chirurgien qui aurait oublié le bistouri dans le ventre de son patient.

En jouant au mauvais devin, car je triche quelque peu sur une récente actualité, si rien n’est fait, je vois dans l’avenir le président de la Cour constitutionnelle, fraîchement désigné par ses pairs, obligé de quitter, et ses fonctions, et la Cour, car victime…d’un tirage au sort intempestif.

Cela ne participe nullement à la protection du pouvoir judiciaire.

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La Belgique

Notre relation avec la Belgique reste particulière du fait de la colonisation. Cette relation peut être positivée si, du moins, les dirigeants belges partagent le même entendement que les Congolais sur la nouvelle donne mondiale. 

Ce qui est en train de se passer entre la France et le Mali de nos jours va sans nul doute se reproduire dans tous les pays de la zone Franc, si la cécité continue à caractériser la politique africaine de la France. Il est, en effet, derrière nous le temps où les Européens venaient imposer des politiques et des dirigeants en Afrique. La nouvelle génération d’Africains a déjà ouvert les yeux. Elle ne se laissera plus faire, et plus rien ne sera comme avant.

L’on a coutume de dire que l’avenir de l’Europe, c’est l’Afrique. Mais, pour les Congolais, dans cette Europe, il y a avant tout la Belgique, l’ancienne métropole. Et dans cette Afrique, il y a avant tout la République Démocratique du Congo, l’ancienne colonie, pour les Belges ; un pays qui est encore à construire dans tous les secteurs. Et, comme le disait un homme politique belge : « c’est le pays où l’on doit encore poser des rails et construire des routes. » Et il dispose de moyens pour cette œuvre colossale de construction.

En effet, outre ses matières premières abondantes et diverses, la RDC dispose de beaucoup d’autres atouts : 

Plus de 70 % des congolais ont moins de 30 ans ; 

Une main d’œuvre abondante et bon marché ;

Des espaces verts à perte de vue pour l’agriculture et l’élevage ;

Un climat ensoleillé et pluvieux, et une hydrographie généreuse ;

Un vaste marché intérieur de plus de 120 millions d’habitants ;

Par ailleurs, l’ensemble de la population belge est moins nombreuse que celle de la seule ville de Kinshasa. Ceci veut dire que même si tous les Belges étaient transplantés en RDC, le pays ne sera pas du tout surpeuplé. Par contre, il y aurait du travail à créer et de la nourriture pour tous ; pour peu que des institutions de crédit et d’assurance jouent pleinement leur rôle.

La Belgique, qui est un petit pays confronté à un problème considérable de chômage et d’étroitesse du marché intérieur, ne dispose certainement pas de milliards d’Euros à investir en RDC. Elle pourrait néanmoins tirer parti des opportunités qu’offre la RDC.

A titre d’exemple, des petites et moyennes entreprises belges pourraient s’installer en RDC et produire pour vendre tant pour le marché intérieur congolais que pour l’Europe et même pour le monde entier, en employant en partie des centaines de milliers de jeunes soustraits de la longue liste des chômeurs en Belgique et, en partie, de l’abondante main-d’œuvre congolaise disponible. Les jeunes agriculteurs et éleveurs belges pourraient venir acheter des terres et produire du bio pour le marché européen et pour le marché intérieur en s’associant à des jeunes Congolais. Des dizaines de millions d’hectares de terres arables et de pâturages sont encore inexploités. Avec son climat qui permet plusieurs saisons culturales, la RDC est un Eldorado pour les opérateurs économiques du secteur agropastoral.

Des facilités particulières en matière d’accès au territoire, de création d’entreprises, et de rapatriement de bénéfices pourraient être accordées à des producteurs belges, petits comme grands, agricoles comme artisanaux, ainsi qu’à des jeunes Belges tentés par l’ouverture congolaise. Des conditions de garantie et de sécurité pourraient être négociées au niveau des deux gouvernements. 

