Flash

BAN2

 

 (Extrait des mémoires d'Alexis Thambwe Mwamba:" Du Village à la République". Pages 331-332)

Cette faute fut toutefois réparée par son fils, quelques années plus tard, qui a agi, lui, lors de son accession aux responsabilités, en vrai stratège.  J'ai côtoyé Joseph Kabila durant de nombreuses années. J'ai abordé plusieurs thèmes avec lui. Nous avons parlé de la fin tragique de son père et je puis affirmer que la mort de Laurent-Désiré Kabila, auquel il voue un véritable culte, demeure, après toutes ces années, un chagrin profond.

Lorsqu'il m'a fallu étudier le dossier de ceux qui avaient été condamnés pour ce crime odieux en vue d'une éventuelle libération conditionnelle - j'étais alors ministre de la Justice - j'ai pu mesurer la souffrance qui était la sienne lors de nos discussions. Il est remarquable qu'il n'ait tenté en aucune de s'immiscer dans le contenu du dossier judiciaire. 

Pour le reste, la première expression qui me vient à l'esprit afin de qualifier la personnalité politique de Joseph Kabila, qui, je le dis d'emblée, n'a pas fini d'écrire l'histoire, est celle d'"homme de dossiers". Jamais,  il ne se prononce sur une problématique sans en avoir étudié ses différents aspects. 

C'est donc une approche moins instinctive, plus intellectuelle que celle déployée par le Président Mobutu. Durant ce compagnonnage avec lui, je peux me targuer d'avoir pu observer sa façon d'exercer les plus hautes responsabilités. J'ai eu à l'observer en tant qu'opposant potentiel, ou du moins opposant de son père, puisque j'avais combattu ce dernier aux côtés de Jean-Pierre Bemba, puis en tant qu'appui extérieur à son mouvement, et afin en tant que ministre. J'ai ainsi pu remarquer, tout au long de ces années, combien son processus de prise de décision était plus réfléchi, plus long, plus approfondi que celui de Mobutu, qui agissait à l'instinct. 

Une autre caractéristique essentielle de Joseph Kabila est sa grande faculté d'apprendre. Lorsque nos avis divergeaient sur une de mes propositions en tant que ministre, par exemple, le Président Kabila me le communiquait immédiatement. En revanche, s'il m'annonçait son intention de l'examiner, cela signifiait qu'un premier pas était franchi, sans pour autant que son accord coulât de source. 

Le plus désarçonnant, au début, était la durée relativement longue de l'examen de la proposition. Pas question de verser dans la précipitation. Il n'était pas rare de devoir nous revoir deux ou trois fois afin d'aborder les mêmes points de détails ou abolir toute incertitude dans l'application de la mesure. Ses décisions sont le fruit d'un processus de maturation.

Du point de vue de la perception par l'opinion publique, ce temps d'incubation relativement long de ses décisions l'a sans doute desservi dans un monde, le nôtre, où la vitesse de communication prend le pas, la plupart du temps, sur le contenu de l'information à transmettre. Nous voyons à cet égard, que son successeur s'échine à prendre le contre-pied, multipliant les déplacements et les annonces publiques. 

Un autre des points forts de Joseph Kabila est sans aucun doute la cohérence. Lorsqu'une décision était prise, jamais il ne changeait d'avis en cours de route.

Pin It

Statistiques

18692544
Aujourd’hui
Hier
Cette semaine
La semaine passée
Ce mois
Le mois dernier
Au total
3420
14108
33685
18541891
427601
491245
18692544

Your IP: 54.36.148.24
2021-09-28 04:20

Nos Partenaires

  • africatime.jpg
  • africa_n1.jpg
  • allafrica.jpg
  • logo-monusco.jpg
  • okapi.jpg