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Le Conseil Economique et Social-Kinshasa de la Rdc a clôturé, mardi 1er décembre 2020, sa session ordinaire du mois d’octobre 2020. Dans son allocution, le Président de cette institution, M. Jean-Pierre Kiwakana, rappelant le contexte particulier dans lequel les travaux de ladite session qui a ouvert ses portes le 1er octobre dernier, marqué la crise créée par la pandémie du Covid-19, la situation économique inquiétante du pays et les querelles de clocher entre acteurs politiques tendant à paralyser les institutions de la République.

Et face à cette crise, le Président du CES avait indiqué qu’«il n’y a rien, aucune querelle, aucun écueil que nous ne puissions solutionner fraternellement, avec bonne volonté et l’intérêt supérieur de la nation comme seul objectif ». Ce, avant de souligner que l’échec serait commun et la punition collective. Devant les Conseillers de la République, Jean-Pierre Kiwakana a même rappelé que lors de l’ouverture de cette session, le Conseil Economique et Social avait attiré l’attention de tous sur la nécessité de retrouver le chemin de la concorde nationale et de la paix. Depuis, a-t-il poursuivi, une actualité riche ne cesse d’agiter la cité et occupe les esprits des congolais. Certes, reconnaît-il, des avancées positives, à l’instar des Consultations initiées par le Chef de l’Etat dans le but de trouver des solutions de sortie de crise, ont été accueillies favorablement dans toutes les
strates de la société congolaise. A ce sujet, a indiqué, M. Kiwakana, le Conseil Economique et Social y a pris part. ‘‘Nous attendons les conclusions des Consultations que nous espérons bénéfiques pour le pays, respectueuses de la
Constitution et de nature à apaiser le climat’’.

DISCOURS DE MONSIEUR JEAN-PIERRE KIWAKANA
PRESIDENT DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL
A LA CLOTURE DE LA SESSION ORDINAIRE
D’OCTOBRE 2020
LE MARDI 1er DECEMBRE 2020

Conseil Economique et Social-Kinshasa/RDC-Mardi 1er décembre 2020

République Démocratique du Congo
Conseil Economique et Social
•Honorable Présidente de l’Assemblée Nationale,
•Honorable Président du Sénat,
•Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du
Gouvernement
•Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle,
•Monsieur le Procureur Général près la Cour
Constitutionnelle,
•Monsieur le Premier Président de la Cour de Cassation,
•Monsieur le Procureur Général près la Cour de
Cassation,
•Monsieur le Premier Président du Conseil d’Etat,
•Monsieur le Procureur Général près le Conseil d’Etat,
•Monsieur le Président de la Cour des Comptes,
•Honorables Députés nationaux,
•Honorables Sénateurs,
•Mesdames et Messieurs les Membres du
Gouvernement,
•Excellences Mesdames et Messieurs les
Ambassadeurs et Chefs des Missions diplomatiques,
•Excellence Monsieur le Gouverneur de la Ville de
Kinshasa,
•Messieurs les Présidents des Institutions d’Appui à la
Démocratie,
•Mesdames et Messieurs les Membres du Bureau du
Conseil Economique et Social,
•Mesdames et Messieurs les Conseillers de la
République,
•Mesdames et Messieurs les Secrétaires Généraux de
l’Administration Publique,
•Mesdames et Messieurs les Mandataires Publics,
•Messieurs les Officiers Supérieurs et Généraux des
FARDC et de la PNC,
•Messieurs les Représentants des confessions
religieuses,
•Madame la Bourgmestre de la Commune de Lingwala,
•Distingués invités, en vos titres et qualités respectifs,
•Mesdames et Messieurs,
En dépit de vos nombreuses charges, vous ne cessez d’être à nos côtés chaque fois que nous le sollicitons. Ceci marque à suffisance votre foi en notre institution, ce dont je vous remercie infiniment au nom du Bureau et de tous les collègues Conseillers de la République.