Si, d’un côté, le pays de Lumumba est en mesure de soulager la Belgique en contribuant à résorber le chômage et à accroître les moyens de l’Etat grâce à l’impôt sur les revenus gagnés en RDC, la démultiplication des entreprises belges de divers secteurs sur le sol congolais pourrait, de l’autre côté, être d’un apport significatif en matière de technologie pour les PME’s congolaises 

Les joint-ventures entre entrepreneurs congolais et belges pourraient ainsi donner naissance à des relations autres que celles de colon et colonisés, des vrais et sincères partenariats gagnant-gagnant. On aurait ainsi une coopération de peuple à peuple, mutuellement avantageuse. 

Avec le pays du Roi Philippe, nous pourrions, par exemple, nous Congolais, profiter de ce que nous avons cette histoire commune pour nous ménager une fenêtre sur l’Europe tant en ce qui concerne le marché que la diplomatie aussi bien politique qu’économique. Pour une période de trois mois, par exemple, les Congolais devraient pouvoir entrer en Belgique sans visa, et vice versa. 

Un vrai partenariat gagnant-gagnant est donc possible, dénué de tout complexe. Dans ce nouveau monde globalisé et multipolaire, la République Démocratique du Congo constitue donc, à n’en point douter, une planche de salut pour la Belgique étant donné les difficultés auxquelles devra inéluctablement faire face les économies occidentales dans l’avenir.

En effet, le pillage des minerais de la RDC ne profite qu’aux sociétés multinationales et à quelques Ministres Belges qui perçoivent des commissions au passage ; mais le peuple belge, tout comme le peuple congolais, n’y trouve pas du tout son compte. C’est cela qui doit être changé dans les nouvelles relations éventuelles entre Belges et Congolais. Encore faudrait-il que les dirigeants belges comprennent qu’ils doivent privilégier avant tout les intérêts de leur peuple ; intégrant ainsi la nouvelle donne internationale faite d’un monde globalisé et multipolaire, un monde où le pays du Soleil Levant s’est désormais imposé et a fait pencher la balance de l’économie mondiale de son côté. A son tour, le Congo pourra alors être une vraie bouée de sauvetage, une planche de salut pour la Belgique dans un nouveau monde où Chinois, Russes, et Américains raflent la mise.

Prenant en compte cette nouvelle donne mondiale, il est patent que l’avenir de la Belgique est au Congo, dans une coopération gagnant-gagnant.

Dans une conférence de presse donnée au Centre des Handicapés physiques de Kinshasa, le mardi 28 juin 2016, les Pionniers de l’UDPS avaient exprimé leur position par rapport au Conclave organisé à Genval, dans la périphérie bruxelloise, par les autorités belges et destiné à désigner un candidat commun de l’opposition à l’élection présidentielle de 2016 en RDC.

« (…) Les Pionniers de l’UDPS recommandent, d’autre part, au Gouvernement belge, hôte et facilitateur du Conclave de Genval, de cesser de ramer systématiquement contre les intérêts du Congo et du peuple congolais. En près de 40 ans de combat politique, les Pionniers de l’UDPS ont vu et vécu beaucoup de choses. Ils sont les témoins de toutes sortes de manipulations dont les acteurs politiques congolais ont été l’objet, et le peuple congolais victime. Il en souffre chaque jour.

Les Pionniers de l’UDPS disent au Gouvernement belge ceci : la RDC n’est pas qu’un espace vierge regorgeant de minerais de toutes sortes, des forêts et des animaux ; mais un territoire où habitent des hommes et des femmes qui ont eux aussi, comme les Belges chez eux, le droit de vivre en paix, et de jouir de ce dont la nature a doté leur pays. 

Ils rappellent au Gouvernement belge que la RDC est un pays à construire, aux dimensions de l’Europe occidentale. C’est comme si on demandait à la Belgique de construire les routes, les ponts, les chemins de fer, les écoles, les hôpitaux, les canaux, etc. non seulement pour elle-même, mais pour toute la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Suisse, le Grand-Duché de Luxembourg, le Portugal, le Danemark, la Suède, la Norvège, etc.

Ils invitent donc le Gouvernement belge à voir plus grand, au lieu de prétexter les soi-disant intérêts belges, qui ne sont, en réalité, que des intérêts privés, pour mettre les peaux de banane sur la route de l’émergence de la RDC. Les Pionniers de l’UDPS sont, en effet, convaincus que des entrepreneurs belges, venant investir dans le gigantesque chantier congolais, dans une RDC stable et bien gouvernée, contribueraient à résorber le chômage en Belgique et le peuple congolais y trouverait également son compte de diverses manières.

