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L’événement s’est produit dans la localité de Lengabo à l’entrée sud de la ville de Bunia, province de l’Ituri, où une femme aurait été violée dans la nuit de mercredi 17 à jeudi 18 mars 2021 par un groupe de 8 présumés auteurs identifiés comme militaires de l’armée congolaise (FARDC).

Cette femme n’a pas porté plainte et sa famille s’est murée dans le silence pour éviter des répercussions de la part des bourreaux qui continuent de circuler dans la région. Après le forfait, la victime a bénéficié de quelques soins médicaux, mais elle reste psychologiquement affectée.
Selon nos sources de la région, la victime se réserve de porter plainte pour éviter des représailles de ces présumés auteurs du viol.
‘‘Une femme était à la maison avec son mari, elle est sortie pour le petit besoin. Dehors, il y avait un groupe d’hommes en armes identifiés comme militaires des FARDC qui l’ont violée. Ils étaient nombreux et certains sont entrés à la maison, soit disant qu’ils font le contrôle de routine. Ils ont brutalisé la femme et l’ont amenée sous les eucalyptus. La femme s’est battue et ils l’ont menacée de la tuer ‘‘, raconte un habitant de la localité de Lengabo.
‘‘La femme n’arrive pas à parler car ayant été violée aux regards des voisins qui l’ont amenée au centre de santé qui l’a transférée à l’hôpital de Médecin Sans Frontière, MSF. Ils l’ont vaccinée, lui ont prescrit des produits pour un mois. Ils ont informé le chef mais ce dernier a peur car, il s’agit des hommes porteurs d’armes. Une fois il a été arrêté pour rien. La demande est que les présumés auteurs soient identifiés et punis pour leur forfait. Il est difficile actuellement de discuter ni avec elle, ni avec son mari‘‘, précise-t-il.

Contacté au téléphone, le Porte-parole des FARDC dans la province de l’Ituri, Jules Ngongo, affirme ne pas être au courant de ce dossier du viol.
‘‘Pour le moment, nous ne sommes pas encore au courant de ce cas-là. Tous les militaires qui se livrent dans les violations des droits de l’homme sont condamnés. Je pense qu’il faut dénoncer s’il y a de tels cas. Que gagnerait l’armée si des tels cas ne sont pas condamnés ou si un militaire se mécomporte face à la discipline militaire? Il faut pousser le Bouchon un peu loin‘‘, a-t-il souligné.

Conséquence de n’avoir pas dénoncé
Plusieurs organisations de la société civile, à l’instar de la Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI), affirment être informées du dossier. Mais, elles n’arrivent pas à se saisir formellement du dossier du fait que la victime et sa famille préfèrent se taire par peur. Le chef de la localité de Lengabo leur aurait encouragé de garder silence pour éviter des représailles.
Cependant, selon la loi congolaise, si la victime refuse de dénoncer, l’Etat peut se saisir du dossier (par auto-saisine) et protéger la victime. Mais, si cette dernière refuse de confirmer les faits, il est souvent difficile d’établir la faute. Toutefois, l’Etat qui a toutes les preuves de l’infraction punit en lui-même les auteurs des faits.
Les violences sexuelles demeurent un fléau dans la partie Est de la RDC. Les rapports de différentes organisations non gouvernementales sont alarmants. En 2020, Mme Noella Alifwa, Coordinatrice de la SOFEPADI a enregistré à l’Est de la RDC au moins 219 cas des viols et en 2021, 135 cas déjà.
La population congolaise qui ne cesse de dénoncer ces forfaits demande à l’Etat congolais de prendre des mesures nécessaires pour éradiquer ce fléau qui ternie l’image d’un Etat des droits.

Ce que dit la loi
Il y a lieu de retenir qu’en République Démocratique du Congo, le viol est une infraction répréhensible et punie par la loi, et aucune raison ne peut la justifier. Les auteurs en sont punis surtout que les faits sont établis et prouvés. C’est ce qu’a précisé Me Belinda Luntadila, Rapporteur de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH).
‘’Le code pénal prévoit dans ses dispositions à l’Article 42 (bis), que la qualité officielle de l’auteur d’une infraction relative aux violences sexuelles ne peut en aucun cas l’exonérer de la responsabilité pénale ni constituer une cause de diminution de la peine. Et dans l’Article 42 (ter), il est précisé que l’ordre hiérarchique ou le commandement d’une Autorité légitime civile ou militaire n’exonère nullement l’auteur d’une infraction relative aux violences sexuelles de sa responsabilité’’, martèle-t-elle.

A la question de savoir qu’étant donné que la victime se trouve dans une zone actuellement en conflit, cette infraction devrait-elle être considérée comme arme de guerre… Il s’agira, précise-t-elle, de procéder aux enquêtes pour établir « ces allégations » qui ne comportent encore aucune preuve jusqu’à ce que cela soit établi comme ayant été commis dans cet objectif.
La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), pour sa part, s’appuie sur la loi congolaise en la matière pour défendre tout acte de violations des droits humains qui ne peut être considéré comme arme de guerre en vue de prouver la victoire d’une armée régulière ou d’une armée rebelle.
Au-delà de ces écrits, il faut retenir que toute violation des droits de l’homme demeure contralegem (contre la loi) et demeure punissable.

Jules Ntambwe

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