•Honorables
•Excellences
•Mesdames et Messieurs
•Distingués invités
•Chers Collègues Conseillers de la République,
Le jeudi 1er octobre, dans ce même cadre magnifique du Palais du Peuple, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de cette session, nous soulignions le contexte particulier dans lequel allaient se dérouler les travaux qui se clôturent en ce jour, à savoir, la crise créée par la pandémie du Covid-19, la situation
économique inquiétante du pays et les querelles de clocher entre acteurs politiques tendant à paralyser les institutions de la République.
Ce contexte politique délétère reste le sujet majeur de l’actualité de notre pays. En effet, depuis un temps, nous suivons tous, les déclarations faites par différents opérateurs politiques et acteurs de la société civile, en sens divers et pas toujours rassurants.
Ce même jeudi 1er octobre j’avais déclaré ceci : « il n’y a rien, aucune querelle, aucun écueil que nous ne puissions solutionner fraternellement, avec bonne volonté et l’intérêt supérieur de la nation comme seul objectif ». Et j’ai terminé en disant que l’échec, soyez en rassuré, serait commun et la punition collective.
•Honorables
•Excellences
•Mesdames et Messieurs
•Distingués invités
•Chers Collègues Conseillers de la République,
Dans quelques instants, je vais procéder à la clôture des travaux de la session d’octobre 2020. Cette session s’est déroulée dans un environnement économico-social complexe où nous sommes forcés de constater le manque de retenue et de décence républicaine. Ceci nous fait vivre l’équivalent d’une
campagne électorale interminable et sans scrupules.
Lors de l’ouverture de cette session, le Conseil Economique et Social avait attiré votre attention sur la nécessité de retrouver le chemin de la concorde nationale et de la paix. Depuis, une actualité riche ne cesse d’agiter la cité et occupe les esprits de nos compatriotes.
Des avancées positives, à l’instar des Consultations initiées par le Chef de l’Etat dans le but de trouver des solutions de sortie de crise, ont été accueillies favorablement dans toutes les strates de la société congolaise. Le Conseil Economique et Social y a pris part.
Nous attendons les conclusions des Consultations que nous espérons bénéfiques pour le pays, respectueuses de la Constitution et de nature à apaiser le climat.
Mais en même temps, il y a aussi de nombreux signaux négatifs comportant le risque de troubler la quiétude du pays.
Les différentes postures martiales auxquelles nous assistons ces derniers temps ne tendent pas à rassurer et surtout n’offrent aucune solution aux problèmes quotidiens de la population de ce pays.
Se nourrir, se soigner, s’éduquer ne sont pas de simples slogans. Ce sont des droits fondamentaux auxquels de trop nombreux compatriotes n’ont pas encore accès. Il en va de même pour l’énergie, l’eau potable, la culture ou l’accès au numérique.
Si le Constituant avait prévu la mise en place du Conseil Economique et Social dans ses articles 208 à 210 de notre Constitution, c’est exactement pour permettre à celui-ci de réfléchir, d’analyser et de proposer des solutions à nos
équations économico-sociales. La loi 013/027 en détermine le contour et le mode de fonctionnement. En tirant la sonnette d'alarme, nous remplissons notre rôle constitutionnel.
Pendant ce temps, tous les paramètres macro-économiques se dégradent dangereusement. L’autorité monétaire peine à maintenir la stabilité et la situation sociale s’éloigne de l’espérance de nos populations.
Pendant ce temps, d’autres nations s’organisent, avancent et nous renvoient à notre léthargie alors que nous disposons souvent d’atouts supplémentaires qui devraient faire de nous une locomotive du développement sur le continent. La réflexion précède l’action avais-je déclaré en insistant sur la nécessité
que cette action devrait engendrer le progrès.
Pendant ce temps, une grande partie de notre classe politique se complait dans le concept préjudiciable de « pouvoir festif »
qui creuse inlassablement le déficit de crédibilité de notre pays.
Pendant ce temps, la qualité de notre système éducatif continue à sombrer et à hypothéquer l’aptitude des générations futures à diriger ce pays.
Pendant ce temps, les investissements s’éloignent de notre pays, pour diverses raisons, consacrant ainsi la précarité de nos populations livrées à la paupérisation, par absence de travail, d’éducation, de santé, de logements salubres, bref de bien-être.