Un ancien Premier Ministre Belge, Jean Gol, avait déclaré un jour que le Zaïre était le seul pays au monde où la Belgique était considérée comme un grand pays. Les Pionniers de l’UDPS conseillent aux gouvernants belges de méditer cette réflexion, dans l’intérêt supérieur de nos deux peuples. »

A la Belgique donc de savoir si elle veut continuer à jouer le rôle d’Administrateur-Délégué d’une société anonyme dénommée « RD Congo », et qui appartiendrait à l’Occident, ou si elle veut tenter une nouvelle idylle avec un pays souverain, avec lequel elle a partagé une page de l’histoire de l’humanité, et qui peut lui apporter énormément : la République Démocratique du Congo ; une idylle qui doit nécessairement se conformer à la nouvelle réalité du monde. Aux Belges de choisir !

Kinshasa, le 8 juin 2022

Corneille MULUMBA

Membre co-fondateur de l’UDPS

Tél. +243 812828628

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C’est l’équivalent de 16% des recettes budgétaires de l’Etat.  L’affirmation est de M. Wang Hailong, interviewé le 31 mai 2022 par Radio Okapi. Ministre conseiller à l’ambassade de la République Populaire de Chine en République Démocratique du Congo, M. Wang, selon le titre de son interview, révèle que «Les entreprises chinoises ont investi plus d’un milliard USD dans le secteur minier » et ont versé l’année dernière presqu’un milliard et demi de dollars à la RDC. Chiffres jamais égalés par les exploitants miniers étrangers plus actifs dans des déclarations tapageuses que dans des réalisations palpables. A l’occasion du Cinquantenaire des relations et de la coopération sino-congolaise en cette année 2022, les réalisations chinoises commencées avec pour symbolique le Palais du peuple et le stade des Martyrs – périmètre où s’érige le complexe culturel le plus imposant et important d’Afrique centrale – se caractérisent avec différentes infrastructures de Santé, l’Education, l’Energie, les Transports et Voies de communication, l’Habitat, l’Environnement, et cela sur toute l’étendue du territoire national. En témoigne le contrat sino-congolais porté par la SICOMINES S.A. On peut d’ailleurs le déclarer haut et fort : après les infrastructures aménagées sous la colonisation par la Belgique et ses partenaires, celles de la Chine depuis l’indépendance en 1960 sont les plus attractifs et utiles qui puissent provenir d’un seul pays. Voici l’intégralité de cette interview :

Radio Okapi : Monsieur Wang, bonjour. La RDC a produit l’année dernière presque 1.800.000 tonnes de cuivre. Dans votre exposé, vous avez dit que la Chine y était pour beaucoup. Comment ça ?

Monsieur Wang : Oui, exactement. Ces trois dernières années, les entreprises chinoises ont investi plus d’un milliard de dollars dans le secteur minier congolais. Ce qui a fait beaucoup  monter la production minière en RDC. De 2016 à 2021, la production annuelle du cuivre en RDC est passée de 842.000 tonnes à 1.800.000 tonnes, plus que doublé en seulement  ans. Et parmi ce volume, 70 % sont produits par des entreprises chinoises.

Fort de la Convention avec la Chine, la RDC est redevenue le 3ème producteur mondial du cuivre. Elle a retrouvé sa place de premier rang en tant que producteur des minerais avec des équipements de pointe et des technologies avancées apportés par des Chinois à son compte.

RO : Quand vous brossez vraiment ce tableau, c’est juste pour nous dire que l’exploitation minière illégale qui est exercée par certains ressortissants chinois dans la partie Est du pays n’est pas du tout représentative de la coopération sino-congolaise ?

