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Six mois après un viol collectif sur une femme à Bunia par les hommes en armes assimilés aux FARDC, aucune poursuite judiciaire n’a été engagée.

C’est depuis le mois de mars 2021 qu’une femme a été victime d’un viol collectif par un groupe de huit (8) présumés auteurs identifiés comme militaires de l’armée congolaise (FARDC). C’était dans la localité de Lengabo à l’entrée sud de la ville de Bunia, province de l’Ituri. Selon nos sources sur place, malgré la promesse des autorités locales, aucune enquête n’a été menée pour appréhender les auteurs afin que la justice soit faite. De leur part, la survivante et sa famille, n’ont pas porté plainte pour éviter des représailles de ces présumés auteurs du viol. Et pourtant, le dossier était bel et bien connu par la communauté de Lengabo ainsi que des autorités, et dénoncer dans la presse congolaise.
Après investigation, la survivante aurait bénéficié seulement de la prise en charge médicale et psychologique de la part de l’ONG Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI) à l’hôpital de Médecin Sans Frontière (MSF) où elle a été directement transférée après ce forfait.
’J’ai échangé avec mon équipe par rapport à ce dossier. Notre organisation avait assuré seulement la prise en charge médicale et psychologique de cette survivante’’, a précisé Mme Noëlla Alifwa, Coordinatrice de la SOFEPADI/Bunia.
Contacté au téléphone, un habitant de Bunia a laissé entendre que la famille de la survivante a préféré se taire parce qu’elle sait qu’aucune justice ne sera faite, surtout avec l’instauration de l'Etat de siège où le pouvoir est entre les mains des militaires.
’L’essentiel est que cette femme a été soignée. Ça ne sert à rien de réveiller ce vieux démon de peur de s’attirer davantage des difficultés ’’, a laissé entendre  une femme habitant Lengabo.
Du côté de l’armée congolaise, le porte-parole des FARDC dans la province de l’Ituri, Jules Ngongo demeure dubitatif et affirme ne pas toujours être informé. Et pourtant, il y a cinq mois il avait promis de mener des enquêtes pour arrêter les présumés auteurs militaires des FARDC.

«Tous les militaires qui se livrent dans les violations des droits de l’homme sont condamnés», a soutenu le Porte-parole des FARDC, Jules Ngongo.

Quelle alternative ?

La Juge Honorine Bokashanga, Chargée des projets au ministère de la Justice à Kinshasa souligne qu’étant donné que le dossier est approuvé par la société civile de la place, la justice militaire devrait se saisir de l’infraction en lieu et place de faire obstruction. Car, il y a lieu de retenir qu’en République Démocratique du Congo, le viol est une infraction répréhensible et punie par la loi, et aucune raison ne peut la justifier. Les auteurs en sont punis surtout que les faits sont établis et prouvés.
‘‘Le code pénal prévoit à l’article 42 (bis), que la qualité officielle de l’auteur d’une infraction relative aux violences sexuelles ne peut en aucun cas l’exonérer de la responsabilité pénale ni constituer une cause de diminution de la peine. Et, il est précisé l’article 42 (ter), que l’ordre hiérarchique ou le commandement d’une autorité légitime civile ou militaire n’exonère nullement l’auteur d’une infraction relative aux violences sexuelles de sa responsabilité. En cette période de l’état d’urgence, les autorités militaires, en l’occurrence, l’auditorat militaire, devrait se saisir de ce dossier qui incriminerait les militaires qui sont des présumés auteurs de ce forfait du viol’’, a-t-elle précisé.

Circonstance
L’événement s’est produit dans la localité de Lengabo à l’entrée sud de la ville de Bunia, province de l’Ituri, où une femme aurait été violée dans la nuit de mercredi 17 à jeudi 18 mars 2021 par un groupe de 8 présumés auteurs identifiés comme militaires de l’armée congolaise (FARDC). Elle était à la maison avec son mari, elle est sortie pour le petit besoin. Dehors, il y avait un groupe d’hommes en armes identifiés comme militaires des FARDC qui l’ont violée. Ils étaient nombreux et certains sont entrés à la maison, soit disant qu’ils faisaient le contrôle de routine. Ils ont brutalisé la femme et l’ont amenée sous les eucalyptus. La femme s’est battue et ils l’ont menacée de la tuer. Du coup, ils l’ont violée. Les violences sexuelles demeurent un fléau dans la partie Est de la RDC. Les rapports de différentes organisations non gouvernementales sont alarmants. En 2020, Mme Noëlla Alifwa, Coordinatrice de la SOFEPADI révèle que son organisation a enregistré à l’Est de la RDC au moins 219 cas des viols et en 2021, 135 cas déjà documentés. Pour l’ONU Femmes, dans son rapport de 2020 vingt-six mille neuf cent-dix cas (26 910) cas de violences sexuelles ont été enregistrés entre le 1er janvier et le 30 juin 2020. Des chiffres selon le même rapport représentent un taux d’augmentation de 28% par rapport à l’année 2019. A cela, la population congolaise qui ne cesse de dénoncer ces forfaits, demande à l’Etat congolais de prendre des mesures nécessaires pour éradiquer ce fléau qui ternit l’image d’un Etat des droits.

Cet article a été produit en collaboration avec Journalistes pour les droits humains, JDH/JHR avec l’appui d’Affaires mondiales Canada

Jules Ntambwe

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