Pendant ce temps, la majorité des provinces sont condamnées à l’immobilisme par manque de moyens suffisants afin d’assurer leur décollage. Kinshasa est particulièrement en danger sanitaire à cause de l’absence d’une politique
urbanistique rationnelle tenant compte de la gestion des déchets et autres…
Pendant ce temps, la famine guette honteusement à la porte de la majorité de nos concitoyens les plus vulnérables. Nous avons le triste privilège d’être classés parmi les onze pays où les enfants de moins de cinq ans sont les plus exposés aux risques de famine.
“Pendant ce temps” n’est pas une fantaisie de style. Nous pourrions le décliner indéfiniment. Nous l’avons utilisé pour essayer d’atteindre la conscience de nos décideurs politiques dont la noble mission consiste à construire et non à détruire.
L’exercice de la politique est un sacerdoce et non une succession de postures populistes.
Le sort des générations futures est lié aux actes et décisions politiques posés et pris aujourd’hui. La destinée de ce beau et grand pays dépend de la qualité ainsi que du sérieux des engagements envers la nation.
Notre devoir est écrasant sur le devenir de plus de 80 millions d’habitants sur toute l’étendue du territoire. Cette responsabilité ne peut être prise à la légère.
•Honorables
•Excellences
•Mesdames et Messieurs
•Distingués invités
•Chers Collègues Conseillers de la République,
Nous devons prendre conscience qu’il n’existe aucune baguette magique nous permettant de solutionner ces problèmes. Seul le travail acharné au service d’une stratégie gagnante dans un environnement assaini par la bonne gouvernance peut nous permettre de réaliser ces objectifs. Il nous faut tirer une fois de plus le triste constat que nous sommes bien loin du compte.
Les changements structurels n’ont toujours pas été amorcés.
Nous ne sommes actuellement toujours pas en mesure d’atteindre nos buts.
Cependant, nous perdons un temps précieux en vaines querelles, et en guerre de positionnement, lâchant par là même, la proie pour l’ombre. Maintenir la paix, créer les conditions du développement ne sont pas de simples options.
C’est l’essence même de contrat social entre le citoyen et ceux qui, en son nom, dirigent les institutions de la République.
Chaque parcelle de pouvoir que nous exerçons nous vient du peuple et du peuple seulement. Elle nous est confiée en contrepartie d’un engagement total à ne faire prévaloir en toutes circonstances que l’intérêt supérieur de la Nation. Rien, ni personne n’est au-dessus de l’intérêt général.
Le bateau est à la dérive et l’ouragan menace. Jusqu’à quand allons-nous laisser à la bonne fortune le soin de guider nos pas ? Combien de temps encore allons-nous perdre avant de redevenir maître de nos destins ?
Alors qu’une deuxième vague pandémique menace, nos entreprises sont au bord de l’asphyxie, nos hôpitaux peu ou mal équipés et les crises sécuritaires se multiplient. Nous avons plus que jamais besoin d’institutions fonctionnelles, d’un programme de gouvernement faisant consensus et applicable par des hommes et des femmes dévoués, compétents et dont la capacité à gérer les affaires de l’Etat soit le critère déterminant.
•Honorables
•Excellences
•Mesdames et Messieurs
•Distingués invités
•Chers Collègues Conseillers de la République,
La nécessité d’aborder des aspects politiques dans notre message se justifie par la primauté de ce secteur sur tous les autres qui concourent au bien-être économique et social.
Sur le plan économique : L’une des missions prioritaires de l’Etat est la planification du développement, offrant à l’ensemble des acteurs économiques
des opportunités d’expansion. Aujourd’hui plus qu’hier, nous sommes convaincus que prétendre résoudre nos problèmes économiques d’une manière sectorielle est un leurre : notre croissance étant fortement liée à des facteurs exogènes ; nous ne pouvons changer de paradigme qu’en bénéficiant d’une planification par palier, accompagnant le développement et la
croissance par des avancées dans des secteurs clés comme l’énergie, les transports et communication, le numérique et l’éducation.
En matière d’éducation, le Conseil Economique et Social a déploré dans son Avis le manque d'adéquation entre les formations offertes et nos besoins économiques. Les difficultés rencontrées par le secteur éducatif, concourent au manque de compétitivité de nos entreprises dans l’optique des intégrations
régionales à venir.