MW : Oui. Comme un dicton chinois dit « un arbre ne peut pas cacher la forêt». Par rapport à 20.000 ressortissants Chinois installés en RDC, ceux qui sont censés être dans état irrégulier sont très minoritaires. La grande majorité des entreprises et des ressortissants chinois œuvrant en RDC respectent bien les lois et les règlements et les réglementations  congolaises. Comme ce que leur demande le gouvernement chinois, ils apportent une grande contribution au développement économique et social de la RDC. Par exemple, les taxes payées en 2021 par des entreprises chinoises ont atteint 1,3 milliard de dollars, soit 16% des recettes budgétaires de l’Etat, sans parler d’autres redevances ou dividendes, que ce soit en matériels ou en finances.

Ce qui règne dans nos relations, c’est l’amitié et la coopération «gagnant-gagnant».

RO : Lorsque cette crise sur l’exploitation illégale avait éclaté, votre pays, au travers de l’ambassade, s’était engagé à sanctionner les ressortissants chinois qui étaient impliqués dans cette exploitation (…). Qu’en est-il aujourd’hui ?

MW : On a fait des appels à ces gens-là d’abandonner ou bien se régulariser. Je peux vous dire aujourd’hui que dans la province du Sud-Kivu, parmi les six à sept sociétés citées par les autorités locales, il en reste presque zéro, peut-être une encore qui reste là pour régler les derrières procédures.

RO : Donc vous vous engagez aujourd’hui à faire en sorte que lorsque vous avez des ressortissants qui sont dans les activités minières, que ce soit à l’Est ou à l’Ouest du pays, que cela se fasse vraiment selon les prescrits de la loi…

MW : Oui. Effectivement, le Gouvernement chinois demande toujours aux entreprises et aux ressortissants installés ici de se conformer aux lois et aux réglementations congolaises.

RO : Pour revenir aux investissements chinois, vous avez dit qu’aujourd’hui la RDC est le troisième ou le quatrième pays africains où la Chine investissait le plus. Dans quels secteurs la Chine investit aujourd’hui en RDC, à part dans les mines ?

MW : A part les mines, les entreprises chinoises investissent. J’aimerais citer comme exemple le port terrestre de Kasumbalesa, un projet à capitaux chinois de l’ordre de 230 millions de dollars qui a favorisé le commerce import et export de la RDC.

Je crois que cette liste d’investissements ne cessera de s’allonger, car beaucoup d’entreprises s’engagent déjà à investir davantage.

RO : Au regard de cela, qu’est-ce que peuvent être les perspectives de collaboration entre les deux pays.

MW : Il y a beaucoup de perspectives de coopération devant nous. Cette année marque le Cinquantenaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la Chine et la RDC. On va profiter de cet événement historique pour faire porter nos relations et notre collaboration à un niveau palier.

 

L’Allemagne attaque le Congo 

En 1916, lors de la première guerre mondiale, le général allemand Paul Von Lettow-Vorbeck, commandant des forces coloniales de la DOA (Deutsch Oostafrika) Afrique orientale allemande (qui comprend le Rwanda, le Burundi et la Tanganyika), décide d'attaquer le Congo-Belge pour récupérer les mines d'or de Kilo-moto en Ituri. La Force Publique (FP) congolaise va réagir à cette agression en repoussant l'ennemi en dehors de nos frontières. 

La force publique contre-attaque et occupe le Rwanda et le Burundi 

Le commandant en chef de la FP, le lieutenant-général Charles Tombeur, va décider de poursuivre les allemands dans leurs colonies avec un contingent de 15 000 soldats congolais.

C'est ainsi que Kigali tombe aux mains des militaires congolais le 9 mai 1916. Le 6 juin 1916, Bujumbura, la capitale du Burundi est libérée à son tour. Au mois de juillet 1916, le Rwanda et le Burundi sont complètement contrôlés par la FP. 

Les congolais entrent en Tanzanie 

Les soldats congolais vont poursuivre cette campagne victorieuse en attaquant les allemands dans la Tanganyika. Ils vont mettre ces derniers en déroute lors des batailles de Tabora (8 septembre-19 septembre 1916), Dodoma (juillet 1917) et Mahenge (octobre 1917).

Les vainqueurs se partagent les anciennes colonies allemandes 

A la fin de la première guerre mondiale, les pays européens vainqueurs de l'Allemagne vont se partager les dépouilles de l'empire allemand. La France prend le Togo et une partie du Cameroun. L'Angleterre prend la Tanzanie. L'Afrique du Sud s'approprie la Namibie. 