Le Conseil Economique et Social aurait souhaité voir le Gouvernement mobiliser l’ensemble de ses moyens de fonctionnement afin d’aborder les vraies questions d’un développement durable. Trop souvent, nous omettons de faire le distingo entre développement et croissance. Ces deux concepts bien que liés ne sont pas semblables.
•Honorables
•Excellences
•Mesdames et Messieurs
•Distingués invités
•Chers Collègues Conseillers de la République,
Du Climat
Le CES encourage les efforts du Gouvernement pour réduire les émissions de Gaz à effet de serre à travers la mise en œuvre de notre Contribution Déterminée au Niveau National (CDN en sigle) et le félicite pour l’organisation du premier dialogue de haut niveau afin de renouveler l’engagement du pays, à œuvrer pour la réalisation de ses engagements à l’horizon 2030, au travers d’actions sectorielles.
Le suivi de la mise en œuvre de la CDN préoccupe le CES en sa qualité d’Assemblée Consultative, chargée entre autres d’assurer le suivi des politiques économiques et sociales nationales, provinciales et internationales ainsi que leurs répercussions sur la vie des Congolais.
Notre Gouvernement a besoin de l’appui de tous les acteurs au niveau national et provincial et attend la concrétisation des engagements des partenaires bi et multilatéraux pour qu’ensemble dans la transparence et la bonne gouvernance
des secteurs clés pour le climat, la RDC arrive à infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre.
Le CES participe actuellement, à travers l’Union des Conseils Economiques et Sociaux d’Afrique (UCESA) au renforcement de l’intégration régionale africaine dans le domaine de l’environnement et particulièrement sur le climat notamment :
L’élaboration d’un état des lieux du risque du changement climatique et du traitement de la thématique du changement climatique en Afrique et sur ;
L’appréciation de la perception du citoyen africain des effets du changement climatique et de sa contribution dans la définition et la mise en œuvre des stratégies nationales y compris les CDN.
De par sa mission, le CES reste disposé à faciliter un dialogue intersectoriel, stimuler l’engagement des parties prenantes dans la mise en œuvre de l’action climatique et assurer le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre des engagements climatiques et la recherche de solutions durables
De l’Assainissement et Gestion des catastrophes naturelles
Chaque année, le CES tire la sonnette d'alerte sur les risques de catastrophes naturelles qui occasionnent dans plusieurs villes et cités de la RDC des inondations et glissement de terres provoquant des pertes en vie humaines et d'innombrables destructions lors des saisons pluvieuses.
Avec le changement climatique, plusieurs villes de la RDC font face à des inondations récurrentes. Ces phénomènes sont également influencés par des facteurs non climatiques, notamment : l’explosion démographique dans les villes, la mauvaise gestion des déchets, les constructions anarchiques, le changement d'usage des sols ainsi que la transformation des plaines alluviales sur lesquelles la plupart des villes sont construites.
La gestion des déchets représente un défi important en République Démocratique du Congo en général et en particulier dans la Ville Province de Kinshasa. Le CES vient de finaliser au cours de cette session, un Avis sur la gestion des déchets en milieu urbain et particulièrement à Kinshasa. L’accessibilité de la population aux services d’assainissement étant limitée ou
quasi-inexistante, le CES, dans le cadre de sa mission et de ses attributions, s’est autosaisi de cette thématique importante dont les conséquences environnementales et sanitaires sont incalculables.
Il est urgent de :
- rétablir l’autorité de l’Etat dans le respect des règles d’urbanisation et d’aménagement des villes congolaises - d’assainir les centres urbains pour le bien-être des populations.
Les préconisations de cet Avis sur la gestion des déchets offrent aux décideurs, des options pour améliorer la politique nationale en matière de gestion des déchets permettant d’atténuer les impacts négatifs.
Des eaux douces congolaises
Durant cette session, le CES a finalisé l’Avis sur les eaux douces de la RDC qui sur son territoire possède d’importantes ressources en eaux et en écosystèmes aquatiques dont la gestion, la protection et la mise en valeur sont tributaires de nouveaux défis imposés par le développement durable, la lutte contre la pauvreté et le changement climatique.
La République Démocratique du Congo est l’un des pays au monde disposant d’un immense potentiel hydrique. Outre les eaux de l’Atlantique, qui la bordent à l’ouest sur environ 40 kilomètres, ses eaux de surface représentent environ 52 % des réserves en eau de l’Afrique et 23 % des ressources hydriques
renouvelables du continent. Avec un débit moyen de 41.000 m3/s (1.260 Km3/an), deuxième au monde après l’Amazonie, le Fleuve Congo est le plus puissant d’Afrique.
L’enjeu pour le pays se situe donc à deux niveaux : faire le meilleur usage de cette ressource pour servir de support à une politique de développement durable en exploitant pleinement le potentiel hydroélectrique, agricole, logistique qu’offre cette indispensable ressource vitale, et replacer le pays au centre des débats sur sa vocation africaine à impulser le développement de l’Afrique par un usage rationnel de ses ressources en eaux douces.
Cependant, il sied de mentionner que, malgré son potentiel tel que mentionné plus haut, le Pays ne tire pas suffisamment profit de ses eaux. Pour cela, l’Avis du CES préconise une gouvernance visionnaire et stratégique de la ressource en eaux douces, qui devrait être au centre des préoccupations des
décideurs.
•Honorables
•Excellences
•Mesdames et Messieurs
•Distingués invités
•Chers Collègues Conseillers de la République,
De la Réforme Foncière
La réforme foncière en cours a également retenu l’attention du
CES qui a reçu en séance de travail, la coordination de la CONAREF (Commission Nationale de la Réforme Foncière)
pour évaluer les avancées de la réforme foncière.
Cette initiative du Gouvernement a été lancée en 2012 pour mettre fin au désordre qui caractérise le secteur foncier en RDC, la multiplication des circonscriptions foncières au cours des trois dernières décennies s'étant accompagnée d’un chaos dans la gestion des archives, plus spécifiquement des registres et des plans cadastraux; ce qui explique les cas de plus en plus
nombreux de superposition des titres fonciers et immobiliers.
Pour le CES, cette réforme foncière devra répondre à des défis importants et garantir la sécurité de la tenure foncière coutumière, exacerbée par des lois anachroniques qui ne reconnaissent pas ou ne protègent pas suffisamment les droits coutumiers collectifs.
Le potentiel foncier congolais peut aussi devenir le socle d’un développement économique fondé sur la taxation foncière et l’investissement privé dans des projets d’utilisation durable des terres. La réforme foncière devrait donc aboutir à capitaliser ce potentiel économique sans compromettre ni les droits fonciers locaux ni la souveraineté de l’Etat sur le sol.
De l’agroforesterie et ceintures vertes
L’agroforesterie et la mise en place de ceintures vertes autour des grandes villes de la RDC et leurs multiples avantages dans l’amélioration des conditions existentielles des Congolais ont focalisé l’attention des Conseillers de la République lors des séances académiques organisées durant cette session et
animées par des Chercheurs et Professeurs de grande renommée.
L’exploitation raisonnée de la terre dans la perspective d’un développement durable, tant au plan énergétique qu’alimentaire, au bénéfice des populations locales constitue un enjeu majeur en RDC. L’agroforesterie reste un maillon
essentiel de la durabilité et de la performance des écosystèmes agricoles. Son intérêt réside dans les interactions agronomiques, écologiques (amélioration du sol, modification du microclimat, augmentation de la biodiversité fonctionnelle), et économiques.
Mesdames et Messieurs les Conseillers de la
République, Chers collègues,
La session d’octobre, qui se clôture aujourd’hui, a permis à nos commissions permanentes de travailler sur la majorité des thèmes retenus dans le calendrier de la session.
Permettez-moi, chers Collègues, de vous en féliciter de tout cœur. En dépit des conditions matérielles difficiles, vous avez travaillé sans relâche pour concrétiser les objectifs déclarés en octobre dernier et ce, en vue d’apporter des avis pertinents dans la quête du développement humain et de l’émergence de notre pays.