La Belgique hérite le Rwanda-Urundi 

Pour remercier la Belgique pour sa contribution à la guerre, la Société des Nations (l'ancêtre des Nations-Unies) lui confie la gestion du Ruanda-Urundi en 1923. En 1925, ces deux territoires sont rattachés au Congo dont ils deviennent la 7ème province. 

A la fin de la guerre, le grand général Sud-africain, Jacob Van Deventer, qui commandait les forces alliés en Afrique orientale, va remercier les soldats congolais en déclarant ceci : " Les troupes congolaises sont des combattants magnifiques, intelligents et sûrs, et leur participation dans la campagne a été de la plus grande valeur pour la force alliée".

Les militaires congolais ramènent des épouses rwandaises et burundaises

A la fin de la première guerre mondiale, beaucoup des militaires congolais ayant participé à ces opérations de libération du Rwanda-Urundi ramènent des épouses de ces deux pays. L'un d'eux s'appelle le sergent Édouard Kengo Lomboli de la tribu ngbandi, originaire du territoire de Mobayi-Mbongo, secteur de Kota-koli, du groupement Dondo. Il va épouser et ramener au pays une belle rwandaise répondant au nom de Hilda Asimini. De cette union vont naître deux filles: Marie-Claire Mukanda Kes et sa sœur Lucie.

Les origines d'un grand homme politique congolais 

Marie-Claire Mukanda aura, en 1935, un enfant avec le médecin-directeur de l'hôpital de Libenge (dans l'actuelle province du Sud-Ubangi) du nom de docteur Michel Lubicz (prononcer Lobitch). Cet enfant du nom de Léon Lobitch, petit-fils du sergent Édouard Kengo, connaitra une extraordinaire carrière politique sous le nom de Léon Kengo wa Dondo !

A suivre.  . . !

Par Thomas Luhaka Losendjola 

Vos observations, corrections, critiques sont les bienvenues

 

Le président de la communauté Teke de l’Udps, Franck Mbo, a conduit ce mardi 7 juin 2022, une grande foule composée de ressortissants de la communauté qu’il dirige au sein du parti présidentiel, jusqu’à l’aéroport international de N’djili. Ce, suite à l’appel à la mobilisation générale lancé par Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Udps dans le but de réserver un accueil digne au couple royal belge.

Drapeaux du parti en mains trimbalant au rythme du vent, insignes et autres effigies aux coups, jeunes et vieux de la communauté Teke, membres de l’Udps ont répondu massivement à l’appel de leur représentant national. Au cours d’une interview réalisée sur place en effet, Franck Mbo a souligné :

«Nous sommes venus aujourd’hui ici à l’aéroport de N’djili  pour répondre à l’appel de notre chef, le Secrétaire général de l’UDPS, monsieur Augustin Kabuya qui a appelé à la mobilisation générale au sein du parti, pour réserver un vibrant accueil au couple royal belge », a-t-il dit en ajoutant cependant que la joie est immense parce qu’après plusieurs espoirs qui s’envolaient pour notre pays, on peut aujourd’hui s’enfler d’orgueil parce que c’est une bonne et nouvelle histoire de la République démocratique du Congo qui s’écrit désormais.

Pour lui, le fait que le Roi Belge puisse arriver à Kinshasa après une si longue durée des relations qui se refroidissaient entre la RDC et la Belgique, prouve en conséquence la forte diplomatie du Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Il note que si l’on jette un regard dans le passé, même avec le précédent régime, on n’avait jamais vécu ces genres d’événements qui donnent de l’espoir au peuple congolais sur le plan diplomatique.

Par ailleurs, il a lancé, à cette occasion, un appel de mobilisation aux congolais  et à la jeunesse plus particulièrement de tous se liguer derrière le président de la République et soutenir sa vision, laquelle est, dit-il, une locomotive pour le vrai développement de la RD. Congo.

Il sied de signaler que le Roi Philipe du royaume de la Belgique était accompagné de son épouse, la Reine Mathilde et du premier ministre Belge ainsi que de quelques ministres du gouvernement. Pour raison de visite de travail, la délégation belge va séjourner 12 jours sur le sol congolais.

Fidel Songo

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