A ce titre, il convient de rappeler que sur la liste des matières inscrites au programme de la deuxième mandature telles qu’énumérées dans mon discours d’ouverture, les travaux de la présente session ont tourné autour de quatre thématiques présentées sous forme de projets d’Avis qui ont été largement discutés en Plénière avant leur adoption par l’Assemblée
générale.
Ces Avis qui seront publiés très prochainement portent respectivement sur:
1. Les préalables indispensables à mettre en place par la RDC pour une intégration régionale africaine réussie ;
2. La problématique des coopératives agricoles – Soutien à l’économie rurale congolaise;
3. Les eaux douces de la RDC : Défis de gouvernance et opportunités de capitalisation ;
4. La gestion des déchets en milieu urbain : cas de la ville de Kinshasa.
Certes, toutes les thématiques retenues pour cette session n’ont pas abouti à l’élaboration des Avis, comme attendu. Il y a tout de même lieu de constater que la plupart d’entre elles, bien que non finalisées, ont fait l’objet d’analyses très approfondies au sein de nos Commissions permanentes, assurant que la
période d’intersession permettra la finalisation de ces analyses et leur conversion en Avis à soumettre à l’Assemblée générale pour adoption lors de la session prochaine.
Par ailleurs, il y a lieu de signaler que la présente session a été aussi l’occasion pour le Conseil Economique et Social d’organiser à son siège des journées de séances académiques et d’échanger avec quelques sommités du monde scientifique et autres personnalités sur des sujets et matières en rapport
avec certaines thématiques retenues au calendrier, en l’occurrence les questions suivantes concernant :
1° Le besoin de gestion durable des ressources en eau du Bassin du Congo (par Professeur TSHIMANGA Raphaël de l’Université de Kinshasa) ;
2° Les industries culturelles et créatives : quelle place dans l’économie nationale ? (par Professeur YOKA LYE, Directeur Général de l’Institut National des Arts, et Professeur Ribio Nzeza Bunketi, de la Faculté des lettres et Communication de l’Université de Kinshasa) ;
3° La mise en place des ceintures vertes autour des grandes villes de la RDC et ses multiples avantages dans l’amélioration des conditions existentielles des congolais : le cas de Kinshasa (par Mr Baudouin Michel, Directeur Général
de l’Ecole Régionale Post-universitaire d’aménagement et de Gestion Intégré des Forêts et Territoires – ERAIFT)); 4° Le Bureau International du Travail et l’entreprise coopérative (par Madame AMINATA MAIGA, Directrice du Bureau de l’Organisation Internationale du Travail à Kinshasa);
5° L’agro-industrie en RDC : expérience de la société Miluna en province du Sud-Ubangi (par Monsieur Michael HOOLANS);
6° L’agroforesterie comme système d’amélioration des sols, de production agricole intégrée et de protection des forêts en RDC (par Professeur Jean LEJOLY de l’Université Libre de Bruxelles).
• Honorables
• Excellences
• Mesdames et Messieurs
• Distingués invités
• Chers Collègues Conseillers de la République,
Je ne pourrai clore mon adresse sans faire allusion à notre héritage commun qui est le Congo. A charge pour nous de l’aimer, le transformer positivement et le protéger.
Les raccourcis n’existent pas sur la route vers l’état de droit. Certes elle est longue, tortueuse et difficile mais s’écarter de cette unique voie revient à rallonger le chemin et à nous éloigner du résultat recherché. La constitution est la boussole qui nous guide et nous montre le chemin. Ne nous y trompons
pas. Ignorer cette réalité serait commettre une erreur de taille.
Chacun de nous est un maillon de la chaîne du renouveau congolais. Nous devons nous y atteler en bannissant les germes de la division et du tribalisme. Conjuguons nos efforts pour une émergence du pays dans la paix et la concorde nationale; le développement durable que nous appelons de tous nos vœux a une exigence incontournable, à savoir: la paix !
Sur ce, je déclare clos les travaux de la Session ordinaire d’octobre 2020 du Conseil Economique et Social.
Que Dieu vous bénisse et qu’Il bénisse la République Démocratique du Congo.
Je vous remercie pour votre aimable attention.
Jean-Pierre KIWAKANA KIMAYALA
Président

 

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